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Accueil du site > Actualités > Société > L’école égalitaire

L’école égalitaire

Dans les années soixante-dix, avec le triomphe de l’idéologie de l’interdiction d’interdire, on a vu naître l’éducation antiautoritaire qui allait permettre aux enfants, enfin, de s’épanouir. Le mal, c’était la répression et l’ancienne pédagogie tyrannique. Ainsi, à l’instar des apôtres de l’école heureuse, on nous a appris que l’enfance est une minorité jusqu’alors opprimée, qui avait besoin de se libérer, et nous avons donc compris qu’il faut mettre l’enseignement au service de la liberté créatrice des élèves. L’ancien professeur, qui croyait ouvrir un monde aux élèves, fut congédié pour déficit démocratique et supplanté par le moniteur, qui noue des liens d’affection avec les gamins. Dans la relation amicale avec les élèves, les frontières s’effacent, les âges se confondent. Autrefois considéré comme un être en devenir, un être immature, on s’est aperçu que l’enfant a tout de l’adulte, et au même titre que l’adulte, on l’a affublé des droits de l’homme, et notamment, l‘égalité.

L’égalité eut vite fait de discréditer l’ancienne méritocratie. Le mérite, dont l’ancienne école républicaine faisait si grand cas, apparut désormais comme un piège, une imposture et le moyen non de donner à chacun sa juste place, mais de donner l’illusion d’équité au destin de chacun. Loin d’assurer le principe démocratique, la sélection par le mérite renforcerait l’inégalité. Ce qui a changé, à notre époque postmoderne, c’est le sens et le statut du concept de l’égalité. Les hommes ne sont pas seulement égaux en droit, on proclame qu’il n’y a pas d’inégalité naturelle. Nous sommes tous égaux, à tous points de vue. Raison pour laquelle, au lieu de laisser se déployer à l’école l’inégalité des talents, on s’emploie à la déconstruire. On ne stimule et promeut plus le bon élève, surtout quand il est pauvre, comme faisait alors l’ancien professeur, mais, afin de ne pas stigmatiser l’élève en difficulté, on ralenti et ajuste la leçon au niveau de ce dernier. Les écoles avec un trop fort niveau, qui décourage une partie des élèves, se voient condamnées pour non-assistance aux enfants en difficulté.

L'insistance sur l'importance du jeu pour apprendre se base sur l’a priori que les matières sont ennuyeuses. Devoir apprendre les maths, les sciences, la géo, l'histoire est supposé être une tâche désagréable et contraignante, qu'il faut rendre moins pénible en l'intégrant dans des jeux. Il faut sucrer la pilule. Dans le meilleur des cas l'enfant apprendra sans se rendre compte. L'école devient alors une récréation permanente, et c'est effectivement ce qu'il est arrivé. Ennuyer, voire blesser irrémédiablement l'enfant avec des dictées et des tables de multiplication à apprendre par cœur est tabou, et, en outre, inutile, puisque l'ordinateur s'occupe de l'orthographe et le calculateur du calcul. Dans cette école ludique l'autorité tyrannique du prof a été éradiquée et les élèves peuvent, enfin, s'épanouir.

L’idéologie égalitaire commence déjà à la maison, où les parents ont de moins en moins d’autorité, et à l’école, et encore plus aux collèges, facs, universités, les maîtres ne sont plus reconnus comme tels et il est spontanément admis qu’on ne leur doit aucun respect particulier. En ces lieux chaotiques, et la chose est désormais établie, l’autorité est bel et bien introuvable, chacun fait ce qu’il lui plaît, ce qu’il veut, ce qu’il peut, au grand détriment des élèves eux-mêmes qui ne parviennent plus à s’élever dans de telles conditions. Les gamins arrivent en faculté avec un lourd passé d’irrespect et d’intolérance à toute forme de discipline. Se considérer l’égal des professeurs empêche trop souvent l’attention nécessaire à l’étude de s’exercer. A quel titre devrait-on rester là, assis sur un banc, à écouter des discours rébarbatifs alors que l’on peut s’éclater avec son iPod à écouter de la musique, à jouer des jeux vidéo, ou à chatter avec ses copains ?

En se concentrant sur les élèves faibles ou « en difficulté », quel est le prix à payer pour le niveau moyen ? En se souciant de ceux qui ne peuvent pas suivre, on témoigne d’une louable mansuétude, certes, mais ne conviendrait-il pas de s’interroger sur ce qu’il advient, pendant ce temps, de ceux qui suivent bien, et qui attendent, et de ceux qui pourraient précéder, éclairer la voie, avancer plus vite ? On s’interroge à n’en plus finir pour savoir comment aider l’élève en difficulté sans jamais se demander s’il est meilleur pour la majorité des élèves de ralentir l’enseignement pour secourir les plus faibles. Le mot d’ordre selon cette idéologie est l’égalité, tous au bac. Ne serait-il pas plus utile et plus juste de promouvoir un accès égalitaire à l’enseignement supérieur, pour ainsi dire un accès égalitaire à l’inégalité que les diplômes supérieurs créent ? L’accès égalitaire, c’est-à-dire faire en sorte que personne ne puisse être empêché de faire des études par des contraintes matérielles, sociales ou culturelles, c’est-à-dire, concrètement, offrir une abondance de bourses de toutes sortes, créer une filière d’enseignement spécial, chargée de tout faire pour compenser, en cours d’études, les différences de niveau liées à l’origine, à la fortune, etc., tout en dirigeant les élèves en difficulté vers les filières moins exigeantes.

En concentrant toutes les attentions à l’enfant « défavorisé » on cherche à éviter que l’enfant favorisé, lui, n’ait aucun avantage sur le précédent et reçoive exactement la même éducation que lui, une éducation contrainte par ses besoins à lui, limitée par ses limites à lui. C’est garantir que le niveau général baissera. S’il faut s’adresser de préférence aux plus mauvais élèves, de sorte que l’on n’avance pas ou très lentement, les acquis s’amenuiseront, le niveau moyen s’abaissera, et la culture régressera.

Curieux effet des immenses progrès prétendus de la diffusion de la culture dans le public tels que les décrivait Jack Lang et les autres avocats de l’égalitarisme, tout est décalé d’un écran ou plus vers le bas. De même qu’à l’université les professeurs et étudiants sont obligés d’essayer de rattraper le travail qui n’a pas été fait au lycée, qu’au lycée on s’efforce de compenser les négligences du collège, dans les collèges on calfeutre comme on peut les trous laissés par l’enseignement primaire.

Poser la notion d’égalité comme un idéal ou un principe demeure très abstrait et ne dit pas grand chose des conséquences concrètes de l’application d’un tel principe. Il n’y a pas d’égalité dans la nature. Il n’y a que la différence ou la différenciation, et c’est ce qui fait la beauté du monde. L’extraordinaire variété des espèces et la diversité des êtres humains contribuent à rendre le monde plus beau. Si l’on veut l’égalité entre les hommes il faut l’imposer. Mais il n’est pas sûr, si l’on arrive à l’imposer, qu’elle soit souhaitable. L’égalité implique un nivellement vers le bas, qui peut se révéler désastreux. L’égalité porte en elle une perversité en ce sens qu’elle ne peut s’appliquer que pas la force. Ce n’est pas le principe d’égalité qui mérite tant de respect mais plutôt celui de l’équité.

Après trente ans de l’école égalitaire, menant une politique de lutte contre les inégalités, on constate qu’on les a aggravées. Pour lutter contre les inégalités sociales, on a abaissé le niveau d’exigence culturel de l’école. Mais plus l’école a baissé son niveau, plus le nombre d’élèves issus de familles pauvres accédant aux grandes écoles a diminué.

Réf. : L’école, malade de l’égalitarisme, Olivier Vial, jan. 2112

Le débâcle de l’école, Laurent Lafforgue, sept. 2007


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31 réactions à cet article    


  • jakback jakback 16 novembre 2012 10:32

    Un constat d’échec cuisant, égalité pour tous une perversité,une arme de destruction massive, fort bien utilisée par l’Establishment.

    Plus la plèbe est inculte, plus elle est manipulable, corvéable et soumise.
    Le contraire d’une vie épanouie.

    • gaijin gaijin 16 novembre 2012 11:10

      oui +++++++
      mais a la base l’idée n’est pas fondamentalement mauvaise
      par contre elle ne peut s’ épanouir que dans un contexte social favorisé ......
      ( les idées comme les fleurs ne poussent pas sur tout les terrains )
      toute forme d’idéologie qui ne tient pas compte de la réalité des faits et du terrain est condamnée a échouer 


      • Kookaburra Kookaburra 16 novembre 2012 11:58

        Je ne sais si je comprend votre message. Si vous voulez dire que l’égalitarisme n’est pas si mauvais, alors je suis d’autre avis.

        Au fil des années, l’école s’est éloignée de sa mission essentielle, la transmission des savoirs, pour se laisser enrégimenter au service de l’égalité, cette passion française. L’égalité est, ainsi, devenue le mètre étalon à partir duquel on construit et évalue toutes nos politiques éducatives. Pour atteindre cet objectif, le savoir a été sciemment discrédité, car, depuis Bourdieu, il est soupçonné d’être l’outil de domination de la bourgeoisie. Des générations d’enseignants ont, ainsi, été conditionnées à ne pas ennuyer les élèves avec des connaissances ou des règles rétrogrades, comme celles de la grammaire.
        Quant aux notes, jugées cruelles, il est conseillé, bien entendu, de rapidement les supprimer. L’égalité et « l’épanouissement des élèves » sont à ce prix. Comment s’étonner que, dans ces conditions, le niveau des élèves baisse régulièrement, que l’autorité des enseignants soit, de plus en plus souvent, contestée et que ces derniers doutent de leur vocation ? En sacrifiant la transmission du savoir au nom de l’égalité, on a érigé un véritable dogme d’égalitarisme. La passion de légalité a abouti à un égalitarisme, où toute la société est en proie à la recherche des discriminations, et possédée par l’ambition de les liquider.


      • gaijin gaijin 16 novembre 2012 12:32

        soyons clairs :
        je suis contre l’égalitarisme qui est une absurdité !
        mais je suis pour l’ égalité ! c’est a dire donner a chaque individu les moyens de progresser en fonction de ses besoins propres
        ce n’est pas pareil c’est même l’inverse ! l’inégalité foncière des individus est un fait incontournable .
        ensuite que l’enfant ait des droits oui ! il a le droit d’être reconnu en tant qu’individu et respecté
        il a le droit a un enseignement qui lui soit adapté.
        ( le droit au respect supposant aussi bien sur un droit équivalent de l’enseignant d’être respecté en tant qu’individu et dans sa fonction de transmission. )
        la transmission du savoir ( y compris entre adulte ) suppose une inégalité de fait
        et les conditions convenables a cette transmission doivent être établies.

        flute je suis a la bourre je dois partir je repasse demain .....


      • alinea Alinea 16 novembre 2012 11:30

        Oui, vous l’avez dit : « le nivellement par le bas » !
        Je pense qu’il y a aussi de manière sous-jacente l’idée que l’enfant est riche en lui-même et qu’il n’y a plus rien à faire d’autre que de laisser libre cours à l’expression de cette richesse !
        Tout est génial !
        Sauf que non ! l’intelligence extraordinaire de tous les enfants ( hors névroses ou blocages graves) c’est justement la curiosité et la grande capacité de tout attraper, tout mémoriser..
        Même « la vieille école » était une mise en boîte de ces capacités, mais il y avait non seulement une discipline mais une cohérence ; rien n’est plus triste que de voir un gosse qui à la Toussaint de sa sixième, après avoir rêvé entrer à la grande école, avoir compris le fonctionnement de celle-ci, la demande de chaque prof, s’y plier pour avoir la paix, s’ennuyer, et ne découvrir la vie qu’en dehors !


        • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 16 novembre 2012 11:35

          Merci pour votre article qui explique bien le danger d’un égalitarisme mal compris. Il y a bien un « juste milieu » à atteindre pour ne pas pénaliser des tranches importantes de la population scolaire en vertu de bons sentiments.

          L’idéal serait d’offrir le meilleur à chacun suivant sa diversité, ses capacités et ses goûts.

          • juluch juluch 16 novembre 2012 12:35

            Merci pour cet article plein de bon sens....


            • foufouille foufouille 16 novembre 2012 13:29

              dommage que justement, ca servent tres bien le pouvoir en place
              ne pas savoir lire correctement ne permet pas de s’informer, ni d’eviter les escrocs en tout genre
              les vieux qui ont arrete l’ecole tres tot, en sont un exemple


              • Romain Desbois 16 novembre 2012 17:50

                c’est tout à fait juste foufouille et c’est pour cela aussi que l’on impose l’anglais comme langue internationale plutôt que l’espéranto qui est plus accessible au peuple.


              • eribi 16 novembre 2012 14:06

                Quand je lis qu’il s’agit d’ici d’un article plein de bon sens j’avoue mon étonnement.

                En effet que dit fondamentalement ce message ?
                En résumé : pour favoriser les moins bon notre société a sacrifiée les meilleurs...

                J’ignore quel est le niveau d’étude de ceux qui répondent et leur expérience mais comment puis je mettre mon expérience en accord avec ce message ?
                Comment quand à chaque palier de l’enseignement je vois encore les vieux démons de la méritocratie bonapartiste dire seul les meilleurs passent.

                Pour celui qui n’a pas une famille capable d’aligner la richesse qu’elle soit matérielle ou culturel les études et en particuliers les études supérieurs sont quoi ?
                C’est objectivement une course d’obstacle qui punit tout décrochage.
                Il y a des élèves qui après un redoublement se sont remis au travail et se sont relevés plus forts et plus motivés mais qui oserait dire que c’est plus qu’une infime minorité.
                A l’inverse combien de fils de familles très aisées pensez vous qu’il y aura dans l’apprentissage dont les mérites nous sont tant vantés.

                Or l’éducation ne forme pas seulement une main d’œuvre corvéable par l’industrie mais aussi voir surtout des citoyens avec un droit de vote.

                Pouvons nous nous réjouir quand nous constatons que le taux d’une classe d’age au bacs n’ont quasiment pas évolué depuis la fin des années 80 en particulier celui des bacs généraux, dont la faiblesse est masqué par l’ajout des taux des bacs professionnels.

                Est ce qu’il faut croire comme les pédangogues qui conseil les ministres (de l’éducation et plus de l’instruction) qu’un seul modèle sera la clefs magique qui permets à tous d’ouvrir la porte du savoir ?

                Mais est ce que chacun ne voit-il pas que ce qu’il veut voir ?
                Chaque pédangogue voit les réussites de son modèle et celui qui le suit les échecs de ce même modèle mais parce que ses clefs d’évaluations ne sont pas les mêmes.

                Ne faisons nous pas pareil ?

                Puisque nous n’admettons pas la validité des tests de l’éducation national (qui se juge ainsi elle même) sur quelles études, quels faits se baser pour affirmer que la situation évolue dans un sens ou dans l’autre ?

                A choisir entre le CAP zonzon et un diplôme de polytechnique qui hésiterait ?
                Pourtant il y a une désespérance qui crée une vision de l’inutilité de l’instruction.
                N’est ce pas là le vrai problème ?

                Est ce que qu’il ne faut par rappeler aussi qu’éduquer, ce n’est pas remplir un seau
                mais allumer un feu (Yeats) d’une part et d’autre part qu’on prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’école. Un régime autoritaire à l’école ne saurait être formateur de citoyens et de démocrates (Freinet).

                 


                • Kookaburra Kookaburra 16 novembre 2012 14:54

                  Merci de votre contibution au débat. Evidemment, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Qu’est-ce que vous voulez dire par « démocratie à l’école » ? Mais j’ai déjà assez exprimé mes opinions, je ne j’ajoute que ceci :

                  Les méthodes d’apprentissage privilégient toujours le compliqué sur le simple. Dès les premières classes, les enfants sont contraints d’utiliser des méthodes pédantes et incompréhensibles. Ils doivent ânonner les théories littéraires les plus sophistiquées et faire de la linguistique avant même d’étudier la grammaire. Les méthodes pédagogiques sont tellement nébuleuses et amphigouriques que personne n’y comprend rien, en général pas même l’instituteur, et pas davantage évidemment les malheureux parents qui tentent, comme il se doit, d’aider leur enfant affolé ou coulant à pic. Et l’avantage de ces méthodes, c’est que les parents les plus cultivés se cassent aussi le nez dessus. L’école républicaine d’avant-guerre employait des méthodes unificatrices, réalisait l’égalité des
                  conditions, prônait la laïcité, mais en même temps elle considérait l’enfant un être pas encore fini, sous l’autorité d’une tutelle. Dans les années soixante, l’enfant est considéré, non plus comme un être en devenir et attendant pour se structurer des modèles adultes, mais comme un citoyen à part entière, déjà doté de toutes les capacités et attributs nécessaires. L’enfant est autonome de nature et il s’agit seulement de le laisser s’épanouir. Dès lors, enseigner c’est opprimer, non plus « élever ». Les enfants sont nantis des mêmes droits que les adultes.


                • eribi 16 novembre 2012 17:06

                  Je ne vais pas m’attribuer indument ce qui n’est pas mien. Il s’agit d’une citation d’un des principes pédagogique de Célestin Freinet.

                  Dans certain de ces autres invariants il affirme également la nécessité de la discipline et de l’autorité du maître sur l’élève.

                  Mais et c’est le sens de ce principe, il n’est pas envisageable qu’un individu passe simplement d’un modèle autoritaire à un modèle démocratique. Notez bien que je ne dis pas que ce passage n’est pas envisageable, mais bien que ce passage n’est pas simple. Donc si le modèle éducatif est uniquement autoritaire il ne remplit pas sa mission au moins celle de former des citoyens conscients de notre démocratie. 

                  Quand à l’école d’entre deux guerre elle était factuellement moins efficace que l’école d’aujourd’hui dans le sens que moins d’enfants arrivait à faire des études supérieurs. Mais encore une fois ce qui se pose ici c’est la question de ce qu’on attend de l’école.

                  Mais ce que je défends c’est que votre point de vue rejoint ceux que vous condamnez dans le sens où il est monolithique.

                  Or c’est justement ce que je condamne. Croire qu’il y a une façon d’enseigner et que celle que défendu que ce soit et par X ou par Y est la bonne me semble dénué de bon sens parce qu’elle oublie un élément essentiel. L’humain enfant ou adulte est divers, la construction et le fonctionnement de sa pensé est diverse.

                  Ces préambule admit, croire qu’il n’existe qu’une seul façon d’enseigner m’apparait absurde.


                • jef88 jef88 16 novembre 2012 17:33

                  voir mon commentaire plus bas !
                  A l’école la classe dominante ne voulait pas de concurrence !
                  elle bloquait « les pov’ con » par les notes et par le fric !

                  par contre la socièté savait, dans le monde professionnel, reconnaitre le savoir-faire et l’efficacité sans avoir le culte du diplôme
                  à 24 ans j’ai fait un boulot d’ingénieur , à 30 ans j’étais directeur et j’ai le BEPC !


                • Romain Desbois 16 novembre 2012 17:55

                  je crois que ce que d’abord l’on doit inculquer aux enfants est la soif d’apprendre. Mais pour cela il ne faut pas que pour les gosses l’école soit un calvaire, une sanction. auquel cas vous aurez des singes savants qui ne garderons pas grand chose de leur passage à l’école.

                  Perso j’étais suffisemment doué pour ne faire que le minimum pour ne pas avoir de reproche et de mauvaises notes. j’ai vite compris ce que demandais mes enseignants. donc je faisais comme ils voulaient , quand il voulaient en attendait le jour de la libération.

                  D’ailleurs je ne me suis jamais senti aussi libre que depuis que je travaille.


                • etychon 16 novembre 2012 16:45

                  Il fut un temps ou le Maître était un modèle... En voyant les enseignants aujourd’hui et si j’étais un de leurs élèves, je n’aurais pas vraiment envie de leurs ressembler !


                  • Romain Desbois 16 novembre 2012 17:02

                    Oui surtout si on lit Agoravox smiley


                  • jef88 jef88 16 novembre 2012 16:45

                    Je suis d’accord avec le fond de l’article ...
                    Mais malheureusement l’égalité n’a jamais existé !
                    dans les années 50, fils d’ouvrier, je faisais mes devoir que copiait le fils du dentiste .
                    Il ne modifiait rien d’important à mon texte, Il avait toujours , au moins, 2 points de plus que moi !
                    il n’y a que pour les examens anonymes, passage en 6ème (obligatoire à l’époque) certificat d’étude, BEPC, ou je me retrouvais 2ème ou 3àme du canton.
                    le reste du temps j’étais entre 15 et 20ème sur 40 ........


                    • Romain Desbois 16 novembre 2012 17:43

                      c’est effarant ce que vous racontez jeff.

                      C’est ce genre de truc qui fait que je suis de gauche !!!!


                    • Mycroft 16 novembre 2012 17:04

                      Mélangez tous dans une grande soupe, c’est le meilleurs moyen de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce que vous vous empressez de faire.

                      Bien sur, la fin de la méritocratie, la réduction du respect vis à vis du professeur, ces choses là sont vraies et sont problématique.

                      Cependant, faut il pour autant glorifier les « bonnes vieilles méthodes » qui n’ont « fait leur preuves » que parce qu’on les a placée dans un contexte favorable et à une époque adaptée ?

                      Car le cour magistral est à l’opposé même de ce que doit faire une école : apprendre aux élèves à utiliser leur tête. Le cour magistral apprends aux élèves à la remplir. Les tables de multiplications sont par exemple, une illustration de ce qu’il ne faut pas faire. Les mathématiques, ça se comprend, les multiplications fonctionnent de façon claire, apprendre par cœur des méthodes et des chiffres, c’est inutile. Trouver le raisonnement nécessaire pour arriver au résultat voulu, la base même des mathématique, ça, c’est réellement formateur.

                      Certes, on s’éloigne là de ce que les parents, adultes dans la loi mais rarement à même de comprendre grand chose, sont capable de comprendre. Mais si on veut un avenir pour notre société, il est indispensable qu’on pousse les jeunes à faire bien mieux que ça, et donc à faire travailler leur tête.

                      Pour résumer, d’accord avec vous sur le fait qu’il est nécessaire que l’école arrête de se concentrer sur les cancres et qu’elle se mette effectivement à favoriser les tronches. Pas d’accord avec vous sur les techniques nécessaire pour détecter les tronches. Les méthodes traditionnelles ont formés nos anciens, ces derniers sont très mauvais pour comprendre, ils sont souvent lettrés, cultivés, mais très peu déductif. Ce n’est pas avec ce genre de population qu’on fait un pays puissant sur le plan scientifique.

                      Nous avons encore et toujours, à un certains niveau, une bonne culture de l’excellence. On l’a trouve tout simplement dans cette merveille française qu’est la prépa. Une formation ultra mathématique qui pousse l’esprit de l’élève dans ses retranchement, jusqu’à ces limites. Il faut s’en inspirer, à tout âge, à tout niveau. Les mathématiques (les vrais, pas ceux qu’on fait avant le BAC, qui sont simplistes et à la porté du premier benêt venu) sont un outil de sélection extrèmement puissant. Nous l’utilisons avec brio dans nos filière d’excellence. Il ne reste qu’à généraliser le concpet.


                      • jef88 jef88 16 novembre 2012 17:26

                        Une formation ultra mathématique qui pousse l’esprit de l’élève dans ses retranchement, jusqu’à ces limites. Il faut s’en inspirer, à tout âge, à tout niveau. Les mathématiques (les vrais, pas ceux qu’on fait avant le BAC, qui sont simplistes et à la porté du premier benêt venu) sont un outil de sélection extrèmement puissant. Nous l’utilisons avec brio dans nos filière d’excellence.

                        le français ce n’est pas mal non plus !
                        Une formation ultra mathématique qui pousse l’esprit de l’élève dans ses retranchements, jusqu’à ses limites. Il faut s’en inspirer, à tout âge, à tout niveau. Les mathématiques (les vraies, pas celles qu’on fait avant le BAC, qui sont simplistes et à la portée du premier benêt venu) sont un outil de sélection extrêmement puissant. Nous l’utilisons avec brio dans nos filière d’excellence.
                        5 fautes en 4 lignes = filière d’excellence.  !


                      • gaijin gaijin 17 novembre 2012 13:14

                        merci de vous faire part de votre mépris
                        mais ce n’était pas utile on a l’ habitude
                        j’ai fait longtemps partit des nuls en math au début j’avais honte et ensuite j’ai compris que mes professeurs étaient incompétents ..( en tant qu’enseignants )

                        il existe bien d’autres formes de pensées .......


                      • Mycroft 19 novembre 2012 10:27

                        Bien, Jeff48, jugez donc la forme et non le fond. Il est vrai que c’est tellement plus simple pour vous de combattre sur ce terrain.

                        Mais à quoi votre compétence en orthographe vous sert elle ? Et surtout, car c’est là la vraie question, à quoi sert elle à qui que ce soit ou à la société ? Je vous laisse répondre à cela. Parce que moi, j’y ai répondu depuis longtemps : ça ne sert à rien. Si ce n’est à faire plaisir à quelques vieillards incapables de comprendre le monde actuel et qui se retranchent sur cette dernière expertise qui est la leur. Sans se rendre compte que les langues humaines sont très peu porteuses de sens et que les règles qui les régissent sont tout simplement débiles, basées sur la tradition et des considérations esthétiques, ce qu’on ne retrouve pas dans les langages riche en sens (comme par exemple les langages informatiques).

                        Produisez donc un peu plus de fond, et ensuite nous pourrons peut être débattre sur la notion de filière d’excellence. Mais en êtes vous seulement capable ?

                         Pour gaijin, j’ai rarement vu des élèves accuser à raison des enseignants. Un élèves nul en math l’est souvent à cause de ses propres limites, et non à cause d’un enseignant. Les mathématiques, ça ne s’apprend pas vraiment, ça se test et ça s’entraine. Tout ce que les professeur ont a faire, c’est fournir un entrainement à la porté des élèves sans être trop simple.


                      • Kookaburra Kookaburra 16 novembre 2012 17:42

                        Les derniers messages me font dire des choses que je n’ai pas dit. L’article est une critique de l’égalitarisme et un plaidoyer pour la méritocratie, couramment dénoncée aujourd’hui. En résumée c’est une critique de la pédagogie généralement acceptée.

                        L’idée selon laquelle l’école aurait pour but d’adapter ses exigences aux possibilités de plus faibles, revint à renoncer à tout un pan de sa mission. Il y a une confusion majeure entre égalité des chances et égalité des résultats. Car le Smic culturel proposé aux jeunes, c’est l’aumône de quelques notions vagues, tributaires de l’air du temps, et l’illusion que cette formation au rabais suffira à construire une communauté nationale. On assiste à un développement à l’école primaire, puis au collège, de toutes sortes d’activités qui n’ont d’autre but que de distraire l’enfant, de l’ouvrir sur le monde, dans ce lieu de vie qui est l’école, c’est-à-dire de jouer le même rôle que la télévision plantée au milieu du salon. L’enseignant devient un animateur. Il n’est plus là pour enseigner et transmettre un héritage culturel.


                        • Romain Desbois 16 novembre 2012 17:46

                          j’ai une autre vision des choses. jepense que l’on peut être nul sur un truc et excellent sur un autre. L’éducation nationale a toujours fait en sorte de mettre les gosses dans des cases mais il existe des gosses qui ne rentrent as dans ces cases et ceux là l’éducation nationale ne les acceptent pas.
                          C’est pour cela que si j’avais un gosse je le mettrais dans une école du type Freinet ou Montessori voire je lui ferais moi même son instruction.


                        • non667 16 novembre 2012 17:51

                          devant le fiasco de l’éducation égalitaire pour continuer le sabotage incognito et continuer à tromper le peuple les valet du N.O.M. on inventé L’ÉGALITÉ DES CHANCES .

                          les ministres ,inspecteurs ,pédagogues n’étant pas des imbéciles , toutes les réformes de destruction massive cachent un autre but . : comme dit jak :Plus la plèbe est inculte, plus elle est manipulable, corvéable et soumise.

                          L’Histoire montre à quel point « l’ordre de la cité » peut passer par le « simple » endoctrinement des masses.

                          l’école est un formidable outil d’endoctrinement , croire qu’un pouvoir en place (peillon ) va vouloir s’en passer est naïf .
                          instruction publique = lire-écrire-compter
                          éducation nationale = déposséder les parents de leur devoir/pouvoir d’éducation (morale ,religieuse ,sentimentale sexuelle )pour la confier à l’endoctrinement idéologique .(de droite ou de gauche , mais surtout pas de libre arbitre ) si bien qu’en 1968 cohn bendit à pu dire : il ne sert à rien de promouvoir/favoriser l’accès des fils d’ouvriers à l’université ils deviendrons les plus fidèles serviteurs du système capitaliste !!! (que lui en bon coco voulait abattre en france )

                          sur les récurrentes réformes qui depuis 1965 vont toujours dans le même sens : sabotage
                          celles à venir (dans les tiroirs ).

                          c’est la notation pédagogique des profs par les chefs d’établissements  (qui ont déja la notation administrative qui compte pour 2/5 dans l’avancement ) . il est à noter que l’inspection peut être faite a l’initiative de l’inspecteur ,a la demande de l’intéressé ou du chef d’établissement . dans tout les cas l’inspecteur rencontre informellement le chef d’établissement avant l’intéressé ! si bien que l’on peut dire que la note est mise avant l’inspection ! alors pourquoi l’a confier officiellement au chef d’établissement  ??????????
                          la seule explication plausible qui cadre avec toutes les autres réformes de l’ E.N. est que l’on la sabote (*) pour justifier la privatisation par l’autonomie des établissements et un recrutement /maintient des profs par le chef d’établissement (plus de recrutement par concours national anonyme mais recrutement à la carte politique ou piston ! )
                          (*) = arrêt des notes...

                          suppression du bac national

                          .etc...


                          •  C BARRATIER C BARRATIER 16 novembre 2012 20:34

                            La non directivité a surtout sévi à l’université. L’école ne peut pas faire n’importe quoi, car on tombe dans le lycée, le collège impossibles. Il faut bien arriver à l’heure (les professeurs aussi), il faut bien avoir fait son travail, il faut bien des contrôles...Celui qui sait est le maître. Celui qui apprend est l’enfant. L’école élémentaire et l’école maternelle ont dû garder toute leur force d’encadrement.
                            Henri WALLON a démontré au temps de l’école ancienne que pour comprendre un message il faut avoir dans sa tête une bribe du sujet pour le raccrocher. Sinon on n’entend pas, l’esprit vagabonde, on a décroché. Ce fut un progrès de s’appuyer un peu en classe sur les connaissances des élèves, leurs forces de proposition. Je co anime un conseil municipal des enfants et je dois dire qu’ils se hissent à des capacités d’écoute, de décisions communes que chacun applique ensuite, qu’ils savent se rendre à la réalité quand il réclament l’impossible. En classe il n’est pas inutile de s’approprier le règlement intérieur..parfois de proposer une modification.

                            Mon expérience récente vient du lycée, et j’ai pu avancer dans la voie du lycée aux méthodes actives présenté ici, en table alphabétique des news :

                            Pédagogie et méthodes actives, le lycée de demain ? 

                             http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=198


                            Les parents d’élèves, les délégués de classe du collège et du lycée sont entrés dans les conseils de classe. Leurs camarades sont toujours anxieux de savoir ce qu’on a dit sur eux.
                            Il reste un brin de démagogie dans cette institution.
                            J’ai eu l’occasion de réunir des délégués, de les écouter, de leur répondre. Je peux témoigner qu’en groupe ils savent voir où est ce qui est juste, et que la vie de l’établissement est mieux cadrée quand les élèves s’approprient les règles de fonctionnement.

                            Les partenaires de l’école savent apporter beaucoup, parents et enseignants réunis, dans les concertations qu’on leur propose.
                            Voir en table des news :

                            Ecole publique : Enfin une refondation qui la conforte ?

                            http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=217


                            • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 16 novembre 2012 22:34

                              L’humanité est par essence inégalitaire. La République le nie depuis des décennies...


                              Inutile de vous décrire les dégâts dans la société, il suffit de se promener en ville...

                              • hauteville 17 novembre 2012 09:33

                                La République ne le nie pas, elle combat pour cela, notre pays a même fait plusieurs révolutions et en fera certainement d’autres.... !


                              • ZEN ZEN 17 novembre 2012 09:08

                                Michéa donne des clés pour comprendre comment le libéralisme économique et son éthique de la permissivité et de l’ignorance programmée (bonne pour les producteurs dociles et les consommateurs asservis) a contaminé et a perverti les idéaux de l’école républicaine.


                                • JL JL 17 novembre 2012 10:52

                                  « Le libéralisme est STRICTEMENT OPPOSE aux holdings et aux trusts. » (collignon)

                                  Ha oui ? Et comment s’y prend-il, pour s’y opposer ? Avec la force de sa petite main invisible ?

                                  Pfff !


                                • ZEN ZEN 17 novembre 2012 10:45

                                  Peu importe...
                                  Même si le libéralisme peut prendre économiquement bien des formes...
                                  Mon propos était de renvoyer à Michéa

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