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Accueil du site > Actualités > Politique > Charcutage régional : c’est n’importe quoi !

Charcutage régional : c’est n’importe quoi !

Le mille-feuilles territorial en France, c’est-à-dire, le trop grand nombre de strates de décisions locales, est une tarte à la crème de la vie politique française depuis plusieurs décennies. La nécessité de réformer ne doit pourtant pas amener à faire n’importe quoi. C’est pourtant la méthode de François Hollande.



Les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, l’État… dans la gouvernance publique, il y a manifestement des échelons en trop. La France républicaine des territoires, initialement administrée par les départements et les communes, va petit à petit être administrée par les régions et les intercommunalités. Ce mouvement progressif est évidemment souhaitable.

Il est tout aussi souhaitable de supprimer les conseil généraux pour n’avoir qu’un seul intermédiaire de gestion territoriale entre les intercommunalités et l’État.

La motivation soudaine, depuis le début de l’année, de réformer réellement le mille-feuilles territorial du Président François Hollande est donc, en elle-même, une bonne nouvelle pour l’intérêt national. Le problème, comme souvent avec lui, c’est la méthode.

Les derniers arbitrages auraient été finalisés à l’Élysée lundi 2 juin 2014 à 20h00 et le site Internet de l’Élysée a mis en ligne quelques minutes plus tard la tribune de François Hollande publiée ce mardi matin dans la presse quotidienne régionale (et qu'on peut lire ici).

Deux projets de loi devraient être présentés au conseil des ministres le 18 juin 2014 avant d’être débattus par le Sénat et l’Assemblée Nationale. Le Premier Ministre Manuel Valls a semblé exclure, ce 3 juin 2014, le référendum qui pourtant, serait le seul moyen de faire accepter une réforme qui bouleverse tant le statu quo : « Face à une question d’intérêt général, on répondrait à une autre question, on verrait l’addition des contraires. (…) C’est au Président, au gouvernement et au Parlement de faire valoir l’intérêt général. » (BFM-TV).


La méthode

Prenons la méthode. Comme sa politique économique, la politique territoriale de François Hollande est complètement illisible et surtout, très mouvante. Sa ministre en charge du dossier, Marylise Lebranchu, était partie sur une tout autre réforme, beaucoup plus douce, et il est étrange que le changement singulier d’horizon la laisse encore maîtresse d’un sujet qu’elle ne maîtrise visiblement plus, même si je ne doute pas que c’est son ministre délégué, le très compétent et pertinent André Vallini, qui mettra en œuvre la réflexion et le changement dans ce domaine.

La suppression des départements, prévue pour 2020 est effectivement souhaitable et le temps nécessaire pour aboutir ne me paraît pas non plus trop long, avec les 270 000 fonctionnaires des conseils généraux à réaffecter soit dans les régions soit dans les intercommunalités (Manuel Valls a estimé sur BFM-TV ce 3 mai 2014 qu’il fallait trois ans pour faire l’opération dans de bonnes conditions).

En attendant, les transferts de compétences se feront progressivement entre les différentes institutions territoriales. Notons donc que la réforme territoriale réalisée par Nicolas Sarkozy qui proposait de n’élire (dès mars 2014) qu’une seule sorte d’élus, les conseillers territoriaux qui seraient présents à la fois dans les conseils généraux et dans les conseils régionaux, réforme qui avait suscité beaucoup de rancœur chez les élus locaux et qui avait précipité le basculement du Sénat à gauche le 25 septembre 2011, avait été abrogée très rapidement par le nouveau pouvoir socialiste pour finalement revenir deux ans plus tard à son principe originel. Encore deux ans perdus !

Ce mode de gouvernance hollandien typiquement Shadok, on efface le sarkozysme pour refaire du sarkozysme mais sans le dire, on l’a déjà connu dans beaucoup de domaines, comme l’augmentation de la TVA, le TSCG, les internats d’excellence, le statut de l’autoentrepreneur, la réforme des retraites, etc.

On pourrait aussi s’interroger sur la pertinence de réduire de moitié le nombre des régions alors qu’on supprime déjà les départements. Cette réduction ne répond à aucune logique réelle, sinon à une seule visibilité : le gouvernement agit. Mais la taille des régions françaises n’est pas en cause (ce serait plutôt la taille des communes qui devrait être révisée pour éviter de maintenir quelques 36 700 communes), car elles sont déjà à peu près à la même taille que les autres régions en Europe.

Pourquoi donc ce besoin de réduire le nombre de régions ? Mystère car ce n’est pas cela non plus qui ferait réduire les dépenses publiques (lire plus bas). Serait-ce pour éviter que le FN n’en contrôle un exécutif ? Le 25 mai 2014, le FN était en tête dans 70 départements.

On aurait pu imaginer juste une rationalisation des limites territoriales des régions, certaines n’ayant pas beaucoup de réalité économique ou historique (comme les deux Normandie provenant de la rivalité entre Rouen et Caen) alors que d’autres, au contraire, ont une forte identité et réputation.

Toujours dans la méthode, et c’est tellement transparent que cela en devient presque impudique, il est clair que les frontières proposées par l’Élysée ne répondent pas à l’intérêt national mais sont l’aboutissement de discussions auprès des seuls barons socialistes ou de leurs proches qui dirigent les régions, notamment auprès de Martine Aubry (Nord-Pas-de-Calais), Jean-Yves Le Drian (Bretagne), Jean-Marc Ayrault (Pays de la Loire), Ségolène Royal (Poitou-Charentes), Alain Rousset (Aquitaine), etc. Cependant, Jean-Marc Ayrault n’a pas du tout été écouté puisqu’il était partisan de la fusion pure et simple des Pays-de-la-Loire avec la Bretagne.

Enfin, la réforme est toujours proposée d’en haut alors qu’elle aurait dû faire l’objet de grande concertation avec des gens du terrain, des géographes, des personnes qui s’occupent des implantations économiques dans les régions, etc. On voit bien, avec le découpage proposé, malgré les déclarations affichées, qu’aucune considération ni économique ni historique ni même culturelle n’a été prise en compte et que finalement, seule, la politique politicienne a pris le dessus sur toute autre considération. C’est évidemment le meilleur moyen de faire échouer une réforme d’envergure.

Patrick Devedjian (UMP) a été très virulent sur Twitter : « L’étendue du pouvoir personnel du Président de la République a atteint ses limites. Ses décisions solitaires sans suite rappellent Louis XVI. ». Dominique Bussereau (UMP) n’est pas moins dur, également sur Twitter : « Tristesse pour la France avec une annonce improvisée et sans concertation. Tout est fait pour conduire à l’échec. ».


Regrouper les régions

Il est souhaitable de rationaliser le territoire français mais en le faisant de manière équilibrée et intelligente.

Or, en ne proposant que des fusions par blocs de régions déjà existantes (pour éviter une révision constitutionnelle sur ce sujet-là, semble-t-il), on fait dans le grand ubuesque. Il aurait fallu au moins découper certaines régions, parfois artificielles, en mettant certains départements dans un ensemble et d’autres dans un autre, sans forcément les garder attachés simplement parce qu’ils étaient dans la même région d’origine. Cela n’a parfois aucun sens.

Cette volonté de ne pas passer par une révision constitutionnelle (obligatoire pour la suppression des conseils généraux) montre à l’évidence que le gouvernement veut faire adopter la réforme à l’arraché sans chercher un large consensus au sein de la classe politique et de l’opinion publique qui la rendrait pérenne. Nul doute que si l’UMP n’était pas associée au projet, ce qui est le cas, elle aurait toutes les raisons de l’abroger une fois de retour au pouvoir. C’est aussi la raison pour laquelle François Hollande veut aller vite et faire élire les premiers élus de ces nouvelles régions dès octobre 2015, avant la fin de son quinquennat, pour rendre sa réforme irréversible.

Prenons régions après régions.



Ce petit tour est évidemment subjectif et n’ayant pas la science infuse, je le donne en simple indication ; il est probable que chaque citoyen français a sa petite idée, parfois très éloignée, sur le sujet.

L’Île-de-France n’a pas été modifiée et cela paraît sage, dans le contexte du Grand Paris.

En revanche, ne pas modifier la Bretagne ni les Pays de la Loire paraît assez étonnant. Il aurait fallu au moins inclure la Loire-Atlantique (Nantes) dans la nouvelle Bretagne et, comme le propose Jean-Marc Ayrault, on pourrait même imaginer d’y inclure la quasi-totalité des Pays de la Loire, notamment la Mayenne (Laval) et le Maine-et-Loire (Angers). La Vendée (La Roche-sur-Yon) pourrait être rattachée à ce qui resterait de Poitou et la Sarthe (Le Mans) au Val-de-Loire.

Même réflexion pour l’Aquitaine qui pourrait intégrer les deux Charentes (Angoulême et La Rochelle) pour englober tout l’estuaire de la Garonne.

Le plus incohérent dans le charcutage proposé est de regrouper les régions Poitou-Charentes, Limousin et Centre. En gros, c’est mettre ensemble tout un résiduel qui n’allait nulle part ailleurs sans prendre en compte la grande hétérogénéité de ces territoires. Imaginer que Dreux serait dans le même espace régional que Saintes et Brive-la-Gaillarde paraît complètement farfelu. C’est vraiment n’importe quoi !

C’est pourquoi il serait plus intéressant d’éliminer les Pays de la Loire, de créer deux régions au lieu d’une dans ce grand espace qu’on voudrait unifier. Avoir une première région Val-de-Loire qui reprendrait la plupart par des départements de la région Centre, le Loiret (Orléans), le Loir-et-Cher (Blois), l’Indre-et-Loire (Tours), le Cher (Bourges), l’Indre (Châteauroux), en incluant la Sarthe (Le Mans) et en excluant l’Eure-et-Loir (Chartres) qui pourrait rejoindre les deux Normandie. Et avoir une seconde région avec le Poitou restant, la Vienne (Poitiers), les Deux-Sèvres (Niort), complété par la Vendée, et attaché au Limousin éventuellement augmenté du Cantal (Aurillac).

Le regroupement de la région Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon ne semblerait pas inopportune, même si la cohabitation Toulouse-Montpellier sera aussi difficile qu’une cohabitation Nantes-Rennes, mais à condition de ne pas inclure le Gard (Nîmes) qui est généralement tourné vers la région PACA (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) qui elle, étrangement, n’est pas modifiée alors qu’elle pourrait inclure également la Corse qui est un territoire assez pauvre et qui pourrait bénéficier de la richesse de Marseille et de Nice.

Le regroupement, envisagé par les présidents des conseils régionaux respectifs, de la Bourgogne et de la Franche-Comté paraît porteur de dynamisme et avoir un sens même si un collectif s’est déjà formé à Besançon pour "ne pas être mangé" par Dijon. On pourrait même y rajouter l’Aube (Troyes) et l’Allier (Moulins).

La région Rhône-Alpes, déjà très étendue (pas en superficie mais en durée de transport en raison du relief) et très riche (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Savoie) aurait pu ne pas être modifiée mais inclure une partie de l’Auvergne resterait cependant cohérent dans une optique économique puisque le Puy-de-Dôme (Clermont-Ferrand) et la Haute-Loire (Le Puy) sont déjà tournés vers Lyon.

Le découpage proposé du Nord et de l’Est de la France ne me paraît, en revanche, pas du tout pertinent. Proposer de regrouper la Picardie et la Champagne-Ardenne n’a aucun sens, rassembler Langres et Abbeville ! C’est la même aberration que le regroupement résiduel du Centre-Poitou-Limousin proposé. La Picardie pourrait aisément fusionner avec la région Nord-Pas-de-Calais, et cela aurait un sens économique.

Enfin, envisager le regroupement de l’Alsace et de la Lorraine serait une grossière erreur économique, pour deux raisons.

D’une part, l’Alsace, qui a raté sa fusion complète, a une identité très forte et très particulière, et est une entité économique à part entière. On pourrait éventuellement y inclure le Territoire de Belfort qui en avait été exclu depuis 1870.

D’autre part, la Lorraine est déjà intégrée dans un grand bassin économique qui s’appelle Sarlorlux, avec la Sarre allemande, le Luxembourg (pays) et le Luxembourg belge, qui n’a pas grand chose à voir avec l’Alsace plus attirée par la partie rhénane de l’Allemagne.

L’idée de François Hollande de créer des régions « de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales » est bonne, mais très mal appliquée ici puisque la Lorraine et l’Alsace, indépendamment l’une de l’autre, ne l’ont pas attendu pour développer une stratégie territoriale mais qui n’est pas commune, donc, regrouper l’Alsace et la Lorraine serait mettre une trentaine d’années de travail en l’air !

La Lorraine pourrait intégrer, en revanche, la plupart des départements de la Champagne-Ardenne sans que cela ne choquerait particulièrement, la Marne (Reims et Châlons-en-Champagne), les Ardennes (Charleville-Mézières), et éventuellement la Haute-Marne (Chaumont) qui pourrait aussi être intégrée à la Bourgogne-Franche-Comté comme l’Aube.

Comme on le voit par ce petit tour de France,les découpages proposés ne tiennent compte d’aucune logique de réalité, réalité culturelle, réalité historique ou réalité économique. Il est choquant que ces regroupements soient le fait de technocrates parisiens qui ne connaissent rien aux réalités des territoires.


Les dangers de faire n’importe quoi

Sur i-Télé, le journaliste Joseph Macé-Scaron, pourtant plutôt proche des idées du pouvoir, s’était insurgé avec véhémence ce 2 juin 2014 contre ce projet de fusion de régions. Pour lui, il y a un réel danger de remettre en cause l’identité très forte de certaines régions dans un contexte où l’identité est un paramètre très sensible. Le score élevé du FN aux européennes peut s’expliquer aussi par un repli identitaire très fort, or, bouleverser ainsi les régions, c’est rajouter un nouveau problème national alors qu’il n’y en avait aucun dans ce domaine-là.

Il ne faut pas négliger que l’identité est ce qui reste quand on retire tout. Les "bonnets rouges" revendiquent ainsi une identité bretonne forte (et demandent le rattachement de Nantes), et il est sûr que les Alsaciens sont, eux, beaucoup plus favorables à l’écotaxe que les Bretons car leur territoire est sans cesse pollué par le flux routier qui passe chez eux.

Mais il n’y a pas que dans le ressort psychologique que ce charcutage territorial pourrait causer du tort à la France. L’attractivité économique de certaines régions est basée parfois sur une "marque" forte, avec une identité internationale très forte. C’est le cas notamment de Rhône-Alpes ou de l’Alsace. Leur changer de nom serait anéantir tout leur travail de communication vis-à-vis des entreprises étrangères depuis plusieurs décennies.


Réduire les coûts ?

Dans ce nouveau jeu de Légo dont les citoyens se passeraient bien, plus soucieux du chômage qui ne cesse encore de croître à un rythme affolant (500 demandeurs d’emploi supplémentaires chaque jour !), la question ultime reste son objectif.

Or, il n’y a qu’un seul objectif admissible pour tout chambouler : c’est celui de réduire les dépenses publiques.

Selon Alain Rousset, le président du Conseil régional d’Aquitaine et président de l’association des régions, dans un entretien au journal "Le Monde" du 2 juin 2014, cela ne ferait faire aucune économie : « Nous ne ferons pas d’économie sur les régions. Au contraire, il faudra égaliser vers le haut les salaires des fonctionnaires territoriaux et cela entraînera un coût supplémentaire en fonctionnement. C’est sur le couple commune et intercommunalité qu’il existe des marges. ».


Hollande, la mauvaise foi, encore une fois à l’œuvre

Dans sa tribune du 2 juin 2014, François Hollande veut accroître la pression sur les parlementaires : « Il faut aller vite car il ne nous est pas permis de tergiverser sur un sujet aussi important pour l’avenir du pays » en mettant les élus le dos au mur face à l’opinion publique. Pourtant, les bras m’en tombent quand je lis cela ! Le seul qui a tergiversé au sujet de la réforme territoriale, c’est bien François Hollande lui-même ! Une troisième réforme en deux ans ! Il a recréé toute une batterie d’élus en supprimant les conseillers territoriaux, et maintenant, il parle d’urgence.

Bref, dans ce projet de réforme territorial, rien n’est cohérent, tout est n’importe quoi : la méthode est n’importe quoi puisqu’en deux ans, on a proposé tout et son contraire ; la concertation est n’importe quoi puisque seuls comptent les apparatchiks du PS et leur féodalité ; la fusion est n’importe quoi car il faut adapter le regroupement des territoires à une certaine cohérence de bassins de vie ; l’objectif est n’importe quoi car le projet va enflammer la classe politique et sans doute le peuple qui a d’autre préoccupation sans pour autant réduire le déficit public.

Comment peut-on aussi mal gouverner la France ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (3 juin 2014)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Tribune de François Hollande dans la PQR datée du 3 juin 2014 (texte intégral).
François Hollande.
Manuel Valls.
L’Alsace.
Les dernières régionales (mars 2010).
Réforme du mode de scrutin aux élections locales.
Élections municipales 2014.
Élections européennes 2014.
The Day After.

yartiRegionsA02 


 


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97 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 3 juin 2014 17:16

    Partie fine chez DSK au moment ou celui ci se lâche ..... smiley


    • zygzornifle zygzornifle 3 juin 2014 17:19

      Dans peu de temps la France sera une région de l’Europe satellite de l’Amérique , le président devenant un quelconque fonctionnaire appliquant à la lettre toutes les directives venant du dessus..... 


      • diogène diogène 3 juin 2014 17:31

        La France est un satellite des Etats-Unis depuis le plan Marshall et la mise en place de l’OTAN. La parenthèse gaullienne pour l’OTAN n’a rien changé aux réalités économiques et financières. La France est toujours restée sous tutelle de l’OCDE (plus le FMI, l’OMC, etc...)

        Dans peu de temps, la France n’existera plus en tant qu’état, et l’Europe (satellite ou colonie des Etats-Unis), sera constituée de régions, dont celles qui font actuellement partie du territoire français.
        C’est une question de nuances, mais ça a sont importance.

      • Baarek Baarek 3 juin 2014 17:36

        Je ne serais pas aussi radical que vous, et je crois, j’espère fort, que ça ne se passera pas comme ça. J’ai envie de souverainisme avec la France autant que de vin avec mon cigare !


      • Pale Rider Pale Rider 3 juin 2014 17:36

        Globalement d’accord avec votre analyse, notamment ce que vous dites région par région.
        En revanche, la suppression (partielle, totale ?) des départements est idiote et ne peut provenir que d’un énarque scotché à Paris. Dans mon département, on est 300000, on se connaît presque tous, c’est à taille humaine. De plus, si nous disparaissons, notre chef-lieu, déjà oublié, sera encore plus phagocyté par les deux métropoles voisines qui le siphonnent depuis des décennies.
        Le problème, c’est que nous sommes gouvernés par des comptables (mauvais, en plus) qui n’ont aucune vision politique. Ils ont une machine à calculer dans la tête, et en plus, ils comptent mal. L’Europe : idem. Fric, fric, fric, et pour les copains riches, évidemment. Et on s’étonne des résultats des derniers scrutins.
        Cette réforme absurde ne se fera pas, et surtout pas en force. Hollande a encore trouvé un sujet de fâcherie dont on se serait bien passé. Ce sera son Vietnam, comme l’Ayraultport de son ex-Dernier-Ministre.
        Il faut non seulement dissoudre l’UMP et le PS, comme disait Marianne, mais en dissoudre les membres.
        Dans l’acide ?... smiley


        • bakerstreet bakerstreet 3 juin 2014 18:27

          Votre article fait bien le tour du problème.


           Cette nouvelle carte est tout à fait étonnante, avec cette région qui part du sud de la Rochelle pour arriver pratiquement en banlieue Parisienne...

          Une idée sortie du festival des franco-folies ? On croirait presque une voie seigneuriale permettant de donner à Paris un point de vue sur l’atlantique ! 
          Voilà où mène l’envie de faire une réforme sans déranger personne, enfin du moins pas les barons qui gouvernent nos régions !

          On se rappelle que le premier charcutage, datant des années 60, avait pour but de diviser, tout en jouant du ciseau dans les régions culturellement reconnues ( Normandie, bretagne), pour en faire des coquilles vides, et surtout d’éviter tout risque que les autochtones prennent ce projet centraliste pour ce qu’ils n’étaient pas, c’est à dire la reconnaissance de régions, géographiquement, culturellement, et économiquement fiables. 

          Voici une nouvelle moulure un peu plus grotesque, avec des métastases qui pendouillent au corps du bébé dés la naissance. 

          Une nouvelle aventure du roi Ubu !

        • aimable 4 juin 2014 09:30

          Bakerstreet
          la Basse Normandie est très proche culturellement de l’Ile et Vilaine , des Côtes d’Armor
          et de la Mayenne, de l’autre côté , la seine est une frontière et avant 56 nous n’existions
          tout simplement pas , nous étions dévorés par l’ogre !!!!!


        • POUR UNE FOIS JE SUIS D ACCORD AVEC RAKOTO UN GRAND N ’IMPORTE QUOI CE PROJET DE NOUVELLES REGIONS !!!!!!!!!!!!


          • CE QUI SERAIT VRAIMENT UNE REFORME TRANFORMER LES 36600 COMMUNES EN 3000 COMMUNAUTES DE COMMUNES !

            CHAQUE COMMUNAUTE AURAIT UN ADJOINT ET 2 SECRETAIRES DANS LES ANCIENNES MAIRIES

            14 REGIONS AU LIEU DE 22 CA VA COUTER PLUS CHER QUE LES ECONOMIES FAITES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

            QU’ELLES SONT STUPIDES LES ELITES DU PS PARISEN JACOBIN ;; ;; ;; ;; ;; !!!!!!


          • Jurassix Jurassix 6 juin 2014 01:10

            14 couteront plus cher ? Humm, j’attend avec impatience la finesse de votre analyse.


            Quelque soit le president, quelques soit la configuration, on aurait toujours autant de mecontents... 

          • Aldous Aldous 3 juin 2014 17:57

            La précipitation brouillonne dans laquelle ce charcutage improbable a été pondu est symptomatique de ce qui motive Hollande.


            De plus en plus de Français se rendent compte que ce gouvernement (comme le fit en Grèce celui de Papandréou il y a 4 ans) est payé pour démolir, maintennt la structure de l’Etat, comme précédemment, la famille.

            Quand on démolit, on ne soigne pas les détails. C’est la seule explication à cette amaterusme inconséquent. 


            • lsga lsga 3 juin 2014 18:06

              moi, rien que pour cela, je suis très content d’avoir voté hollande.



              Plus vite on en aura fini avec l’État Nation France, plus vite on pourra unir le prolétariat à échelle européenne !

            • diogène diogène 3 juin 2014 18:08

              Payé par qui ?


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juin 2014 18:57

              Par Soros et Rockefeller ??


            • Un_lecteur 3 juin 2014 20:20

              Ce n’est pas n’importe quoi, c’est un enfumage.
              pendant que le bon peuple s’excite la dessus, le traité transatlantique va être signé - discrètement.
              l’adhésion de la Turquie va continuer à avancer - discrètement.
              l ;assemblée nationale dite « représentative » alors que ce qui est devenu le premier parti de France n’y est presque pas représenté va continuer - tranquillement. Et même un an de plus grâce à ce projet de charcutage régional.
              Ce n’est pas n’importe quoi, c’est l’application de l’adage bien connu, selon lequel la politique est l’art d’empêcher les gens de s’occuper de leurs affaires.
              Ce sujet tiendra bien le bon peuple occupé jusqu’à l’enfumage suivant, la coupe du monde de foot par exemple.
              Pendant ce temps le pays coule. Discrètement.


            • Aldous Aldous 3 juin 2014 21:47

              Quel prolétariat Isga ?


              Ah ? Oui ! Vous voulez parler des chômeurs ! smiley

            • Remi 3 juin 2014 22:01

              "moi, rien que pour cela, je suis très content d’avoir voté hollande.

              Plus vite on en aura fini avec l’État Nation France, plus vite on pourra unir le prolétariat à échelle européenne  !"

              Sarkozy, ou un autre fondé de pouvoir du Capital, aurait vraisemblablement conduit un projet de même nature.
              Le Capital serait donc selon vous assez stupide pour mener des projets qui conduiront à l’union des prolétaires.
              Quelle chance nous avons, Isga. On va bientôt vous voir diriger la Révolution.


            • colere48 colere48 3 juin 2014 22:20

              @ is gaga
              Certaines personnes sont la preuve que la réincarnation existe,
              on ne peux pas devenir aussi con en une seule vie.  smiley


            • gotjy gotjy 9 juin 2014 14:50

              @Par Un_lecteur : Vôtre réflexion est excellente,le but de ces manoeuvres est bien de détourner l’attention des Fançais et par conséquent oeuvrer dans la coulisse à des plans scélérats (traité de l’atlantique en l’occurence)qui vont nous emmener vers l’abîme et comme dirait l’autre : J’ai la curieuse sensation de me faire dilater le fondement.


            • gotjy gotjy 9 juin 2014 16:12

              J’ai oublié d’écrire que cet enfumage est largement emplifié par ces chers médias
              .


            • gotjy gotjy 9 juin 2014 16:14

              amplifié avec un A méa culpa.


            • CASS. CASS. 9 juin 2014 19:17

              rokfeller un doigt de la main des rothschilds


            • LAuvergnat 3 juin 2014 18:05

              J’apprécie guère Hollande. Il semble en effet que le découpage soit davantage électoraliste que économique.

              Maintenant, cette réforme est sur le fond bonne :
              -on supprime des départements devenus à la fois trop grands et trop petits pour être pertinents. (Les intercommunalités semblent en effet beaucoup mieux correspondre aux attentes des français notamment en matière sociale, les plus faibles sont souvent ceux qui peuvent le moins bien se déplacer ; or, le département n’est pas adapté pour cela) ;
              -ensuite, il fallait réduire le nombre de régions.

              On pourra toujours critiquer le découpage, ce sera toujours le cas. Dès qu’on touche à quelque chose, çà ne plait pas. Cependant, rien n’interdit, et cela Valls l’a rappelé, que durant le vote ou à la suite de la réforme des redécoupages de régions soient opérés et rien n’interdit non plus que par exemple les Pays de Loire soient au final intégrés rattachés à la Bretagne.

              Concernant les coûts de la réforme. On est largement dans le mensonge. Mais qui donc a dit que les fonctionnaires départementaux devaient être payés comme ceux de la région ??????? On voit bien tout de suite les corporatismes surgir.

              Hollande est de loin le pire Président de la Vème République, mais cette réforme sera pour moi la seule bonne chose qu’il laissera. Dommage juste qu’il n’en ait pas profité pour supprimer les sous-préfectures.


              • bakerstreet bakerstreet 3 juin 2014 18:38

                Lauvergnat


                A moins que quelque chose m’est échappé, je ne pense pas que ce projet ait pour ambition de supprimer les départements, comme cela avait été annoncé dans un premier temps. 

                Il semble bien que ce confetti administratif continuera à exister, avec ses élus, et toute cette pléthore de divisions administratives, qui font que la vie, et ses imprimés vous empêche de vous laisser le temps de déprimer, à cette allure d’un homme à cheval, ayant besoin d’une journée pour traverser l’espace départemental. 

                C’était l’esprit de création qui avait donné le jour à ses divisions, qui correspondaient à l’époque à quelque chose, d’infiniment plus grand à ce qu’il est aujourd’hui. 

                Notons que l’esprit républicain et novateur a quelque peu rétréci, aussi, depuis 1789

                Il y a dans l’air plutôt cet esprit Louis seize, un type un peu gros, qui ne savait pas trop réformer, qui bégayait beaucoup, qui préférait passer son temps à faire des clés. 

                Retirez le casque de scooter, mettez une perruque à la place, sur la tête de notre bon sire, et la ressemblance est frappante.

              • KARMANIOL 3 juin 2014 19:19

                @ bakerstreet 

                Exact. Et il faut aller jusqu’au bout dans le scénario, le jabot et les manchettes de dentelles, le frac fuchsia, escarpins à boucles...

                Avec son relookage Louis XVI, Flamby va faire un tabac à son prochain passage à Villers-le-Bel, à coup sûr, y aura remontée vertigineuse dans les sondages.

                Bonne idée,  bakerstreet, ça pourrait être repris par les conseillers com’ de Glandu Ier, s’ils ont le sens de la gagne. On verra bien. 



              • Antoine Diederick 3 juin 2014 22:06

                il est vrai qu’il faut se promener dans une sous-préfecture française plombée par le soleil d’été pour ressentir l’inanité d’une province française (mode ironique on).

                de se demander à quoi se consacre les sous-préfet et sa femme le dimanche lorsque toujours sous le ciel clément de France, rien ne se passe, que seuls les chats et les chiens errants laissent une ombre furtive sous le soleil de midi.... ?

                pour autant, faut-il, ne pas vouloir revivifier la France profonde en donnant plus de pouvoir au gens dans les régions afin qu’ils puissent exprimer ce qui pensent être bon pour eux ?


              • Antoine Diederick 3 juin 2014 22:23

                et vous m’excuserez pour cette mauvaise littérature, longue journée pour moi.


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 juin 2014 19:04

                Faire des économies ?
                Ou mettre en place le début des euro -régions, qui fonctionneront directement à terme sous la direction de Bruxelles et de Washington ?

                Puis on supprimera le gouvernement, on laissera quelques fonctionnaires pour appliquer les directives européennes, ça fera aussi des économies, et les Etats Nations auront disparus...

                « La décomposition des Nations européennes » par Pierre Hillard, qui a compilé tous les textes européens qui vont permettre d’arriver à ce résultat.

                « Les euro-régions, allons- nous laisser détruire les Nations ? » par Asselineau.


                • Antoine Diederick 3 juin 2014 21:20

                  bonsoir Fifi,

                  je vous au un peu charrié la dernière fois que je suis passé par Avox.

                  je m’en veux....

                  bon, maintenant, oui, on dirait bien une sorte de découpage style euro-régions.

                  bref, l’Europe à la quasi heure allemande, en route vers le fédéralisme européen...

                  sauf que comme le faisait remarquer J. Sapir, les pouvoirs belges et français pensent plus au fédéralisme qu’au confédéralisme tel que les Allemands le voient pour l’Europe.

                  le confédéralisme allemand provoquerait (au vu des dernières élections belges, que 30 % des électeurs flamands veulent le confédéralisme en Belgique mais ils ne représentent que 30 de 50 sur 100 des électeurs belges).

                  compliqué oui....

                  la vraie question, quel est l’avenir de la France en Europe  ?

                  Alstom, BNP etc....

                  Il y a comme un problème et un fameux....

                  Ai suivi petit reportage infos service publique belge sur cette question, un maire en Picardie se demande s’il faut opter pour le système allemand, grosses question à l’Assemblée nationale en France....

                  etc...


                • Antoine Diederick 3 juin 2014 21:35

                  avant sous l’ancien régime, il y avaient les parlement régionaux en France (parlement de Bretagne, parlement de Toulouse etc...)

                  puis les départements (Napoléon)

                  enfin les Conseils généraux tjrs dudit homme.

                  les nazis se proposaient de redécouper la France selon les anciens duchés, bref le principe des Lands en Germanie actuelle (fin des Junckers) etc....

                  Quel est l’avenir de la France et de la territorialité européenne ?

                  Quel est notre avenir en Europe ?

                  La question dépasse la seule question française et belge et même allemande.

                  Monsieur Hollande va bâcler, c’est à peu près sûr.


                • Antoine Diederick 3 juin 2014 21:46

                  en suivant sur Internet, les sites cathos français, je ne comprends pas pourquoi des catholiques français ont voté pour le FN qui base sa posture en récupérant tous les mécontentements français. C’est donc bien un vote de défiance et non pas de renouveau. Etre chrétien incite à la tolérance....

                  Marine Le Pen n’a jamais été aux affaires...elle n’a jamais du faire face aux exigences du moment. Elle n’a jamais du gérer. Cela lui est étranger (sans jeu de mot).


                • Antoine Diederick 3 juin 2014 22:26

                  j’aime bcp le lien sur la territorialité animale que j’ai mis ici smiley


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 4 juin 2014 07:58

                  Antoine,
                  Lisez le livre de Pierre Hillard : « La décomposition des Nations européennes » !
                  Il vient de faire aussi une vidéo qui devrait vous intéresser :
                  « L’arnaque du FN » On y apprend que Nigel Farage, son Parti l’ UKIP, est financé par le plus gros banquier de la City...


                • CASS. CASS. 9 juin 2014 19:22

                  mouai et ils avancent très vite en louzdés en juillet août quand des veaux sont partis broutter du sable


                • KARMANIOL 3 juin 2014 19:06

                  Bizarre....

                  Il reste une micro-région, c’est celle d’Ayrault... Il faudra un aéroport international pour la future République Autonome des Pays de la Loire !

                  Une bonne occasion de relancer Notre-Dame des Landes. Y a intérêt public, et si ça bouge dans le Landernau on vous parachute les gros bras de Pravy Sektor.


                  • marc 3 juin 2014 19:24

                    Ce mouvement progressif est évidemment souhaitable.

                    Il est tout aussi souhaitable de supprimer les conseil généraux pour n’avoir qu’un seul intermédiaire de gestion territoriale entre les intercommunalités et l’État.


                    A chaque fois qu’on entend ou lit le mot « évidemment » , c’est le signe certain qu’il n’y a aucun argument raisonnable et qu’on se fait bourrer le mou. 
                    En l’occurence la dispartition des Conseils Généraux et de fait celle des communes se traduira par la désertification de la France entre les métropoles ( tiens l’auteur l’a oubliée celle là) et les intercommunalités gigantesques qui vont faire de fait disparaitre les communes . Il s’agit en fait d’enterrer la démocratie à la française mise en place depuis la Révolution pour instituer d’énormes bureaucraties directement inféodées à Bruxelles. 
                    Economies zéro et services dégradés

                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 4 juin 2014 07:54

                      marc
                      Voir les euro-régions qui sont en préparation depuis longtemps !
                      Dans le livre de Pierre Hillard on trouve des cartes prévisionnelles depuis... 1973 !


                    • marc 5 juin 2014 17:27

                      FIFI

                      Merci pour le lien

                    • sam_fisher sam_fisher 3 juin 2014 20:01

                      Tout d’abord cet article a le mérite de poser la question ; pourquoi une telle réforme ? Et pourquoi éloigner « le pouvoir » du terrain ? Les conseils généraux ont l’avantage d’être en lien direct avec les habitants des départements. Si l’objectif est de faire des économies, il faut déjà regarder les dépenses et les salaires de nos hommes politiques, salariés de l’Etat à vie...

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