• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Santé > 85% des nouveaux médicaments sont inefficaces
4%
D'accord avec l'article ?
 
96%
(66 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

85% des nouveaux médicaments sont inefficaces

Selon une étude américaine, l’industrie pharmaceutique a créé un marché de dupes. 85% des nouveaux médicaments offrent "peu sinon aucun" avantage, tandis que leurs effets secondaires sont systématiquement sous-estimés. Et les patients avalent la pilule...

Selon une étude menée par le Dr Donald Light, sociologue et professeur en politiques de santé comparées à l’Université de médecine et de dentisterie du New Jersey (aux États-Unis), "parfois, les compagnies pharmaceutiques cachent ou minimisent des informations sur les graves effets secondaires de leurs nouveaux médicaments et surestiment leurs avantages [...] Ensuite, ils dépensent deux à trois fois plus en marketing qu’en recherche pour convaincre les médecins de prescrire ces nouveaux remèdes. Les médecins peuvent ainsi obtenir des informations trompeuses et [involontairement] désinformer les patients sur les risques d’un nouveau médicament". Pas de quoi en faire une maladie...

C’est à la 105e réunion annuelle de l’American Sociological Association que Donald Light, habitué des publications prestigieuses (British Medical Journal, the Lancet) a lâché sa bombe. Selon son étude, environ 85% des nouveaux médicaments offrent peu sinon aucun nouveau bénéfice. Trois raisons principales à cette course à la camelote moléculaire :

- les essais cliniques sur les nouveaux médicaments sont à la charge des firmes pharmaceutiques elles-mêmes ;

- des "pare-feux" juridiques permettent de cacher l’information sur l’efficacité ou les effets néfastes ;

- le niveau d’efficacité attendu pour qu’un médicament soit approuvé est relativement bas. 

Le remède pire que le mal ?

Scandale du Vioxx : Merck savait dès 2001 que le Vioxx augmentait les risques de crise cardiaque

La force des firmes pharmaceutiques est de recruter des praticiens ayant pignon sur rue pour diffuser la bonne nouvelle (la sortie d’un nouveau médoc). "Les médecins, par inadvertance, deviennent ainsi des agents doubles - à la fois promoteurs du remède, mais aussi prescripteurs de confiance pour les patients". "Lorsque les patients se plaignent d’effets indésirables, les études montrent que leurs médecins sont susceptibles de les minimiser ou de les rejeter", affirme-t-il encore. C’est notamment le cas pour les statines, qui permettent d’abaisser le taux de Cholestérol. L’industrie présente cette pilule comme une merveille absolue, à tel point que d’aucuns se demandent s’il ne faudrait en distribuer gratuitement dans les fast-foods... malgré les preuves qu’ils pourraient faire plus de dommages que de bien.

Le cachet du labo faisant foi

En outre, les essais effectués pour tester les nouveaux médicaments sont loin d’être la panacée. Un "grand nombre" d’entre eux sont "incomplets, partiels ou hors normes". Par exemple, dans une étude portant sur 111 demandes d’approbation finale, "42% n’avaient pas suffisamment d’essais randomisés, 40% contenaient des erreurs dans les dosages, 39% ne relevaient aucune preuve d’efficacité clinique, et 49% ont soulevé des doutes au sujet de graves effets secondaires", a déclaré Donald Light.

Pour compléter ce tableau quasi-surréaliste, on pourrait ajouter que les firmes pharmaceutiques ne sont en aucun cas tenues de publier l’intégralité de leurs travaux. Selon deux études, entre 6 et 42% des essais cliniques réalisés par l’industrie pharmaceutique sont publiés. Que deviennent les autres ? Vingt essais sont négatifs ? Qu’à cela ne tienne, il en suffit de deux positifs - voire neutres - pour que la pilule passe sans encombre.

"La santé dépend plus des précautions que des médecins" [Jacques-Bénigne Bossuet]

[Sources : lesmotsontunsens.com, telegraph.co.uk, sciencedaily.com, telegraph.co.uk]

par Napakatbra (son site) lundi 20 septembre 2010 - 29 réactions
yahoo
4%
D'accord avec l'article ?
 
96%
(66 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par zototo (xxx.xxx.xxx.138) 20 septembre 2010 16:28

    Il n’y a qu’une chose a comprendre : les entreprises pharmaceutiques sont des entreprises comme les autres qui doivent avant tout faire des profits pour engraisser les actionnaires.


    Par de ce constat, il faut donc vendre le plus de produits possible :
    - en élargissant la base des "consommateurs" à coup de nouvelle maladie bidonné (exemple : il y a une maladie mental pour les gens qui aime manger des bananes). 
    - mention spécial pour la grippe H1N1 qui permet comme tout vaccins de vendre un produits a des client sains

    Vous achetez des médicament inutile, c’est de la croissance...
    Vous devenez gravement malade à cause des effets secondaires, c’est aussi de la croissance car vous consommerez à nouveau des médicaments...

    On est ici bien plus proche des préoccupations de Picsou que celles d’Hypocrate...
  • Par Spip (xxx.xxx.xxx.37) 20 septembre 2010 16:29
    Spip

    Je ne sais pas comment ça se passe aux USA mais j’ai participé, comme professionnel, à des essais en France.

    Le domaine était sensible puisqu’il s’agissait de psychiatrie. Essais en phase IV, c’est à dire la dernière étape avant la délivrance en pharmacie. Il s’agissait de tester une nouvelle molécule antipsychotique versus la molécule courante (en l’occurrence l’Haldol).

    Comme la phase III, ça se passe en double aveugle : 80 % des patients reçoivent la nouveauté et 20 % l’ancien. La présentation est la même, le médecin ne sait pas ce qu’il donne, il observe les signes cliniques différents, l’éventuelle amélioration et rend compte au labo où seul une personne possède le code qui permettra de faire la différence à la fin de l’étude.

    C’est grassement payé (pour le médecin), l’hôpital prélevant sa dîme au passage.

    Le problème en psy, c’est l’observance régulière du traitement : le patient arrête souvent, soit qu’il se sente mieux (et s’estimant guéri, ne voit pas la nécessité de continuer), soit il supporte mal ou pas du tout les effets secondaires.

    Ces nouveautés étant censées avoir beaucoup moins de ces effets, elles seraient donc plus efficaces par le simple fait d’être prises régulièrement, plus que par les qualités de la molécule elle même. Jusque là, "tout va bien".

    Quand je me suis inquiété du prix astronomique prévu (plus de 150 € la boîte !), l’attaché de recherche du labo m’a tranquillement répondu "en cas de rechute de votre patient, le prix de journée d’hospitalisation c’est combien chez vous ? " Imparable.

    Et pour ce qui est du double aveugle, c’est relatif : concernant l’Haldol, il procure un effet de raideur qu’on peut détecter (test de la roue dentée) Il suffisait au médecin de faire ce test pour savoir quand même, la plupart du temps, ce qu’il donnait... Et l’effet secondaire nouveau de ces antipsychotiques, dits "atypiques" consiste souvent en une prise de poids importante et mal supportée.

    Voilà comment ça se passe, avec en toile de fond la volonté d’éviter à tout prix (c’est le cas de le dire) des hospitalisations, puisqu’on a supprimé massivement le nombre de lits en psy. Il y a une sorte de logique... au bénéfice des labos.

  • Par CLOJEA (xxx.xxx.xxx.152) 20 septembre 2010 17:43
    Clojea

    Le Cartel Rockefeller/BASF/Hoescht/Bayer a fait main basse sur l’industrie pharmaco chimique dans les années 30. Ils ont le monopole des médicaments. C’est pour ça qu’ils ont essayés de faire disparaitre tout ce qui est médecine naturelle, car il était impossible pour eux d’avoir des brevets, donc impossible pour eux de contrôler les médecines naturelles. C’est pour ça qu’ils imposent les médicaments chimiques, qui en majorité, ne soignent pas. Mais voilà, c’est juteux. La santé des consommateurs, ils s’en foutent, seul les Dieux pognon et pouvoir les interessent. C’est tordu hein ? Mais réel.
    Merci à l’auteur de dénoncer cela.

  • Par zelectron (xxx.xxx.xxx.157) 20 septembre 2010 16:00
    zelectron

    Sans oublier les diagnostics foireux de toubibs incompétants !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox