• jeudi 20 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Gouvernement mondial : une escroquerie intellectuelle et une double (...)
35%
D'accord avec l'article ?
 
65%
(26 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Gouvernement mondial : une escroquerie intellectuelle et une double menace

Nos "élites" n’ont plus que cet adjectif à la bouche : mondial.
Gouvernance mondiale, autorité mondiale, nouvel ordre mondial, et même gouvernement mondial
 : il serait indispensable, dans notre intérêt bien sûr, qu’émerge une forme d’organisation mondiale du pouvoir capable de résoudre les grands défis de notre temps. C’est parce que ces derniers, le changement climatique, les épidémies, le capitalisme financier, le terrorisme, ont une dimension planétaire que cette perspective serait inéluctable.

Les médias relaient généralement cette analyse sans se poser de questions. Tout semble si logique. Effectivement, qui dit problème mondial dit autorité mondiale pour le solutionner.

Et pourtant, si on se penche réellement sur la question, on s’aperçoit qu’il y a dans cette équation une escroquerie intellectuelle, et deux menaces de premier ordre.

Une escroquerie intellectuelle d’abord. En effet, prétendre que seul un pouvoir mondial est en mesure de trouver des réponses à des problématiques de dimension planétaire sous-entend qu’il n’y aurait pas d’autre alternative à l’opposition factice monde/nation.
Il y aurait d’un côté le niveau mondial, forcément moderne, forcément adapté, forcément efficace, et de l’autre côté le niveau national, dépassé, trop petit, inefficace.
Quiconque émettra des doutes sur le projet mondialiste se verra jeter à la figure ce raisonnement, supposé mettre fin à tout débat.

C’est une escroquerie. Parce qu’il existe depuis tout temps une articulation entre le national et le niveau global, qu’on nommait auparavant "international". Un Etat-nation peut par définition agir sur son territoire, mais il peut aussi agir en dehors, s’il parvient à coopérer avec les autres Etats-nations, dans le cadre d’une collaboration internationale, qui peut d’ailleurs prendre des formes variées : souple ou structurée, voire très intégrée. Il y a même des enceintes prévues pour cela, à commencer par l’ONU.

Un problème mondial, comme le terrorisme ou la pollution par exemple, peut donc parfaitement trouver une parade face à lui sans qu’on soit obligé de mettre en place une autorité globale au-dessus des nations. C’est en coopérant, en passant des accords, en s’engageant sur des objectifs communs, que les Etats-nations peuvent agir efficacement contre ce type d’enjeux à dimension mondiale.

Il y a d’ailleurs eu de tout temps des problèmes de taille mondiale. Et de tout temps, les nations ont su réagir ensemble : face au terrorisme international depuis des décennies déjà, face aux épidémies, face à l’organisation des communications internationales.

Il faut donc refuser la fausse alternative mondial/national, qui sonne inexorablement comme une opposition, parfaitement idéologique, entre le moderne et l’archaïque. Il faut refuser ce piège, qui vise à légitimer la mise en place d’autorités supranationales qui échapperont au contrôle et à la responsabilité démocratique.

Parce qu’il y a en effet derrière cette escroquerie intellectuelle une double menace.
D’abord, une menace essentielle vis-à-vis de la démocratie.
Les autorités nationales sont l’émanation dans les pays démocratiques d’une volonté populaire, souvent imparfaite certes, mais réelle. Quand un gouvernement national agit, sur son territoire ou au niveau international, il représente un peuple, devant lequel il sera redevable.

Ce n’est évidemment plus le cas lorsqu’on passe à un niveau mondial, au-dessus des nations. Devant qui serait responsable une autorité ou un gouvernement mondial, pour reprendre l’expression de Jacques Attali ? Il n’y a pas de peuple mondial.
On le voit bien déjà en Europe. L’absence de peuple européen rend insupportable l’excès de pouvoir dont jouit la Commission de Bruxelles, souvent dénoncée à juste titre parce qu’échappant à tout contrôle démocratique. Ce problème européen serait décuplé au niveau mondial. Très vite, cette autorité mondiale au-dessus des nations réclamerait, toujours pour notre bien, de plus en plus de prérogatives. Il faut lutter contre le changement climatique, cela nécessite donc des instruments d’action : la politique environnementale, mais aussi la politique d’aménagement du territoire, la politique des transports, etc. L’exemple de l’Union européenne nous permet d’imaginer sans grande difficulté vers quel gouffre antidémocratique nous nous aventurerions. Nous avons déjà assez à faire avec nos "élites" nationales et l’oligarchie européenne pour ne pas avoir à subir une nouvelle oligarchie mondiale.

Le pouvoir politique doit nécessairement correspondre aux réalités des peuples. Le principe qui veut qu’à un peuple corresponde un gouvernement et un parlement ne relève pas seulement de la science politique. Il est éminemment pratique, parce que lorsqu’il est bafoué, c’est la démocratie qui recule, et finalement nos libertés qui disparaissent peu à peu.

La seconde menace du schéma mondialiste tient au contenu-même des politiques qui seraient mises en place si une autorité mondiale supranationale voyait le jour.
Le fait que des politiques soient arbitrées au niveau mondial aurait nécessairement un impact fort sur les décisions prises et le contenu de ces politiques. En matière commerciale par exemple, on comprend bien que le débat entre libre-échange et protectionnisme, pourtant essentiel à l’heure où le capitalisme financier sans frontières vacille, serait nécessairement tranché dans le sens du libre-échange. L’autorité mondiale en effet ne connaitrait plus de frontières dans les politiques dont elle aurait la charge. Et sans frontières, il n’y a pas de protection et de protectionnisme possibles. Le libre-échange s’imposerait donc de façon quasi-automatique.
Ce schéma est reproductible dans bien des cas, sur d’autres sujets essentiels pour notre vie quotidienne, à fort impact sur le chômage, le pouvoir d’achat, les délocalisations.

Encore une fois, on retombe assez vite sur l’exemple miniature d’autorité mondiale que nous connaissons bien : l’Union européenne. Comme son fonctionnement supranational est par essence antidémocratique, il induit aussi par définition un certain nombre de choix idéologiques : le libre-échange total en Europe (au point que le continent est devenu la zone la plus ouverte du monde), le moins-disant social et la course à la baisse des salaires via l’alignement par le bas.

Sachons décoder l’actualité et repérer les raisonnements fallacieux. Ils cachent souvent une volonté d’enfumer les opinions publiques au bénéfice de quelques oligarchies puissantes, celles qui ont tout intérêt à ce que rien ne change et que tout continue d’aller dans la même direction.
 
Le Vrai Débat



par Sébastien Ticavet (son site) vendredi 13 novembre 2009 - 29 réactions
35%
D'accord avec l'article ?
 
65%
(26 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Bardamu (---.---.---.109) 13 novembre 2009 13:27

    Face à pareille menace, à tel processus sourd et grandissant cheminant en un effrayant silence médiatique -vous nous parlez de médias en débattant souvent : une plaisanterie ?
    -face à la puissance de think tanks agissant en sourdine, au double jeu de politiques qui, pour certains au courant, divertissent le peuple en le détournant vers d’accessoires problématiques pour préparer le terrain en toute tranquillité ;

    -face à ce machiavélisme, ce cynisme, cette morgue exercée de la part de nombre d’élites à l’encontre d’un peuple jugé insignifiant ;

    -face à la toute-puissance de banquiers et financiers sionistes amenant le politique à suivre aveuglément ce projet leur assurant une future indéfectible suprématie ;

    -face à ce Meilleur de mondes d’Aldous promis sous la tutelle de quelque figure owellienne d’un Big Brother consacré ;

    -face à la fin de la vie ici promise, et un Nihil nietzschéen désormais promu à son acmé, et en lequel s’ébattront et s’égaieront les esclaves aliénés au travail comme à des jeux du cirque décadents, les illusionnant de quelque liberté possédée ;

    -enfin, face à tout ceci et encore plus encore, votre article, pourtant sympathique, me fait l’effet d’un petit pétard mouillé, de celui envoyé par un adolescent flirtant avec ses limites, sans jamais les explorer ; qui aime à se faire peur, croit tenir un scoop ; veut impressionner la galerie !

    Alors, oui, face à tout ceci, j’attends avec impatience le futur livre d’Alain Soral sur ce sujet qui sera, sans conteste, d’une autre portée !

    Désolé ! mais ramener pareil sujet au rang du fait divers, tout en prétendant au danger, ce n’est qu’un énième exercice journalistique ne changeant rien à rien !

    Car il faut d’abord comprendre, puis, après moult renseignements et réflexions opérés... ensuite expliquer !

    Un très bon devoir d’élève de terminale littéraire, dirais-je alors !
    Mais la culture acquise sur les bancs d’une école, ça ne fait pas une pensée que cela !

    Bilderberg, les think tanks, les francs-macs, pour exemple, où sont-ils en votre exposé ?
    Et encore, l’opposition de deux axes-celui de l’Empire (du Bien) atlanto-sioniste- aux Etats résistants (Le Venezuela de Chavez, la Russie de Poutine, l’Iran, la Palestine...), où sont-ils ?
    Un sujet trop sérieux donc, pour n’être que l’objet d’un devoir écolier -même citoyen !

  • Par Paul Muad Dib (---.---.---.2) 13 novembre 2009 23:10

    un pseudo ordre mondial c’est en gros la même chose que dans un petit village de la creuse ou le maire est en place depuis 50 ans , a placé ses amis, a acheté des terrains agricoles devenus constructibles et les a vendu en lotissement , a bénéficier de pot de vins sur les chantiers etc etc ,mais en plus grand, mais c’est le même principe, la même idée les mêmes hommes ., le même État d’esprit....parasites et vampires

  • Par Bilok (---.---.---.237) 13 novembre 2009 11:34

    Les mêmes types qui nous ont foutus dans la merde, proposent la solution miracle a tout nos problèmes, quelle blague.

    La gouvernance mondiale est bien la pire des solutions, l’Europe en est un exemple concret, 80 ">% de nos lois ne sont que des directives européennes. Le reste étant des ajustements en fonction des pays. Maintenant nous pouvons clairement dire que nos politiques ne sont que des pantins. Mais si c’est le cas pour nos dirigeant, imaginez les électeurs.

    Certains se croient encore en démocratie, mais si le peuple ne vote (du verbe voter) ou votre (par ex. : C’est votre problème).">vote pas « bien », on recommence. Si une loi ne passe pas, idem. Au final juste changer de président ne donnera pas de résultats concret, à mon humble avis.

  • Par Bardamu (---.---.---.109) 13 novembre 2009 14:38

    Oh ben non ! c’est même très vilain la pensée quand elle est unique !
    Maman ne cesse de me le répéter, quand j’ai de vilaines pensées qu’elles sont uniques !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération