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Accueil du site > Actualités > Religions > Pour une critique intelligente de l’islam (I)

Pour une critique intelligente de l’islam (I)

Aucune religion n’est au-dessus de la critique. L’islam ne fait pas exception à la règle. Mais tant qu’à critiquer, autant le faire intelligemment, sans caricature ni amalgame. Pour ce faire, voici quelques règles utiles à respecter :
 
Première règle : tenir compte de la variété géographique
 
L’islam est une réalité complexe. La manière dont les préceptes du Coran sont interprétés et mis en pratique varie considérablement suivant les sociétés. Il est donc pour le moins discutable de chercher à discréditer l’islam en ne se référant qu’aux sociétés les plus fondamentalistes, celles qui prétendent appliquer la charia à la lettre. Il serait tout aussi erroné de vomir en bloc le catholicisme en se basant sur quelques exemples, comme celui de l’Irlande, pays où l’Église a commis de graves abus parce que la société et le pouvoir politique lui ont laissé trop de pouvoir.
 
L’ignorance à l’égard de la variété géographique de l’islam va généralement de pair avec un manque de culture historique. Car cette variété géographique est en grande partie due au fait que l’islam a évolué différemment suivant les endroits et les contextes socio-politiques.
  
Deuxième règle : adopter une perspective historique
 
Par paresse intellectuelle et sous l’influence de manipulations politiques, nous avons tendance à « essentialiser » les cultures et les groupes humains : religions, nations, civilisations, etc. Autrement dit, nous voyons ces cultures ou ces groupes comme ayant une essence, une nature éternelle et immuable. C’est ainsi que j’ai pu lire, sur AgoraVox, des commentaires faisant remonter la civilisation française à 2000 ans, voire à l’époque de Lascaux ! Voilà ce genre de mythe dont il faut se défaire quand on aborde une civilisation ou une religion.
 
Cette remarque générale vaut aussi pour l’islam. Souvent, pour discréditer cette religion, on se réfère à ses origines. On cite à plaisir les versets du Coran les plus belliqueux ou les plus sexistes. On dénonce également – en se basant sur un récit d’ailleurs controversé – la pédophilie de Mahomet, qui aurait épousé Aïcha alors qu’elle avait six ans et consommé son mariage quand elle en avait neuf. Ces références ont évidemment un but : jeter l’opprobre sur l’islam et les musulmans d’aujourd’hui. Or, ce genre d’argument ne tient pas compte du fait que les religions évoluent, et qu’elles ne restent jamais entièrement fidèles à leurs origines. On peut parfois déplorer ce fait - par exemple, quand on voit la manière dont la plupart des chrétiens ont pratiqué l’amour des ennemis au cours des siècles. On peut aussi s’en réjouir. Le judaïsme antique n’était pas moins féroce à l’égard des femmes adultères que l’islam fondamentaliste. Quant au christianisme des origines, il n’avait pas aboli la loi de Moïse, et était donc de ce fait conforme aux préceptes les plus durs du judaïsme.
 
Il est donc fallacieux de vouloir juger une religion simplement à l’aune de ses origines. Le judaïsme et le christianisme ont considérablement changé au cours des siècles : parfois pour le pire, mais le plus souvent pour le meilleur. Il en va de même pour l’islam, même si l’évolution de cette religion a été souvent plus lente, à partir d’une certaine époque, que celle du christianisme. Même un pays fondamentaliste comme l’Iran accompagne dans une certaine mesure cette évolution. Ainsi, 60 % des étudiants iraniens sont des femmes. La condition des femmes a également évolué dans les pays arabes, et généralement dans le bon sens. L’historien Henry Laurens, dans cette conférence, ne nie pas qu’il y ait encore de fortes inégalités entre hommes et femmes dans les pays arabes. Mais il fait également remarquer que ces inégalités ont considérablement diminué dans certains domaines, notamment en matière d’éducation. Aujourd’hui, dans la plupart des pays arabes, les filles sont à peu près autant alphabétisées que les garçons. De plus, on constate souvent une arrivée massive des jeunes femmes dans l’enseignement supérieur. Dans certains pays (Koweit, Qatar, Émirats arabes unis), les étudiantes sont même trois fois plus nombreuses que les étudiants.
 
Reste que les lois et les coutumes des pays musulmans sont généralement moins démocratiques et plus sexistes que celles des pays occidentaux. Beaucoup de musulmans ont une réticence, voire un rejet pur et simple à l’égard des valeurs célébrées aujourd’hui en Europe et en Amérique du nord. Mais faut-il imputer à l’islam toute la responsabilité de cette situation ? C’est à cette question que je vais maintenant tâcher de répondre.
 
Troisième règle : interpréter les corrélations avec prudence
 
Deux phénomènes A et B sont corrélés lorsqu’il existe entre eux une certaine relation. Toute la difficulté est de savoir en quoi consiste cette dernière. A est-il cause de B ou B est-il cause de A ? Peut-être sont-ils causes l’un de l’autre. Peut-être sont-ils tous deux les effets d’une cause C. Mais il se pourrait que la réalité soit encore plus complexe. Par exemple, A peut être l’effet de B+C et non de B tout seul.
 
Revenons maintenant au cas de l’islam. Si nous constatons (souvent, mais pas toujours) une certaine corrélation entre islam et rejet de la modernité occidentale, gardons-nous de l’interpréter hâtivement. Certes, on peut difficilement nier que l’islam, comme n’importe quelle religion, contienne des germes de sectarisme et de violence. Qui dit religion dit sacralisation d’une chose, d’une idée, d’un texte ou d’une personne. Appartenir à une religion, c’est considérer qu’il y a certaines réalités qui sont sacrées, c’est-à-dire qu’on ne peut toucher, critiquer ou tourner en dérision. Le problème est sans doute particulièrement vif pour des religions qui s’appuient sur des textes sacrés, comme le judaïsme, le christianisme et l’islam. De tels textes ont figé pour des siècles des croyances, des traditions et des pratiques qui constituaient peut-être un progrès à l’époque, mais seraient aujourd’hui inacceptables. Et comme ces textes sont sacrés, on n’ose guère les mettre en question.
 
Cependant, aucune religion n’est figée définitivement. Même celles qui s’appuient sur des textes sacrés peuvent évoluer, parce que ces textes doivent être interprétés à cause de leurs ambiguïtés et contradictions apparentes. Surtout, une religion n’est jamais coupée de son contexte social et politique. Ce contexte joue à la fois sur le poids de la religion dans la vie sociale et sur son contenu idéologique.
 
Islam = soumission ?
 
Cette notion de contexte social et politique va nous permettre d’analyser deux exemples de corrélations mal interprétées : islam/soumission, et islam/haine de l’occident.
 
On présente souvent l’islam comme une religion de soumission : soumission à Dieu, au pouvoir politique, soumission des femmes au pouvoir patriarcal, etc. Pour enfoncer le clou, on se réfère à l’étymologie du mot islam, qui signifie justement soumission en arabe. Tout cela n’est pas entièrement faux. Mais il serait abusif d’imputer au seul islam les rapports de domination existant dans les sociétés ou les familles musulmanes. Ce serait aussi absurde que d’accuser les chrétiens d’être nécessairement machistes, esclavagistes et ennemis de la démocratie. Le christianisme, à bien des égards, est également une religion prônant la soumission. Saint Paul, qui est parfois considéré comme le véritable fondateur du christianisme, prêchait la soumission des femmes à leurs maris et des esclaves à leurs maîtres (Épître aux Éphésiens, chapitres V et VI).
 
De la même manière, il exhortait les chrétiens de Rome à se soumettre au pouvoir politique : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. » (Épître aux Romains, chapitre XIII, 1-2)
 
Force est de reconnaître que ces versets ne sont pas restés lettre morte. Pendant des siècles, les Églises chrétiennes ont légitimé l’ordre social traditionnel et condamné les révoltes sociales ou politiques. Mais l’évolution historique de l’Europe (progrès de la science, guerres de religion, émancipation progressive du pouvoir politique à l’égard des Églises, etc.) a conduit à une mise en question générale des dogmes, des pratiques et des institutions du christianisme. Les chrétiens, tant bien que mal, ont dû s’adapter à ces changements. Beaucoup d’entre eux, aujourd’hui, sont de bons démocrates et partisans d’une parfaite égalité entre hommes et femmes. Certains, notamment en Amérique latine, ont même adopté une attitude radicalement critique à l’égard des inégalités sociales.
 
L’exemple du christianisme le montre : une religion peut avoir une grande souplesse et s’adapter à de multiples contextes sociaux et politiques. Pourquoi ne serait-ce pas le cas de l’islam ? Pourquoi les musulmans seraient-ils par nature incapables d’aimer la liberté et l’égalité entre les êtres humains ?
 
La question mérite d’autant plus d’être posée que les rapports de domination existant dans les sociétés musulmanes n’ont souvent pas grand-chose à voir avec l’islam. Par exemple, le manque de démocratie dans certains pays s’explique en grande partie par le soutien d’une grande puissance étrangère (États-Unis, notamment) au régime en place.
 
Islam = haine de l’occident ?
 
Comme on vient de le voir, le lien entre islam et esprit de soumission est beaucoup plus complexe que ne le disent certains islamophobes. Il en va de même pour le rapport à l’occident, c’est-à-dire à la civilisation euro-américaine. Après le 11 septembre, l’admirable George W. Bush se demandait : « Pourquoi nous haïssent-ils ? » Dans sa bouche, cette question était sans doute faussement naïve. Mais il n’est pas douteux que beaucoup d’Américains et d’Européens ont à l’époque pensé :
- que les musulmans dans leur ensemble haïssaient l’occident ;
- que cette haine était sans fondement rationnel, étant donnée l’infinie bonté des occidentaux à l’égard des peuplades arabo-musulmanes. D’où l’idée que cette haine était due à des causes religieuses, et en particulier à un certain puritanisme (les musulmans crevant de jalousie en voyant les occidentaux se beurrer la gueule et s’envoyer en l’air comme bon leur semble).
 
Nul besoin d’avoir un doctorat d’histoire ou de sciences politiques pour se rendre compte de la naïveté de telles croyances. Si un grand nombre de musulmans ont de la rancœur envers les États-Unis et leurs alliés, c’est pour des raisons souvent tout à fait objectives : soutien inconditionnel apporté à des régimes dictatoriaux et à Israël, bombardements et blocus meurtrier en Irak, invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, etc.
 
Il en va de même pour la rancœur de certains Maghrébins ou Franco-maghrébins à l’égard de la France et des « Français de souche ». Ainsi, n’en déplaise au philosophe (?) Alain Finkielkraut, le lien entre l’islam et les émeutes de 2005 est extrêmement ténu. Les causes sociales (chômage massif, racisme quotidien, ghettoïsation…) ont joué dans cette affaire un rôle autrement important.
 
 
(À suivre)
 

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151 réactions à cet article    


  • Shaytan666 Shaytan666 13 septembre 2010 12:39

    Je n’ai pas encore lu l’article donc je ne vais pas déjà en parler, mais j’ai lu votre CV et vous êtes tout à fait comme moi, il y a des années que je me bat pour que l’on rétablisse les nobles dans leurs privilèges mais cela n’a pas l’air de marcher  smiley
    Comme je disais encore hier à mon amie la baronne de la Tronche en biais, un pauvre est fait pour être toujours plus pauvre et un riche toujours plus riche  smiley


    • friedrich 13 septembre 2010 12:59

      Délire ce CV en effet. Mais attention au 2ème degré, car certains ici en sont totalement dépourvu (cf morice)


    • Satournenkare 13 septembre 2010 13:26

      Quand le message déplait, on tire sur le messager smiley


    • Jude 13 septembre 2010 17:59

      « il y a des années que je me bat pour que l’on rétablisse les nobles dans leurs privilèges mais cela n’a pas l’air de marcher »

       smiley smiley smiley

      C’était pourtant pas mal ce droit de cuissage !!! smiley smiley smiley C’était le bon temps !! smiley


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 septembre 2010 12:56

      « Aucune religion n’est au-dessus de la critique ».

      Oui. Cependant, on peut se passer de la critique. En effet, pour ce qui concerne les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam), leur clef de voûte, à savoir l’existence d’un dieu, n’est nullement démontrée. En conséquence, tout ce qui découle de ce postulat n’est que pure spéculation intellectuelle et ne mérite même pas d’être discuté.


      • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 13:30

        Je trouve votre raisonnement un peu court, M. Llabrès. D’abord, je ne vois pas pourquoi une spéculation intellectuelle ne mérite pas d’être discutée. Ensuite, et surtout, les religions monothéistes ne se réduisent pas à l’affirmation de l’existence d’un dieu. Elles contiennent tout un ensemble de croyances et de pratiques qui, elles, sont tout à fait susceptibles d’être critiquées.
         
        On peut, par exemple, faire remarquer des contradictions logiques dans ces croyances. Ainsi, il est selon moi contradictoire d’affirmer que Dieu est tout-puissant, qu’il n’est pas l’auteur du mal, et qu’il existe un enfer éternel. Si Dieu est vraiment tout-puissant, alors il est aussi responsable du mal qui existe dans le monde et il ne saurait tolérer l’existence d’un mal éternel.

        On peut aussi repérer des contradictions entre une croyance et un fait scientifiquement avéré ; ou encore, des contradictions entre une croyance et une pratique.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 septembre 2010 13:43

        Par J. GRAU (xxx.xxx.xxx.241) 13 septembre 13:30
        "je ne vois pas pourquoi une spéculation intellectuelle ne mérite pas d’être discutée« .
        Certes, elle peut toujours être discutée, comme une sorte de jeu intellectuel, à la condition de garder à l’esprit que cela ne saurait présenter aucun caractère sérieux du fait de l’incertitude de départ.

         »les religions monothéistes ne se réduisent pas à l’affirmation de l’existence d’un dieu« .
        Tout leur »credo« découle de cette supputation non prouvée, l’existence d’un dieu. Dès lors, ledit »credo" n’a aucune légitimité universelle.


      • Kalki Kalki 13 septembre 2010 14:29

        La religion, l’idéologie, est spectacle et communautarisme.

        L’idéologie interdit la pensée et la liberté individuelle, très bien la liberté individuel, la culture laïque « interdit » l’idéologie.

        En allemagne on communique a ce sujet, on délit les esprits fermés à la racine, pour la nazisme, mais cela vaut pour toute autre idéologie.


      • Kalki Kalki 13 septembre 2010 14:34

        Un des effets d’une bonne éducation est le fait de pousser en dehors de la religion et de l’idéologie, vers la recherche de la vérité, la Science avec un grand S.

        Un second effet est le choix de sa destinée un peu plus pensée, le « libre arbitre » deviendrait il libre ? En conséquence le niveau d’éducation influe sur le nombre d’enfant voulu dans un couple ( avec d’autres facteur tel que le stress, l’espoir dans le futur pour la société ).

        Au fait il va falloir laisser tomber la pillule pour autre chose un de ces jours, car ce n’est pas bon pour l’autre sex, de prendre les oestrogènes féminin dans le cycle de l’eau : ou mettre en place des système d’épuration de molécule biologique dans le recyclage de l’eau


      • Traroth Traroth 13 septembre 2010 18:07

        « D’abord, je ne vois pas pourquoi une spéculation intellectuelle ne mérite pas d’être discutée » : En l’absence de tout élément objectif, la discussion ne saurait être que stérile. Ce qui est bien le propre de toute discussion portant sur l’existence ou l’inexistence de dieux quels qu’ils soient...


      • birdy 13 septembre 2010 12:57

        Encore une ruse de coyote dont le but sournois est de redorer le blason de l’islam.


        • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 13:39

          S’il y a un peu de ruse, elle est dans le titre. J’aurais en effet pu écrire : « Contre les critiques simplistes de l’islam ». Pour le reste, petit oiseau, je crois avoir été honnête. Je n’ai pas cherché à redorer le blason de l’islam, religion pour laquelle je n’ai pas de sympathie particulière, mais à avoir un point de vue équilibré. Je ne nie pas que l’islam, au moins sous certaines de ses formes, puisse être très malfaisant. Je dis seulement qu’il n’est pas la seule religion dans ce cas, et qu’il n’est pas responsable de tous les maux dont on l’accuse.

          Vil Coyote


        • Olivier Bach 13 septembre 2010 18:37

          A J GRAU,

          Je ne nie pas que l’islam, au moins sous certaines de ses formes, puisse être très malfaisant. Je dis seulement qu’il n’est pas la seule religion dans ce cas, et qu’il n’est pas responsable de tous les maux dont on l’accuse.

          Une religion n’a pas les mêmes effets quand ses responsables bénéficient et sont associés ou non au pouvoir civil dans un pays.
          L’Islam en France n’ a pas les mêmes effets qu’en Arabie Saoudite par exemple.
          Quand les responsables religieux ont le pouvoir civil d’un pays, ils appliquent les commandements écrits dans leurs textes sacrés parce qu’ils estiment en avoir le devoir. C’est Dieu qui leur commande de les faire appliquer. Ils ne font que respecter ce en quoi ils croient profondément. Il me semble donc qu’il est difficile de ne pas analyser le texte fondateur d’une religion quand on veut connaitre ses effets potentiels.


        • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 20:11

          A Olivier Bach

          Bonsoir.

          Je suis effectivement d’accord sur le fait qu’il est utile d’étudier les textes fondateurs d’une religion, en l’occurrence l’islam. Mais, comme vous le faites remarquer, il y a beaucoup de différence entre l’islam tel qu’il est pratiqué dans un Etat laïc et l’islam lorsqu’il est pratiqué dans un pays où il est religion d’Etat. Il faut donc tenir compte du contexte socio-politique, et c’est à peu près tout ce que je voulais dire dans cet article.


        • LE CHAT LE CHAT 13 septembre 2010 13:26

          excellent le CV ! avez vous aussi un sceptre en or ?

          désolé de ne pouvoir vous suivre , le pays des morins et atrébates font partie de la gaule Belgique !


          • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 13:57

            J’ai bien un sceptre en or, en effet, mais il n’est pas à vendre. Quant au pays des Morins et des Atrébates, je ne pense pas qu’il convienne de le garder. Les Belges, comme César nous l’apprend, était un peuple celtique fortement germanisé. Vous me direz qu’il en va de même pour la race française. Oui, mais là c’est différent. Les vrais Français - c’est-à-dire les gens originaires d’ïle-de-France - sont un mélange très subtil comprenant 91 % de gènes celtiques, 5 % de gènes francs (c’est dire qu’ils ne descendent pas de n’importe quels Germains, attention), 3 % de gènes pré-celtiques, 0,5 % de gènes néanderthaliens. On peut trouver également quelques traces de saucisson à l’ail, de kronenbourg et de vache qui rit. Si ce produit, malgré tous nos efforts, ne vous donnait pas entière satisfaction, nous vous prions de nous le renvoyer par la poste. Satisfaits ou remboursés deux fois, telle est notre devise.

            Tout ça pour dire que la vraie race française se fait rare. En fait, à part moi, ma cousine Léontine et Brice Hortefeux, ses derniers représentants se comptent sur les doigts de ma main à couper.


          • Satournenkare 13 septembre 2010 13:38

            Bravo l’auteur, très bon recadrage.

            Le sens d’un message est donné par la réponse qu’il provoque

            C’est des fois utile de donner des coups de pied dans la fourmilière.

             smiley


            • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 13:59

              Merci pour le compliment.


            • NeverMore 13 septembre 2010 13:58

              La mise en « perspective » du christianisme (sa relégation plus ou moins dans le sphère privée) s’est effectuée essentiellement dans les pays de cultute chrétienne (judéo-chrétienne et gréco-latine). On peut demander si cette même culture ne conduit pas inéluctablement aux lumières.

              On souhaiterais la même chose pour l’islam. Mais sur une évolution de l’Islam, que le silence des musulmans est assourdissant. Cette éventuellle évolution est dans l’état actuel des choses hautement improbable.

              Je vous rapellerai aussi que le Coran a réécrit (de mon point de vue détourné à des fins utilistaires) les anciens textes, nos textes.

              Pour faire simple, l’ancien testament est censé être une histoire (l’Histoire de l’époque), la vie et la parole de Jesus sont censé être des exemples (d’où aucun dénigrement ni approbation du passé, ce n’était pas le sujet). Le Coran est censé être la parole de dieu, qui réécrit l’histoire et renie l’exemplarité. Le divorce n’est pas mince.


              • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 14:21

                Merci pour ce commentaire. Il est constructif et argumenté, mais pas très convaincant à mes yeux :

                1. Pourquoi les Lumières sont-elles apparues en terre chrétienne ? Vaste débat. La question est sans doute complexe et j’avoue que je manque de connaissances historiques pour donner une réponse parfaitement satisfaisante. Je doute d’ailleurs que cette question fasse l’unanimité chez les historiens. On peut en tout cas noter que les Lumières ont souvent été des adversaires du christianisme institué. C’était parfois au nom d’une certaine lecture du christianisme, sans doute, mais pas seulement.

                2. J’ai donné dans mon article quelques exemples montrant qu’il y a des changements dans plusieurs pays musulmans, notamment quant au rôle des femmes. Ces changements ne sont pas toujours positifs (il peut y avoir des régressions) mais ils le sont parfois. Je vous renvoie à ce sujet à une interview donnée en 2005 par le journaliste Alain Gresh, où il parle de la réforme du droit de la famille au Maroc :
                 
                « Au Maroc existait un Code de la famille ultra-réactionnaire. Il y a quatre ans, le gouvernement de l’Union socialiste des forces populaires a voulu le supprimer. Il a eu contre lui une partie importante de la société et il a échoué. Cette année, le roi fait pratiquement la même réforme. Mais chaque amendement est justifié par un verset du Coran. Le nouveau code marocain ne supprime pas formellement la polygamie, mais en même temps il la rend pratiquement impossible. J’aurais préféré que Mohammed VI fasse ces réformes au nom d’autres principes, plus universels, mais je prends acte que le nouveau code est une avancée importante pour les femmes marocaines, accepté par toutes les forces politiques, y compris les islamistes. »

                3. Ce que vous dites du Coran pourrait être dit par un juif du Nouveau Testament. Dans les livres chrétiens, il y a sans arrêt des références à la bible juive, censées justifiées l’idée que Jésus est le vrai Messie attendu par le peuple d’Israël. De plus, la révélation chrétienne est censée être la dernière : c’est par le nom de Jésus que les Chrétiens sont censés être sauvés. Jésus dit d’ailleurs « Qui n’est pas avec moi est contre moi » (propos repris des siècles plus tard par Bush).

                En somme, le christianisme a vis-à-vis du judaïsme la même attitude que l’islam vis-à-vis de ces deux religions : il le considère comme une révélation imparfaite et provisoire, une sorte de préfiguration (ancienne alliance, ancien testament) de la révélation finale (forcément chrétienne).


              • Gollum Gollum 13 septembre 2010 15:12

                On peut demander si cette même culture ne conduit pas inéluctablement aux lumières.


                Euh.. certainement pas. Ou alors par réaction. Les lumières ont été à la base anti-chrétiennes.
                Et très fortement. Voir ce que Joseph de Maistre, témoin de l’époque pense de la chose.

                Cela dit, il est vrai que la cassure se situe moins entre Islam et Christianisme et autres religions qu’entre lectures littéralistes, et de ce fait intolérantes, des diverses religions quelqu’elles soient.

                Le Catholicisme a connu ses heures sombres. L’islam a connu son heure de gloire civilisatrice.
                Maintenant les barbus fanatiques, coincés et sectaires sont de retour, mais aux US on a aussi droit à un fondamentalisme protestant, assez inquiétant également...

                Bref, rien n’est jamais acquis dans ce domaine. 

                Et me conforte dans l’idée que les interprétations symboliques et ésotériques des textes religieux sont le meilleur rempart contre ce genre de plaies.

              • Traroth Traroth 13 septembre 2010 18:15

                Ce qui est parfaitement clair, c’est que le recul du pouvoir politique du christianisme, en particulier du catholicisme, n’a rien de volontaire de la part des autorités de ces religions. Il s’agit bien d’un recul qui leur a été imposé. Les lois de séparation de l’église et de l’état, la laïcisation de la société voire la confiscation des biens de l’église catholique ont permis ce recul.

                En d’autres termes, la limitation des pouvoirs des autorités religieuses musulmanes doit venir en premier lieu des musulmans eux-mêmes. Il faut qu’ils comprennent d’eux-même l’intérêt qu’ils peuvent y trouver.

                Cela dit, je ne suis pas certain que l’attitude de plus en plus radicale des pays occidentaux et de leurs habitants les y aide beaucoup...


              • ffi ffi 13 septembre 2010 23:00

                Ou alors, ils ne le souhaitent pas du tout...
                @Nevermore : parfaite mise en perspective des dogmes respectifs, court et concis. Merci
                L’auteur se perd en arguments pour y répondre.


              • Traroth Traroth 14 septembre 2010 23:07

                Tellement minoritaires que cet islamiste de Sarkozy a été élu président ! smiley

                Ce qui est amusant, c’est que le commentaire juste au-dessus du vôtre fournit un exemple parfait, avec son « Ou alors, ils ne le souhaitent pas du tout... », généralisation bien beaufe et bien grassement ignorante ! Surtout évitez de documenter, ffi, vous risqueriez de finir par apprendre quelque chose, et ça pourrait bien chambouler vos certitudes !

                http://www.courrierinternational.com/article/2010/09/02/du-droit-de-ne-pas-faire-le-ramadan
                http://www.rue89.com/2010/08/13/je-rentre-dans-mon-pays-a-cause-du-climat-raciste-en-france-162089


              • ELCHETORIX 13 septembre 2010 14:07

                @ L’auteur , excellent travail sur ce sujet relativement sensible !
                j’ai lu rapidement et avec attention votre début d’article , ainsi que la conclusion et les titres de vos paragraphes ; je lirai plus complètement votre billet lorsque j’aurai le temps !
                RA .


                • Deneb Deneb 13 septembre 2010 14:29

                  Assez d’accord avec l’article. L’Islam n’est pas pire que le christianisme ou autre.Il est cependant plus jeune. Aussi, comment se fait-il que les pays à majorité musulmane sont toujours les plus pauvres. A l’exception de la péninsule arabique où les pétrodollars coulent à flot ; ils ont eu de la chance. Mais tous les autres ! Allah serait-il un si mauvais gestionnaire malgré sa science ?,


                  • OMAR 13 septembre 2010 16:45

                    Omar T.

                    Deneb : « Aussi, comment se fait-il que les pays à majorité musulmane sont toujours les 
                     plus pauvres ».

                    Nous aurions pu vous expliquer ce que vous avez raté lors de vos quelques études scolaires qu’à l’exception de l’Arabie Séoudite, le monde musulman était colonisé , donc pillé, spolié, soumis à l’analphabétisme, etc..

                    Mais aussi qu’une fois libres, des dictateurs se sont empressés de faire perdurer cet état, que certains repaires ont été perdus, etc..

                    Mais voila, petit que vous étes, vous y ajoutez cette touche ignoble d’islamophobie, en invoquant « Allah » dans le sous developpement des pays musulmans.

                    Dans ce cas, Bouddha y est pour quelque chose en Asie ?
                    Et le Christ de même, pour l’Amérique centrale et du Sud ?.


                  • Deneb Deneb 13 septembre 2010 16:50

                    Omar : « Dans ce cas, Bouddha y est pour quelque chose en Asie ?
                    Et le Christ de même, pour l’Amérique centrale et du Sud ?. »

                    je vous rejoint la dessus, Omar. Religion = pauvreté. Surtout d’esprit.


                  • samir 13 septembre 2010 17:50

                    « je vous rejoint la dessus, Omar. Religion = pauvreté. Surtout d’esprit. »

                    Pourtant vous n’etes pas religieux du tout : faut croire que vous racontez n’importe quoi comme d’habitude


                  • stef stef 14 septembre 2010 00:27

                    L’islamophobie n’existe pas. Vous devriez dire : islamolucidité.


                  • Deneb Deneb 14 septembre 2010 04:01

                    Omar : « à l’exception de l’Arabie Séoudite, le monde musulman était colonisé »

                    L’Arabie Saoudite, combien de divisions ?


                  • Nethan 14 septembre 2010 04:50

                    Et si l’on remonte encore plus loin dans le temps, ce sont les pays du monde musulman qui ont failli coloniser l’Europe.

                    Si les pays musulmans ont été colonisé, c’est à mon sens beaucoup parce qu’ils se battaient au nom de leur foi, quand l’Europe se battait avec de l’armement moderne et un appareil étatique qui commençait à se débarrasser du joug religieux. Ce que les pays musulmans n’ont jamais parvenu à faire même avec des siècles, vu que le droit de certains dépend des principes musulmans et non d’une réflexion avancée.

                    Leur pauvreté est dûe à leur obscurantisme permanent. Tellement d’ailleurs, qu’ils se sont sentis obligé de créer leurs propres droits de l’homme pour réaffirmer la position de l’islam.


                  • OMAR 14 septembre 2010 09:51

                    Omar T.

                    Stefélé : « L’islamophobie n’existe pas. Vous devriez dire : islamolucidité....

                    Donc, l’intention de ce taré de Pasteur, visait des perspectives heureuses et béates entre toutes les confessions.

                    Dommage que le Gouvernement américain, ait gaché le féte et sommé cet »illuminé" à renoncer à cette angélique action. 

                    Islamolucidité.... Arrêter de fumer....


                  • romaeterna romaeterna 13 septembre 2010 14:32

                    Tudieu !
                    C’est toujours pareil avec les spécialistes des grandes phrases : on peut prouver une chose et son contraire. Avec une bonne rhétorique tout est possible : on va chercher des bouts d’histoire, on parle des romains , des chrétiens, de néanderthal....
                    Et puis quand on parle de l’islam, on nous parle bien évidemment de l’épouvantail Bush, peut-être même de la création d’Israël...... Bon et vous prouver quoi ? Que les mahométans ne sont pas tous méchants.... mais que les chrétiens aussi (vous apprécierez le « aussi ») sont méchants (et là, obligé, bien sur on en appelle à l’histoire)...
                    Mais en ce qui me concerne (et aussi pas mal d’autres personne, je crois), c’est aujourd’hui et maintenant. Et c’est aujourd’hui et maintenant que les mahométans veulent que notre cerveau soit bouffé par les mêmes délires que les leurs..
                    Continuez comme cela vous allez vous faire plein d’amis ici !

                    Enfin ! Continuez à jouer du violon. Mais comme beaucoup, un jour vous vous réveillerez en fanfare


                    • samir 13 septembre 2010 14:55

                      "Et c’est aujourd’hui et maintenant que les mahométans veulent que notre cerveau soit bouffé par les mêmes délires que les leurs.."

                      pour ce qu’il y a a bouffer ca vaut pas le coup


                    • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 15:52

                      A Romaeterna :

                      Je m’attendais un peu à une réaction comme la vôtre. En gros, vous me reprochez d’être un gentil rêveur qui ne peut ou ne veut pas voir la réalité en face. Vous ne dites pas - d’autres s’en chargeront - que je suis un « idiot utile » de l’islam, mais le coeur y est sans doute.

                      Le problème, c’est que votre jugement n’est pas argumenté. Vous critiquez ma rhétorique sans voir que votre commentaire se réduit justement à de la rhétorique.

                      Mon article ne vise pas à cautionner ce que vous appelez les « délires » de l’islam. Je crois seulement qu’on a assez d’arguments rationnels à opposer au fanatisme religieux (qu’il soit musulman ou autres) pour qu’on n’ait pas à utiliser des arguments irrationnels ou très douteux. D’ailleurs, diaboliser l’islam ne peut que renforcer le repli identitaire de part et d’autres (chez les musulmans et chez les occidentaux chrétiens ou post-chrétiens). A force de crier au choc des civilisations, on va finir par y arriver.


                    • romaeterna romaeterna 13 septembre 2010 18:04

                      Je ne sais pas si vous êtes « un idiot utile ». Je ne vous juge pas vraiment, il suffit pour moi de voir que votre analyse est comprise par certains des mahométans les plus « crasses » habituels de AV ! Et surtout, je me permets de souligner que vous parlez des siècles précédents pour entasser les méchants chrétiens et tout cela pour pardonner (ou donner des « circonstance atténuantes ») au sectarisme et à l’intolérance des mahométans actuels.

                      Ce que je critique dans votre analyse, c’est qu’elle arrive un peu tard (quelques dizaines d’années) parce que dorénavant il n’y a plus besoin de "diaboliser l’islam ne peut que renforcer le repli identitaire«  car ce repli existe déjà et il n’a pas besoin des français pour exister quand on veut éradiquer le monde de toutes les autres croyances !
                      Et quand vous écrivez »on a assez d’arguments rationnels à opposer au fanatisme religieux« , je pense sincèrement que vous n’avez jamais »discuter" de la validité de ses croyances avec un mahométan  !!!!
                       


                    • Jordi Grau J. GRAU 13 septembre 2010 20:25

                      Romaeterna,

                      Il ne s’agit pas de « pardonner » ou de trouver des « circonstances atténuantes » mais seulement d’essayer de comprendre afin de savoir comment agir. Le comportement de certains musulmans vous déplaît ? Alors tâchez de savoir d’où cela vient. S’indigner ne sert à rien. L’essentiel est d’être lucide. C’est seulement après une analyse lucide de la situation qu’il convient de décider s’il faut lutter contre l’islam en tant que tel ou non, et quelle forme doit prendre cette lutte.

                      Pour moi, jusqu’à preuve du contraire, ce que nous reprochons aux musulmans (ou à une partie d’entre eux) n’est pas à mettre exclusivement au compte de leur religion. Voilà mon analyse. Eclairez-moi si je me trompe.


                    • ffi ffi 13 septembre 2010 23:11

                      l’Islam ordonne de convertir (ou tuer s’il ne veut pas l’être) tout être humain à tout bon croyant.
                      Ainsi quelque soient vos circonvolutions, votre lucidité, vos arguments, en fait cela n’y change rien : tout dépend de la volonté de l’autre.
                      Or, la volonté de l’autre, vous ne la voyez pas, il ne la dit pas, il faut la deviner.


                    • Voltaire Voltaire 13 septembre 2010 14:44

                      Une bonne analyse, qu’il faut compléter en soulignant que la civilisation islamique a elle aussi eu ses périodes de lumière et de tolérance. Il faut se garder d’interpréter le replis fondamentaliste actuel comme caractéristique de la seule religion musulmane (toute religion est susceptible d’un tel replis), et intégrer le contexte socio-culturel et géographique dans la balance (les systèmes patriarchaux sont très typiques d’une partie de la région méditerranéenne ou moyen-orientale par exemple).

                      Ceci n’excuse bien entendu pas les dérives intégristes et intolérantes qui fleurissent actuellement.

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Jordi Grau

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