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Accueil du site > Actualités > Société > Pourquoi des gens sont-ils silencieux - voire pire - à propos du 11 (...)

Pourquoi des gens sont-ils silencieux - voire pire - à propos du 11 Septembre ? Le conformisme

Pourquoi les gens (bien) sont-ils silencieux - voire pire - à propos du 11 Septembre ?

C'est en substance la question que se pose Frances T. Shure, psychologue supportrice du mouvement Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11 Septembre, dans une série d'articles, visibles ICI.

Avec l'aimable autorisation de Frances T. Shure, nous vous proposons une traduction de cette série, dont voici la sixième partie.

PARTIE 6 : le conformisme

En répondant à la question posée par le titre de cet essai, le chapitre de la semaine dernière, les parties 4 & 5 ont exploré les concepts de double pensée, de déni et de dissonance cognitive. Nous avons recours au déni afin d'éviter la dissonance cognitive, ce sentiment inconfortable et parfois inquiétant de perdre notre équilibre émotionnel lorsque nous sommes confrontés à des informations nouvelles qui défient notre vision du monde, ou lorsque nous nous accrochons à des croyances qui sont en contradiction avec les faits connus.

Dans la partie 6, nous allons continuer l'analyse de Mme Shure avec les expériences de Solomon Asch sur le conformisme et la théorie de la « spirale du silence » de Elizabeth Noelle-Neumann.

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Solomon Asch

Au début des années 1950, les expériences de Solomon Asch (Swarthmore College) ont démontré de manière flagrante notre propension humaine à nous conformer à l'opinion dominante d'un groupe. Plusieurs étudiants sélectionnés avant l'expérience ont été invités à agir comme s'ils étaient des sujets de l'expérience, alors qu'en réalité, ils en étaient des complices, ou autrement dit des « plantes ». Ces complices ont tous été invités à donner la même mauvaise réponse en donnant la longueur d'une ligne sur une carte. Un sujet authentique et sans méfiance a alors rejoint le groupe, et pendant que l'expérience était en cours, un instructeur lui a donné pour tâche de faire correspondre la longueur d'une ligne sur une carte avec la bonne ligne parmi trois lignes de tailles différentes sur la même carte ou une autre carte. Dans 36,8% des cas, le sujet aurait renoncé à sa bonne réponse initiale et aurait à la place été d'accord avec une mauvaise réponse donnée unanimement par les autres participants. (1)

Cette recherche brillante montre clairement la puissance de la pression émanant de nos pairs afin d'inciter les individus de se conformer à la majorité. Le résultat était identique dans les différentes expériences successives, sauf dans une variante de l'expérience où il y avait un autre « partenaire » (également un complice), qui avait donné la bonne réponse avant que le véritable sujet ne réponde. Si ce partenaire « de soutien » était présent, le sujet suivait l'opinion de la majorité seulement une fois sur quatre, montrant ainsi la puissance d'un allié pour nous donner le courage de rester indépendant. Pourtant, beaucoup de sujets niaient qu'un tel partenaire avait une quelconque influence sur leurs réponses. (2)

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Cartes utilisées dans les expériences de la conformité

Cette variante de l'expérience montre que la puissance du groupe ne vient pas du nombre de personnes qui le constitue, mais de l'unanimité de l'opposition. Lorsque l'unanimité du groupe est rompue, l'influence du groupe est fortement réduite.
Pourquoi 36,8% des élèves se sont ainsi conformés [à l'avis unanime d'un groupe] ? Grâce à des entrevues, on a découvert que, parfois, ils étaient convaincus que les autres avaient raison. On appelle cela « la conformité d'information. » D'autres se sont conformés parce qu'ils craignaient que le groupe les désapprouverait s'ils étaient déviants. Ceci est connu sous l'appellation de « conformité normative. »
Une autre variante de l'expérience faisait le sujet arriver en retard. De ce fait, il devait écrire les réponses en secret, ce qui a abouti à une chute du conformisme des deux tiers. Lorsque le sujet pouvait garder sa réponse secrète, il disposait, encore une fois, de davantage de capacité pour rester indépendant. (3)

La leçon de ces expériences n'est pas sans intérêt pour les sceptiques et militants du 9/11. Nous pouvons voir dans les sondages (4) et dans nos expériences personnelles au contact des autres que de plus en plus de gens sont prêts à écouter les témoignages que nous présentons, et à parler ouvertement du 11 Septembre comme d'un événement sous faux pavillon. En effet, l'unanimité de la version officielle a bien été rompue, malgré le refus irresponsable des médias corporatistes à remettre en cause la thèse officielle gouvernementale.
Néanmoins, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas encore informés, et qui trouveront inévitablement cette question très difficile. Nous devons donc continuer à parler de notre vérité calmement et rationnellement en nous basant sur les preuves évidentes tout en évitant la spéculation, car cela donne à une personne réfractaire une fenêtre pour discuter et pour rejeter les preuves établies.

Dans une autre étude illustrant notre tendance humaine à nous conformer, les scientifiques sociaux allemands des années 1960 et 1970 ont remarqué que lors de deux élections différentes les intentions de vote étaient au coude à coude, mais que les prévisions du groupe qui allait effectivement gagner ont progressivement suivi une réalité distincte et indépendante. Dans chaque cas, le groupe dont les partisans se faisaient le plus entendre, étaient les plus enthousiastes et étaient prêts à afficher leurs convictions, est devenu le groupe que l'on s'attendait à voir gagner, même si les intentions des vote restaient stables, à égalité.
Dans chacune des élections, les prévisions des citoyens allemands quant à celui qui gagnerait ont augmenté de semaine en semaine. Puis, à la dernière minute, un basculement s'est produit, et suffisamment de citoyens (parmi les millions) ont rejoint le train en marche du gagnant attendu pour finalement donner la victoire à ce candidat.

Comment cela est-il arrivé ?

- Ceux qui étaient davantage convaincus que leurs partis politiques et leurs candidats étaient ceux qui exprimaient le mieux et ouvertement leurs points de vue : ceux-là étaient convaincus que leurs opinions seraient finalement adoptées par presque tout le monde.

- Ceux qui ont rejeté ces points de vue se sont sentis laissés de côté : ceux-là se sont retirés et se sont tus.

Cette dynamique a fait que le vainqueur attendu semblait encore plus populaire que ce que ce candidat ne l'était en réalité. Dans un processus en spirale, la pression sociale encourage les gens à proclamer leur point de vue ou à se taire. Ce processus est appelé la « spirale du silence. » (5)

Les chercheurs allemands ont découvert que, dans un processus apparemment inconscient, les gens cessent de défendre le candidat perdant environ douze heures avant que ne soit annoncé à l'opinion publique que le soutien à ce candidat ne se soit émoussé. (6)
Comment les scientifiques sociaux expliquent-ils cet « effet d'entraînement » ? Tout le monde, disent-ils, veut être du côté des gagnants – "d'appartenir" au camp gagnant. Faisons un parallèle avec le football : que nous nous sentons heureux, exaltés lorsque « notre équipe » gagne, et qu'à l'inverse nous nous sentons déconfits quand elle perd. Que ce soit envers les équipes de sport ou les partis politiques, il existe un besoin humain de s'identifier au gagnant, et de proclamer cette identification à d'autres.

Quand il s'agit d'élections et de la spirale du silence, la politologue allemande Elizabeth Noelle-Neumann nous explique avec perspicacité :

« Personne ne veut être isolé ... tellement isolé que les voisins détournent le regard quand ils vous croisent sur le palier de votre appartement, ou que les collègues s'éloignent, laissant un siège vide à côté de vous. Nous commençons seulement à observer les centaines de signaux qui informent une personne qu'il ou elle n'est pas entouré par une chaude lueur de sympathie, mais par un cercle d'évitement. »

Les interrogatoires répétés des mêmes personnes ... nous ont révélé que celles qui se sentent relativement isolées des autres ... sont les plus susceptibles de procéder à un revirement électoral de dernière minute. Ceux qui ont une faible confiance en eux et qui ont un intérêt moins marqué pour la politique sont également susceptibles de faire un changement au dernier moment. En raison du peu d'estime d'elles-mêmes, quelques-unes de ces personnes pensent ne jamais se situer du côté des gagnants ou de pouvoir « jouer de la trompette dans le train en marche ». « Courir avec le peloton » décrit mieux la situation de ceux qui « suivent ». Pourtant, cette situation s'applique, plus ou moins, à toute l'humanité. « Quand les gens pensent que les autres se détournent d'eux, ils souffrent tellement qu'ils peuvent être guidés ou manipulés aussi facilement par leur propre sensibilité que par une bride. La peur de l'isolement semble être la force qui met en mouvement la spirale du silence. » (7)

Un de mes amis est friand de l'utilisation de la phrase « au milieu de la courbe en cloche » pour illustrer notre tendance humaine à nous conformer à, ou à nous mélanger avec, les normes et les styles de nos pairs de n'importe quelle manière, y compris les maisons où nous vivons, les voitures que nous conduisons, les coiffures que nous adoptons, les vêtements que nous portons, et le candidat que nous soutenons. Nous voulons être respectés, et nous voulons appartenir et être aimé par notre groupe d'amis. Pour atteindre ces objectifs, nous croyons que nous devons être comme nos amis. Nous ne voulons pas être en marge de notre groupe d'amis. Nous voulons être perçus comme « normaux ». Si nous adoptons des opinions minoritaires sur des questions impopulaires, nous pouvons craindre que notre réputation ne se ternisse, que nous ne soyons pas respecté, et que nous soyons ostracisé, au moins par nos amis et nos collègues, parce que la famille peut parfois être plus tolérante.

Les sceptiques connaissent bien ce sentiment d'isolement qui arrive en refusant de croire ce que les officiels nous ont dit à propos du 9/11, mais on peut se sentir particulièrement ostracisés si nous parlons des preuves qui contredisent la version officielle. Nous faisons partie d'une minorité sur une question très émotionnelle, qui suscite une crainte chez la plupart des gens.

Une remarque de la directrice d'une organisation de paix et de justice de premier plan illustre cette peur fondamentale de l'homme : quand je lui ai demandé si son organisation voulait bien coparrainer un événement avec notre mouvement pour la Vérité sur le 9/11, au lieu de me répondre, elle m'a spontanément et énergiquement demandé, « Fran, as-tu perdu beaucoup d'amis à cause de ton travail sur le 9/11 ? »
Dans une autre conversation, alors que je parlais à une connaissance de mon travail d'information en tant que sceptique de la version officielle du 9/11, elle a immédiatement détourné le regard, s'est dressée et a fait un pas en arrière, et a annoncé sur un ton autoritaire concluant la conversation : «  Dans notre famille, nous croyons que le 9/11 est arrivé à cause de l'incompétence du gouvernement. » J'allais comprendre. Il est apparu que sa famille était assez intelligente pour ne pas adhérer à la version officielle dans son intégralité, mais ils avaient choisi d'approuver une autre analyse respectable qui les ancrait solidement au centre de la société. Il était clair qu'il n'y avait pas de place pour la discussion.

Dans ces cas, le besoin de l'être humain social que nous sommes de rester dans le milieu de la courbe en cloche, d'adhérer à des normes sociales afin de garder sa réputation et sa respectabilité intacte, l'emporte sur la preuve, sur l'ouverture et la curiosité ainsi que sur la nécessité humaine de [connaître] la vérité. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, que les études sur la Diffusion des Innovations montrent clairement.

Les sociétés humaines sont bien sûr diversifiées. Certaines personnes nous encouragent à maintenir notre société stable et prévisible, tandis que d'autres nous encouragent à la faire avancer. Si nous pouvions trouver et maintenir nos connexions humaines – l'amour et le respect de l'autre – tout en exprimant nos points de vue divergents, alors nous aurions une société merveilleusement stable et dynamique, capable de manifester le potentiel le plus élevé de la civilisation.

Il faut des personnes qui soient psychologiquement solides afin d'envisager des opinions divergentes ouvertement et avec respect. Ces personnes sûres d'elles sont également davantage disposées à persévérer avec leurs propres opinions si elles sont renforcées par les preuves, contrairement à ceux qui se laissent happer par la spirale du silence et ceux qui ont pris le train en marche dans les derniers moments des élections allemandes, contrairement aux 36,8% des sujets d'Asch qui ont abandonné leurs réponses correctes en faveur des mauvaises réponses de la majorité, bref, contrairement à ces personnes relativement précaires qui ressentent un plus grand besoin d'être aimées que d'être libres d'avoir leurs propres opinions.

Les expériences de Milgram, Elliott, Zimbardo, Festinger, et Asch, ainsi que la théorie de Elizabeth Noelle-Neumann sur la spirale du silence montrent toutes les caractéristiques de la « pensée de groupe », un sujet que nous allons étudier prochainement.

Note de la rédaction : à suivre dans notre prochain bulletin à la partie 7 : « la pensée de groupe »


Notes :

(1) Solomon Asch, « Les opinions face à la pression sociale », Scientific American (1955). http://www.columbia.edu/cu/psychology/t … s/asch.pdf

(2) Ibid. Voir aussi http://www.youtube.com/watch?v=TYIh4Mkc … e=youtu.be

(3) Voir http://www.youtube.com/watch?v=TYIh4Mkc … e=youtu.be

(4) Les Américains interrogent Bush sur la compréhension du 9/11 (Ndt : lien cassé depuis la parution de l'article original) ; se reporter maintenant par exemple à : http://www.mindfully.org/Reform/2006/911-Polls-Question-Bush14oct06.htm

(5) Elizabeth Noelle-Neumann, La Spirale du Silence : l'Opinion publique, notre peau sociale, 2 e éd. (Chicago : University of Chicago Press, 1993).

(6) DeHaven-Smith, la Théorie de la Conspiration (191-192).

(7) Elizabeth Noelle-Neumann, La Spirale du Silence.


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12 réactions à cet article    


  • eric 28 janvier 2015 13:47

    Tous cela c’est parce que les fréquences de la langue anglaise sont trop différentes de celles du français,
    Du coup difficultés à l’apprendre. Nos concitoyens le parlent mal en tendance.

    On le voit très bine avec des théories comme le genre ou l’intersectionnalité. C’est déjà pas triste en anglais, mais mal traduit par des gauchistes français, cela devient une véritable insulte à l’intelligence. Mais le caractère jargonnant et incompréhensible les mets un peu à l’abri de l’observateur pressé.

    De la même façon, sur le 11 septembre. En amérique, ou il y a une presse et une information libre, il y a flopées de debunkage, qui font un sort définitif aux théorie mirobolantes des hallucinés américains. Mais le problème, c’est que leurs homologues français traduisent mal plus vite leurs trucs que les gens raisonnables chez nous qui n’en éprouvent pas le besoin ou se sont déjà fait une idée à la lecture de site en anglais sérieux.

    D’une manière générale, PISA a raison. C’est particulièrement vrai en langue étrangère. Cependant, l’urgence reste au français et à la logique de base. La lecteur des 11septembriste nous le prouve paradoxalement tous les jours.


    • septikettak septikettak 28 janvier 2015 13:55

      En France, nous avons l’affaire Merah et ce mois-ci l’affaire Charlie. Même mutisme. D’ailleurs, a-t-on une VO ? Qu’on rigole un peu.


      • Tillia Tillia 28 janvier 2015 18:18

        Et on a eu aussi l’affaire des cons, y a pas de VO, y a juste des trucs à lire 


      • astus astus 28 janvier 2015 15:12

        Parce qu’on s’en fout un peu maintenant qu’on ne peut pas revenir en arrière, que beaucoup de temps a passé déjà, que le monde actuel change vite, et que les hypothèses des uns comme des autres rendent ce dossier incompréhensible même pour les personnes de bonne volonté qui ont essayé de comprendre.

         

        • Pyrathome Pyrathome 28 janvier 2015 16:39

          Parce qu’on s’en fout un peu maintenant qu’on ne peut pas revenir en arrière
          .
          Non, on ne s’en fout pas, car cela permet de comprendre qui sont les salopards qui gouvernent et osent encore venir donner des leçons aux autres.........
          Et quand l’heure de Nuremberg 2.0 sonnera, et il sonnera, soyez-en sûr, alors on montrera à quiconque qui est le vrai visage de la bête....


              • Analis 31 mars 2015 15:17

                Une série d’articles qui décortiquent les mécanismes du conformisme en vigueur dans des groupes dominants, s’intéressant à savoir pourquoi des populations entières peuvent refuser de reconnaître la malfaisance de leurs dirigeants :

                http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie-sociale/2014-05-20/justification-du-systeme

                ---------------------------------------------------------------------------------------

                Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

                Soumis par Gestion le 20 mai 2014

                Comment se fait-il que les gens défendent et appuient des systèmes sociaux (gouvernements, institutions, entreprises…) qui s’avèrent injustes, incompétents et corrompus ?

                Dans le cadre de la théorie de la justification du système (1), en psychologie sociale, des études montrent qu’ils cherchent à maintenir leurs vues selon lesquelles leurs systèmes sociaux sont relativement légitimes, même lorsqu’ils sont confrontés à des informations qui suggèrent le contraire. Ils s’engagent alors dans des processus psychologiques qui visent à défendre le système et à le justifier.

                Mais ils ne justifient pas leurs systèmes sociaux en tout temps, expliquent les psychologues Aaron C. Kay de l’Université Duke et Justin Friesen de l’Université de Waterloo. Certains contextes, proposent-ils dans une étude publiée en 2011 dans la revue Current Directions in Psychological Science, motivent davantage à défendre le statu quo.

                Selon leur analyse des études sur le sujet, 4 conditions peuvent motiver à justifier un système.

                Le système est menacé

                Lorsque menacés les gens se défendent eux-mêmes et défendent leurs systèmes. Par exemple, illustrent les chercheurs, avant la destruction des tours du World Trade Center de New York le 9 septembre 2001, le président George Bush plongeait dans les sondages. Aussitôt après, sa cote de popularité a grimpé ainsi que le soutien au Congrès et à la police.

                Autre exemple, lors de l’ouragan Katrina, les Américains ont été témoins de l’insuffisance « spectaculaire » de la capacité de la FEMA (Federal Emergency Management Agency) à sauver les victimes. Pourtant, beaucoup de gens ont blâmé les victimes plutôt que d’admettre les ratés de l’agence et de soutenir des idées pour l’améliorer.

                En temps de crise, disent les auteurs, « nous voulons croire que le système fonctionne ».

                Les gens sont dépendants du système

                Les gens défendent également des systèmes desquels ils dépendent. Dans une expérience, illustrent les chercheurs, des étudiants ayant été mis dans un contexte les incitant à se sentir dépendant de leur université défendaient une politique de financement de cette dernière, mais désapprouvaient la même politique de la part du gouvernement. Mais lorsque mis dans un contexte les amenant à se sentir dépendants du gouvernement, ils approuvaient la politique de la part du gouvernement mais pas de la part de l’université.

                Les gens ne peuvent échapper au système

                "Lorsque nous sentons que nous ne pouvons pas échapper à un système, nous nous adaptons. Cela inclut d’accepter des choses que, autrement, nous pourrions considérer indésirables", expliquent les chercheurs.

                Dans une étude, mentionnent-ils, les participants étaient informés que les salaires des hommes dans leur pays étaient 20% plus élevés que ceux des femmes. Plutôt que de considérer le système injuste, ceux qui estimaient qu’ils ne pouvaient pas émigrer avaient tendance à attribuer l’écart salarial à des différences innées entre les sexes. "On penserait que quand les gens sont coincés avec un système, ils voudraient davantage le changer« , dit Kay. »Mais en fait, plus ils sont coincés, plus ils sont susceptibles d’expliquer ses lacunes."

                Les gens ont peu de contrôle personnel

                Finalement, des études suggèrent que quand les gens sentent un manque de contrôle personnel sur leur propre vie, ils ont tendance à compenser en soutenant les systèmes et les dirigeants qui offrent un sens de l’ordre, afin d’être rassurés que les choses sont sous contrôle.

                La justification, soulignent les chercheurs, n’est pas la même chose que l’approbation. En justifiant un système, les gens lui attribuent souvent des qualités qu’il n’a pas mais devrait avoir.

                Il y aussi des limites, des point de basculement, au-delà desquels les systèmes ne sont plus considérés comme étant moins légitimes, mais comme complètement illégitimes et donc presque impossibles à défendre.

                Voyez également :

                Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

                De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements

                15 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle

                (1) Introduite par le psychologue John. T. Jost et ses collègues en 1994.

                Psychomédia avec sources : Association for Psychologial Science, Current Directions in Psychological Science.


                • Analis 31 mars 2015 15:24

                  Deuxième article :

                  http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2014-12-14/croyances-avantage-des-arguments-non-verifiables

                  ------------------------------------------------------------------------------------------

                  Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

                  Soumis par Gestion le 14 décembre 2014

                  Les croyances ne reposent pas toujours sur les faits, notamment parce qu’elles peuvent répondre à des motivations psychologiques (telles que maintenir une vision du monde, une identité ou une appartenance…), ont illustré plusieurs études.

                  Ainsi, mentionne le journaliste Tom Jacob dans Pacific Standard, si le besoin de sécurité exige de percevoir la société comme équitable et juste, les gens seront plus susceptibles de rejeter les évidences d’inégalité économique et de brutalité policière.

                  Il fait ainsi référence à un étude récente des psychologues Troy Campbell et Aaron Kay de l’Université de Duke montrant que les gens qui n’aiment pas les solutions proposées à des problèmes (dans ce cas : réchauffement climatique, criminalité) sont plus susceptibles de nier ces problèmes.

                  Mais qu’arrive-t-il, lorsque les gens sont confrontés à des données qui contredisent leurs croyances.

                  Dans une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, ces chercheurs et Justin Friesen de l’Université York proposent qu’ils seront plus susceptibles d’intégrer dans leur systèmes de croyances (par exemples, religieux ou politique) des aspects non vérifiables qui ne peuvent être testés et réfutés de manière empirique et concluante.

                  Dans deux expériences, ils montrent une fonction offensive à la non vérifiabilité : des arguments non vérifiables permettaient à des participants de défendre leurs croyances religieuses avec plus de conviction et à des partisans politiques de polariser et critiquer leurs adversaires plus fortement.

                  Dans deux autres expériences, les chercheurs montrent une fonction défensive : quand les faits menaçaient leur vision, les participants choisissaient des arguments qui étaient davantage infalsifiables ("opinion moral") plutôt que falsifiables (des faits vérifiables).

                  Par exemple, des participants lisaient un texte dans lequel il était exposé que des découvertes dans le domaine de la physique (boson de Higgs) remettaient en cause l’existence de Dieu ou lisaient un texte dans lequel il était exposé que ces découvertes ne remettaient pas les croyances religieuses en cause. Ils devaient ensuite ordonner 10 raisons de croire en Dieu. Ceux qui avaient lu le texte menaçant la croyance priorisaient davantage les arguments non vérifiables.

                  Les chercheurs concluent en discutant comment dans un monde où les croyances et les idées sont de plus en plus facilement vérifiables par des données, les arguments dont la véracité ne peut être vérifiée peuvent être attrayants à inclure dans les systèmes de croyance et comment ils peuvent contribuer à la polarisation et à la marginalisation de la science dans le discours public.

                  Les croyances religieuses n’ont pas le monopole de la non-vérifiabilité, souligne la journaliste Jesse Singal dans Science of Us. La psychanalyse, par exemple, contient beaucoup de croyances non vérifiables.

                  Voyez également de la même équipe de chercheurs :

                  Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

                  De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements

                  Psychomédia avec sources : Journal of Personality and Social Psychology, University of Duke, Pacific Standard, Science of us


                  • Analis 31 mars 2015 15:31

                    Troisième article :

                    http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2011-11-23/information-et-confiance-envers-les-gouvernements

                    ---------------------------------------------------------------------------------------------------

                    De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements

                    Soumis par Gestion le 23 novembre 2011 Actualités (psychologie, santé) Attitudes et traits de personnalité Croyances Environnement et santé Modes de pensée Psychologie politique Santé Société

                    Se sentir non informés ou incapables de comprendre des questions sociales importantes favorisent un sentiment de dépendance envers les gouvernements plutôt que de motiver à rechercher de l’information, selon une étude canado-américaine publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, une revue de l’American Psychological Association (APA).

                    Ce qui a pour conséquences, montrent Steven Shepherd de l’Université de Waterloo et Aaron C. Kay de l’Université Duke, d’augmenter la confiance dans les gouvernements, d’augmenter la tendance à les justifier et d’augmenter le désir d’éviter d’apprendre sur le sujet, surtout si l’information est négative.

                    Plus la situation est urgente et que les gens se sentent potentiellement menacés, moins ils veulent en savoir et préfèrent faire confiance aux gouvernements.

                    Les chercheurs ont mené une série de 5 études au Canada et aux États-Unis. Ils décrivent une "réaction en chaîne allant de l’ignorance concernant un sujet à la confiance envers le gouvernement et à la dépendance envers celui-ci".

                    Dans une étude menée avec 197 Américains, âgés en moyenne de 35 ans, les participants qui se sentaient les plus touchés par la récession économique évitaient les informations qui pouvaient remettre en question la capacité du gouvernement de gérer l’économie.

                    Dans une autre étude, les chercheurs fournissaient une description simple ou complexe de l’économie à un groupe de 58 Canadiens (moyenne de 42 ans). Les participants qui ont reçu la description complexe rapportaient des niveaux plus élevés de sentiment d’impuissance pour passer à travers la crise économique ainsi que de dépendance et de confiance envers le gouvernement pour gérer l’économie, et moins de désir d’en apprendre davantage sur la question.

                    "Ceci en dépit du fait que, toutes choses égales par ailleurs, on devrait avoir moins confiance en quelqu’un pour gérer efficacement quelque chose qui est plus complexe« , commente Aaron Kay. »Au contraire, les gens ont tendance à répondre psychologiquement en s’en remettant au gouvernement, ce qui amène à faire confiance et à se sentir plus dépendants de celui-ci."

                    "Finalement, ils évitent d’en apprendre sur la question parce que cela pourrait ébranler leur foi dans le gouvernement."

                    Dans une autre étude menée avec 163 Américains (moyenne de 32 ans), non seulement les participants qui se sentaient peu connaissants sur la question des approvisionnements en pétrole évitaient les informations négatives à ce sujet, mais devenaient encore plus réticents si la question semblait urgente.

                    Deux autres études montraient que les participants qui recevaient des informations complexes sur les sources d’énergie faisaient plus confiance au gouvernement que les participants qui recevaient des informations simples.

                    Les chercheurs recommandent de poursuivre les recherches pour déterminer comment les gens réagissent face à d’autres questions importantes comme la sécurité alimentaire, la sécurité nationale, la santé, les inégalités sociales, la pauvreté et les conflits moraux et éthiques, ainsi que dans quelles conditions ils ont tendance à répondre par une augmentation de l’engagement plutôt qu’une diminution.

                    Ces travaux s’insèrent dans le cadre d’un courant de recherche basé sur la théorie de la justification du système introduite en 1994 par le psychologue John. T. Jost.

                    Voyez également :

                    Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

                    Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

                    La désinformation : pourquoi elle fonctionne et comment la contrer

                    Psychomédia avec sources : Journal of Personality and Social Psychology, APA.


                    • Analis 10 avril 2015 09:56

                      Un autre article :

                      http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2012-09-21/desinformation-mecanismes-strategies-pour-la-contrer

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                      Pourquoi la désinformation fonctionne et comment la contrer

                      Soumis par Gestion le 21 septembre 2012

                      Alors que les exemples de désinformation ne manquent pas, notamment sur la scène politique, le chercheur en psychologie Stephan Lewandowsky de l’Université of Western Australia et ses collègues (1) décrivent, dans un article paru dans la revue Psychological Science in the Public Interest, les facteurs cognitifs qui font que certaines personnes adhèrent si fortement à certains éléments de désinformation.

                      Ils identifient certaines techniques qui peuvent être efficaces pour contrecarrer les croyances erronées.

                      La raison principale pour laquelle la désinformation fonctionne, estiment-ils, est que le rejet de l’information exige un effort cognitif. Évaluer la plausibilité et la source d’un message requière plus de ressources cognitives et motivationnelles que d’accepter simplement le message comme vrai. Si un sujet n’est pas très important pour une personne ou si elle a d’autres choses à l’esprit, la désinformation est plus susceptible de fonctionner.

                      Et, quand nous prenons effectivement le temps d’évaluer les informations reçues, nous sommes susceptibles de ne prêter attention qu’à quelques aspects : Est-ce que les informations concordent avec certaines autres croyances ? Est-ce qu’elles constituent une histoire cohérente avec ce que nous savons déjà ? Cela vient-il d’une source crédible ? Les autres croient-ils cette information ?

                      La désinformation fonctionne particulièrement quand elle est conforme aux points de vue politiques, religieux ou sociaux pré-existants. Pour cette raison, les visions du monde et les idéologies personnelles peuvent être des obstacles particulièrement difficiles à surmonter. Pire encore, disent les chercheurs, les efforts pour rectifier l’information n’ont souvent pour conséquence que d’amplifier l’effet de la croyance erronée.

                      Lewandowsky et ses collègues proposent quelques stratégies pour remettre les pendules à l’heure :

                      Identifier l’information manquante et fournir l’explication alternative ;

                      Répéter son message pour réduire l’influence de la désinformation (ce qui peut cependant avoir pour conséquence une répétition accrue de la désinformation qui la rend plus familière) ;

                      Mettre l’accent sur les faits à mettre en évidence plutôt que les mythes (afin d’éviter d’exposer encore davantage à ces derniers) ;

                      Fournir un avertissement explicite avant de mentionner un mythe pour s’assurer que les gens sont cognitivement sur leurs gardes et moins susceptibles d’être influencés par la désinformation ;

                      S’assurer que les informations à transmettre sont simples et brèves (si le mythe est plus simple, il est plus attirant cognitivement) ;

                      Considérer les croyances de l’auditoire. En cas de croyances fortement opposées, l’effet pourrait être contraire à celui souhaité. Les personnes plus réceptives sont celles dont les croyances ne sont pas fortement ancrées ;

                      Si les faits à présenter menacent une vision du monde de l’audience, il est possible de réduire le risque de renforcement de la désinformation en confortant cette vision (ex. en se centrant sur les opportunités et les bénéfices potentiels plutôt que sur les risques et les menaces) ;

                      Contourner le rôle de la vision du monde de l’audience en se centrant sur des techniques comportementales, telles que les architectures de choix, plutôt que de viser à dé-biaiser l’information explicitement.

                      La recherche a montré que les tentatives pour dé-biaiser l’information peuvent être efficaces lorsque basées sur des stratégies qui ont fait leurs preuves, soulignent les chercheurs.

                      Source : Misinformation and Its Correction Continued Influence and Successful Debiasing.

                      (1) Ullrich Ecker, Colleen Seifert, Norbert Schwarz et John Cook.

                      Psychomédia avec source : Association for Psychological Science.

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                      Ces constatations ne lassent pas d’inquiéter. Les citoyens de régimes soit-disant démocratiques et avancés les citoyens de régimes considérés comme démocratiques et/ou avancés n’étant pas moins vulnérables que ceux de régimes dits autoritaires, et pouvant l’être en fait plus car pensant défendre leur libertéet leur confort de vie, et tout simplement ce qu’ils ressentent commeleur « supériorité »,contre la menace d’un monde extérieur primitif et barbare. La nature même de ces sociétés avancées à défendre renforce ce problème de dépendance à l’autorité. Il est évident que moins on se sent compétent pour résoudre un problème, plus on aura tendance à le confier à des personnes qu’on considère comme compétentes. Mais cela nous mène souvent à une attitude clairement illogique, à savoir faire de plus en plus confiance à des gens dont on ne peut pas vraiment déterminer s’ils ont bien ls qualités requises pour mener à bien les tâches que nous leur confions. Dans nos sociétés complexes et élaborées maniant des savoirs de plus en plus complexes et élaborés, on en est réduit à un sentiment d’impuissance grandissant nous conduisant à remettre nos destinées entre les mains de personnes de plus en plus lointaines et dont le degré de sincérité et de compétence nous est de plus en plus inconnu. Ce qui ouvre la porte à bien des manipulations et catastrophes en devenir. 

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