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Il est trop facile de justifier sa lâcheté et sa résignation en faisant porter le poids de sa soumission par d’autres

 Alors que le patronat et le capitalisme industriel et financier globalisent les activités et les profits, délocalisent les productions, spéculent sur les dettes nationales, pillent les pays et entretiennent la soumission des populations sur toute la planète, l’on fait croire aux travailleurs qu’ils doivent s’enfermer dans un état nation et servir les intérêts des capitalistes nationaux. En fait il s’agit d’isoler les individus en leur laissant croire que l’ennemi c’est l’autre, l’ouvrier étranger, alors que l’ennemi c’est le capitalisme, et qu’il n’a pas de frontière !

A travers toute la planète, les patrons se rencontrent, débattent, et organisent l’exploitation des mains d’œuvre locales. En distillant un discours nationaliste ils espèrent interdire aux ouvriers de faire de même, et d’accepter toutes les régressions sociales pour la grandeur de la nation et le portefeuille de ses élites. Souvenez-vous, le discours patronal a toujours été le même : la menace du chômage, de la fuite des capitaux et des délocalisations. « La France, tu l’aimes ou tu la quittes ! », mais déjà dans les années 1900, le patronat menaçait de la quitter si les ouvriers osaient demander de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail. Eux, la France ils n’en ont rien à « fouttre », ce n’est qu’une chimère pour maintenir leur domination sur la population, alors des frontières, oui, mais pour contrôler les capitaux et les flux financiers.

Depuis les grandes révolutions industrielles, le patronat n’a toujours eu qu’une seule idée, payer la main d’œuvre le moins cher possible afin de faire le plus de profit possible : c’est une constante ! Ce n’est pas l’immigration qui tire les salaires à la baisse, c’est la capitulation des salariés devant le discours patronal, car toutes les conquêtes sociales ont toujours été obtenues par des luttes. Il est trop facile de justifier sa lâcheté et sa résignation en faisant porter le poids de sa soumission par d’autres ! Si demain il n’y avait plus d’immigrés, ne croyez pas que le patronat vous augmenterait automatiquement, vous n’aurez que ce que vous prendrez ! Cela s’appelle la lutte des classes, elle n’a pas de frontière ni de préférence nationale !

Qui embauche des travailleurs sans papiers ? Qui vend ses usines à des investisseurs étrangers ? Pour le Medef, l’internationalisme, c’est vouloir que les patrons français soient payés comme les patrons américains et les ouvriers français comme les ouvriers chinois ! Alors, doit-on se sentir plus proche de monsieur Bouygues, de Gattaz, , de Lagardére ou du travailleur italien, du pécheur grec, ou de l’agriculteur espagnol ? Avec qui partageons nous le plus de points communs, de réalités communes ? Parce qu’au final, le combat est toujours le même, c’est celui de l’exploitation salariale, le combat du capital contre le travail, de la rente privée contre les intérêts collectifs ; Sur les chantiers, dans les entreprises, on est tous des étrangers face au patron. Il y a deux camps, celui des exploiteurs, et celui des exploités. C’est vrai qu’il y a aussi une troisième catégorie, ceux qui collaborent, mais ça c’est encore une autre histoire …

Pour obtenir les avancées sociales dont nous avons profité jusqu’à aujourd’hui, nos anciens ont lutté main dans la main, travailleurs nationaux et travailleurs immigrés, unis contre le patronat. Si nos conditions de travail et nos salaires sont remis en cause, ce n’est pas à cause des immigrés, mais parce que nous avons abandonné le combat.

Si la mondialisation peut permettre le rapprochement des peuples, elle ne doit pas être anti-écologique, c’est pourquoi il faut réfléchir à un développement des circuits courts afin de favoriser la « consommation » des marchandises le plus prés possible de leur lieu de production. Ces décisions auraient comme conséquence une répartition plus homogène des zones de fabrication et de consommation, de manière que ceux qui veulent vivre au « Pays » puissent le faire. Cela aurait également pour effet d’empêcher le capital de mettre sans cesse en concurrence les ouvriers et leurs salaires. Alors, ne nous trompons pas de combat, ne nous trompons pas de colère !

A lire absolument : IMMIGRATION : NPA-MEDEF MEME COMBAT ?


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13 réactions à cet article    


  • Homme de Boutx Homme de Boutx 23 janvier 18:26

    « Si nos conditions de travail et nos salaires sont remis en cause, »

    c’est surtout à cause de la mondialisation...

    Le seul moyen de garder le travail en France serait d’arrêter de racketter les entreprises qui ont le courage de travailler en France :

    pourquoi, lorsque vous recrutez 10 personnes, devez-vous payer en plus une ou plusieurs personnes au chômage, une ou plusieurs personnes malades, une ou plusieurs personnes à la retraite,....

    Le chômage est le fruit de la délocalisation (en plus du recul de l’âge de la retraite-d’ailleurs un génocide que j’ai été seul à dénoncer) :

     - il faut établir de nouvelles frontières « virtuelles » lorsque les frontières réelles sont supprimées : la TVA est une frontière virtuelle internationale

    On a imposé le passage à 23 % aux Grecs, la Suède, c’est 25 % et la Hongrie (sarkozie) c’est 27%

    1 % de TVA, c’est 10 % de bénéf en moins pour les importateurs et délocalisateurs

    Imaginez le retour à 33 % sur tout, y compris CD et place de ciné, de foot, de tennis... on pourrait même récupérer largement l’impôt de tout ces expatriés fiscaux !

    « la mondialisation... elle ne doit pas être anti-écologique, »

    effectivement, mais quel est le coût du transport en France (TIPP, péage, « charges (a)sociales », ...


    • Jao Aliber 23 janvier 18:50

      Entièrement d’accord.




      • lsga lsga 23 janvier 19:25

        les « acquis sociaux » n’ont pas été gagné le poing levé, mais offert sur un plateau d’argent par le maréchal Pétain pendant qu’il faisait fusiller les communistes, les juifs, et les libéraux.


        • tonimarus45 24 janvier 05:07

          @lsga—au sujet des« acquis sociaux » vous reecrivez l’histoire .Et a ce sujet il faut etre completement barge pour affirmer ce que vous dites


        • lsga lsga 24 janvier 12:52

          @tonimarus45
          L’État Providence a été créé par Otto Von Bismarck, en s’inspirant des méthodes anti-révolutionnaires de Napoléon 1er.
          L’État Providence français contemporain (chômage, retraite, sécurité sociale, HLM, RSA, etc. ) a été mis en place par le maréchal Pétain, puis perpétué par De Gaulle et ses ministres staliniens.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat-providence

          Comme expliqué par Rosa Luxemburg, les politiques de réformisme sociale sont des politiques réactionnaires, financées nécessairement sur le colonialisme, et qui fortifient considérablement l’extrême droite.


        • soi même 23 janvier 19:47

          Bof, tous cela n’est que hors d’’œuvre post communiste, à mon avis toi est Iga vous deviez faire un voyage d’étude en Corée du Nord..... !.

           smiley


          • tonimarus45 24 janvier 05:08

            @soi même-il serait bien que vous disiez a qui vous vous adressez


          • Ar zen 24 janvier 08:45

            Je suis d’accord avec certains points de votre analyse.

            En revanche vous écrivez ceci en préambule de votre « post » :

            « l’on fait croire aux travailleurs qu’ils doivent s’enfermer dans un état nation et servir les intérêts des capitalistes nationaux. En fait il s’agit d’isoler les individus en leur laissant croire que l’ennemi c’est l’autre, l’ouvrier étranger, alors que l’ennemi c’est le capitalisme, et qu’il n’a pas de frontière ! ».

            Est-ce que vous êtes certain de ça ? La contruction européenne, l’Union européenne, enferme les gens dans un « Etat nation » ? Les travailleurs « servent les intérêts des capitalistes nationaux » ? On fait croire exactement l’inverse ! On fait croire que l’Union (européenne) c’est la force. On oublie simplement de préciser que les pays doivent tirer dans le même sens (harmonisations fiscales, sociales et salariales, grandes oubliées de la construction européenne). On fait croire que l’U.E, c’est le plein emploi. On fait croire que l’U.E c’est la croissance.

            Je suis d’accord qu’il s’agit d’isoler les individus mais pas de la façon dont vous l’écrivez. Il s’agit d’isoler les individus au sein d’entités régionales, justement de les séparer de la Nation qui était supposée garantir l’égalité entre toutes les personnes dans tous les territories. L’autonomie progressive confiée au 13 nouvelles régions françaises (la faculté de lever des impôts par exemple), à travers la loi constitutionnelle 2003-276 du 28 mars 2003, relative à l’organisation décentralisée de la République, va faire exploser l’Etat français que nous connaissons aujourd’hui. Les régions seront, dans un futur pas si lointain, pilotées depuis Bruxelles. Tous les individus, les Français de souche comme les étrangers, seront alors en déshérence. Ils n’appartiendront plus à un pays mais à une région dépendant d’une « nébuleuse » européenne. Les Français de souche, comme les étangers, seront traités sur un pied d’égalité c’est à dire comme des esclaves.


            • Doume65 24 janvier 11:42

              Le monde médiato-politique a tellement enfoncé dans la tête des gens l’idée que « c’est comme ça et que la seule voie c’est s’adapter à la mondialisation », que plus grand monde n’imagine qu’une action de rébellion puisse encore porter des fruits.


              • Le421 Le421 24 janvier 18:20

                @Doume65
                Sauf que certains se retrouvent dos au mur et que ça commence à chauffer.
                Les chemises d’Air France ne sont qu’un début.
                Les sanctions qui suivent prouvent bien que la peur est en train de changer de côté.
                Les riches ont l’argent. Les pauvres ont le nombre.
                Les billets de 100€ n’arrêteront pas une foule en furie.


              • baron 24 janvier 12:38

                Roberto Gil vous dites des contres vérités historiques.

                Que fait le patronat, lorsque les mineurs manifestent et font greves pour de meilleurs conditions de travail et de salaires, c’est simple il fait venir des Polonais.
                Que fait le patronat dans les années 50 60 lorsqu’il y a le plein emploi et que les salariés vont aux plus offrants, à cette époque les employeurs ne font pas leur loi il leur faut donc partager les bénéfices ?
                Lorsque les éboueurs deviennent trop gourmands ? qui les remplaces ?
                Dans les usines, dans les champs et dans le BTP , les choses se passent de la même façon.
                Au final, le chomage augmente et il est de moins en question de bien redistribuer les revenus.
                Avec la mondialisation, il va se passer la même chose pour les personnels qualifiés ou très qualifiés, pourquoi payer un médecin 60000 euros alors que certains font le même boulot pour 2000 ? et ainsi de suite ....


                • lsga lsga 24 janvier 12:59

                  @baron
                  L’objectif n’est pas d’augmenter les salaires et la soumission au patronat.
                  L’objectif est d’abolir la propriété privée des moyens de production à l’échelle planétaire.


                • Le421 Le421 24 janvier 18:16

                  La lutte des classes n’est pas une obsession ouvrière mais belle et bien patronale.
                  La communication moderne et le déclin de la société consumériste arrivant à ses limites, la panique les prends de plus en plus.
                  D’ailleurs, les riches ne redistribuent plus par peur du lendemain. Ils thésaurisent comme jamais.

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