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Chroniques scolaires 1 : L’agonie du latin et du grec dans l’enseignement public !

L’Education nationale, paraît-il, doit enseigner tout le savoir humain à ses citoyens. Enfin, c’est ce qu’écrivait les députés en 1792. Pas sûr que leurs descendants soient encore de cet avis ! 

Quand on est enseignant en collège, on sait qu’on fera la même chose à tel moment du calendrier.

Ainsi, je sais que, comme professeur d’histoire et géographie, chaque année :

- Le premier jour sera celui de la grande messe de rentrée.

- La première semaine sera pour l’accueil de mes élèves où je sais que je vais tenter de faire le grand méchant loup pour les terrifier, non pas pour avoir la paix mais pour qu’il bosse à la maison (je suis très tolérant en classe tant que le travail est fait mais dès qu’un gamin a oublié ses affaires, n’a pas fait ses devoirs ou ne fait pas l’exercice, ils savent que je vais être furieux).

Puis, je sais que je vais enseigner les mêmes chapitres que l’an dernier (sauf l’an prochain où en 6e où les programmes changent mais ce sera le sujet d’un prochain article)... Et en sixième, malgré le changement de programme, je sais que je ferai lire un petit texte à mes élèves Je me permets de le retranscrire ici :

"Ainsi, l’instruction doit être universelle, c’est-à-dire s’étendre à tous les citoyens. [...] Elle doit, dans ses divers degrés, embrasser le système entier des connaissances humaines et assurer aux hommes, dans tous les âges de la vie, la facilité de conserver leurs connaissances et d’en acquérir de nouvelles."
Rapport sur l’instruction publique, Assemblée législative, 20 avril 1792.

Et là, on se rend compte que l’Education nationale est en train d’être laminée pour ne plus répondre à ce voeu issu de la Révolution française.

Prenons un simple exemple : le latin et le grec. Ces enseignements disparaissent dans la plus grande indifférence et dans le plus grand effarement des quelques gens qui luttent encore pour.

Dans certaines académies, le latin n’existe plus que dans un ou deux lycées publics (de centre-ville comme d’habitude) alors que tous les lycées privés proposent cette option ! Au collège, le latin résiste encore un peu. Mais, chaque année, lors du vote de la DGH (dotation globale horaire, en clair le nombre d’heures d’enseignement par semaines données par le rectorat à un collège), c’est-à-dire vers janvier février, la lutte commence. Tout d’abord, les heures de latin sont les premières à passer à la moulinette si on manque d’heures (alors qu’on dédoublera les classes de science et d’anglais). Résultat : disparition du latin dans le collège. Parfois, on a de la chance, le latin survit mais dans quelle mesure : on permet aux élèves de l’abandonner dès la 4e ou la 3e. Et là, vous avez les effectifs qui fondent car les parents sautent dessus illico (vous comprenez, le latin ne sert à rien. La preuve : toutes nos élites veulent que leurs enfants fassent du latin et tous les lycées privés offrent du latin. Comprenez l’erreur ?). Au fil des années, on dira : « Ah mais, il n’y a plus beaucoup d’élèves ». Selon la personnalité du professeur de lettres classiques, le latin disparaîtra ou on fera passer les heures de latin de 3e de 3 heures par semaine à 2 heures (voire une heure) et certains professeurs crieront à la victoire ! (eux auront leurs heures supplémentaires grâce à l’immolation des heures du latin). Au final, le latin finira par disparaître. A noter que passer les horaires de latin sous l’horaire plancher est illégal et que permettre aux élèves d’abandonner le latin dès la 4e ou la 3e va à l’encontre des injonctions de l’Inspection générale de lettres classiques.

Mais qui s’en inquiète ? Le délégué SNES de l’établissement ? Les autres collègues ? La direction ? L’Inspection ? Vous rigolez, tout le monde s’en moque éperdument sauf le professeur de lettres classiques et quelques collègues latinistes (très rares de voir un professeur autre que de lettres classiques maîtriser le latin). Ces derniers sont souvent vus comme des zigotos menant un combat d’arrière-garde et un peu pédants.

Mais jusque là tout va bien. En effet, dans de nombreux établissements, on essaie de dissuader les gamins de 6e de choisir l’option latin si elle existe encore (le latin est vu comme une discipline inutile par de nombreux enseignants, parents, inspecteurs, principaux). Je vais vous conter une petite anecdote : dans mon ancien collège ZEP, ma collègue de lettres classiques était une jeune femme fragile ayant des soucis d’autorité. Les élèves l’adoraient, pourtant, et venaient à son cours avec plaisir... mais c’était un peu le boxon. Pourtant, ils apprenaient et c’était le plus important. Malheureusement, elle était très discrète et fréquentait peu les grandes gueules de la salle des professeurs. La direction le savait et la harcelait. A chaque 3e trimestre, venait le temps des fiches d’orientation où les élèves pouvaient noter s’ils voulaient faire latin ou non. C’était aussi le moment où, personnellement, je faisais mon cours sur Rome et l’Empire romain. A ce moment-là, je passe toujours un moment à les initier au latin et, c’est toujours un grand succès. Résultat, en 2007, mon principal qui espérait éliminer le latin du collège s’est retrouvé avec 56 candidatures de latinistes potentiels grâce à l’action conjointe de ma collège et d’un professeur d’histoire, moi. En ZEP, vous aviez 56 gamins prêts à faire du latin ! Résultat : ma collègue de lettres classiques fut convoquée dans le bureau du principal qui lui a passé un savon et l’accusa d’avoir promis des bonnes notes aux élèves qui feraient latin, d’ailleurs les faits lui avaient été rapportés... Plus le mensonge est gros, plus il passe ! Comment pouvait-elle dire à notre Principal qu’il mentait (et il mentait effrontément). Si elle le traitait de menteurs, elle était bonne pour avoir des horaires abominables (genre commencer à 8h30 pour 2 heures de cours jusqu’à 10h30 puis aucun cours avant la dernière heure de la journée à 17h), ne pas avoir les classes qu’elle souhaitait voire à le voir envoyer un rapport de discipline à son inspection (le menace du blâme est assez énervante)... Evidemment, elle n’a rien dit (elle avait un bébé) et au conseil de classe, le laminage des dossiers de futurs latinistes a débuté. Résultat : plus que 18 élèves à la fin des conseils de classe. Mon principal ne m’attaqua pas frontalement (j’étais une grande gueule, j’étais syndiqué et mon inspecteur m’appréciait) mais j’ai été confiné au silence pendant les conseils de classe avec des sous-entendus supposés humoristiques à chaque dossier d’élève voulant faire du latin !

Bienvenu dans l’Education nationale !

Pour le Grec, c’est pire ! Il a quasiment disparu du paysage de l’éducation publique. Actuellement, j’enseigne dans les Yvelines. Et dans mon bassin de plusieurs centaines de milliers d’habitants, aucun collège public et aucun lycée public n’offre cet enseignement. Je dois avouer que je vais finir par croire que je suis masochiste. En effet, lors du dernier conseil pédagogique de mon établissement et au conseil d’administration traitant de la DGH, j’ai soumis l’idée d’introduire une initiation au Grec en classe de troisième... La bronca que j’ai soulevée ! J’étais un illuminé pour les délégués du SNES, pour les collègues et pour la direction ! « Le Grec ne sert à rien, on n’a pas assez d’heures, déjà qu’on a sauvé le latin qui prend des heures à des matières vraiment utiles !  », entendis-je !

Evidemment, ma collègue de lettres classiques a appris ma folie et est venue me voir. Et ce qu’elle m’a dit m’a complètement estomaqué. Elle avait écrit une lettre à l’inspection de lettres classiques pour proposer une ouverture d’une classe de grec. La réponse téléphonique aurait été la suivante : "Nous avons déjà du mal à sauver le latin, madame !" En clair, oubliez le grec !


Vous comprendrez donc que je suis en colère !

Le ministère joue l’asphyxie des heures dans l’Education nationale. Le but est à terme de faire en sorte que l’Education publique ne soit qu’un service public de service minimum pour les plus pauvres de notre nation. En effet, l’éducation nationale a cette tare d’enseigner à tous tout dans des conditions héroïques et satisfaisantes quoi qu’en disent les ronchons, et ce gratuitement. GRATUITEMENT ! Alors que cela pourrait tellement rapporter si l’éducation devenait un produit marchand. Alors, l’asphyxie de l’éducation nationale débute... Et ses premières victimes seront le latin et le grec... abandonnés par tous !

" Enseigner le latin et le grec à des gamins de ZEP ? Quelle idée ridicule ? Ils ne savent déjà pas écrire français ! Poursuivre le latin dans un bon collège ? Mais vous voyez bien que les élèves s’ennuient dans votre classe ? Ils pourront arrêter l’an prochain ! Quoi ? Sauver les heures de latin ? Mais il vaut mieux que les élèves fassent de l’anglais renforcé ou des heures de soutien en mathématiques et français ! Si on garde le latin, on ne pourra pas faire ça !" Telles sont les diatribes que vous entendrez, de tous. Le latin et le grec sont considérés comme inutiles, par de nombreux enseignants mêmes !

Et pourtant, nos élites économiques et politiques ont quasiment toutes fait du latin et du grec et elles souhaitent que leurs enfants en fassent. Et évidemment, tous les collèges et lycées privés offrent l’option latin à plein temps sans espoir d’arrêter en cours de route pour les élèves... voire parfois ils offrent du grec ! Si inutiles que ça ces deux langues "mortes" comme disent les champions de la culture télévisuelle actuelle et leurs séides qui sont même dans les rangs de l’Education nationale ?

Et pendant ce temps là, on réfléchit à quelle matière suivante on va pouvoir asphyxier dans l’Education nationale ? L’EPS ? L’allemand ? Les langues régionales ? Les langues orientales ? Le russe ?

A vous, lecteurs, pardonnez cet accès de rage de ma part. Mais j’ai encore dû accepter de voir le latin réduit en classe de 3e à 2 heures par semaine (au lieu des trois réglementaires) et de laisser les élèves arrêter entre la 4e et la 3e avec le sous-entendu suivant : "Ce serait tout de même mieux que la professeur de lettres classiques ne fasse que du français. Elle va demander sa mutation. Hummm  !" Le "hummm" signifiant profiter de l’aubaine de la mutation du professeur pour supprimer l’option latin !

Argh !


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58 réactions à cet article    


  • SANDRO FERRETTI SANDRO 27 février 2009 17:39

    @ Léon :
    Je vais vous dire en quoi c’est utile :
    "Parce qu’il vaut mieux concentrer son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes".
    ( copyright Le Furtif des marais poitevins).
    Sinon ca donne la génération SMS :A+ , j’te KiFF.
    A vous de voir.


  • del Toro del Toro 27 février 2009 17:40

    Pour ce qui est de la période actuelle, vous en pensez quoi, Léon ?


  • del Toro del Toro 27 février 2009 17:42

    Merci Sandro smiley

    Ah, ce Furtif ! smiley

    Une autre question : l’école doit-elle enseigner ce qui est "utile" ?


  • foufouille foufouille 27 février 2009 17:58

    @ leon
    les noms scientifiques sont issus de ces deux langues

    de plus, on peut voir les racines des mots dans notre langue en partie


  • Daerel Daerel 27 février 2009 18:02

    Bonjour,

    J’avoue avoir écrit cet article de façon spontanée, sur un coup de colère à la suite d’une remarque d’un collègue (je l’ai écrit trop vite en outre, j’ai laissé passé au moins 3 fautes de frappe ou de re-écriture).

    Quant à l’utilité du latin et du grec, relisez le petit texte de 1792 que j’ai mis au début de l’article. Il répond aisément à votre question.

    Le latin et le grec font partie du savoir humain en général et de notre patrimoine en particulier, cela justifie pleinement la nécessité de les enseigner.

    Le fait de vouloir rechercher dans un enseignement une charge utilitariste est justement ce que je condamne... Le latin et le grec doivent être enseignés pour ce qu’ils sont intrinséquement, des parties du génie humain et de notre savoir et héritage communs.

    Maintenant, je vais m’abaisser à expliquer de façon utilitariste la nécessité de sauver le latin et le grec dans le public :

    Ces deux langues structurent l’esprit. Le latin est une langue-cadre qui permet de structurer sa pensée car la langue demande de structurer sa phrase (je ne vous expliquerai pas à quel point le latin permettait en plaçant le bon mot au bon endroit de la phrase de porter des significations prégnantes sans avoir besoin d’utiliser d’intonation, il suffit de lire Cicéron). Le grec a une certaine fantaisie et une certaine beauté tout en étant structuré qui cadre bien l’esprit.

    Un enfant d’une langue sans déclinaison apprenant une langue à déclinaison voit ses capacités de raisonnement et de transmission de ses idées/informations largement accrues.

    Après, le fait que le latin et le grec peuvent améliorer le français, j’ai toujours trouver cet argument vide de sens.

    Le latin crée des orateurs et des écrivains. Le grec crée des poètes et des amoureux des mots.

    C’est ma conviction certaine. Après, notez bien qu’on ne veut pas laisser mourir ces langues... on veut juste les faire disparaître des établissements publics.

    Et comme il est dit en-dessous, à qui le tour après ? Et au profit de quoi ? Je vote pour l’EPS vu les coups pernicieux faits à l’EPS à travers l’accompagnement éducatif (je développerai peut-être une autre fois).


  • SANDRO FERRETTI SANDRO 27 février 2009 20:31

    Eh oui.
    Avoir souffert avec un Gaffiot,cela permet aussi de comprendre les termes médicaux sans étre médecin, le jargon juridique sans étre juriste, etc...
    Bref, s’affranchir du jargon qui permet à certaines corporations de s’isoler dans un savoir qu’ils sont tout surpris que l’on comprenne.
    C’est très jouissif.


  • Asp Explorer Asp Explorer 27 février 2009 23:11

    Savoir le latin ne sert de rien à un plombier. Savoir calculer les intégrales non plus. Ni non plus que de savoir qui gagna la seconde guerre mondiale ou comment se termine le Père Goriot. L’Education Nationale, qui vit des deniers publics, donc des impôts que ne paient que les créateurs de richesses, devrait cesser de s’égarer dans ces vieilles lunes soixante-huitardes et concentrer ses forces à apprendre des métiers utiles aux gens du peuple. Celui qui a des facilités pour devenir plombier, pour rester dans notre exemple, on lui enseignera la plomberie, l’art de couder les tuyaux, de poser un joint qui ne fuit pas, on lui apprendra assez de français pour lire un bon de commande, assez de calcul pour rédiger une facture, s’il ambitionne de devenir patron, un peu de comptabilité, mais à quoi bon lui faire lire Caton, je vous le demande ?

    Chacun à sa place, et la société sera bien en ordre.


  • Grasyop 28 février 2009 11:19

    Le latin ou le grec ont des qualités propres ; je ne doute pas que l’assyrien, le hittite ou le chinois classique en aient tout autant. Le savoir humain est vaste, et si on veut tout enseigner, on n’est pas sorti de l’auberge.

    Pour ce qui est de structurer l’esprit, je suis intimement convaincu que l’apprentissage des mathématiques est bien plus formateur que celui du latin ou du grec ou de n’importe quelle langue. Et si vous tenez absolument à rester dans le domaine des langues, il n’y a pas plus régulier et donc structurant que l’espéranto. Et si vous voulez absolument une langue à déclinaison (mais pourquoi ?), il n’y a sans doute pas mieux que le hongrois.

    Reste que le français descend du latin et a incorporé des termes grecs, que le latin et le grec imprègnent donc notre langue et notre culture actuelle, et à mon avis c’est le seul argument véritablement valable en faveur de l’enseignement général de ces langues.


  • oncle archibald 28 février 2009 12:20

     Et comment savoir ou chacun à sa place dans la "hiérarchie" sans auparavant les instruire tous "à armes égales" ?? Je suis surpris par votre vision à si court terme qu’il faudrait qu’un gamin qui sait souder à 10 ou 11 ans devienne plombier alors qu’il aurait pu, instruit, devenir polytechnicien et diriger une entreprise ?


  • ndididju 28 février 2009 17:03

    Exactement ! De plus, ça facilite énormément l’apprentissage d’autres langues (beaucoup de racines communes et systèmes de déclinaison avec d’autres langues latines comme l’espagnol, le portuguais, l’italien mais également d’autres influencées par le latin, comme l’anglais et l’allemand.

    Tout passionné de littérature, d’histoire, de sciences (toutes les sciences) et de droit gagne beaucoup à avoir étudié le latin.



  • ninou ninou 27 février 2009 17:49

    Coup de gueule ô combien légitime.
    Pourquoi pas aussi laisser des enseignements tels que la musique et les arts plastiques s’éteindre doucement au profit de cours d’histoire de l’art ? Ceux-ci pourront être pris en charge par les profs d’Histoire-Géo... ça supprimerait des postes et libérerait enfin du temps pour des enseignements utiles tels que SMS renforcé... médialogie... IEE (initiation à l’esprit d’entreprise)...
    La pensée et la culture, c’est sûr, sont des pertes de temps (donc d’argent) !


    • foufouille foufouille 27 février 2009 17:56

      pourtant c’est aussi utile pour les sciences que les lettres

      et deux heures, j’avais ca aussi en 84
      en plus on etait 10 ..........
      et le cour etait tres vivant avec anecdoctes ( hlm, pute, gladiateur)


      • Daerel Daerel 27 février 2009 18:05

        C’est tout à fait ce qui commence à se faire.

        Petit souci, je suis professeur d’histoire et de géographie avec un sens artistique proche du néant quant il s’agit de peinture (et comprenez que pour l’Education nationale, histoire de l’art signifie histoire de la peinture dans nos programmes).

        Je suis totalement incompétent à enseigner l’histoire de l’art. J’ai été initié pendant mes études à la linguistiques et à la paléographie et ses dérivés permettant de pratiquer une archéologie d’un texte ancien en ayant une approche linguiste... je suis un amoureux des textes et c’est ça qu’on refuse d’offrir à mes élèves ! 


        • oncle archibald 27 février 2009 18:54

           Merci pour cet article. Plaider pour l’enseignement du latin et du grec c’est plaider pour l’ouverture d’esprit sans but utilitaire immédiat, pour la culture en somme, dont l’intérêt n’apparaît pas toujours sur le moment.

          Au sujet de l’histoire de l’art je vais plaider pour un enseignement, ou plutôt pour une initiation à l’architecture et à l’urbanisme. Cela permettrait peut être aux générations futures de comprendre que le pavillon quatre faces dans un lotissement ça n’est pas la panacée, qu’on peut habiter très agréablement en ville dans des immeubles qui peuvent ménager des jardins et des terrasses privatives, à proximité des commerces et des moyens de transports collectifs, etc ... Une mauvaise peinture, personne ne vous oblige à aller la voir dans un musée. Une architecture et un urbanisme ratés, chacun est obligé de les subir tout au long de sa vie. Il serait indispensable à mon avis que l’éducation nationale donne un minimum de culture et d’ouverture d’esprit sur ces sujets la aussi.


        • italiasempre 27 février 2009 19:08

          Bravo pour votre article smiley
          A lire absolument : "Pour l’amour du Grec" de Jacqueline de Romilly, et ici son appel à l’aide..


          • italiasempre 27 février 2009 21:45

            Coucou Zen, une petite baisse de concentration en fin de journée ? smiley


          • fredleborgne fredleborgne 27 février 2009 19:25

            Je ne suis pas de l’élite.
            J’ai pu faire du latin et du grec en 1979 et 1980.
            Fin 3° - Arrêt du grec - Fin seconde - Arrêt du latin.
            En effet, même en filière scientique, on voulait nous en faire faire beaucoup trop et pour moi, il a fallu faire un choix.
            Aujourd’hui, je ne suis pas sûr d’avoir vraiment tout oublié, j’ai l’impression que ça reviendrait facilement.
            J’en garde un excellent souvenir. Je regrette que d’autres aujourd’hui en soit privés. Comment peut-on s’engager dans des études littéraires sans avoir étudié les anciens "dans le texte" pour partager la forme même de leur pensée, avec à la fois sa concision, le goût du mot exact, dans son sens d’origine ?
            Un vrai jeu de piste, une enquête, une découverte
            Enfin, pour les nostalgiques du latin, il suffira bientôt de suivre des messes annonantes au lieu de découvrir la mythologie, l’art de la guerre, la philosophie ou comment planter des choux...
            Comme ça, on croira qu’Ulysse est un chauffeur -livreur de ferrero au service de l’Olympe, c’est meilleur pour le commerce.
            Mais après tout, ces langues mortes peuvent quand même ressusciter dans l’enseignement alors que les principes actuels de la betification des masses par notre société décadente auront entrainé cette dernière avec son capitalisme pourri dans les poubelles de l’histoire des civilisations.


            • barbouse, KECK Mickaël barbouse 27 février 2009 19:37

              bonjour,

              je souscrit a votre colère légitime, et il n’est pas illogique, loin de là qu’un professeur d’histoire géographie ressente plus violement la perte de l’apprentissage du latin et du grec comme une atteinte directe aux racines de la pensée française. 

              Faute de pouvoir en faire la démonstration, je vous invite a regarder ce nombres de directives issuent des pédagogistes du PS :

              diminution des heures de grammaires dés le départ, c’est a dire un des premiers stimuli du cogito chez l’enfant, par l’apprentissage et l’usage d’objets symboliques uniquement accessible par la pensée, et d’en utiliser la cohérence dans un rapport au temps et a l’espace, autant dans la phrase que dans la cohérence du sens qu’elle contient. 

              discrimination affective obligatoire, l’enfant n’est pas noté sur ce que sa copie contient, sur l’expression de sa pensée, mais sur des critères incluant sa situation sociale, familiale, etc... qui en rentrant en compte dans la notation induisent que sa production d’effort intellectuelle n’est pas avalisé en tant que tel, et uniquement sur ce critère, mais passent aprés son physique, sa façon d’être, le budget et la situation de ses parents, leur origine, etc... 

              Méthode globale qui fait faire un effort considérablement supplémentaire pour jongler avec les objets de la pensée symbolique au point de diminuer l’accès aux sphères les plus intellectuelles de la réflexion.

              tentative par étape d’enlever la dissertation thèse/ antithèse/ synthèse, qui est le socle de la prise d’opinion individuelle construite, le socle même de notre démocratie d’origine gréco latine,

              au profit de l’expression simple d’une opinion sans contre argument et sans synthèse. Ce qui conduit certain a constater la dictature de l’émotionnel sur la raison, ou le simple effort de soupeser le vrai du faux deviens un exercice de pensée inutile.

              Et dans le même mouvement des pédagogistes, nous avons la suppression lente du latin et du grec, qui ne sont pas qu’un ramassis de vieille idées dans langues mortes et inutiles, mais aussi l’endroit où l’on apprend les racines du sens des mots de notre langue, une façon d’écrire et une réthorique cohérente, en quête du vrai, du juste et du beau,

              mais aussi sociologiquement une manière d’éloigner de la possibilité de lire encore plus l’enfant des hlm que j’ai été d’un corpus de texte, de pensées, de rhétorique, fondatrice de la pensée des lumières qui ont tous traduit le latin et le grec, d’éloignée des démonstrations socratique, socle que Descarte revendique en écrivant son discours de la méthode en Latin,

              socle sans lequel les symboles peuvent rester dans les mains des publicitaires, des story teller pour campagne présidentielle, tout en étant complètement vidé de leur sens premier pour finalement ne servir qu’a des fins de propagande sophistes. 

              Oh bien sur l’enfant s’en fout, mais pour celui ou celle qui un jour aura besoin de comprendre, de réfléchir, de peser le pour et le contre, d’aller chercher au delà de ses racines familiales dans les racines culturelles et intellectuelle de son pays la France pour se situer dans ses courants de pensé,

              non pas juste lui donné la possibilité d’apprendre le latin et le grec, mais lui faire comprendre a un age ou il a une tendance a ne pas chercher l’effort scolaire, qu’on ne pas va lui apprendre parce que ça ne vaux rien. 

              C’est pour la plupart des enfants les dissuader a vie de s’y intéresser et d’y lire de quoi s’inspirer une vie saine,

              et surtout d’y trouver le pourquoi depuis des siècles, l’homme a besoin de comprendre, besoin de se poser des question, besoin de trouver des moyens pour comprendre son monde, la racine même de la science que l’on cherche, et non vivre simplement enfermé dans ses ignorance avec les quelques bribes de celle que l’on apprend pour être un bon éxécutant des découvertes des autres.

              Personnellement je vois dans les pédagogistes la manière d’éliminer l’accès "aux masses
              populaires" (et donc de niquer ma famille) aux meilleurs sphères de la pensée, notamment critique et argumentée, avec un usage propre dans leur sens premiers des symboles abstraits,

              ce qui n’est pas sans conséquence sociologique, surtout pour l’accès a certain concours qu’il vaut mieux garder pour certaine caste "autorisées à penser"

              amicalement, barbouse ; 


              • fredR31 27 février 2009 20:09

                Alors d’abord je trouve extremement anti-democratique de faire reference à 1792, ou des principes ont été établis, et que l’on m’impose (je n’ai jamais eu l’occasion de voter sur les principes de cette époque).
                1792 est une année suffisamment troublée de notre histoire pour ne pas la prendre à témoin...et puis 1792, ça date !
                La Revolution française n’est pas la descente sur terre d’une inspiration divine et omnisciente, ils ont quand même fait beaucoup de conneries !
                Ensuite, l’Educ Nat n’est pas gratuite, des que je mange un kebab au resto du coin, je paie pour l’Educ Nat !
                D’une certaine maniere, ca me donne le droit de demander "a quoi sert le fric qu’on me prend pour l’éducation ?"
                Et la, desolé, j’approuve le fait qu’on demande d’abord aux élèves de maîtriser certains fondamentaux avant que de s’impliquer dans des matières qui, certainement utiles dans le cadre d’une éducation culturelle poussée, ne seront d’aucune utilité à la grande majorité de ces élèves dans leur vie quotidienne.
                Pourquoi s’arreter en si bon chemin d’ailleurs, pourquoi ne pas demander à tous les élèves, ZEP comprises, d’avoir le niveau en math du programme de S, le niveau en philo de celui de A, etc
                Tout ca mene dans le mur, et votre attitude maximaliste déservira, comme d’hab, ceux qui n’ont pas les clefs pour réussir socialement au travers de la réussite scolaire.
                Mais rien ne vaut la défense de ces §/. ?¨%MP de principes décidés à une période pour laquelle je ne suis même pas capable de citer le nom d’un de mes ancètres !
                C’est vraiment une colère de pov’mec


                • ninou ninou 27 février 2009 20:47

                  Plusieurs choses m’intriguent dans vos propos :

                  • Le principe d’égalité serait donc anti démocratique....Intéressant...
                  • Pouvoir continuer à proposer A CEUX QUI LE SOUHAITENT une option latin ou grec, n’a rien d’une demande élitiste !! Et si "ceux qui le souhaitent" vivent à Sarcelles, cela ne doit rien changer ! (égalité qu’on disait !!).
                  • Vous semblez regretter que certains élèves bénéficient d’enseignements "culturels" au moment le plus propice pour eux...
                  • Rejeter le fondement de nos textes de loi, c’est un peu rejeter le reste d’idéal humaniste qui survit dans cette république, c’est tout à fait dans l’air du temps, et je vous félicite donc pour cette adéquation aux temps présents.
                  • Quant au poncif "c’est-moi-qui-paie-l’école-avec-mes-impôts-alors-j’ai-mon-mot-à-dire-même-si-j’y-connais-rien"... On l’entend trop. D’autant plus que l’enseignement est bien le seul métier où tout le monde se croit qualifié pour pouvoir en parler... Dois-je vous dire qu’avec mes (et vos) impôts on paie une multitude de choses vraiment nocives pour une nation (armement, pots de vins, garden parties à l’élysée ou ailleurs, bitumage du littoral, ....) alors le "coût" de l’éducation ... smiley
                     

                • patviro1 28 février 2009 16:25

                  egalite du pipo !!!!

                  les freres Goncourt ont ecrit a ce propos....

                  "legalite....laplus honteuse des injustices...."

                  je suis mille fois d accord avec eux

                  quoi que vous fassiez quoique vous pensiez ily aura tjrs des etres humains plusmalins , plus bosseurs et ou plus intelligents..... !!!

                  vouloir mettre ttlemonde surlememeplan est en effet haissable et cest de la demagogie pure..... !!

                  heureusement meme en france pays d assistes ceux qui veulent bosser et s en sortir y arrivent meme sans diplomes...


                • Asp Explorer Asp Explorer 27 février 2009 23:21

                  C’est d’autant plus dommage qu’aujourd’hui, pour convaincre les gamins des cités d’apprendre le grec, il suffit de leur parler des Thermopyles. Nous sommes dans la situation paradoxale d’une jeunesse qui demande un enseignement, et d’une société qui le lui refuse. C’est à vous dégoûter.


                  • Daerel Daerel 28 février 2009 00:30

                    Pas besoin de leur parler des Thermopyles, il suffit de les initier à l’alphabet grec... Ils en rafolent. Ecrire dans un autre alphabet, ça les amuse à un point assez démesuré. Je les initie à l’alphabet grec lors du cours sur les fondements de la civilisation grecque... j’y passe 40 mn... et pendant deux ans, je me retrouve avec des copies où le nom, le prénom voire plus sont écrits en grec.

                    La même chose en latin : je fais toujours mon cours sur la République romaine en écrivant au tableau S.P.Q.R et mon cours est quasi-fait avec la compréhension de ces sigles latins : Senatus populusque romanus. Après, ils demandent tous à leur vieux professeur de leur dire quelque chose en latin et ça les fait marrer à un point qu’ils me demandent des textes en latin à lire en classe.... auxquels ils ne comprennent rien et me demandent la traduction, ce qui me permet de poursuivre mon cours en choisissant judicieusement un texte correspondant au thème que je veux étudier.

                    Mais après... quand ils veulent connaître ces langues de façon plus approfondie... ben... faut lire mon article ! 


                  • oncle archibald 28 février 2009 11:42

                    @ Daerel : j’ai un fils, un gendre et une belle fille dans l’EN. Les CM2 ca va à peu près, allez disons même ça va très bien,« Madame a dit » est encore à l’ordre du jour, mais dans les LEP ...

                    Donnez moi vite l’adresse de votre établissement j’en connais deux sur les trois sus-nommés qui rêvent d’élèves qui s’intéressent à ce qu’ils font dans leur Lycée.


                  • Patisab 28 février 2009 10:34

                    Bonjour,

                    Ce que vous décrivez me désole. J’ai dépassé, depuis belle lurette, le stade de la révolte. Jouer le Don Quichotte est usant. Répéter continuellement les mêmes explications pour essayer de faire comprendre quelque chose à un esprit fermé est lassant. Et comme il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...

                    Certains ne voient pas l’intérêt de votre référence à un texte de l’Assemblée Législative de 1792. Que diront-ils de cette citation de Blaise Pascal : Mieux vaut savoir peu de beaucoup, que beaucoup de peu. Ce précepte a toujours guidé ma vie et je m’efforce de l’inculquer à mes enfants.

                    Ce qui fait un Homme, c’est son ouverture d’esprit pas sa spécialisation (plus ou moins utilitaire, d’ailleurs). Le savoir c’est le pouvoir. Je comprends que cela inquiète certains.

                    Cordialement.


                    • janequin 28 février 2009 13:30

                      Je me souviens de l’époque - avant 68 - où l’on apprenait les maths, les sciences physiques et naturelles, quatre langues dont le latin et le grec dans des classes appelées A’.

                      On appelait cela : "les humanités".

                      Ainsi que l’indiquent de nombreux intervenants de ce fil, ces langues dites mortes sont une source de culture et d’ouverture d’esprit, même - et surtout - pour un scientifique.


                      • oncle archibald 1er mars 2009 10:10

                         Les A’ se tapaient les maths des matheux plus le français et les langues anciennes des littéraires, ils allaient ensuite en math elem, puis prépa, puis polytechnique, c’étaient les cadors !

                        Et à la même époque nombre de futurs médecins faisaient philo et non pas sciences ou math elem, juste parce que le patient qui souffre en face d’eux est un homme et que chaque homme est different, médecine beaucoup le faisaient pour soigner leurs semblables, pas pour le train de vie !


                      • Emmanuel Aguéra LeManu 1er mars 2009 21:10

                        Il y a beaucoup à dire de l’abandon progressive du latin.
                        Une société qui a peur de son avenir et qui se coupe de son passé... Vive Sarko ! (il est pas le seul, mais excusz, c’etait le plus près !).
                        Je ferai surement hurler beaucoup de monde en disant que mon niveau bac A d’alors m’a fourni une meilleure assurance-vie que bien des Bac+5 d’aujourd’hui. En toute simplicité. Et qu’on ne me réponde pas qu’à l’époque il n’y avait pas de chômage, quand on sera descendu au niveau économique de 1973 (1er choc pétrolier) je vous préviendrai.
                        Mon concierge (Oh Sampé !) de quand j’étais petit, à Maisons-Alfort, avait eu son certificat d’étude entre-deux guerres. Son français était impeccable, ses imparfait-du-subjonctif exprimaient des pensées certes simples, mais claires. Rare aujourd’hui. On faisait des mots croisés, certains avaient la télé...
                        Boileau (est-bien lui ?) disait "ce qui se conçoit bien...et les mots... etc" mais il ne lui est pas venu à l’idée qu’un jour on oublierait concommittemment les mots et les concepts...
                        La lente, mais sure érosion du vocabulaire est révélatrice : Un vocable est l’expression vocale d’un concept, le trait d’union privilégié entre lui et notre cerveau. sa suppression signifie inéluctablement celle du concept. Alors je vous le dit : à force de limiter les concepts, on est peut-être de plus en plus pointu sur telle ou telle spécialité, mais sacrément plus cons de manière générale. Et la manière générale, c’est tout ce qui fait qu’on est pas chiant dans la vie. CQFD (quod erat demonstrandum...). Tout s’explique donc, et voulez que je vous dise ? Nous avons la société de cons que nous méritons, et même le Sarkozy qui vient avec.
                        Cogito ergo sum, bordel !


                      • K K 28 février 2009 14:32

                        Et puis le latin permet de redecouvrir Brel : http://www.youtube.com/watch?v=v6rLLE48RL0

                        et Brassens : http://www.youtube.com/watch?v=7dSybCsV-_4

                        Rien que pour cela, j’ai continue a supporter le Gaffiot. Et il est vrai qu’un beau discours de Ciceron (mais quel poseur quand meme) nous aide a comprendre les phraseurs que sont les avocats smiley


                        • zeugma zeugma 28 février 2009 14:36

                          Rapide plaidoyer pour le Latin-Grec en Collège (et... au Lycée)... je laisse de côté les "évidences" (contestables ? en tout cas pas fondamentales...) quant à la maîtrise du français (syntaxe, vocabulaire) pour pointer TROIS points essentiels :

                          1) étude de civilations "étrangères", dont les évolutions historiques sont ANALYSABLES, et dont la comparaison avec la/les nôtre/s permet une analyse forcément distanciée (ex. : étude de l’AUCTORITAS et de l’IMPERIUM, des processus d’identité à la PROVINCIA , etc...)

                          2) nécessité d’utiliser des modes d’intelligences souvent laissés pour compte dans les autres matières : cheminement hypothético-déductifs ("j’essaye telle traduction, ça fonctionne je passe, ça disjoncte je reprends avec un autre hypothèse" : l’ÉCHEC est NÉCESSAIRE !!!!!...), heuristique (j’extrapole à partir de ce que je sais pour tenter de traduire une phrase plus complexe...), voire "sérendipité" ("je trouve... par hasard - ?-")

                          3) obligation d’étendre dans la DURÉE ses réflexions : le saucissonnage en petites séquences validées par un "CONTRÔLE" EST PEU PERTINENT QUAND IL FAUT UTILISER EN PERMANENCE LES CONNAISSANCES ACQUISES DES ANNÉES AUPARAVANT ; de plus, l’immédiateté ("je veux, je comprends, j’imprime dans la minute") ne sied pas à ces langues, dont la compréhension exige un temps long, hasardeux, rocailleux.

                          Si d’aventure vous voulez des précisions, passez lire www.taneb.org
                          Cordial salut
                          Un prof (à la fois dans le Supérieur ET en Collège (grosse et tonique section de Latinistes et... d’Héllenistes !!!!!!!)


                          • Grasyop 28 février 2009 18:49

                            Notez que les mathématiques répondent parfaitement aux points 2 et 3.


                          • zeugma zeugma 28 février 2009 20:11

                            Désolé d’être abrupt, mais si vous examinez attentivement les manuels de Mathématiques en usage au Collège, et, qui plus est, la pratique RÉELLE des Maths dans les classes RÉELLES, vous verrez que, si la "déduction" est largement présente (on connait - ?- les Lois, on les applique), quoique de manière morcelée et en adaptant l’exercice à ce qui vient juste d’être fait..., l’Induction, les schèmes hypothéthico-déductifs et heuristiques sont ABSENTS !
                            Pour mémoire, après avoir enseigné longtemps en Classes Préparatoires, et maintenant en CHU, ce sont les types de raisonnements qui sont les plus difficiles à faire mettre en oeuvre, d’où les énormes difficultés à lire des PROBLÉMATIQUES correctes, le "réel" n’apparaissant pas comme UNE solution (datée, opportuniste, historisée) à un problème "en amont"...
                            Si vous voulez en discuter, taneb@mac.com
                            Cordial salut


                          • Hieronymus Hieronymus 28 février 2009 16:38

                            suis d’accord avec l’auteur
                            cette course a l’utilitarisme de notre epoque est vide de sens
                            j’ai fait 3 ans de latin et regrette de ne pas avoir fait de grec
                            de tout ce que j’ai du etudier de gre ou de force c’est du latin que je garde le meilleur souvenir
                            cela structure l’esprit avantageusement et en plus cela m’aide grandement ds l’apprentissage des langues orientales, slaves ou autres, a systeme de declinaison multiple
                            surtout continuez votre action !


                            • Paul Villach Paul Villach 28 février 2009 17:24

                              @ Daerel

                              Pardonnez la longueur de mon témoignage. Je ne peux pas faire plus court pour nourrir avec exacititude votre dossier de la destruction méthodique du Latin aujourd’hui en France. Il importe de connaître les méthodes employées.

                              Voici comment a été programmée par deux principaux incultes qui se sont succédé, la destruction méthodique de l’enseignement du Latin au collège où j’ai exercé 16 ans, avant de devoir en fuir. Je le raconte dans un ouvrage : « Un blâme académique flatteur » (Éditions Lacour, 2008).

                              La destruction a été opérée par la conjugaison de quatre procédés sans doute astucieux, mais méprisables.
                               
                              I- Un premier procédé : l’indifférence qu’a rencontrée l’action destructrice perpétrée par un professeur de Lettres Classiques incompétent 
                              1- L’évolution des effectifs des Latinistes depuis 1988, date de mon arrivée dans ce collège, et la nomination d’un second professeur, agrégé de Lettres Classiques, qui a d’abord assuré le cours de Latin de 5ème, puis celui d’une classe de 4ème , sont fortement corrélées : les chiffres qui avaient doublé dès 1991, passant de 25 à 50 élèves, après mon « 1er voyage en Campanie », ont plongé autour de 20 élèves après son arrivée. Saisi des plaintes des parents et des élèves, à maintes reprises, je n’avais nul moyen d’endiguer les abandons d’élève, le principal ayant eu la bonne idée de faire suivre les mêmes élèves par le même professeur de la 5ème à la 3ème. Sur l’insistance des parents, il a dû tout de même renoncer à attribuer une Troisième à cet incompétent, en septembre 2002. 
                              2- L’inspectrice pédagogique régionale à l’occasion de ses différentes inspections, n’a rien trouvé à redire à cette situation, puisque ce monsieur, après ces inspections, a continué sa besogne de destruction en toute tranquillité : on ne peut mieux illustrer les dégâts que cause à l’institution ce simulacre de contrôle qu’est l’inspection. 
                              3- Pour comble d’ironie, ce professeur, muté par mesure de carte scolaire en septembre 2003, est parti exercer ses talents… en Mathématiques !!! Du moins le Latin n’a-t-il plus été exposé aux infortunes de son incompétence.
                               
                              II- Un second procédé : la mise en place d’un dispositif administratif ayant pour effet ou objet de raréfier les candidatures en Latin dès la 5ème.
                              1- Parallèlement, il a été interdit de cumuler le Latin et certaines options, comme… la Natation ( ! ) et l’Anglais dit européen.
                              2- Il a été simultanément rendu impossible d’associer l’Allemand et le Latin ( !) , en raison d’une « judicieuse » concurrence horaire.

                              -  À la suite de la plainte de leurs parents auprès de l’Inspection d’Académie, j’ai pris sur moi, en septembre 2003, d’accepter deux élèves germanistes de 5ème en classe de Quatrième, à raison de 2 heures sur 3 pour leur permettre de s’initier à la Langue Latine. Voilà où l’on en était !

                              -  Un élève de 4ème qui avait découvert dans mes cours de Français l’importance du Latin pour une connaissance approfondie de la Langue française, s’est vu interdire en octobre 2003 par le nouveau Principal (ex-prof d’EPS) d’intégrer le groupe de Latinistes, réduit pourtant à 4 élèves (+ les 2 Cinquièmes), bien qu’il fût libre 2 heures sur 3, et sous prétexte qu’il ne s’était pas inscrit en 5ème : et pour cause, son option « natation » l’interdisait. L’année de 5ème manquée n’était toutefois pas un handicap puisqu’il était notoire que les élèves n’avaient pas fait grand chose avec le professeur mentionné ci-dessus, comme j’ai pu m’en apercevoir. J’ai donc dû saisir M. l’Inspecteur d’Académie du problème, qui ne m’a pas répondu, mais qui semble l’avoir fait auprès du Principal, puisque celui-ci a fini par autoriser fin novembre ce qu’il interdisait depuis un mois. Telle était l’idée qu’on se faisait de l’intérêt de l’élève.

                              3- Un cours de Latin sur 3 en classe de 4ème, une fois tous les 15 jours, s’est déroulé entre 16h30 et 17h30. Ce cours était, à ma connaissance, le seul du collège dans cette plage horaire tardive, qu’on n’oserait pas imposer à un cours de Mathématiques.
                              4- Dans ce contexte, un « lapsus calami » calamiteux ne manque pas de sel : les parents des élèves latinistes de 5ème ont été surpris de constater que sur la grille d’orientation destinée à leur indiquer les salles occupées par les professeurs qu’ils avaient à rencontrer, le mardi 4 novembre 2003, le professeur de Latin que j’étais, avait été oublié !

                              III- Un troisième procédé : la tentative de destruction, orchestrée par le Principal, de mon Projet d’Action Educative Innovant « Initiation à l’archéologie Gallo-Romaine » incluant en 3ème un voyage en Campanie pour la 15ème année consécutive.
                              1- L’évolution des effectifs montrant à l’évidence que « le voyage en Campanie » était un facteur relativement attractif pour les élèves (J’ai emmené 450 élèves en 15 voyages, de 1990 à 2004), le Principal (ex-prof d’EPS, un mois après son arrivée, n’a donc rien trouvé de plus urgent que de tenter de le casser à sa 15ème édition. 
                              2- Au Conseil d’Administration du 9 octobre 2003, comportant à son ordre du jour les autorisations de voyages pour l’année en cours, mon « 15ème voyage en Campanie » a fait l’objet - tout comme, du reste, mon « 2ème Voyage à Venise » (complément naturel du travail fait en Campanie) - d’une présentation discriminatoire de la part du Principal.

                              -  Ce dernier a attendu la séance pour remettre aux parents une grille censée présenter les caractéristiques des voyages proposés. Pour égarer le CA, seul le mien se voyait assorti d’un prix imbécile et extravagant par élève (2.250 F (48 él ?) ou 4.400 Euros), alors qu’il était de 360 Euros, et d’un nombre précis d’élèves : les 8 survivants de la « casse » organisée. Je m’associais avec un ami d’un collège d’Albi : il m’apportait le nombre d’élèves pour remplir un car de 50 places et moi, je lui fournissais en échange ma logistique rodée depuis 15 ans.

                              -  Tous les autres voyages avaient une mention « liste jointe » sans qu’aucune liste d’élèves ait été communiquée, pour faire croire que tous les élèves d’une classe étaient inscrits, alors que nul n’en savait rien, puisque tous les autres organisateurs avaient été incapables de fournir la moindre liste d’inscrits à cette date. Le Principal l’avouera au CA du 20 novembre 2003.

                              -  N’importe, le but était d’aller au-devant des deux arguments avancés par des alliés ( professeurs SNES et parents PEEP ) du Principal pour rejeter ce voyage : cherté et élitisme !!!

                              -  Seule la détermination des parents FCPE (exception faite de leur président, allié du Principal !), pas dupes, qui avaient présenté une pétition demandant un vote en faveur du voyage, a permis de faire échouer la manœuvre malhonnête. « Le 15ème Voyage de Naples » a été adopté par 10 voix contre 6 voix (les 4 « administration » et les 2 SNES). Mon « 2ème Voyage à Venise » dans le cadre de mon Projet d’Action pédagogique, « L’information par l’image », a été, lui, sauvé par 9 voix contre 8. Ces scores sont à rapprocher de l’unanimité ou peu s’en faut recueillie par tous les autres voyages, y compris le stage de voile ! Cela s’appelle une discrimination. Je passe sur la demande d’un vote secret demandé par le principal pour cacher son vote. Il croyait pouvoir mieux l’emporter ainsi. Manque de pot, les délégués agents, à la faveur du secret du vote, ont eu le courage de voter pour mes projets, ce qu’ils n’auraient peut-être pas fait à main levée !!!

                              3- Je vous épargne les débats du CA suivant, le 20 novembre 2003, au sujet de l’adoption du procès-verbal du CA du 9 octobre 2003.
                              Le principal a présenté un projet de procès-verbal malhonnête pour masquer son opération malhonnête de destruction manquée. Or, les amendements que les parents FCPE et moi-même avons présentés séparément, ont été rejetés, à une exception près. Curieusement, alors que le choix ne pouvait être que binaire, certains délégués se sont réfugiés dans l’abstention, soulignant le mensonge, mais n’ayant pas le courage de la vérité.
                              4- Un délégué de professeurs, parlant au nom du SNES, a expliqué que « le rapport fidèle de ce qui (s’était) dit au dernier CA  n’(était) pas une priorité pour eux ». Sommes-nous toujours dans un établissement d’Education ?
                              5- Les parents FCPE ont exprimé leur écœurement devant « ce tissu de mensonges », selon les termes inscrits au procès-verbal du CA…
                              Le Principal a pris sa revanche en mai et juin 2004 : il a imposé des conditions ineptes de voyage interdisant désormais tout nouveau voyage en Campanie et à Venise (Prix dérisoire et obligation d’en passer par un voyagiste privé. J’étais le seul du collège à organiser seul mes voyages, traitant directement avec les prestataires de service.) J’ai décidé d’arrêter d’enseigner !

                              Fruit d’un travail de plus de 15 ans, ces voyages étaient intégrés à deux projets pédagogiques complémentaires qui avaient pourtant rencontré la faveur et l’estime des élèves et de leurs parents, comme ils ont eu le courage de l’écrire dans la presse locale et dans une pétition au recteur restée sans réponse.

                              IV- Un quatrième procédé : le masque avantageux de l’humanitarisme dévot
                              Cette destruction méthodique avait, en outre, le culot de se parer du masque avantageux de l’humanitarisme dévot  : une option comme le Latin, s’ajoutant à d’autres, contrarierait le choix du collège en faveur de « l’hétérogénéité des classes » et la prétendue assistance « aux élèves en difficulté », dixit la Principal adjoint au CA du 20 novembre 2003. C’est ainsi qu’en affichant les plus nobles intentions, on éloigne encore plus du Savoir ceux qui en sont déjà les plus éloignés.

                              Voilà comment a été traitée la Langue Latine dans ce collège. Cela ressemble à une guerre menée contre l’Intelligence et la Culture sous couvert de bienfaisance et au profit du sport.

                              La Natation, c’est bien. Mais pourquoi priver un nageur de la culture fondatrice de sa propre culture ? On voit bien que ce type de choix offert à des jeunes adolescents est un leurre qui joue de leur ignorance et stimule le réflexe du moindre effort, compte tenu de l’image d’un sport professionnel magnifié à longueur d’antenne et de papier journal. C’est ainsi qu’on organise un désastre culturel, tel que le révèlent les films et les programmes télévisés plébiscités par le grand nombre. Paul Villach

                               



                              • Aquilix 1er mars 2009 00:32

                                @ l’auteur,

                                Merci pour ce "coup de gueule" exprimé fraichement et qui vous honore en ce qu’il montre une conscience professionnelle acérée.
                                Merci également à Mr Villach pour son témoignage.

                                Je vous rejoins sur plusieurs points :

                                - oui le latin et le grec peuvent être considérés comme des fondements de notre civilisation "latine" en opposition par exemple à la civilisation "anglo-saxone" ;

                                - oui le rôle structurant pour la pensée des lettres classiques est évident et important ;

                                - oui il est inacceptable que l’enseignement des lettres clasiques devienne un enjeu de sélection sociologique à visée élitiste ;

                                - oui l’EN est une administration qui, comme tant d’autres, a une inclination naturelle à préférer la résolution de ses petits problèmes d’organisation interne à la satisfaction des besoins de ses usagers : dans le ron-ron administratif d’une école, les perturbations viennent, dans l’ordre, des élèves, des parents et des enseignants ; 

                                Mais j’ai aussi d’autres interrogations :

                                - les moyens dont dispose l’Etat pour l’Education sont limités (j’entends déjà "y’a qu’à en prendre ailleurs", où ? sur le budget des hopitaux ?, sur le soutien aux entreprises et donc à l’emploi ?) les moyens n’en resteront pas moins toujours limités ;

                                - dans mon établissement l’un des surveillants a un master 2 en histoire de l’art ; la différence entre son niveau d’instruction et de conscience et les fonctions que l’on attend de lui, le place dans un état d’insatisfaction permanent ; son prédecesseur était un sergent de l’armée à la retraite ! Former des gens auxquels la société ne pourra fournir d’emploi à hauteur de leurs compétences ne constitue-t-il pas un gaspillage de moyens ?

                                - en clair le but de l’instruction doit-il être l’ouverture d’esprit, l’élévation de la pensée et de la conscience ou la recherche des moyens permettant de satisfaire ses besoins ?

                                Je crois que Danton (que l’on ne peut soupçonner d’être conservateur) y a répondu : "Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple." => "APRES LE PAIN" !!!

                                Ce qui fait que je suis beaucoup plus réceptif, vous m’en excuserez, aux difficultés actuelles de l’enseignement professionnel ou à visée utilitariste qu’à celles des matières visant le développement de soi. Passer sa vie à faire des cordons de soudure ne nécessite ni connaissance du latin ni structuration de la pensée, mais la société a besoin de ce genre de métiers et cela permet aux soudeurs de gagner correctement leur vie. Mais la formation de soudeur a un coût elle-aussi.

                                Pour finir, je dirai que, à ressources constantes, la pression actuelle sur des matières telles que le grec, le latin, la musique et le dessin au collège (voire l’allemand) peuvent être interprétées comme l’une des conséquences de la massification de l’enseignement.
                                Doit-on le déplorer ? Probablement oui.
                                Y-a-t-il moyen d’allouer les moyens de manière plus pertinente ? Je ne sais pas.

                                Bien à vous,


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