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Evolution du programme de maths en terminale scientifique

Une comparaison brute des programmes d'une terminale C et d'une terminale S actuelle permet de comprendre en un coup d'oeil l'orientation de l'enseignement des mathématiques. L'enseignement supérieur devra tenir compte de ces changements dès la rentrée 2013.

Et si nous comparions le programme de TC 1971 et le programme TS 2013 ? Voici deux documents qui permettent de se faire rapidement une idée de l'évolution des programmes, de ce qui a disparu et de ce qui est apparu.

Le premier document est le programme de terminale C de l'année 1971-72 où j'ai signalé toutes les parties qui ont été envoyées aux oubliettes dans le programme 2013 en les surlignant en jaune. Il y en a beaucoup, et il s'agit malheureusement de parties fondamentales qui sont la clé des études universitaires en mathématiques comme en sciences physique ou en SVT. D'autres notions continuent d'être enseignées, mais sans fournir aux élèves une définition rigoureuse, donc en parlant avec les mains et en se mettant dans l'impossibilité de proposer des démonstrations qui utilisent ces notions. Le second document est le programme de terminale S de l'année 2012-13, option maths, où j'ai mis en surbrillance les notions de mathématiques qui sont apparues, essentiellement en probabilités et statistiques. 

Les propriétés des entiers naturels et des réels ne sont plus étudiées, mais restent employées de façon inconsciente. Comme on ne précise pas les axiomes fondamentaux qui définissent N, on ne démontre pas le raisonnement par récurrence : on l'admet en 2013. On étudie les congruences en 2013, mais plus les anneaux Z/nZ. On travaille l'arithmétique, mais mystérieusement en 2013 on étudie les pgcd mais pas les ppcm.

On n'étudie plus les propriétés de R. En 1971, c'était je pense une mauvaise idée d'introduire les nombres complexes avec des matrices carrées de similitudes, et la présentation en 2013 est plus simple et directe. Par contre les linéarisations de polynômes trigonométriques ont disparu du programme. On n'étudie plus les racines n-ièmes d'un nombre complexe, et l'on ne cherche pas les racines d'un polynôme du second degré à coefficients complexes : en 2013 on se borne à étudier des polynômes du second degré à coefficients réels.

Pour la continuité, les limites et la dérivation des fonctions, on ne donne pas de définitions rigoureuses en 2013, donc on supprime beaucoup de démonstrations qui s'appuyaient sur ces définitions, comme on le faisait en 1971. Le nouvel élève devra admettre beaucoup de résultats et se contenter de vérifications graphiques. Il devra faire confiance à son professeur et à son manuel sans mesurer par lui-même la validité des énoncés qu'on lui propose, puisqu'on ne l'incite plus à le faire. Dérivée de la composée d'une fonction, d'une fonction réciproque d'une fonction dérivable strictement monotone : on n'en parle plus, en tout cas pas de façon générale.

L'étude des fonctions vectorielles de R dans un espace vectoriel euclidien a complètement disparu, on n'étudie plus aucune courbe paramétrée, et la cinématique du point est passée à la trappe. Il n'y aura donc aucune interdisciplinarité avec les sciences physique à ce niveau, mais il faut dire que le programme de sciences physique a été grandement allégé en parallèle.

Les sommes de Riemann ont disparu et l'on ne donne plus de définition rigoureuse de l'intégrale d'une fonction numérique sur un intervalle réel borné. En 2013, on présente l'intégrale essentiellement comme une aire sous la courbe, et l'on admet la suite. L'intégration par parties a été supprimée des programmes.

Les applications de l'intégration à la mécanique et à la physique a disparu : plus de calculs de volumes, de masses, de moments d'inertie, de vitesses et de distances parcourues, d'intensité et de quantité d'électricité, de puissance et d'énergie. Tout cela passe à la trappe.

Au niveau des fonctions d'une variable réelle, on étudie toujours les fonctions xn si n est un entier positif, mais plus si n est un rationnel. Sait-on seulement d'ailleurs encore ce qu'est un rationnel ? Heureusement, on parle encore de suites arithmétiques et géométriques, des fonctions circulaires (sauf la tangente dont on ne veut plus entendre parler, la laissant pour l'université). Le logarithme népérien et l'exponentielle sont toujours au programme, même si la présentation que l'on propose en 2013 est étonnante et compliquée. On ne parle plus, par contre, des fonctions logarithmes ou exponentielles en base a, ce n'est plus à la mode bien que le logarithme décimal soit utilisé dans d'autres sciences.

En 2013, on n'utilise plus la règle à calculs, et heureusement, mais plutôt l'ordinateur et les logiciels de tous genres, ce qui représente une évolution normale des enseignements.

Mais pourquoi s'interdire d'étudier des équations différentielles simples du premier et second degré comme on le faisait en 1971 ? Pour s'interdire d'utiliser des outils performants qui éclairent d'autres sciences ?

En géométrie, la terminale S 2013 fait table rase : plus d'études de transformations, d'isométries, de similitudes. Un élève commencera sa première année de licence en ignorant complètement ce qu'est une translation ou une rotation. Evidemment, on ne parle plus de structures algébriques, on préfère rester dans le flou et ne pas savoir exactement dans quel espace on travail. En restant très approximatif, on peut donc éviter de définir ce qu'est un espace vectoriel, ne plus parler du B A BA d'algèbre linéaire concernant les applications linéaires, les images, les noyaux. Plus d'homothéties aussi. Plus de barycentres, et plus de fonction scalaire (ou vectorielle) de Leibniz. Plus de symétries ni de projections, dans le plan ou dans l'espace. Plus d'applications affines, et plus de définition rigoureuse de l'orientation d'un plan. En 2013, on peut cependant encore parler de produit scalaire dans l'espace, celui du plan ayant été étudié en première. On peut aussi parler d'équations cartésiennes de plan (mais étonnamment pas de représentations paramétriques d'un plan) et de représentations paramétriques de droites dans l'espace (mais curieusement pas d'équations cartésiennes de droites dans l'espace). Mais on a supprimé l'étude des rotations de l'espace, des vissages et des applications orthogonales en général, on ne sait pas orienter l'espace, et l'on n'apprend plus ce qu'est le produit vectoriel.

En géométrie plane, et en 2013, on reste pratiquement au niveau du collège puisque les expressions complexes des similitudes ont disparues (avec les similitudes), que l'on ne parle plus du groupe des similitudes (puisqu'on ne sait pas ce qu'est une structure de groupe), que l'on n'étudie plus les coniques (donc les ellipses, les hyperboles et les paraboles conserveront tous leurs mystères), ce qui supprime beaucoup de problèmes qui étaient traités analytiquement.

Les probabilités sont enseignées différemment en 2013 : on utilise la machine pour faire de nombreuses simulations, mais on ne dispose plus de définitions précises. L'étude des variables aléatoires réelles d'un couple ou d'un produit a disparu. On ne parle plus de dénombrements, ni de coefficients binomiaux dans ce contexte, mais on insiste sur les arbres de probabilité.

Conclusion : le programme de terminale C de 1971 comportait 185 lignes sur le bulletin officiel. On en a supprimé environ 104 lignes pour aboutir au programme de terminale S de 2013, soit une perte de 56%. En 1971, un élève de terminale scientifique suivait 9 heures de cours hebdomadaire, mais plus que 8 heures en 2013. Mais attention, l'élève de 2013 a moins d'entraînement en sciences derrière lui puisqu'il n'a bénéficié que de 4h de mathématiques par semaine en première S, au lieu de 6 heures en 1971, et de 4h de maths en seconde au lieu de 5h en seconde C en 1971. Il ne faut donc pas s'étonner à ce qu'il soit bien moins entraîné et savant qu'un élève qui suivait les anciens horaires et les anciens programmes.

Le programme de terminale S de 2013 comporte néanmoins des nouveautés et non des moindres. Il s'agit des lois de probabilité à densité (loi uniforme, loi exponentielle, loi normale), du Théorème de Moivre-Laplace (admis) et de chapitres sur les statistiques inférentielles avec l'étude des intervalles de fluctuation et des intervalles de confiance. Ces chapitres imposent d'admettre de nombreux résultats et d'essayer de comprendre des énoncés difficiles où interviennent à la fois les notions de limite et de probabilités. On peut raisonnablement se demander si ces chapitres sont vraiment du niveau d'un élève moyen de terminale.

En outre, on peut reprocher à ces nouveaux programmes d’avoir éliminé toute interdisciplinarité entre les mathématiques et la physique alors que, de façon évidente, la recherche fondamentale en physique nécessite une nouvelle génération de chercheurs à mi-chemin entre les mathématiciens et les physiciens. Galilée n’a-t-il pas dit « Le grand livre de la nature est écrit dans le langage mathématique », et plus près de nous, Max Tegmark, professeur de physique au MIT, énonce : « La réalité physique extérieure dans laquelle nous vivons repose sur une structure mathématique qui est en dehors du temps. Ceci veut dire, dans un sens bien défini, que l’Univers est mathématique (…) » (relevé dans l’excellent livre de Igor et Grichka Bogdanov (Bogdanov & Bogdanov, 2012).

De plus, n’y a-t-il pas une arrière-pensée politique dans l’écriture de ces nouveaux programmes, tant en physique qu’en mathématiques, destinés à former des techniciens des sciences à large spectre qui pourront tout aussi bien aller vendre leurs compétences dans les secteurs commerciaux, bancaires et financiers, que dans les domaines de l’ingénierie industrielle et de la recherche fondamentale ?

Les Trissotins de l’éducation nationale qui ont concocté ces nouveaux programmes sans concertation aucune avec les enseignants et le monde scientifique, se sont permis d’ignorer les mises en garde répétées de membres éminents de l’Académie des sciences (excusez du peu…) formulées en mars 2011 (ce communiqué est repris plus bas). D’ailleurs, rien d’important ne leur échappe puisque récemment ils se sont intéressés au problème insurmontable des rythmes scolaires avec le succès que l’on sait.

Nos décideurs de l’éducation nationale sont à l’image de nos hommes politiques dans les coulisses du pouvoir : le nez sur le guidon mais des ambitions affichées démesurées, sans donner aux enseignants ni aux élèves les moyens de les mettre en œuvre. Comme on peut le lire dans le communiqué de l’Académie des sciences de mars 2011 : « on voit apparaître des propositions assez surprenantes sur le « modèle de diffusion d'Ehrenfest » ou les « marches aléatoires sur les graphes » dont l'intitulé fait plutôt penser à des recherches avancées de spécialistes... ».

C’est encore pire en physique où compte tenu de la longueur démesurée du programme de terminale S, peu de professeurs de sciences physiques pourront se targuer d’avoir terminé à temps leur programme pour le bac de juin 2013. Des preuves ?

Décidément, Trissotin a pris le pouvoir.

 

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Trissotin : immortel personnage de Molière, pédant ridicule par sa prétention et odieux par son hypocrisie.

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Voici le communiqué dont je parle plus haut, dont on n’a pas tenu compte, et dont la lecture est indispensable : 

« Communiqué de membres de l'Académie des Sciences à propos des propositions ministérielles de programmes de mathématiques pour la classe terminale, soumises à consultation en mars 2011 :

Le Ministère de l'Éducation Nationale a proposé à la consultation de nouveaux programmes de classe terminale en mars 2011, voir http://eduscol.education.fr/consultation. En ce qui concerne les programmes de mathématiques de terminale S, un examen détaillé des textes proposés révèle de graves insuffisances et incohérences. Les ambitions affichées dans le préambule (capacité à effectuer des recherches autonomes, à avoir une attitude critique, à modéliser) ne seront en aucun cas réalisables compte tenu des horaires assignés et des contenus proposés. On observe en plusieurs endroits l'abandon des définitions utiles et du formalisme minimal qui seuls pourraient permettre de conduire des raisonnements précis et argumentés. Ainsi en analyse, alors que la définition des dérivées est supposée déjà avoir été travaillée en classe de première, la notion de limite finie en un point n'est plus au programme, et toute mention de la relation avec la continuité a disparu.

Beaucoup de définitions en appellent à de vagues intuitions et la plupart des résultats fondamentaux sont admis. Au lieu de recommander l'affermissement des capacités calculatoires des élèves, l'ambition affichée pour le calcul des dérivées se réduit à l'emploi d'une prothèse, à savoir l'usage de logiciels de calcul formel. La fonction tangente semble quant à elle avoir disparu des exigences. Au titre des graves incohérences, on constate la disparition du chapitre sur les équations différentielles, tandis que la fonction exponentielle continue à être introduite comme la solution d'une telle équation. Le chapitre sur les probabilités, qui ne paraît imposant que superficiellement, se voit privé de beaucoup des fondements nécessaires à son traitement et à sa compréhension : il vaudrait bien mieux en la circonstance cadrer davantage le contenu afin de pouvoir étudier la question en profondeur. La géométrie est hélas de nouveau le parent pauvre de ce projet de réforme ; ainsi, l'introduction des nombres complexes est amputée du support géométrique que constitue l'étude des similitudes, et le contenu de géométrie dans l'espace manque cruellement d'une vision d'ensemble. Le programme de l'enseignement de spécialité ne vient guère corriger ce tableau général médiocre puisqu'à côté des notions de décomposition en produit de facteurs nombres premiers ou de pgcd qui auraient pu autrefois relever du début du collège, on voit apparaître des propositions assez surprenantes sur le « modèle de diffusion d'Ehrenfest » ou les « marches aléatoires sur les graphes » dont l'intitulé fait plutôt penser à des recherches avancées de spécialistes...

La conception de nouveaux programmes ne saurait s'improviser en quelques semaines, et il serait très souvent souhaitable d'effectuer des expérimentations préalables dans des classes représentatives, suivies d'une analyse impartiale a posteriori par des experts et par le milieu enseignant. L'effet des propositions soumises à la consultation, au-delà de l'incantation de quelques prétentions inaccessibles, sera surtout de réduire encore les contenus de mathématiques délivrés aux élèves. L'introduction de sujets nouveaux comme l'algorithmique ne peut se faire sans que l'équilibre global des horaires des différentes disciplines soit revu. Les horaires consacrés aux sciences sont aujourd'hui très insuffisants dans la voie scientifique du lycée. Il est également très regrettable que les mathématiques aient disparu de certaines séries littéraires qui restent pourvoyeuses de cadres de l'état ou d'enseignants généralistes. Dans ces conditions, l'urgence serait de mettre sur pied une réforme cohérente et ambitieuse du lycée et des cycles qui précèdent, condition indispensable pour enrayer l'hémorragie actuelle des vocations scientifiques.

Premiers signataires : Jean-Pierre Demailly, Jean-Marc Fontaine, Jean-Pierre Kahane, Gilles Lebeau, Bernard Malgrange, Gilles Pisier, Jean-Pierre Ramis, Jean-Pierre Serre, Christophe Soulé (Délégué de la Section de Mathématiques). »

(Réf. http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/ demailly/communique_math_TS_2011.pdf)

 

________________________

(Bogdanov & Bogdanov, 2012). La pensée de Dieu. Grasset.

Trissotin : immortel personnage de Molière, pédant ridicule par sa prétention et odieux par son hypocrisie.

Programme et commentaires de terminale C en 1971 (complet sans mise en surbrillance). 

Documents joints :

PDF - 2.8 Mo
Programme TC 1971-72

Le texte mis en surbrillance a disparu dans le programme 2013.

PDF - 953.8 ko
Programme TS 2012-13

Le texte mis en surbrillance indique les nouveautés par rapport au programme de 1971.

 


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67 réactions à cet article    


  • heliogabale heliogabale 6 mai 2013 10:04

    Dans le même temps, 1971 c’était l’époque où on délirait sur les nouvelles mathématiques (Bourbaki and co) : on considérait qu’il fallait introduire l’algèbre linéaire dès le collège. D’où la construction de l’ensemble C des complexes en partant d’une matrice 2x2.

    Dans les années 1980, on a constaté que ça avait dégoûté une bonne partie de ces élèves des mathématiques pures (une chose positive étant qu’ils se dirigeaient vers des études de physique ou de chimie). On était donc revenu à un programme moins ambitieux mais certainement plus adapté. A partir de la fin des années 1990, on a encore voulu alléger le programme quitte à faire de la terminale S la seule filière généraliste.

    Aujourd’hui, les programmes ont été trop allégés. Beaucoup trop de calcul au lycée à mon goût. Tout cela est maintenant enseigné dans le supérieur et les classes préparatoires (et chacune de ces notions sont souvent vues en 30 minutes). Ça a malheureusement tendance à alourdir les programmes de ces classes.


    • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 6 mai 2013 15:15

      Exact heliogabale.

      Je résume. Réforme des maths moderne dans les années 1970 : une catastrophe pour l’enseignement primaire et pour le collège où les programmes deviennent abscons et inadaptés, et où les priorités sont mal choisies. Par contre le programme du lycée de la seconde à la terminale C sont précis, efficaces et très bien conçus pour former un esprit scientifique. Il ne fallait pas les changer !

      Réformes suivantes : pour les écoles et le collège, les programmes tiennent la route, par c’est la catastrophe au lycée où l’on supprime toute références aux structures, on détruit les définitions précises des objets avec lesquels on est censé raisonner, on mets la calculatrice en avant sur n’importe quel sujet, on s’en remet à l’ordinateur pour « voir ce qu’on nous dit de voir », en évitant de démontrer. Parallèlement on supprime du contenu et on ne s’initie plus à la logique. 

      Au lycée, on met les élèves en « stand-by scientifique » en se disant qu’un jour ils auront le temps de se mettre à bosser les sciences. Problème : on ne pourra pas rattraper le coup à l’université avec un premier semestre de L1 où l’on ne fera que de la méthodologie pour apprendre à retrouver un livre dans une bibliothèque ou rappeler qu’il vaut mieux ne pas attendre une semaine avant l’examen pour le travailler, puis où l’on perdra des mois à partir en stage dans « des entreprises » pour apprendre comment ranger des boîtes de chaussures sur des rayons dans un magasin, ou faire acte de présence dans une classe du secondaire pour avoir son papier de stage signé (c’est du vécu). Ce n’est pas que ce soit pas intéressant : la vie est remplie de choses passionnantes à découvrir, à vivre ou à analyser,. Mais ces activités ne forment pas l’esprit scientifique et n’ont rien à faire ici quand il manque du temps et de la sueur pour comprendre, assimiler du contenu, et apprendre à raisonner juste.


    • heliogabale heliogabale 6 mai 2013 10:21

      Pour faire de bons ingénieurs, les théories ensemblistes peuvent être laissées de côté (expliquer ce qu’est une tribu...). Cependant, il est vrai qu’introduire les mathématiques de cette manière était très cohérente et constructive.

      Le calcul différentiel a été trop allégé. Idem pour les probabilités.


      • Julien Julien 6 mai 2013 21:26

        @Dany-Jack

        Merci pour cet article.

        @heliogabale

        Tout à fait d’accord, les ensembles sont presque inutiles pour l’ingénieur, et le physiciens à ce niveau des études.
        Lorsqu’on lit que ne figurent plus au programme :

        * intégration par parties
        * dérivée de la composée et dérivée de la fonction réciproque

        Et bien on se dit que l’enseignement des maths au Lycée est mort.
        Ensuite, je lis dans le programme de 71 :

        * application intégrale à l’électricité
        * Cinématique du point

        Cela montre qu’il fut un temps où il y avait des ponts avec la physique. Maintenant, c’est fini. De mémoire, c’était déjà supprimé du programme lors de l’année scolaire 1994-1995.


      • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 7 mai 2013 01:03

        @ Julien : tout à fait vrai : il y a maintenant beaucoup plus de difficulté à « faire »  de l’interdisciplinarité. Même les vecteurs devaient disparaître complètement du programme du secondaire. Ils ne sont restés au lycée qu’à cause des protestations qui sont montées d’un peu partout. Mais on les utilise peu par rapport à ce qu’on faisait : par exemple les barycentres n’existent plus.


        C’est assez surréaliste ! Une force est représentée par un vecteur, et l’on arrive bien à faire sentir à un adolescent qu’une force est caractérisée par une intensité, un sens et une direction. Il suffit de tirer une table dans la pièce pour s’en rendre compte. Mais voilà, le lien avec le réel devait être trop évident et trop facile à ressentir, alors on préfère parler d’intervalles de confiance au seuil de 0,95, ce que l’on considère comme étant à portée d’un élève de seconde. Mais c’est bien sûr, Docteur Watson !

        Je pense que si on ne peut plus parler de vecteurs dans le secondaire, alors il faut éviter de faire de la physique, et il vaut mieux aller tout de suite planter des choux ou devenir trader. On perd son temps.

        Les choix humains sont souvent étonnants. Par exemple, plus on entend dire qu’il faut faire de l’interdisciplinarité dans ses cours et moins en donne la possibilité à cause des interdits du programme.

        De même, il est amusant et triste à la fois de noter que plus on demande de parler d’histoire des mathématiques dans le secondaire, et plus cela devient impossible à faire, à cause des horaires qui rétrécissent et des instructions officielles qui imposent certains parcours, comme par exemple d’introduire l’exponentielle comme la solution d’une équation différentielle et le logarithme népérien comme la fonction réciproque de l’exponentielle, au lieu de procéder dans l’autre sens. Pourtant John Néper inventa le logarithme qui porte son nom vers 1614 pour transformer des multiplications en additions, et il fallut attendre Euler pour avancer dans l’étude de la fonction exponentielle, vers 1748. 

        On devrait avoir un parler plus vrai, plus direct, sans tricherie. Par exemple, si l’on décidait vraiment de caler le programme de collège sur les tests PISA pour ne pas dégringoler dans les classements, pourquoi ne pas le dire franchement et adapter les programmes de collèges en intégrant les exercices de type PISA ? On préfère agir en catimini ? Actuellement, aux USA, des écoles ont accès à des batteries de tests de PISA pour entraîner leurs élèves. Pourquoi ces documents complets (et pas seulement les extraits que l’on trouve facilement dans les brochures de l’OCDE) ne sont-ils pas mis à la disposition de tous ?

        Soit dit en passant, se caler sur ces tests internationaux pour créer des programmes nationaux ne mènera pas loin si tous les pays s’y mettent, car quoi qu’on fasse, il y aura toujours des pays en queue de liste, non ? 


      • Julien Julien 7 mai 2013 22:33

        @Dany-Jack

        Effectivement, les vecteurs devraient être maîtrisés sur le bout des doigts dès la première, avant de faire de l’électromagnétisme ! Mais en fait, j’ai l’impression qu’il n’y en a plus, du moins en terminale :

        http://www.grespliban.net/index.php?option=com_phocadownload&view=category&download=271:nouveau-programme-de-ts-rentre-2012&id=1:les-programmes&Itemid=89

        Si j’ai bien lu, pas d’électricité, pas d’électromagnétisme. A la place, on préfère faire de la physique quantique ou nucléaire qualitative, ou bien de la relativité restreinte smiley

        C’est un peu n’importe quoi ce programme de physique. On sent bien que derrière l’utilisation de l’outil mathématique sera réduite à presque rien (juste un peu en mécanique newtonienne : les copies vont être belles !). Les concepts physiques vont de la relativité à la physique quantique : personne ne va comprendre, même pas le prof, et tout le monde stockera les formules dans les calculettes.
        Le mieux, c’est encore le programme de spécialité physique : que des applications ! (les « textiles innovants », la pile à combustible, les colles, etc.).

        Putain, mais les gens qui font ces programmes gâchent des générations entières ! Ils n’ont pas compris qu’avant de passer aux applications, il faut déjà maîtriser les fondamentaux ?? Des élèves qui maîtrisent les fondamentaux ont alors envie d’aller plus loin ; si au contraire ils voient un peu tout de manière superficielle, ça devient un cours à apprendre par coeur, un peu comme de l’histoire-géo !). Bref, pour moi ça aurait été l’horreur !

        En tant que prof de physique, je ferais direct une dépression...
        Je crois que c’est encore pire que le programme de maths.


      • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 8 mai 2013 04:24

        @ Julien,

        Je n’ai pas vu le programme de physique en détail, mais les collègues sont sinistrés et les attendus illusoires. De plus, le temps donné pour terminer ce programme de physique est trop court, donc des notions seront parachutées à la va-vite. Et comme vous l’avez remarqué, il manque les outils. 
        J’imagine qu’il faut descendre très bas pour toucher le fond... 

      • heliogabale heliogabale 6 mai 2013 10:27

        Mais on revient toujours au même problème : pour bien cerner le calcul diff et les probas, on a besoin de la théorie des ensembles...


        • Abou Antoun Abou Antoun 6 mai 2013 12:15


          Bonjour Dany-Jack
          Nos décideurs de l’éducation nationale sont à l’image de nos hommes politiques dans les
          coulisses du pouvoir : le nez sur le guidon mais des ambitions affichées démesurées,

          Plus on s’élève dans la hiérarchie de n’importe quelle administration et plus on touche au monde de la politique, des réseaux d’influence, des sociétés plus ou moins philanthropiques, des loges maçonniques etc. La nullité de l’administration centrale aujourd’hui par exemple dans l’éducation n’est que le reflet de la nullité du personnel politique. Tel maître, tel chien !


          • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 6 mai 2013 15:34

            Bonjour Abou Antoun,

            Et oui, la politique. Pourtant il y en a qui veulent travailler dans des domaines scientifiques sans spécialement faire de la politique. Mais elle est partout, même si on ne s’y intéresse pas...

          • LE CHAT LE CHAT 6 mai 2013 12:29

            plus de cours magistraux , ça doit être fasciste , il ne reste plus que des exercices sans le mode d’emploi dans les bouquins de maths ! en bref , je suis heureux de ne plus avoir à aider mes enfants en maths ......


            • lsga lsga 6 mai 2013 12:36

               Comme on ne précise pas les axiomes fondamentaux qui définissent N, on ne démontre pas le raisonnement par récurrence 

              L’absence d’enseignement du raisonnement par récurrence et la principale tare de l’enseignement mathématique, en France et dans le Monde.

              Je pense en fait, que l’on continue à payer la victoire du Basic sur le Logo (pour des raisons de coût du matériel informatique à l’époque.)

              Aujourd’hui, toutes les disciplines scientifiques et techniques sans exception reposent en large partie sur la programmation informatique. Or, l’informatique repose toujours sur des langages de type Basic, purement catégorique, au lieu d’utiliser des langages fonctionnels, type Lisp, pourtant plus efficace.

              L’enseignement des mathématiques dans le supérieur consiste à détricoter toutes les mauvaises habitudes prises par les élèves dans leurs années lycées, et de tenter de leur apprendre la démonstration (la vraie) et le raisonnement par récurrence. Mais c’est déjà beaucoup trop tard. 

              Bref, le raisonnement par récurrence, qui est pourtant si naturel et facile chez l’enfant (la Tortue l’avait bien mis en évidence), est en train de complètement disparaître de notre culture contemporaine. 

              Les conséquences économiques et politiques d’un phénomène aussi abstrait sont peut-être plus profondes qu’on ne pourrait le croire.


              • Ruut Ruut 6 mai 2013 12:51

                Triste réalité


              • Abou Antoun Abou Antoun 6 mai 2013 13:05

                Bonjour,
                Aujourd’hui, toutes les disciplines scientifiques et techniques sans exception reposent en large partie sur la programmation informatique.
                Non ! 25 siècles de développement des mathématiques se sont accomplis sans le moindre ordinateur. La mécanique classique, les théories de la relativité restreinte et généralisée, la mécanique quantique se sont développées sans ordinateurs.
                Sur le plan conceptuel l’ordinateur n’est pratiquement d’aucune utilité. L’ordinateur n’est qu’un puissant calculateur qui se révèle très utile dans certaines techniques comme la navigation spatiale, le pilotage automatique, les simulations de réactions chimiques et physiques.
                Or, l’informatique repose toujours sur des langages de type Basic
                Non, il y a bien longtemps que les concepts de programmation structurée, programmation fonctionnelle, programmation orientée objets sont devenus fondamentaux. Les basics d’aujourd’hui (je ne connais que VB de Microsoft) sont d’ailleurs des langages orientés objets, avec des procédures, des fonctions, des classes, parfaitement propres, de la même famille que C++, C# et compilés sur la même plate-forme.
                au lieu d’utiliser des langages fonctionnels, type Lisp, pourtant plus efficace.
                Le problème de Lisp, un des plus beaux langages qui soient est justement qu’il n’est pas très efficace car manipulant des objets ’lourds’ (listes chaînées) pour lesquels l’accès en mémoire n’est pas rapide. Lisp est toujours un langage de prototypage, la plupart des prototypes écrits en Lisp sont en général réécrits en C pour plus d’efficacité.


              • lsga lsga 6 mai 2013 13:36

                ’25 siècles de développement des mathématiques se sont accomplis sans le moindre ordinateur.’


                 L’ordinateur n’est qu’un puissant calculateur 
                Calculateur universel ( machine de turing == fonctions récursives primitives ; peut calculer tout ce qui est calculable ).
                 « Universel » est important, car l’utilisation d’un ordinateur n’est pas celle d’une calculette, on ne demande pas à l’ordinateur de résoudre un calcul, on programme un ordinateur pour qu’il puisse résoudre les calculs qui nous intéresse. 
                Programmer, c’est configurer la machine à calculer universelle pour qu’elle puisse effectuer un calcul précis donné. Or, le raisonnement par récurrence est le plus approprié pour ce type de tâche. Voir théorème de la correspondance de curry howard :



                Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais pratiquement toutes les disciplines scientifiques utilisent aujourd’hui la simulation, et la création de modèle informatique en vient presque à remplacer l’expérience de laboratoire. Même dans le cadre d’expérience en laboratoire, l’utilisation de l’électronique et de l’informatique reste extrêmement importante. C’est aussi le cas en économie, en financer, etc. En sciences cognitives, la métaphore esprit/ordinateur est simplement fondamentale.

                programmation orientée objets sont devenus fondamentaux.
                Oui, la POO a déjà permis de progresser un peu, et de tirer les langages découlant du basic ( la grande famille des C ) vers une programmation plus naturelle. A la rigueur, si vous n’utilisez plus du tout les IF pour utiliser uniquement du Pattern Composition, alors oui vous aurez presque une programmation fonctionnelle (qu’on soit clair : PERSONNE ne fait ça, à part dans les labos d’informatique). D’ailleurs, on remarquera bien la grande difficulté qu’on les étudiants en Informatique à passer de la programmation dite procédurale (cad : style BASIC pur ) à la programmation Orienté Objet. Ce passage n’existe simplement pas en langage fonctionnel (type LISP) et ne pose aucun problème y compris à des enfants de 11ans. 


                sont d’ailleurs des langages orientés objets, avec des procédures, des fonctions, des classes, parfaitement propres
                J’ai bien rit. 

                ’LISP ... il n’est pas très efficace car manipulant des objets ’lourds’ (listes chaînées) pour lesquels l’accès en mémoire n’est pas rapide. 
                Voilà, on est en plein dans le problème. Le conservatisme en Informatique repose toujours sur l’énoncé de la performance. En informatique : la performance n’est JAMAIS un problème, étant donné le développement extrêmement rapide du matériel.
                BASIC a remporté sur LOGO précisément car cela coutait moins cher à l’époque de faire tourner du BASIC que du LOGO. Aujourd’hui, cela n’a plus aucun sens. 


                Lisp est toujours un langage de prototypage
                je vous encourage à vous renseigner sur la programmation certifier sans bug, domaine dans lequel les français excellent (grâce entre autre, à Jean-Louis Krivine). 
                En « programmation récursive » il est possible de démontrer mathématiquement que le programme ne buggera pas. En C, on constate le Bug au moment où la fusée explose. 

                Bref, la seule véritable raison pour laquelle les programmeurs informatiques utilisent de mauvais langages, difficiles, lourds et sales comme le C, c’est pour la même raison qu’ils utilisent des claviers en QWERTY : par inertie. Voir les textes des Papert sur le sujet. 

                Bref, pour aller dans le sens de l’auteur de l’article : les ingénieurs actuels ne savent plus démontrer, ne maîtrisent plus les raisonnements par récurrence, et sont emprisonné dans des langages complexes, brouillons, et sales. Au lieu d’être capable de penser un programme comme une démonstration (et un programme est EXACTEMENT une démonstration), ils font comme des terminales S : ils utilisent des bouts de démonstrations qu’ils ont admis et les collent les unes aux autres sans trop comprendre le sens de ce qu’ils font.

              • kimbabig 6 mai 2013 17:09

                Isga,
                pour ma part, la récursivité est un des 1ers trucs que j’ai appris en prog, avec le palindrome et la tour de Hanoï qui sont les initiations classiques à la discipline (il est vrai que le palindrome peut se résoudre de façon non récursive, mais il m’avait semblé plus naturel de le résoudre de façon récursive).
                Tout programmeur digne de ce nom doit pouvoir maîtriser le raisonnement récursif, ne serait-ce que pour coder des parcours d’arborescence, le truc de base.
                Après il y a des limitations techniques que l’on apprend à respecter quand on voit des programmes pourtant logiques sur le papier planter par explosion de pile.

                Les langages fonctionnels de type Lisp sont utilisés : AutoCAD (logiciel de dessin technique 3D très répandu) permet d’écrire des macros en VBA (comme une appli Office), mais aussi en Lisp, ce que font certains d’utilisateurs.

                Si les langages de type C ou Basic sont plus répandus, c’est parce que la majorité des programmeurs a pris l’habitude de travailler dans ces langages, et que par conséquent ils ont une meilleure productivité à l’aide de ces technos malgré leurs défauts.

                Moi aussi j’aime bien condenser l’écriture sur un minimum de lignes, en usant et abusant de l’imbrication des opérateurs ternaires quand c’est possible, j’aime bien utiliser au maximum les possibilités de la POO pour parvenir à un code le plus évolutif possible.

                Seulement, sachant qu’il faut souvent partir du principe que le code produit doit pouvoir être repris rapidement par quelqu’un d’autre, il arrive un moment ou l’on nous fait comprendre avec insistance qu’à la satisfaction intellectuelle d’atteindre la pureté et l’universalité d’une fonction mathématique doit être préférée l’écriture de branchements par cas bien bourrins, même si celle-ci ne prend pas moins de temps en raison de son caractère fastidieux.


              • lsga lsga 6 mai 2013 17:37

                 la récursivité est un des 1ers trucs que j’ai appris en prog

                ça devrait être le cas pour tout le monde. 
                Le logo est excellent pour l’initiation à la programmation, et plus du tout utilisé aujourd’hui. 

                 AutoCAD (logiciel de dessin technique 3D très répandu) permet d’écrire des macros en VBA (comme une appli Office), mais aussi en Lisp, ce que font certains d’utilisateurs.
                Oui, on peut aussi rajouter Crash Bandicoot sur PS1, et l’excellent et indispensable roflbot :

                Plus sérieusement, la programmation certifiée sans bug, qu’on utilise de plus en plus pour les applications critiques (ex : cartes bancaires) recourent massivement à la « programmation récursive ». Quand on aura des OS codés en fonctionnel, avec preuve de non bug à côté, on aura enfin des ordinateurs qui marcheront convenablement.

                Si les langages de type C ou Basic sont plus répandus, c’est parce que la majorité des programmeurs a pris l’habitude de travailler dans ces langages, et que par conséquent ils ont une meilleure productivité à l’aide de ces technos malgré leurs défauts.
                C’est exactement le coeur du problème, qui est directement en rapport avec l’article : le problème est ce qu’on enseigne, la manière dont on l’enseigne, les différentes pensées scientifiques, et la disparition de la pensée récursive. Comme l’explique l’auteur, l’enseignement technique des ingénieurs vient « récursivement » ( smiley ) modifier l’enseignement des mathématiques. Or les ingénieurs ne savent plus utiliser convenablement la récursion, et on observe donc une disparition des raisonnements par récurrence des programmes mathématiques... 

                Les langages découlant du Basic l’ont emporté sur la famille des LISP pour des raisons tout à fait secondaires (puissance de calcul dans les années 70), et absolument plus valables aujourd’hui. Mais, comme tout le monde a appris à utiliser ces langages mal conçus et générateurs de bugs, on continu. Papert fait le parallèle avec les claviers QWERTY, qui sont apparus à une époque où les systèmes des machines à écrire provoquaient le bug de croisement des tampons. Le Qwerty est totalement contre intuitif, coûte énormément (beaucoup de gens n’arrivent jamais à se servir convenablement d’un clavier à cause de cela), et pourtant .... On continue....

                Seulement, sachant qu’il faut souvent partir du principe que le code produit doit pouvoir être repris rapidement par quelqu’un d’autre, il arrive un moment ou l’on nous fait comprendre avec insistance qu’à la satisfaction intellectuelle d’atteindre la pureté et l’universalité d’une fonction mathématique doit être préférée l’écriture de branchements par cas bien bourrins

                Il faut bien comprendre que le IF STATEMENT est une cochonnerie dont on finira par avoir la peau, au même titre qu’on a eu la peau des GOTO et GOSUB. Beaucoup de programmeurs prétendent faire de l’objet, et il n’est pourtant pas rare de trouver dans leurs contrôleurs des Switch de plusieurs dizaines d’item... vive la maintenance dans ces conditions ! 

                La logique des arbres (ex : Pattern Composite ) et de leur parcours par récurrence est beaucoup plus propre, beaucoup plus efficace, beaucoup plus facile à maintenir qu’une cochonnerie bourrée de IF. Simplement, l’absence de l’enseignement de la récursion dans les cours mathématiques à l’école fait que ce les cerveaux des ingénieurs n’arrivent plus à penser naturellement en récursion. 

                Bref, il s’agit d’un gros problème, dont la conséquence est que nos programmes informatiques sont remplis de bugs. Je le répète, j’ai la forte intuition que ce phénomène en programmation a un pendant dans toutes les disciplines reposant sur le formalisme, économie et finance incluses. 

              • lsga lsga 6 mai 2013 17:56

                désolé pour le double post, mais franchement, vous ne trouvez pas que le ’bug’ des crises économiques type éclatement de bulles sent à plein nez l’absence de raisonnement par récurrence dans les représentations de la Finance ?


              • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 6 mai 2013 18:11
                Je réponds à Isga : « Vous ne trouvez pas que le ’bug’ des crises économiques type éclatement de bulles sent à plein nez l’absence de raisonnement par récurrence dans les représentations de la Finance ? »

                Réponse : Il y a certainement beaucoup plus de raisons à cela. Le raisonnement par récurrence est une toute petite chose. La construction d’instruments financiers sur mesure que plus personne ne sait maîtriser en est une. Le désir d’avoir des outils incompréhensibles pour la plupart en est une autre. Complexifier un système pour le rendre opaque est la meilleure façon d’arriver à des fins inavouables. Il ne s’agit pas toujours de mathématiques, mais parfois de « maquillage » qui utilise un langage mathématique.

              • Wendigo Wendigo 6 mai 2013 14:22

                 

                 - COMMENT !!!!! on apprend encore aux gens à compter ??

                 - oui oui ... mais plus à réfléchir .

                 - Haa bon, tu m’a fais peur !


                • kimbabig 6 mai 2013 17:14

                  Très bon article !

                  Un truc que je détestais chez mes profs de maths : « c’est comme ça à cause du théorème de machin, mais je vous fais pas la démonstration car elle est pas au programme ».

                  Alors qu’une formule de maths se doit d’être démontrée pour être comprise et donc correctement apprise. Non seulement pour la facilité d’apprentissage, mais aussi parce que de façon générale, en sciences n’est vrai que ce qui peut être démontré.


                  • Abou Antoun Abou Antoun 6 mai 2013 17:27

                    La géométrie (en 2D+3D à partir de la seconde), devrait rester un des PILIERS de l’enseignement secondaire des mathématiques, parce que :

                    • Elle a un caractère pratique indéniable
                    • Elle se prête bien à l’apprentissage de la démonstration.
                    • Elle n’est pas trop rébarbative pour des élèves ayant des difficultés avec l’abstraction, les figures ’parlent’ à tout le monde.
                    • Elle rejoint directement le monde de l’art. La beauté géométrique est accessible à tous.
                    • Elle permet aux élèves de mieux appréhender la notion d’espace.
                    • Elle est utile pour la physique

                    L’abandonner au profit de bidouillages avec des calculatrices est stupide et criminel.

                    Vive la géométrie !

                    A bas les imposteurs !


                    • Dwaabala Dwaabala 6 mai 2013 20:12

                      « on ne démontre pas le raisonnement par récurrence »
                      Je croyais qu’un raisonnement n’a pas à se démontrer, c’est comme la marche, qui se prouve en marchant ; un théorème, par contre, si.
                      Parce que le raisonnement par récurrence est un mode de démonstration.
                      Il est formalisé par un axiome quand on présente les entiers naturels.


                      • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 7 mai 2013 00:21

                        Exact Dwaabala, si l’on prend les axiomes de Peano, le principe de récurrence est un axiome. Mais il est normalement plus formateur de définir N en utilisant les propriétés de l’ordre (axiomatique ordinale : N est un ensemble bien ordonné, etc.) qui sont plus accessibles a priori (on parle de relation d’ordre et pas d’applications, d’injections, etc.) puis de démontrer le principe de récurrence comme un résultat (il devient un théorème).

                        Actuellement de toute façon, on admet tout.

                      • mac 6 mai 2013 23:35

                        De mieux en mieux : pourquoi ne pas remplacer quelques heures de mathématiques formelles par quelques parties de bridge ?


                         


                        • mortelune mortelune 7 mai 2013 04:25

                          De plus, n’y a-t-il pas une arrière-pensée politique dans l’écriture de ces nouveaux programmes,tant en physique qu’en mathématiques, destinés à former des techniciens des sciences à large spectre qui pourront tout aussi bien aller vendre leurs compétences dans les secteurs commerciaux, bancaires et financiers, que dans les domaines de l’ingénierie industrielle et de la recherche fondamentale ?"


                          Tout est dit ! Les bacheliers sont des généralistes tout aussi vivasses d’esprit que dans les années 70 cependant moins ’pointus’ dans les faits. Les moyens technologiques nouveaux ont entrainé une transformation (pas une évolution) de la pensée. A la demande du monde des entreprises l’école ne fabrique plus des théoriciens mais des techniciens interchangeables. 

                          • wawa wawa 7 mai 2013 08:02

                            congruence, matrices, equations différentielles, intégrale, analyse de fonction etc
                            que c’est loin tout çà !!!

                            signé : un bachelier « C » de 1994, juste avant la réforme, et qui a admis, cette année là, ses limites en mathématique. 2h de cours de math/j, de quoi vous dégouter.

                            Mon niveau de math est descendu d’année en année pour stagner niveau 3eme. Je crois que je saurais encore résoudre un système de 2 equation a 2 inconnues. A vrai dire seule la règle de trois est vraiment indispensable à la vie de tout les jours. Quand je pense que je savait lire un spectre RMN !!! quelle décadance !


                            • Denzo75018 7 mai 2013 08:30

                              Polémique stérile, puisque maintenant le Baccalauréat toutes options est délivré de manière systématique (taux de réussite avoisinant presque 100% !) et ce peut importe le programme ; les résultats !


                              • eric 7 mai 2013 12:29

                                Tous cela est vrai et très évidemment lie a des préjugés idéologiques. Il s’agit de favoriser l’égalité et de, soi disant, s’attaquer a la « reproduction sociale ».
                                Si on veut faire très vite, c’est l’application des ambitions des syndicat de profs d’eco dans les années 80. On a d’abord tue les filières littéraires trop susceptibles d’offrir une prime a la « culture légitime »et pas assez susceptible d’être idéologisée. La langue française est antérieure a leur pensée posteneoaltermoderne. On désosse maintenant les filières scientifiques par ce qu’ils se sont rendu compte que « l’objectivité des sciences » était un faible obstacle a la reproduction sociale.
                                C’est l’épanouissement du generalisme floue et en partie de la filière eco, la plus favorable a l’endoctrinement et a sa notation. En math,tu as bon ou pas. En eco, essaye d’expliquer a un prof de lycée, que peut être, augmenter la quantité de monnaie peut faire monter les taux d’intérêts...Risque de redoublement ? Non c’est « interdit », mais surement pas une bonne prepa.

                                Politiquement, cela marche un peu. Les 18 25 ans sont plus en phase avec les gauches que le reste de la population. Mais des qu’ils ont découvert la vraie vie et l’escroquerie dont ils ont été victimes, en moyenne a 25 ans, les choses deviennent plus normales. De quoi faire basculer certaines élections quand même.

                                Mais la n’est pas le plus grave. Le principal résultat est quand même la dégradation du niveau, élite comme queue de peloton confondu pour une dépense par élève multipliée par deux en euro constant sur trente an avec une exclusion croissante des enfants les plus défavorisés et de l’école et du marché du travail.


                                • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 7 mai 2013 13:43

                                  Il y a du vrai dans ce que vous dites. Je relativiserai quand même au sujet des professeurs d’économie, puisqu’une telle dégradation des contenus scientifiques enseignés ne peuvent avoir lieu que dans un contexte très favorable où la majorité de la population accepte ces changement, et même les souhaitent. On est d’accord sur la conclusion : le plus grave est cette dégradation du niveau imposé aux quelques élèves qui auraient aimé avoir une formation scientifique plus sérieuse dès leurs 17-ième année.


                                • Luc le Raz Luc le Raz 7 mai 2013 12:55

                                  2013, un programme S devenu plus généraliste, plus facile et moins axé sciences pures.


                                  Donc :
                                  -conséquence d’un dénigrement des classes non-S. On ne va pas en S pour être un scientifique, on va en S pour avoir un avenir. Et ce n’est certainement pas le taux de chômage qui rassure les élèves et les parents pour envisager une L, une ES ou une technique. Par conséquent il est plus ou moins naturel de laisser un peu tomber les mathématiques pures et d’offrir un bagage en sciences plus général, de même que la contraction des heures pour faire place a des matières complémentaires. De toute façon, les élèves qui veulent vraiment faire carrière en sciences, devront aller a l’université ou en prépa et verront a ce moment les notions soulignées dans l’article. Ce n’est pas comme si les jeunes rentraient sur le marché de l’emploi d’ingénieur sans avoir vu les « choses » disparues que critique l’auteur.
                                  -volonté assez incompréhensible depuis des dizaines d’années de simplifier le programme du secondaire. De meilleurs pourcentages de réussite au bacc ne crée pas plus d’emplois pour les bacheliers ! Je ne comprends pas le but de cette mascarade. Peut être y-a-t-il des pressions extérieures pour aligner nos pourcentage de réussite de fin de secondaire a ceux des autres pays... qui ne sont pas dans une meilleure situation de toute façon. Donc peut être n’est ce pas un échec français mais un échec mondial.

                                  Mais, je comprend la tristesse de l’auteur, qui voudrait enseigner des sciences pures et sérieuses a ses élèves, de vouloir les voir aspirer à être ingénieurs ou chercheurs. Mais voila, il a aussi dans sa classe de futurs banquiers, comptables, médecins et journalistes. Un bon médecin n’a pas besoin de savoir que Q est dense dans R ou la définition rigoureuse d’une limite en mathématiques... ni le banquier, ni le comptable, ni le journaliste.


                                  • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 7 mai 2013 13:56

                                    Je suis d’accord avec votre analyse : on ne peut en vouloir aux parents ou aux élèves de se rassembler dans la voie qui leur est présentée comme une voie d’excellence leur permettant de choisir tout ce qu’ils voudront choisir une fois leur BAC en poche. Je suis aussi pleinement d’accord pour dire que beaucoup de citoyens n’auront pas besoin de savoir la définition rigoureuse d’une limite ou d’une dérivée. 


                                    Mais ce qui me chagrine le plus, c’est de voir que l’on ne propose pas d’eau à qui peut boire. Un jeune élève de seconde peut déjà savoir qu’il a les moyens et l’envie de se diriger dans un domaine scientifique. A partir de là, on devrait pouvoir lui proposer un enseignement réaliste, mais non au rabais, qui lui donne effectivement les moyens de réussir rapidement dans le domaine qu’il a choisi. Ce n’est pas le cas : on le fera attendre trois ans, puis encore un semestre (ou une année) de L1 (première année de licence) où il révisera ce que l’on peut apprendre en méthodologie, puis il y aura les stages en entreprise... A quel moment pourra-t-il s’attaquer aux vraies avancées scientifiques ? A quel moment et à quel prix pourra-t-il apprendre à raisonner avec des moyens convenables, des définitions précises et des outils efficaces ? Il aura beaucoup à faire, et sans doute plus le temps de le faire.

                                    Le problème n’est malheureusement pas circonscrit aux sciences, puisque le domaine littéraire autant que le domaine linguistique ont énormément souffert au cours de ces dernières réformes : un vrai désossement pour le premier, et des lubies impossibles à appliquer dans la réalité pour le second. On se positionne de travers.

                                  • Julien Julien 7 mai 2013 22:00

                                    @Dany-Jack

                                    « Il aura beaucoup à faire, et sans doute plus le temps de le faire. »

                                    Oui, cela demande beaucoup de temps, c’est pour cela qu’il ne faut pas le gâcher. Le temps perdu n’est jamais rattrapé, contrairement à ce que semble indiquer Luc le Raz :

                                    "De toute façon, les élèves qui veulent vraiment faire carrière en sciences, devront aller a l’université ou en prépa et verront a ce moment les notions soulignées dans l’article. Ce n’est pas comme si les jeunes rentraient sur le marché de l’emploi d’ingénieur sans avoir vu les « choses » disparues que critique l’auteur."


                                  • jacques lemiere 7 mai 2013 21:23

                                    Vous ecrivez de bons articles mais ils n’apportent pas assez d’elements de preuves et vous restez dans le microcosme de l’enseignement.


                                    En clair qui ppourrait s’inscrire en faux ? Vous énnoncez un constat, l’enseigment des math est allégé , poour le reste vous affirmez que les consequences en sont graves pour le monde hors education..mais on doit vous croire sur parole.
                                     

                                    Quels sont les résultats recherchés dans l’enseignement et comment mesurer leur achevement..

                                    Donc comment peut on voir de façon indiscutable que la degradation de l’enseigment des maths est une catastrophe pour notre société ?
                                    je comprends bien que nos sociétés sont essentiellement scientifiques ( mais surtout technologiques) et que les maths sont importantes...

                                    Vous ne pouvez pas faire que vous adresser aux matheux, vous devez montrer les consequences..la mortalité augmente ? les gens meurent de faim ? les avions tombent ?

                                    Pour ce qui concerne l’enseigment vous avez raison, mais l’enseignement n’est pas une fin en soi.

                                    Vous n’avez ni montré ni demontré la catastrophe, ce qui est paradoxal dans un article qui aborde la demonstration.


                                    • jacques lemiere 7 mai 2013 21:39

                                      ou si vous preferez ???si ..à partir de rien, on vous proposait de batir un enseignement des maths ? ET j’aouterais en essayant de convaincre les citoyens....

                                      vous verriez alors que definir des buts de façon sans doute arbitraire est incontournable.



                                      enfin bref...



                                    • Julien Julien 7 mai 2013 21:58

                                      C’est simple : s’il reste des découvertes à faire en physique, on diminue les chances qu’elles le soient, car sans l’outil mathématique, on ne peut pas faire de physique sérieuse (et c’est bien le problème de la quasi-totalité des ingénieurs aujourd’hui).


                                    • jacques lemiere 7 mai 2013 22:16

                                      vous affirmez...mais la stagnation relative en science physique est elle simplement reliable de façon causale à la réforme de l’enseignement des maths ?


                                      ensuite vous vous heuretez à des citoyens qui vous demanderont mais à quoi servent ses progrès en sciences physiques ?
                                      qu’apportera le boson de higgs ? qu’apporte la connaissance des debuts de notre univers ???


                                      la réponse à ma demande aurait pu etre..ce niveau en math est utile pour les physiciens....et j’estime que la science physique est « necessaire à la société » en fait vous fuyez la réponse de l’utilité de l’enseignement des maths...


                                       



                                      Je reproche à cet article d’etre dans le relatif..c’etait mieux avant..mais mieux pour quoi pour quoi...


                                    • jacques lemiere 7 mai 2013 22:17

                                      et sauf votre respect ça ne veut rien dire faire de la physique....sérieuse ou pas.


                                    • Julien Julien 7 mai 2013 22:43

                                      Les progrès en science physique servent à sortir de la condition animale : c’est pourtant simple.

                                      Oh non, cela n’a pas apporté que des bonnes choses : le nucléaire aurait par exemple dû rester au stade du laboratoire, comme les OGM.

                                      Mais à la fin, ce qui nous sortira vraiment de la condition animale, si l’on doit en sortir, c’est la physique.
                                      Et sans maths, pas de physique sérieuse.

                                      Faire de la physique, qu’est-ce que ça veut dire ? Regardez la définition de physique. J’aime bien la définition dans mon Merriam-Webster :

                                      « A science that deals with matter and energy and their interactions ».

                                      Science :

                                      « The state of knowing : knowledge as distinguished from ignorance or misunderstanding ».

                                      et

                                      « Knowledge or a system of knowledge covering general truths or the operation of general laws especially as obtained and tested through scientific method ».

                                      etc.

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