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Accueil du site > Actualités > Société > Comment faire baisser le chiffre des demandeurs d’emploi

Comment faire baisser le chiffre des demandeurs d’emploi

Faire baisser artificiellement le nombre de chômeurs ? Très simple ! Il suffit, d’une part, de décourager les « candidats à Pôle emploi » en rendant difficile, voire impossible, toute communication, en leur réclamant des documents qu’ils n’ont pas, dans des délais impossibles à tenir et, d’autre part, en manipulant les chiffres.

 Les « tracasseries » administratives

Commençons donc par le découragement de ceux qui veulent s’inscrire en parlant d’un cas précis que je connais bien, et pour cause : c’est le mien.

Je suis lectrice-correctrice, secrétaire de rédaction, pigiste, depuis plusieurs années. Qui dit « pigiste » dit « précarité », et j’étais inscrite à Pôle emploi (après licenciement de mon dernier poste en travail salarié), ce qui me permettait de percevoir quelques menues allocations les mois maigres en travail. Je parle à l’imparfait… Car aujourd’hui, je ne sais plus où j’en suis. En mars 2011, j’ai eu le malheur d’accepter un court CDD… Oui, « le malheur », car ce CDD est bien la cause de mes déboires, aussi étonnant que cela puisse paraître. J’ai fait la grave erreur également, croyant bien faire et souhaitant respecter les règles, d’envoyer mon contrat de travail à Pôle emploi. Résultat : radiation immédiate des demandeurs d’emploi, malgré la courte durée de ce contrat. Et un chômeur de moins sur les listes, un !

Fin mai, fin du CDD, je lance ma réinscription sur le site de Pôle emploi. Je n’étais pas (pas encore) particulièrement inquiète, seulement agacée de devoir remplir toutes ces cases par des informations qui étaient déjà dans mon dossier depuis plusieurs années. J’envoie et j’attends.

L’inquiétude commence à poindre le bout de son nez, car je n’ai pas de travail en vue. Enfin, je reçois un dossier à remplir – encore ! – en vue d’une « demande d’allocations ». Le terme m’étonne… Je pensais, ô pauvre naïve que je suis, que je n’avais qu’à signaler la fin du CDD pour revenir à la situation précédente. Bref, bien obligée, je remplis le fameux dossier qui me demande l’attestation Pôle emploi de l’employeur de mon CDD, les dates exactes du CDD, le salaire (éléments qu’ils avaient déjà, puisque j’avais envoyé le contrat de travail), si j’ai travaillé après cette date. Je remplis tout, bien comme il faut.

J’envoie et j’attends.

À partir de là – nous sommes fin juin, je n’ai pas travaillé et ne recevrai donc aucun salaire –, l’inquiétude commence à céder sa place à l’angoisse. Je précise que je vis seule avec mon fils de 15 ans, que j’ai atteint, voire dépassé, mon découvert autorisé à la banque, et que je ne sais pas comment je vais vivre en juillet. Mais bon. L’argent a toujours été pour moi un problème mineur que l’on résout toujours, d’une façon ou d’une autre. Mon fils part trois semaines en vacances avec son père, d’ici son retour tout sera régularisé, pensai-je avec optimisme… Je n’ai plus du tout d’argent, peu importe. Un ami m’en prête un peu, je me mets au régime pâtes-jambon-œufs-au-plat, je prends rendez-vous avec mon conseiller bancaire qui accepte « généreusement » d’augmenter mon découvert autorisé. Cela dit, la banque a tout de même rejeté le prélèvement de ma mutuelle, va pas falloir que je tombe malade…

On me demande un petit travail, les affaires reprennent, haut les cœurs !

Mais… je reçois un triste jour mon dossier retourné par Pôle emploi, accompagné d’un formulaire de « demande irrecevable » pour le motif suivant : absence des attestations des employeurs pour qui j’ai fait des piges… depuis 2009 !

Ahurissement total, d’autant que « ces pièces sont attendues dans un délai de 15 jours maximum », faute de quoi ma demande d’allocations « sera classée sans suite »… C’est qu’ils sont nombreux, mes employeurs ! Normal, quand on travaille un jour par ici, trois jours par là.… Et, cerise sur le gâteau, c’est l’été, donc la période de l’année où il quasiment impossible de joindre dans une entreprise la personne dont on a besoin, en l’occurrence la drh qui pourrait m’établir cette précieuse attestation.

Grande décision, je vais tenter une expérience périlleuse : avoir un conseiller Pôle emploi au téléphone. Ah ! Le 3949 ! Essayez un jour, si vous avez du temps à perdre ! Vingt minutes sur le serveur vocal, pour consulter votre dossier, dites « dossier », pour revenir au menu précédent, tapez « étoile »… mais y a aucune option du genre : pour parler à un conseiller, tapez 3  ; à force de persévérance, je finis par dénicher une option pour entendre une « vraie voix » d’une « vraie personne »… Seulement voilà : tous nos conseillers sont en ligne, merci de rappeler ultérieurement. Et clic, ça raccroche. Deux heures et dix appels plus tard, pour rien, je suis au bord de la crise de nerfs.

Changement de stratégie, et si j’envoyais un mail (auquel Pôle emploi s’engage à répondre en 48 heures ouvrables… ou en 7 jours ouvrables s’il s’agit d’une réclamation ? Notez bien qu’on parle de jours ouvrables. C’est-à-dire que, si vous faites une réclamation par mail un mercredi par exemple, vous n’aurez en réalité pas de réponse avant presque deux semaines : mercredi, jeudi, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi = 7 jours. Donc réponse le 2e lundi qui suit le jour de la réclamation, d’autant qu’on ne travaille pas à Pôle emploi le vendredi après-midi. Pour peu qu’il y ait un jour férié suivi d’un « pont », pour peu qu’on soit en été (eh oui, pas de chance pour moi, c’est le cas) et que les effectifs soient réduits… pour peu que… Bon, vous l’aurez compris, il me semble brusquement inutile d’envoyer un mail, d’autant que, je le rappelle, les attestations doivent être envoyées dans un délai maximal de 15 jours. Euh… au fait… 15 jours ouvrés ou ouvrables ? Ils ne précisent pas, bien sûr.

Après avoir éliminé les options téléphone et mail, il ne me reste plus qu’une solution : aller à Pôle emploi et demander à rencontrer un conseiller. Ça paraît simple en théorie, mais que nenni… Je me heurte au mur de l’accueil : expliquez-moi votre problème, il est impossible de rencontrer un conseiller si vous n’avez pas de rendez-vous (et on fait quoi pour avoir un rendez-vous ? Ben… on téléphone, voyons !). Bon. J’essaie de rester calme et j’explique. Réponse : ces attestations sont des pièces comptables indispensables au calcul des allocations, et que tous vos employeurs sont obligés de vous fournir. Bien… j’essaie d’argumenter en lui disant que les attestations ne sont que des résumés des feuilles de paye que j’ai toutes en ma possession… Que ne je pourrai jamais me procurer TOUTES les attestations de mes employeurs en 15 jours… Peine perdue, il ne m’écoute déjà plus. Personne suivante !

Aujourd’hui, voilà où j’en suis : j’ai pu tout de même me procurer 2 attestations que j’ai envoyées à Pôle emploi en les suppliant de me donner un délai plus important pour les autres attestations. J’attends la réponse.

J’ai été payée fin juillet 360 € pour un petit travail. Et c’est tout depuis fin mai. Je n’ai pas payé mes loyers de juillet et août. Je me suis résolue à aller voir une assistante sociale, je devrais avoir quelques aides en septembre. Pour l’instant, je survis difficilement. Je viens de rendre un travail pour lequel je serai payée 1 400 € fin août, mais qui ne me permettra même pas de me remettre à flot (paiement des factures en retard, des loyers, de ma mutuelle,…) Si Pôle emploi ne me donne pas plus de délai pour lui fournir les attestations et/ou si je n’arrive pas à me les procurer toutes, je serai radiée des demandeurs d’emploi et, si je n’ai pas suffisamment de travail pour vivre décemment, je rejoindrai la cohorte des RSA.

Mais, ô victoire, il y aura un chômeur de moins dans les comptes… Et combien d’autres dans le même cas que moi, ou des cas approchants ? Et combien de gens qui maîtrisent mal le français et les aléas administratifs ? J’arrive encore à me battre, mais combien ne le peuvent pas ?

Combien y a-t-il VÉRITABLEMENT de chômeurs en France ?

 

La manipulation des chiffres

Voici un communiqué du gouvernement, daté du 27 juillet 2011, présentant la situation du chômage en France à fin juin :

http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de,76/statistiques,78/chomage,79/les-indicateurs-conjoncturels,264/la-derniere-publication-mensuelle,12768.html

Quand on – « on » représentant Pôle emploi, le gouvernement – diffuse le nombre de chômeurs, on s’appuie sur les inscrits à Pôle emploi en catégorie A. Or, il y a cinq catégories, de A à E. La catégorie A regroupe « les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi », mais les autres catégories sont loin d’être négligeables.

(cf. http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/categor-demandes-emploi-anpe.htm.)

La catégorie B regroupe les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois).

Il suffit d’avoir travaillé deux ou trois jours dans le mois pour ne plus être considéré comme un « vrai » chômeur.

La catégorie C regroupe les demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois).

Font partie de cette catégorie ceux qui ont travaillé plus de 78 heures (en gros, plus de deux semaines). Ce qui veut dire que les gens qui acceptent, soit un travail de deux semaines ou plus, soit un travail à temps partiel parce qu’il faut bien manger et payer son loyer en fin de mois, tout en continuant à chercher activement un vrai travail à temps plein, ne sont pas non plus considérés comme des vrais demandeurs d’emploi.

La catégorie D regroupe les demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi (en raison d'un stage, d'une formation, d'une maladie...), sans emploi.

Intéressant… Les chômeurs malades, en stage (donc non rémunérés, ou quasiment pas) ou en formation (la plupart du temps une formation qui ne sert à rien… sinon à les retirer du chiffre des inscrits à Pôle emploi pendant un temps), ne sont pas/plus des chômeurs !

La catégorie E regroupe les demandeurs d'emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

Cette dernière catégorie concerne les gens qui travaillent… Donc normal à priori qu’ils ne soient pas comptabilisés parmi les chômeurs. Mais ils travaillent dans le cadre de contrats bien particuliers. « Un contrat aidé est un contrat de travail dérogatoire au droit commun, pour lequel l'employeur bénéficie d'aides, qui peuvent prendre la forme de subventions à l'embauche, d'exonérations de certaines cotisations sociales, d'aides à la formation. »

(cf. http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/categor-demandes-emploi-anpe.htm)

Objectif évident de ce genre de contrat : fournir une main d’œuvre bon marché aux employeurs, et diminuer le chiffre des demandeurs d’emploi. Mais, le contrat aidé terminé, il y a peu de chances que l’on propose un « vrai contrat » à ces chômeurs qui retourneront donc à la case Pôle emploi. Heureusement pour les statistiques, il y aura d’autres contrats « aidés », ou autres (les qualificatifs changent souvent pour donner l’impression qu’on a créé du « neuf », mais le principe reste le même), et d’autres chômeurs longue durée pourront en « bénéficier »…

l’État cherche donc à faire passer le plus possible de chômeurs de la catégorie A à une autre catégorie pour pouvoir se targuer « d’une baisse significative du chômage »… Ben voyons ! On les met en formation, en stage, on leur conseille fortement de prendre un petit boulot à temps partiel « en attendant mieux »… Il faut savoir qu’un demandeur d’emploi qui refuse trois postes proposés par Pôle sera radié…

Combien de chômeurs Bac+3, 4, 5 et plus ont été radiés, parce qu’ils ont refusé un emploi de caissier dans une grande surface, « en attendant mieux » ?

Combien de chômeurs radiés ne sont pas comptés dans les statistiques de Pôle emploi ? Combien de chômeurs, dont la demande d’allocations « n’est pas recevable » (cf. mon histoire personnelle, « les tracasseries administratives ») pour X raisons sont radiés ?

Combien y a-t-il VÉRITABLEMENT de chômeurs en France ?

 

N.B. : je tiens à préciser que je ne jette pas la pierre aux employés de Pôle emploi, qui ne font qu'appliquer des directives.


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97 réactions à cet article    


  • bretagne 15 août 2011 11:10

    as-tu pensé à t’inscrire sur www.guru.com ? je l’aifait , on y trouve parfis des charrettes , ca paye pas toujours fort , mais on est payé de suite , sans embrouilles ( ca rapporte de toute facon plus que la queue dans les bureaux de popol emploi , vu le temps passé )

    bonne chance et bon courage


    • sonearlia sonearlia 15 août 2011 13:06

      Votre site ne semble pas fonctionner pour la France.


    • bretagne 16 août 2011 21:28

      si , si , je l’ai fait moi même depuis la france ( et quatre fois) . tout au moins cela marchait jusqu’à l’année derniére - précision que la prudence m’impose de noter ici


    • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:37

      Je ne connaissais pas, je viens de m’y inscrire. On ne sait jamais. Merci pour le tuyau.


    • lsga lsga 15 août 2011 12:30

      - Pour le FN, pour lutter contre le chômage, il faut mettre les noirs et les arabes dehors.
      - Pour le Front de Gauche, pour lutter contre le chômage, il faut construire des usines et faire de grands travaux. 

      • davideduardo davideduardo 16 août 2011 01:17

        le marché de l emploie est un marché comme les autres.

        actuellement il y a peu d offre et beaucoup de demande.
        Il faut donc augmenter l offre en réindustrialisant, en faisant des grand travaux....
        Il faut aussi canaliser la demande en limitant l immigration ( du moins un certain temps)

      • lsga lsga 16 août 2011 10:57

        C’est ça...
        Et le travailleur est une marchandise comme une autre...


        Dans le cadre d’une économie écologique rationalisée et planifiée, plus de place pour le marché ’de l’emploi’. 

        La société de marché, en plus d’avilir les hommes, a détruit notre écosystème. Si elle a été source de création de richesse début 20ème, cela fait plus de 50 ans désormais qu’elle nous empêche de progresser et de nous développer. Aujourd’hui, elle a fait chuter l’occident au profit de l’Asie, et provoque des crises économiques dont même les bourgeois pâtissent. 

        Bref, il est temps de reprendre le contrôle du développement économique et social, de l’arracher des mains des bourgeois arrogants qui veulent nous réduire à l’état de marchandise. Il est temps de passer à un système économique plus efficace et plus humain. 


      • foufouille foufouille 15 août 2011 12:43

        le systeme est pas fait pour que tu t’en sortes


        • Catherine H. Catherine H. 15 août 2011 12:57

          Sans doute. Mais, moi, je me bats contre le système.


        • Blartex 15 août 2011 15:23

          Sauf les pieds devant !


        • Yvance77 15 août 2011 12:47

          Salut,

          Texte poignant et prenant aux tripes. Toute ma compassion avec l’auteur.

          Mais malgré la foultitude de crétins que porte le monde ultralibéral, il y a une vérité simple, crue, basique et qu’il faudra bien un jour ou l’autre répandre.

          Nous n’avons plus besoin de travailler autant. Il faut baisser les heures tout simplement. 6 heures effectives sont bien suffisantes dans de nombreux secteurs d’activité. Dans d’autres comme la médecine, il faut ou augmenter le numérus clausus ou rester en l’état, car il faut du talent et ce n’est pas donner à monsieur Tout-le-Monde.

          Mais dans des tonnes d’activités, il y en a pour tout le monde. Le plein emploi n’est pas une chimère, c’est la vision du travail qu’il nous faut changer.

          Et quand bien même, l’on paierait des gens à 1400 euros pour 6 heures de taf quotidien, ceux-ci les dépenseraient et cela rentrerait dans l’économie de tous les jours.

          Un jour ou l’autre cette question devra se poser...


          • lemouton lemouton 15 août 2011 13:11

            "Et quand bien même, l’on paierait des gens à 1400 euros pour 6 heures de taf quotidien, ceux-ci les dépenseraient et cela rentrerait dans l’économie de tous les jours."

            exact,
            mais cela ne fait pas l’affaire des spéculateurs, car si je comprends bien l’argent qui circule via le systeme économique (travail —> paye —> achat) diminue d’autant leur cagnotte de spéculation.. smiley

            Il n’y a qu’à voir comment la retraite par participation (travail —> pourcentage paye —> petit vieux —> achat), les rend verts de rage .. smiley
            et ils voudraient nous fourguer la retraite par capitalisation, MON CUL !!! smiley


          • foufouille foufouille 15 août 2011 13:14

            pas assez bas
            plutot 4h voire moins
            autant faire un RU


          • lagabe 15 août 2011 18:25

            pour toi c’est la faute au libéralisme
            Je vois plutôt un monde comme dans le film Brazil qui c’est basé sur 1984 , lié a l’administratif , ou des petits fonctionnaires zélés appliques bêtement les lois , rien que loi
            LA connerie administrative dans toute son horreur
            cela n’a rien à voir avec le libéralisme mais plus avec la bêtise humaine ou comment faire chier son prochain


          • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:16

            Tout à fait d’accord avec vous.

            Il me semble d’ailleurs que le système libéral montre de plus en plus ses failles, et qu’il va s’auto-détruire tout doucement...


          • fredleborgne fredleborgne 15 août 2011 12:47

            n J’ai aimé le ton juste de votre article/récit qui rentre dans les détails scabreux de justification qui pénalise ... ceux qui se sont battus pour travailler.
            Dans mon cas, j’avais « droit » à 24 mois d’indemnité, mais comme j’ai toujours exercé « une activité réduite » en intérim (parfois seulement 3 heures dans un mois), j’ai perdu tout droit à l’indemnisation au bout de quinze mois.
            De plus, ayant tenté une auto-entreprise pour récupérer quelques miettes légalement, j’ai eu très peu de bénéfices (assurance, frais, une petite annonce à tarif pro totalement inefficace...) et j’ai perdu mon inscription à la sécu tandis que le RSi ne m’envoyait aucun papier.
            Heureusement pour moi que je dispose d’un « coussin amortisseur » et que ma situation n’a jamais été réellement catastrophique vis-à-vis de ma banque, qui me coûte cher à cause des fluctuations de la valeur de mon assurance vie.
            J’en garde quand même une certaine rage, même si j’ai retrouvé un travail au smic dans ma branche depuis 4 mois.
            Parfois, on rêve de se laisser complètement assister, afin de ne plus se battre pour quelques euros, mais je me demande si ce n’est pas ce qu’ils veulent.
            Alors, je vous encourage à toujours vous battre pour garder votre dignité et dire à ceux qui ont un travail régulier :« je suis comme vous, et vous risquez devenir comme moi si vous ne vous battez pas contre ce régime pourri »


            • foufouille foufouille 15 août 2011 13:15

              non ils veulent que tu sois heureux de vivre avec tres peu
              et reconnaissant


            • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:24

              « Dans mon cas, j’avais »droit" à 24 mois d’indemnité, mais comme j’ai toujours exercé « une activité réduite » en intérim (parfois seulement 3 heures dans un mois), j’ai perdu tout droit à l’indemnisation au bout de quinze mois.« 

              Une aberration de plus ! Le fait d’exercer une activité, même réduite, prouve l’envie de travailler et il me semblait que, normalement, quand on a des périodes de travail pendant son chômage, cela reportait la date de fin des indemnités.

              Le statut d’auto-entrepreneur est un attrape-couillons... Il faut l’éviter à tout prix, sauf si on a un travail salarié à côté (être couvert question sécu, retraite, éventuellement mutuelle) ou si on veut exercer une petite activité après la retraite. »Travailler plus pour gagner plus« , qu’il disait, »l’autre" !

              Oui, je me bats, pour m’en sortir, et contre le système dans lequel nous vivons.


            • lemouton lemouton 15 août 2011 13:15

              Merci à Catherine H. pour toutes ces infos... smiley


              • Ariane Walter Ariane Walter 15 août 2011 13:19

                désolée, catherine, tellement triste pour vous ! Votre situation, je l’ai connue pour certains amis/ Ils devenaient fous. chaque fois qu’ils recevaient une lettre de Pôle emploi ils se demandaient quelle folie on allait encore leur demander.
                malheur à celui qui déménage ! Pour tout remettre en place, galère totale !

                on le sait que leur but est de décourager. Il doit y avaoir des réunions dans ce sens.
                En fait les gens de pôle emploi me font penser aux kapos de nazis. Ils veillent sur les prisonniers. mais là , ils veulent qu’ils disparaissent. Quelle abjection !


                • foufouille foufouille 15 août 2011 13:25

                  la plupart en ont marre
                  ce sont les directeurs qui sont pourris


                • Blartex 15 août 2011 18:00

                  Mesurez un peu vos propos Ariane Walter.

                  Mettre les nazis à toutes les sauces me semble un peu raccourci par rapport à ce qu’il se passe.
                  Considérer les employés de pôle emploi comme des kapos ! Donc des nazis ! Vous rendez-vous compte de ce que vous écrivez ?

                  Les employés de pôle emploi n’ont pas intérêt à ce que les demandeurs disparaissent, leur boulot disparaîtrait de même. Ainsi la police n’a pas intérêt à ce que la criminalité soit éradiquée. Pas de criminel, pas de police.

                  « En fait les gens de pôle emploi me font penser aux kapos de nazis. »


                • foufouille foufouille 15 août 2011 18:07

                  @blartex
                  elle a pas tout a fait tord pour une partie
                  tout les petits chefs obeissants, en sont pas loin
                  police, gendarmes, bureaucrates, etc, une partie est partie est prete a obeir a tous les ordres
                  les autres suivront


                • Blartex 15 août 2011 18:26


                  Désolé foufouille, comparer des employés de pôle emploi à des gens serviles, rusés et violents me paraît quelque peu inadéquat.

                  Wikipédia :
                  Le mot kapo désigne les personnes qui étaient chargées d’encadrer les prisonniers dans les camps de concentration nazis. Les kapos étaient souvent recrutés parmi les prisonniers de droit commun les plus violents1 ou parmi ceux dont la ruse ou la servilité avait permis de figurer parmi les anciens, en échappant provisoirement aux « charrettes » menant à l’extermination.


                • Ariane Walter Ariane Walter 16 août 2011 11:05

                  Tu les as eus en face de toi, Blartex ? ou en face d’un copain qui t’en a parlé ? je n’en ai pas l’impression.

                  Oui, mettre « nazi » à tts les sauces"...mais ce qu’on vit ressemble tellement à cette période où tt se mettait en place...Il ne faut quand même pas être aveugle.


                • Lorelei Lorelei 15 août 2011 13:26

                  Le pole emploi est un monde kafkaien, le but n’est pas de vous aider mais de vous briser.


                  • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:27

                    Ils ne me briseront pas !


                  • lloyd henreid lloyd henreid 15 août 2011 13:29

                    « En attendant mieux... » Texte très juste et poignant. Je vous souhaite, sincèrement, de meilleurs lendemains.

                    Je voudrais quand même ajouter mon grain de sel à cette montagne d’absurdités Pôle-Emplesques, que vous avez parfaitement décrites.

                    Il faut savoir qu’« en attendant mieux », on est parfois contraint d’accepter des CDD d’une heure, par exemple. C’est le merveilleux principe de l’aide à domicile : ménage, cours particuliers, services en tous genres... très « fashion » en ce moment.

                    Quand un demandeur d’emploi accepte un tel poste, toujours faute de trouver mieux (un « vrai » job, simplement), Popol lui verse un complément de salaire sous forme d’indemnités. L’idée, c’est qu’en bossant, l’on gagne au moins autant que si l’on restait chez soi. Normal, non ?

                    Sauf que ce système mixte / hybride d’accompagnement vers de l’emploi suffisant pour vivre en autonomie, c’est-à-dire pour payer seul la bouffe et le loyer, est limité à 15 mois de cumul salaire-indemnités !

                    On peut donc avoir droit à des années d’indemnités de type ASSEDIC, lesquelles peuvent être relativement confortables (pour qui percevait un salaire de base important). En revanche, si l’on accepte un CDD de deux ans à 200€/mois, l’on se retrouve, au bout de quinze mois, avec seulement 200€/mois pour la bouffe et le loyer (et le reste, de moindre importance).

                    Se pose alors le problème suivant :

                    - Soit j’arrive à me serrer suffisamment la ceinture pour vivre sans aide (et donc sans manger).

                    - Soit je démissionne, ce qui veut dire « radiation » ; et au final, ça revient au même !

                    ______

                    Quand on va voir Popol, on comprend qu’on n’est plus qu’un chiffre (appelé « identifiant »).

                    Quand on en repart, on perd souvent jusqu’à ce statut de « chiffre ».

                    La radiation, c’est la mort sociale.

                    Vous n’existez plus, n’avez jamais existé.

                    Façon 1984 —


                    • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:44

                      "On peut donc avoir droit à des années d’indemnités de type ASSEDIC, lesquelles peuvent être relativement confortables (pour qui percevait un salaire de base important). En revanche, si l’on accepte un CDD de deux ans à 200€/mois, l’on se retrouve, au bout de quinze mois, avec seulement 200€/mois pour la bouffe et le loyer (et le reste, de moindre importance)."

                      Ce qui revient à dire que ceux qui veulent bosser à tout prix sont pénalisés à l’inverse de ceux qui se coulent douce avec leurs allocations, sans trop chercher de travail ?

                      C’est complètement ahurissant !


                    • lloyd henreid lloyd henreid 18 août 2011 19:36

                      C’est bien ça smiley

                      Les conseillers eux-mêmes ne semblent pas bien comprendre... (« je leur ai dit que c’était absurde, mais ils ne veulent rien entendre »)

                      Je pense qu’il s’agit d’une mesure conçue pour limiter la durée d’existence d’un dossier dans la base de données Pôle Emploi : on accompagne le demandeur vers l’emploi, on le rassure, on le motive ; mais sitôt en place, même si ce n’est qu’« en attendant mieux », on le raye vite des listes pour laisser la place à d’autres. Il faut dire qu’il y a énormément de dossiers, et que les professionnels de l’emploi sont un peu paumés avec toutes les dérives fantaisistes ultra-libérales (CDD d’une heure sans planning défini : illégal, dixit la direction du travail ; « flou juridique », pour être exact). L’employé jetable, c’est des tas de contrats à refaire constamment pour tout le monde ; et accessoirement, des dossiers à boucler et d’autres à ouvrir pour Pôle Emploi. Du coup, faut que ça circule !

                      Oh, et puis ça permet de faire baisser le nombre de chômeurs ! Of course, ils sont malins. Et si, dans la foulée, ce genre d’absurdité peut servir à discréditer complètement l’institution, histoire que les gens réclament sa privatisation (comme avec la SNCF), bah ils auront fait d’une pierre deux couilles (comme on dit par chez moi).

                      Encore une fois, je vous souhaite le meilleur pour la suite. Vous valez mieux que ce que le système vous donne. C’est évident.


                    • Blartex 15 août 2011 18:52

                      En tout cas elle a le mérite d’exister. Pas comme chez les sarkolos où tout est plié d’avance.

                      Calmos :
                      « Va pas être triste la Primaire chez les socialos...... »


                    • Dzan 16 août 2011 08:50

                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !
                      Calmos Ministre de l’emploi !


                    • Catherine H. Catherine H. 17 août 2011 23:53

                      Voulez-vous que nous parlions des magouilles UMPistes ?
                      La liste serait trop longue…

                      Et, comme le dit Blartex, la primaire socialiste a au moins le mérite d’exister, contrairement à d’autres partis où l’on ne se préoccupe pas de l’avis des militants…


                    • mariner valley mariner valley 15 août 2011 14:45

                      Combien y a-t-il VÉRITABLEMENT de chômeurs en France

                      Tout compris (assedic, RSA et autres....chomeurs etant effacer des listes du pole emploi pour divers trafficotages des chiffres)

                      >>>>>>>>25-30% de la population

                      Voila.

                      Autre question :) ?


                      • Catherine H. Catherine H. 18 août 2011 00:01

                        C’est à peu près ce que je pense

                        La question de mon article n’est, bien sûr, qu’une figure de style !


                      • Blartex 15 août 2011 17:10

                        « Comme quoi, comme disait Goebbels »plus c’est gros, plus ça passe« . »

                        Comme disait Rocco aussi.
                        Surtout par derrière...


                      • nilasse nilasse 15 août 2011 15:01

                        @ l’auteur


                        je connais bien le système et les combines de survies qui vont avec. dans un premier temps,vas voir une AS et n’hésites pas a exagérer ta situation en réclamant qu’elle te paie tes factures,avec comme argument massue que tu as un gamin a faire bouffer et demandes l’aide d’urgence de 150 euros dont toute personne insolvable a droit chaque année. le conseil général n’a pas d’autre choix de toute façon. secondo,quant tu as des périodes très courtes de travail,ne le déclares pas,sinon tu te retapes tout depuis le début,c’est fait exprès pour ne rien lâcher. pourquoi ils ne te laissent que 15 jours pour les papiers,ben uniquement pour éviter de te donner les rappels assedics,CQFD. dans ta situation,tu pourrais ne quasiment rien payer,gamin oblige. c’est triste de devoir ruser de cette manière pour survivre,mais c’est ainsi. n’oublies pas non plus qu’il y a le rsa qui peut etre combiné avec un petit salaire,de cette maniere tu conserves,certes tout petit,un revenu en cas de probleme avec ces sous merdes de pole emploi. je crois que j’ai tout dit. je te souhaite bonne chance.

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