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Pour en finir avec les créationnistes de tous bords

Echos des événements de ces derniers mois outre-Atlantique, concernant la lutte entre les théories évolutionnistes et le créationnisme, on voit et l’on entend divers débats autour de ces sujets, ici-même, sur le vieux continent. Sujet sous-jacent, mais jamais clairement exprimé : le rapport entre la foi et la science.

Petit rappel : aux Etats-Unis, chaque Etat gère ses programmes scolaires. Chaque conseil d’école fait des choix pédagogiques... En cas de conflits, cela se règle au tribunal ! Ainsi, s’opposent régulièrement les tenants du darwinisme, défenseurs de l’évolution, et les champions du créationnisme, issu des milieux fondamentalistes protestants américains, qui font une lecture littérale des récits bibliques. Ceux-ci ne veulent pas entendre parler du darwinisme comme de la seule réalité scientifique enseignée aux enfants. Ils revendiquent l’enseignement d’une alternative : le créationnisme. Après divers revers juridiques, le créationnisme s’appelle désormais "dessein intelligent", sous-entendant une intervention divine sans jamais citer Dieu.

Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, l’objectivité scientifique en vient à être remise en cause par les milieux intellectuels fondamentalistes de toutes sensibilités. Alors, pour aborder le sujet de la possible incompatibilité entre la foi et la science, changeons de domaine, partons d’un domaine que ces mêmes fondamentalistes revendiquent : la théologie.
Mieux, partons, des postulats bibliques : dans deux récits distincts, la Bible nous raconte comment Dieu crée notre univers.
A posteriori, on peut résumer la situation ainsi : Dieu crée tout d’abord l’infiniment grand. Cette réalité qui, aujourd’hui, nous est accessible par ce que le génie humain a imaginé de plus sensible et de plus précis. Ce sont les étoiles et les galaxies, les pulsars et les nébuleuses...
Après le monde minéral des grandes échelles, Dieu crée notre réalité de proximité : notre monde et ce qu’il porte ; le monde végétal et le monde animal.
Puis, au milieu de cette création, Dieu fini par y déposer l’homme.

Voyons ce que la théologie peut nous apprendre de Dieu. Les traditions des religions du livre s’accordent à ce sujet : Il est inaccessible à l’entendement humain. Ainsi, Dieu se fait-il connaître à l’homme par la révélation. Car Dieu est le "Tout Autre". Dans la tradition juive, on ne le nomme pas, pour ne pas réduire son essence divine. Le tétragramme hébreu qui désigne Dieu n’est écrit que par des consonnes. Aucune indication de voyelles : le tétragramme ne se prononce pas !
Ce que la théologie nous apprend aussi par l’étude des textes révélés, c’est que Dieu est parfait. Hors du temps et de l’espace, il est. Il est l’Être en qui s’accomplit l’amour, la liberté, la conscience et la science... et tant d’autres choses !
Et tous ces attributs sont sans nécessité d’être portés par quelques supports tangibles que ce soit. Dieu est celui qui est.

Ainsi et en acceptant ces postulats de croyants, on pourrait dire : si Dieu est parfait et que l’univers que nous percevons et dans lequel nous évoluons est la création de Dieu, alors cette même création est parfaite. Car l’imperfection ne pourrait être conçu de la perfection. En prenant garde de ne pas faire un amalgame entre imperfection, immobilisme et limitation. En effet, à la mesure de Dieu, notre univers, fut-il en perpétuelle expansion, est limité, n’en déplaise aux théoriciens de la relativité ou de la mécanique quantique.

Le mal, la douleur, l’injustice... tout ce que nous voyons de violence autour de nous ne serait que la résultante d’un déséquilibre introduit par l’homme : le refus de son obéissance à Dieu au pied de l’arbre de la connaissance : le pécher originel. Dans le pécher originel, Adam et Eve ont perdu jusqu’à leur innocence. Ne se cachent-ils pas de leurs propres regards, ayant pris conscience de leur nudité ?

Revenons à ce qui gêne les créationnistes : l’évolution sous toutes ses formes (darwinisme, lamarckisme...). Que ce soit l’évolution de l’homme ou même l’évolution de l’univers né du Big Bang (en gardant comme postulat valide la théorie du Big Bang qui reste l’hypothèse la plus plausible dans l’état actuel de nos connaissances...).
Concernant l’homme, comment peut-on imaginer, disent-ils, que celui-ci ait les mêmes ancêtres que nos primates contemporains ? Ou même, comment, tout simplement, imaginer que l’homme ait pu être un être primitif loin de son accomplissement contemporain ?
Les créationnistes veulent voir en l’homme l’image de Dieu : ne nous a-t-il pas créés à son image : parfaits ?

À l’évidence, il est des choses que les créationnistes ne veulent pas entendre. Si Dieu nous a créés à son image, il nous a créés également libres. Car sans la liberté de l’homme, où serait la gloire de Dieu ? Si Dieu est cet être parfait, que lui importe l’adoration de marionnettes ?

Dans son dernier avatar, le créationnisme sous la forme du dessein intelligent, tente de se draper des attributs de la science.
Et, sans jamais le nommer, les néocréationnistes font de Dieu un dieu interventionniste, un dieu qui entrerait dans l’Histoire afin de diriger sa création. Un dieu qui nierait les règles de la nature qu’il a lui-même établies en arrachant, entre autres, l’homme à l’influence de ces mêmes règles.
Sans évolution, les néocréationnistes impliquent des choses qu’eux-mêmes ne peuvent admettrent : si Dieu entre dans l’Histoire, cela implique que sa création est imparfaite. Si cette création est imparfaite, si elle a besoin de réajustements, comment son créateur peut-il être parfait ? Et si cette création, il l’a faite à propos imparfaite, quel être machiavélique est-il ?

En définitive, il est préférable, humainement comme théologiquement et même scientifiquement de considérer le monde dans lequel nous vivons comme une perfection en perpétuelle progression.
Si Dieu il y a, il a su d’un souffle primordial et parfait initier le Big Bang. Dans son amour pour l’homme, pourquoi n’aurait-il pas attendu les millénaires nécessaires afin de lui insuffler, le moment venu, ce petit supplément d’âme qui fait de l’homme un homme et non un primate. Si besoin était, faisons-lui confiance pour nous révéler, en temps voulu, la corrélation entre récit biblique et réalité scientifique...

D’autre part, l’homme, qu’il soit croyant ou non, qu’il cherche ! Dieu, hors du temps, savait que l’homme, un jour, chercherait à comprendre.
Chaque découverte scientifique doit être un émerveillement pour l’homme ! Chaque découverte devient une preuve de la perfection de l’organisation et la complexité de l’univers. Chaque découverte devient une preuve de la perfection de la création de Dieu.

Car ce qui motive les créationnistes de tous bords c’est bien la peur que la connaissance éloigne l’homme de Dieu. C’est bien que la connaissance érode petit à petit la divinité même de Dieu !
Youri Gagarine, quand il revint de son voyage historique dans l’espace, s’est exclamé : "Je n’y ai vu, là-haut, que le ciel !" Encore heureux. S’il pouvait y avoir une seule preuve scientifiquement vérifiable de l’existence de Dieu, il serait un devoir pour l’homme d’être athée !
Si Dieu il y a, il est bien au-delà de nos taquineries infantiles.

L’homme est pourvu de cinq sens et d’une motricité limitée. Mais depuis les grottes de Lascaux, par exemple, il n’a eu de cesse d’imaginer et d’inventer les moyens pour dépasser les limites de ses contingences matérielles, de ses finitudes. Que ce soit la roue ou le moteur, la lunette astronomique ou le radio télescope, que ce soit l’écriture, le raisonnement scientifique. À l’image de la lunette astronomique, des principes comme la mécanique quantique ou la théorie des cordes sont des outils qui nous permettent de percevoir des réalités qui ne l’étaient pas par l’usage immédiat de notre intelligence ou de nos cinq sens. Pourquoi Dieu aurait-il peur de cet élargissement des domaines de la connaissance l’homme, puisqu’il est, par essence, hors de la réalité accessible à notre perception ou de toutes les extensions possibles que l’homme imaginera pour comprendre le monde dans lequel il évolue ?

Quelles merveilles que sont les images du télescope spatial Hubble... Quelle perfection dans l’observation de l’infiniment petit et du vivant... Quel coup de génie fit Dieu de nous offrir ce jardin à la démesure de la soif de connaissance de l’homme.

Que la science cherche coûte que coûte. Plus loin et plus petit, plus vite et mieux. Par curiosité ou par peur du vide de l’ignorance. Que la science nous émerveille, nous les petits, les communs... Car tout est encore à découvrir dans un monde en perpétuel mouvement.
Quand à l’homme de foi, il n’a pas à avoir peur que la science tue Dieu... « Il est déjà mort une fois », diraient les Chrétiens ! Par contre, il lui faut être attentif à ce que la science, débridée de toute éthique, ne finissent pas par le tuer, lui, l’homme !

par FuturHebdo (son site) vendredi 17 août 2007 - 161 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 17 août 2007 11:25
    LE CHAT

    le fait d’avoir plus de 30% d’athée en France est une protection contre cette engeance !et pas plus de 10% de pratiquants dont une minorité perméable à ces fadaises

    avec 98 % de croyants aux us , ils gobent n’importe quoi !

  • Par maxim (xxx.xxx.xxx.113) 17 août 2007 11:23
    maxim

    pour l’instant monsieur le farceur Boileau ,rien ne prouve l’existence d’un Dieu ,quel qu’il soit ,que ce Dieu ait crée quoique ce soit ,que certes la science a ses limites,que petit à petit les choses avanceront ..... nous ne sommes plus à l’inquisition,ce n’est pas en prenant ce raccourci facile de dire que Dieu a tout crée ,façon bien confortable de se debarrasser des questions gênantes et qui suffisent à des esprits demeurés ou trop jeunes pour se poser de questions ...... je vous rapelle entre autres puisque vous affichez une image de Marine LE Pen ,que je ne pense pas qu’elle défende vos théories fumeuses ,je suis moi même de droite ,pas extrèmiste ,mais populaire ,et agnostique eh oui !!!,j’avoue étant plus jeune avoir été souverainiste ,je me suis assagi,mais dans les gens que j’ai pu rencontrer ,il n’y avait pas beaucoup de créationistes ,et ceux qui l’étaient avaient plus de recul que vous et surtout n’imposaient pas ce qu’ils ne pouvaient affirmer ,étant reservés sur leur conception du monde ,et admettant que l’on pouvait considérer que Dieu n’était qu’une hypothèse ....... et c’étaient des gens bien plus brillant que vous .....

  • Par Aerin Saedler (xxx.xxx.xxx.50) 17 août 2007 13:23

    Étant étudiante en théologie (Faculté Libre de Théologie Protestante de Paris), je me permets de répondre.

    Ce débat en effet est stérile, car les créationnistes sont, par définition, campés sur une position qui fait de la Bible un objet intouchable, car directement inspiré de Dieu. Mais le fait qu’il existe deux récits de la création montre bien la diversité des auteurs et des opinions à ce sujet. Par ailleurs, ces récits sont très fortement inspirés de la mythologie mésopotamienne, et sont très tardifs (6° siècle avant JC) par rapport à d’autres textes.

    Comme cela a été dit par d’autres rédacteurs avant moi, foi et science sont conicliables, puisqu’elles ne touchent pas au même domaine. Je peux, en tant que croyante, croire que Dieu est à l’origine de la vie, qu’il nous donne la vie (et je ne suis pas créationniste), et trouver tout à fait plausible la théorie de l’évolution. Les deux domaines sont distincts : l’un touche à l’intime de l’être humain, ses convictions, ce dont il a quelque part besoin pour avancer dans la vie, et l’autre tente d’expliquer pourquoi l’être humain est sur terre et ce qu’il s’est passé avant qu’il n’existe.

    Libre à chacun d’être athée ou croyant, après. Mais à partir du moment où l’on considère qu’un livre explique tout de manière irréfutable, cela me semble extrêmement dangereux, puisque la vraie liberté de chaque être humain est de penser par soi-même.

    Et pour information, les livres de théologie que je lis se gardent bien de donner une réponse définitive à ce problème...

  • Par Mjolnir (xxx.xxx.xxx.247) 17 août 2007 11:43
    Mjolnir

    @Actias, Boileau, Pierrot & co

    "... ils n’ont pas plus de preuves que les creationistes."

    Allez faire un tour dans le musée de l’évolution, c’est gratuit le 1er dimanche du mois.

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