Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > La peine de mort selon saint François Mitterrand

La peine de mort selon saint François Mitterrand

Le processus a été enclenché par une prise de position courageuse s’opposant aux sondages. Cela n’a pas empêché ni l’élection ni l’action : François Mitterrand restera dans l’histoire de France comme celui qui a (enfin) aboli la peine de mort. Dont acte.

Quand on regarde le chemin parcouru, on a l’impression que c’était la préhistoire de la communication politique. Et pourtant, c’était déjà une "discipline" très ancienne.


L’élection présidentielle de 1981

La campagne officielle n’avait pas encore commencé mais les différents candidats étaient déjà "en place". Il y en avait dix. C’était beaucoup déjà. Mais surtout, quatre "grands", ceux que Jean-Marie Le Pen, qui n’avait pas pu se présenter cette fois-là, avait appelés "la bande des quatre".

C’était la précampagne qui battait à plein, dans toutes les stations de radios et les chaînes de télévision : émissions politiques invitant quotidiennement un candidat, petites phrases, anecdotes… bref, le quotidien classique d’une campagne.


Le candidat François Mitterrand

De tout ce brouillard d’interventions, j’en retiens une seule pour la campagne de l’élection présidentielle de 1981 : l’émission "Cartes sur table" sur Antenne 2 de Jean-Pierre Elkabbach (le "méchant") et Alain Duhamel (le "gentil") invitait le lundi 16 mars 1981 dans la soirée l’un des deux principaux candidats, François Mitterrand. Sa première grande émission télévisée après son investiture au congrès du PS le 24 janvier 1981 à Créteil.

C’était sa troisième candidature à l’élection présidentielle. À 64 ans, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste qui avait réussi à conquérir le PS en 1971 au même moment qu’il y adhéra (par fusion de son groupuscule), avait tenté l’Union de la gauche en 1972 qui aurait dû le conduire au pouvoir dès 1974. Il a raté de peu, comme il a raté de peu les élections législatives de mars 1978.

L’élection présidentielle de 1981 était pour François Mitterrand sa dernière chance de rompre ce destin de continuel perdant. Malgré un bilan que Valéry Giscard d’Estaing pensait suffisamment positif, le "citoyen candidat", comme se qualifiait le Président sortant, était en perte de vitesse dans les sondages face à son concurrent de gauche.


Cartes sur table

L’atmosphère de l’émission était à la fois sobre (les décors étaient noirs et le public était silencieux) et intimiste : les trois intervenants étant très près l’un des autres.

Les deux journalistes ont donc fait leur travail, posant à tour de rôle des questions au candidat socialiste à la fois sur son programme, sur son intention de dissoudre l’Assemblée Nationale en cas d’élection, sur l’éventuelle présence de ministres communistes, et sur la campagne de ses concurrents.

L’émission se terminait. Le générique allait être lancé. Après une courte hésitation, Alain Duhamel s’est jeté à l’eau et a posé à François Mitterrand la fameuse question sur la peine de mort.

Cette question de la peine de mort revenait souvent depuis plusieurs années. Valéry Giscard d’Estaing et son Ministre de la Justice Alain Peyrefitte y étaient défavorables mais se refusaient à l’abolir dans les circonstances de l’époque faites d’insécurité.

Les sondages étaient unanimes pour condamner une éventuelle abolition de la peine de mort. Déjà en 1981 (et tout au long de la décennie des années 1970), la sécurité avait été un enjeu important de politique intérieure.


Contre la peine de mort

Une fois n’était pas coutume, François Mitterrand avait été clair et franc : « Pas plus sur cette question que sur les autres je ne cacherai ma pensée. Et je n'ai pas du tout l'intention de mener ce combat à la face du pays en faisant semblant d'être ce que je ne suis pas. Dans ma conscience profonde, qui rejoint celle des églises, l'église catholique, les églises réformées, la religion juive, la totalité des grandes associations humanitaires, internationales et nationales, dans ma conscience, dans le for de ma conscience, je suis contre la peine de mort. ».

Il ne cachait pas les sondages qui étaient hostiles à cette prise de position : « Et je n'ai pas besoin de lire les sondages, qui disent le contraire, une opinion majoritaire est pour la peine de mort. Eh bien moi, je suis candidat à la présidence de la République et je demande une majorité de suffrages aux Français et je ne la demande pas dans le secret de ma pensée. Je dis ce que je pense, ce à quoi j'adhère, ce à quoi je crois, ce à quoi se rattachent mes adhésions spirituelles, ma croyance, mon souci de la civilisation, je ne suis pas favorable à la peine de mort. ».

Ces déclarations ont été les plus percutantes de la campagne électorale de 1981. Elles montraient la vision d’un homme d’état qui refusait toute démagogie par sondages d’opinion. Elles étaient courageuses car elles pouvaient lui coûter son entrée dans l’Histoire.


Abolition

Le 10 mai 1981, l’Histoire fut finalement au rendez-vous. François Mitterrand fut investi quatrième Président de la Ve République le 21 mai 1981. Dans son discours de politique générale du 8 juillet 1981 à l’Assemblée Nationale, le nouveau Premier Ministre Pierre Mauroy déclarait : « [Le gouvernement] vous proposera de supprimer les tribunaux permanents des forces armées, d'abroger la loi du 2 février 1980 dite "sécurité et liberté" et d'abolir la peine de mort. ». Le Conseil des ministres du 26 août 1981 adopta le projet de loi abolissant la peine de mort.

Au cours d’une session extraordinaire, le 17 septembre 1981, le Ministre de la Justice Robert Badinter entama la discussion parlementaire par ces mots émouvants : « J’ai l’honneur au nom du gouvernement de la République de demander à l’Assemblée Nationale l’abolition de la peine de mort en France. ».

Et il termina son plaidoyer ainsi : « Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. À cet instant plus qu’à aucun autre, j’ai le sentiment d’assumer mon ministère au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c’est-à-dire au sens de service. Demain, vous voterez l’abolition de la peine de mort. Législateur français, de tout mon cœur, je vous en remercie. ».

L’abolition de la peine de mort fut votée le 18 septembre 1981 à l’Assemblée Nationale par 369 voix (dont 21 UDF et 16 RPR parmi lesquels Jacques Chirac et Philippe Séguin) contre 113. Le 30 septembre 1981, le Sénat approuva également l’abolition malgré sa majorité UDF-RPR.

Le 10 octobre 1981, le Président François Mitterrand promulgua la loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort : « Article premier : La peine de mort est abolie. ».

C’est sans doute l’un des rares actes historiques et remarquables qu’aura accomplis François Mitterrand au cours de ses deux très longs septennats.


Retour vers le passé

La polémique récemment initiée par la publication du livre "François Mitterrand et la guerre d’Algérie" (de Benjamin Stora et François Malye, éd. Calmann-Lévy, 2010) pourrait remettre en cause la sincérité de François Mitterrand. Il aurait en effet demandé la plus grande sévérité contre des terroristes du FLN lorsqu’il était Ministre de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet. Quarante-cinq personnes auraient été guillotinées alors que François Mitterrand avait recommandé au Président René Coty de ne pas user de son droit de grâce.

Concrètement la polémique est assez vaine et inutile puisque l’Histoire juge les faits, et dans les faits, c’est bien François Mitterrand qui a aboli la peine de mort, et cela contre une majorité de l’opinion publique identifiable dans les sondages.

Robert Badinter a expliqué en février 2011 que François Mitterrand n’était pas contre la peine de mort dans les années 1950 comme la plupart des hommes politiques de cette époque mais que son évolution personnelle l’a fait changer sincèrement d’idée dans les années 1970.

Pour également le "disculper" dans ce nouveau "procès", l’avocat général Philippe Bilger a une formule très belle qui pourrait être réutilisée en d’autres occasions : « Son attitude a démontré que l'audace de la vérité vaut toujours mieux que l'opportunisme de la prudence. ».

Nul doute que si l’émission du 16 mars 1981 avait été un peu plus longue et si les deux journalistes lui avaient rappelé sa position de 1957, François Mitterrand aurait su apporter une réponse habile et sincère pour expliquer son évolution.

Hélas, personne ne lui a ensuite posé la question dans les quinze années qu’il lui restait à vivre. La version historique de François Mitterrand aurait été intéressante. Bien plus qu’un mauvais procès.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 mars 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Extrait vidéo de l’émission du 16 mars 1981 sur la peine de mort (INA).
Discours de Robert Badinter du 17 septembre 1981.

Peine de mort : pour ou contre ? (guide de choix)

La loi sur l’abolition de la peine de mort (de 1981 à 2011).

Chronique de Philippe Bilger sur François Mitterrand et la peine de mort.


 

Documents joints à cet article

La peine de mort selon saint François Mitterrand

Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (21 votes)




Réagissez à l'article

29 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 16 mars 2011 09:02

    ...et si Mitterrand avait été hypocrite ? personne ne peut y croire, lui, si bon, si généreux, si idéaliste, si perspicace, si... ?


    • Leo Le Sage 16 mars 2011 18:30

      C’était Michel Rocard qui avait dit une fois que F. Mitterand n’est pas un honnête homme non ?


    • Cocasse cocasse 16 mars 2011 10:25

      - la justice ne peut s’autoriser ce que la loi prescrit ; à savoir assassiner un homme.

      Cet argument ne me semble pas cohérent.
      Par exemple, la loi interdit de séquestrer quelqu’un, pourtant la justice met des gens en prison.


    • Cocasse cocasse 16 mars 2011 10:50

      si on prive de liberté un innocent, il pourra alors être libéré et demander des réparations .

      Oui mais cela, c’est juste la formulation de votre premier argument qui était :

      - la justice, comme l’erreur, est humaine. On a donc parfois tranché le cou à des innocents

      Moi je remet en cause votre dernier argument « la justice ne peut s’autoriser ce que la loi prescrit ».
      J’ai montré que Si, la justice se l’autorise justement.
      Ou alors il faut creuser plus loin. Comme interdire les prisons ?


    • Castel Castel 16 mars 2011 11:08

      1- Croyez vous que l’abolition de la peine de mort a un pouvoir dissuasif ? L’argument « la peine de mort n’est pas dissuasive » me parait extrêmement partial et partiel. Je crois que ces études sont en plus faites aux EU où la situation sociale et la facilité de se procurer une arme est extrêmement différentes de la France.

      2- C’est marrant de voir quelqu’un comme Mitterrand qui a du sang sur les mains pendant la guerre d’Algérie être contre la peine de mort. Je suis convaincu que cette crapule n’a pas eu de remord ! :)


    • Annie 16 mars 2011 11:21

      Une différence de « taille » !!
      Et n’oublions pas non plus que la loi change avec l’évolution des mentalités. La dernière femme guillotinée était une avorteuse.


    • Cocasse cocasse 16 mars 2011 11:36

      Perseus, que penses tu d’ajouter à ta liste, cet argument de plus contre la peine de mort :
      - la peine de mort est bien pratique dans les régimes dictatoriaux pour se débarrasser des opposants politiques.


    • Voltaire Voltaire 16 mars 2011 13:05

      De ces trois arguments, le premier devrait suffire. Tout crime horrible entraine nécessairement, même de la part des meilleurs magistrats, et donc ar fortiori de la part des jurés, le désir de punir un coupable. Dans ces conditions extrêmes, il est arrivé, il arrive toujours, qu’un innocent soit condamné, le doute qui devrait lui bénéficier étant balayé par la nécessité de punir. Et plus l’accusé est faible, plus les chances d’injustices sont grandes. Les chiffres de condamnations erronées, révélées par les tests ADN postérieurs, que l’on a récemment découverts pour les USA, sont ahurissants. J’ignore comment l’on vit après une telle décision de tuer un homme innocent, on s’y habitue sans doute, on se trouve des excuses, mais la justice, dans sa conception même, peut-elle se permettre de telles erreurs ?

      Votre second argument est aussi largement vérifié, de nombreuses études américaines le soulignent, et il n’y a aucune baisse de criminalité dans les états appliquants la peine de mort aux US par rapport aux autres, mais c’est un argument que l’on peut discuter sur des cas individuels dans la mesure où la prise en charge de cas pathologiques (serial killers) demeure difficile et que l’on conserve toujours un risque de récidive. On peut donc débattre entre un impact statistique nul globalement, mais ayant peut-être un effet spécifique dans certains cas précis. Mais le premier argument est à mon avis décisif : quoi que l’on fasse, il existe toujours un risque d’erreur judiciaire. La peine de mort ne permet pas de rouvrir un dossier à la lumière d’éléments ou de techniques nouvelles. Elle ne peut donc pas figurer dans un système de « justice » digne de ce nom, même si de nombreux cas individuels la justifierait.


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 16 mars 2011 13:23

      A Voltaire,

      Le premier argument n’est pas suffisant justement. Comme vous le dites, les tests ADN ont innocenté de nombreux condamnés à morts aux USA. Justement : ne se focaliser que sur les erreurs judiciaires est catastrophique pour la suppression de la peine de mort car avec les tests ADN, le doute risque de ne plus être permis sur la culpabilité de certains prévenus. C’est d’ailleurs l’argument massue de certains moratoires dans plusieurs Etats américains (souvent à majorité républicaine) qui pourrait au contraire renforcer la peine de mort avec les nouvelles technologies (on parle de l’ADN mais il y en a d’autres).

      A mon sens, c’est sur le principe même de la peine de mort qu’il faut argumenter. Même pour Ali le Chimique (exécuté le 25 janvier 2010), je reste contre la peine de mort.

      C’est la raison pour laquelle une raison plus universelle doit absolument être présentée, à la fois philosophique (la vie humaine est sacrée) et politique (on ne peut condamner à mort au nom d’une société dont un seul membre le refuserait).

      Attention aux arguments : certains peuvent au contraire avoir l’effet inverse.

      Cordialement.


    • Cocasse cocasse 16 mars 2011 13:42

      (on ne peut condamner à mort au nom d’une société dont un seul membre le refuserait)

      Evidemment, dans une société de 65 millions d’habitants.
      Mais dans un petit village, il y a des chances pour que tout le monde soit d’accord, et hop au gibet.
      Quand à la dignité humaine, tout dépend de la philosophie générale d’une société. Cela peut aussi être une indignité pour certains que « justice ne soit pas faite ».
      D’un autre coté, il y a t-il une place pour la rédemption ou le pardon si on condamne à mort ?
      Mais il y a t-il des rédemptions impossibles ?

      Non cette histoire de peine de mort, j’en ai jamais vu le bout. Je vois vraiment pas ce qui est le mieux, avec ou sans.


    • Castel Castel 16 mars 2011 15:34

      Pourquoi ne pas être pour une peine de mort symbolique ?
      La peine de mort existerait, mais on ne l’appliquerait jamais. Cela sera ne pourrait qu’améliorer que cette situation bizarre dans laquelle on se trouve : prisons pleines, magistrats surbookées, les peines de prison ne vont pas à plus de 22 ans, la délinquance les agressions et les vols explosent etc...


    • Castel Castel 16 mars 2011 16:00

      Cela ne pourra qu’améliorer cette situation bizarre (voire surréaliste) dans laquelle on se trouve

      mea culpa


    • Leo Le Sage 16 mars 2011 18:37

      En fait beaucoup de personnes sont pour la peine de mort lorsqu’ils pensent que c’est une solution intelligente...
      Ce sont les animaux qui tuent pour se défendre, pour montrer leur force ou pour éliminer un adversaire redoutable...

      Humain veut dire qu’on n’aime pas ce qui est mauvais, en théorie...

      Je constate que ce sont plus les personnes faibles et/ou incultes qui veulent absolument la peine de mort...
      Je leur dirais : lorsque vous serez victime d’une injustice qui devrait vous conduire à la mort, on en reparlera...

      Remarquez que rester en prison des années durant alors qu’on est innocent pose problème aussi.

      Pour élever le débat, je suggère à certains de méditer ceci :
      Les femmes emprisonnées aux USA y sont pourquoi ?
      Ne pouvant pas payer un bon avocat elle ne peuvent donc pas se défendre correctement et donc elle sont condamnées facilement.
      (Une américaine souvent ne travaille pas, donc n’a pas d’argent...)


    • Castel Castel 16 mars 2011 19:21

      @ Leo le Sage.

      Vous devriez rester dans l’argumentaire neutre et non dans la défense partisane.
      Quand vous dites que les anti-abolutionniste n’ont aucune culture, vous avez l’argument d’un enfant de 10 ans du genre « et mon papa est plus fort que toi ! »
      C’est un débat où il faut savoir rester neutre et sage. Votre pseudo aurait dû vous y aider.


    • Leo Le Sage 17 mars 2011 18:23

      Par Castel (xxx.xxx.xxx.125) 16 mars 19:21
      « les anti-abolutionniste n’ont aucune culture »
      déjà inculte ne veut pas dire aucune culture...

      Les chrétiens comme les musulmans et les juifs ne sont pas contre la peine de mort non plus car même les saintes écritures donnent des raisons de tuer (je ne parle pas de guerre là).
      Ce ne sont pas des personnes sans culture, n’est-il pas ?
      Et je ne suis pas totalement contre leurs idées.

      MAIS, Vu les injustices, il faut prendre la solution la moins dangereuse pour autrui.
      Cela me rappelle la remarque d’un professeur de droit :
      « Il vaut mieux laisser un criminel en liberté que d’enfermer un innocent »
      Le manque de culture [et de recul] ne permet pas de comprendre cette affirmation très juste.

      Comme je l’ai dit encore plus haut, je voudrais vous y voir dans le couloir de la mort et nous en reparlerons.

      PS : si cela peut vous rassurer je ne vous en veux pas : comme vous le dites, c’est un débat.


    • antonio 16 mars 2011 10:06

      C’est la seule raison qui m’a fait voter François Miterrand lors de son second mandat :
      Il L’AVAIT FAIT !


      • Cocasse cocasse 16 mars 2011 10:28

        Ouais mais enfin, on peut pas dire que cela demande de déployer des efforts et des moyens inouïes pour être accompli.
        En exagérant, c’est comme si un politicien promettant de se lever et de s’assoir trois fois de suite devant les caméras. Bravo, youpi, il l’a fait. Allez il peut casser le social à coté, mais on va revoter pour lui pour son petit exploit.


      • leypanou 16 mars 2011 10:48

        A l’auteur : pourquoi Alain Duhamel a posé cette question ? C’est plutôt la question qu’on devrait se poser non ? En fait, quand certains journalistes posent des questions, très souvent, c’est dans un but bien défini. Si d’après les sondages -encore, faut-il les croire-, une majorité de Français étaient contre la suppression de la peine de mort, pourquoi Alain Duhamel a posé la question et surtout à la fin de l’émission ? Les journalistes ont leur point de vue, surtout ceux qui se prétendent neutres -comme disait l’autre, je n’ai qu’une seule carte, c’est la carte de presse, bref le faux-... dans toute sa splendeur, mais ils aiment bien se draper dans une pseudo-neutralité ou de la technicité. Le choix d’une question est rarement neutre, de même que le moment où on la pose (permettre à l’interlocuteur de répondre correctement ou ne pas lui laisser le temps de développer son point de vue)


        • Cocasse cocasse 16 mars 2011 10:54

          Ceci dit, à cette époque, les débats, c’était d’un autre niveau !
          On ne coupait pas la parole sans arrêt, ni ne faisait preuve d’agressivité ou d’irrespect, on laissait les gens s’expliquer et réfléchir. Enfin, presque tous.


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 16 mars 2011 12:27

          L’abolition de la peine de mort est l’une des rares choses positives qu’a fait Mitterrand, rendons lui cette justice !


          • non667 16 mars 2011 15:06

            à je suis
            maigre bilan ! smiley


          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 16 mars 2011 18:44

            Il s’est aussi beaucoup enrichi et a bien enrichi sa famille, mais peut-on porter cela à son bilan ?


          • eric 16 mars 2011 12:27

            Cet épisode a lui tout seule m’aurait dissuadé de voter pour Mitterrand. C’est une question éthique et politique.
            A l’époque, d’après les sondages, une majorité de la population est favorable a la peine capitale.
            Mais ce n’est pas un argument contre la démarche adoptée. Aujourd’hui, des verts exigeraient un referendum comme pour le nucléaire. Mais le rôle d’un dirigeant est aussi de tenter des changements, même si il ne semble pas y avoir de majorité dans son sens. De toute façon il engage sa responsabilité lors des élections suivantes. Il peut arriver qu’on ait raison contre une majorité, voir meme contre tous et cela n’est pas choquant des lors qu’on est prêt a en payer le prix. C’est ce qu’a fait Mitterrand lors de l’émission si je comprends bien.
            Au sein même du parti socialiste, il existe des députés qui ne sont pas pour l’abolition ou se posent des questions. Ce qui me choque, c’est que lors du vote, d’après ce que l’on m’en a dit, on a fait jouer la discipline de parti. Tous les socialistes doivent voter pour, quelles que soient leurs convictions. On privilégie l’organisation sur la conscience individuelle, et qui plus est, sur un sujet éthique. Par contraste, lors de la Loi Weil, la droite laisse évidemment la liberté de vote a ses députés.
            On peut être pour ou contre la construction d’une bretelle a 4 voies et voter a l’encontre de sa conviction dans l’intérêt du partis. En faire de même sur de telle question me parait un fâcheux précédent. Mitterrand impose sa conscience aux autres et alors meme qu’en tant que Président, il a tout loisir de gracier systematiquement les condamnes.

            La solution retenue par la bible, les tribunaux rabbiniques et Israel me semble sur les plans symbolique et pratiques plus respectueuses du mystere de la vie et de la grandeur de l’homme. La peine de mort est possible mais tres difficile a mettre en œuvre. Dans l’histoire d’Israël, EIchman.


            • non667 16 mars 2011 15:17

               à rako
              merci d’avoir remis sur le tapis le sujet de la peine de mort !
               en ces temps de robespierrisme c’est le sujet de préoccupation majeur des 60 millions de français qui faute de ne pouvoir se payer (surtout les pauvres ) badinter comme avocat ont peur d’être victime d’une erreur judiciaire et de perdre leur tête ! smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley


              • Castel Castel 16 mars 2011 19:02

                Il est de toute manière très aléatoire de se baser uniquement sur des arguments d’autorité. S’il n’y a pas des arguments de fond, elle peut être jeté à la poubelle cette étude.


              • ALBIE Alain 16 mars 2011 16:38

                Mitterand n’a jamais été contre la peine de mort étant donné qu’il n’a jamais été pour ou contre quoi que ce soit par « conviction politique ».


                S’il a initié une chose, c’est le ratissage large qui nous vaut aujourd’hui le dernier remaniement ministériel.

                Pour Mitterand, cela a été l’abolition de la peine de mort pour récupérer les voix des psudo-humanistes et la retraite à 60 ans pour s’attirer les grâces des 45-60 ans.

                C’est tout, le reste n’est qu’un personnage loin d’être respectable, comme d’ailleurs sa famille et son entourage.

                • Castel Castel 16 mars 2011 18:24

                  Si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n’auriez ni grands soldats, ni grands sportifs

                  Alors, pourquoi les multirécidivistes ne sont-ils pas plus courageux ? c’est pour le bien-être de la société. Regardez Ted Bundy, il a tout-à-fait accepté la peine de mort pour lui, il trouve ça normal.

                  Badinter doit avoir une sacrée expérience de « la passion criminelle » ! :) C’est tout son art de faire de grands mots, de grands discours sans aucun fond.


                • asterix asterix 16 mars 2011 19:59

                  Tout condamné à perpétuité devrait jouir du libre choix de s’exécuter lui-même, modalités du temps de réflexion à définir.
                  Il doit être insupportable de savoir qu’on ne sortira plus de l’enfer de son vivant.
                  Une sortie en somme honorable.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès