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Accueil du site > Actualités > Société > D’où viennent les Bretons ?

D’où viennent les Bretons ?

D'où viennent les Bretons ? Combien étaient-ils à leur arrivée en Armorique ? Pourquoi et comment sont-ils arrivés en Armorique ? Une part de mythe demeure sur ce qui a été indiscutablement l'un des plus importants mouvements d'immigration en Europe au cours du premier millénaire. Un mouvement original et pacifique, qui s'est étalé dans le temps, sur des siècles.

Allons tout d'abord à la source. Installés dans les îles britanniques à la veille des premières grandes migrations en Armorique, les Bretons descendaient eux-mêmes de tribus celtes continentales, selon toute vraisemblance installées dans l'actuelle Belgique. Mais si l'on veut remonter encore plus loin, il est également fort vraisemblable que ces mêmes tribus celtes provenaient d'un triangle allant du sud de l'Allemagne à la Suisse en passant par l'Autriche : c'est là que se situait le noyau primitif même des Celtes (civilisations de Hallstatt et civilisation de la Tène), eux mêmes descendants de l'une des branches indo-européennes... D'Asie, donc.
S'agissant de l'Armorique, celle-ci était essentiellement peuplée avant l'arrivée des Bretons de tribus gauloises, telles les Osismes, les Coriosolites ou encore les Vénètes. Plus ou moins romanisées, ces peuplades celtes avaient elles-mêmes développé des liens commerciaux ou guerriers avec les îles britanniques : après la révolte et la défaite des Vénètes en 56 av.J.C, des Armoricains s'embarquèrent en effet vers l'île de Bretagne. Ces précisions ont leur importance, car elles préfigurent et expliquent en partie pourquoi l'arrivée des Bretons, ce mouvement d'immigration massif, s'est produit pour l'essentiel pacifiquement, par assimilation.

L'arrivée des premiers Bretons. Contrairement à une idée reçue, l'arrivée des premiers Bretons en Armorique, à la fin du IVe et au Ve siècle, dut beaucoup aux Romains, qui recourirent aux Bretons afin de protéger le littoral nord de l'Armorique et donc de défendre les côtes de l'Empire romain contre les pillards saxons et peut-être irlandais. 
Ce flux d'immigration, contrôlé, encadré, préfigura un autre mouvement d'une toute autre ampleur, qui se produisit entre les Ve et VIIe siècle. Ce mouvement dut davantage, dans un premier temps, aux menaces d'invasion des Pictes de Calédonie (actuelle Ecosse) et des Scots d'Irlande qu'à celles des Angles et des Saxons. 


Confrontés à l'invasion des Pictes et des Scotts, les Bretons décidèrent en effet de recourir à des mercenaires du Jutland (actuel Danemark). Seulement voilà : peu loyaux, les Jutes se retournèrent contre les Bretons et s'allièrent à d'autres tribus germaniques, qui les rejoignirent dans leur invasion des îles britanniques : les Angles et les Saxons. Les premiers occupèrent rapidement la côte nord-est de l'actuelle Angleterre (East Anglia), tandis que les seconds envahirent l'actuel bassin de Londres (d'où les noms de Sussex et d'Essex, par exemple).

La poussée anglo-saxonne. Les Bretons furent chassés et acculés sur la côte ouest de l'île de Bretagne, en Powys et Gwent (Pays de Galles) et en Domnonée (Cornouailles et Devon). Concentrés sur un plus petit territoire, les Bretons se trouvèrent à la fois menacés et confrontés à un problème de surpopulation. Cette poussée des Angles et des Saxons se traduisit ainsi par de nouvelles vagues de migrations, effectivement beaucoup plus importantes. 
Une fois de plus, ce mouvement ne fut nullement anarchique et désordonné. Il s'agissait véritablement de troupes (ou de boats-people !) qui arrivaient à intervalles réguliers chez leurs compatriotes déjà fixés en Armorique avec femmes, enfants, chefs politiques et religieux (les fameux saints bretons). Ils achetaient des terres ou négociaient leur cession. Leur accueil était facilité par la présence d'autres Bretons, donc, mais aussi par les autochtones gaulois, qui présentaient des similitudes évidentes, tant linguistiques que culturelles. Bretons et Gaulois parlaient d'ailleurs des langues appartenant au même groupe de langues celtiques : celles du groupe brittonique ou p-celtic (par opposition au groupe gaëlique ou q-celtic).

Des nuances de peuplement. Si l'origine des Bretons est grosso modo bien connue, il est intéressant de rappeler que le peuplement par les Bretons s'est fait différemment selon les régions d'Armorique. 
Ainsi, le nord de l'Armorique (notamment le Trégor) a-t-il été massivement peuplé par les Bretons de Domnonée (actuels Devon et Somerset), au point de lui transmettre son nom. Il en va de même de la Cornouaille (sud Finistère), massivement peuplée par les Bretons de Cornouailles britannique.
Les Bretons de l'actuel pays de Galles, de leur côté, ont plutôt peuplé le Léon et le pays Vannetais. A noter d'ailleurs la particularité du pays Vannetais, où le mouvement de migration n'a pas totalement submergé les autochtones. C'est d'ailleurs la principale explication de la différence linguistique du Vannetais. Si les trois dialectes bretons dits KLT de Cornouaille, du Léon et du Trégor sont proches, le Vannetais diffère sensiblement : notamment parce que le Vannetais est plus proche du gaulois. Les Vénètes y ont davantage imprimé leur trace que les autres peuplades gauloises d'Armorique, plus faibles.

Quelle fut la proportion d'immigrants dans la population (...) ? Les historiens peinent à quantifier la proportion d'immigrants bretons. Le débat n'est d'ailleurs pas clos sur cette question. Mais certains historiens avancent toutefois le nombre d'environ 30 à 50 000 immigrants bretons des îles britanniques entre les Ve et VIIe siècle. Ce qui est considérable. Car on peut estimer à l'époque la population de l'actuelle Bretagne à environ 100 000 âmes. Dans la moitié ouest de la Bretagne, le nombre d'immigrants a donc selon toute vraisemblance supplanté celui des autochtones, en particulier en Domnonée et en Cornouaille.
Il n'en reste pas moins que les bretons ont également peuplé l'est de la Bretagne, notamment jusqu'à une ligne allant du Mont-Saint-Michel aux portes de Nantes, mais il est vrai dans une moindre proportion et parfois par îlot. Ainsi, des zones ont été assez fortement peuplées par les Bretons, telle la presqu'île de Guérande et la région de Dol et Saint-Malo.

Force est donc de constater que la Bretagne est largement peuplée d'immigrés, auxquels il convient d'ajouter d'autres vagues d'immigration, notamment irlandaises (lors de l'évangélisation de la Bretagne puis, beaucoup plus tard, lors de la grande famine du XIXe siècle). Peut-on y voir l'une des raisons de la faible implantation du vote d'extrême droite en Bretagne ? C'est une explication avancée par certains sociologues. Parmi d'autres...

http://www.ebreizh.net/


Les réactions les plus appréciées

  • bakerstreet (---.---.---.81) 21 mars 2014 14:54
    bakerstreet

    Jean michel


    dieu merci, il n’y a pas de passeport breton, quoique certains en rêveraient....

    On sait à quoi ce genre de conneries a abouti pendant la seconde guerre, avec quelques félés pour s’accoquiner avec les allemands, en raison de ce vieux dicton : LES ENNEMIS DE MES ENNEMIS SONT MES AMIS

    La même chose d’ailleurs en irlande, avec cet égarement de Roger Casement, excellent homme qui s’égara en voulant créer un bataillon d’irlandais aux cotés des allemands lors de la première guerre mondiale.

    Un type pourtant qui avait fait une oeuvre remarquable en Afrique, en dénonçant la traite des noirs, au congo belge.

    Comme quoi on n’est pas prophète en son pays. 

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117 réactions à cet article

  • Fergus (---.---.---.37) 20 mars 2014 17:56
    Fergus

    Bonjour, ebreizh.

    « Peut-on y voir l’une des raisons de la faible implantation du vote d’extrême droite en Bretagne ? C’est une explication avancée par certains sociologues. »

    Je ne crois pas que cette explication soit la bonne, de nombreuses autres régions ayant été tout aussi largement impactées au cours de l’histoire par les apports de population étrangère, ce qui n’y empêche pas des scores élevés du FN.

    A mon avis, l’explication réside dans deux faits : d’une part, la Bretagne a toujours eu un passé maritime qui l’a mise en contact avec d’autres peuples et d’autres cultures en favorisant du même coup une plus grande tolérance ; d’autre part, la Bretagne, peu industrialisée ou tournée vers les technologies de pointe, subit peu les apports massifs d’immigrés que l’on peut constater en d’autres lieux où le niveau de saturation est parfois largement dépassé, d’où un vote FN élevé.

    • boris (---.---.---.15) 22 mars 2014 01:06
      boris

      En Bretagne il n’y a pas de vignes par contre il y a des raisins !

    • Emmanuel Aguéra (---.---.---.174) 22 mars 2014 18:55
      Emmanuel Aguéra

      Merde, et l’Atlantide, alors ? Vous oubliez l’Atlantide !
      C’est la Bretagne évidemment.
      Tous les Atlantes le savent bien.

    • Aita Pea Pea (---.---.---.162) 22 mars 2014 19:06
      Aita Pea Pea

      Mr Mourey a déjà démontré ici que l’Atlantide était le pays Arvennes .
      D’ailleurs,vu cet apport essentiel à l’histoire ,les éditions Gosciny vont bientôt rectifier un titre en « Astérix chez les atlantes ».

    • Emmanuel Aguéra (---.---.---.174) 22 mars 2014 19:10
      Emmanuel Aguéra

      Et je ne plaisante pas. Je dis ça pour les chasseurs de trolls, mous du cerveau mais rapides au clic. Je tiens, moi le sudiste, cette docte assersion « Atlantidesque » de l’ouvrage l’Histoire de la Bretagne de ce bon Yann Brekilien, que ne je recommanderais qu’avec toute la circonspection du monde, mais qui de fables en extrapolation ethniques diverses m’a fait voyager bien au-delà du Couesnon.
      La vérité est que le centre du monde se trouve quelque part entre St-Malo, Rennes , Brest et Fougères et que cette histoire de la Gare de Perpignan est signée d’un surréaliste, ce que l’on oublie trop souvent.
      J’ajoute que j’ai évité la fanny par fois au palet, et oui, ce fut un match en 2 manches seulement, y’a pas eu photo. Faut dire que chez nous, les boules, elles roulent (sauf à Cagnes-sur-mer, mais ils sont fadas à Cagnes sur mer).

    • Aita Pea Pea (---.---.---.162) 22 mars 2014 19:23
      Aita Pea Pea

      Pour la gare de Perpignan ,bien d’accord ...Comment faire confiance aux dires d’un gars qui disait bouffer à des âges où on n’a plus de dents du chocolat aux Amanda .

    • Emmanuel Aguéra (---.---.---.174) 22 mars 2014 19:25
      Emmanuel Aguéra

      Et,

      ... je m’empresse d’ajouter qu’il serait fort incongru et déplacé, ce doit d’ailleurs être interdit, au moins enBretagne, de critiquer ou mettre en douter ou seulement même « avoir l’air de mettre en doute », comme on dit dans les tribunaux de Lisbonne, tout ce qui émane du copntenu de l’Histoire de la Bretagne de ce bon Yann Brekilien, ci-dessus évoqué.
      Or le pavé de référence (1000 pages or so) de cet éminent et passionné juriste indigène, c’est le roc de Durandal, l’ inattaquable fait livre : et il vous le dit bien, Mimile Mourey ou pas : « à droite après les Colonnes d’Hercule, tu te prends un grain et paf ! te voilà rabattu par le sud-ouest sur »... ce que tu prends pour une île, car le grain est sec. Et voilà l’affaire dans le sac pour des générations : L’Atlantide, on ne la trouve pas parce que la vérité-vraie-la-honte-de -ma-maman-si-je-mens, ce que c’est même pas une île. CQFD, je sais, ne me remerciez pas ; ni ne riez, l’affaire est sérieuse, n’est-ce pas Emile ?

    • Aita Pea Pea (---.---.---.162) 22 mars 2014 19:34
      Aita Pea Pea

      Toute manière ,j’ai toujours su que la cité d’Ys les bretons ils l’ont jamais retrouvée car trop bourrés après un soir de bringue sur le continent ;un peu comme on sait plus parfois où on a garé sa bagnole à la fermeture du bistrot .

    • béatrice (---.---.---.174) 22 mars 2014 21:01

      A Fergus : même réaction à la lecture de cet article, toutefois un peu plus épidermique !

  • Redj (---.---.---.106) 20 mars 2014 18:03
    Redj

    Issu du pays Vannetais par ma famille présente depuis au moins 200 ans, je vous remercie pour cet article !! Je ne connaissais pas tout ça, notamment le pourquoi de la différence entre les différentes langues. Ma grand-mère parlait le Vannetais, mais elle refusait de nous l’apprendre, à cause des coups de triques reçues dans sa jeunesse !!
    Trugarez !

    • howahkan Hotah (---.---.---.14) 20 mars 2014 18:19
      howahkan Hotah

      Salut redj, je confirme les coups de trique à l’école( années 1930 environ) là il s’agissait du breton dans ma famille ,car ma mère par exemple parlait le breton jusqu’à la scolarisation , ce qui fut totalement interdit à l’école avec coup de triques smiley....alors bien sur elle a refusé de me l’apprendre..je capte des mots ici et là , mais pas grand chose....

      salutations...

    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE (---.---.---.232) 21 mars 2014 09:58
      TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE

      non l’indien :

      c’était un petit sabot en bois sur une ficelle a mettre au tout du cou OBJET INFAMANT
      ( L ’AUTRE objet ou image infamante : BECASSINE)
      mes parents et grands parents ont connu cela....................ON OUBLIE QUE 400000
      BRETONS SONT MORTS EN 14-18 QUE BEAUCOUP SONT REVENUS INVALIDES BLESSES AMPUTES GAZES ET/ OU ALCOOLIQUES !!!!!!!

      NOTRE VIEUX DICTON : LES POMMES DE TERRE POUR LES COCHONS LES EPLUCHURES POUR LES BRETON !!!!!!!!!cela veut toutdire/

      PARIS MANGE A SA FAIM ET LES BRETONS MANGENT LES RESTES. COMME MES COCHONS


    • howahkan Hotah (---.---.---.14) 21 mars 2014 11:25
      howahkan Hotah

      Merci d’avoir précisé......ma mère en a parlé une seule fois ou j’étais présent, mais les enfants n’étaient pas supposés entendre.. pour le reste aussi à propos d’alcoolisme ,de morts etc etc pour la petit histoire la boisson alcoolisé en Bretagne etait le cidre maison, ce qui fut remplacée par le vin en quantités égales...d’où le désastre...

      kevarc’h

    • diogène (---.---.---.185) 21 mars 2014 14:38
      diogène

      « ON OUBLIE QUE 400000 BRETONS SONT MORTS EN 14-18 QUE BEAUCOUP SONT REVENUS INVALIDES BLESSES AMPUTES GAZES ET/ OU ALCOOLIQUES !!!!!!! »


      C’est vrai que la proportion de jeunes hommes sacrifiés a été plus importante chez les enfants de cette région qu’ailleurs.

      Mais ce n’est pas parce qu’ils étaient Bretons.
      C’est parce qu’ils étaient analphabètes, ce fléau étant encore plus marqué dans cette région rurale et soumise au clergé que dans les autres régions.

      L’armée sélectionnait en priorité les illettrés pour servir de chair à canons.

      Les tirailleurs sénégalais, spahis algériens et goumiers marocains ont connu le même sort pour les mêmes raisons.

    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE (---.---.---.232) 21 mars 2014 15:11
      TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE

      TOUT A FAIT D ACCORD AVEC TOI L’ INDIEN

       UNE CHANSON DE NOTRE GRAND BARDE SERVAT DIT QU ON NOUS PARQUERA UN JOUR DES DANS DES RESERVES COMME LES INDIENS
      (nous étions avant l ’afrique la réserve de travailleurs et de soldats de la si petite france au 15ème siécle ) et sommes devenus francais seulement en 1537

    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE (---.---.---.232) 21 mars 2014 15:17
      TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE

      LES BRETONS ETAIENT TRAITES COMME LES TIRAILLEURS !!!!!!

      mieux comme gambetta nous prenait tous pour des chouans une armée bretonne a été exterminée A CONLIE PRES DU MANS ILS AVAIENT UNE ARME POUR 3
      leur général etait de KERATRY..............

      entre la maladie et les prussiens 100000 SOLDATS BRETONS MORTS POUR RIEN
      PRUSSIENS OU FRANCAIS   ? PESTE OU CHOLERA............. ?

    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE (---.---.---.232) 21 mars 2014 15:19
      TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE

      RAJOUT...CONLIE.EN 1870....DEJA !!!!!!!!!!!!!!!!

    • cedricx (---.---.---.254) 21 mars 2014 16:06
      cedricx

      « ...mais elle refusait de nous l’apprendre, à cause des coups de triques reçues dans sa jeunesse !!... »


      Tiens mais c’est exactement la même chose avec le savoyard (patois disait-on) Arvi pa !
    • Redj (---.---.---.106) 21 mars 2014 16:16
      Redj

      oui cedricx, les bretons n’ont pas été les seuls à devoir renier leur langue au profit du français, cela s’est fait partout en France. Mais que voulez-vous, c’est « républicain » qu’ils disaient...

    • CASS. (---.---.---.28) 21 mars 2014 19:15
      CASS.

      Diogéne : Vous dites les bretons génocidés parcequ’ils étaient analphabétes !!!, ne venez surtout pas me dire ça en face (surtout sachant qui sont ceux qui ont organisés et financé sciemment cette guerre de 14- 18, comme la suivante et les autres depuis)

       

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