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Accueil du site > Actualités > Société > D’où viennent les Bretons ?

D’où viennent les Bretons ?

D'où viennent les Bretons ? Combien étaient-ils à leur arrivée en Armorique ? Pourquoi et comment sont-ils arrivés en Armorique ? Une part de mythe demeure sur ce qui a été indiscutablement l'un des plus importants mouvements d'immigration en Europe au cours du premier millénaire. Un mouvement original et pacifique, qui s'est étalé dans le temps, sur des siècles.

Allons tout d'abord à la source. Installés dans les îles britanniques à la veille des premières grandes migrations en Armorique, les Bretons descendaient eux-mêmes de tribus celtes continentales, selon toute vraisemblance installées dans l'actuelle Belgique. Mais si l'on veut remonter encore plus loin, il est également fort vraisemblable que ces mêmes tribus celtes provenaient d'un triangle allant du sud de l'Allemagne à la Suisse en passant par l'Autriche : c'est là que se situait le noyau primitif même des Celtes (civilisations de Hallstatt et civilisation de la Tène), eux mêmes descendants de l'une des branches indo-européennes... D'Asie, donc.
S'agissant de l'Armorique, celle-ci était essentiellement peuplée avant l'arrivée des Bretons de tribus gauloises, telles les Osismes, les Coriosolites ou encore les Vénètes. Plus ou moins romanisées, ces peuplades celtes avaient elles-mêmes développé des liens commerciaux ou guerriers avec les îles britanniques : après la révolte et la défaite des Vénètes en 56 av.J.C, des Armoricains s'embarquèrent en effet vers l'île de Bretagne. Ces précisions ont leur importance, car elles préfigurent et expliquent en partie pourquoi l'arrivée des Bretons, ce mouvement d'immigration massif, s'est produit pour l'essentiel pacifiquement, par assimilation.

L'arrivée des premiers Bretons. Contrairement à une idée reçue, l'arrivée des premiers Bretons en Armorique, à la fin du IVe et au Ve siècle, dut beaucoup aux Romains, qui recourirent aux Bretons afin de protéger le littoral nord de l'Armorique et donc de défendre les côtes de l'Empire romain contre les pillards saxons et peut-être irlandais. 
Ce flux d'immigration, contrôlé, encadré, préfigura un autre mouvement d'une toute autre ampleur, qui se produisit entre les Ve et VIIe siècle. Ce mouvement dut davantage, dans un premier temps, aux menaces d'invasion des Pictes de Calédonie (actuelle Ecosse) et des Scots d'Irlande qu'à celles des Angles et des Saxons. 


Confrontés à l'invasion des Pictes et des Scotts, les Bretons décidèrent en effet de recourir à des mercenaires du Jutland (actuel Danemark). Seulement voilà : peu loyaux, les Jutes se retournèrent contre les Bretons et s'allièrent à d'autres tribus germaniques, qui les rejoignirent dans leur invasion des îles britanniques : les Angles et les Saxons. Les premiers occupèrent rapidement la côte nord-est de l'actuelle Angleterre (East Anglia), tandis que les seconds envahirent l'actuel bassin de Londres (d'où les noms de Sussex et d'Essex, par exemple).

La poussée anglo-saxonne. Les Bretons furent chassés et acculés sur la côte ouest de l'île de Bretagne, en Powys et Gwent (Pays de Galles) et en Domnonée (Cornouailles et Devon). Concentrés sur un plus petit territoire, les Bretons se trouvèrent à la fois menacés et confrontés à un problème de surpopulation. Cette poussée des Angles et des Saxons se traduisit ainsi par de nouvelles vagues de migrations, effectivement beaucoup plus importantes. 
Une fois de plus, ce mouvement ne fut nullement anarchique et désordonné. Il s'agissait véritablement de troupes (ou de boats-people !) qui arrivaient à intervalles réguliers chez leurs compatriotes déjà fixés en Armorique avec femmes, enfants, chefs politiques et religieux (les fameux saints bretons). Ils achetaient des terres ou négociaient leur cession. Leur accueil était facilité par la présence d'autres Bretons, donc, mais aussi par les autochtones gaulois, qui présentaient des similitudes évidentes, tant linguistiques que culturelles. Bretons et Gaulois parlaient d'ailleurs des langues appartenant au même groupe de langues celtiques : celles du groupe brittonique ou p-celtic (par opposition au groupe gaëlique ou q-celtic).

Des nuances de peuplement. Si l'origine des Bretons est grosso modo bien connue, il est intéressant de rappeler que le peuplement par les Bretons s'est fait différemment selon les régions d'Armorique. 
Ainsi, le nord de l'Armorique (notamment le Trégor) a-t-il été massivement peuplé par les Bretons de Domnonée (actuels Devon et Somerset), au point de lui transmettre son nom. Il en va de même de la Cornouaille (sud Finistère), massivement peuplée par les Bretons de Cornouailles britannique.
Les Bretons de l'actuel pays de Galles, de leur côté, ont plutôt peuplé le Léon et le pays Vannetais. A noter d'ailleurs la particularité du pays Vannetais, où le mouvement de migration n'a pas totalement submergé les autochtones. C'est d'ailleurs la principale explication de la différence linguistique du Vannetais. Si les trois dialectes bretons dits KLT de Cornouaille, du Léon et du Trégor sont proches, le Vannetais diffère sensiblement : notamment parce que le Vannetais est plus proche du gaulois. Les Vénètes y ont davantage imprimé leur trace que les autres peuplades gauloises d'Armorique, plus faibles.

Quelle fut la proportion d'immigrants dans la population (...) ? Les historiens peinent à quantifier la proportion d'immigrants bretons. Le débat n'est d'ailleurs pas clos sur cette question. Mais certains historiens avancent toutefois le nombre d'environ 30 à 50 000 immigrants bretons des îles britanniques entre les Ve et VIIe siècle. Ce qui est considérable. Car on peut estimer à l'époque la population de l'actuelle Bretagne à environ 100 000 âmes. Dans la moitié ouest de la Bretagne, le nombre d'immigrants a donc selon toute vraisemblance supplanté celui des autochtones, en particulier en Domnonée et en Cornouaille.
Il n'en reste pas moins que les bretons ont également peuplé l'est de la Bretagne, notamment jusqu'à une ligne allant du Mont-Saint-Michel aux portes de Nantes, mais il est vrai dans une moindre proportion et parfois par îlot. Ainsi, des zones ont été assez fortement peuplées par les Bretons, telle la presqu'île de Guérande et la région de Dol et Saint-Malo.

Force est donc de constater que la Bretagne est largement peuplée d'immigrés, auxquels il convient d'ajouter d'autres vagues d'immigration, notamment irlandaises (lors de l'évangélisation de la Bretagne puis, beaucoup plus tard, lors de la grande famine du XIXe siècle). Peut-on y voir l'une des raisons de la faible implantation du vote d'extrême droite en Bretagne ? C'est une explication avancée par certains sociologues. Parmi d'autres...

http://www.ebreizh.net/


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117 réactions à cet article


  • Fergus Fergus 20 mars 2014 17:56

    Bonjour, ebreizh.

    « Peut-on y voir l’une des raisons de la faible implantation du vote d’extrême droite en Bretagne ? C’est une explication avancée par certains sociologues. »

    Je ne crois pas que cette explication soit la bonne, de nombreuses autres régions ayant été tout aussi largement impactées au cours de l’histoire par les apports de population étrangère, ce qui n’y empêche pas des scores élevés du FN.

    A mon avis, l’explication réside dans deux faits : d’une part, la Bretagne a toujours eu un passé maritime qui l’a mise en contact avec d’autres peuples et d’autres cultures en favorisant du même coup une plus grande tolérance ; d’autre part, la Bretagne, peu industrialisée ou tournée vers les technologies de pointe, subit peu les apports massifs d’immigrés que l’on peut constater en d’autres lieux où le niveau de saturation est parfois largement dépassé, d’où un vote FN élevé.


    • boris boris 22 mars 2014 01:06

      En Bretagne il n’y a pas de vignes par contre il y a des raisins !


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 22 mars 2014 18:55

      Merde, et l’Atlantide, alors ? Vous oubliez l’Atlantide !
      C’est la Bretagne évidemment.
      Tous les Atlantes le savent bien.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 mars 2014 19:06

      Mr Mourey a déjà démontré ici que l’Atlantide était le pays Arvennes .
      D’ailleurs,vu cet apport essentiel à l’histoire ,les éditions Gosciny vont bientôt rectifier un titre en « Astérix chez les atlantes ».


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 22 mars 2014 19:10

      Et je ne plaisante pas. Je dis ça pour les chasseurs de trolls, mous du cerveau mais rapides au clic. Je tiens, moi le sudiste, cette docte assersion « Atlantidesque » de l’ouvrage l’Histoire de la Bretagne de ce bon Yann Brekilien, que ne je recommanderais qu’avec toute la circonspection du monde, mais qui de fables en extrapolation ethniques diverses m’a fait voyager bien au-delà du Couesnon.
      La vérité est que le centre du monde se trouve quelque part entre St-Malo, Rennes , Brest et Fougères et que cette histoire de la Gare de Perpignan est signée d’un surréaliste, ce que l’on oublie trop souvent.
      J’ajoute que j’ai évité la fanny par fois au palet, et oui, ce fut un match en 2 manches seulement, y’a pas eu photo. Faut dire que chez nous, les boules, elles roulent (sauf à Cagnes-sur-mer, mais ils sont fadas à Cagnes sur mer).


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 mars 2014 19:23

      Pour la gare de Perpignan ,bien d’accord ...Comment faire confiance aux dires d’un gars qui disait bouffer à des âges où on n’a plus de dents du chocolat aux Amanda .


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 22 mars 2014 19:25

      Et,

      ... je m’empresse d’ajouter qu’il serait fort incongru et déplacé, ce doit d’ailleurs être interdit, au moins enBretagne, de critiquer ou mettre en douter ou seulement même « avoir l’air de mettre en doute », comme on dit dans les tribunaux de Lisbonne, tout ce qui émane du copntenu de l’Histoire de la Bretagne de ce bon Yann Brekilien, ci-dessus évoqué.
      Or le pavé de référence (1000 pages or so) de cet éminent et passionné juriste indigène, c’est le roc de Durandal, l’ inattaquable fait livre : et il vous le dit bien, Mimile Mourey ou pas : « à droite après les Colonnes d’Hercule, tu te prends un grain et paf ! te voilà rabattu par le sud-ouest sur »... ce que tu prends pour une île, car le grain est sec. Et voilà l’affaire dans le sac pour des générations : L’Atlantide, on ne la trouve pas parce que la vérité-vraie-la-honte-de -ma-maman-si-je-mens, ce que c’est même pas une île. CQFD, je sais, ne me remerciez pas ; ni ne riez, l’affaire est sérieuse, n’est-ce pas Emile ?


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 mars 2014 19:34

      Toute manière ,j’ai toujours su que la cité d’Ys les bretons ils l’ont jamais retrouvée car trop bourrés après un soir de bringue sur le continent ;un peu comme on sait plus parfois où on a garé sa bagnole à la fermeture du bistrot .


    • béatrice 22 mars 2014 21:01

      A Fergus : même réaction à la lecture de cet article, toutefois un peu plus épidermique !


    • Redj Redj 20 mars 2014 18:03

      Issu du pays Vannetais par ma famille présente depuis au moins 200 ans, je vous remercie pour cet article !! Je ne connaissais pas tout ça, notamment le pourquoi de la différence entre les différentes langues. Ma grand-mère parlait le Vannetais, mais elle refusait de nous l’apprendre, à cause des coups de triques reçues dans sa jeunesse !!
      Trugarez !


      • howahkan Hotah howahkan Hotah 20 mars 2014 18:19

        Salut redj, je confirme les coups de trique à l’école( années 1930 environ) là il s’agissait du breton dans ma famille ,car ma mère par exemple parlait le breton jusqu’à la scolarisation , ce qui fut totalement interdit à l’école avec coup de triques smiley....alors bien sur elle a refusé de me l’apprendre..je capte des mots ici et là , mais pas grand chose....

        salutations...


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 21 mars 2014 09:58

        non l’indien :

        c’était un petit sabot en bois sur une ficelle a mettre au tout du cou OBJET INFAMANT
        ( L ’AUTRE objet ou image infamante : BECASSINE)
        mes parents et grands parents ont connu cela....................ON OUBLIE QUE 400000
        BRETONS SONT MORTS EN 14-18 QUE BEAUCOUP SONT REVENUS INVALIDES BLESSES AMPUTES GAZES ET/ OU ALCOOLIQUES !!!!!!!

        NOTRE VIEUX DICTON : LES POMMES DE TERRE POUR LES COCHONS LES EPLUCHURES POUR LES BRETON !!!!!!!!!cela veut toutdire/

        PARIS MANGE A SA FAIM ET LES BRETONS MANGENT LES RESTES. COMME MES COCHONS



      • howahkan Hotah howahkan Hotah 21 mars 2014 11:25

        Merci d’avoir précisé......ma mère en a parlé une seule fois ou j’étais présent, mais les enfants n’étaient pas supposés entendre.. pour le reste aussi à propos d’alcoolisme ,de morts etc etc pour la petit histoire la boisson alcoolisé en Bretagne etait le cidre maison, ce qui fut remplacée par le vin en quantités égales...d’où le désastre...

        kevarc’h


      • diogène diogène 21 mars 2014 14:38

        « ON OUBLIE QUE 400000 BRETONS SONT MORTS EN 14-18 QUE BEAUCOUP SONT REVENUS INVALIDES BLESSES AMPUTES GAZES ET/ OU ALCOOLIQUES !!!!!!! »


        C’est vrai que la proportion de jeunes hommes sacrifiés a été plus importante chez les enfants de cette région qu’ailleurs.

        Mais ce n’est pas parce qu’ils étaient Bretons.
        C’est parce qu’ils étaient analphabètes, ce fléau étant encore plus marqué dans cette région rurale et soumise au clergé que dans les autres régions.

        L’armée sélectionnait en priorité les illettrés pour servir de chair à canons.

        Les tirailleurs sénégalais, spahis algériens et goumiers marocains ont connu le même sort pour les mêmes raisons.


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 21 mars 2014 15:11

        TOUT A FAIT D ACCORD AVEC TOI L’ INDIEN

         UNE CHANSON DE NOTRE GRAND BARDE SERVAT DIT QU ON NOUS PARQUERA UN JOUR DES DANS DES RESERVES COMME LES INDIENS
        (nous étions avant l ’afrique la réserve de travailleurs et de soldats de la si petite france au 15ème siécle ) et sommes devenus francais seulement en 1537


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 21 mars 2014 15:17

        LES BRETONS ETAIENT TRAITES COMME LES TIRAILLEURS !!!!!!

        mieux comme gambetta nous prenait tous pour des chouans une armée bretonne a été exterminée A CONLIE PRES DU MANS ILS AVAIENT UNE ARME POUR 3
        leur général etait de KERATRY..............

        entre la maladie et les prussiens 100000 SOLDATS BRETONS MORTS POUR RIEN
        PRUSSIENS OU FRANCAIS   ? PESTE OU CHOLERA............. ?


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 21 mars 2014 15:19

        RAJOUT...CONLIE.EN 1870....DEJA !!!!!!!!!!!!!!!!


      • cedricx cedricx 21 mars 2014 16:06

        « ...mais elle refusait de nous l’apprendre, à cause des coups de triques reçues dans sa jeunesse !!... »


        Tiens mais c’est exactement la même chose avec le savoyard (patois disait-on) Arvi pa !

      • Redj Redj 21 mars 2014 16:16

        oui cedricx, les bretons n’ont pas été les seuls à devoir renier leur langue au profit du français, cela s’est fait partout en France. Mais que voulez-vous, c’est « républicain » qu’ils disaient...


      • CASS. CASS. 21 mars 2014 19:15

        Diogéne : Vous dites les bretons génocidés parcequ’ils étaient analphabétes !!!, ne venez surtout pas me dire ça en face (surtout sachant qui sont ceux qui ont organisés et financé sciemment cette guerre de 14- 18, comme la suivante et les autres depuis)

         


      • Dudule 21 mars 2014 20:54

        Tedj et Cedrycx :

        Ma mère est savoyarde et m’a raconté une version très différente du refus d’apprendre le patois, en l’occurrence le savoyard, par mon arrière-arrière grand père à mon arrière grand père. C’était simple : un mot de patois prononcé, une journée au pain sec et à l’eau.

        Parler le patois, c’était être l’idiot du village. Les gens qui parlaient français pouvais faire du commerce, des études ou simplement vouloir aller vivre ailleurs si le cœur leur en disait. Les gens qui ne parlaient que le patois restaient au cul des vaches. C’est une réalité de la fin du XIXième, début XXième siècle.

        C’était être l’idiot du village de parler patois, d’autant plus qu’il n’y avait pas un patois Savoyard (comme il n’y avait pas un patois Breton), mais que les gens de la région d’Evian (d’où ma mère est originaire, le Chablet en fait), avait beaucoup de mal à se faire comprendre à Annecy.

        Je n’aime pas du tout ce discourt qui consiste à dire que la République a tout fait pour éradiquer les langues régionales. La République n’en avait strictement rien à faire (à tord ou à raison). Elle voulait simplement que tout le monde parle français, et la monarchie qui l’avait précédé avait déjà fait l’essentiel du boulot (je fait ici référence à la monarchie de Juillet et à la troisième République), puisque c’est Guizot (ministre de Louis Philippe) lui même qui a imposé le français à l’école. L’école gratuite, laïque et obligatoire existait avant la 3ième république, sauf qu’elle n’était pas laïque et quasiment obligatoire, mais déjà en français. La 3ième république n’a fait essentiellement que remplacer le curée par l’instit, et c’est bien ce que beaucoup lui reproche (voir le discourt de Latran de Sarko...). La mini-guerre de religion qui s’en est suivi, à coup de baffes dans la tronche (ça n’a jamais été plus loin...) entre les partisans du curée et les partisans de l’instit, on en rigole encore dans nos montagnes...

        Maintenant, si vous avez vraiment raison, vous allez m’expliquer comment des Suisses, par exemple, qui n’ont jamais (ou très très brièvement sous le 1er Empire pour certain d’entre eux) été français, qui parlaient grosso modo le même patois que les Savoyards, se retrouvent à parler Français... Il s’est passé ce qu’il devait se passer, c’est tout, en Suisse comme dans les deux Savoies : le français à fini par supplanter des langues beaucoup trop locales, beaucoup trop minoritaires, et la République n’y est pour rien.

        On pourrait peut-être lui reprocher de ne pas avoir défendu ces langues minoritaires si elle ne l’avait pas fait : l’enseignement des langues régionales est devenu optionnel au collège et au lycée dés que l’on s’est aperçu que leurs disparition était un appauvrissement culturel, c’est à dire dés le milieu des années 70... Les élus régionaux auraient pu s’en préoccuper avant, ça aurait sûrement été pris en compte. En fait, la IIIième République (tant vilipendé sur ce point) n’a jamais refusé que des gens parlent patois savoyard, occitan, breton, basque... Elle s’est simplement préoccupé d’apprendre le français à tout le monde, tout comme la monarchie et le IIIième Empire qui l’ont précédé.

        C’est tout, il n’y a pas eu de complot des immondes républicains sans Dieu pour l’éradication de minorités opprimées.


      • cedricx cedricx 22 mars 2014 02:41

        ...C’est tout, il n’y a pas eu de complot des immondes républicains sans Dieu pour l’éradication de minorités opprimées...


        Non ? et pourtant jusque dans les années 50/60 les élèves surpris entrain de parler le savoyard, même dans la cour d’école, étaient sévèrement punis et battus ( à la règle le plus souvent) C’est quand même pas si vieux pour prétendre le nier ! Je ne suis pas un fervent adepte des langues régionales mais la vérité est la vérité.



      • Jean-Michel Lemonnier Jean-Michel Lemonnier 22 mars 2014 11:20

        VOUS ECRIVEZ :  "Je n’aime pas du tout ce discourt qui consiste à dire que la République a tout fait pour éradiquer les langues régionales. La République n’en avait strictement rien à faire (à tord ou à raison). Elle voulait simplement que tout le monde parle français, et la monarchie qui l’avait précédé avait déjà fait l’essentiel du boulot (je fait ici référence à la monarchie de Juillet et à la troisième République), puisque c’est Guizot (ministre de Louis Philippe) lui même qui a imposé le français à l’école« (...)
         »En fait, la IIIième République (tant vilipendé sur ce point) n’a jamais refusé que des gens parlent patois savoyard, occitan, breton, basque... Elle s’est simplement préoccupé d’apprendre le français à tout le monde, tout comme la monarchie et le IIIième Empire qui l’ont précédé.

        C’est tout, il n’y a pas eu de complot des immondes républicains sans Dieu pour l’éradication de minorités opprimées.« 


        Si, un »peu" quand même..

        1831

        BRETAGNE COLONIE

        La Basse-Bretagne, je ne cesse de le dire, est une contrée à part qui n’est plus la France. Exceptez en les villes, le reste devrait être soumis à une sorte de régime colonial. Je n’avance rien d’exagéré. Créons pour l’amélioration de la race bretonne, quelques unes de ces primes que nous réservons aux chevaux et faisons que le clergé nous seconde en n’accordant la première communion qu’aux seuls enfants parlant le français.

        Auguste Romieu, sous-préfet de Kemperle

        POUR L’APPAUVRISSEMENT DU BRETON

        Il faut, par tous les moyens possibles, favoriser l’appauvrissement du breton, jusqu’au point où, d’une commune à l’autre, on ne puisse pas s’entendre (...), car alors la nécessité de communication obligera le paysan d’apprendre le français. Il faut absolument détruire le langage breton.

        Lettre des préfets des Côtes du Nord et du Finistère à Montalivet, ministre de l’Instruction Publique.

        LANGAGE DUR

        Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage. Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots ... En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois.

        Malte Brun, Les jeunes voyageurs en France.

        1835

        BRETON PIRE QUE LE CATALAN

        Croyez-moi, Monsieur, le catalan qui me faisait tant enrager n’est qu’un jeu d’enfant auprès du bas breton. C’est une langue que celle-là. On peut la parler fort bien, je crois, avec un bâillon dans la bouche, car il n’y a que les entrailles qui paraissent se contracter quand on cause en bas breton. Il y a surtout l’h et le c’h qui laissent loin derrière la jota espagnole. Les gens qui parlent cette belle langue sont bons diables, mais horriblement sales ... On voit dans les villages les enfants et les cochons se roulant pêle-mêle sur le fumier, et la pâtée que mangent les premiers serait probablement refusée par les cochons du Canigou.

        Prosper Mérimée, lettre à Jaubert de Passa.

        1836

        LANGUE DIABOLIQUE

        Vous saurez d’abord que c’est vers la Bretagne, la douce et la bretonnante, que se sont dirigées mes courses cette année ... Quant aux naturels du pays hélas ! c’est la province sans soleil. Croiriez vous que j’ai fait quatre cent lieues en Bretagne sans déboutonner ma braguette. Impossible de toucher sans pincette les personnes du sexe de Brest, Morlaix, Saint Brieux (sic), Rennes, Vannes, Quimper. Ce n’est qu’à Nantes que la Providence m’a envoyé soulagement ... Au lieu de votre joli patois dont on comprend toujours quelque chose, c’est une langue que le diable a inventée que l’on parle là-bas et qui n’a pas moins de quatre dialectes très différents. Lavarèt d’in pélèc’h azô ünenbennak ago zéfé gâllec ? Voilà tout ce que j’ai pu apprendre à dire m’écorchant le gosier : Dites moi où il y a quelqu’un qui parle français. Jamais, à moins qu’on ne lui fasse une opération chirurgicale, un Provençal ne prononcera pélèc’h. Mangez une olive crue, et en crachant, vous ferez un bruit approchant ce c’h. Par dessus le marché, ces sauvages ne m’ont-ils pas persécuté dans leurs journaux, m’accusant d’avoir enlevé d’autorité à leur province un manuscrit d’un certain barde du Vè siècle, Guiclan ou Guinclan, manuscrit que j’ai cherché partout inutilement et dont j’ai appris l’existence à la plupart de leurs doctes !

        Prosper Mérimée, lettre à Requien.

        1845

        TUER
        Surtout rappelez-vous, messieurs, que vous n’êtes établis que pour tuer la langue bretonne.
        Un sous-préfet du Finistère, Discours aux instituteurs.

        1846

        SUBSTITUER

        Nos écoles, dans la Basse-Bretgne, ont particulièrement pour objet de substituer la langue française au breton et ce serait incontestablement un bienfait. C’est en breton, par l’exigence de MM. les Recteurs, qu’on y enseigne le plus généralement le catéchisme et les prières : c’est un mal. Nos écoles dans la Basse Bretagne ont particulièrement pour objet de substituer la langue française au breton.

        Préfet des Cotes du Nord, Lettre à l’évêque de Saint-Brieuc. (Annales de Bretagne, édité en novembre 1912)

         

        VIEILLE LANGUE

        Nous voyons avec un contentement réel que vous tenez à vos vieux usages, à vos vieux costumes, à votre vieille langue.

        Monseigneur Graveran, évêque de Quimper et Léon.

        1874

        BRETON, LANGUE MORTE

        Si l’on veut comprendre la Vendée, qu’on se figure cet antagonisme : d’un côté, la Révolution française, de l’autre le paysan breton. En face de ces évènements incomparables, menace immense de tous les bienfaits à la fois, accès de colère de la civilisation, excès du progrès, amélioration démesurée et inintelligente, qu’on place ce sauvage grave et singulier, cet homme à l’\oeil clairet aux longs cheveux, vivant de lait et de châtaignes, borné à son toit de chaume, à sa haie et à son fossé, distinguant chaque hameau du voisinage au son de sa cloche, ne se servant de l’eau que pour boire, ayant sur le dos une veste de cuir avec des arabesques de soie, inculte et brodé, tatouant ses habits comme ses ancêtres les Celtes avaient tatoué leurs visages, respectant son maître dans son bourreau, parlant une langue morte, ce qui est faire habiter une tombe à sa pensée, piquant ses b\oeufs, aiguisant sa faux, sarclant son blé noir, pétrissant sa galette de sarrasin, vénérant sa charrue d’abord, sa grand-mère ensuite, croyant à la Sainte Vierge et à la Dame Blanche, dévot à l’autel et aussi à la haute pierre mystérieuse debout au milieu de la lande, laboureur dans la plaine, pêcheur sur la côte, braconnier dans le hallier, aimant ses rois, ses seigneurs, ses prêtres, ses poux ; pensif, immobile, souvent des heures entières sur la grande grève déserte, sombre écouteur de la mer.

        Et qu’on se demande si cet aveugle pouvait accepter cette clarté.
        Victor Hugo, Quatre-Vingt Treize

        LANGUE DE L’INSTRUCTION RELIGIEUSE

        L’enfant qui regardera la langue bretonne comme la langue de l’instruction religieuse regardera la langue française comme la langue de la vie civile, la langue des affaires, la langue dans laquelle il devra écrire, calculer, apprendre ce qui lui sera utile pour le commerce et l’industrie, la langue qui lui sera nécessaire dans les relations qu’il aura avec les personnes étrangères au pays qu’il habite.

        Evêque de Quimper, lettre de l’évêque de Quimper au préfet. NOTE DE TANAEL : en fait ici l’évêque ruse pour défendre malgré tout la langue bretonne auprès du préfet qui veut faire disparaître la langue bretonne y compris au catéchisme.

        1888

        BRETON, LANGUE D’ARRIERES MENTAUX

        Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas ... S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel. Y a-t-il lieu, dans ces conditions, de tenir compte des quelques mots bretons qui lui ont suffi pour traîner jusque là une vie rudimentaire ? Je ne le crois pas. Mieux vaut admettre qu’il ne sait rien et commencer avec lui par le commencement, comme on fait à l’école maternelle.

        Poitrineau, inspecteur d’Académie à Vannes, cité par Ar Falz, n°1, 1959

         

        PAS DE BRETON A L’ECOLE

        Un principe qui ne saurait jamais fléchir : pas un mot de breton en classe ni dans la cour de récréation.

        L’inspecteur d’académie Dausimont



      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 23 mars 2014 10:01

        L’ ARMEE DE KERATRY laissée sans armes et munitions dans la BOUE DE

        CONLIE face aux prussiens car les francais les croyaient « chouans et peu surs »

        100000 BRETONS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


      • Analis 23 mars 2014 18:46

        Les langues régionales ont-elles été supprimées par la république française, ou l’ont-elles été par leurs locuteurs eux-mêmes ? La situation est plus complexe, car les deux ont pu être vrais à certaines époques. Dudule a raison de faire valoir que les locuteurs de langues minoritaires ont parfois eu une attitude de dépréciation active envers leurs parlers, l’usage du terme patois étant lui-même dégradant et méprisant. Il est juste cependant de préciser que ce mépris de leurs langues leur avait été inculqué par la propagande et les pratiques coercitives de l’Etat. Pratiques rapellées par cedricx et Jean-Michel Lemmonier, consistant à stigmatiser et réprimer physiquement l’usage de ces langues. Les locuteurs ne pouvaient guère que développer une défiance, pour ne pas dire une aversion envers leur langue natale.


        Il faut cependant préciser que si ces pratiques sont spécifiquement républicaines, l’attitude de l’Ancien Régime n’ayant jamais été que celle que Dudule attribue à la République, et encore en nettement moins soutenue, certaines provinces avaient sous la monarchie développé des politiques de francisation de leur propre chef. En Bretagne, notamment, où le français avait déjà été déclaré langue officielle au détriment du breton avant son rattachement au royaume de France. Aux 17 et 18ème siècle, en Basse-Bretagne, le français était déjà considéré par les gens instruits comme la langue bien comme il faut, et le breton comme la langue des gueux. Ce genre de situation n’était pas spécifique à la France. En Suisse romande et en Val d’Aosta, ainsi qu’en Savoie d’avant l’annexion, le français a été introduit par des élites aux détriments des dialectes arpitans/franco-provençaux, dont il n’a par leur faute jamais existé de version unifiée. Il y a deux ans, j’avais lu sur un forum anglophone une réplique amusée d’un posteur anglais à un nationaliste écossais qui s’offusquait du mépris de nombreux anglais pour le gaélique, relevant selon lui du même mépris pour les traditions et la culture écossaises, réplique qui affirmait que puisque le dénigrement du gaélique relevait d’un vieux sport national en Ecosse, son interlocuteur devrait après tout respecter cette tradition. Il est exact que le mépris des responsables de l’ancien royaume d’Ecosse pour le gaélique est bien établi, notamment parce qu’ils avaient inscrit leur préjugés dans la loi. 


      • howahkan Hotah howahkan Hotah 20 mars 2014 18:09

        salud

        Merci de ce texte clair ,concis, que je vais mettre de coté pour cette raison, .....moi meme originaire de Gourin, habitant en Irlande, le lien existe toujours quelque part entre les deux cultures....Stivell y a été pour beaucoup mais pas seulement bien sur.....

        va falloir dire ça à jean marie : le voila lui meme un « estrenvro » smiley

        ken ar wech all


        • Fergus Fergus 20 mars 2014 18:25

          Bonjour, HH.

          Ah ! l’Irlande. Superbe pays où je retourne toujours avec plaisir pour ses paysages fabuleux, pour son patrimoine architectural et historique, et pour ses populations chaleureuses, un peu moins pour la Guinness dont je ne suis pas amateur. Je suis notamment un fan des péninsules du sud-ouest, du Burren et des Iles d’Aran.

          N’oublions pas ce sont des moines irlandais (et gallois) qui ont christianisé la Bretagne ; leurs noms se retrouvent un peu partout dans la toponymie bretonne.


        • howahkan Hotah howahkan Hotah 20 mars 2014 18:38


          Salut fergus....

          Oui je suis bien ici.....je me partage quand je peux entre ici et les Pyrénées, coté hautes Pyrénées..j’aime bien la « beara peninsula », ballyferriter apres Dingle , le burren énormément, à un moment je n’étais pas loin , je travaillais à coté de doolin, ou on va de temps en temps en famille...chez o’connor pub....quand aux iles Aran j’y suis allé une fois, mon amie parlait Irlandais ça a quand même bien aidé....mon dernier qui a 10 ans parle Irlandais....à propos de gallois quand je vais en Pays de Galles je reconnais un peu des mots bretons ...
          coté bière, nous sommes fan de Beamish........

          merci de ton mot

          salutations..


        • Fergus Fergus 20 mars 2014 19:58

          @ HH.

          La péninsule de Beara, ma préférée, notamment du côté de Allihies et Eyeries. Difficile de faire plus sauvage, et d’étonnants vestiges de mines. J’aime également beaucoup le port et la péninsule de Dingle, avec une prédilection pour le site des Three Sisters.

          Quant à Doolin, je connais d’autant mieux que j’y ai séjourné quelques jours dans un B&B tenu par une Polonaise à 50 m du pub de Gus O’ Connor. Inutile de dire que nous y allions tous les soirs ! Du port, on peut se rendre hors saison en bateau vers les Iles d’Aran pour un prix dérisoire en se rendant le soir à l’embarcadère pour un départ le lendemain : prix cassés presqu’à chaque fois !

          Bonne soirée.


        • howahkan Hotah howahkan Hotah 21 mars 2014 08:11

           smiley..........................................


        • Radix Radix 21 mars 2014 16:02

          Bonjour

          « estrenvro » me semble plutôt être un mot d’origine espagnol que breton ?

          Estranjero viendrait de l’espagnol, apporté par les nombreux marins de "l’invincible armada coulés par les anglais et qui ont trouvé refuge en Bretagne.

          Radix


        • diogène diogène 21 mars 2014 17:40

          Les pêcheurs de la Galice espagnole (celtique) et les pêcheurs bretons partageaient les mêmes étendues maritimes (le Golfe de Gascogne en particulier) et leurs échanges économiques, culturels et ethniques n’ont pas attendu Trafalgar ; les métissages ont été fréquents et nombreux dans les deux sens, mais peu de druides modernes ont relevé ce détail moins séduisant sans doute que les brumes calédoniennes et le charme de la harpe irlandaise (sans parler du whisky dans les deux cas qui aide à cultiver les nostalgies).


        • CASS. CASS. 21 mars 2014 20:05

          howahkan hota vous noterez la religion celtique ancestrale fort bien structurée des celtes -gaulois " les bretons ’ avec les mages perses d’Iran d’où la naissance de la philosophie.
          les mages,les « Gymnosophistes » chez les Indiens, et chez les Celtes et les Gaulois ceux qu’on appelle « Druides » et « Semnothées »…
          D’où venaient ces Gaulois, qui occupaient la Gaule du Rhin à la Méditerranée, et de la Bretagne jusqu’à l’Adriatique pendant les cinq siècles qui précédèrent notre ère ? La question fut soulevée par les Grecs dès que, voyageant au Nord, ils découvrirent les Celtes. La découverte, en France, de plusieurs lieux de culte gaulois montre que les Gaulois pratiquaient une religion qui leur était propre : son culte et ses pratiques funéraires révèlent qu’elle était différente de celle des peuples méditerranéens. Ces découvertes réactivent les interrogations des Grecs anciens sur les origines de ces celtes et gaulois de l’Ouest et du Nord de l’Europe, et sur les rapports qu’ils entretenaient avec les peuples de l’Orient.

          Pour cette raison, nous allons étudier le corpus des croyances celtes, après avoir examiné les indices anciens et les preuves archéologiques de l’existence d’une même religion sur le territoire gaulois. Plus abstraite que celle des Grecs ou des Romains, dégagée de tout contenu anthropomorphique, la religion celte accordait une place essentielle à l’âme( en toutes choses aussi faune et flore) Selon nous, ses caractéristiques rappellent nombre des traits des religions antiques perses et védiques (hindoues). La croyance en l’âme immortelle, notamment, explique l’attitude des Celtes face à la mort au combat, qui fascinait tant les Grecs et les Romains, et que la fouille des nécropoles de guerriers celtes confirme aujourd’hui. Enfin, nous montrerons que le personnel religieux qui propageait ces croyances ressemble peu à celui des Grecs ou des Romains.

          Les lieux de culte celtiques

          Longtemps, on a cru que les cérémonies religieuses celtes étaient célébrées dans la nature, auprès de quelque source ou phénomène naturel. Cette idée est restée répandue chez les historiens jusqu’à la fin du xxe siècle. Elle découle de leur interprétation d’un texte de Pline l’Ancien (23-79), où le chroniqueur romain décrit la cueillette du gui sur des chênes ainsi que les cérémonies qui s’ensuivent. Or, de ce texte, précieux pour la connaissance de la religion gauloise, ne fut retenu que le décor, la forêt, supposée tenir lieu de sanctuaire. Une lecture plus attentive aurait pourtant révélé qu’il s’agit là d’un rite spécifique à la cueillette du gui. Le début de ce texte, ainsi que de nombreuses informations relevées chez d’autres chroniqueurs, auraient dû alerter les historiens modernes : chaque fois qu’il est question d’opérations cultuelles en Gaule, les auteurs latins parlent d’un lucus et les auteurs grecs d’un temenos. Le premier terme, qui signifie bois sacré, désigne un sanctuaire, le second une enceinte sacrée. Diodore de Sicile (–90 à –20), écrivain de langue grecque, résumant l’œuvre d’un historien plus ancien, Poseidonios d’Apamée, est à ce sujet tout à fait clair : « Il y a un fait particulier et incroyable chez les Celtes d’en haut (du Nord) concernant les enceintes consacrées aux dieux. Dans les sanctuaires et dans les enceintes sacrées érigées dans ces régions, on a jeté beaucoup d’or en offrande aux dieux, et aucun habitant ne s’en empare par crainte des dieux. »

          Or, depuis 30 ans, ce sont précisément de telles enceintes sacrées que les archéologues découvrent dans le Nord de la France. Il s’agit d’enclos quadrangulaires, de 40 à 50 mètres de côté. Leur clôture est double, à la fois symbolique et réelle : un fossé sépare le terrain sacré du monde profane, et un mur de bois et de torchis isole les participants au culte des non-initiés restés à l’extérieur. Parfois construites sur un terrain pentu, ces enceintes ont une implantation et une orientation qui sont, à l’évidence, le fruit de calculs. Ainsi, l’axe reliant l’autel creux à l’entrée monumentale correspond probablement à une date précise, peut-être celle de la principale fête religieuse. Sur le sanctuaire de Gournay, cette date est celle du solstice d’été. Par ailleurs, ces lieux sacrés n’accueillent aucun temple. Les dieux se manifestent dans un bois sacré, un bosquet où, selon Pline, le chêne est toujours présent. À sa marge, au centre de l’espace sacré se trouve l’unique aménagement cultuel : une fosse cylindrique d’environ deux mètres de profondeur et de deux à quatre mètres de diamètre. C’est auprès d’elle, qu’avant le banquet, étaient sacrifiés, lors de fêtes, des bœufs, des porcs ou des moutons… Le riche mobilier archéologique retrouvé dans le fossé de clôture de ces enceintes confirme leur caractère tabou. À Ribemont-sur-Ancre, près d’Amiens, des dizaines de milliers d’os humains et des milliers d’armes et de restes de chars de guerre ont été consacrés aux dieux. C’est parce qu’une partie de la nécropole échappa au nettoyage qui précéda l’érection d’un temple au ier siècle de notre ère, que nous les avons retrouvés. Ainsi, ces offrandes sont demeurées en place plus de deux siècles durant, sans que personne ne les touche, comportement qui confirme le témoignage de Diodore de Sicile : la piété gauloise était extrême !

          Tout ceci prouve assez que dès le iiie siècle avant notre ère, une religion très structurée était en place au Nord de la Gaule, sa partie la plus « barbare ». Soulignons que le mot Barbare désigne alors tous les non-Grecs, sans distinction ni connotation péjorative. Pour les voyageurs grecs qui la découvrent, cette religion barbare n’est manifestement pas une version primitive de la théologie gréco-latine, mais bien un culte autochtone fixé depuis longtemps.

          De fait, entre le ve et le début du ier siècle avant notre ère, les représentations gauloises des dieux sont aux antipodes de celles des Grecs et des Romains. Les divinités celtes ne sont pas des familles de surhommes qui s’associent ou s’affrontent, car les Gaulois n’utilisent aucune représentation anthropomorphique des dieux. Une anecdote illustre à quel point cette idée leur est étrangère : alors qu’il venait de conquérir Delphes, le chef gaulois Brennus se moqua des statues cultuelles du temple où il venait de pénétrer avant de les répartir entre ses guerriers. Cet épisode rappelle l’intention du conquérant perse Xerxès, qui en 480 avant notre ère, voulait « libérer les dieux des Grecs, enfermés dans leur temple ».

          Les croyances celtiques

          Comme les Gaulois, les anciens Perses aussi proscrivaient les représentations humaines des dieux. Attestée depuis le iie millénaire avant notre ère, leur religion est nommée zoroastrisme ou encore mazdéisme, mot dérivé du terme mazda signifiant sage. Il y a des milliers d’années, les Aryens, une ethnie d’Asie centrale, se divisèrent en deux groupes. L’un conquit le Nord de l’Inde, tandis que l’autre, les Perses, se fixait en Iran. C’est pourquoi l’origine du mazdéisme se confond avec celle du brahmanisme, et pourquoi la langue sacrée des Mazdéens et celle des Hindous (le sanscrit) sont si proches. Comme les Perses, les Celtes parlaient une langue indo-européenne.Dans le culte celte, l’esprit divin peut être fixé dans l’espace, notamment par une parcelle de terre qui lui est attribuée (l’enclos sacré), mais il n’a nul besoin de temple. Il y a deux catégories de dieux celtes : les Ouraniens (célestes en grec) qui habitent les cieux, et les Chtoniens (souterrains), qui résident dans la terre. On honore les premiers sur des autels surélevés, où l’on brûle des offrandes qui s’élèvent jusqu’à eux avec la fumée. Les seconds ont des autels creux, une fosse où l’on verse les libations et le sang des victimes ( en relation avec le sang du taureau, fertilisant). Là encore, on note la similitude avec le sacrifice védique, au cours duquel le dieu honoré venait reposer sur un gazon. enfin hein nous savons que les ’bretons" ancestraux ont sillonnés les mers et les océans et que ce furent les premiers à s’installer aussi sur les ïles dites british colonialistes angles saxons etc à présent , irlande écosse etc.


        • 65beve 21 mars 2014 23:55

          Bonsoir les « irlandais »,
          Je ne connais de l’Irlande que Rory Gallagher , Taxi Mauve et la Guiness !
          cdlt


        • diogène diogène 22 mars 2014 08:08

          CASS


          Citez vos sources ou mettez un lien plutôt que de faire un copier-coller !

        • bakerstreet bakerstreet 20 mars 2014 19:25

          Votre article est intéressant, pour autant captivera t’il ceux qui ne sont pas bretons, ou parisiens de Montparnasse ?

          Uniquement s’il peut voir dans ce fait régional, quelque chose d’universel : Aucun pays n’est fermé, du reste nous venons tout de même tous de la corne de l’Afrique. 
          Une chose que beaucoup devraient avoir en tête, avant de se lancer dans de grands délires racistes. 
          La question se pose si défendre une identité vous rapproche d’une pensée malsaine, xénophobe. A mon avis c’est bien le contraire, du moins la plupart du temps, le pire existant partout. Mais il est vrai que quand on est curieux, si l’on est honnête, on ne peut que s’apercevoir que le nationalisme est une impasse : Tant de croisement sont le fait de tous les peuples, et le crétinisme et les tares incestueuses, réservés à ceux qui ne se mélangent pas. 

          Sinon, mon petit grain de sel de Guérande. 

          Curieusement, il semble bien que les celtes qui venaient d’Europe centrale, se soient très peu installés en Bretagne, pour supplanter le peuple des pierres levés. 
          La raison : La Bretagne est un cul de sac, et les envahisseurs la plupart du temps ne s’enferment pas dans ce genre de terres, pas très riches d’ailleurs il faut le reconnaître. Les romains pour la même raison vont latiniser très peu la Bretagne. 

          Ce qui expliquerait que le courant celte ait malgré tout mieux résisté qu’ailleurs, donnant l’illusion maintenant que la Bretagne était celtique, alors que le reste de la gaule ne l’était pas....:Presque le contraire en fait. Même s’il s’était peu développé, il a pu perdurer. 
          Pour autant, le breton est sans doute très proche de la langue des gaulois, bien plus vieux évidemment que le français, ce métissage de latin sans déclinaison, dont on a trouvé la plus vieille attestation dans les catacombes de Rome : La lange des esclaves gaulois, qui s’est peu à peu enrichie, jusqu’à devenir la langue des élites.

          Si les peuples colonisés,en Afrique, ont appris une histoire mythifié, on oublie aussi sûrement que celle ci a été proposé aux écoliers de France. Celle ci n’est qu’une storytelling, un mythe d’autant plus faut qu’il remonte loin dans le temps. Qui a entendu parlé en France de cette centaine de milliers de bretons venant du sud de Angleterre, et s’installant en Bretagne ( d’où le nom tout de même) pour échapper aux saxons, qui venaient eux même d’Allemagne.

          Chassé croisé qui a laissé en Bretagne des noms de commune commençant en Plou, et
          Lan ( landivisiau, lanester, Plougernevel....) d’origine galloise, et qui déterminent des foyers d’implantation ; Lan, du gallois Llan (on ne peut être que troublé par la grande proximité des langues, quant on va faire un tour au pays de galles....

          Les sociologues ne peuvent qu’être très humbles, dans leurs interprétations. L’histoire n’est jamais finie, et les votes de gauche ou de droite ne sont pas promis à être éternels. l’histoire de la chouannerie et des guerres vendéennes nous l’ont montré, et l’aspect conservatif de la religion, qui a sclérosé pendant longtemps la religion n’est tout de même pas un mythe. Comme Fergus, j’ai tendance à penser que le vent du large est la meilleure garantie pour s’ouvrir aux autres, et se tourner vers les valeurs d’humanisme, loin des replis identitaires, manipulés par de savants sorcier, dont dernièrement l’irruption des bonnets rouges, nous font une piqûre de rappel.

           

          • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 21 mars 2014 10:05

            BRETON BRETONNANT
            Je vous donne la liste de 3 livres qui expliquent le mieux misère et vie du peuple BRETON
            - MEMOIRES D UN PAYSAN BAS BRETON DE JM DEGUIGNET ET COLLECTIF
            - ILE DE SEIN ET  LA VIE DANS LES PHARES CUEUILLEURS DE GOEMON DE CHARLES LE GOFFIC

            -un PASSEUR DE MEMOIRE HYACYNTHE LE CARGUET DE PAUL CORNEC


          • Dudule 21 mars 2014 21:22

            Sauf que dans les « Mémoires d’un paysan bas-breton », si je m’en souviens bien (je l’ai lu il y a longtemps) et si je ne confonds pas, l’auteur passe plusieurs pages et même des chapitres entier, bien senties, à vilipender les régionalistes bretonnants et a glorifier la langue française qui permet l’émancipation du malheureux breton opprimé par son patron, son propriétaire (fermier), et son curée (ce en quoi je suis bien d’accord avec lui). Mais je peux confondre...

            Je n’ai pas lu les autres ouvrages...

            Non, en fait, après recherche, je ne confonds pas :

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_D%C3%A9guignet


          • Rensk Rensk 20 mars 2014 20:30
            D’où viennent les Bretons ?

            C’est une question piège « à la con »...

            Des spermatozoïdes et des ovules !!!

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