Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie »

« Se débarrasser du capitalisme est une question de survie »

 Paul Jorion est souvent dans les nuages quand il aborde les questions de stratégie politique -jusqu’à faire campagne pour une candidature de Piketty… – mais par contre sur certains sujets qu’il a suffisamment travaillé, il vaut la peine d’être lu.

Si, à la faveur du mouvement de contestation de la loi El-Khomri, la place et l’avenir du travail dans notre société ont récemment fait − et font toujours − l’objet de débats particulièrement intenses, la destruction de l’emploi salarié et du travail humain par le système capitaliste et le déferlement technologique semble toutefois être un impensé du mouvement social comme de la classe politique dans son ensemble. Pourquoi ? Explications avec le socio-anthropologue et ancien trader Paul Jorion.

Sciences Critiques : La mécanisation, la robotisation puis la numérisation du travail correspondent-elles, selon vous, à un progrès social ou à une catastrophe anthropologique ?

Paul Jorion : C’est un progrès pour la civilisation humaine, parce que cette capacité à l’invention, que d’autres animaux n’ont pas, fait partie des aspects positifs du genre humain. Cette inventivité fait notre originalité. Dès que nous avons pu, nous avons essayé de diminuer l’effort dans notre tentative de transformer le monde autour de nous, pour manger, se loger, etc. Nous avons toujours cherché à avoir des moyens techniques pour éliminer les tâches dangereuses, épuisantes, fastidieuses, avilissantes, etc. La technique est consubstantielle à l’homme. Selon l’ethnologue André Leroi-Gourhan, le développement du cerveau est concomitant à l’utilisation de l’outil. Nous utilisons ce dernier, mais nous le développons aussi. Nous cherchons constamment la façon dont nous pouvons l’améliorer. Cela fait partie de notre nature. L’être humain tire une certaine jouissance dans l’affrontement au monde.

LE CAPITALISME EST UN SYSTÈME QUI CRÉE UN AVEUGLEMENT CONCERNANT SON CARACTÈRE ABSOLUMENT ABOMINABLE.

Cela dit, nous ne transposons pas cette capacité à transformer le monde autour de nous dans la mise en œuvre raisonnée des meilleurs systèmes d’organisation politique… Nous vivons aujourd’hui dans un système politique extrêmement inégal, qui engendre la concentration de la richesse par quelques-uns. Or, les personnes bénéficiaires de ce système bloquent l’accès à une vie meilleure pour tout le monde. Dans ce contexte, le progrès technologique qui permet la diminution du travail est confisqué par certains, aux dépens de tous les autres. Autrement dit, le problème n’est pas que nos inventions soient mauvaises en soi, mais nous tolérons un système politique qui les détourne de leurs capacités à faire du bien. Et ce système politique, c’est le capitalisme. Le capitalisme est un système qui crée un aveuglement concernant son caractère absolument abominable.

Sciences Critiques : La technologie est pourtant le « bras armé » du capitalisme…

Paul Jorion : Je ne dirais pas cela. Les savants vivent dans leur monde. Ils sont relativement à l’écart de toute réflexion sur le système politique. Je crois, en réalité, que technologie et capitalisme sont indépendants. Le développement technologique est indépendant du développement des sociétés. Il peut être une catastrophe uniquement parce qu’il manque autour de lui l’environnement pour le canaliser. Et il y a, autour de nous, un système politique qui organise la confiscation de la technologie qui, pour moi, est neutre. Ce qui est mortifère, c’est le cadre dans lequel cette technologie se déploie

Sciences Critiques : Justement, le développement de la technologie dans le système capitaliste est-il synonyme de destruction du travail humain ?

Paul Jorion : Oui, bien sûr. En janvier dernier, des chercheurs d’Oxford ont affirmé que la robotisation créera à l’horizon 2022 un million d’emplois aux États-Unis. C’est une augmentation de 18%, ce qui est considérable. Cette année-là, quatre millions de personnes travailleront dans l’informatique, à fabriquer des logiciels, des robots, à développer l’Internet des objets, les Big Data, etc. Or, quatre millions sur 160 millions de travailleurs, ce n’est que 2,7% de l’emploi. Ce n’est rien ! En réalité, il y aura peut-être un million de travailleurs supplémentaires, mais 100 millions d’emplois vont disparaître dans le même temps… Il est très difficile en réalité d’imaginer les conséquences du développement technologique.

À PARTIR DU MOMENT OÙ UNE INVENTION TECHNIQUE DÉTRUIT PLUS D’EMPLOIS QU’ELLE N’EN CRÉE, IL Y A UN PROBLÈME SOCIAL.

On rappelle souvent qu’il y a eu une grande transition dans le monde du travail dans les années 1960 : celle du passage des usines aux services. Un nombre considérable de personnes sont passées, en une dizaine d’années, d’ouvrier à vendeur ou commerçant. Ce sur quoi il faut insister, c’est que la formation nécessaire pour convertir un ouvrier en vendeur, cela prend au maximum deux-trois semaines. Or, pour qu’un ouvrier ou quelqu’un qui travaille dans les services, devienne un programmeur qui code du logiciel pour des robots, cela prend au moins quatre ans. Et l’on sait que tout le monde ne pourra pas écrire du logiciel…

Sciences Critiques : Qui est pénalisé par le déferlement technologique ?

Paul Jorion : Celui qui veut vendre sa force de travail : le prolétaire d’autrefois, le salarié d’aujourd’hui. Le phénomène ne touche plus uniquement les ouvriers. Ceux qui calculent combien d’emplois vont disparaître dans les années qui viennent sont naïfs, parce qu’ils considèrent que seul l’emploi manuel sera remplacé. Or, le système financier actuel conduit aussi à remplacer le travail qui coûte cher, même, et surtout, le travail intellectuel. Et on le fait ! Le cas des traders remplacés par des algorithmes en est une illustration. Il existe aussi des exemples dans le milieu médical. Il y a aujourd’hui des machines qui établissent des diagnostics médicaux très précis. Elles font moins de 1% d’erreurs, là où un médecin fait en moyenne 10% d’erreurs… Entre les deux, il y a une déperdition de vies humaines, il y a des gens qui meurent. La question est la suivante : dans combien de temps la Sécurité sociale fera-t-elle pression en avançant que le diagnostic médical établi par une machine coûte moins cher et qu’il permet d’épargner des vies humaines

Sciences Critiques : Y a-t-il eu une rupture historique dans le monde du travail avec l’arrivée de la numérisation ?

Paul Jorion : Il n’y a pas eu de rupture fondamentale. Même avec l’apparition, dans les années 1970, puis la massification de l’ordinateur individuel, la tendance de fond reste la même : la destruction de l’emploi. De manière générale, à partir du moment où une invention technique détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, il y a un problème social, parce que le rapport de force entre les salariés et les détenteurs de capital est lié à une certaine rareté du travail. Une rareté qui oblige à ce que celui qui produit son travail soit payé. Si cette rareté diminue, s’il y a un poste pour 500 candidats, le salaire va forcément baisser. Or, il n’y a pas de limite absolue à la baisse, sauf peut-être si l’État en décide autrement. Et ce que l’on voit maintenant avec l’« ubérisation » de l’économie, c’est que les salaires tombent en-deçà du salaire de subsistance, en mettant en concurrence tous ceux qui peuvent faire quelque chose. Dans un monde où le nombre de boulots tend à disparaître, les salaires tomberont nécessairement un jour sous le salaire de subsistance.

IL N’Y A PAS EU DE RUPTURE FONDAMENTALE DANS LE MONDE DU TRAVAIL AVEC L’ARRIVÉE DE LA NUMÉRISATION. LA TENDANCE DE FOND RESTE LA MÊME : LA DESTRUCTION DE L’EMPLOI.

Finalement, il y a une perte par rapport au XIXème siècle. A cette époque, la main-d’œuvre qui quittait les campagnes en très grand nombre pouvait être employée dans les villes. Les conditions étaient certes difficiles : salaires de misère, 13 heures de travail par jour, avec des enfants qui travaillaient aussi, etc. Mais, il y avait une compréhension de la part du patron, de sorte que le salaire ne pouvait pas descendre en-dessous du salaire de subsistance de l’époque, parce que le patron avait besoin de l’ouvrier le lendemain. Il savait qu’il fallait payer suffisamment l’ouvrier pour que ce dernier revienne le lendemain matin. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On est prêts désormais à aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh… On appelle ça « la compétitivité » ! C’est comme dans du Orwell, on a donné un nom tout à fait innocent à un phénomène complètement destructeur.

Si l’on accepte le principe que c’est le marché qui dirige, c’est-à-dire le simple rapport de force entre la main-d’œuvre et les employeurs, les salaires se rapprocheront de zéro… A fortiori dans un monde où la concurrence entre les candidats pour un emploi augmente. Il n’y a plus de limite, c’est ça le problème ! L’économiste suisse Jean de Sismondi le disait déjà dans les années 1820 : celui qui, dans son travail, est remplacé par une machine ne bénéficie pas, à titre individuel, de son remplacement. Alors, il avait suggéré que celui qui est remplacé par une machine reçoive une rente à vie perçue sur la richesse générée par la machine. La mécanisation est un progrès collectif. Mais, si elle est confisquée par quelques-uns en opprimant tous les autres, ce n’est plus un progrès. La mécanisation doit être définie quelque part comme devant être au bénéfice de l’humanité dans son ensemble.

Source


Moyenne des avis sur cet article :  3.23/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

48 réactions à cet article    


  • Perceval 21 octobre 16:07

    Le communisme c’était tellement mieux, d’ailleurs les 400 millions de Chinois qui sont sortis de la misère et de la faim grâce au capitalisme doivent regretter Mao, tout comme ceux qui étaient parqués derrière le rideau de fer ou ceux qui mourraient dans les camps de Staline


    • izarn 22 octobre 14:11

      @Perceval
      Vous avez encore peur des communistes ? Vous avez besoin d’eux pour justifier le capitalisme ?
      Faut évoluer mon vieux !
      Arretez de radoter...


    • soi même 22 octobre 14:53

      @izarn ( « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » ) quel survie avec cette abstraction communisme, visiblement ils ont le secret pour transformer les pierres en pain.

      Ce n’est pas le capital qui est mauvais, cet les prédateurs qui le détoure de sa circulation social qui est nuisible.

      De tout façon vouloir se débarrasse du capitalisme est une pure abstraction, car même les communisme non jamais renoncer au capitalisme, car ils ont pratiqué le capitalisme étatique qui a assujettie leurs administrés dans la misère noire.

      Et pour causse , ce sont les premier défendeur du nèoféodalisme étatique.


    • Rincevent Rincevent 21 octobre 16:52

      Paul Jorion, l’homme qui avait annoncé en 2004 la crise des subprimes (La crise du capitalisme américain) avec trois ans d’avance et qui ne trouvait pas d’éditeur pour une version en français. Ce sera par une intervention d’Attali que, trois ans plus tard, nous pourrons le lire au moment où elle éclate. Comme il ne fait jamais bon avoir raison avant les autres (surtout nos économistes « distingués ») il s’est fait virer de son poste à l’Université Libre de Bruxelles en 2015…


      • Harry Stotte 21 octobre 17:21

        Quand je lis un type comme ce Jorion, je me demande s’il est intimement convaincu de ce qu’il dit, ou s’il débite machinalement un discours convenu, superficiel, sans imaginer un seul instant qu’il puisse se traduire dans la réalité de notre planète, avec, par exemple, son tiers monde où tout fait défaut, à commencer par l’électricité et les établissements de formation de masse à tous les niveaux de l’enseignement, des classes enfantines aux universités ?


        • Trelawney Trelawney 21 octobre 18:27

          Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On est prêts désormais à aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh… On appelle ça « la compétitivité » !

          Mais où Est-ce qu’il a vu cela ? Je ne sais pas dans quelle planète vit cet homme, mais ce n’est pas sur la mienne. On n’aligne pas le salaire du français sur celui de l’indien. On transfert la production d’un pays à l’autre parce que vu le cout fabrication+transport ça revient moins cher de la fabriquer là bas. Le salaire du français ne bouge pas (sauf avec la croissance) et celui du bangladesh ne bouge pas (sauf avec la croissance). Ils ont tous les deux un niveau de vie différent parce que la vie est différente dans ces deux pays.

          La problème avec le marxisme est l’ouvrier (ou plutôt le salarié), car si vous enlevez l’ouvrier de l’équation, toute la théorie marxiste tombe à l’eau. Quel sera notre avenir sociétal : le salarié sera remplacé soit par une machine, soit par un travailleur indépendant payé pour une mission donnée.

          Tant que vous n’aurez pas compris qu’il ne faut plus que votre existence dépende d’un travail et du salaire qui va avec, vous continuerez à vous faire berner par ce genre d’intellectuel qui pense que. le prolétariat existe encore


          • tf1Groupie 21 octobre 19:42

            @Trelawney

            Oui il y a beaucoup d’erreurs de base dans cette pseudo-analyse.

            par exemple quand Jorion affirme que le progrès technologique est synonyme de destruction d’emploi : à croire que le progrès technologique n’existe que depuis 1970 !!

            On est dans l’idéologique, pas dans la réflexion.


          • izarn 22 octobre 14:21

            @Trelawney
            Oui c’est pas con...Le problème c’est l’existence du salarié. C’était la thèse des anars au début de la révolution de 1917 : Ils ont été éliminé « physiquement » par Trotski...
            C’était le problème des comités d’ouvriers « spartakistes » (Rien à voir avec le gonze Spartacus ici) ou les soviets originaux en Russie. En passant par la Commune de Paris....
            Que l’ouvrier ai le controle de l’outil de production, sans en etre le propriétaire. La propriété de l’outil étant aux successeurs....Droit de vote au travail : Un ouvrier une voix, ou la démocratie du travail, totalement inexistante dans le Système.
            Mais bon, c’est bien trop compliqué pour l’esprit simpliste de Jorion, qui reste dans le schéma habituel du Système.
            L’histoire des robots qui éliminent le travail humain devient de la foutaise dans le sens de la démocratie du travail, qui n’existe pas !


          • ENZOLIGARK 21 octobre 18:35

            Quand on pense que Biiiill Gate$ , avec tout son ca$$$h ... ne va meme pas pouvoir sauver des animaux en voie d ’ extinction  ! . Mais quel NUL  !!! . ... Le crime economique permanent - Made In U$A - ... !!! . ... Привет ... aux blairOOOs de la N$A ... from РОССИЯ * - RUSSIA * - ... . ... АФФ ИСС ...


            • rocla+ rocla+ 21 octobre 18:40

              On a vu hier soir sur la 2 dans l’ émission avec Lemaire  une espèce de 

              connasse Martiniquaise invectivant Lemaire comme une dégénérée mentale . 

              Elle se présentait comme étant CGT . 

              Robert Gil êtes vous marié à une Martiniquaise ?

              • Signal (---.---.248.253) 22 octobre 13:33

                @rocla+

                Elle a surtout fait monter encore plus le FN , plus personne ne supporte ce genre de connasse , qu elle retourne sur son cocotier ! 


              • zygzornifle zygzornifle 21 octobre 19:30

                Pour se débarrasser du capitalisme ou il faut prendre les armes et faire la grande épuration ou il faut consommer au minimum quitte a mettre la planète au chômage .....


                • tf1Groupie 21 octobre 19:45

                  @zygzornifle

                  On est d’accord, pour les marxistes ne proposent qu’une seule chose : l’épuration.


                • rocla+ rocla+ 21 octobre 19:49

                  Si le mec qui parle était réellement contre le capitalisme il aurait même pas d’ ordinateur . 


                  C ’est un escroc ce type .

                  • foufouille foufouille 21 octobre 20:04

                    @rocla+
                    tu sait que la russie communiste est allé dans l’espace ?


                  • Pyrathome Pyrathome 21 octobre 22:02

                    @foufouille
                    Non, lui, il ne sait rien, ses deux compétences sont :
                    Pétrisseur de miche et insulteur patenté....


                  • Doume65 21 octobre 20:34

                    « À partir du moment où une invention technique détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée, il y a un problème social  »

                    Quelle œillères, mes amis, pour ne même pas pouvoir imaginer qu’on puisse profiter des inventions techniques pour libérer du temps (et de la santé) aux travailleurs !


                    • Jao Aliber 21 octobre 21:16

                      « Sciences Critiques : Justement, le développement de la technologie dans le système capitaliste est-il synonyme de destruction du travail humain ?

                      Paul Jorion : Oui, bien sûr »

                      Par « travail humain », il veut dire travail salarié.Un travail salarié est inhumain et dégradant.C’est un esclavage et rien d’autre.Cet esclavage salarié transforme ses victimes en une espèce soumise et incapable de toute politique révolutionnaire.

                      Lorsque cette espèce parle de révolution, c’est dans la perspective de s’emparer du pouvoir pour soumettre le reste des membre de sa classe dans l’esclavage salarié.C’est ce qui s’est passé en URSS.

                      La machine est un outil révolutionnaire.Sa mission est de détruire suffisamment le salariat pour permettre à la classe chômeuse ainsi constitué d’achever le reste de la révolution(phase politique : dictature révolutionnaire des chômeurs sur les ruines du salariat).

                      Les cerveau des théoriciens salariés sont incapable de comprendre cela ; ils sont incapable de comprendre le communisme c’est à dire l’abolition du salariat lui-même.Ils veulent, utopiquement, un salariat où la classe salariée est dominante(vaine chimère).

                      Les destruction d’emplois inhumains salariés par la technologie est la voie sûre qui nous conduit vers la révolution communiste.

                      " La propriété privée n’est rien d’autre que le travail matérialisé. Si l’on veut lui porter un coup fatal, il faut attaquer la propriété privée non seulement comme état objectif ; il faut l’attaquer comme activité, comme travail. Parler de travail libre, humain, social, de travail sans propriété privée, est une des plus grandes méprises qui soient. Le « travail » est par nature l’activité asservie, inhumaine, antisociale, déterminée par la propriété privée et créatrice de la propriété privée. Par conséquent, l’abolition de la propriété privée ne devient une réalité que si on la conçoit comme abolition du « travail »".(Karl Marx À PROPOS DU SYSTÈME NATIONAL DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE DE FRIEDRICH LIST)



                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 octobre 19:43

                        @Jao Aliber
                        Citer Marx, c’est parler comme si nous étions au 19e siècle. Du temps de Marx, il n’y a avait ni droit d’association, ni droit syndical. Marx ignorait qu’en France les luttes sociales permettraient de redistribuer plus de 50 % de la richesse produite. Ne faisons pas comme si le 20e siècle et ses luttes n’avaient jamais existé.


                        C’est ce modèle social de solidarité nationale et de redistribution, que le patronat et l’ Union européenne veulent détruire. Voici ce qu’en dit l’idéologue du MEDEF : Denis Kessler, qui lui connaît par coeur les luttes sociales du 20e siècle...
                        (...) Denis Kessler : Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

                        Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

                        A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ?

                        C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là . Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

                        Voici ce qu’en disent les Instances européennes : les GOPé, les Grandes Orientations de Politique économique, feuille de route que la France doit appliquer fissa, c’est exactement tout ce que demande Denis Kessler.
                        L’Europe est au service du patronat, et les citoyens sont désarmés, ils n’ont aucun pouvoir sur les Instances européennes, où personne n’est élu.

                      • Pyrathome Pyrathome 21 octobre 21:52
                        « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie »

                        .

                        Exact !

                        Si nous ne nous débarrassons pas de cette idéologie mortifère sous toutes ses formes, alors, ce sera la planète elle-même qui se débarrassera de nous......


                        • rocla+ rocla+ 22 octobre 08:38



                          C ’est un bien  si le capitalisme nous débarrassera de quelques handicapés 
                          préformatés à la non évolution . 


                        • Christian 22 octobre 06:12

                          Le capitalisme, contrairement au communisme et au nazisme n’est pas une idéologie. Il n’y a par exemple aucune idée raciste ou de classe sociale dans le capitalisme où le pauvre faisant preuve d’imagination de personnalité, d’esprit de conviction est libre de s’enrichir. Ce que l’on appelle capitalisme n’est en fait qu’une dérive de la société, par exemple en appliquant la loi de façon sélective et il s’agit là alors d’une dérive de la justice. Ce que l’on constate dans nos sociétés c’est le pouvoir accru des institutions para étatiques comme la radio/tv ou étatiques comme l’enseignement et la justice. Ce pouvoir accru se fait au détriment des parlements, voire des exécutifs.

                          http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/les-banquiers-internationaux-30700

                          Partie 3:7’46"
                          Quand vous arrivez à la tête d’un pays, des présidents virtuels prennent des décisions à votre place
                          Bill Clinton

                          A méditer....et d’actualité !


                          • Doume65 22 octobre 20:02

                            @Christian
                            «  Le capitalisme [...] n’est pas une idéologie »
                            C’est vrai, mais le néo-capitalisme, euphémisé en « libéralisme » en est une. Et nous y baignons.


                          • Christian 23 octobre 06:15

                            @Doume65
                            Bon alors la seule chose que l’on pourrait associer à une idéologie capitaliste serait la mondialisation et l’on remarque alors cet étrange lien avec l’internationalisme socialiste. La différence tient essentiellement au fait que le dit capitalisme se fiche de la notion identitaire des peuples alors que l’internationaliste socialiste ne s’en fiche pas du tout puisqu’il cherche assidument à détruire toute identité locale au profit d’une identité planétaire. Pour cela le capitalisme avec sa culture l’y aide grandement...j’ai dit pour cela...pour le reste c’est autre chose.


                          • Doume65 23 octobre 22:29

                            @Christian
                            « la seule chose que l’on pourrait associer à une idéologie capitaliste serait la mondialisation »

                            Et le (saint) Marché s’autorégule,
                            Et le (divin) ruissellement,
                            ce n’est pas de l’idéologie ? Mais alors DAESH même n’a pas d’idéologie !


                          • Christian 24 octobre 06:09

                            @Doume65
                            Et le (saint) Marché s’autorégule,

                            Effectivement la liberté de commerce est la seule possibilité d’obtenir la meilleure qualité prix d’un produit. Lorsque L’État s’en mêle l’absence de concurrence bloque toute progression du produit et ce n’est pas pour rien que toute l’électronique et l’informatique actuelle est de source non étatique donc issue de la concurrence.Tout le monde cherche a obtenir la meilleure qualité prix donc un produit issu de la concurrence donc du capitalisme

                            Les nombreux excès du libéralisme sont eux issus non d’une idéologie mais soit :
                            - d’erreurs, telle que la destruction de l’agriculture locale
                            - de corruption
                            - d’abus du secret bancaire
                            on peut encore en ajouter mais je maintiens qu’il ne s’agit pas d’une idéologie

                            Un exemple ou l’absence de concurrence enflamme les prix : le coût de la médecine avec des tarifs imposés donc où le mauvais est payé comme le meilleur, tout le contraire par exemple de la restauration. Certes dans le cas de la restauration le meilleur pourra proposer des prix supérieurs à un mauvais concurrent mais pas à un concurrent d’égale prestation. Càd que la concurrence s’exercera alors entre produits de même catégorie.

                            Autre chose.Il s’agit du xième article proposant la mort du capitalisme. Serait-il possible, de demander aux auteurs de faire une proposition de remplacement qui soit légèrement différente à ce que l’on a vu avec le socialocommunisme ?


                          • Doume65 4 novembre 11:08

                            @Christian
                            « je maintiens qu’il ne s’agit pas d’une idéologie »

                            Tu as raison : tout prouve que c’est en fait une religion.


                          • Arthaud Arthaud 22 octobre 08:17
                            « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie »

                            .. plus facile à dire qu’à faire

                            Et puis ? vous avez déjà vu un troupeau qui se débarrasse de son Berger et de ses chiens ?

                            Et ? .. si le Capitalisme était « métaphysiquement » parfait ? d’ordre divin peut-être, aussi nécessaire et aussi peu contingent que l’immensité du ciel .. ?

                            D’expérience, je peux vous assurer : le troupeau se débarrasse jamais du berger et des chiens

                            .. et encore .. ça dépend des troupeaux

                            .. et encore . ; il arrive que quelques bestiaux se fassent la malle

                            .. et encore, quand le Berger se fait tuer .. dialectique quand tu nous tiens



                            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 octobre 11:32

                              @Arthaud
                              Comité Valmy : L’Union européenne est incompatible avec l’indépendance nationale e la souveraineté populaire« 

                              Pour se débarrasser du capitalisme, il faudrait : une révolution, des dirigeants soutenus par la majorité des citoyens, et un projet qui les rassemble.
                              Toutes choses qui n’existent plus aujourd’hui. La Gauche en France est explosée en 36 morceaux, autant parler de la chasse au dahu ou chercher le merle blanc...


                              ** Le PS a toujours été proeuropéen, atlantiste, mondialiste et donc néo libéral. Mitterrand n’a jamais rejoint ni les Gaullistes, ni les Communistes, mais a participé, dès 1948 au Congrès de la Haye.


                              ** Le PCF avant Mitterrand était anti impérialiste US et anti européen.


                              ** Puis le PCF a retourné sa veste, il est devenu pro européen et part maintenant en barigoule.


                              ** Mélenchon veut sauver l’ Europe avec »son plan B"

                              ** Et le NPA et Lutte ouvrière ont fait respectivement 1,15% et 0,56% en 2012.

                              Discuter de la sortie du capitalisme aujourd’hui, ne sert qu’à éviter de parler du FREXIT, de souveraineté, d’indépendance, de sortie de l’ OTAN et de remise en place de tout ce qui a été dérégulé pendant 40 ans pour laisser place à la mondialisation sauvage soutenue par les USA et l’ Occident.

                            • Pyrathome Pyrathome 22 octobre 12:46

                              @Fifi Brind_acier
                              La Gauche en France est explosée en 36 morceaux
                              .
                              Exact ! et la droite idem.....
                              Pour cause de trahisons récurrentes à tous les niveaux dues à notre vassalité vis à vis de l’UE, L’Euro, L’otan, de Washington et de l’oligarchie financière.....
                              Le constat de FA est on ne peut plus juste ! et il est même le seul à être aussi lucide, on comprend d’autant qu’il soit si censuré sur les médias mainstream, c’est même la preuve par neuf de sa mise à l’écart ( pour l’instant )
                              Mais, sauf coup de Trafalgar médiatique, il est condamné à errer dans la portion congrue de l’électorat.....


                            • rocla+ rocla+ 22 octobre 08:35

                              L’ ennemi du capitalisme c ’est la pantoufle que certains ont à la place du cerveau .


                              • Pyrathome Pyrathome 22 octobre 12:17

                                @rocla+
                                 
                                Bismuth adore les gens comme toi qui ont voté pour lui en 2007, les autres pensent la même chose, je te rassure :

                                « Mon électorat, ce sont des ploucs, des péquenauds »

                                .

                                http://www.medias-presse.info/pequenauds-ploucs-les-mots-des-politiciens-pour-parler-du-peuple-patrick-buisson/62581

                                .

                                Pour une fois qu’il a raison ce déchet de l’humanité.... smiley


                              • JL JL 22 octobre 15:21

                                Il faut se débarrasser du capitalisme sinon le capitalisme se débarrassera de nous.

                                 
                                 il suffit de lire « Le Rapport Lugano » édité en France chez Fayard en 2000, par Susan George, avec ses commentaires.
                                 
                                 je cite : ’’Pour atteindre notre objectif de 4 milliards d’humains en 2020, il faut réduire la population de 100 millions par an environ pendant deux décennies. Les neuf dixièmes, sinon plus de cette réduction devraient avoir lieu dans les pays es moins développés. Nos efforts doivent porter sur l’augmentation des décès et sur la diminution de la fertilité dans des conditions qui varieront selon le moment et les circonstances’’. (page 132)
                                 
                                nb. c’est moi qui souligne.

                                ps. Titre officiel du rapport : « Sauver le capitalisme ». Ce rapport rédigé dans les années 90 a été commandité à un groupe d’experts triés sur le volet et demeurés anonymes par des commanditaires eux-mêmes anonymes qui cherchaient les solutions pour sauver le capitalisme, le meilleur des systèmes, mis en danger par la surpopulation mondiale.

                                • JL JL 22 octobre 15:32

                                  Suite du commentaire.

                                   
                                   ’’Les autorités politiques mondiales actuelles ne sont pas en mesure d’imposer les règles qui permettraient de résoudre les problèmes évidents de notre époque, et leur insuffisance est flagrante si l’on veut leur confier le soin de mettre en oeuvre, demain, les stratégies visant à diminuer la population (*).
                                  L’objectif doit être le remplacement du modèle - aujourd’hui dépassé - de l’Etat-nation.
                                  La fin du XXème siècle a vu le triomphe partiel de l’économie mondialisée ; la tâche du XXIème sera de créer la structure politique mondiale légitime, universellement reconnue, qui la soutiendra et la perfectionnera. (...) Il faut que l’AMI soit remis à l’ordre du jour, doté d’un réel pouvoir (de coercition) et ratifié le plus tôt possible (...) L’AMI doit être le noyau dur d’une constitution économique mondiale.’’
                                   
                                   Nicolas Sarkozy : ’’Nous entons dans un Nouvel Ordre mondial, et personne, je dis bien, personne ne pourra s’y oppose’’. Sarkozy était clairement le candidat de ces décideurs occultes. Hollande a repris le flambeau, et Juppé fera de même.
                                   
                                  (*) C’est moi qui souligne.

                                • Trelawney Trelawney 22 octobre 18:33

                                  @JL
                                  Ce n’est pas sauver le capitalisme, c’est sauver les avoir des plus riches de la planète.
                                  Il est certain que la surpopulation va engendre de nouvelle façons de vivre et causer d’énorme problème aux possédants, comme il est certains que la richesse produite sur la planète est de moins en moins produite par la main d’œuvre humaine. je n’ai pas les chiffres exacts, mais si en 1900, la richesse était produite par 80% du travail humain, aujourd’hui ça doit tourner autour de 40% et ça va encore en diminuant.

                                  Pour moi la solution (et c’est celle d’un patron) est de donner un revenu minimum décent à tous les habitants (enfants, parents et retraités) en taxant les richesses pour cela. Ensuite on rend le travail libre et on le taxe.

                                  1/ rendre le travail libre veut dire : on travaille si on veut et on embauche si on veut. Donc plus de code du travail (sauf pour les conditions de sécurité), plus de chômage, plus de retraite et quand on est en arrêt maladie on n’est pas payé puisqu’on a le revenue minimum décent

                                  2/ Le travail est taxé par l’état à 40% lorsque le patron paie 100, vous touchez 60 et les bénéfices sont taxés à 80%. les produits sont taxé à 30% minimum voir jusqu’à 150% pour les voitures ou autres

                                  3/ Les fonctionnaires sont logsé à la même enseigne et il n’existe plus de conditions spéciales par branche

                                  4/ le travail peut se faire 7 jours sur 7 et 24H sur 24. C’est le salarié qui décide puisqu’il a un revenu minimum et n’est pas obligé de travailler

                                  5 On organise le bénévolat pour facilité la vie en société

                                  Ce système ferrait fuir les gens des villes pour les campagnes car moins cher et moins de pollution

                                  ce système inciterait les entreprises à venir s’installer, car système plus simple et plus libre

                                  etc etc etc

                                  Mais ca c’est complétement contraire au marxisme et c’est même ultra libéral


                                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 22 octobre 19:20

                                  @JL
                                  Les Etats Nations sont l’ennemi de la mondialisation. Ils sont un danger permanent, car ils peuvent légiférer contre le libre marché, en mettant des taxes aux importations, en contrôlant les mouvements de capitaux, en donnant à leur Banque Centrale le droit de prêter à l’Etat à taux 0%, en levant des impôts pour financer des services publics etc.


                                  Le principe que l’Occident voudrait appliquer partout, c’est celui des Romains : faire éclater les Etats Nations et diviser pour mieux régner. Exemple au Moyen Orient où l’objectif est de faire éclater 5 Etats laïques et souverains en 14 petits califats bien soumis. Texte de Labévière :

                                  "(...) La première cherche à démanteler les Etats-Nations pour les fragmenter en micro-Etats (type Kosovo ou Soudan du Sud), voire pour les re-tribaliser en autant de petits émirats sunnites, chi’ites, druzes, kurdes, etc. selon la bonne vieille recette des imperium (de Rome à l’Hyper-puissance américaine). A l’image ce de qui a été fait en Irak et en Libye, Washington, ses satellites européens, les pétromonarchies du Golfe, Ankara et Tel-Aviv exigent toujours le départ de Bachar al-Assad pour démanteler la Syrie en deux émirats sunnites (Alep et Damas), un micro-Etat druze sur le Golan et un réduit alaouite dans les montagnes qui dominent Lattaquié et Tartous.(...)


                                  C’est la même politique « Fin des Etats Nations & diviser pour mieux régner », qui est appliquée en Europe avec les euro-régions, pour balkaniser toute l’ Europe, et la France en particulier.

                                • JL JL 22 octobre 19:42

                                  @Fifi Brind_acier
                                   

                                  ’’Les Etats Nations sont l’ennemi de la mondialisation.’’
                                   
                                  Les mots ont un sens. 
                                   
                                  La bonne formule est : Les mondialistes sont les ennemis des Etats Nations. Nuance, donc.


                                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 octobre 07:32

                                  @JL
                                  C’est suivant le point de vue selon lequel on se place...
                                  Quand on défend comme moi la souveraineté, on comprend bien que l’Etat Nation est considéré par les mondialistes comme un ennemi mortel.
                                  Sinon, l’ UPR ne serait pas censurée depuis 9 ans...


                                  Il faut voir les pressions qui s’exercent aujourd’hui sur les Wallons qui ne veulent pas de CETA...
                                  « La Commission européenne lance un ultimatum à la Belgique » . Toute manifestation « du peuple souverain » est considérée comme une hérésie, un crime de lèse majesté. 

                                • CN46400 CN46400 23 octobre 08:33

                                  @Fifi Brind_acier

                                   Les états-nation, comme avant les états-provinces et après les états-continents sont des constructions adaptées à la puissance atteinte par les moyens de production contrôlés par les capitalistes et à leurs profits. Ils vivent, prospèrent puis meurent, c’est la loi naturelle à laquelle le capitalisme lui même n’échappera pas...Quand les bipèdes seront fatigués d’endurer les inégalités qu’il véhicule systématiquement !


                                • JL JL 23 octobre 09:34

                                  @Fifi Brind_acier
                                   

                                   l’Etat-nation n’est un ennemi mortel que lorsqu’il résiste : l’Irak, la Libye, la Syrie, la Russie, ...

                                   A contrario, la mondialisation est l’ennemi de tous les Etats-nation, y compris des plus inféodés et d es plus pacifiques.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Robert GIL

Robert GIL
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès