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Redire la légende communiste au nom d’applications dévoyées : Solder n’est pas penser

C’est fort à propos que Yvon Quiniou1 ramène à sa juste proportion ce lieu commun de la pensée unique : Marx opportunément identifié à ses affidés les plus médiocres, les plus dangereux aussi en référence au pouvoir brutal de tel ou tel dictateur. Marx qui de son vivant proclamait ne pas l’être - « marxiste »2, avec ce juste pressentiment du risque lié à une lecture dogmatique de ses analyses, méritait sans-doute un meilleur sort que d’avoir raison dans ses appréhensions. Il reste que l’ossature dogmatique de quelques appareils d’Etat ne solde pas la profondeur d’analyse du philosophe, nonobstant M. Sorman. Ne pas s’y méprendre toutefois : la « bêtise » du penseur ultra-libéral, selon le mot de M. Quiniou, est de celle que son promoteur aime à propager au dehors de son enclos. Aux fins d’une intelligence économique réservée au modèle dominant. Cette fausse « bêtise », il faut donc l’authentifier comme savante mauvaise foi. Mais l’argument n’est-il pas réversible ?

La génération de militants communistes de l’après-guerre a vécu son engagement dans le refus des modèles dominants, à l’aune de luttes qui n’ont plus cours : anticolonialisme, remise en cause soixante-huitarde du modèle éducatif, syndicalisme solidaire au nom d’idéaux issus de la Résistance … : chez nombre de fils et filles de cette première génération d’après-guerre, l’anticonformisme de penser a été et reste souvent un anticapitalisme militant. Pour autant qu’il est permis de juger, les graves erreurs de lucidité sur des expériences vouées, rétrospectivement, à un échec cuisant n’ont pas fini de produire leurs effets sur la génération nouvelle de militants de gauche, tenants involontaires de cet héritage. Légataires d’une tradition en déshérence, ils doivent aujourd’hui rendre compte d’un passif dont, il faut bien le dire, ils ne sont pas comptables. Cette génération de l’après « communisme », issue d’une radicalité de gauche éloignée de la social-démocratie autant que du social-libéralisme triomphant (« moraliser le capitalisme ») se cherche une identité nouvelle … Elle peut légitimement faire procès à ses « donateurs », les tenir pour responsables devant l’histoire d’aveuglements généreux - d’une généreuse inconséquence chez les militants les plus résolus au combat. Ou tourner la page … A chacun sa route. Les poursuivants, quant à eux, le savent : ils devront composer avec les reliefs de l’Histoire communiste. Histoire « irréelle » si, de cette réalité, on ne veut voir que le démenti des écrits de Marx. Théorie irréalisée ou application réelle de la théorie ? Une chose au moins est sûre : cet holocauste d’une idée commodément réputée inadvenue fournit un certain nombre de constats. Comme par exemple, que la lucidité - si ce n’est la rétrospective des sempiternels donneurs de leçons, n’est pas le plus haut héritage légué par les marxistes labellisés. Comment expliquer ce naufrage de l’intelligence au bénéfice de l’esprit militant ? Sans-doute d’abord par le statut lié à la condition d’opposant. Celle-ci se décline au double conditionnel (I) : elle subit en premier lieu, l’effet de la contrainte instituée, résolue au maintien de l’ordre établi ; s’y ajoute la difficulté du « désordre » au sein même du camp minoritaire : les deux explications se rejoignent : le militant, voué à « resserrer les rangs » dans le déchaînement des attaques n’envisage au fronton des lieux de pouvoirs, que le visage impavide de l’Etat, avec ses agents, épris de « légalité républicaine ». Cette posture défensive agit, par contrecoup, dans le sens d’un apaisement du doute militant. La fin de la guerre froide n’a pas complètement estompé ces réflexes. Les nouveaux prophètes du communisme n’ont pour tout bagage qu’une réalité théorique à repasser. Avec, pour acompte, l’irréalité d’un « communisme » débaptisé, comme dépassé … par sa théorie. Les marxistes du jour, fidèles à eux-mêmes, naviguent ainsi entre fausse lucidité et réelle inconséquence (II).

 

I – La condition d’opposant ou le communisme au conditionnel

A la décharge des communistes d’hier, cet argument de realpolitique sur le pourquoi de leur aveuglement : l’autocritique, est un exercice contingenté. On vise ici la fonction subversive de la critique, non celle qui refreine le doute militant pour mieux reconduire l’orthodoxie d’une ligne officielle. Les circonstances, sans-doute, s’y prêtaient mal. Dogme libéral ignorant jusqu’à l’hypothèse de son alternative ou marxistes occultant un communisme antithétique de sa vérité originelle : la mauvaise foi est le commun partage du politique.

 

A - S’opposer est-il lucide ?

Le statut d’opposant, inhérent à la condition militante suppose une conviction politique. N’est-il pas exclusif d’une complète mise en perspective de cette condition ? En somme, s’opposer est-il lucide dans l’acte d’adversité ? 

 

1 - L’autocritique, politesse à l’usage du dominant

L’esprit de coercition est une prédisposition naturelle chez le militant, en butte à l’adversité du système et de ses affidés. Il est le symptôme ordinaire d’une impossibilité conjugale : distanciation et militance. Dans une situation d’affrontements, il est en effet difficile au dominé de concéder à celui qui veut tout lui voir rétrocéder à son bénéfice propre. Le dominé incline donc davantage, en politique, à l’auto-défense qu’à l’introspection. L’impossibilité de son point de vue, volontiers qualifié d’ « utopique » parce qu’en retrait de l’ordre dominant, la vacuité présumée de ses actions le situe naturellement sur le terrain de la contestation permanente. Selon un principe de vases communicants : rejet-opposition – lequel ouvre un nouveau registre : le sectarisme c’est-à-dire l’exacerbation du sentiment d’appartenance politique. L’adversité est ainsi l’ingrédient naturel du sectarisme – lequel n’est pas incompatible avec une certaine forme de courage intellectuel chez les militants les plus dévoués. La dérive sectaire, confondue en « fidélité à la cause » doit pour beaucoup au « jeu » démocratique. Ce schéma est avéré au plan historique. Tous les partis, désunis, mais ligués contre un seul – ce fut souvent le cas du parti communiste, notamment pendant la guerre d’Algérie, le condamnèrent à la marginalité laquelle devint, selon un schéma circulaire, le terreau d’un nouveau rejet. Sans parler de ceux qui, marginalisés au-dedans étaient fustigés au dehors … comme membres, à part entière, du parti communiste. Les militants les moins outillés, au plan conceptuel, pour une mise à distance des luttes menées quotidiennement, furent sans-doute les plus exposés au réflexe sectaire. Or, on le sait, la base militante de ce parti était issue, à son apogée, des milieux ouvriers … S’opposer de l’interieur fut souvent un pari impossible : vaincre la domination capitaliste, dominer son combat ensuite pour gagner en pertinence. Sur ces deux fronts les communistes ont perdu.

En revers : le dominant incline davantage à exercer la critique sur lui-même ; à lui les dividendes de la posture démocratique, de l’ « ouverture » aux autres. On connaît suffisamment l’argument sur l’ex-Union soviétique, brandi aussitôt en acte d’accusation par tout ce que l’intelligentsia compte de congressistes des salons parisiens : « Elle était attaquée de toute part. Il nous fallait le défendre …  » : posture militante davantage qu’intellectuelle. L’érudition bien-pensante eut beau jeu de dénoncer cette décomposition de la libre-pensée chez les militants communistes … qu’elle entretint, du dehors, avec une consciencieuse obstination. Ayant moins à craindre d’un parti, hier fort occupé à se faire entendre dans l’espace démocratique concédé du système libéral, aujourd’hui quasi inexistant, la majorité peut se donner pour ouverte à l’ « alterité », selon un rite d’auto-complaisance bien rôdé et médiatisé. La leçon de morale est son fond de commerce politique ; sa politique est d’en faire notoriété. Avec toute la mauvaise foi du triomphateur. Ces politiciens ont pour eux le luxe du « débat d’idées ». En dehors de cette idée simple que les enjeux de pouvoir estompent et l’idée et le débat - sans mettre au débat le rapport de force dans l’expression des idées. De vivre ce rapport moins intensément que le militant « de base », l’élite n’en est pas plus lucide ni plus intelligente. Pour cette élite, le « militantisme » ne sera jamais, tout au mieux, qu’un a propos, agrémenté de gesticulations sur plateaux de télévisions. Dans un monde parallèle : celui de l’homme voué à ses engagements, le prix d’une idée est dans l’impossibilité matérielle du renoncement : elle est dans son « sectarisme » … par identification totale avec la promesse d’un changement de condition. Les invités du vingt heures ou de Guillaume Durand sont loin du compte. Cela relègue le « sectarisme » dans ses causalités réelles, loin des jeux de scène télévisuelle. C’est pour cela que l’érudition bien-pensante répugne à considérer le « sectarisme » comme le miroir renversé de sa vacuité politique à elle. Le vulgaire du militant est de ne pas goûter ses effets : l’auto-critique, sujet de style, reste pour l’impénitent, abdication face au système capitaliste …

 

2 - De l’impondérable libéral au communisme « irréel » : la mauvaise foi sans parti pris

Chez ses adversaires les plus féroces, l’échec du « communisme » fut une prédilection ; son constat, un satisfecit donnée à la récusation originelle. De l’avoir recalée avant qu’elle n’advienne, l’expérience dite « communiste » avait atteint, chez eux, son irréalité dès avant 1917. Célébrer l’ « après-Marx » … Salve d’honneur aux vainqueurs et certitude établie de longue date : la société communiste, de création « marxiste » est identifiée à une contre-nature de l’Humanité libérale (« on ne peut pas tuer l’esprit d’entreprise »). De ne l’avoir jamais envisagée comme plausible, cette société, ils s’affublent aujourd’hui d’une haute clairvoyance donnée en leçon aux vaincus. Le débat sur le socialisme « réel » n’appelle alors qu’une seule et même condamnation : celle de l’hypothèse socialiste car Marx est « irréalisable » … Les faux « enseignements » de l’histoire donnent corps au présupposé.

Faire passer ses préjugés sur Marx à l’aune d’une expérience inaboutie est ainsi devenu l’exercice obligé de tout intellectuel qui escompte, avec une prise de risque minimale, des dividendes pour ses analyses. Le blanchiment d’un préjugé vaut bien cette menue flatterie du sens commun. Défaire l’infaisable aura toujours été, de ce côté là, un risque moyen. Ce constat situe les enjeux, entre aveuglement partisan et fausse lucidité dans l’écheveau des conduites politiques les plus contradictoires. Pour autant que l’acte de penser est lui-même contingenté. N’en déplaise aux tenants d’un anticommunisme prémonitoire qui de n’en avoir rien voulu savoir, n’ont pas su mieux en voir, du communisme, vouée par avance à l’échec.

N’en déplaise également aux tenants des prophéties d’hier … A ceux-là, l’échec d’une expérience vécue à plein comme étant la leur, semble donner raison pour l’avenir car, au fond, cela « n’en pouvait être », du communisme. Il reste que la guerre froide est achevée et avec elle, les expériences « socialistes ». Les vainqueurs, ont le sait, font l’histoire et il est de bon ton de n’y voir que l’impéritie du vaincu. La concession du parti communiste d’ « erreurs » commises, selon l’expression euphémique, est à la mesure des enjeux idéologiques sous-jacents. Jusqu’au point d’une incapacité à les dépasser. La dénonciation du tardive du « stalinisme » vaut clause exonératoire. Simple prévention à l’égard d’ « erreurs » à ne pas répéter ; gage de bonne conduite à venir offert en ultime concession à l’idéologie dominante. Il eût fallu au parti communiste, pour mériter de sa posture révolutionnaire, cibler sur deux fronts à la fois : celui de la droite qui a toujours misé - et œuvrer activement - à l’échec d’expériences alternatives au modèle dominant, menées au quatre coins du globe de l’ex-URSS, en passant par Cuba ou le Vietnam ; il lui eût fallu dans le même temps trouver les ressources d’une régénérescence quand le « modèle » était en perdition … Toute part de lucidité rétrospective bien pesée : « faire leçon » de l’histoire passée n’est pas témérité. Mais n’en rien retenir par ce motif n’est pas davantage à mettre au crédit de l’intelligence.

 

B - L’impensé théorique de l’appareil communiste

Du déficit de l’analyse sur des tentatives inabouties - que ne solde pas leur « irréalité », à l’asthénie actuelle de ses dirigeants, incapables de se projeter sur une action à long terme, la situation de blocage du parti communiste français donne, finalement, une image de cohérence dans le déclin. Le formidable impensé théorique de ce parti, dénoncé à la marge par quelques intellectuels réfractaires3, le défausse aujourd’hui de toute ambition sur le terrain du réel.

 

1 - Au bout de l’impasse : l’ « ouverture » politique ?

Pour l’heure le parti communiste n’a pas su donner la mesure de sa politique
d’ « ouverture » claironnée au plus haut de l’appareil, avec ses « rassemblements antilibéraux » et autres « collectifs locaux ». Ses bienfaits allégués, il est vrai sont contemporains de son déclin … L’impensé théorique de ce parti a, pour solde électoral, les moins de 2% de voix de Marie-Georges Buffet aux élections présidentielles de 2007 qualifiés par elle, dans un idiome euphémique, de « blessure »4 personnelle : réelle faillite, naufrage politique, que les dénégations optimistes les plus véhémentes (de l’ « audace ! » selon le mot d’ordre ressassé à l’infini jusqu’à épuisement du sens donné au mot) ne font que souligner encore. Ceux-là même qui ont défendu les régimes communistes comme étant des leurs les regardent – quand on les y invite – comme simple malfaçon. Celle-là d’ « audace » ouvre un nouvel horizon indépassable … Il adviendra un moment où même l’optimisme de commande n’aura plus d’objet. Celui de la « volonté », selon le mot de Gramsci, signe pourtant la voie de nouveaux combats. Mais n’ayant plus de raison sociale, le parti en vient à priver de ressources, même les plus résolus des militants.

Faute d’un secrétaire national capable, enfin, de prendre la mesure du désastre historique, de l’assumer et d’impulser l’analyse de ses causes, les jeux semblent faits ; l’action collective ne pourra donner réplique à la vindicte. Même sur ce plus petit dénominateur, la gestion de ses cadres, le parti communiste n’est jamais parvenu à hisser ses pratiques à hauteur de ses théories nouvelles. Nonobstant le facile argument, non dénué d’opportunisme au regard de son histoire récente, selon lequel toute « chasse aux sorcières » est à proscrire : la préoccupation démocratique est à géométrie variable pour ceux qui tiennent à leur siège. L’ « ouverture » auto-proclamée pour éluder les effets pérennes de ses conduites passées a, pour corolaire, l’asthénie intellectuelle des dirigeants du parti communiste. Leur politique « nouvelle » décline surtout un avenir bouché.

 

2 - L’asthénie des dirigeants

A l’heure du tout communicationnel, l’espace médiatique fait la part belle aux « communicants », à ceux qui, pétris de culture d’élite, savent prendre à témoin le peuple et se donner crédit auprès de lui. D’où l’enjeu décisif du choix des hommes et femmes aux postes clés …Vu du dedans ensuite, l’impérieuse nécessité d’un renouvellement théorique plaide, à l’évidence, pour des dirigeants de facture nouvelle. Le plus affligeant est que le dire peut encore passer pour élitisme, défaitisme et autres déficits militants ...

A quand, au-delà des petits calculs de survie électorale, un secrétaire national rompant avec le style et la pensée de ces apparatchiks sans aura, que l’on a vu se succéder au cours des dernières décennies : « modernité » auto-proclamée, mélange d’impuissance immobile et de faux renouveau ? Avec ce « parler-jeune » qui agace quand il ne déçoit pas ... duperies oratoires, modernités contrefaites .... Au lieu et place d’une pensée aboutie, affrontée au « réel ». De ces dirigeants coulés au moule, le dévouement au parti et la force de conviction inaltérables sont toujours apparus comme inversement proportionnels à leur culture théorique. Serait-ce faire injure à la tradition ouvrière de ce parti que de le doter d’un leader d’une autre envergure ? A hauteur de l’enjeu historique et pour la survie de l’hypothèse communiste comme projet de société. Celle dont se revendique M. Quiniou. Cela n’est pas encore lui garantir un avenir. Mais l’en priver c’est alimenter une chimère. Les dernières nominations laissent un sentiment, de l’extérieur, d’étrange continuité. Passé le temps des exclusions pour délit de pensée peut-on escompter, un jour, voir un universitaire, un avocat ou un journaliste accéder à la plus haute fonction ? A l’image du parti communiste italien qui avait su, dans les années soixante-dix, se doter d’un dirigeant de la stature intellectuelle d’un Enrico Berlinguer - que ne reniait pas les classes populaires. Les années 2010 marqueront-elles un renouveau ? En ces « années de plomb » idéologique dont la conscience communiste sort ébranlée au plus profond de sa légitimité, une toute autre posture dirigeante est attendue. A la tête du parti communiste français, on se prend à souhaiter un secrétaire national de la même indépendance d’esprit que le stratège du « compromis historique » ou de l’ « Eurocommunisme ». On est loin du compte. Les nouveaux docteurs es-communisme sont, quant à eux, d’un maigre secours à l’appareil communiste – lequel, au demeurant, ne les entend pas.

 

II – Les nouveaux prophètes : fausse lucidité et réelle inconséquence

Prophétie nouvelle, au recommencement de l’Idée trahie : faute d’avoir réellement existé, le communisme se doit à la réalité d’une existence à venir. Ce refroidi d’un plat entamé serait au bonheur des suivants, invités à faire l’économie du doute. L’Histoire ne se répète pas et l’acte de vente attend des souscripteurs. La jeunesse investit ailleurs, dans les félicitées individuelles du « libre-marché ». Oubliée la génération d’avant, avec ses
guides jusqu’au précipice : certitude interrompue quand, là-devant, pointa l’« erreur » de jugement … L’ « erreur » est passée dans le vocable de la résilience politique de cette gauche impénitente. Elle s’y complaît volontiers, avec des airs insupportables de haute lucidité. Pour couper court au débat. Ou bien pour l’admettre en contrepoint, simplement, d’un nouveau chemin qu’il faut suivre désormais. En escomptant qu’il sera le bon … Pas de chemin tracé sans discontinuité de méthode ; pas de nouvelle méthode sans plongée, en amont, dans les méandres des illusions éteintes. De ce point de vue, la fausse hypothèque de l’ « idéologie dominante » placée au devant du libre-arbitre individuel, comme cause principale du déclin, ne donne pas le change.

 

A - La fausse hypothèque de l’idéologie dominante

Dans le système de défense, généralement adopté par les philosophes marxistes, la fausse équation « marxisme = communisme réel » serait simple contamination médiatique. Equation effectivement réductrice mais dont les causalités doivent être clairement évaluées. Cette « erreur » des consciences – méprise objective, n’est pas seulement l’effet d’une propagande bien ajustée. La preuve en est que le parti communiste a su, en d’autre temps, garder une audience, dans une situation d’isolement chronique sur la scène politique. La condition d’adversité, précédemment évoquée, ne résout donc pas définitivement l’équation de son actuel discrédit ; les contempteurs marxistes du communisme « irréel » omettent souvent cette réalité : à chacun sa mauvaise foi aux fausses-routes de l’histoire. La situation d’isolement actuel de ce parti est donc, avant tout, de sa responsabilité propre : pauvreté d’analyse, faiblesse tactique qui l’ont rendu vulnérable, précisément, aux assauts idéologiques, au-delà de tout constat factuel sur la déstructuration du parti communiste et sur la « dépolitisation du lien partisan »5. De fait, l’inimité des critiques est devenue, chemin faisant, vacuité du parti et de son projet fondateur : l’équation marxisme = « expériences » communistes est durablement établie dans les consciences. Tenants communistes du marxisme ou marxistes déliés de la question communiste, chacun à dû s’y résoudre, aucun n’a su valablement contrer l’offensive. Cette lacune n’est-elle pas symptomatique d’une carence, de la part des uns et des autres, confondus dans un même discours : l’absence de critique aboutie, en temps et en heure (et non pas rétrospective) des expériences dites « communistes ». Faute d’une figuration « réelle » de l’hypothèse communiste, M. Quiniou et d’autres ont entamé ce combat d’arrière-garde : le dégagement marxiste du communisme « réel » ou faussement réputé tel ... Cela ne suffira pas à étayer, pour la génération à venir, une conviction certaine. Défaire l’équation marxisme = communisme par un résultat nul est déjà un aveu d’impuissance. La seule vraie question à ce jour est de savoir comment elle a pu naître et faire flores. Au point de devenir conviction chez l’écrasante majorité des citoyens. Car si l’ « idéologie dominante » investit les consciences, c’est bien à la faveur de déficits qui ont discrédité pour un temps indéfini l’idée communiste. Ces lacunes objectives - que ne rachètent pas l’ « irréalité » d’un communisme défaussé, engagent des trajectoires croisées : celles de militants et de penseurs de la chose communiste. Débat fondateur d’un renouvellement éthique et non exercice scolastique, de « politologue » averti. L’éluder au simple motif que la question communiste n’aurait pas d’objet dans ses réalisations passées est se condamner, soi-même, à l’impuissance du propos. Le marxiste visionnaire fait ainsi continument acte de foi. La réalité mal ajustée à sa théorie ne le détrompe jamais sur ses beautés théoriques … La « refonte » sans le bilan est comme une guérison sans le malade. C’est ce que le parti communiste tente, en vain, d’inculquer à l’opinion publique …

Finalement, les marxistes autorisés n’ont pas mieux à offrir aux crédulités collectives qu’une nouvelle Annonce : la vacuité d’un communisme déchu de ses titres donne réalité de sens … au projet communiste. Au moins aura-t-il servi à cela, ce communisme d’Epinal : de retour aux « fondamentaux ». Dans un schéma dialectique que le marxisme n’avait pas envisagé. Posture d’arrière garde : cette « irréalité » ne peut suffire à fonder la conviction d’une autre réalité possible, mieux ajustée à la lettre philosophique. Pour la génération suivante, il reste un arrière goût de scandale : celui d’une imposture validée au plus haut par un parti décomposé qui n’a pas su, ne sait toujours pas faire son aggiornamento. Sur ce terrain Marine Le Pen, Marianne en charcutière gouailleuse, fait déjà mieux, au bénéfice de son idéologie brunâtre.

 

B - Communisme « irréel » - nouvelle « Annonciation »

Dans une certaine liturgie marxiste, au commencement, il y a l’insoluble contradiction du capitalisme : exploitation salariale - émancipation humaine. Nous voici revenus à l’Annonciation et le communisme est supposé, avec M. Quiniou n’avoir pas seulement existé. Si « ce n’est parce que les régimes totalitaires du XXème siècle se disaient communistes qu’ils l’étaient », de ne pas avoir trouvé à y redire et de les avoir défendus comme tels, le doute était-il permis ? Il ne l’était pas avant que les peuples n’éclairent d’une nouvelle luminosité, l’esprit encombré des marxistes les plus habiles, sur ce qu’il en était de ce « communisme » là. Les nouveaux « panseurs » marxistes, au chevet d’un communisme sous éteignoir ont de cette réalité, une connaissance au moins aussi approximative que M. Sorman du marxisme en général. Même l’ « Inquisition », cette tarte à la crème du credo communiste, a fait long feu : « A ce compte – expose M. Quiniou, les chrétiens de l’Inquisition et des bûchers étaient chrétiens … alors qu’ils ne l’étaient pas ! »6. Le fait que les marxistes déchus de leurs breloques « communistes » n’aient pas fait moins bien que les Inquisiteurs (pas moins sonne déjà comme un aveu) ne peut suffire à emporter l’adhésion sur le terrain d’un quelconque devenir. Le bûcher purificateur est aujourd’hui en leurs mains : nouveaux incendiaires d’une réalité imparfaite supposée, par ce motif, n’avoir pas simplement existée. Renvoyé, le dogme, à son décalogue originel pour ne pas voir l’éléphant du cauchemar : le socialisme « irréel », cette réalité d’hier : celui auquel ils ont souscrit, désigné, un jour, comme étant bel et bien de ce monde. Avant le déni rédempteur … Lucidité rétrospective, cécité de faux apôtres … Cet échafaudage n’a rien, au demeurant, d’un nouveau système. Patrick Tort qualifiait déjà en 1990, d’ « erreur tactique », l’assimilation communisme-marxisme : « Le ‘communisme réel’ (qui n’existe pas, mais dont on dit qu’il existe et qu’il est cela) est systématiquement exhibé comme le produit direct du marxisme (qui existe, mais dont on voudrait compromettre l’existence en le rendant solidaire d’un produit qui n’est pas le sien). Cela, bien entendu, repose sur un sophisme simple, courant et toujours efficace, qui consiste à lier la valeur essentielle d’une idée à l’accident de sa mise en œuvre, sans s’être au préalablement demandé si l’échec de la mise en œuvre ne tenait pas d’abord au fait qu’elle n’était pas la mise en œuvre de cette idée. Cette erreur qui est de toute évidence une erreur tactique de l’idéologie intéressée à contaminer durablement le concept à travers la condamnation de dévoiements historiques présentés comme conséquences homogènes, est pourtant aussi énorme que celle qui consisterait à induire, du constat d’une pollution adventice localisée sur le cours avancé d’un fleuve, la contamination nécessaire de la source ».7

Automédication philosophique. Chez les marxistes « nouvelle école », l’irréalité communiste déjoue la critique libérale du communisme. Pour ne pas voir les leurs d’ « irréalités » : dissociation objective entre réalisations « communistes » et philosophie marxiste … mais vécue hier en conscience, par une majorité de marxistes, comme objets non dissociés. Même les raccourcis d’un Guy Sorman, toujours prompt aux assimilations, ne peuvent réhabiliter ces orthodoxies d’hier, donner corps aux hallucinations du jour. D’où la vacuité des prophéties nouvelles. Méprises de l’histoire ou réel impossible ? Si du passé il y a reprendre, il faut savoir quoi et comment : quel remodelage pour l’avenir ? Peser bien, d’abord, la part des forces exogènes et des causes endogènes dans les causes du déclin. Quid ensuite - et dans l’ordre de cet exposé, de la « voie nouvelle » pour un résultat plus certain : un socialisme suffisamment avéré pour ne pas s’affubler de la triste redondance d’ « un visage humain ».

 

III – « L’avenir dure longtemps »8 : reprises et questionnements

Le problème n’est pas tant l’irréalité du « communisme » cambodgien, dans l’idiome marxiste : idée avec laquelle tout intellectuel de bonne foi - si ce n’est M. Sorman, doit pouvoir se rallier, sans trop se faire violence. Pour la génération nouvelle, la vraie question est celle de la « défiguration » communiste, aux quatre coins du monde. Le régime Khmer n’en est que l’illustration ultime : dénaturation et non plus caricature. On s’y résout avec M. Quiniou : déroutes et abominations ne peuvent solder une théorie dont la vocation première est la critique sociale et politique. Il reste à les expliquer, à défaire cet enchaînement causal pour un nouveau crédit : pourquoi l’irréalité communiste sur le théâtre de l’histoire - cependant bien réelle, de ceux qui s’en réclamèrent ? A commencer eux-mêmes, les partis communistes occidentaux. Bureaucraties de contrôle ou meurtres de masses, ce communisme d’imposture a-t-il mieux fait - ou s’est-il moins dédit - qu’on ne l’affirme souvent ? Comment, enfin, expliquer ce déclassement de l’idée, cette altération d’un concept dont M. Quiniou et d’autres font, continûment, acte de propagande ?

 

A - Méprises de l’histoire ou « réel » impossible ?

Si l’épistémologie marxiste de l’émancipation humaine peut se revendiquer « scientifique » par opposition aux courants utopistes et anarchistes qui ont balayé l’histoire des idées au XIXème siècle, on est en droit de s’interroger, tout de même, sur son caractère opérationnel. On le doit, au regard des expériences qui se sont réclamés de lui : « science » inaccessible, semble-t-il, au commun des gouvernants sans même parler du peuple dont elle se réclame … Le marxisme, dira-t-on, est moins, dans sa définition originelle, projet abouti que méthode d’analyse critique, appliquée aux rapports de domination. Mais avec, à la clé, l’hypothèse d’un dépassement possible9. Car le « marxisme », outil conceptuel, se veut davantage qu’une contemplation du réel. Il ne s’agit pas - toujours pas, d’« interpréter le monde mais de le transformer », selon la fameuse XIème thèse sur Feuerbach10. Pour l’heure, les tentatives de donner plein effet, dans la réalité, à son exégèse de l’ordre dominant déçoivent … Tous ceux, semble-t-il, qui se sont réclamés du marxisme, avec une légitimité très souvent aléatoire, n’ont produit que des systèmes informes. L’expérience communiste, aujourd’hui délitée, ne peut donc l’être au seul bénéfice d’un rappel théorique, sur des bases inchangées. La théorie doit renouer avec le réel, en incluant le constat d’échecs, même s’ils ne lui sont pas directement imputables. Pour l’heure, la figure du Messie révolutionnaire semble prévaloir. On en arrive ici au point d’achoppement avec le système de défense classique de M. Quiniou.

Sans raccourci idéologique du type marxime = communisme réel, comment expliquer un tel insuccès, une fois le projet mis en application, sous l’égide de cerveaux qui n’étaient certes pas les plus imbéciles que l’humanité ait produit ? De Lénine à Mao en passant par le Che, des hommes de culture et de conviction, dont on peut penser sans idolâtrie ni abus de candeur que la volonté meurtrière n’était pas leur seul motif d’actions semblent, à chaque fois, s’être heurtés à un impossible. Au point d’altérer la scientificité du concept. On ne peut renvoyer aux bons auspices de la science à chaque fois que le laboratoire de l’Histoire fait défaut. La stigmatisation du « stalinisme » est ici inopérante. Les vertus explicatives de cette expression qui théorise une pratique du pouvoir en la personnifiant sont quasi nulles : le concept de « fascisme » n’a toujours pas son équivalent pour qualifier la déroute « communiste ». De ce point de vue, la « conjonction des extrêmes »11, ce lieu commun de la bien-pensance, déjuge les deux systèmes par assimilation immédiate. Par ce motif, elle rallie une majorité mais sans proposer de réelle alternative au monolithe « stalinien ». Une chose au moins est sûre : l’insuccès est venu, au revers de l’Histoire, démentir le communisme « réel ». Entre forces exogènes et causes endogènes, il reste à doser cette réalité. Elle ne se laisse pas facilement compter.

 

B - Forces exogènes et causes endogènes

La part de facteurs exogènes et endogènes dans le reflux communiste est à élucider. Sauf à laisser le discrédit d’un communisme « irréel » peser indéfiniment sur le tribut de Marx à l’émancipation humaine. Une ligne de partage explicative reste à dessiner. Si l’on prend l’expérience cubaine, l’acharnement américain et le suivisme occidental dans la lutte anti-castriste, dès que la Révolution eut opté pour la voie socialiste, dénotent une hypocrisie coutumière : stratégie de l’étranglement doublée d’une exigence démocratique. Comme si la meilleure façon de promouvoir la démocratie de l’intérieur – celle du modèle libéral dominant, était de promouvoir de l’extérieur, des stratégies d’autodéfense, de citadelle assiégée par l’ennemi « impérialiste » … On retrouve ici, à l’échelle de l’Etat, le schéma réducteur précédemment évoqué au sujet des postures militantes. L’autodéfense renvoie en effet à un corps soudé contre l’ « agresseur », à l’ « esprit de résistance » qui est culture d’Etat à Cuba. Notions antithétiques du principe démocratique dans un régime pacifié. Autrement dit les pays capitalistes n’ont eu de cesse de poser les conditions d’une impossibilité pour, ensuite, inviter les pays socialistes à se surpasser sur le terrain où ils voulaient les emmener.

Passer le cap de ce constat objectif, il reste que ni l’URSS, super-puissance, ni les autres expériences menées dans les pays « satellites » ou en Asie, n’ont su faire mieux sur le terrain des libertés dites « réelles » : impossibilité endémique où, à nouveau, circonstances historiques ? Les deux peut-être ... La thèse de la « victoire américaine » et plus généralement occidentale révèle surtout une pensée dogmatique : d’avoir été vaincu, le « communisme » serait figé dans sa caricature : il n’a pu se réaliser pleinement.

L’argument de l’inachevé, qui plus est, se contredit. Certains « acquis » des pays réputés un temps socialistes – où les partis communistes font mieux, bien souvent, que subsister prêtent à débat : systèmes de protection sociale, démocratie de proximité à l’échelle du quartier, vie associative … Autant d’aspects soldés dans une seule et même condamnation par le libéralisme triomphant. Il est frappant de constater que nombre d’hommes politiques et militants de la gauche radicale, instruits de leurs « erreurs » passés, se rallient à cette opinion pour s’exonérer de nouveaux reproches … En contrepoint : quelle est la part authentifiable de « communisme » dans ces régimes réputés, aujourd’hui, n’en avoir jamais été ? Et si cette part a effectivement existé, pourquoi n’a-t-elle pas contaminée, positivement, tout l’édifice, lui donnant ainsi l’aspect du mausolée communiste tant convoité ? Non celui où se trouve Lénine. Celui d’Octobre, décliné en promesse d’avenir …

 

CONCLUSION

Solder n’est pas penser. Avec M. Quiniou la théorie peut avoir raison d’une réalité dissidente. A échéances de tous les « échecs » envisagés après-coup, comme autant de gages d’une « vérité » théorique. Si l’on ne veut plus voir de la « réalité communiste » que cette charpente théorique, il faut bien, pour remettre l’ouvrage, considérer les défauts de ce qui, déjà, a été fait au nom de la théorie. Faire l’économie de cette introspection est un nouveau suicide. D’être devenu inoffensif ou presque, le parti communiste pourrait au moins libérer sa parole sur sa raison d’être et son devenir, sans crainte d’être davantage affaibli. La politesse philosophique de simples « erreurs » ne peut y suffire. Le démon de la « récupération » à droite de l’échiquier politique a, quant à elle, cessé d’exonérer la critique. Aucun subterfuge ne peut donc solder l’incontournable : l’impact désastreux sur l’opinion publique de ce qui est vécu en conscience comme l’échec du « communisme ». Qu’on le veuille ou non, les réalisations communistes - ou supposées telles, font quantité dans l’offensive idéologique menée de toutes parts : militants communistes « repentis », se donnant pour exemple de « courage » politique, avec l’assurance des bénéfices médiatiques ; francs-libéraux ensuite, faussement « détrompés » par une lucidité politique où l’on perçoit suffisamment le dogme d’un ordre immuable : l’économie libérale confondue avec une hypothétique « nature humaine ». Si les coups portent, de tous côtés, c’est par défaut d’audience communiste … et donc de crédibilité. Le communisme reste à venir … Ce nouveau baptême ne sert qu’au parjure de l’ancien : clause exonératoire des déconvenues passées, au déficit de la bonne foi intellectuelle. La faillite du « réel », aucun marxiste féru ne l’a pensée dans sa totalité. Les leçons avisées de leur nouveau dédain sonnent creux ... Ceux qui ont fait acte de crédulité en les suivant dans leurs équipées, en sont quitte pour un vaste dégoût. Au plus grand bénéfice des réductions totémiques de la pensée libérale, crispée sur les « vingt millions de morts » de M. Courtois. En ravalement de sa propre façade qui dissimule d’autres ruines, plus anciennes et non moins
fournies … Envisager le pourquoi de ces « erreurs » et le comment de l’avenir : chevilles ouvrières de nouveaux lendemains.

Adrien

 

1- « Ce n’est parce que les régimes totalitaires du XXème siècle se disaient communistes qu’ils l’étaient », Y. QUINIOU, Le Monde, 15 août 2010, en réponse à la tribune de G. Sorman du 10 août 2010, dans les mêmes colonnes : Le Nuremberg du communisme ».

2- F. Engels, à plusieurs reprises, rapportera que Marx s’était défendu d’être marxiste. Ainsi aurait-il déclaré à P. Lafargue : « Ce qu’il y a de certain, c’est que je ne suis pas marxiste », Lettre d’Engels à E. Bernstein, 2 novembre 1882. Disponible sur http://www.marxists.org/francais/engels/works/1882/11/fe18821102.htm ; v. aussi lettre du même à C. Schmidt, 5 août 1890, idem.

3- Cf. notamment analyse de deux universitaires, portes étendards d’une dissidence dont on attend les lendemains qui chantent …
R. Charvin et A. Tosel, « Le dos au mur », 2008. Disponible sur http://alternativeforge.net/spip.php?article1429

4 - « Elle gardera sa "blessure" relate Sylvia Zappi, celle de son score en 2007 : elle avait atteint le fond avec 1,93 % à l'élection présidentielle. "Je ne m'en suis pas remise", dit-elle » et la journaliste d’ajouter : « Le PCF non plus », Le Monde, 18 juin 2010.

5 - J. MISCHI, « La recomposition identitaire du PCF : modernisation du parti et dépolitisation du lien partisan », Communisme, 2003, n° 72-73, pp. 71-99 : analyse très érudite des modalités du déclin du parti communiste (« déclin et mutation de l’encadrement militant », « réduction associative du militantisme à l’échelon local », « mobilisation néo-communiste avec la prolifération de « réseaux à thèmes : femmes, immigrés, Europe » …) directement inspirée de la thèse de science politique du même auteur Structuration et désagrégation du communisme français (1920-2002). Usages sociaux du parti et travail partisan en milieu populaire, sous la dir. de M. LAZAR, EHESS, 2002. Cet article illustre surtout le délitement de la culture communiste et le renouvellement induit des pratiques militantes. Toutefois, il ne donne pas la clé de l’échec du modèle tutélaire, abusivement identifié durant plusieurs décennies à l’expérience soviétique. De ce point de vue, si la décomposition identitaire du PCF fait l’objet d’un examen méthodique, le lien avec l’échec de cette expérience reste à objectiver et à analyser en profondeur, dans ses tenants et ses aboutissants.

6 - Y. QUINIOU, Le Monde, 15 août 2010, op. cit.

7- P. TORT, Le communisme irréel, Critique communiste, n° 98, été 1990.

8- Titre du livre testament de L. Althusser, L’Avenir dure longtemps, Stock / IMEC, 2007.

9- En effet, dans la pensée marxiste, la « conception de l'histoire est, avant tout, une directive pour l’étude, et non un levier
servant à des constructions à la manière des hégéliens
 », Lettre de Engels à C. Schmidt, 5 août 1890, op. cit.

10- « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de diverses manières ; ce qui importe c'est de le transformer »,
K. Marx, Œuvres philosophiques, Thèses à propos de Feuerbach, Bibliothèque de la Pléiade, T. IIII, Gallimard, 1982,
p. 1033.

11- Cette notion a été exposée, dans sa version la plus aboutie et la plus convaincante par R. ARON, qui a tenté de systématiser l’assimilation communisme-fascisme, dans son ouvrage Démocratie et totalitarisme, Gallimard, 1987, recueil de dix-neuf leçons professées en Sorbonne au cours de l’année universitaire 1957-1958 (v. notamment la leçon XII : « Fil de soie et fil d’épée »). On retrouve la même idée, développée au plan des institutions politiques nationales dans « la corruption des régimes constitutionnels pluralistes  » (titre de la leçon IX), du fait de l’opposition des « révolutionnaires de droite » et des « révolutionnaires de gauche », à l’image du processus enclenchée sous la république de Weimar, avant-guerre.

 


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41 réactions à cet article    


  • CN46400 CN46400 14 juin 2014 14:47

    La preuve de l’existence du communisme, c’est le charabia d’Adrien, débarrassé de toutes références à l’infime minorité capitaliste qui n’existe que grâce au travail de l’énorme majorité prolétarienne. Tant que cette contradiction existera le communisme sera à l’ordre du jour de tous ceux qui voudront débarrasser la société humaine de cette domination ! 


    • trevize trevize 14 juin 2014 21:51

      Non, pas tous.

      Certains se sont affranchis de cette opposition binaire, stérile et destructrice (donc, contre-productive). Ils n’en sont plus aux bagarres de récrés pour savoir « à qui la faute ? »


    • non667 14 juin 2014 15:37

      quand on n’a pas lu marx ni aucun autre et que l’on a que son « vécu » pour se faire une idée pour qui on vote ? (pour moi 50 ans env. )
      après avoir voté a gauche (pcf ) ,depuis la trahison du socialisme par le ps en 1983 je vote fn ! et m...e à tout les autres ! smiley  smiley  smiley


      • zelectron zelectron 14 juin 2014 20:26

        TOUS LES SOCIALISMES CONDUISENT AU FASCISME !


        • epicure 15 juin 2014 21:07

          oui et aussi :
          toute démocratie conduit à la monarchie absolue de droit divin
          tout libéralisme conduit au stalinisme
          tout athéisme mène au polythéisme
          toute descente amène au sommet
          toute lumière amène à l’obscurité
          toute libération amène à l’oppression

          etc....
          ... ou pas

          un discours qui dit qu’une chose amène son contraire absolu n’a aucun sens, donc ton message n’a aucun sens, il ne veut rien dire.

          socialisme et fascisme c’est le chaud et le froid, la lumière et l’obscurité, le haut et le bas etc... Ce sont deux conceptions politiques antagonistes qui s’excluent l’une et l’autre.
          aller vers l’un c’est automatiquement s’éloigner de l’autre.
          Donc tous les socialismes ne peuvent amener au fascisme, sauf si ce sont des fauxsialismes ( pour reprendre une expression adressée à hollande et au PS ici ).

          Ou alors ce que tu nommes socialisme, n’est pas vraiment un socialisme, mais seulement quelque chose qui s’est donné la couleur socialiste, comme le PS actuel.

          pour rappel deux définitions du socialisme par des socialisme, et non des fantasmes manipulateurs d’adversaires du socialisme :
          « le socialisme c’est la liberté, l’égalité, la fraternité sans sacrifier un seul des termes »
          « le socialisme c’est la démocratie économique et politique »

          Hors en suivant ces paradigmes on est forcément critique par rapport au systèmes politiques représentatifs libéraux ( pour ce qui est de la démocratie politique ) et bien sûr contre le système de pouvoir économique privilégié des possédants qui n’a rien de démocratique.

          Ce qui conduit au fascisme c’est le capitalisme, les deux sont intimement liés, puisque économiquement les fascismes ont toujours reposés sur le capitalisme.


        • zelectron zelectron 16 juin 2014 00:14

          Grâce au socialisme rampant en France, on est si loin de carpe diem avec vous, surtout avec les sommes gigantesques gaspillées en pure perte avec vos hordes de fonctionnaires pléthoriques, voyez la bonne formule qui en découle « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien hors de l’État », Benito Mussolini


        • Dwaabala Dwaabala 14 juin 2014 20:36

          Il n’y a eu ni « expérience », ni « échec ».
          L’histoire de la révolution soviétique n’est pas la mise à l’épreuve de la théorie de Marx : elle a débouché sur une situation absolument nouvelle à laquelle le pauvre Marx, mort plus de 50 ans plus tôt, ne pouvait apporter aucune explication,
          La Révolution soviétique, y compris avec ses errements tragiques intérieurs, a eu à affronter l’impérialisme tout au long de ses 70 ans d’existence.
          La Révolution soviétique a été vaincue, encore que par d’autres moyens que ne le furent la Révolution de 1905 ou la Commune.
          Il est remarquable que les tenants actuels de l’économie des ressources de la planète ne se soient pas aperçus que le moteur de l’économie socialiste en URSS n’était pas celui de l’économie impérialiste, ce qui lui a d’ailleurs nui dans la compétition à laquelle elle s’est trouvée confrontée, mais que la volonté ouvrière était partout présente et que c’était le bien-être humain qui avait la priorité et non pas le profit. 

          Qu’on le sache ou non, qu’on le veuille ou non, le temps présent est, à travers les luttes aux formes multiples contre l’impérialisme dont le capitalisme US est le chef de file, la suite à l’échelle du monde de la Révolution soviétique, comme le XIXe siècle en Europe fut celle de la Révolution française.


          • Dwaabala Dwaabala 14 juin 2014 20:49

            J’exagère un peu : Marx était mort près de quarante ans plus tôt.
            Par contre, je n’ai pas assez souligné que les luttes anti impérialistes actuelles à travers le monde sont les héritières de celle menée par les révolutionnaires soviétiques et que l’analyse théorique de l’Impérialisme par Lénine est dans le droit-fil de la pensée de Marx,
            et toujours, mutatis mutandis à cause d’un siècle écoulé, d’actualité.


          • Adrien 14 juin 2014 21:53

            En réponse : CN46400 et Dwaabala

            « Charabia » mis à part, votre commentaire revient aux fondamentaux éculés sur lesquels votre pensée demeure assise : « infime minorité capitaliste qui n’existe que grâce à » ... « l’énorme majorité prolétarienne » : ce vocable suranné ne parle plus qu’au dernier carré d’irréductibles.

            ... et figurez vous qu’il a un écho chez moi ce vocable car je suis dépositaire, moi aussi, d’une culture militante que m’ont légué mes parents, cependant plus lucide que vous ne l’êtes vous-même, manifestement.

            Cet héritage, précisément, doit être questionné et c’est ce que je me suis efforcé de dire : point ne suffit de rebaptiser le communisme d’ « irréel » pour s’exonérer de la critique de systèmes que l’on a considéré, alors, comme étant « réellement » du communisme. Sormann et consorts ont-ils beaucoup à envier dans toute leur mauvaise foi intellectuelle à un Quiniou, invoquant le communisme « irréel » pour refuser de voir qu’ils l’ont défendu, en d’autres temps, comme la réalité du communisme ? Les générations nouvelles ne s’y méprennent pas même si cela doit déranger un peu vos certitudes ...

            Je passe sur ce

            panégyrique de feu l’Union soviétique : « la volonté ouvrière était partout présente et (...) c’était le bien-être humain qui avait la priorité et non pas le profit ».

            Sans-doute les peuples ont-il ignoré leur bien être ou ont-ils été deux fois victimes : d’un système qu’ils ont massivement rejeté, de l’intervention impérialiste ensuite ... Il est regrettable que vous ne leur ayez pas expliqué plus tôt leur bonheur, nous aurions fait l’économie de la fin de l’URSS.

            Je crains que mon « charabia » ne soit surtout, sous votre plume, l’aveu d’un sectarisme et surtout d’une incapacité de l’intelligence, emmurée dans une forme passée. 

            Sans esprit de polémique, tout cela ne tient pas. Ma seule ambition est de poser des interrogations ... mais à ce niveau de blindage idéologique, aucune salve ne peut vous atteindre. Le problème, permettez moi de vous rétorquez, est que vous tirez aujourd’hui dans le vide.

            Adrien


            • Dwaabala Dwaabala 14 juin 2014 23:18

              @ Adrien

              Je ne comprends pas la forme de votre réponse.

              Ce que vous pensez de l’histoire de l’URSS est banal et éculé.
              Il y a dans le dernier numéro des Lettres françaises un article au titre fort critiquable (L’expérience soviétique revisitée), mais qui peut être une première marche pour commencer à sortir du consensus vulgaire.


            • CN46400 CN46400 15 juin 2014 09:00

                 La critique de l’URSS par la reprise, même sous une forme acidulée, des arguments bourgeois, n’apporte rien de neuf, et surtout rien de constructif pour faire advenir une autre dépassement du capitalisme que celui que les circonstances ont imposé à la Russie de 1917.

                Hors c’est cela qui me motive, et pas un alignement, même clinquant, sur les raisonnements poussiéreux du conservatisme capitaliste. En Occident, ce système, n’apporte plus rien de positif aux populations, les courbes des indicateurs vitaux, espérance de vie, mortalité infantile, sécurité de la vie, sont en train de s’inverser. L’Occident est gros d’un dépassement du capitalisme, comme en 1789 les Etats Généraux convoqués par le roi portaient, sans même que les principaux intéressés en soient conscients, la prise du pouvoir par la bourgeoisie. Les oripeaux mités de la féodalité devaient être balayés, ils le furent. 
                 Comment, aujourd’hui, passer du capitalisme tout puissant au capitalisme « constitutionnel », un capitalisme dont la surface d’exploitation aurait été drastiquement réduite ? C’est cette équation qui est posée aux prolétaires occidentaux qui constatent que, par rapport aux générations précédentes, la vie des jeunes générations va se dégradant. La réponse léniniste de 1917, et à fortiori celle, stalinienne, de 1927, sont hors-jeu. C’est d’ailleurs pour cela que la bourgeoisie cherche constamment à enfermer les prolos dans ces perspectives sans issues.

                 Jusqu’au capitalisme les changements de société se sont opérés par l’effet du seul pragmatisme, le plus efficace finissait, par l’exemple, par s’imposer. Désormais, l’espèce humaine est, grâce au capitalisme, si évoluée que c’est par le raisonnement, et la lutte consciente, qu’elle va devoir imposer le dépassement du capitalisme. 

                 C’est la raison fondamentale de l’existence de partis dits « communistes » se plaçant, délibérément dans une perspective raisonnée, et sans cesse progressiste, de l’évolution de la société humaine.

               

            • politzer politzer 14 juin 2014 22:20

              bonjour


              Selon Lénine le « socialisme » phase transitoire de l histoire conduisant au communisme c est l’électricité (le développement des forces productives) + les soviets ( la démocratie populaire) . Objectif : développer les forces productives dans des rapports de production nouveaux , révolutionnaires.
              La bonne question : pourquoi le Parti ( 10 millions de militants) à pris la place des soviets ? D’où ce résultat de la construction d’un socialisme POUR les masses et non Par les masses ? Marx Engels et Lénine ont été peu compris de leur vivant. On songe notamment à Lénine obligé de menacer de démissionner si l on n acceptait pas ses propositions !
              Le « Marxisme » est une science exigeante qui est très loin d avoir pénétré les masses et l on sait bien pourquoi. Et des dirigeants de l envergure des fondateurs du socialisme scientifique sont aussi rare qu’ Einstein ou Aristote ! 

              • claude-michel claude-michel 15 juin 2014 07:43

                heu...Groucho lui avait du talent...l’autre le barbu a tout raté avec ses idées « neuneu » que des générations de couillons encensent...La preuve de la dégénérescence de l’espèce humaine.. !


                • Adrien 15 juin 2014 10:06

                  La réaction à mon sens la plus intelligente est celle de M Polizer qui pose un vrai problème : comment un parti constitué a-t-il pu se substituer par son action, à la cause du peuple : cette problématique renvoie en définitive à l’exercice de la démocratie directe : chez nous les représentants nous représentent de moins en moins (cf. l’effet conjugué des taux d’abstention records et du vote à l’extrême de la droite). On voit ainsi que les problématiques posées dans les régimes supposés « communistes » ne sont pas toujours aussi éloignés des problématiques de la démocratie libérale, malgré les cris d’orfraie de l’érudition bien pensante ...

                   @ CN46400

                  Je passe sur le vocable stalinien de l’ « argument bourgeois » et sur les « raisonnements poussiéreux du conservatisme capitaliste », l’incantation adressée aux « prolétaires occidentaux » et pourquoi pas à « l’espèce humaine » - espèce humaine « si évoluée », paraît-il, «  que c’est par le raisonnement, et la lutte consciente, qu’elle va devoir imposer le dépassement du capitalisme ». Vous tournez en boucle et il vous suffit de l’affirmer pour vous en convaincre ...

                  Bref, vous psalmodiez pour ne rien voir des problèmes que je m’efforce, très modestement et en toute bonne foi intellectuelle, de poser (ce qui ne fait pas de moi un laquais de la « bourgeoisie » et de ses médias dont je m’efforce de ne pas cultiver l’étroitesse d’esprit : prenez garde de n’être pas le stalinien que vous conspuez, dans une rhétorique qui est une autre bien-pensance de la gauche, radicale celle-là).

                  Passé le cap de l’irritation que peuvent susciter ces interrogations chez les intégristes en politique, il reste que vous êtes plus cuirassé de certitudes que le Potemkine. 

                  PS : m’en direz-vous un peu + sur ce sigle : « CN » ? (Est-ce un symbole sectaire : attention à la MIVILUDES !)

                  @ Dwaabala  

                  Je note que vous me renvoyez mes propres expressions (« éculé ») avec, une originalité qui ne vous fait pas sortir de la« banalité » - nonobstant votre « originalité » autoproclamée ...

                  Je n’ai pas tant dit sur l’URSS au demeurant, que j’inclus dans une réflexion plus globale sur le pourquoi de l’échec (avez-vous une autre réponse, dans votre grande originalité, à faire valoir que « les luttes impérialistes » ; l’ « URSS vaincue » (par qui au fait : l’impérialiste ou ses propres peuples ? causes endogène ou exogènes ?)

                  Mais je suppose que vous avez déjà tranché tout cela à coup de concepts comme un char T2 à l’assaut des lignes ennemies ....

                  Le problème, à vous lire, est que le « consensus vulgaire », bien réel (je partage ce qualificatif) n’atteint pas que les tenants de l’idéologie dominante : il est aussi dans vos rangs, même très clairsemés : il ne suffit pas de dénoncer le monolithisme de la pensée dominante, relayée par les médias et tout ce que compte l’appareil d’Etat de serviteurs à sa solde, pour se donner pour « original ».

                  Je suis très surpris de ce tir nourri quand on se contente de vouloir interroger l’Histoire pour aller de l’avant. Vous faites du surplace. Avec un discours d’avant-garde vieux d’un siècle et demi.

                  Adrien


                  • CN46400 CN46400 15 juin 2014 11:02

                    Pour ma part je n’emploie que des mots dont j’ai découvert le sens dans le Manifeste qui a été publié bien avant la naissance de Staline. Quand au qualificatif de « stalinien », il ne sert plus, le plus souvent, qu’à vendre une soupe qu’on sait invendable sous sa véritable étiquette. Plus intéressant serait d’exposer votre vision du « stalinisme », et plus concrètement, de nous dire comment vous envisagez de faire reculer les pouvoirs de la bourgeoisie (mais existe-t-elle ?) sur la société !


                  • Adrien 15 juin 2014 13:58

                    Nous apprenons donc que vous avez lu le Manifeste et qu’il a été publié « avant la naissance de Staline ». Ces deux nouvelles en une, assurément, vont susciter l’émotion du lecteur. Ma « soupe » selon votre expression sera toujours moins refroidie que des vérités assénées à 150 ans de distance, nonobstant le Manifeste que vous offrez en gage de vos luminosités de pensée. Je veux croire que ce fascicule de 20 pages ne résume pas toute votre connaissance du marxisme ...

                    1 - Je vous cite : « La réponse léniniste de 1917, et à fortiori celle, stalinienne, de 1927, sont hors-jeu ». Je suppose donc que vous avez sur la question du stalinisme des lumières à faire valoir - sauf à considérer que omettez le contenu des mots alignés pour faire des phrases - lesquelles ne sont, en réalité, qu’une phraséologie révolutionnaire usée jusqu’à la corde. Je n’utilise quant à moi jamais le mot de « stalinien » pour légitimer, en creux, une pensée vide de sens. L’exercice de se dire anti-stalinien sert en effet aux érudits bien pensants pour louer le modèle dominant ... et, aussi, à la gauche radicale pour se donner une respectabilité. Il n’empêche : quand je me heurte à une orthodoxie qui déjuge pour « embourgeoisement » (cf. mes « arguments bourgeois »),ou qui fait procès à l’autre de ne pas afficher sa « véritable étiquette » au seul motif d’une discordance avec votre ligne à suivre, alors, oui, je pressens une pensée ossifiée qui catalogue au lieu de questionner, qui accuse au lieu de comprendre. Mon étiquette, puisqu’il vous faut le « label rouge », est celle du développement durable de la société socialiste, sans la triste redondance de « visage humain » (cf. mon article si vous vous êtes donné la peine de le lire avant d’invectiver l’ennemi de classe que je représente, je suppose, à vos yeux) ... et merci de ne pas m’attaquer sur le « développement durable » concept « bourgeois » pour réhabiliter les dégâts de l’industrie capitaliste : c’est une image si vous avez un peu de second degré, parfois, dans vos liturgies de penser.

                    2 - Pour ce qui est du « recul du pouvoir de la bourgeoisie » (autre phrase toute faite auquel seul votre dernier carré en tortue entend quelque chose).

                    Le problème n’est pas tant l’ennemi « de classe » que de considérer une autre réalité : le pouvoir de la bourgeoisie n’est pas exclusif, au moins, d’un espace de liberté concédé qui nous autorise, par exemple à échanger ici, que cela vous agréé ou non. En cela elle n’a pas plus démérité, la démocratie libérale « bourgeoise », que le communisme « réel », il vous faut vous y résoudre. Même si cela doit heurter votre catalogue révolutionnaire. Je veux dire que l’anathème « bourgeois » ne réhabilite pas le déficit démocratique des expériences du communisme « réel ». Il m’importe donc moins de faire « reculer les pouvoirs de la bourgeoisie » dans un idiome confinant, chez vous et chez ceux de votre obédience, à l’acte de foi, que d’inventer une forme démocratique nouvelle : celle que les tenants du communisme n’ont jamais su mettre en œuvre. Si vous n’en passez pas par cet examen critique, si vous soldez le débat en invectives et théorèmes sur le mode de vos certitudes établies vous resterez, à l’apogée de vos succès théoriques, des conspirateurs de l’ombre, réunis en sociétés quasi secrètes avec leur rites initiatiques et leurs connivences sectaires.

                    Pour finir, je vous concède que la réponse n’est pas toute entière dans mon texte. J’ai au moins voulu poser quelques vraies questions. Et vous ne les entendez pas. Quant aux solutions, vous les avez déjà, faute de savoir vous interroger.

                    PS : je suis toujours dans l’attente de la signification du sigle « CN », que vous affichez au revers de vos affirmations définitives.


                    • CN46400 CN46400 15 juin 2014 18:18

                       « le pouvoir de la bourgeoisie n’est pas exclusif, au moins, d’un espace de liberté concédé qui nous autorise, par exemple à échanger ici, que cela vous agréé ou non » 


                      La nuance entre la social démocratie et le communisme est toute entière contenue dans votre conception de cet « espace de liberté concédé » par la bourgeoisie aux prolos occidentaux alors que le communisme considère que les prolos occidentaux l’ont arraché à leur bourgeoisie. Ce qui constitue une première parcelle du pouvoir qui échappe à la bourgeoisie occidentale, en attendant que le reste de ce pouvoir, bien que protégé par les 700 bases militaires US, échappe, lui aussi, à la bourgeoisie occidentale. 

                      • Adrien 15 juin 2014 19:09

                        Me voilà à présent affublé des breloques du « social-traître ». Comment peut-on encore, en 2014, fonctionner sur de tels schémas de pensée ?

                        Pardon mais j’avais d’autant mieux compris cette nuance (« liberté concédé ») que je l’avais formulée ... avant vous  : vous voulez me donner des leçons de realpolitik là où bien évidemment, j’avais employé ce terme à dessein (il l’est aussi dans mon article si jamais vous l’avez lu ...).

                        Est-il utile, ensuite, que vous nous réexpliquiez que cela a été « arraché » à la « bourgeoisie » ? Au demeurant, je pense que vous vous trompez car la « bourgeoisie » - dans votre vocable de 2 siècles en arrière - a elle-même tout intérêt à faire vivre cet espace : il vaut mieux concéder un espace de liberté aux minoritaires que de les voir investir des formes d’action plus radicales, voire violentes. C’est ce que l’on dénomme la fonction « tribunitienne » du parti communiste en science po. La démocratie libérale peut ainsi se donner pour démocratique, même si tout concours, dans cet espace, à ce que cette radicalité là demeure à la marge et ne renverse pas l’ordre établi (forces conjuguées des médias, de la police, de la bureaucratie et au besoin de l’armée ...). out cela a été analysé mieux que moi et bien avant moi.

                        Mais cela ne doit pas empêcher de considérer une autre réalité car « les faits sont têtus » (là au moins je sais que vous savez de qui est la formule) : les régimes communistes n’ont pas fait mieux, que la démocratie libérale et même que la social-démocratie que vous honnissez, sur le terrain des libertés : quelle espace de « liberté concédé » dans ces régimes ? A moins que vous ne souteniez que le bonheur universel qui a pu y régner rende superflue cette liberté ....

                        En un mot : le problème est de concilier socialisme et culture démocratique. Je pense que vous pouvez persévérez, sans mauvais esprit, si j’en juge à votre sens critique. Manifestement, vous savez vous préserver du doute ...

                        Dois-je comprendre que les « 700 bases militaires US qui échappent à bourgeoisie occidentale » font grief à votre liberté de parole ? Moi elles ne m’empêchent pas de m’exprimer. Ni vous non plus d’ailleurs. Il faut sortir de tous ces manichéismes.

                        Adrien


                      • CN46400 CN46400 16 juin 2014 08:08

                        Où ai-je parlé de « social-traitre » ?


                        Par contre j’ai le droit, conquis de haute lutte par les prolétaires français, avec, en 1° ligne, les communistes, et leur ascendants de plusieurs siècles, de vous rappeler que la liberté n’appartiens pas, contrairement à leur addiction aux profits réalisés sur le travail d’autrui, aux bourgeois. Pas plus qu’à ceux qui la bordent dans tous nos grand médias que la bourgeoisie contrôle (ex : France Inter ce matin qui parle de la grève SNCF sans jamais donner la parole aux « grévistes jusqu’au-boutistes »dixit P Cohen) 

                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 15 juin 2014 19:54

                        Adrien,
                        Je crois que l’échec est la conséquence du remplacement d’une dictature par une autre, celle du Parti.

                        Aucune société ne peut fonctionner sans contre pouvoirs : des élections libres, des Partis d’opposition, des Syndicats indépendants, une presse indépendante, une Justice indépendante, des Associations, la liberté d’expression etc.
                        Ce bilan n’a jamais été fait.

                        Les pays qui sont en pointe dans le combat anti-impérialiste se réfèrent au socialisme, à une économie mixte, avec des secteurs stratégiques nationalisés, des accords de coopération entre Etats, mais aussi des entreprises privées, comme dans les pays d’Amérique latine de la CELAC.
                        Ils ne se réfèrent plus au communisme.

                        « IIe Sommet de la CELAC » avec 83 propositions.

                        « Le Venezuela, avant et après Hugo Chavez » par Asselineau


                        • CN46400 CN46400 16 juin 2014 08:13

                          « Ils ne se réfèrent plus au communisme. »


                          Que fait-on de du soutien de Cuba au Vénézuela, et de l’amitié évidente entre Fidel et Chavez ?

                        • Adrien 15 juin 2014 21:18

                          Fifi,

                          Je ne suis que partiellement d’accord avec votre analyse : le multipartisme, des élections libres, la liberté syndicale ne sont pas la garantie d’une expression démocratique : si tous les partis s’entendent sur l’essentiel - le consensus libéral dans le système capitaliste - et rejettent à la marge l’opposition à ce système, si la liberté syndicale ne peut accéder à une vraie forme de démocratie économique, si les élections « libres » se soldent par des records d’abstention ou pire par des votes de rejet ... alors, la démocratie est en panne. Les contre-pouvoirs, depuis Montesquieu (« le pouvoir arrête le pouvoir ») n’ont jamais compromis la forme dominante du pouvoir : le modèle libéral survit à nos alternances « gauche » - droite/droite-gauche depuis des décennies : ces contre pouvoirs par les urnes en sont-ils vraiment qui laissent toujours intacts l’essentiel ? Leur raison d’être n’est-elle pas là précisément ? Au point que les électeurs s’en lassent et vont voir du côté des Le Pen, dernier avatar de la démocratie libérale ... 

                          En un mot, je pense que la démocratie libérale est une forme d’expression démocratique. Pas le modèle ultime de démocratie. Ce qui ne fait pas de moi un inconditionnel de la bureaucratie socialiste.

                          La référence au socialisme pour ne pas dire « communisme » : oui pourquoi pas ... Je ne vais pas vous quereller sur les mots. C’est le contenant qui compte, peu importe le flacon. Je vous objecte tout de même que le Che par exemple, dont l’image reste très forte en Amérique Latine n’était pas « socialiste » et que Cuba a une très forte aura dans les pays d’Amérique Latine, de par sa faculté de résistance à l’ « impérialisme » américain. Bien davantage que chez nous où l’atteinte aux droits de l’Homme déjuge en permanence ce petit pays ...

                          Sans aller chercher si loin, nos socialistes à nous, n’ont plus grand chose à voir avec le « socialisme » si ce n’est un peu de rhétorique sociale dont ils s’affublent pour ne pas apparaître en sociaux-libéraux.

                          Pour finir je suis d’accord avec vous : le bilan du « passif » ... et des quelques acquis (si l’on admet cette hypothèse) des expériences dites « communistes » est à faire ; de même que celui des raisons de l’échec global.

                          Adrien


                          • CN46400 CN46400 16 juin 2014 09:21

                            Parmi les acquis n’oublions pas de ranger l’aide, inconsciente parfois, que le soviétisme sous toutes ses formes, par sa seule existence, à fourni aux peuples colonisés et aussi aux revendications des prolos occidentaux en effrayant les bourgeoisies locales. Par exemple les congés payés sont apparus en URSS avant d’être conquis en France....


                          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 juin 2014 06:58

                            Adrien,
                            Je ne parle pas de la démocratie ici dans l’ UE, nous sommes dans une colonie de l’ Empire américain qui a supprimé la démocratie.

                            Je parle de ce qui a manqué dans les Républiques populaires qui ont connu l’expérience du communisme, ou de ce qui a porté ce nom.
                            Quelle différence entre la STASI et la NSA ?

                            Sans bilan clair de ce qui a foiré, le stalinisme aura réussi à tuer l’idée de communisme pour les siècles des siècles, et ceux qui s’y réfèrent ne semblent pas pressés d’en tirer les leçons...

                            C’est à mon avis vers les pays d’Amérique latine qu’il faut se tourner pour nourrir cette réflexion. S’ils ne se réfèrent plus au communisme, il doit y avoir des raisons...


                            • Vipère Vipère 16 juin 2014 08:17


                              Le droit de grève à bon escient est un droit juste, mais tel qu’il est pratiqué par les cheminots, c’est juste une sale habitude !

                              • CN46400 CN46400 16 juin 2014 09:25

                                Encore une vision du capitalisme : les droits des autres sont toujours excessifs, les miens sont a peine normaux....


                              • PRCF PRCF 16 juin 2014 10:35

                                Pour notre part, PRCF, pôle de renaissance communiste en france, nous essayons de faire vivre une réflexion marxiste, en lien avec un action communiste.
                                Pour faire renaitre un parti communiste en france. Car de renoncement en abondon le tout pour coller au PS et à l’eurocommunisme, que reste t il de communiste dans la direction du PCF qui en oublie la lutte des classes pour la lutte des classes ?

                                De nombreux éléments de réflexions, pour une analyse marxiste du présent, sont disponibles sur notre site www.initiative-communiste.fr.
                                Et notre revue théorique Etincelles s’attache à produire une pensée critique, y compris sur les expériences socialistes des pays de l’est. Sans jeter le bébé avec l’eau du bain

                                Au delà, à titre personnel, je ne peux que conseiller la lecture des ouvrages du philosophe marxiste Georges Gastaud.

                                Notamment Mondialisation Capitaliste et Projet Communiste de 1997 qui tire le bilan de la défaite du bloc de l’Est, qui de manière prospective montrait de façon visionnaire ce qu’allait être la remondialisation, et pose les bases d’une pensée marxiste pour notre temps.

                                Sur d’autre sujet, Sagesse de la Révolution, Internationnalisme et Patriotisme, il y a beaucoup à apprendre de cet auteur qui bien évidemment n’est invité par aucun des média germanopratins.

                                @fifi : il se trouve que Cuba se réclame toujours du socialisme, et que le Vénezuela revendique bel et bien de construire le socialisme. Tout comme la plupart des pays de l’Alba.
                                les résultats des élections au Chili démontre également la vigueur du communisme en Amérique latine. Désolé pour vous, mais votre désir d’enterrer le communisme vous fait ignorer la réalité.


                                • Adrien 16 juin 2014 22:44

                                  Pôle de renaissance communiste en France ? Voilà autre chose ...

                                  Vous faites la pub de votre groupuscule en proclamant comme beaucoup d’autres ici votre attachement inconditionnel, votre fidélité à la lettre de l’Apôtre. Cela, je le crains, ne fera pas avancer d’un iota votre cause. Proclamer son intégrisme ne peut que vous faire passer pour un intégriste, au-delà du dernier carré dont vous êtes.

                                  Rejeter la ligne du PCF - dont je ne suis pas le promoteur, ne vous donne pas plus de légitimité : le questionnement que je pose - si jamais vous m’avez lu est celui du divorce entre la lettre et la réalité : où sont les causes de ce divorce ? Vous ne convaincrez pas en proclamant seulement votre rejet du PCF. Cela ne suffira pas à vous créer un statut ni une légitimité. Aux yeux de tous vous resterez une secte, englobée dans un tout : l’expérience communiste. Et vos incantations, de plus haute fidélité à la cause n’y changeront rien.

                                  Le mieux serait de réfléchir ensemble non ?


                                • lsga lsga 16 juin 2014 10:53

                                  Un article très long, dans lequel la pensée de Marx n’est résumée à aucun moment...

                                   
                                  Un beau résumé du gauchisme en France au 20ème siècle, cad : une belle étude de l’idéologie en France, mais absolument pas une approche matérialiste de la question. Bref : un article idéaliste bourgeois, en contradiction fondamentale avec les fondements de la pensée Marxiste.
                                   
                                  HEY :
                                   

                                  • Adrien 16 juin 2014 22:35

                                    Invoquer votre intégrisme marxiste ne vous rend ni plus intelligent ni plus pertinent. Après m’être fait traité de social démocrate (ou social-traitre c’est du pareil aux mêmes chez les intégristes) me voilà, à présent en gauchiste et « idéaliste bourgeois ». Il paraît même que je me suis livré à une étude de l « idéologie en France » ... Ah bon ? Je pensais que mon sujet portait sur le schisme entre l’expérience communiste ou réputée telle (le communisme « réel ») et la lettre marxiste (le communisme en « théorie » que ne veulent voir que les intégristes de votre confrérie).

                                    Je reçois toute critique mais proclamer sa fidélité à la lettre marxiste est un peu comme le croyant devant la bible ou la Torah. Si vous connaissez la Torah mieux que moi (?) , cela fait de vous, tout simplement, un esprit plus religieux que le mien. Or je n’ai pas de religion. Donc vous gagnez : vous êtes l’apôtre, le disciple de Quiniou en somme (pour comprendre il faudrait que vous m’ayez lu et, fait plus hypothétique encore, compris). 

                                    Bref, je ne fais pas compétition de qui est le meilleur perroquet de votre gourou : va pour vos « fondamentaux de la pensée marxiste » si cela fait du bien à votre égo ... tout onanisme intellectuel, après tout, n’est pas à proscrire : si cela vous met en ébullition, la société réelle continuera de tourner sans vous et vos certitudes établies.


                                  • coinfinger 16 juin 2014 11:39

                                    Le communisme c’est quoi ? Si on s’en tient à la formule de Marx c’est à ’chacun selon ses besoins’ . On est bien avancé avec çà ! C’est comme E=mc2 . Bravo voilà quelqu’un qui a tout compris . Et la fusion nucléaire ? la bombe on la fait comment ? Ben là pas de chance il faut renier Einstein faire de la mécanique quantique , quelque chose pour laquelle il n’existe pas de représentation cohérente et qui affirme qu’il n’y en aura pas . C’est génant ? Oui , un peu quand méme ...
                                    Marx c’est quoi ? Un théoricien .Qui connaissait en partie ses limites , quand un pb ne trouvait pas de solution théorique , il allait chercher un simple fait contradictoire aux conclusions théoriques , preuve de son matérialisme .
                                    Mais depuis le monde a suivi son cours et je dirai qu’en gros les prévisions du philosophe se sont réalisées mais d’une maniére inattendue et nos Marxistes continuent à descendre la pente en roue libre comme le suggére votre article .
                                    Prenons le cadre analytique de base de la société : superstructure , infrastructure , formes de consciences sociales , selon Marx . Qu’est ce qui c’est passé ?
                                    Accroissement du prolétariat , certes mais réduction comme peau de chagrin des travailleurs sachant utiliser leurs mains ( synonime d’ouvrier au temps de Marx ) , pire c’est dans la bourgeoisie qu’on les trouvent maintenant . Enorme developpement du tertiaire , robotisation ( méme en Chine , pour conserver sa compétitivité , 3e puissance mondiale sur la question ) . Les formes de consciences sociales : matérialisation et ’’infrastructuration’ . La superstructure ( l’état ) de plus en plus sur la touche du fait de ces nouvelles formes de consciences sociales , décuplées par leur internationalisme .
                                    Autrement dit nous y sommes ’au communisme’ .
                                    Pour ce qui est des ’libéraux’ méme aveuglement , en symétrique .
                                    C’est donc comme en physique , çà s’est fait , çà se fait mais sans représentation ’théorique’ . Est ce possible ? La preuve .
                                    Il nous en faut une quand méme . Bon , bien . Mais çà ressemble bougrement à un probléme Np-complet , la théorie , à mesure qu’on avance çà se complique encore plus vite . Quand on a une solution , on peut la démontrer , mais on ne sait pas comment la trouver ni méme , si c’est possible . On sait pas exagérer un peu les pouvoirs du politique et de l’idéologique ? C’est pas ce que Marx disait au fond ?


                                    • lsga lsga 16 juin 2014 11:43

                                      N’importe quoi, la phrase « à chacun selon ses besoins » n’est pas de Marx mais est issue de l’acte des apôtres. Sa reprise par les marxistes tient plus de l’acte de propagande vis à vis du prolétariat gavé à la religion plutôt que de la théorisation matérialiste. 

                                       
                                      La phrase clé de Marx c’est : Prolétaires de tous les pays, unissez vous !
                                       
                                      Son objectif est le renversement mondial de la bourgeoisie, l’abolition de la propriété privée des moyens de production, la gestion scientifique de l’économie. 
                                       
                                      Hey, pourquoi ne le lisez vous pas avant d’en parler ? 
                                       
                                      ça, ça se lit en 1 demi journée, et c’est destiné à un public d’ouvriers :
                                       
                                      ça, ça se lit en une journée, et ça redit peu ou prou la même chose mais pour un public un peu plus éduqué :
                                       
                                      Voilà, lisez ces deux là ce Week End, libre à vous ensuite d’être d’accord ou pas, mais au moins, vous saurez de quoi ça parle. 

                                    • jaja jaja 16 juin 2014 12:31

                                      « N’importe quoi, la phrase « à chacun selon ses besoins » n’est pas de Marx mais est issue de l’acte des apôtres »

                                      Tu ferais bien toi-même de relire Marx sans l’expurger de ce qui te dérange. Etre critique par rapport à la pensée de Marx n’est pas interdit...encore faut-il ne pas le travestir.... ensuite et ensuite seulement on peut voir en quoi on n’est pas d’accord avec ses concepts fondamentaux. Ce qui est ton cas... (et le mien mais c’est une autre histoire qui nous entraînerait un peu loin ici)... Je donne comme lien celui dont tu fais toujours référence sur Avox...

                                      « Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l’horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux : "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins". »

                                      https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm


                                    • lsga lsga 16 juin 2014 14:14

                                      Je n’ai pas dit : « marx n’a pas prononcé cette phrase », j’ai dit qu’elle n’est pas de lui, qu’elle a été utilisé pour des besoins de propagande, et qu’en aucun cas cette phrase ne permet de résumer la pensée communiste (en revanche, elle résume parfaitement bien la pensée chrétienne).

                                       
                                      PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS : UNISSEZ VOUS !
                                       
                                      voilà la phrase qui résume la pensée marxiste, et que visiblement, vous avez du mal à comprendre. 

                                    • coinfinger 16 juin 2014 13:01

                                      D’une maniére générale , je pense qu’il vaut mieux taper sur les ’libéraux’ que les Marxistes . Les premiers semblent gagner alors que la concentration des richesses et les restrictions de libertés pour les mémes raisons battent des records historiques , c’est à dire la ’socialisation’ des Marxistes qui déplorent n’y étre pour rien .
                                      Quand aux Marxistes je les perçois plutot comme des organes en régression dans cette société perçue à tord comme un organisme . Ils deviennent comme en biologie des glandes anti-poisons sans rapport avec leurs roles initiaux mais utiles quand mémes .


                                      • lsga lsga 16 juin 2014 14:24

                                        Marxiste et libéraux marchent côte à côte dans la même direction :

                                         
                                         
                                        Les libéraux, John Lock en particulier, sont les premiers à fonder la propriété sur le travail.

                                      • lsga lsga 16 juin 2014 14:30

                                        Abolition de l’État, abolition du salariat, libre circulation des richesses et des personnes à l’échelle mondiale, lutte contre la bureaucratie, contre le subventionnement de l’économie : c’est libéral ? Non, c’est marxiste. 

                                         

                                      • Spartacus Spartacus 16 juin 2014 14:05

                                        Quel gloubiboulga incompréhansible !


                                        « Communisme : système généreux, qui enrichit la population en l’appauvrissant, et rend l’homme plus libre en l’enfermant. » (Christian Millau)

                                        Explications simples pourquoi le communisme a toujours échoué et échouera toujours :

                                        1-La planification voulue par le communisme ne peut pas fonctionner car les ordres monocentriques (dirigés d’en haut) sont incapables de gérer la masse des demandes dans des sociétés polycentriques.


                                        2-Une économie socialiste est une économie sans prix. La vraie valeur des choses n’existe plus. Seule l’économie de marché est capable de de fixer le bon prix. Le prix est celui accepté à la fois par l’acheteur et le vendeur. Dans une économie socialiste, le prix « imposé » crée toujours dans la relation un satisfait et un frustré.


                                        3-Le communisme ne peut exister sans la violence. Pour qu’il existe il faut que l’ensemble des individus soient mimétistes et moutonniers au système imposé. Le communisme détruit l’individualisme qui le concurrence. Il s’oppose au refus du concentement. Le libéralisme fait fi des différences, sans recourir à la violence. Le communisme a créé 100 millions de morts de ses ressortissants. Il n’existe pas de référence de violences capitalistes de masse sur leurs propres ressortissants, autre que des guerres ou conflits.


                                        4- Dans les systèmes communistes, les personnes les plus capables ne voient pas leurs mérites reconnus et récompensés, et finissent par rejeter un collectif qui les exploite.


                                        5- Dans les systèmes communistes, la responsabilité est collective et pousse chacun à vivre aux dépens des autres. Elle conduit à la pauvreté généralisée. La pauvreté (faute de motivation à produire des biens et services) est le résultat inéluctable du communisme. 


                                        • lsga lsga 16 juin 2014 14:12

                                          Alors :

                                           
                                          1. Le communisme est contre la centralisation du pouvoir. En effet : abolir la propriété des moyens de production, cela veut dire que TOUT LE MONDE doit pouvoir participer à la direction économique, cela consiste à remplacer le suffrage censitaire des actionnaires par le suffrage universel mondial.
                                           
                                          2. Le prix est un outil pseudo-scientifique dépourvu d’intérêt. Le détachement entre « wallstreet » et « mainstreet » : voilà la cause des crises économiques. Il faut une gestion scientifique de l’appareil de production, c’est à dire exprimer sa modélisation non pas avec des « valeurs monétaires », mais directement en terme de quantité de matière première, d’énergie, et de compétence.
                                           
                                          3. Le communisme ne s’exprime pas sur l’individualisme, qui est une théorie éthique et morale. Le Capitalisme a fait plus d’un milliard de mort en 150 ans. 
                                           
                                          4. Dans le système communiste, 70% de la population est au chômage car l’essentiel de la production a été automatisé. Les gens se battent pour avoir l’honneur de travailler. Sinon, de leur côté, en tant qu’individus libres et indépendants, ils font de l’art, de la science, de l’artisanat ou du voyage POUR LE PLAISIR. 
                                           
                                          5. Le communisme correspond à un certain stade de développement technologique et scientifique : celui de l’automatisation de la production, de l’énergie libre, bref : de la surproduction totale, complète permanente, de l’abondance et de la gratuité. 
                                           

                                           


                                        • Spartacus Spartacus 16 juin 2014 17:03

                                          1-Tout le monde n’a pas forcement envie de participer à cette utopie...D’où violence.


                                          2-Une gestion scientifique.....
                                          Le prix est une valeur dynamique. l’offre et la demande varient constamment. 
                                          Hélas la bouteille d’eau vaut moins cher en France que dans le désert. Et dans le désert, celui qui a bu n’a pas envie de payer aussi cher que celui qui meurt de soif cette même eau. On a pas trouvé un ordinateur qui offre la même référence que l’économie de marché et c’est pas demain la veille. Le prix est une valeur dynamique. l’offre et la demande varient constamment. D’ou manque de repères Economiques.

                                          3-Le capitalisme n’est pas exempt d’avoir créé des conflits, mais n’a pas sur les mains les morts par génocides de ses propres populations...
                                          Le communisme est collectiviste. Le collectivisme est toujours détourné par des groupes de pression et ceux qui ont du pouvoir. Collectiviser des individus est un chimère.

                                          4-5-Helas, c’est bien mal connaitre l’homme et l’automatisme. La demande est dynamique, infinie et jamais rassasiée. L’abondance ne supprime pas la demande. Chaque progrès entraîne de nouvelle ouvertures de demandes. Le remplacement du cheval par la machine (automatisation), a entrainé des demandes accrue comme des voitures des camions etc... 
                                          L’automatisation est le moteur principal de la demande.

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