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Taiwan : la démocratie en action

Les élections législatives ont eu lieu le 12 janvier 2008 à Taiwan, pays de 23 millions d’habitants avec plus de 17 millions d’électeurs inscrits. La presse mondiale retient la victoire, nette, du Kuomintang, le parti nationaliste chinois fondé par le père de la première révolution chinoise de 1911, Sun Yat Sen. Mais, il peut sembler opportun et intéressant de regarder derrière et dessous ce résultat électoral d’un soir.

Les résultats bruts et quelques données cachées

Certes, tout un chacun à Taiwan savait depuis des mois que le KMT ou Kuomintang allait remporter ce scrutin législatif, qui est aussi un tremplin pour l’élection présidentielle de mars 2008. Comme on savait que le parti vainqueur aurait naturellement son candidat, ici, Ma Ying Jeou, en position de favori pour le scrutin suivant.

Premier fait, très significatif, laissé étrangement de côté par les grands médias internationaux, le taux d’abstention a été très élevé : 41,5% des électeurs inscrits, soit plus de 7 100 000, n’ont pas voté.

Cela traduit un mécontentement social puissant dans le pays, notamment dans la population salariée, inquiète du présent et pour l’avenir, beaucoup de citoyens annonçant ne pas vouloir choisir entre seulement deux partis qui ne les représentent pas, de leur point de vue. En effet, de nombreux sondages attestent que l’opinion souhaite que la vie démocratique taiwanaise puisse faire émerger de nouveaux partis politiques, élargissant le champ de choix électoral.

Sur les 58,5% de votants, 72% ont choisi le KMT qui a obtenu 81 sièges, de petits partis alliés à cette formation ont reçu 4% des suffrages et auront 5 députés alors que le PDP, avec 24%, n’aura plus que 27 députés, le tout sur un total de 113 législateurs à l’Assemblée nationale.

En parallèle, deux référendums étaient soumis aux votants : l’un portait sur le retour éventuel des biens acquis par le KMT pendant la dictature à l’Etat, le second sur l’adhésion à l’ONU du pays sous le nom de Taiwan. Le KMT avait appelé au boycott des deux. Résultat : aucun des deux référendums n’a dépassé les 25% de votants, ce qui fait que leurs résultats sont considérés comme « non-valides ».

Pour autant, si on regarde un peu les choses en profondeur, les causes de cette victoire du KMT sont multiples et ne tiennent pas exclusivement, loin de là, au programme du parti vainqueur. De plus, cette victoire ne peut cacher les problèmes profonds dans la société taiwanaise dont le règlement reste toujours à venir.

Les raisons d’un vote et la réalité des problèmes profonds

Plus qu’une victoire du KMT, ces élections marquent surtout dans l’opinion publique taiwanaise une défaite cinglante du Minshintang -Parti démocratique progresssite- promoteur de l’indépendance juridique internationale du pays le plus vite possible.

Bien sûr, beaucoup d’électeurs ne se cachent pas d’avoir surtout sanctionné la corruption dans ce parti et jusque dans l’entourage du président de la République, Chen Chui Bian.

Au-delà de cette première volonté, d’autres éléments ont joué : les difficultés économiques et sociales que le pays traverse et dont le PDP a été vu comme ne voulant ou ne pouvant pas les juguler.

En effet, le chômage et les prix ont fortement augmenté ces derniers mois, notamment pour les produits de première nécessité, alors que le gouvernement, au lieu de s’occuper des problèmes concrets quotidiens des citoyens, ne parlait sans cesse que d’indépendance nationale et de politique extérieure.

Cela a créé un véritable clivage, un fossé réel, entre la société et le pouvoir.

Par ailleurs, nombre de citoyens ont aussi critiqué le pouvoir en place pour son incompétence, son absence de politique claire sur les divers plans - enseignement public, retraites, systèmes sociaux, son manque d’écoute du pays et sa mise en avant excessive des querelles partisanes au détriment du traitement des questions essentielles. Comme les batailles politiques jugées inutiles et stériles sur le nom de l’aéroport international, du monument dédié à Chang Kaï Chek, dictateur du pays de 1949 à 1975, ou du choix de faire garder sa tombe par une unité militaire ou pas, ce qui n’intéressait personne, plus de 32 ans après la mort de ce dernier.

Tous ces facteurs ont largement concouru, en se cumulant parfois les uns aux autres, à la déroute du PDP, qui a eu, de plus, dans cette campagne, une communication publique jugée par l’opinion comme inutilement agressive.

Du côté du KMT, il est vrai que le candidat à l’élection présidentielle, Ma Ying Jeou, souvent vu par les ciotyens comme un peu timide ou réservé, a su adroitement mobiliser les mécontentements, les fédérer et les diriger contre son adversaire.

D’autres avantages ont joué pour son parti, dont certains sont à porter à son crédit : il a délibérement joué la carte des problèmes de vie quotidienne, parlant salaires, emploi, conditions de travail, protection sociale, pensions des personnes âgées, défense des petits paysans, développement économique.

Il a rappelé aux électeurs le fait que, sous la gestion de son parti dont il n’était à l’époque qu’un simple militant, de 1985 à 2000, Taiwan a connu son « miracle économique », bien qu’accompagné par une corruption envahissante qui conduisit en 2000 le KMT à perdre le pouvoir au profit du PDP.

Justement, sur ce terrain très « sensible » à Taiwan, de la corruption des élus et des hommes d’affaires, souvent assez proches, Ma Ying Jeou a joué une carte neuve et très appréciée du public : il a juré solennellement, avec la direction du KMT, de ne plus tolérer ce mal endémique national et de le combattre vigoureusement, tout en promouvant la démocratie la plus large.

Il s’engouffrait dans la brèche que le PDP, englué dans des scandales à répétiton lassants, avait lui-même créée.

Tels sont les premiers enseignements de ce scrutin à Taiwan.

Un pays en quête d’identité et de destin collectif confronté aux problèmes sociaux

Curieusement, la presse mondiale a fait une large place et assuré une forte couverture médiatique, assez inhabituelle, à cette élection et surtout à la victoire du KMT, dont les positions politiques affichées correspondent aux souhaits diplomatiques régionaux de l’administration Bush, de l’Union européenne et, sans que cela soit dit trop haut, pour ne pas gêner... des autorités chinoises, mais jusqu’à un certain point : la démocratie.

Car, pour ces gouvernements et autorités, la victoire du KMT signifie avant tout que le projet d’indépendance politique internationale juridique de Taiwan, promu par le PDP, est repoussé indéfiniment et que le statu quo actuel dans cette partie du monde reste acquis.

A première vue, cela semble en effet être le souhait partagé de la direction du KMT. Mais, les choses dans la société taiwanaise, sur ce point, ne sont pas aussi simples que les politiques étrangers au pays veulent le croire, ou, plus exactement, elles ne recoupent pas les frontières politiques entre le vainqueur et le vaincu, mais les transcendent largement.

Car le peuple taiwanais est bien à la recherche à la fois de son identité propre dans le monde et d’un destin collectif cohérent et clair. Une haute fonctionnaire, proche du KMT, résume ainsi la situation existante : « Les Taiwanais se sentent d’abord Taiwanais et ne veulent pas devenir Chinois. En même temps, ils sont dans leur tête pour une indépendance du pays, mais ils ne savent pas ou ne voient pas comment y parvenir sans crise possible avec la Chine dont ils ont peur. Gérer cette contradiction et la résoudre pacifiquement sera la tâche de la prochaine administration KMT. »

De ce point de vue, Ma Ying Jeou est vu par beaucoup, même par des partisans du PDP, comme un atout possible du fait de sa naissance à Hong-Kong et aussi parce qu’il incarne une nouvelle génération politique qui semble pour l’opinion capable de donner un avenir de paix et de prospérité au pays.

Beaucoup estiment que la stratégie du KMT face à la Chine sera effectivement le maintien de statu quo actuel en promouvant, très discrètement, les valeurs démocratiques en Chine. Il semble en effet que les dirigeants du KMT aient intégré l’idée que la démocratisation de la Chine est la clé, non plus des rêves de reconquête passés, mais d’une coexistence pacifique et fructueuse pour les deux Etats dans le futur.

Un autre aspect de la situation que va avoir à affronter le futur gouvernement KMT issu de ces élections sera la crise sociale et économique. Les citoyens attendent beaucoup, pour le moment, du KMT, en termes d’emplois créés, d’amélioration du niveau de vie, de relance de l’économie, avec la définition d’une stratégie compréhensible et cohérente au niveau de l’Etat, qui est ici un gros employeur disposant de nombreux leviers publics pour intervenir dans le domaine tant social qu’économique.

Le KMT a annoncé ainsi qu’il avait compris, selon lui, les attentes de la population. Il faudra voir ce qu’il en sera dans la réalité.

La démocratie est la clé de la paix et de la stabilité régionale

Sur le plan international, les élections démocratiquement tenues à Taiwan, avec des postures de part et d’autre - PDP et KMT -, démocratiques et respectueuses du suffrage universel direct, sont certes une leçon positive et utiles à l’image du pays. Mais plus largement, elles soulignent que Taiwan a atteint sa maturité démocratique, rompant avec les violences politiques - du type bagarres publiques à l’Assemblée nationale - qui avaient parfois « souillé » la jeune, mais vigoureuse démocratie taiwanaise.

La large médiatisation des élections comme un test positif des capacités démocratiques d’un peuple jeune et de culture chinoise est à l’évidence aussi un signal public envoyé vers les citoyens de Chine afin de montrer que la culture chinoise, contrairement à ce que disent certains commentateurs de Pékin et d’ailleurs, est totalement compatible avec les valeurs démocratiques, le multipartisme et les libertés fondamentales humaines.

Le plus essentiel enseignement qui peut être tiré de ce scrutin qui honore la démocratie dans un pays de culture chinoise, et ce malgré le manque de partis politiques proposant des options politiques plus diverses, est que la démocratie est la clé de la paix et de la stabilité régionale en Asie, un continent où la démocratie est encore une valeur rare et peu assurée.


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20 réactions à cet article    


  • hahahaha 14 janvier 2008 11:24

    Cher Vassé,

     

    A quand un jumelage Taiwan- Asnières ?

    Bien à vous.


    • alberto alberto 14 janvier 2008 12:45

      Merci pour ces nouvelles de Taïwan où curieusement le KMT si critiqué il y a quelque temps semble reprendre du poil de la bête !

      Espéront que sur le front de la corruption, les promesses en engageront d’autres que ceux qui y croient, comme cela se pratique chez nous...

      Toujours bien interessants vos articles, Philippe Vassé : on en redemande !

      Bien à vous.


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 janvier 2008 14:11

        Alberto,

        Je partage tout à fait votre méfiance légitime et parfaitement fondée sur des expériences indiscutables concernant les engagements et/ou les promesses des politiques.

        Bien évidemment, je ne préjuge de rien, ni dans un sens, ni dans un autre. La prudence est de mise et comme je l’ai écrit, c’est la réalités des faits qui nous apportera la réponse sur le respect ou non des engagements pris sur l’honneur et en public. D’autant que MA Ying Jeou a utilisé des phrases qui sont inhabituelles à Taiwan comme :

        "le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. Nous ne voulons pas revenir au passé avec ses fautes et ses erreurs. Nous respecterons pleinement l’opposition. Nous travaillerons pour tout le pays".

        Des phrases qui, effectivement, en France, même à Asnières, sont rarement prononcées, mais qui méritent ici d’être rappelées du fait de leur rareté dans la bouche d’un présidentiable largement favori des urnes et des sondages.

        Je note que MA Ying Jeou, apprécié à Washington (il a fait de brillantes études à Harvard), pourvu d’une image "stabilisatrice" à Pékin, regardé à Tokyo comme un "homme calme", présente au public taiwanais une image rassurante. Sa manière de parler sereinement, qui est vue comme une timidité ou une réserve, joue aussi en sa faveur dans la population. Il est jugé sympathique, courtois, poli, attentif et surtout capable d’esprit de négociation et de concertation.

        Il est aussi apprécié par les milieux économiques qui souhaitent l’ouverture du pays aux capitaux , investisseurs et touristes chinois, ce qui relancerait une économie vigoureuse aux portes de la Chine en pleine croissance.

        Sa femme, une salariée modeste dans on mode de vie, qui aime la discrétion et l’anonymat, la simplicité et la tranquillité- est réputée pour aller au travail et en revenir en autobus, simple citoyenne parmi la foule parfois dense des autobus de Taipei à ces heures de pointe. Elle ne lui crée donc aucun problème, comme cela fut le cas en France pour un certain Président, mais au contraire rallie les sympathies populaires par opposition et en totale contraste avec l’épouse du Président actuel, accusée de corruption avec des fonds publics, qui était une passionnée des achats avec ce mêm argent public.

        Cependant, on dit que Mme MA ne porte pas certaines pratiques de certains citoyens français dans son coeur depuis les années 1990, ayant perdu son emploi dans une banque connue à ce moment dans le cadre des conséquences de certaines affaires de ventes d’armes à Taiwan et de flux bancaires qui n’étaient pas très clairs, mais sur lesquels elle ne portait aucune responsabilité. On dit aussi que son mari n’a pas pardonné aux responsables de son licenciement de l’époque le fait, tant dans son fond que sa forme.

        Les autorités françaises ne pourront pas dire qu’elles ne savaient pas qui était Mme MA et que son image de la France, qui peut aussi influer sur les sentiments de son époux, n’est pas des meilleures.

        Tout cela est à suivre avec attention.

        Je précise que selon les informations officielles, le gouvernement KMT, dans lequel MA Ying Jeou ne devrait pas être membre, entrera en fonction le 1er février 2008.

        Il s’agit, à quelques rares exceptions près -dont un "ancien grand ami d’industriels français"-, d’une direction politique presque entièrement renouvelée et rajeunie par rapport aux années Lee Teng Hui, dont, chose ironique, le parti, le TSU, soutient la majorité parlementaire gouvernementale KMT, ce parti qu’il avait dirigé et qui l’a exclu en septembre 2001 après qu’il ait créé le TSU en juillet de la même année.

        Rappelons, car les habitudes politiques à Taiwan ne sont pas toujours simples à comprendre vues de France, que le TSU est un partisan, certes "modéré" de l’indépendance juridique de Taiwan. En clair, le TSU est l’aile "indépendantiste" de la coalition qui se forme avec le KMT. qui, officiellement, n’n est pas un partisan.

        La culture chinoise, même à Taiwan, est ennemie des haines inexpiables en politique et favorise les retrouvailles possibles lorsque des terrains d’entente sont trouvés, dans un contexte nouveau.

        Les reclassements actuels éclairent bien des choses passées- comme ce laps de temps passé en 2001 entre la fondation du TSU par Lee Teng Hui et son expulsion du KMT-, mais peuvent aussi ouvrir des perspectives intéressantes pour le futur.

        A titre personnel, mais cela n’engage ici que mon sentiment propre, bien qu’appuyé par des "avis taiwanais autorisés", je pense que l’alliance de facto du TSU avec le KMT est un mauvais présage pour le destin public de "l’ami des industriels français". De plus, certains jeunes "loups" du KMT sont partisans de "faire table rase" du passé- comprendre de "certains anciens"- pour accéder aux postes ministériels qu’ils estiment devoir leur revenir.

        La subtilité chinoise peut ici trouver son compte sachant que Lee Teng Hui cultive une rancune tenace contre ce politicien. depuis 2006...Parfois, des intérêts distincts de personnes différentes peuvent trouver un terrain d’entente commun sur le devenir d’un troisième personnage dont la disparition politique serait bienvenue pour les deux amis temporaires et les ambitions de leurs collègues.

        On appelle cela couramment des "boucs-émissaires" en français.....

        Bien amicalement à vous,

         

         

         


      • del Toro Kabyle d’Espagne 14 janvier 2008 12:52

         C’est avec beaucoup d’intérêt que je lis vos textes. Merci pour cet apport extrême-oriental !

         Je me suis fait des ami(e)s de Taiwan et je commence activement à sortir de ma torpeur euro-méditerranéo-centrée ...

         Au plaisir de vous relire !


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 janvier 2008 14:17

          Kabyle d’Espagne,

          Merci beaucoup de votre commentaire sympathique. J’espère que vous apprenez beaucoup sur Taiwan avec vos amis-es taiwanais.

          Si vous venez ici, vous y découvrirez un pays et des gens attachants, une société vivante, bien qu’elle ait, comme toute société humaine, ses qualités et ses défauts, et surtout des paysages qui sont inoubliables par leur beauté, leur originalité et leur variété.

          Si vous voulez voir des photos et des vidéos gratuites sur Taiwan, allez sur www.taiwanzen.com/, vous y avez des images splendides et jusqu’aux informations sur ses fameux hot-springs si bienfaisants.

          Bien cordialement,


        • Nico 15 janvier 2008 03:12

          Merci pour cet article interessant, je partage votre analyse, meme si je suis plus nuance sur la sincerite de Ma Ying Jeou, sa surmediatisation a Taiwan me rappele celle d’un autre candidat, francais celui-la !

          Il est de toutes facons evident que sa victoire ne fait presque plus aucun doute aux prochaines elections presidentielles.

          Cela nous promet beaucoup de bruit dans les rues de Taipei tres bientot smiley

          Au plaisir de vous relire,

          Nico

          PS : Veuillez excuser l’absence de ponctuation, mon clavier est Taiwanais !!!

           


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 janvier 2008 04:11

            Nico,

            Je vous "pardonne" bien volontiers l’usage- que je sais très compliqué - d’un clavier taiwanais pour rédiger un commentaire en français et vous remercie au contraire de votre courage tenace pour avoir pris ce temps et eu cette patience de commenter sur ce fil.

            J’ai aussi un clavier mandarin pour certains travaux et j’avoue- avec un peu de honte technique- que je préfère revenir à mon vieux clavier francophone pour écrire, mais c’est là une question d’aisance technique pour le francophone que je suis.

            Observateur étranger des évènements vivant à Taiwan, disposant de nombreux contacts dans divers milieux, tant du DPP que du KMT et d’autres partis plus petits qui me semblent mériter à juste titre une attention plus grande du public taiwanais, je reste très prudent sur les faits et les sincérités, y compris de Ma Ying Jeou.

            Je n’oublie pas le passé, mais essaie en même temps de discerner les processsus profonds en cours à Taiwan, que les médias du pays ne permettent pas de distinguer, pris comme ils le sont dans les médiatisations excessives que vous soulignez avec raison ou l’immédiateté des informations secondaires, voire à ranger dans la catégorie "faits divers".

            Il importe à Taiwan de bien analyser les processus socaiux et politiques REELS et PROFONDS, ce que les médias locaux ne font jamais, se polarisant à l’excès sur les "incidents" et les aléas sans intérêt du quotidien au détriment de la compréhension des dynamiques internes et externes du pays.

            Il suffit de suivre les débats politiques habituels pour s’apercevoir que les dialogues se limitent à des monologues, d’où les vrais problèmes quotidiens des citoyens taiwanais, leurs problèmes concrets, leurs aspirations essentielles, sont le plus souvent totalement absents.

            A titre personnel, j’ai été effectivement frappé par la "nouvelle" manière de communiquer de Ma Ying Jeou et ses déclarations d’intention qui tranchent, au moins dans les mots, avec le passé de ces querelles stériles qui font fuir les électeurs des urnes (+ de 40% n’ont pas voulu soutenir les partis en présence, ce qui est énorme).

            Sa citation de la phrase célèbre de Montesquieu " le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument" m’a particulièrement marqué par sa nouveauté dans le débat public taiwanais, surtout après les affaires qui ont scandé les deux mandats du Président sortant Chen Chui Bian, dont l’image est désastreuse dans l’opinion nationale taiwanaise, militants et électeurs DPP inclus.

            J’ai même rencontré à Taichung (ou Taitsung) des sympathisants sincères du DPP qui ont voté, désespérés, KMT contre la corruption et l’incompétence de leurs dirigeants, dans l’espoir que le DPP se régénère et promeuve une direction nouvelle, intègre et vraiment compétente sur les affaires du pays.

            En effet, la volonté d’indépendance et la mise en avant du mot "Taiwan" dans chaque phrase ne sauraient constituer ou valoir une politique économique, sociale, culturelle, environnementale et éducative .

            D’un certain point de vue, cette défaite devrait être pour le DPP l’occasion majeure de se doter enfin d’un programme social, économique, éducatif, culturel, en un mot un programme politique global pour la société taiwanaise dans son ensemble, en liant indépendance de Taiwan et attention sincère à la vie quotidienne, au bien-être, à la santé et à la protection sociale des citoyens.

            Je suis par exemple sidéré qu’un parti "progressiste" et "démocratique" n’ait pas encore mis dans on programme la liberté totale syndicale, le droit de grève universel -y compris pour les fonctionnaires et les enseignants-, un système de retraite décent deainsi qu’un système de contre-pouvoirs ou de contre-poids qui sont la marque et les attributs incontestable d’une vraie démocratie.

            C’est en ce sens que je vois le succès électoral du KMT plus comme le fruit des erreurs et défauts des gouvernements DPP- reconnus par Frank Hsieh lui-même- que comme le résultat de son programme politique propre ou de ses seules qualités.

            Il a suffi au KMT de dire et promettre l’opposé de ces erreurs et défauts pour se positionner en positif contre le négatif chez la majorité des électeurs qui ont voté.

            Ce qui est à souhaiter est que les partis taiwanais, leurs dirigeants, sachent tirer les conclusions de fond qui s’imposent pour bâtir un avenir pacifique, prospère et sain pour le peuple taiwanais. Dominer sa victoire par défaut et la gérer avec intelligence en faveur des citoyens pour le KMT, tirer les enseignements de son échec cinglant pour le DPP, ouvrir la voie aux partis plus petits qui sont aussi les signes d’une vraie démocratie, tels me semblent être les obligations publiques des uns et des autres.

            A commencer justement par la continuation de la démocratisation politique et civique sur les droits essentiels, une lutte résolue et constante contre la corruption sous toutes ses formes et dans tous les milieux, un véritabe soin aux citoyens et à l’amélioration de leur vie et de leur environnement.

            Le futur gouvernement KMT et alliés, et le futur Président, auront cette difficile mission à remplir. S’ils faillissent, alors, les rues de Taipei et de tout le pays pourraient en effet se remplir de gens et de cris comme ce fut le cas en 2006 contre la corruption autour du Président de Chen Chui Bian.

            Le souvenir de ces formidables "fleuves humains rouges" ( la foule immense était habillée de rouge pour souligner sa colère contre la corruption) est maintenant inscrite dans la mémoire collective.

            Aucun parti à Taiwan ne pourra plus gouverner longtemps dans la corruption et le népotisme sans que resurgissent justement la colère légitime du peuple.

            Combattre ces maux en priorité autrement qu’avec des mots est une nécessité ABSOLUE et PRIORITAIRE pour tout parti ou alliance de partis qui veut conserver démocratiquement le pouvoir dans le pays.

            Bien cordialement et au plaisir de vous relire,

             

             

             


          • fsulauze 15 janvier 2008 12:58

            Monsieur,

            attention, une erreur grave : le deuxieme referendum ne concerne pas l’adhesion a l’ONU sous le nom de Taiwan, cette question sera soumise a referendum le meme jour que les elections presidentielles. On demandait aux Taiwanais, dans la deuxieme question referendaire, s’ils acceptent que des enquetes puissent etre menees contre les plus hauts dirigeants accuses de corruption (question s’attaquant au DPP)

            Ceci dit, j’apprecie votre regard et partage assez bien votre jugement. J’insisterais sur un point qui me semble important : la carte de Taiwan est devenue bleue (= KMT), sauf dans le sud, resté vert. Cela révèle une certaine fracture entre le nord et le sud, et cette zone, tres majoritairement Minnan, possede un sentiment identitaire beaucoup plus marque que dans le nord. Savez-vous qu’a la difference d’il y a 20 ans, les jeunes etudiants du sud s’expriment en taiwanais (= minnan) ? Ils ne se disent plus jamais chinois, mais taiwanais, et refusent meme de se presenter comme chinois (experience de professeur en universite)


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 janvier 2008 15:47

              Fsulauze,

              Merci tout d’abord de votre contribution et de votre correctif sur le second référendum.

              Concernant la différence entre sud et nord, comme j’habite une partie de mon temps dans le sud-est- près de Taitung, je modulerais un peu la carte dressée et la remarque d’une identités distincte.

              D’abord parce que les KMT a réalisé une percée électorale pour les motifs vus dans l’article au sud aussi. Mais pour des raisons plus générales.

              Comme je l’écrivais, l’identité nationale taiwanaise se forme sous nos yeux dans des processus encore complexes et pas toujours aisés à appréhender.

              Dans toutes les parties du pays, du nord au sud, le taiwanais est parlé en langue principale ou secondaire par un pourcentage significatif de la population, y compris parmi les citoyens dotés de diplômes universitaires.

              Il est langage courant dans les régions rurales, parfois en concurrence avec des dialectes "tribaux".

              Le chinois reste la référence linguistique commune, les Taiwanais "de souche" étant, à l’exception des aborigènes, des Chinois d’immigration plus ancienne.

              Ce qui est par contre frappant, et là, je partage la remarque de Nico, faite ci-dessous, est que la majorité de la population se sent maintenant taiwanaise. Cela est clair partout où je vais, de toutes les classes sociales ou lieux d’habitat.

              Il semble donc que Taiwan n’est pas "coupée" entre le nord et le sud, ni politiquement, ni culturellement, mais que deux processsus conjugués ont en cours : la naissance d’une identité collective nationale taiwanaise avec une culture chinoise générale.

              En effet, même les locuteurs taiwanais, à l’exception des populations les plus illettrées, parlent aussi le chinois qui est le ciment commun de cette identité nationale en gestation.

              C’est une alchimie subtile et diffiicile. Mais elle se fait sous nos yeux.

              Bien cordialement,

               


            • Nico 15 janvier 2008 14:53

              @l’auteur,

              Merci pour votre commentaire, je rejoins vos espoirs, mais reste tres prudent. L’histoire a la mauvaise habitude de se repeter. Si le DPP est parvenu au pouvoir en 2000 c’est justement a cause des scandales et de la corruption qui regnait au sein du KMT.

              Taiwan est encore une jeune democratie, il faut laisser le temps au temps.

               

              @Fsulauze

              En effet mais cette distinction nord-sud n’est pas nouvelle, et ce n’est que recement que les candidats locaux du KMT se sont mis a s’exprimer en Taiwanais afin de seduire d’avantage les electeurs.

              En ce qui concerne les jeunes Taiwanais il en est de meme a Taipei, ils se disent le plus souvent Taiwanais.

               

              Amicalement,

               

              Nico

               


              • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 janvier 2008 12:44

                Nico,

                Je partage votre point de vue sur le ras le bol des citoyens devant la corruption des politiques et aussi leurs querelles politiciennes partisanes éloignées des préoccupations des citoyens taiwanais.

                Bien cordialement,

                 


              • R-sistons R-sistons 16 janvier 2008 02:19

                Bonjour Philippe, deux choses :

                D’abord, merci pour cet article bien documenté, bien écrit, qui porte le sceau du professionnalisme

                Donc, la première chose que je remarque, c’est l’allusion au fossé pouvoir-société

                hélas, c’est presque partout pareil, les gouvernements ne REPRESENTENT plus les peuples,

                le meilleur exemple, c’est la guerre en Irak soutenue par de nombreux dirigeants, pas par les peuples

                A) aujourd’hui la plupart des gouvernants (il y a des exceptions notables comme Poutine ou Chavez) ne sont pas indépendants mais seulement des marionnettes aux mains de l’oligarchie des grandes familles qui régente le monde,

                et comme je l’indique dans mon dernier article sur http://r-sistons.over-blog.com à lire par tous, — de même que certains sites - dont http://syti.net - 

                ainsi que les commentaires, qu’on trouvera à la fin de l’article

                il faut que nous sachions pour pouvoir agir et TOUS nous opposer aux plans abominables des maîtres du monde pour les peuples, dont l’euthanasie des improductifs à terme, des retraités pour commencer, (voir mon dernier article, ATTALI)

                B) et ils ont des plans terribles pour les peuples

                il faut les connaître, et résister avant qu’il ne soit trop tard (j’appelle à copier les articles, à les diffuser, à faire circuler les informations)

                Ensuite, 2e chose, je ne comprends pas pourquoi le KMT plaît à Washington , alors même qu’il entend promouvoir des réformes bénéfiques pour la population, et permettre au pays de garder son indépendance ?

                Merci pour cet article, tu es un merveilleux journaliste, Philippe

                Eva

                 

                 


                • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 janvier 2008 13:03

                  Eva,

                  En effet, tu as raison, un des problèmes qui surgit aujourd’hui à Taiwan est la question du fossé entre pouvoir et citoyens.

                  Le sens du vote de samedi dernier est clair, même pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Il y a urgence à s’attacher à améliorer la vie des citoyens, à résoudre leurs problème, à répondre à leurs aspirations.

                  En apparence, le programme du KMT tel qu’annoncé est dit par ses dirigeants aller dans ce sens. C’est naturellement l’avenir qui nous dira ce qui en sera avec précision. Mais chacun a en tête les manifestations populaires "gigantesques" de 2006 contre la corruption autour du Président actuel Chen Chui Bian....et cela est inscrit dans la conscience populaire collective.

                  Washington a apprécié la victoire du KMT car cela va apaiser les relations entre la Chine et Taiwan au moment où ses dirigeants se préparent à une éventuelle guerre contre l’Iran, voire contre la Syrie.

                  Cela est une position qui correspond aux intérêts momentanés diplomatqiues et militaires de l’administration Bush en fonction de leurs objectifs actuels. Sur le plan interne, Taiwan étant un pays "riche" en termes économiques généraux, et disposant d’une monnaie indépendante ainsi que de capitaux très importants investis ailleurs, le FMI ou la Banque Mondiale ne jouent pas ici le même rôle que dans les pays "pauvres" pressurés par ces organismes internationaux. Sans oublier que Taiwan a un fort secteur d’Etat et public qui lui permet, dans une certaine mesure, de disposer jusqu’à un certain point de marges de manoeuvre que n’ont pas d’autres pays plus paupérisés.

                  Concernant Poutine et Chavez, s’ils jouent un rôle effectif dans le surgissement d’un monde multipolaire, avec d’autres dirigeants d’autres pays qui ne sont pas tous des modèles de démocratie politique et sociale, ils ne me semblent pas non plus être des saints ou des hommes guidés par la seule idée du bien universel.

                  Par essence, je suis d’une extrême prudence vis à vis des personnes qui veulent représenter leur peuple, surtout s’il n’existe pas dans les sociétés données des contre-pouvoirs qui assurent les équilibres nécessaires à la démocratie réelle.

                  Comme disait Montesquieu : "le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument", ce qui induit, qu’à Taiwan, comme en Russie, au Vénézuela ou dans tout pays, les principes démocratiques seront d’autant plus vivants et agissants que les contre-poids aux pouvoirs seront fortset actifs.

                  Bien amicalement,

                   


                • R-sistons R-sistons 17 janvier 2008 00:14

                  merci Philippe, c’est très clair, tu as parfaitement répondu pour Taiwan

                  Quant au reste, je persiste à préferer Poutine à Bush

                  et à aimer Chavez

                  bien amicalement, et bon courage pour tous tes engagements eva


                  • Jean-Paul Doguet 18 janvier 2008 13:49

                    @R-sistons

                    Ces propos relèvent d’une n-ième théorie du complot sur les "oligarchies". Il est inhérent aux systèmes représentatifs de nourrir la méfiance des citoyens vis-à-vis de leurs représentants. C’est une donnée structurelle et non comme vous semblez le croire un événement récent. C’est en réalité un aspect PERMANENT de la démocratie de représentation. En ce qui concerne Taiwan, il me semble que la population a tout simplement choisi d’apporter ses voix au parti qu’elle associe au "miracle économique". Le parti de Chen Shui Bian n’a pas d’équation économique équivalente, il n’est pas lié dans l’esprit de l’électorat au décollage économique du pays.

                    Concernant les Etats-Unis. Je pense que TOUTES les chancelleries occidentales et le Japon (sans oublier bien sûr Pékin) ont bien accueilli le succès du KMT pour des raisons qui ne sont pas exactement conjoncturelles. Chen Shui Bian est perçu comme une sorte de casse-pied et d’aventurier et il a fort peu d’amis hors de l’île. La seule chose que les Américains (et tous les autres) attendent des Taiwanais est qu’ils prospèrent et se tiennent tranquilles et surtout ne menacent pas le statu quo et les affaires vis-à-vis de Pékin. Personne à l’étranger ne veut d’aventures indépendantistes qui seraient un casus belli pour Pékin. Mais le paradoxe est qu’en fait le KMT serait au fond mieux placé que son adversaire pour faire accepter la souveraineté de Taiwan par Pékin. Son candidat a été le seul à être officiellement accueilli sur le continent. 


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 18 janvier 2008 14:59

                    Eva,

                    Merci de ton message.

                    La différence essentielle que tous peuvent constater entre G W Bush d’un côté et Poutine ou Chavez de l’autre, est que l’un représente le passé d’une puissance qui n’a plus les capacités de garder le contrôle de la situation mondiale dont elle se voulait le gendarme unique depuis 1991, et les deux autres un multilatéralisme qui modifie la donne géopolitique mondiale.

                    C’est cela qui est à ce jour le plus "sensible" entre les 3 personnes citées et ce qu’elles représentent.

                    Ceci dit, vu les dégâts considérables qui ont marqué les 16 années de suprématie univoque américaine depuis 1991, il paraît évident que le renouveau du rapports multilatéraux, avec leurs difficultés et leurs contradictions, est au moins un mieux que la situation antérieure sur le plan politique abstrait, mais cela génère aussi des tensions et des problèmes nouveaux qui commencent à apparaître car les intérêts divergents en conflit ne signifient pas une amélioration automatique de la situation pour les peuples, mais juste une modification du cadre dans lequel ces problèmes se posent et peuvent se résoudre.

                    Bien amicalement,

                     


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 18 janvier 2008 15:16

                    A Jean-Paul Doguet,

                    Votre dernière phrase comme le reste de votre texte en général souligne bien ce que l’article indique, à savoir que le KMT est effectivement la force politique qui peut conduire progressivement, sans politique agressive inutile, sans ostentation nuisible, à l’indépendance juridique internationale de Taiwan, quitte à modifier le nom de "République de Chine" en "République de Taiwan".

                    Vous avez bien mis le doigt sur le problème essentiel : ce que les gouvernements divers ne voulaient pas, c’est de tensions inutiles à caractère militaire entre la Chine et Taiwan.

                    Par contre, que la Chine puisse être encouragée par les voies du dialogue, de l’ouverture économique et touristique, vers une démocratisation politique est vue comme un bienfait pour le monde entier. Toute dictature porte en elle les germes de risques de dérapages dangereux pour la stabilité du monde ou de régions du monde.

                    Si, d’ici quelques années, la Chine se dote d’un pouvoir démocratique, les problèmes passés entre Taiwan et la Chine pourront se trouver simplifiés et quasi-résolus. Dans l’intérêt de tous les acteurs régionaux et internationaux.

                    De ce point de vue, le KMT est mieux placé que le DPP, c’est une évidence.

                    Il semble que le dernier but "historique" que le KMT peut atteindre sans conflit avec la Chine, justifiant ainsi son existence à Taiwan et pour la société taiwanaise, est de pousser avec finesse et souplesse à la démocratie en Chine, ce qui permettra de faire apparaître la nation taiwanaise comme une donnée incontournable, mais dont la reconnaissance juridique sera alors sans risque pour personne.

                    Cela induit une politique "démocratique" active et exemplaire à Taiwan servant d’exemple pour le peuple du continent, avec des avancées notables et réelles économiques et sociaux.

                    Dans cette perspective, le KMT pourrait, après avoir été le parti du "miracle économique" devenir le parti qui, par la démocratie promue et développée, aurait "libéré" la Chine de sa dictature corrompue tout en permettant à une jeune nation de prendre sa place, rien que sa place, mais toute sa place, dans la vie internationale démocratique.

                    Cette politique est qualifiée par une responsable KMT de "politique du gagnant-gagnant".

                    Bien cordialement,

                     

                     


                  • R-sistons R-sistons 19 janvier 2008 06:45

                    Un petit coucou pour témoigner l’amitié

                    donc les EU vont devoir en effet réviser leur unilatéralisme, avec la montée en puissance du bloc Russie-Chine, sans parler de l’Inde et du Brésil qui se réveillent, il faudra bien admettre tous ces gens là au G7 et comme membres permanents à l’ONU

                    Les chrétiens américains vont devoir partager le pouvoir. Le partage n’est-il pas une valeur chrétienne ? Pas l’orgueil, en tous cas. Allez, je joue les rabat-joie...

                    God and Dollar. Ou dollar and God.

                    A bientôt pour de beaux articles... et partager l’amitié à défaut du monde.

                    eva


                  • Jean-Paul Doguet 20 janvier 2008 11:16

                    "Libérer" le continent était une obsession de Chiang Kai Shek, à laquelle il a dû verbalement renoncer en 1950. Je ne suis pas à Taiwan évidemment mais je doute que cela intéresse beaucoup le KMT d’aujourd’hui et même la population de Taiwan. La taiwanisation du KMT implique au fond de se limiter à des objectifs taiwanais, et faire reconnaître sa souveraineté par Pékin en est justement un. D’ailleurs maintenant que le continent a réintroduit la propriété privée et le capitalisme il ressemble assez à ce que le KMT en aurait fait s’il avait gagné la guerre civile. 


                  • d-timdou 7 mars 2008 23:20

                     Bonsoir M.Vassé, je suis un lycéen qui effectue un travail de recherche sur Taïwan, et plus précisement sa situation géopolitique, tant externe qu’interne. J’aimerais savoir si vous pourriez me fournir quelques indications concernant la situation géopolitique de l’île à l’échelle régionale. Je sais qu’il existe des différends entre plusieurs Etats dans la zone (aise orientale), concernant notamment les Zones économiques exclusives et le rapport de force entre les Etats militairement liées aux Etats-Unis (Taïwan, Philippines) et ceux qui ne le sont pas (Chine, Indonésie, Vietnam).

                     J’ai également quelques notions vagues concernant le développement économique de Taïwan depuis une cinquantaine d’années. Je sais que l’île a toujours connue un système capitaliste à forte intervention étrangère, mais j’ignore quelles politiques économiques ont été menées suite à la démocratisation de l’île, successivement par Lee Teng-hui et Chen Shui-bian.

                    J’aimerais également savoir quelle effet la Crise asiatique de 1998 a eu sur Taïwan. Quand j’entends que :" [Taïwan] a été, en 1992 notamment, l’un des premiers détenteurs de devises du monde ", je m’interroge car j’ignore comment cette situation s’est produite et ce qui en a découlé.

                    Je vous remercie pour le temps que vous m’accordez. Si vous pouviez me répondre à mon addresse email citée ci-dessous, j’en serais très reconnaissant.

                    didit_bandou@hotmail.fr

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