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Les Putes ne sont pas soumises

Le 20 mars, le collectif Droits et prostitution organise les Assises de la prostitution au Théâtre de l’Odéon. Interview de Malika Amaouche, membre de ce collectif et coordinatrice des Assises. 

Putains, prostituées, putes, travailleurs du sexe, femmes galantes ou de petite vertu, filles de joie, appellez-les comme vous voulez.

Mais n’oubliez pas qu’elles sont des citoyennes comme les autres. Le 20 mars, elles tiennent leurs Assises au Théâtre de l’
Odéon. Organisé par Droits et prostitution, ce rassemblement s’adresse à tous - prostitué-e-s comme grand public - et dénonce notamment la loi sur le racolage du 18 mars 2003, instaurée par Nicolas Sarkozy.

A l’époque, le ministre de l’intérieur entendait arrêter le trafic d’êtres humains. Cette loi n’a pourtant jamais conduit devant la justice les souteneurs et responsables des réseaux de traites… Au contraire, elle a contribué à marginaliser les travailleurs et travailleuses du sexe, les mettant à la merci des proxénètes.

Le résultat est facile à deviner. Les prostitué-e-s, du fait de cette marginalisation , sont fragilisées, en but aux violences de toutes sortes et davantage exposées au Sida et aux IST.

Les travailleurs du sexe demandent l’abrogation de cette loi et la création d’un véritable statut. Ces problématiques sont débattues le 20 mars à l’Odéon. Il en est également question également ce soir, à 22h45 sur France2 qui diffuse le formidable documentaire de Jean-Michel Carré,
Les travailleu(r)ses du sexe.

Cette journée du 20 mars est aussi largement consacrée, naturellement, au Sida et aux IST et aux bonnes pratiques de prévention. En fin d’après midi, une conférence de presse animée par Laure Adler donnera l’occasion au collectif Droits et Prostitution de prononcer une déclaration d’intention.

« Notre but est de donner la parole aux personnes prostituées, d’inviter des associations de prévention, des personnalités politiques et des chercheurs en sciences sociales, toujours dans l’optique de donner la parole aux prostitués, de les faire entendre et de médiatiser leur parole » explique Malika Amaouche, coordinatrice des Assises et membre de Droits et prostitution que nous interviewons ci-dessous.

Il est illusoire de vouloir supprimer la prostitution. Faut-il la réglementer ? Droits et prostitution demande que sur cette question un débat s’ouvre et estime que pour les travailleurs du sexe le statut libéral semble le mieux approprié. Le collectif est membre de l’ICRSE, International Commitee on the Rights of Sexworkers in Europe. Il est aussi composé de nombreuses associations de défenses des prostitué-e-s comme l’Arcat, (Association de recherche, de communication et d’action pour l’accès aux traitements), Les amis du bus des femmes, l’Unals (Union nationale des associations de lutte contre le Sida) Cabiria, Femmes de droit droits des femmes, Femmes publiques, Grisélidis, les putes, STT (Support Transgenre Strasbourg), Parité, Le Pastt (Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres)...

Ce mouvement s’inscrit dans la lignée des groupes de revendications de prostituées des années 70. Il fédère la parole d’une nébuleuse d’associations de défense, d’information, de prévention, de soutien des travailleurs du sexe. Certaines demandent un statut et une reconnaissance de cette activité, d’autres s’occupent des droits des migrants. Dans certaines associations, dites communautaires (comme Cabiria, Le bus des femmes, Grisélidis…), les prostituées sont actrices dans la prévention auprès de leurs pairs. D’autres encore (Parité, le Pastt) défendent les droits des personnes transgenres.

On peut porter un regard moral sur la prostitution : est-ce bien ou mal ? Sauf que ce n’est pas le problème. La prostitution existe. En la cachant on ne la supprime pas, on ne fait que déplacer le problème. On balaye sous le tapis. C’est ce qu’a fait Nicolas Sarkozy. Les prostitué-e-s travaillent. Elles payent l’impôt. Certaines d’entre elles exercent leur métier sans contrainte. Oui, cela existe aussi, n’en déplaise aux moralisateurs qui ne voient dans les prostituées que des victimes du mauvais sort. Ils et elles ne sont pas si rares à aimer leur métier. Quant à la contrainte, elle vient, aussi, tout autant du souteneur que de l’état.

Plutôt que de débattre sur le sexe des anges, il serait plus utile de redonner à la prostituée la place qui lui revient dans la société et non pas la cantonner dans les recoins malsains de nos cités, comme si elle représentait notre mauvaise conscience.

Ajoutons enfin que cette journée du 20 mars donne la parole à deux artistes : la photographe Mathilde Bouvard qui a effectué un travail remarquable sur la prostitution en Europe (une de ses photos illustre cet article) et l’écrivaine aujourd’hui décédée Grisélidis Réal qu’on peut voir ci-dessous dans une vidéo. De 18h à 19h, toujours au Théâtre de l’Odéon, Amira Casar dira des textes de cette femme qui a su parler comme personne de son métier (ses livres sont disponibles aux excellentes éditions Verticales).


Interview de Malika Amaouche, coordinatrice des Assises de la Prostitution et membre de Droits et prostitution, par Olivier Bailly

Olivier Bailly : Sur quelle base se retrouvent les associations qui composent le collectif Droits et prostitution, organisateur de ces Assises ?
Malika Amaouche : Sur l’abrogation de l’article 225-10-1 A du code pénal pénalisant le racolage. Sous prétexte de sanctionner le racolage cette loi réprime en fait la prostitution. Comme il y a une répression de la prostitution, les prostituées sont amenées à se cacher. Elles subissent des menaces de la part des clients, mais aussi des policiers. Les personnes migrantes font l’objet d’une plus grande répression de la part de ces derniers et dans les commissariats des prostituées ont été humiliées, mises à nue. Des personnes travesties ou transgenres ont été placées dans des cellules avec des hommes, ce qui les exposent à des violences. Dans ces conditions, donc, les prostituées ne peuvent se rendre dans un commissariat pour porter plainte.


Ces faits ont été constatés par les associations. Le collectif Droits et prostitution, avec d’autres associations, a demandé à la commission citoyen-justice-police [commission nationale chargée de plancher sur les rapports entre les citoyens et les forces de sécurité et sur le contrôle et le traitement de ces rapports par l’institution judiciaire. NDR] constituée notamment de la ligue des droits de l’homme et du syndicat de la magistrature de produire un rapport : Des nouvelles zones de non-droit, des prostituées face à l’arbitraire policier. Il y a eu également des articles [cf Le monde 16/12/2007] qui relatent un cas de viol de prostituées par des CRS qui ont écopé des sept ans de prison. On peut également lire le dossier de presse de médecin du monde de juin 2006.

Nous demandons, comme Sarkozy l’avait annoncé lors du vote, que l’on dresse le bilan de cette loi sur le racolage. On attend toujours.

En 20 ans de lutte contre le Sida et d’action de prévention on a appris que plus les conditions dans lesquelles s’exerce la prostitution sont sécurisantes, plus les personnes prostituées sont à même de se protéger par rapport au VIH/Sida et aux autres IST. Or le fait de rendre les prostituées invisibles du fait de la répression du racolage qui est en fait la répression de la prostitution et une répression des prostituées migrantes amène les prostituées à se cacher, les éloigne des structures de prévention et les fragilisent dans la négociation du préservatif.

De plus les prostituées, françaises ou migrantes, ont été amenées à rechercher la protection de souteneurs. Dans les années 80, les prostituées s’étaient libérées de l’emprise des proxénètes. Il y a eu une diminution des amendes pour racolage actif et elles ont pu se libérer de leurs proxénètes. Là on revient à un statut antérieur.

Pour les prostituées étrangères c’est très important parce que cette loi d’affichage, sous prétexte de protection de la femme et de lutte contre les réseaux, est en fait une chasse aux prostituées migrantes et sans papier.

Tous les boulevards extérieurs ont été vidés des prostituées migrantes. On se rend compte qu’elles ont été arrêtées et reconduites à la frontière sans que, lors de leur procès, on leur demande si elles étaient sous le joug d’un proxénète. On a beaucoup parlé d’autorisation provisoire de séjour en échange de leur « collaboration ». Il n’y a eu que des autorisations extrêmement provisoires qui ne permettaient pas à la personne d’être protégée.

OB : Selon votre collectif il faudrait abolir cette loi et revenir à une situation antérieure ?

MA : Oui et nous demandons aussi une redéfinition du proxénétisme. Dans la loi il existe deux sortes de proxénétisme. Celui qu’on qualifie de soutien et celui qu’on qualifie de contrainte. Le proxénétisme de soutien c’est celui qui favorise la prostitution d’autrui. Par exemple une prostituée qui prête sa camionnette ou son studio à une copine peut tomber pour proxénétisme. Nous voudrions que soit puni le proxénétisme de contrainte, c’est-à-dire l’exploitation. Mais une prostituée doit pouvoir louer un local un appartement pour exercer.

OB : Pour l’état la personne prostituée est-elle un travailleur comme un autre ?

MA : Les prostituées payent des impôts au titre des bénéfices non-commerciaux, mais cette reconnaissance fiscale ne leur offre aucune protection et elles n’ont pas d’assurance chômage. Elles n’ont pas de droit à la formation professionnelle, à une retraite ni à l’accès à la médecine du travail. Puisqu’elles payent des bénéfices non-commerciaux elles estiment qu’elles sont des citoyennes à part entière et qu’elles devraient bénéficier des droits afférents

OB : Comptez-vous rouvrir le vieux débat sur la réouverture des maisons closes ?

MA : On voudrait la reconnaissance de la prostitution et sortir d’une conception réglementariste qui date du 19ème siècle. Les maisons closes c’est du proxénétisme d’état. Nous voudrions un statut qui sorte de ce proxénétisme d’état ou d’entreprise et qui se calque sur celui des professions libérales. Elles pourraient ainsi travailler sur une forme individuelle ou même sous forme collective (si on abolit le proxénétisme de soutien).

OB : Est-ce que ce statut existe ailleurs ?

MA : En Suisse, le statut des prostituées nous semble intéressant. En Suisse elles payent une patente qui leur permet de travailler chez elles, en même temps elles sont indépendantes.


OB : Souhaitez-vous changer l’image de ce que l’on continue à appeler de manière anecdotique le plus vieux métier du monde ?
MA : Notre souhait est de montrer que derrière la prostitution il y a aussi des individus qui sont discriminés du fait de leurs pratiques sexuelles. La plupart sont des femmes et des personnes migrantes. Cette superposition fait que les personnes n’ont pas accès à la parole. Leurs droits sont bafoués du fait qu’elles cumulent un nombre de partenaires qui n’est pas « normal ». Et puis la loi sur le racolage est aussi utilisée pour chasser les étrangères.

Il faut savoir quelque chose de très important : La loi du 18 mars 2003 sur le racolage a été instaurée pour lutter contre la traite des êtres humains. C’est le discours officiel de Sarkozy. Or, depuis 2003, il n’y a pas eu un seul procès visant à démanteler des réseaux de traite des êtres humains. Je parle là de procès pour traite internationale concernant des filles qui sont arrivées par la violence, qui sont contraintes. Il n’y en a pas eu un seul. Cette loi ne répond pas à ses objectifs. Cette loi est un prétexte.

OB : Et les clients ?

MA : Dans les arrestations pour racolage, des clients ont été utilisés par la police afin qu’ils indiquent si la prostituée les avait racolés. Les policiers ont menacé ces clients d’appeler leur entreprise ou leur femme… C’est de la subornation de témoin. Droits et prostitution considère que courir après les prostituées pour les pénaliser à cause du racolage ou courir après les clients pour les punir d’activités prostitutionnelles c’est exactement la même chose. Cela favorise « l’invisibilisation », cela renforce les réseaux de proxénètes et les pratiques à risque. Dans la prostitution il y a le client et la prostituée. Comme nous n’avons pas de discours moral sur le client on considère que le pénaliser c’est la même chose que pénaliser la prostituée.

OB : Est-ce que vous arrivez, si peut que ce soit, à dialoguer avec les policiers ?

MA : Non. On ne demande que ça. Quand on a demandé un rapport sur la violence dans les bois de Vincennes et de Boulogne, nous avons discuté avec des commissaires de police, nous les avons rencontrés plusieurs fois. Suite à la publication de ce rapport l’équipe de policiers a changé dans commissariat du 12ème… Officiellement les policiers ne vont pas nous dire qu’ils sont d’accord avec nous. Demandez aux policiers de la Brigade de Répression du Proxénétisme si la loi sur le racolage les aide dans leur quotidien…


OB : Personne ne souhaite ouvrir et traiter sérieusement ce dossier en France ?
MA : C’est vrai. D’autres pays, comme les Pays-bas ou l’Allemagne sont réglementaristes. Ce qui ne résoud pas tous les problèmes non plus. Là-bas il y a du proxénétisme d’entreprise ou bien certaines prostituées sont dans l’illégalité parce qu’elles sont migrantes et qu’elles n’ont pas pu obtenir de papiers. Mais la France est un pays qui a du mal avec cette activité.

Crédit Photo : Mathilde Bouvard

Assises de la prostitution. Entrée libre sur réservation : present.compose@theatre-odeon.fr ou 01 44 85 40 44.


A lire aussi sur Agoravox :

. De la nécessaire légalisation de la prostitution
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39 réactions à cet article    


  • saint_sebastien saint_sebastien 19 mars 2009 19:29

    tiens les moralistes et autres chrét(i)ens seraient ils tous aux putes ? personne pour faire la morale sur ce post en tout cas. Je suis pour une légalisation totale de cette profession et en même temps un combat acharné contre le proxénetisme. Mais je suis pour une restriction des lieux de prostitution quitte à créer des bordels


    • mcm 19 mars 2009 23:41

      Raté, bien que chréti(e)n, mais n’adhérant à aucune secte, je suis parfaitement d’accord pour que la prostitution soit un corps de métier comme les autres.

      Je recommande toutefois que les candidat(e)s atteignent l’âge de la majorité avant d’entrer dans ce cycle d’étude.


    • Raymond Viger Raymond Viger 22 mars 2009 13:06

      Le débat ne se limite pas à être pour ou contre la légalisation de la prostitution. Il va beaucoup plus loin que ça. Ce billte présente les coûts de la légalisation qui doivent être pris en compte dans cette décision. "Avons-nous l’argent pour légaliser la prostitution ?" : http://raymondviger.wordpress.com/2007/12/20/avons-nous-l%e2%80%99argent-necessaire-pour-legaliser-la-prostitution/


    • thomthom 19 mars 2009 20:05

      - pour la légalisation du métier et un vrai statut de travailleur

      - mais aussi pour une reglementation tres stricte du racolage : celui qui cherche une prostituée doit pouvoir en trouver une facilement, mais aucune incitation/publicité à ce genre de pratique ne doit etre tolérée

      - Bien sur, pour une lutte sans merci pour les proxenetes

      - et pour un renvoi à domicile des prostituées étrangeres en situation irrégulireres, qui dans la plupart des cas se sont faites bernées par leur passeurs.


      • foufouille foufouille 19 mars 2009 20:11

        et elle font comment pour payer le passeur les putes etrangeres ?
        en plus ils ont leurs papiers


      • thomthom 27 mars 2009 10:18

        un balle dans la tete, ca leur remettra les idées en palce !


      • thomthom 27 mars 2009 10:18

        un balle dans la tete, ca leur remettra les idées en place !


      • foufouille foufouille 19 mars 2009 20:07

        c’est unmetier comme un autre qui doit etre protege


        • Annie 19 mars 2009 20:55

          Bravo pour cet article. Ce que réclament ces femmes est la liberté de disposer de leur corps comme elles l’entendent. La légalisation de la prostitution pourrait leur offrir la protection qui leur est refusée parce que notre société réprouve ce genre de comportement. Oh oui, DSK peut se payer qui il veut, mais les femmes ne peuvent pas faire commerce de leur corps. Mettons un terme à toute cette hypocrisie et faisons en sorte que les prostituées soient aussi protégées qu’elles puissent l’être, médicalement et contre l’exploitation des proxénètes et la violence des hommes. Je ne porte aucun jugement moral sur la prostitution. Pour moi, la différence entre vendre son corps ou vendre son travail équivaut à l’épaisseur d’une feuille de cigarette à rouler.


          • Manu Manu 19 mars 2009 21:36

            « Pour moi, la différence entre vendre son corps ou vendre son travail équivaut à l’épaisseur d’une feuille de cigarette à rouler. »

            Pour ma part, il me semble pourtant évident que ça n’a rien à voir : vendre son travail ne suppose pas de mettre en cause son intégrité physique ou son intimité !


          • Fergus fergus 20 mars 2009 09:49

            Parce que "faire un boulot de pute" comme le reconnaissent eux-mêmes certains commerciaux cyniques ou désabusés, ce n’est pas mettre gravement en cause son intimité ?
            Le cerveau, siège de la réflexion et de la créativité, serait-il donc moins intime chez vous que votre pénis ou votre sphincter anal ?


          • Emile Red Emile Red 20 mars 2009 14:03

            @ Manu

            Il faut sortir des beaux quartiers, la plupart des menuisiers par exemple n’ont que huit ou neuf doigts, parlez donc d’intégrité physique, il faut supposer mais pas trop.
            Vous trouverez aisément le nombre d’accident du travail sur Google, ça laisse rêveur quant aux responsabilités du patronat rarement inquiété, de là à comparer les exploiteurs aux proxénètes il n’y a qu’un pas facile à franchir.


          • la_gata la_gata 23 mars 2009 00:46

            @ manu

            Pour ma part, il me semble pourtant évident que ça n’a rien à voir : vendre son travail ne suppose pas de mettre en cause son intégrité physique ou son intimité !

            vendre son travail ne suppose pas de metre en cause son integrité physique ?? 
            tu n’as jamais entendu parler des maladies du travail ? et des accidents laborales ?
            et ne parlons pas de l’intimité . tu n’ as pas vu que dans certains entreprises les gens se font examiner par scanner , avec tests d’urine, cheveux, filmer jusqu’ au toilette... etc etc..




          • Manu Manu 19 mars 2009 21:09

            L’existence de la prostitution ne justifie en rien sa légalisation. Il ne viendrait à l’idée de personne de justifier la légalisation de la violence conjugale par l’existence des femmes battues !

            Je suis fondamentalement contre la prostitution : il est regrettable que notre société en fasse un moyen « normal » de subsistance.

            Quand je vois un reportage sur la prostitution estudiantine pour payer études et / ou loyer, je suis effrayé par l’absence de questionnement. N’est-ce pourtant pas choquant à l’aube des années 2010 de devoir vendre son corps pour étudier dans un pays tel que le nôtre ?

            Je ne pense pas qu’il faille cependant se contenter d’un dispositif uniquement judiciaire. Un accompagnement de réinsertion sociale doit être proposé à tout « travailleur du sexe ».

            S’il est temps d’en faire un sujet de société, c’est dans l’espoir d’en faire un sujet d’histoire ancienne !


            • Romain Desbois 20 mars 2009 07:55


              Interdire c’est ouvrir la porte à la violence, à la délinquence, aux trafics et à l’esclavage.

              Oui la prostitution est un métier et comme tel les personnes qui le pratiquent doivent avoir les mêmes droits que les autres.

              Les mafias ne veulent pas que la prostitution soit respectée et donc réellement légale.


              • Fergus fergus 20 mars 2009 09:26

                Entièrement d’accord avec le message d’Annie.
                Illustration dans cet extrait de "Moi, Antoinette Védrines, thanatopractrice et pilier de rugby" (Editions Publibook) :

                 « A cet égard, n’en déplaise aux âmes bien pensantes, il faut reconnaître que le mariage est l’une des formes les plus répandues de la prostitution. Avec le travail, lorsqu’il est subi. Vendre son cul, vendre ses muscles, vendre sa tête, quelle différence ? Seul le plaisir exonère de la prostitution. Plaisir de faire l’amour, de bâtir, de diriger, de travailler tout simplement. Dès que le plaisir s’estompe puis disparaît pour céder la place à une dépendance purement vénale ou à une routine déprimante, la prostitution triomphe. Une prostitution admise, codifiée et affublée d’un faux-nez, celui de la réalisation par le travail. Un leurre pour ceux, toujours plus nombreux, qui se réfugient dans la vie associative ou les activités extra-professionnelles pour fuir cette aliénation. En définitive, la majorité d’entre nous sont des putes qui s’ignorent. Et nous n’y pouvons rien : tout notre système socio-économique est basé sur cette réalité. »


                • fouadraiden fouadraiden 20 mars 2009 09:33


                  oulalal, insulter une ministre......tres grave


                • catastrophy catastrophy 20 mars 2009 09:54

                   Grève Générale !


                  • Marsupilami Marsupilami 20 mars 2009 09:59

                     @ L’auteur

                    Merci pour cet excellent article. Je ne connaissais pas cette vidéo de Grisélidis Réal, dont je recommande chaudement la lecture de ses livres d’une grande richesse humaine.

                    Il est évident qu’il faut légaliser la prostitution et dans le même temps faire une traque impitoyable contre les macs et les trafiquants de chair humaine et leur infliger des peines lourdes et dissuasives (genre les pendre à des crocs de boucher en place publique). De ce point de vue la politique menée par Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur est désastreuse.

                    J’ai connu deux nanas qui se prostituaient (mais je n’ai pas baisé avec elles, jamais je ne pourrais payer pour ça et encore moins bander dans une telle relation). Elles tenaient un peu le même discours que Grisélidis, à ceci près qu’elles n’avaient pas eu sa difficile enfance. C’étaient des femmes libres et intelligentes qui aimaient le sexe, qui vivaient leur métier comme une sorte de sacerdoce, qui n’avaient évidemment pas de mac et qui irradiaient beaucoup d’amour. La chanson préférée d’une d’elles était d’ailleurs C’est à Hambourg, dans laquelle Edith Piaf chante "j’ai l’cœur trop grand pour un seul gars".

                    Bien sûr elles n’étaient pas représentatives de la majorité, mais ces putes-là existent : pourquoi les emmerder au nom d’une morale hypocrite ?


                    • Lapa Lapa 20 mars 2009 15:20

                      des putes sans mac ?
                      désolé j’ai de la peine à y croire.
                      la bonne pute à la Montand c’est fini.
                      le sexe c’est du pognon facile.
                      le pognon facile (et en liquide) amène la mafia et l’exploitation ; le trafic...

                      Il y avait un article intéressant sur la réouverture des bordels sur AV il me semble. Alors que j’étais plutôt en faveur de la réouverture des bordels, cet article équilibré pointait du doigt les problèmes inhérants en ce cas. Effectivement, rien n’est simple. A côté de la prostiution autorisé, vous aurez toujorus la concurrence "au black" et là... leurs conditions de traval seront encore pire.


                    • Fergus fergus 20 mars 2009 16:14

                      Vous devez vivre en ville, Lapa, car de sprostituées sans mac, il y en a dans tous les gros bourgs de province. Encore faut-il connaître leur adresse, mais il n’est généralement pas difficile de la trouver au bar-tabac Le Balto ou sur les gradins du stade.


                    • la_gata la_gata 23 mars 2009 00:53

                      il y a plein qui se passe des macs.. pour une étudiante universitaire qui fait du ’scorting’ .. ça ne le coute rien de se faire un blog, se prendre en photo , connecter sa cam se faire elle seule du marketing sur internet.... et se faire apeller sur son portable
                      elle decide son planning, avec qui et ou va , combien va demander etc..


                    • grenouille 20 mars 2009 12:30

                      La prostitution n’est pas un métier. A moins que vous puissez vous imaginer dire à vos enfants : "je suis fière de toi, tu es devenu une bonne pute"


                      • Fergus fergus 20 mars 2009 16:17

                        C’est dans certains cas moins honteux que la politique ! Et que dire des métiers d’huissier ou, plus sordide encore, d’agent de recouvrement d’impayés !


                      • mama 22 mars 2009 22:14

                         Pourquoi tant de raccourcis et d’ amalgames...c’ est vraiment fatiguant !

                        Je me contenterai d’ une réponse "idiote" à cette question "idiote".

                        Vous imaginez dire à vos enfants : "Je suis fière de toi, tu es devenue une bonne caissière.. ou une bonne dame pipi, ou une bonne ouvrière à la chaine, ou femme de ménage, ou ou ou"..

                        C ’est une vision un peu simpliste de la complexité de la vie et de la société que de penser que chaque individu effectue le métier de son rêve d’ enfance ou de celui des ses parents....


                      • plancherDesVaches 20 mars 2009 13:42

                        Je ne connais rien à la prostitution, et j’ai regardé ceci, hier soir.
                        http://programmes.france2.fr/documentaires/index-fr.php?page=infrarouge&id_rubrique=392

                        Et bien, sincèrement, ça valait le coup d’être vu. Car les protitué(e)s ont TRES bien compris que la protitution est nécessaire.
                        Et pas seulement pour une question d’argent.

                        Salutations à cette prostituée de Bruxelles, avec son parlé franc, massif, pertinent et non dénu(d)é d’humour.


                        • Emile Red Emile Red 20 mars 2009 14:16

                          Les prohibitions de toute sorte ont toujours été le nid de toutes les mafias et la génèse de tous les trafics.

                          Ne pas comprendre que la prostitution est le lot de chaque salarié c’est ouvrir la voie à toutes les dérives moralistes, admettre la prostitution en tant que profession c’est remettre chacun à sa place et montrer du doigt les exploiteurs, tous les exploiteurs en ce qu’ils sont proxénètes avant tout.


                          • french_car 20 mars 2009 16:05

                            Nombreux sont les reportages TV tournés dans les pays où la prostitution est légale et l’on y voit chaque fois la même chose, des filles de l’Est ou africaines que l’on a fait venir pour être danseuse ou serveuse de bar à qui l’ont fait faire des "passes" pour rembourser le voyage.


                            • Fergus fergus 20 mars 2009 16:24

                              A ce détail près que la plus obtue des Ukrainiennes ou des Sénégalaises sait désormais parfaitement à quoi s’attendre avec ce type de promesse, grâce aux mises en gardes qui leurs sont faites en amont. Cela dit, il est vrai que quelques-unes peuvent passer à travers les mailles de ce filet préventif et tomber de haut, mais ce n’est probablement pas le cas des plus nombreuses qui débarquent à peu près en connaissance de cause, mais en se disant que ce sera de toute façon mieux que là-bas et que c’est un mauvais moment à passer en attendant de trouver mieux.


                            • french_car 20 mars 2009 16:39

                              Comme vous dites après tout c’est un mauvais moment à passer que de se faire violer 20 fois par jour pour remplir les poc hes d’un souteneur .


                            • la_gata la_gata 23 mars 2009 00:56

                              dans certains cas les filles vienent en conaisance de cause .. toujours va etre mieux payé de faire le tapin dans un trottoir de Paris que dans un autre à Lima ..


                            • La Luciole 20 mars 2009 16:56

                              La prostitution est un mal nécessaire, bien sur, difficile de le nier. Et c’est bien préférable à des actes de viols, la prostitution jouant un rôle de régulateur à ce niveau là.
                              De plus une prostituée n’a pas à être jugée en tant que tel, on ne connaît pas son histoire, les raisons qui l’ont poussée à ça, etc....

                              Mais de là à prétendre que vendre son c... c’est un commerce comme un autre ? ... !.. smiley

                              C’est pourtant ce qu’ose soutenir Balasko dans cette vidéo où elle vient faire la pub de son film "la cliente". On se demande d’ailleurs comment on peut se situer du côté de la gauche socialo comme elle s’y affiche et soutenir de telles idioties : sans peur de se contredire, elle déclare que vendre son corps n’est pas gênant dans la mesure où c’est fait "librement", sans contrainte, ni exploiteur intermédiaire... alors qu’on sait qu’elle adhère aux dogmes socialiste qui réprouvent la "marchandisation" capitaliste en général. 
                              Moralité, faire des bénéfices en faisant du commerce ou encore spéculer, c’est mal, mais vendre son propre corps ne lui pose aucun problème. Cherchez où est l’erreur, ils ont un drôle de sens de la liberté les gauchos.

                              On remarque en tout cas que beaucoup trouvent intérêt à banaliser la prostitution, sans hésiter à aller jusqu’à en faire la promotion (... mais on se demande tout de même si ils iraient jusqu’à conseiller ce job honorable à leurs enfants..) , à croire que l’idéologie marxiste et l’anticléricalisme qui l’accompagne font perdre la raison : en effet pourquoi se gêner à se faire de l’argent facile, encore mieux que les 35 h ? !! et en plus ça empêche les patrons capitalistes de se faire de l’argent sur votre dos en vous envoyant à l’usine….


                              • Manu Manu 21 mars 2009 10:12

                                @ fergus : ça n’a rien à voir avec le sujet ! C’est justement ce genre de métaphore (« nous sommes tous des prostitués ») qui, banalise la « vraie » prostitution. Désolé, mais le salariat n’a rien à voir avec le commerce de son corps.

                                @ emile red : vous omettez de préciser que dans les exemples que vous donnez (menuisier, etc.), la mise en cause de l’intégrité physique est accidentelle ; dans le cas de la protitution, elle est permanente.

                                @ la luciole : si j’adhère au reste de votre commentaire, je ne peux laisser passer le début. Bien sûr que la prostitution n’est pas un mal nécessaire ! C’est l’apanage de toute civilisation de construire ses normes, la prostitution n’échappe pas à la règle. Jusqu’à un passé récent en occident, et même encore aujourd’hui dans plusieurs parties du monde, le travail des enfants ou la peine de mort étaient considérés comme nécessaires. Qui, en France, le soutiendrait aujourd’hui ?


                                • La Luciole 21 mars 2009 18:03

                                  Aucun rapport avec le travail des enfants ou la peine de mort, deux faits de société dont la perception "morale" n’a pu qu’évoluer avec l’histoire dans le sens d’un plus grand respect des droits du faible et de la valeur accordée à la vie.
                                  Mais on ne pourra jamais éradiquer la prostitution à mon avis pour la bonne raison que cet acte relève d’une appréciation personnelle de la valeur d’acte sexuel qui relève de la vie privée, et au contraire on observe plutôt un relachement des moeurs, un recul des tabous religieux, etc... qui ne font qu’encourager d’avantage cette profession qui aurait plutôt tendance à se revendiquer de l’exercice d’une certaine liberté individuelle. La seule chose qui ait évolué en la matière c’est un recul du proxénétisme, la prostituée s’étant "libérée", sauf que la prostitution importée d’Europe de l’est ait encore modifié ce phénomène.


                                • Manu Manu 21 mars 2009 18:53

                                  @ La Luciole : vous parlez vous même du « respect des plus faibles ». En arriver à devoir vendre son corps, n’est-ce pas faire la démonstration d’un extrême état de faiblesse ? Et ça n’a rien à voir avec la libéralisation des mœurs : la Suède (pays peu connu pour son conservatisme) a décidé d’interdire la prostitution dans cet état d’esprit de protection des faibles (Magnus Falkehed l’explique très bien dans son livre de Le modèle suédois).


                                • La Luciole 22 mars 2009 01:35

                                  Une telle interdiction ne serait pas pour me déranger si cela pouvait mettre fin à ce fléau, mais je doute que cet exemple suédois puisse se généraliser car ces adultes qui optent pour la prostitution sont en pleine possession de leurs capacités de discernement (même si nous pouvons y voir de la faiblesse) et, de ce fait, responsables de leurs actes. Elles semblent le vivre comme un choix de vie privée et une liberté individuelle inaliénable.
                                   
                                  Peut-être est-il possible d’espérer qu’à l’avenir une certaine progression du niveau de l’éthique individuelle et du sens de la dignité humaine feront tomber ce "métier" en désuétude.. smiley


                                • la_gata la_gata 23 mars 2009 01:05

                                  le probléme c’est principalement la géneralization.. on ne peut mettre tous les prostitué(e)s dans le meme sac.. il y des gens que sont contraintes autres non .. il y a des ocassionnelles , et es reguliéres.. les free lance et celles qui travaillent pour quelqu’un .. ceux qui font des passes en voiture et autres dans des avions privées.
                                  celles a 1E la passe et autres a des mililers de E .. donc .. c’est bien beau dire c’est bien .. c’est pas bien .. mais il faudrait d’abord le voir comment n’importe quel autre metier d’abord pour pouvoir bien reglamenter et eliminer les abus par la suite .. comment a ete fait avec les autres métiers. sinon rapellez vous comment etait la minerie à l’epoque .. 


                                  • Cardinal Cardinal 23 mars 2009 10:02

                                    Je suis partisan de l’ouverture de maisons closes sous contrat avec l’état, au niveau des devises c’est un bon moyen de gagner de l’argent facilement et cela endiguerait le trafic odieux des jeunes femmes, après il faut laisser celles qui le souhaitent tapiner librement, on est en France Bordel ! A mort Marthe Richard !

                                    http://frenchcarcan.com/2009/03/22/de-gaulle-antisemite-redif/


                                    • iris 24 mars 2009 09:35

                                      c’est enrichissant comme travail !!

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