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80% des parents Français battent leurs enfants

C'est le message qui apparait en filigrane dans le clip de la fondation pour l'enfance paru jeudi, dénonçant les maltraitances infantiles. Petite réaction à chaud suite au reportage de BFMTV sur le sujet.

Je suis d’un naturel assez calme, et aucunement porté sur la violence. Pourtant il m’est arrivé de prendre quelques gifles… 3 pour être exact… à des moments de mon enfance dont je me souviens parfaitement : ces moments où l’on prend conscience de son pouvoir de manipulation sur ses parents, et où on cherche à savoir jusqu’où ils sont prêt à aller pour exaucer nos moindres désirs. Ces moments où on teste les limites, pour mettre à l’épreuve l’autorité parentale. Avec le recul, je m’aperçois que mes parents ont toujours été justes, et que j’avais amplement mérité mes 3 gifles, car aucune discussion n’était possible quand je piquais des colères noires dans le seul but d’exercer ma tyrannie. Depuis, les limites ont toujours été claires pour moi, et cela ne m’a pas empêché de developper un esprit libre et de remettre en cause l’autorité quand elle me semblait à son tour tyrannique.

Et c’est pour cette raison que la campagne actuelle tentant de criminaliser les « punitions corporelles » me met hors de moi.  Le spot contient plusieurs messages, dont je trouve l’enchainement parfaitement sidérant. Tout d’abord on assiste à une scène où la mère gifle violement sa fille, qui vient de renverser son verre. Pour le coup, je suis plutôt en accord avec le spot : dans ce cas la gifle est clairement abusive. Ensuite vient la scène de la grand-mère qui s’excuse auprès de sa fille… Et c’est là que ça se gâte, car le message qui suit est le suivant : « des parents qui battent ont souvent été des enfants battus. Eduquons nos enfants sans violence, ni claques, ni fessées. ». Là le message est clair : mettre une gifle ou une fessée revient à battre son enfant, le terme "battre" évoquant plus volontier un sévice qu'une punition. Le sujet de BFMTV enchaine ensuite sur une statistique : 80% des parents français ont recours aux punitions corporelles. Cela signifie-t-il qu'il y a en France 80% d'enfants battus ? Vient ensuite l’interview du docteur Gilles Lazimi, qui nous explique qu’un enfant qui reçoit une gifle voit son estime de soi diminuer, et n’hésite pas à relier le chiffre des punitions corporelles à celui de la consommation de psychotropes en France... Si on résume, gifler son enfant revient à le battre, ce qui peut entrainer de grave séquelle psychologiques nécéssitant la consommation de psychotropes. Autant de raccourcis simplistes en 1 minute et 10 secondes de vidéo relève de l’exploit… Le spot se conclue par une phrase annonçant que 28 pays ont déjà interdit les punitions corporelles, et c’est là qu’on comprend de quoi il s’agit…

Car cette vidéo ne me ferait pas autant réagir si elle ne faisait pas écho à une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels envers les enfants, déposée par la pédiatre et députée UMP Edwige Antier, et en attente d’examen au parlement. Interdire les punitions corporelles me semble être un coup supplémentaire porté à nos libertés individuelles. Qui n’a jamais assisté à une scène au supermarché, d’un enfant hystérique jetant à terre tous les produits d’un rayon parce qu’on lui a refusé un paquet de bonbons ? Et de voir, médusé, les parents accroupis remettant au fur à mesure chaque produit à sa place, et expliquant avec l'air absent que "ce n’est pas bien" ? Seront nous tous désormais condamnés à être les acteurs impuissants de ce genre de scénario ? Si dans ces conditions, un parent s'emporte et gifle son enfant en public, verra-t-il la police débarquer au domicile familial et sera-t-il arrêté pour "punitions corporelles", mettant ainsi un terme définitif à la légitimité de son autorité parentale aux yeux de ses enfants ? Il est déjà suffisement difficile d'éduquer correctement ses enfants, à quoi bon rajouter la menace judicière ?

De plus, je pense qu'encore une fois les pédopsychiatres se trompent de sujet. Plutôt que de se focaliser sur les parents qui utilisent à tort les punitions corporelles pour éduquer leurs enfants, pourquoi ne partle-t-on pas des parents qui ne les éduquent pas du tout ? Car la deuxième situation est selon moi bien plus périlleuse pour l'avenir de l'enfant ! J’ai régulièrement croisé des parents qui étaient persuadés que "l’autorité c’est démodé", qui chantaient les louanges du "dialogue avec l'enfant", et faisaient parfois preuve d'un laissé aller total.  Et dans la plupart des cas, leurs enfants ont eu une adolescence terrible. Un de mes amis d’enfance a sombré dans la drogue et la délinquance à 13 ans, et une de mes amies d’enfance s’est fait avorter deux fois, à 14 et 15 ans. Et pourtant il n’y avait pas plus "moderne" que leurs parents, eux même se vantant de la relation d'égal à égal qu'ils avaient avec leurs enfants. Heureusement, ils s’en sont sortis, mais je reste persuadé que plus on repousse l’échéance de la confrontation de l'enfant avec l’autorité, et plus le choc est extrême. Car là est le problème… Un enfant qui ne trouve pas les points de repère dont il a besoin à la maison ira les chercher ailleurs : à la télé ou dans la rue. Je revendique donc le droit d’élever mes enfant comme bon me semble, afin qu’ils deviennent de bon citoyens, et non pas des consommateurs sans repères. Et si d'une part je suis tout à fait d’accord avec le fait que la gifle ou la fessée doivent rester exceptionnelles, il semble que le message va ici beaucoup trop loin : le spot n'essaye pas d’inciter les gens à avoir moins recours à la gifle, il tente clairement de criminaliser ce comportement pour préparer l’opinion à une future interdiction.

Je concluerais par cette citation dont j'ai oublié l'auteur : quand les politiques commencent à parler de « nos enfants », pensez à garder une main sur votre portefeuille et une autre sur vos libertés.


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110 réactions à cet article    


  • Lorelei Lorelei 29 avril 2011 10:17

     80 pour cent d’adultes sont en effet stressé, incapable de gerer correctement leurs vies et ça donne notre monde et il n’est pas là par hasard c’est car la faute d’un dieu du pape où de sarkosy mais juste la nôtre, notre responsabilité et les enfants reçoivent à chaque fois ce monde en plein visage et une fois adulte ayant grandi dans l’idée qu’il faut être violent et non agir avec raison, ils reproduiront ce monde sans âme à l’infini


    • Harfang Harfang 29 avril 2011 13:48

      Et vous sortez cette statistique de ?
      Et le lien avec d’éventuels coups dans l’enfance est attesté par ?

      Soyons clairs, je réprouve toute forme de violence, mais doute fort qu’une petite tape sur la main ou sur les fesses transforme un gamin en futur adulte psychopathe. A condition bien sur que cela exceptionnel, et que le but ne soit pas de faire mal, auquel cas il s’agit de maltraitance, ce que la loi réprouve déjà me semble-t-il...

      Au delà de ça, il me semble extrêmement risqué de vouloir tout réglementer en matière d’éducation des enfants par leurs parents. S’il est pertinent de vouloir prévenir la violence, s’immiscer par trop dans la vie privée des gens risque de conduire à un effet inverse de celui désiré : on infantilise les parents, qui ont beau jeu de démissionner de leur rôle.

      Je suis bien moins choqué par un père ou une mère donnant une petite claque à un gamin qui fait sa petite crise, que par un père ou une mère qui laisse son gamin faire comme bon lui semble sans intervenir.


    • Traroth Traroth 29 avril 2011 14:02

      Vous partez du principe que le stress et l’incapacité de gérer sa vie sont les seules causes des punitions corporelles. Ca reste à démontrer.


    • Raymond SAMUEL paconform 29 avril 2011 16:05

      Et ils adopteront tout naturellement les prérogatives de l’adulte qu’ils seront devenus
      telles qu’elles leur ont été enseignées.
      Les cultures ont toutes une certaine unité.


    • T.REX T.REX 29 avril 2011 18:40


      En accord avec l’auteur, la gifle de Lino Ventura n’a jamais choqué personne ! Dans 10 ans on ne pourra plus tourner pareil film si on légifère sur tout et n’importe quoi !

      Une claque est surtout vexante, c’est son but !

      Mais j’ai remarqué que les passants qui passent, réprouvent même du regard un Père qui se met à engueuler son fils, sans savoir si la réaction est justifiée ou non ! Notre société estime les réactions disproportionnées et pas seulement envers les enfants. Bientôt on est montré du doigt parce que l’on sort de ses gonds, on est pris pour un fou dangereux, bon à enfermer, dès que l’on hausse le ton, même si c’est pour défendre légitimement ses intérêts contre une injustice.

      Bientôt on ne pourra d’ailleurs plus débattre de rien car il faut rester stoïque et politiquement correct même si l’on est agressé et insulté (mais sans gros mots, en finesse).

      Souriez, plaisantez et tendez l’autre joue.

      Ce monde finira stérilisé du bulbe et les sentiments et passions trop emportés en seront bannis, interdits. On va s’ennuyer ferme.     


    • Cocasse Cocasse 29 avril 2011 10:19

      Et si d’une part je suis tout à fait d’accord avec le fait que la gifle ou la fessée doivent rester exceptionnelles, il semble que le message va ici beaucoup trop loin : le spot n’essaye pas d’inciter les gens à avoir moins recours à la gifle, il tente clairement de criminaliser ce comportement pour préparer l’opinion à une future interdiction.

      L’ensemble de l’article est intelligent.
      Je me pose des questions sur ces réglementations qui n’ont rien à avoir avec la loi publique, mais s’immiscent dans l’intimité et la vie privée.
      Pourquoi interdire la fessée, la gifle, etc ?
      Quel sens cela a t-il dans la marche du nouvel ordre mondial ?

      Comme vous le soulignez, la punition physique, modérée et rare, est parfois le seul moyen du rappel à l’ordre. La stratégie de « l’enfant roi » peut mener à de plus grandes dérives.


      • Rounga Roungalashinga 29 avril 2011 10:54

        Je me pose des questions sur ces réglementations qui n’ont rien à avoir avec la loi publique, mais s’immiscent dans l’intimité et la vie privée.
        Pourquoi interdire la fessée, la gifle, etc ?
        Quel sens cela a t-il dans la marche du nouvel ordre mondial ?

        Quand le politique a perdu le pouvoir, il légifère non plus sur les sujets importants (économie, politique intérieure, relations internationales, etc.) mais sur l’intimité des personnes et leur vie privée.
        Alors oui : quel peut être l’intérêt d’une telle mesure pour le Nouvel Ordre Mondial ? Même si je ne crois pas que ce projet de loi ait été pensé comme tel, il s’insère tout de même, malgré la probable bonne foi de leurs promoteurs, dans une certaine mécanique qui les dépasse. La question mérite donc d’être posée. Moi je dirai que l’intérêt est de former des individus incapables de gérer la frustration faute de s’être jamais heurté à un refus net des parents pendant leur éducation. Et qui ne sait pas gérer la frustration devient un consommateur compulsif, incapable de réfréner ses envies d’achat, incapable d’épargner et susceptible de contracter de multiples dettes pour maintenir son train de vie. Un individu idéal pour le système, donc.
        Attention, je ne dis pas que la fessée est l’unique moyen de signifier un refus à son enfant, mais c’est un ultime recours à utiliser si dépassement de bornes il y a. Supprimer ce recours, c’est prendre le risque de permettre à l’enfant de multiplier les transgressions sous les yeux impuissants des parents.


      • Bovinus Bovinus 29 avril 2011 11:32

        Le but, mon cher frontiste, est de produire des gens encore plus vulnérables (par exemple, face à la pub), encore plus désemparés (face à leurs propres pulsions) et encore plus facilement manipulables (donc encore plus facilement exploitables). Le parfait citoyen du futur est immature, esclave de ses envies et imprégné totalement des valeurs véhiculées par l’éducation d’État, les médias et la pub. Il méprise totalement ses parents, qui n’ont sur lui la moindre autorité. Dans ses conditions, aucune transmission de valeurs familiales, sociales, spirituelles ne peut avoir lieu, pas plus qu’il ne peut y avoir de cohérence ou de solidarité familiale (et par extension, sociale).

        En plus d’être un éternel ado en quête de repères, le parfait citoyen du futur est aussi isolé et terriblement seul.

        C’est la victime idéale. Génial, non 


      • Bovinus Bovinus 29 avril 2011 11:33

        Il manque un «  ? » à la fin du message précédent smiley


      • Cbx Cbx 29 avril 2011 11:51

        C’est en effet selon moi un des buts non avoué de la politique de l’enfant roi, qui est hélas partagé par la gauche et par la droite. J’ai lu récemment « Une folle solitude » d’Olivier Rey, et il expliquait cela parfaitement bien :
        * D’un coté la gauche voulait abolir les valeurs bourgeoises (véhiculées selon elle par l’école des années 60) et donner naissance à une génération d’enfants « libres », libérés du carcans de toute autorité.
        * De l’autre, le dogme libéral avait besoin de consommateurs zélés pour faire marcher la machine productiviste. Des consommateurs, comme vous l’avez parfaitement expliqué, qui ne sont pas capables de gérer leur frustration et qui deviennent des acheteurs compulsifs.

        La logique est dans les deux cas mortifère, et aboutit aux même résultats : des individus sans points de repère et qui ne reconnaissent qu’une seule autorité, la leur.


      • Traroth Traroth 29 avril 2011 14:11

        La loi a toujours eu son mot à dire sur la famille, et c’est très bien comme ça. Là n’est pas du tout la question !


      • Ronny Ronny 29 avril 2011 10:24

        @ auteur

        Je suis entièrement d’accord avec les propos que vous tenez dans votre article.

        Parents de deux enfants, j’avoue sans honte aucune que j’ai eu recours en quelques occasions à des « chatiments corporels ». Mais pas la fessée, pas le fouet ou les coups de ceinture et pas la grosse beigne ! Non la simple et bonne petite claque, pas bien forte, donnée le plus souvent sur la main et parfois, pour vexer davantage, sur le visage. Cette petite claque est pratiquement toujours venue à des moments où les interdictions données oralement, à plusieurs reprises, n’ont pas été respectées. Et effectivement je me suis trouvé dans ces cas en présence d’un enfant, voir d’un préadolescent, dont l’objectif était de tester la résistance et la volonté de ses parents en désobéissant aux instructions reçues, et pire que cela, en refusant l’écoute et le dialogue.

        La démarche est quelque part similaire à celle qui régit la vie en société. En effet, lorsque nous transgressons des règlements ou des lois, nous recevons en général à un rappel au règlement, dont la nature somme toute dépend du degré d’écoute que nous luis accordons. La volonté manifeste de ne pas écouter, de ne pas obéir, qui ne vise certes pas à tester la résistance de l’Etat, mais plutôt à faire ce que je veux quand je veux, se traduis par des sanctions plus fortes, éventuellement vexantes, et possiblement physiquement très contraignantes (exemple d’emprisonnement). La petite claque reçue par nos gamins, de temps en temps, a donc une visée pédagogique, qui signifie « si tu refuses le dialogue, si tu n’écoutes pas, si tu n’en fais qu’à-ta tête et ne respectes pas l’autorité, tu seras puni »...

        Vu le nombre de mauvais comportements de gamins, de pré-ados, d’ados que les enseignants constatent tous les jours dans les classes d’établissements scolaires, que nous pouvons voir lorsque nous faisons nos courses au supermarché, ou tous les jours par exemple au volant, j’ai la faiblesse de penser qu’un certain nombre de baffes se sont perdus, qui auraient pourtant constitué des investissements rentables sur le long terme !

        Le but n’est pas d’ériger la claque où la fessée en mode d’éducation, de conserver cette possibilité dans les cas où le discours formateur, la tentative de persuasion, se heurteront à la volonté de l’enfant de tester ses parents. Je pense même que le non recours - qui bien sûr doit être rare - à cette petite claque pourrait renforcer les gamins dans ses convictions que sa volonté serait plus forte que ses parents, ce qui me semble, personnellement, à terme extrêmement déstabilisant et anxiogène pour l’enfant.

        Enfin, le but n’est pas, non plus, de faire mal physiquement à un enfant. Car si tel était le cas, il s’agirait à mon sens une perversion, d’un mauvais traitement, qui justifierait une levée de boucliers.


        • barbamaman 29 avril 2011 10:26

          Cela fait de plus en plus de temps que l’on décharge petit à petit les parents de leurs responsabilités vis à vis de leurs enfants... Pourquoi ? Quoi de mieux que de futurs citoyens, voire consommateurs tout court, tous éduqués ds le même moule avec les mêmes pensées...


          • Strawman Strawman 29 avril 2011 10:31

            « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
            lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
            lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
            lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus, au-dessus d’eux l’autorité de personne,
            alors c’est là en toute jeunesse et en toute beauté, le début de la tyrannie. »
            Platon (IVe siècle av. J.C.)

            Quand on y réfléchit, la tyrannie n’est-elle pas le but recherché dans cette campagne ? En supprimant le relais de l’autorité que représente le parent, la seule forme d’autorité vient alors de l’Etat, qui peut ainsi façonner la jeunesse de façon directe (jeunesses hitlériennes) ou indirecte (société de consommation, MTV).


            • CorsairePR CorsairePR 29 avril 2011 13:50

              Alors on est rebel, mais quand ce sont les enfants qui le sont, on ne le supporte plus, je trouve que c’est une bonne voie pour devenir réactionnaire ça...

              Plus sérieusement, j’aime les articles par les articles intéressants d’Agoravox, mais dès qu’on parle des gamins, on a l’impression que l’autoritarisme a tous ses droits.

              Platon a tout bonnement tort, avec ce genre de maxime, il ne fait que fonder une gérontocratie conservatrice (genre « soit jeune et tais-toi »...)

              Si les enfants sont plus intenables qu’avant (ce qui reste à démontrer), ce n’est pas vers l’autorité qu’on trouvera la solution (tout comme l’autorité policière ne fonctionne pas avec les pauvres d’ailleurs), mais plus en allant chercher les causes de ces comportements capricieux comme la pub pour les enfants par exemple


            • Strawman Strawman 29 avril 2011 14:31

              Vous amalgamez allégrement la rébellion de l’enfant contre ses parents à celle du citoyen contre l’Etat. Or la seule rébellion légitime est celle menée par des adultes raisonnables. Les enfants n’ont ni le jugement, ni l’expérience pour contester les décisions de leurs parents.


            • Bovinus Bovinus 29 avril 2011 14:49

              CorsairePR :
              Plus sérieusement, j’aime les articles par les articles intéressants d’Agoravox, mais dès qu’on parle des gamins, on a l’impression que l’autoritarisme a tous ses droits.

              Ce que vous appelez « autoritarisme », qu’on pourrait aussi appeler, par exemple, « totalitarisme parental » ou encore « tyrannie familiale », voire, pourquoi pas, « goulag domestique », n’est en fait que l’expression d’un fait pourtant simple : enfants et parents ne sont pas égaux. Du moins, pas jusqu’à ce que les enfants atteignent, non pas un certain âge, mais un certain niveau de maturité. Tant que ce n’est pas le cas, oui, l’ « autoritarisme » a clairement tous les droits.

              Après, c’est juste un point de vue de parent, parmi d’autres. Là où la propagande anti-fessée devient vraiment gênante, c’est surtout parce qu’elle remet en cause le droit de chacun d’élever son enfant comme bon lui semble. Si vous estimez que votre chérubin âgé de 3 ans est déjà suffisamment « adulte » pour être capable de soutenir une discussion argumentée sur la nécessité de se tenir correctement à table ou de respecter certaines règles de politesse élémentaires, et d’en comprendre toutes les raisons, libre à vous. Ce n’est ni à moi ni à la Fondation pour l’enfance de vous dire quoi faire.


            • Carl 29 avril 2011 15:38

              J’ai été giflé plus jeune, mais mes parents avaient l’honnêteté d’avouer avoir été « poussés à bout », et n’ont jamais considéré cela comme un geste éducatif, bien au contraire ! J’ai appris à mieux me contrôler qu’ils ne le faisaient, et je n’ai donc jamais giflé mes enfants. Mes enfants ne se sont jamais battus entre-eux, alors que nous nous battions entre frères et soeurs, pourquoi à votre avis ? La violence c’est toute une éducation ! Il faut savoir grandir par rapport à son propre vécu. Je vois que beaucoup en sont encore loin. J’espère que leurs enfants saurons les pardonner. Les enfants des pays dont les états ont banni ces pratiques, ont les populations les moins violentes...

              Ouvrez les yeux !!!

            • Cbx Cbx 29 avril 2011 16:26

              @Carl : Encore une fois il ne s’agit pas d’ériger la punition corporelle comme panacée de l’éducation. Je précise au début de mon billet que mes parents y ont eu eux même très peu recourt, et seulement de façon justifiée. Si vos enfants sont par nature calmes et que vous n’avez jamais besoin d’en arriver là tant mieux ! Pour ma part j’ai toujours eu un caractère affirmé et je me souviens avoir eu des périodes plus conflictuelles où je tentais de prendre le dessus sur mes parents. Et dans ce cas je pense que, malgré leur patience infinie, ils n’avaient pas d’autre choix tant je pouvais devenir insupportable.

              Quand à votre phrase « J’espère que leurs enfants saurons les pardonner. », elle reprend le discours faussement compassionnel et culpabilisant du spot, et a tendance à me faire réagir de façon négative par son coté évangéliste. C’est d’ailleurs probablement un des aspects qui m’a fait réagir négativement à ce spot : l’impression d’entendre un prêche à l’église. Pour ma part j’ai fait mieux que pardonner à mes parents, puisque dans ce billet je le remercie d’avoir su tenir bon et de m’avoir toujours recadré quand c’était nécessaire smiley !


            • CorsairePR CorsairePR 29 avril 2011 19:18

              Je me trompe peut-être, mais je ne crois jamais avoir vu des rébellions menées par des « adultes raisonnables », en outre, le pouvoir aura toujours beau jeu de présenter ces foyers insurrectionnels comme des jeunes sortis du système, ça arrive juste tous les jours cet amalgame...


            • CorsairePR CorsairePR 29 avril 2011 19:27

              Je répondais à Strawman dans le post précédent

              @Bovinus : je ne suis pas stupide au point d’ignorer qu’une enfant de 3 ans est incapable de raisonner voir même de parler...
              Je ne suis néanmoins pas d’accord, l’état s’insère dans le foyer familial dès lors qu’il considère qu’il y a danger, autrement dit pour aller contre vous, il ne peut laisser les gens éduquer par eux-mêmes leurs enfants, ces crétins de parents commenceraient d’ailleurs peut-être par les virer de l’école, déjà que les gens sont cons à regarder des mariages ringards alors si en plus ils arrêtent d’aller à l’école...
              Bref, hier l’état a vu qu’il était plus sage d’envoyer les gosses à l’écoles, aujourd’hui, il interdit aux parents de leur foutre des claques et peut-être même que demain, il forcera les parents à s’en occuper correctement plutot que de laisser TF1 le faire à coup de pub et de star system moisi !


            • babaro babaro 29 avril 2011 21:50

              Excellent,

              Les véritables traumatismes viennent du manque d’amour. On détruit plus surement un enfant avec des paroles humiliantes, une dévalorisation systématique. Et ça, nos petits législateurs ne peuvent hélas rien contre ( et le voudrait-il vraiment). Ce projet de Loi qui s’insinue toujours d’avantage dans la sphère privée entend résumer la maltraitance à quelles taloches. C’est amalgame est d’autant plus pernicieux qu’il tend à gommer les nuances et par la-même à minimiser la véritable maltraitance. C’est en cela que ce projet de loi devient suspect, car comme vous le dites, seul l’état (mondial ?) serait en mesure au final d’« éduquer » et de « protéger » conformément les enfants. Cette dépossession sournoise est éminemment dangereuse, car l’aboutissement créerait un point de non retour. Les enfants « bons citoyens » ainsi protégés par la « matrice », flattés dans leur obéissance à leur nouveau bienfaiteur, sous la caution bienveillante de l’état omnipotent et l’acculturation ambiante propagée par les médias, seraient légitimés et vivement enclins à surveiller, voir dénoncer tout acte subversif (selon la nouvelle définition citoyenne), enregistré dans la cellule familiale. Une application des thèses visionnaires d’Aldous HUXLEY ou de Georges ORWELL.


            • babaro babaro 29 avril 2011 21:53

              @strawman

              Excellent pour vous bien entendu.


            • Robert GIL ROBERT GIL 29 avril 2011 10:54

              voici une methode pour elever ses enfants sans les traumatiser...

              http://2ccr.unblog.fr/2011/01/28/mes-chers-petits/


              • COVADONGA722 COVADONGA722 29 avril 2011 11:04

                Bonjour , le plus beau c’est que la plupart des pédagogues et des donneurs de leçons sont des bourgeois suffisement nantis pour faire élever leurs gosses par d’autres , nounou
                ect. je pense à de celebres docteurs es radios à la vie sociale si pleine que m’est avis que leur progeniture ne devait guere les voirs.J’ai elevé /eleve trois momes et ai été moniteur
                de colos en des temps ou les parents ne trouvaient pas déraisonnable une taloche pour
                des conneries pour autant que cela fut l exception aucun de nos donneurs de leçon n’a jamais remarqué que « quelques » gosses se sentent securisé une fois qu ils ont appréhendé ce que vous jugez la« limite » à ne pas franchir.


                • antonio 29 avril 2011 11:26

                  Encore une dégoulinade de « bons sentiments » alors qu’en même temps on est en train de détruire l’école fréquentée par des millions d’enfants !


                  • gaijin gaijin 29 avril 2011 12:17

                    depuis 50 ans les « spécialistes » nous abreuvent de tout ce qu’il ne faut pas faire mais bien peut son capables d’expliquer ce qu’il faut faire de façon claire et simple a des gens qui n’ont pas bac plus sept
                    quand aux gifles et autres fessées il me semble impératif de distinguer deux choses différentes
                    la giffle « éducative » expliquée motivée et comprise et
                    la gifle « réflexe » qui est la manifestation de l’exaspération de l’adulte ( qu’elle soit légitime ou non ) et qui elle est effectivement nuisible
                    au dela du geste c’est le contenu du message qui est primordial.

                    il est bien évident que la violence est préjudiciable au bon développement de l’enfant mais il y a bien d’autres formes de violence que l’on passe sous silence. Notre société qui veut soit disant bannir la manifestation physique de la violence est par ailleurs de plus en plus violente sur tous les autres plans. 
                    Quand a t’ on en france vu un salarié s’ immoler par le feu en matière de protestation ?
                    Est ce qu’il n’aurait pas mieux fait d’aller foutre son poing dans la geule de son paron ?
                    Bien sur je caricature mais c’est significatif
                    la violence réprimée se retourne contre l’individu lui même qui devient auto destructeur
                    Il est plus que temps de cesser d’ envisager ces problèmes sous l’angle du moralisme primaire


                    • Yvance77 29 avril 2011 12:21

                      Salut,

                      Je fais parti de cette génération qui a ramassée et sévère.

                      Gifles, enguelades, longues punitions (pas de télé pendant une année pleine) et martinet. J’ai eu droit à toute la panoplie avec mon frangin.
                      Et, je peux dire que cela m’a marqué à vie. J’y repense assez souvent. Et quand bien même j’aime ma mère je trouve qu’elle a eu bien souvent la main trop lourde. Nous étions que des gamins qui faisions des conneries certes, mais des gamins avant tout.

                      Puis à l’age adulte j’ai eu ma fille. Elle a du dire plus d’une fois à ces amis d’école « mon père ne m’a jamais touché ». Je n’ai jamais pu faire cela connaissant trop bien les conséquances traumatisantes que cela engendrent. Car oui il y a traumatisme. J’ai parfois crié bien sur, mais ce n’est jamais allé au-delà.

                      Ma fille qui a 21 piges ne fume pas, ne se drogue pas, fait des études, est honnête, discrète et gentille. Avec ses défauts certes, mais acceptables.

                      J’ai eu junior aussi. Et idem il n’est pas question que je lève la main sur lui c’est au-dessus de mes forces. Je tacherai de faire comme j’ai fait pour la fifille. J’espère que cela marchera.

                      Cela, avec un poil de compréhension, du sport et s’interesser à sa vie, je pense que c’est la rectte pour y réussir.

                      Donc non même à la baffe qui requinque soit disant.

                      A peluche.


                      • Annie 29 avril 2011 12:39

                        Yvance,
                        Je ne peux qu’abonder dans votre sens. Il y a une confusion entre discipline et châtiments corporels. La discipline, c’est la cohérence, c’est dire non chaque fois à la même chose, ce n’est pas frapper un enfant. Je ne jeterai pas la première pierre car il m’est arrivée de fesser mes enfants, par exaspération et surtout par faiblesse. Car c’est un signe de faiblesse de recourir à la violence, même à une simple fessée, lorsqu’en tant qu’adultes, nous avons tous les atouts en main : la force, l’intelligence, la maturité, et le pouvoir. 
                        En outre, on se prive de l’argument contre le recours à toute violence.
                        Si un enfant n’est pas capable de se tenir correctement dans un magasin ou un restaurant, et bien on reste à la maison, ou on s’arrange autrement.


                      • gaijin gaijin 29 avril 2011 12:48

                        bravo pour votre réussite
                        il est bien entendu que c’est l’idéal
                        tout le monde hélas n’est pas capable de faire aussi bien de manière spontanée et les points de vu du style on va criminaliser ne permettent en aucun cas de faire avancer le schmilblick
                        http://www.youtube.com/watch?v=u2kaDQuJYl4


                      • Traroth Traroth 29 avril 2011 14:19

                        Personne n’a jamais dit qu’il fallait frapper ses enfants !

                        Toutefois, faire un amalgame entre une gifle à un enfant qui devient incontrôlable (genre le gamin qui se roule par terre pour avoir un jouet) et un enfant battu, je trouve ça extrêmement pernicieux !

                        Que les parents dont le gamin se roule par terre dans un magasin pour avoir un jouet se sont plantés quelque part, je pense que tout le monde est d’accord, et après ? Que fait-on pour reprendre les choses en main ?


                      • COVADONGA722 COVADONGA722 29 avril 2011 12:27

                        bonjour Yvance77

                        veinard /de
                        nul dogme de ma part en la matiere

                        tous/tes n’en ont pas besoins
                        tous et toutes ne peuvent en etre dispensé


                        • michel ducruet michel ducruet 29 avril 2011 12:28

                          Je n’ai pas aimé ce spot  : une fillette tout ce qu’il ya comtesse de Ségur renverse un pot par mégarde, une jeune mère du genre frustré pique son phare et donne une gifle presque sans rien dire, une grand-mère excitante comme un bénitier qui joue la repentance façon théâtre de la paroisse....
                          Il manque un écervelé de dix ans qui remue bruyamment sur sa chaise et renverse l’assiette de son petit frère pendant qu’il a le dos tourné, une mère qui dit à l’écervelé « c’est rien, c’est rien mais si tu recommences je le dirai à ton père... » et un père qui décide de boire son café sans bruits ni hurlements de mioches, considérant que son épouse n’est pas la domestique de leur progéniture et se fendant d’une claque en regardant le petit ange bien droit dans les yeux en lui disant « Pas de ça chez nous ! Est-ce que tu m’as bien compris ? »
                           Et là je veux bien discuter de l’opportunité de la claque et du traumatisme infligé au genre humain....


                          • Loatse Loatse 29 avril 2011 13:45

                            Adepte de Dolto, d’une patience à presque toute épreuve et privilégiant la communication plutôt que la répression physique, j’ai du elever mes filles seule..

                            Et se retrouver confrontée à deux adolescentes qui parfois testent les limites, ca change toute la donne..

                            Bref, comment vous dire, elle m’ont fait parfois tourner en bourrique... et 3 ou 4 paires de claques (légères hein) elles se sont prises pendant cette période là sans que cela les traumatisent outre mesure...

                            J’ai fréquenté un collège publique dans lequel on se sentait en sécurité.. pas de racket, de bagarres, et des profs respectés... Il faut dire que dans les années 70, ceux ci n’hésitaient pas à vous en coller une si vous tentiez de leur manquer de respect.. et les parents ne venaient pas scandalisés exiger la démission du prof ou du proviseur que rien n’impressionnait et surtout pas les « têtes dures »...

                            Aujourd’hui ceux ci servent de cible pour des mômes qui se savent tout permis... Insultes, coups etc...

                            Il y a tout de même un bug au royaume des bisounours...


                            • Traroth Traroth 29 avril 2011 14:10

                              Personnellement, j’ai été élevé par des parents qui avaient, comme on dit « la main leste », même si je n’estime pas du tout avoir été un enfant battu. C’est cet amalgame entre parent pratiquant la punition corporelle et parent battant ses enfants qui me parait profondément malsaine.

                              Je n’aime pas du tout les punitions corporelles, et lorsqu’elles deviennent nécessaires, c’est clairement un échec pour les parents, mais malheureusement, il y a des périodes où, à moins d’être infaillible dans l’éducation de ses enfants, c’est inévitable : les enfants traversent des périodes de contestation de l’autorité, de transgression, de mise à l’épreuve des règles, à différents âges, qui sont des vrais parcours d’obstacles pour les parents. Cela créé tôt ou tard des situations où l’alternative à la punition est le laisser-faire, avec des conséquences bien pires encore que la punition corporelle.


                              • Inquiet 29 avril 2011 14:27

                                Absolument d’accord avec l’article.

                                De plus je trouve qu’il existe une contradiction profonde avec ce genre de combat :

                                en effet, autant je pourrais éventuellement être d’accord de choyer le plus possible nos chérubins, autant j’aurais d’énormes scrupule sà condamner la chair de ma chair au châtiment éternel dès ses 18 ans acquis.

                                Il ne faut pas oublier que nos enfants eux aussi grandissent. Imaginez un instant des individus éduqués à ne souffrir en aucune circonstances des « devoirs imposés » et qui n’ont que des droits, et qui se retrouvent à leur tour dans la peau d’adultes et de parents qui ont des droits très limités et énormément de devoirs ?

                                M. Martin Bouygues peut d’ors et déjà commencer la construction de multiples prisons, nous en aurons grandement besoin smiley


                                • TSS 29 avril 2011 14:56

                                  Mes enfants ont eu des fessées bonnes pour la circulation du sang comme disait mon medecin

                                   de famille,pas de telé après 21 H ,le mercredi à jouer dehors. Ils ont tous fait des etudes

                                  superieures et sont devenus des parents permissifs ,ce que je n’etais pas... !!


                                  • Cocasse Cocasse 29 avril 2011 15:59

                                    Maintenant que la fessée à le vent en poupe en tant que pratique sexuelle, tu peux plus en foutre une à un gamin sans être accusé de pédophilie !

                                    (C’était ma 12 ème brève de comptoir du jour !)
                                     smiley


                                    • Giordano Bruno 29 avril 2011 16:00

                                      Je pense qu’un des objectifs de ce genre de campagne est de contribuer à faire exploser la cellule familiale. C’est une application du principe « Diviser pour régner ».

                                      L’oligarchie capitaliste dominera d’autant mieux les individus qu’elle aura mis à mal la cohésion familiale et détruit l’école républicaine.

                                      Cette recherche de division familiale existe à mon sens également au niveau du couple avec les magazines féminins. Je pense que ceux-ci cherchent à faire monter l’individualisme et à monter les femmes contre les hommes.

                                      Ces éléments a priori disparates, sont je pense le reflet d’une unique volonté : faire exploser les liens familiaux pour mieux manipuler les individus.


                                      • Deneb Deneb 29 avril 2011 16:03

                                        J’ai un oncle, un homme exceptionnel. Il a deux filles. Quand l’instituteur interrogeait les enfants à l’école sur les violences doméstiques, à la question : « Est-ce que votre pere vous a déjà battu », ma cousine a levé la main : « Oui, tous les soir ! »

                                        L’instit demeura bouche bée de consternation. En effet, mon oncle, connu publiquement pour ses exploits sportifs et culturels n’avait vraiment pas la réputation de violence, bien au contraire...

                                        Ma cousine poursuivit : « Mais à la fin, c’est toujours moi qui gagne ! »

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