Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Un enseignement pour singes savants

Un enseignement pour singes savants

Une page du site Eduscol [2] propose des ressources pour la mise en œuvre du nouveau programme de mathématiques du lycée et son application à la terminale dès la rentrée 2012. Ces ressources sont trop ambitieuses pour l'horaire dont on dispose et la réalité de l'enseignement des mathématiques.

Bien qu’intéressantes du point de vue culturel, ces activités donnent le tournis. On y voit beaucoup de calculs, de listes de nombres, de copies d'écrans d’ordinateurs, et finalement tout un maelström qui met systématiquement l’accent sur le traitement brut de l'information numérique, l’exploitation de la puissance de calcul des machines, les statistiques, les TICE et l'expérimentation. C’est la mode actuelle et personne n’y coupe. Il s’agit encore et toujours de « placer l’élève au centre du savoir » et de l’amener à « construire lui-même ses connaissances », d’où une profusion d’activités qui engluent celles-ci dans une pâte informe et rendent finalement plus difficile l’apprentissage des savoirs scientifiques.

Bien évidemment, les buts affichés sont vertueux et personne n’osera critiquer le fait qu’il s’agit de « former l’élève à la pratique d’une démarche scientifique » et « mettre en œuvre une recherche de façon autonome ». Les compétences mises en jeu sont aussi louables et rentrent tout à fait dans le cadre de l’enseignement des mathématiques. Il s’agit de :

- Savoir mener des raisonnements,

- Adopter une attitude critique vis-à-vis des résultats obtenus,

- Apprendre à communiquer à l’écrit et à l’oral.

Le problème est ailleurs : il réside dans les méthodes adoptées et leur adéquation avec les volumes horaires autorisés dans les sections dites « scientifiques » qui, réforme après réforme, tendent à devenir beaucoup plus généralistes que scientifiques.

Dans l’idéologie dominante, le professeur doit s’effacer suffisamment pour se transformer en une ressource au secours des apprenants, sans jamais offrir un discours structuré sur les connaissances qu’il est censé enseigner. Le cours magistral a disparu depuis belle lurette du secondaire, mais on continue à vitupérer contre. Un anathème est lancé si un enseignant ose commencer un cours par autre chose que plusieurs activités d’introduction quand bien même celles-ci ne seraient pas nécessaires, et l’on recommande d’utiliser un vidéoprojecteur ou des travaux sur ordinateur pour projeter des images ou explorer des situations avant de commencer.

Tout cela a un prix : il existe des écueils qui inquiètent beaucoup les collègues du secondaire avec qui j’ai eu l’occasion de parler. Ceux-ci ne prennent pas le risque de dire tout haut ce qu’ils vivent sur le terrain, et s’autocensurent fréquemment car des sanctions peuvent toujours s’abattre sur celui ou celle qui serait un peu trop critique vis-à-vis des orientations prises dans l’enseignement des mathématiques. S’il doit tout faire pour développer l’esprit critique chez ses élèves, un « bon enseignant », tel un « bon petit soldat », doit savoir ne pas trop en abuser quand il s’agit d’instructions officielles qu’il est tenu d’appliquer, au risque de se retrouver mal noté, avec un emploi du temps à trous et des classes difficiles.

Le problème est pourtant sérieux car il engage pour des décennies. Pour atteindre les objectifs annoncés, la mode est de sans cesse recourir à l’expérimentation sur machine, à l’algorithmique et à la libre autonomie des apprentissages. Avec de tels choix, les écueils les plus importants sont le manque de temps et le manque de matériel, et le dégât collatéral le plus dangereux est la mise en adéquation du programme d’une discipline avec les impératifs numériques annoncés.

Le temps d’enseignement « en présentiel » est insuffisant pour que l’on puisse envisager autant de travaux pratiques sur ordinateur, à moins de supprimer l’acquisition de connaissances fondamentales. C’est ce que l’on a choisi de faire, sans état d’âme. Avec la réforme 2010, un élève de première « scientifique » se contente de quatre heures de mathématiques par semaine au lieu de six les années précédentes, sur un programme édulcoré, en adoptant une progression spiralée qui interdit au professeur d’aborder une notion et d’achever son étude en un temps raisonnable. La mode est à l’effleurage des notions sur lesquelles on est tenu de revenir ensuite régulièrement mais longtemps de façon imparfaite, et à l’étude de plusieurs notions en parallèle. Cette méthode ne permet pas à l’élève de se construire des repères fiables sur des questions simples qui posaient peu de problèmes dans le passé. Interrogés, les élèves préfèrent des cours progressifs et structurés qui exposent clairement les savoirs et qui vont droit au but.

Quant au matériel, il ne suit pas, et ne suivra sans doute jamais compte tenu du niveau irréaliste d’investissement que cela demande à la société pour atteindre des résultats extrêmement modestes. De plus, il ne faut pas oublier que le nombre d’élèves par classe influe directement sur l’efficacité des travaux pratiques, et que des classes à 37 élèves, comme cela se voit souvent, rendent illusoire tout bénéfice lié à une quelconque expérimentation en salle informatique où attendent seulement une quinzaine d’ordinateurs en état de marche.

Dans un cadre horaire insuffisant, l’irruption des travaux pratiques sur ordinateurs et d’activités longues de travail autonome apparaît comme une gesticulation pédagogique destinée à faire croire que l’on réalise de grands desseins. La réalité est que l’on se trouve dans l’incapacité de raisonner à partir de définitions rigoureuses pour démontrer des résultats fondamentaux parce que l’on n’a plus le temps de travailler les bases.

Voici un exemple. Avant les années 1980, un élève de terminale savait démontrer que la limite d’une fonction en un point était unique, si elle existait. Il pouvait démontrer que la fonction sinus n’admettait pas de limite quand x tendait vers l’infini. En cours, on lui démontrait les théorèmes généraux sur les limites, et il pouvait aborder la notion de dérivabilité des fonctions avec confiance et sérénité. Il possédait un avantage considérable sur l’élève d’aujourd’hui auquel on est tenu de ne donner qu’une définition vaseuse de la limite d’une fonction, et qui se voit incapable de démontrer quoi que ce soit dès qu’il s’agit de limites, à moins d’admettre une kyrielle de résultats, ce qui, en mathématiques, est parfaitement débilitant.

Je parle ici uniquement des programmes des sections scientifiques qui sont construits a priori pour des élèves qui se destinent aux métiers scientifiques. Je rappelle aussi que les mathématiques ne font plus partie de l’enseignement obligatoire proposé en section littéraire, ce qui place cette filière hors de notre propos.

Que dire des élèves qui veulent faire des mathématiques ? Où iront-ils ? Faut-il rappeler qu’en mathématiques, ne pas disposer d’une définition rigoureuse signifie que l’on est incapable de démontrer quoi que ce soit où intervient ensuite l’objet de cette « définition » ? En réduisant les mathématiques à des séries d’observations éparses qui ne donnent pas lieu à l’établissement et à l’exploitation de définitions rigoureuses et de théorèmes démontrés avec soin, on détruit tout ce qui fait la spécificité de cette science, on la gomme, et l’on empêche les élèves qui en ont les moyens de s’abreuver à cette source spécifique de connaissances. Bref, on fait de tout, sauf des mathématiques !

De l’ambition, il y en a trop dans les nouveaux programmes de mathématiques en section S du lycée ! Mais il a surtout l’ambition de montrer que l'on fait de grandes choses sans en avoir les moyens. On brasse des idées floues sans prendre la peine de donner des définitions précises, parce qu’on n’a pas les moyens de les comprendre. En mathématiques, ne pas avoir de définition précise revient à s’interdire de démontrer correctement quoi que ce soit. En ce début du vingt et unième siècle, on arriverait donc à faire des mathématiques sans faire de démonstrations et en admettant tous les résultats importants !

Cette approche « à la mode », imposée aux professeurs, est devenue tellement systématique qu’elle va jusqu’à déterminer le choix du contenu scientifique à enseigner. Certaines notions fondamentales, comme les barycentres, les similitudes ou le produit vectoriel, disparaissent complètement de l’enseignement dans les séries scientifiques pour laisser la place au traitement statistique des données, à l’échantillonnage, à l’estimation par intervalles de confiance et aux tests d’hypothèse. A croire que les mathématiques ne servent plus qu’à former des sociologues ou des analystes financiers. 

L’étude d’équations différentielles linéaires à coefficients constants du premier ou du second ordre, qui figurait au programme de terminale scientifique depuis des lustres, et permettait d’envisager des applications fondamentales en physique pour l’étude des phénomènes vibratoires ou de la radioactivité, a disparu du programme. A l’époque où l’on répète comme un gargarisme que le salut ne sera obtenu qu’en travaillant toujours plus l’interdisciplinarité, cette « interdisciplinarité » devient lettre morte lorsqu’il s’agit de sciences aussi voisines que les mathématiques et les sciences physiques ! Il y a de quoi rire jaune…

Les programmes de terminale S continuent cependant d’introduire l’exponentielle comme la solution d’une équation différentielle, dans l’unique but de pouvoir aborder l’étude de cette fonction en utilisant une activité sur ordinateur : il est ainsi conseillé d’utiliser un tableur pour obtenir la construction approchée de la courbe de la fonction y qui vérifie y’=y et y(0)=1 grâce à la méthode d’Euler. Une très belle activité, dévoreuse en temps, qui ne permet pas d’articuler l’étude de l’exponentielle de la façon la plus simple possible, et qui laissera aux élèves un drôle d’arrière-goût : celui que cette fonction bizarre est difficile à étudier et d’approche difficile. Ne pas chercher le discours le plus direct et le plus simple pour apprendre les mathématiques n’est pas une bonne solution quand on connaît la baisse des horaires d’enseignement dans cette discipline et la difficulté dans laquelle les élèves se trouveront plus tard à l’université pour « construire leur savoir » à partir des découvertes éparses qu’ils auront accumulées au grès des activités sur machines dont on les aura abreuvés.

Des scientifiques éminents, membres de l’Académie des sciences, avaient pourtant prévenu le ministère bien à l’avance de la dangerosité des choix effectués dans ces nouveaux programmes de mathématiques. Cela n’a servi à rien, et nous retiendrons que les décideurs ne sont pas à chercher parmi les scientifiques, et que la nation ne tient pas compte des avertissements de ses experts, ce qui est très inquiétant. Voici en quels mots ces experts parlaient du programme de terminale destiné à nos jeunes scientifiques :

« En ce qui concerne les programmes de mathématiques de terminale S, un examen détaillé des textes proposés révèle de graves insuffisances et incohérences. Les ambitions affichées dans le préambule (capacité à effectuer des recherches autonomes, à avoir une attitude critique, à modéliser) ne seront en aucun cas réalisables compte tenu des horaires assignés et des contenus proposés. On observe en plusieurs endroits l'abandon des définitions utiles et du formalisme minimal qui seuls pourraient permettre de conduire des raisonnements précis et argumentés. Ainsi en analyse, alors que la définition des dérivées est supposée déjà avoir été travaillée en classe de première, la notion de limite finie en un point n'est plus au programme, et toute mention de la relation avec la continuité a disparu. 

Beaucoup de définitions en appellent à de vagues intuitions et la plupart des résultats fondamentaux sont admis. Au lieu de recommander l'affermissement des capacités calculatoires des élèves, l'ambition affichée pour le calcul des dérivées se réduit à l'emploi d'une prothèse, à savoir l'usage de logiciels de calcul formel. La fonction tangente semble quant à elle avoir disparu des exigences. Au titre des graves incohérences, on constate la disparition du chapitre sur les équations différentielles, tandis que la fonction exponentielle continue à être introduite comme la solution d'une telle équation. Le chapitre sur les probabilités, qui ne paraît imposant que superficiellement, se voit privé de beaucoup des fondements nécessaires à son traitement et à sa compréhension : il vaudrait bien mieux en la circonstance cadrer davantage le contenu afin de pouvoir étudier la question en profondeur. La géométrie est hélas de nouveau le parent pauvre de ce projet de réforme ; ainsi, l'introduction des nombres complexes est amputée du support géométrique que constitue l'étude des similitudes, et le contenu de géométrie dans l'espace manque cruellement d'une vision d'ensemble. 

Le programme de l'enseignement de spécialité ne vient guère corriger ce tableau général médiocre puisqu'à côté des notions de décomposition en produit de facteurs nombres premiers ou de pgcd qui auraient pu autrefois relever du début du collège, on voit apparaître des propositions assez surprenantes sur le « modèle de diffusion d'Ehrenfest » ou les « marches aléatoires sur les graphes » dont l'intitulé fait plutôt penser à des recherches avancées de spécialistes... » [4]

 

Les enseignants et les élèves sont maintenant nombreux à pâtir des élucubrations d’un programme étonnant, improvisé dans la hâte et sans doute concocté par un panel de non-scientifiques non experts en enseignement des sciences. Dans ce même communiqué, on peut d’ailleurs lire ces paroles sages :

« La conception de nouveaux programmes ne saurait s'improviser en quelques semaines, et il serait très souvent souhaitable d'effectuer des expérimentations préalables dans des classes représentatives, suivies d'une analyse impartiale a posteriori par des experts et par le milieu enseignant. » [4]

 

Comment réagiront les élèves ? Auront-ils envie de faire des mathématiques dans ces conditions ? Ne seront-ils pas dégoûtés dans cette obligation de traiter sur machines des centaines de tableaux de nombres à des fins statistiques au lieu de comprendre ce que représente une notion ? Au lieu de disposer de la source précise des connaissances ? Pour qui les prend-on ?

Ces choix pédagogiques représentent beaucoup de tracas et de temps gaspillé pour finalement acquérir des connaissances et des compétences floues que l’élève devra préciser, seul et livré à lui-même, dans un chaos total pendant ses premières années d’université, si seulement il consent à s’orienter dans des études scientifiques. Un tel programme découragera beaucoup de « cerveaux bien faits » car il met l’accent sur la communication et la forme, en oubliant les contenus et le sens.

L’utilisation de machines de toutes sortes peut bien sûr rendre d’énormes services en mathématiques, mais seulement si cela est envisagé sans que l’on détruise les fondements de cette science et que l’on tienne nos jeunes esprits à l’écart des connaissances brutes. La priorité donnée à l’expérimentation, et le recours systématique à celle-ci dans un cours de mathématique, pose un véritable problème dont on apercevra les effets nocifs dans quelques années.

Sans des horaires importants, donc adaptés à ces velléités pédagogiques, il est préjudiciable de faire perdre du temps aux élèves. Que restera-t-il si les fondamentaux ne sont jamais travaillés et assimilés pied à pied ? L'élève assimilera les mathématiques à des traitements fastidieux de listes de nombres et à des tracés compliqués dont on n’a que faire, et changera de voie le plus vite possible. Nous ne lui offrons pas de « belles mathématiques », mais des mathématiques tape-à-l’œil qui fatiguent celui qui s'y lance. Or les universités manquent d’étudiants scientifiques [1].

Un document d’accompagnement des programmes en analyse [3] propose toute une série d’activités sur le thème du second degré, plus exactement, il s’agit de cinq séquences sur ordinateur pour tester des hypothèses et lire des réponses proposées par des élèves fictifs qui utilisent des méthodes variées sur des calculatrices ou des logiciels comme Geogebra et Xcas. Certains passages sont effacés et doivent être complétés. Ces activités à trous sont jolies et apportent effectivement quelque chose dans le cadre d’un travail d’approfondissement réservé à des volontaires qui auraient beaucoup de temps à y consacrer. Mais ces activités monopolisent cinq heures de cours de seconde pour finalement calculer une aire de triangle en fonction de x, et écrire un polynôme du second degré sous sa forme canonique, sans arriver à dégager de formule générale dont l’apprentissage est laissée à plus tard. Pourquoi tant de fatigue alors que des connaissances plus précises et plus générales peuvent être acquises en deux heures si l’on se permet d’exposer la « mise sous forme canonique » pour traiter le cas général et regrouper les résultats obtenus dans un théorème à retenir ? Il ne restera ensuite qu’à s’entraîner sur des exercices non TICE, et croyez-moi, celui qui choisira cette voie comprendra mieux, retiendra mieux, et saura qu’il possède un brin de connaissances « sûres ».

Non, nos élèves ne méritent pas autant d’acharnement numérique, simplement parce que l’ordinateur est devenu l’alpha et l’oméga de toute chose pendant quelques décennies, jusqu’à ce que l’on ait compris qu’il s’agit d’un outil formidable et exceptionnel si on l’utilise à bon escient. Que de complications inventées seulement pour justifier l’emploi de logiciels, et pour suggérer qu’il est impossible de penser sans logiciel. Le cerveau humain ne serait-il donc plus capable d’abstraction sans l’aide d’un calculateur ? L’enfant qui aura passé 5 heures à travailler sur ces activités sur les équations du second degré aura l’impression d’avoir achevé quelque chose de très compliqué réservé à une élite intellectuelle, et retiendra peut-être seulement que la factorisation d’un polynôme du second degré est une chose excessivement difficile que l’on doit laisser aux spécialistes chevronnés.

Sur une copie fictive d’élève proposée dans l’une des activités proposées sur (Eduscol1, 2012), on lit : « le résultat est monstrueux, je n’ai pas réussi à faire mieux, ça tourne en rond mais on voit bien qu’on peut simplifier… ». Oui, tout cela est monstrueux et c’est sans doute ce qui restera dans l’esprit des élèves : qu’en classe de mathématiques, on fait des choses monstrueuses pendant des heures interminables pour accoucher d’une souris. Pour des connaissances qu’il aurait été plus facile d’introduire directement !

C’est sans doute ce qu’a voulu me dire un élève de première de Guadeloupe interrogé en juillet 2012. Je conduisais en direction de Deshaies quand j’ai pris deux autostoppeurs. C’étaient des lycéens, lui, en terminales S, venait juste de passer les épreuves du BAC, et sa copine était en première S. J’en profitai pour leur demander ce qu’ils pensaient des heures d’accompagnement personnalisé au lycée, la nouvelle « tarte à la crème pédagogique à la mode ». Ils me répondirent que c’était une perte de temps, que l’on n’avait rien appris pendant ces heures, et qu’en mathématiques ils ne comprenaient pas pourquoi on perdait tant de temps à faire des activités longues et fastidieuses pour finalement arriver à un « tout petit bout de résultat » insignifiant. Ils rajoutèrent qu’ils préféraient beaucoup avoir une leçon claire sur le sujet que l’on devait connaître, en allant droit au but, au lieu de tourner autour du pot pendant des heures.

Ces élèves n’ont pas tort : à vouloir tout introduire par des activités avec ou sans ordinateur, on brouille le message jusqu’à le rendre incompréhensible. A sans cesse vouloir tuer le cours magistral et tout ce qui peut y ressembler, on dilue les connaissances dans un imbroglio inextricable sans fil directeur visible, ce qui doit finalement paniquer beaucoup d’élèves. Les mathématiques sont devenues encore plus difficiles que ce qu’elles étaient à force de vouloir les démocratiser, mais là, elles deviennent difficiles même pour les « bons élèves ». C’est affreux !

Quelle démarche scientifique veut-on donner à nos élèves ? La démarche expérimentale. On présente les mathématiques comme s’il s’agissait d’une science expérimentale où il y a une nécessité absolue de confronter la théorie avec l’expérience, d’où cette utilisation effrénée de tableurs, grapheurs et de logiciels de programmation pour valider ou non une hypothèse et en tirer des conséquences. L’idée de théories mathématiques développées à partir d’une axiomatique et utilisant des raisonnements logiques a disparu de notre enseignement, et nos nouveaux professeurs certifiés de mathématiques sont aussi maintenant choisis suivant de nouveaux critères qui privilégient une vision expérimentale de cette discipline.

On pourra bientôt dire que l’axiomatique a été découverte au vingtième siècle, et enterrée au vingt et unième siècle. L’essence et la particularité de la science mathématique seront dorénavant réservées à une élite, alors que beaucoup d’élèves du lycée possèdent les moyens de les comprendre. Pourront-ils attendre ? Comment réagiront-ils ? Auront-ils envie de faire les mathématiques qu’on leur propose ? S’orienteront-ils vers d’autres voies après le BAC ?

Toujours au sujet des nouveaux programmes : 

« L'effet des propositions soumises à la consultation, au-delà de l'incantation de quelques prétentions inaccessibles, sera surtout de réduire encore les contenus de mathématiques délivrés aux élèves. L'introduction de sujets nouveaux comme l'algorithmique ne peut se faire sans que l'équilibre global des horaires des différentes disciplines soit revu. Les horaires consacrés aux sciences sont aujourd'hui très insuffisants dans la voie scientifique du lycée. Il est également très regrettable que les mathématiques aient disparu de certaines séries littéraires qui restent pourvoyeuses de cadres de l'état ou d'enseignants généralistes. » (Communiqué/AS)

 

L’enseignement des mathématiques est en péril, et l’Académie des sciences nous avait bien avertis. 



[1] La chute des inscriptions en première et seconde année d’université en sciences physique a été de 47% entre 1995 et 1999, et de 20% en mathématiques comme on le voit sur (Ourisson, 2002). Voir aussi (OCDE/Forum mondial de la science, 2006).

[2] Ressources pour faire la classe au collège et au lycée. Eduscol, portail national des personnels de l'éducation. [En ligne] [Citation : 17 juillet 2012.].

[3] Ressources pour la classe de première générale et technologique - Analyse. Paris : MENJVA/DGESCO, 2012.

[4] Communiqué de membres de l'Académie des sciences à propos des propositions ministérielles de programmes de mathématiques pour la classe terminale, soumises à consultation en mars 2011. MégaMaths. [En ligne] [Citation : 19 07 2012.].

 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (35 votes)




Réagissez à l'article

83 réactions à cet article    


  • Lamouet 20 juillet 2012 14:31

    "Ceux-ci ne prennent pas le risque de dire tout haut ce qu’ils vivent sur le terrain, et s’autocensurent fréquemment car des sanctions peuvent toujours s’abattre sur celui ou celle qui serait un peu trop critique

    Mais que font les syndicats ?


    • jef88 jef88 20 juillet 2012 15:04

      j’ai vécu la « réforme » des maths de 1961 en seconde !
      cette année la les « maths-modernes » avec en particulier la théorie des ensembles ont surgis du CM la 2ème !!!
      transition ?
      NEANT !

      notre prof surdoué : agreg de maths à 23 ans nous a fait une « révision (?) » des programmes de CM à,la 2ème en une heure ........

      résultats : dans ma classe 55% d’échec au premier bac et à peu prés autant au BAC ....


      • JP94 20 juillet 2012 16:26

        Le Ministère de l’EN , pour justifier ses réformes à défaut d’autre argument , ressasse la même antienne : mettre l’élève au coeur du savoir .
        Mais ni les profs ni les chercheurs en pédagogie ni même les élèves ne sont associés .
        Et le point de vue de l’Académie des Sciences est à connaître .

        La finalité est peut-être de reproduire une élite , car il subsistera des lieux d’enseignement où les les élèves pourront réellement construire leurs savoirs et à terme , auront accès à des études solides . Au-delà des connaissances , la méthode-même de l’enseignement est formatrice pour l’élève . Acquérir une démarche scientifique se fait sur des années .

        La finalité est peut-être aussi d’être « euro-gabarité ». Mais au fond , c’est pareil .

        Les élèves eux-mêmes sont demandeurs de savoirs clairement construits . Ils perçoivent bien cette évolution dont on verra effectivement plus tard les effets .
        Il y a une certaine démagogie à prétendre adapter le savoir à tous en le galvaudant - comme si certains élèves étaient inaptes à apprendre , au lieu de choisir de former tous les élèves en y mettant des moyens .

        Réduire les horaires est dramatique ... un élève perdait déjà l’équivalent de 1 an de cours de maths entre la 6ème et la terminale par rapport à il y a 10 ans, du fait de la diminution horaire . Ensuite on peut bien mettre une cautère sur une jambe de bois et constater les lacunes .Sur le fond , la casse continue .

        Au niveau des profs , c’est partagé : tout le monde doit s’y plier et certains adorent ce tout numérique . Si on vient l’année d’après avec d’autres méthodes , on risque de passer pour un ringard mais surtout , le travail demandé peut s’avérer fastidieux : on écrit trop , on démontre au lieu de ... conjecturer . Il arrive que des élèves vous regardent drôlement quand on parle de l’utilité d’une démonstration . Alors qu’au delà des maths , c’est une démarche critique de la pensée qui se construit .

        Je me demande quel sera l’effet des suppressions par exemple des équa diff : déjà cela signifie une perte de connaissance générales pour qui ne feront pas d’études scientifiques , puis le sens des autres chapitres se perd . En mécanique , je me demande comment on peut faire quoi que ce soit sans .
        Et enfin , les élèves arriveront avec des lacunes et il leur sera impossible , s’ils ont simplement eu le programme officiel , d’assimiler le programme su supérieur . Et ce sera encore l’élitisme sélectif ...

        Le savoir théorique a été minoré au détriment d’un savoir plus ludique .


        • herbe herbe 20 juillet 2012 21:36

          Bonjour et merci pour cet article.


          Je cites une phrase qui me semble clé :
          « Le problème est ailleurs : il réside dans les méthodes adoptées et leur adéquation avec les volumes horaires autorisés dans les sections dites « scientifiques » qui, réforme après réforme, tendent à devenir beaucoup plus généralistes que scientifiques »

          Je serais plutôt d’accord avec vous en ce qui concerne l’avenir des sections scientifiques.
          Mais l’objectif qu’« on » veut atteindre ne serait-il pas d’aller vers des sections plus généralistes ?
          Je dis « on » parce que je connais pas qui prend les décisions, qui décide et fixe les programmes, il semblerait qu’il y ait eu là aussi pas mal de changements dernièrement ?
          Est-il prévu un processus d’amélioration continue ?

          Cet article provoque beaucoup de questionnement et je trouve dommage que dans ce domaine si important on passe à coté (encore !) de buts censés être vertueux...

          • herbe herbe 20 juillet 2012 21:44

            Ma curiosité étant un peu piquée au vif, j’ai fait une petite recherche pour tenter d’élucider le « on ».

            Et je suis tombé sur cet article qui présente le sujet pour une autre matière :

            au sujet du processus ça ne semble pas rassurant....(même ver dans tous les fruits)
            Il faudrait là encore s’attaquer à la cause racine....
            A suivre...

          • herbe herbe 20 juillet 2012 22:58

            Finalement, on toucherait la cause racine !!!


            Je garde précieusement, votre article, sous le coude, pour moi essentiel :

          • gaijin gaijin 21 juillet 2012 08:28

            « il y a une volonté de ne plus former »
            même pas !
            Il y a simplement une bêtise crasse de la classe dirigeante de notre société dans son ensemble,
            ces individus pourtant individuellement dotés d’un intellect a peu près en état de fonctionnement, sont a ce point aveuglés par leur obsession de la réussite personnelle et du maintient de leur statut dans l’échelle sociale qu’il adhèrent sans réserve aux plus imbéciles des dogmes....
            la déchéance est morale
            il faudrait un sociologue pour l’expliciter clairement ( si tant est qu’il ait une sociologie des élites ) mais quel que soit le domaine vous ne pouvez pas réussir si vous ne vous conformez pas aux dogmes .....les décideurs d’aujourd’hui ayant été formés dans les années soixante par des gens formés dans les années trente on en est toujours au même point ......
            a titre d’exemple :
            http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9mantique_g%C3%A9n%C3%A9rale
            les théories de l’ apprentissage et de la pensée sont obsolètes depuis un siècle
            on observe les mêmes problèmes que soit dans l’économie, l’industrie, l’histoire ....

            si on a l’impression de vivre dans une société sclérosée et décadente ( le terme moderne c’est : crise conjoncturelle ) c’est parce que c’est le cas


          • lloyd henreid lloyd henreid 21 juillet 2012 11:06

            @ Alain Colignon

            Ne perdez pas de vue que la science évolue. Elle tend à toucher des vérités qui sont de plus en plus complexes, poussées, sophistiquées. Hier à C dans l’air, une pathétique séance de blabla avec toute une pléthore de spécialistes (expliquant) tentant d’expliquer au pékin moyen ce qu’est le Boson de Higgs. L’humble profane que je suis s’attend à s’élever, mais ce qui me frappe au final, c’est qu’au-delà des métaphores censées m’éclairer (et qui pour l’essentiel, me laissent dubitatif), ces spécialistes ont une tendance très marquée à botter en touche dès qu’une question dépasse le champ de leurs compétences (spécifiques, voire étroites). On les sent passionnés, des calculs plein la tête, mais plus personne lorsqu’il s’agit de relier ça à un ensemble ou à une finalité. On s’en demande presque s’ils n’en ont pas oublié le pourquoi, la raison qui, au départ, motivait leurs recherches. (Enfin c’est comme ça que je l’ai ressenti, en tant que profane.)

            Je pense que tout ceci n’est qu’une question de perspective. À l’échelle d’une vie, c’est difficile d’aller vers une science toujours plus avancée et, en même temps, d’entretenir les savoirs les plus élémentaires. Du coup il y a, d’un côté, ceux qui (à votre instar) font le noble travail de « former » les élites, piochant dans la masse des savoirs élémentaires pour leur transmettre ceux qui leur permettront d’avancer ; et les « élites » elles-mêmes, qui oublient certes une grande partie de ces choses essentielles, les perdant de vue, mais faisant des merveilles avec celles qu’ils ont retenues. Si je dois prendre une « image » pour illustrer ceci, je dirais qu’un musicien peut soit creuser la partie théorique de son art (il deviendra alors compositeur ou chef d’orchestre), soit choisir de se consacrer pleinement à l’utilisation d’un instrument (devenant peut-être, à terme, un virtuose du violon ou de l’infiniment petit).

            Des deux, c’est l’enseignant qui a le rôle ingrat : au final, les gens ne retiennent que les avancées. S’extasiant devant la finesse de l’architecture, ils en oublient les fondations de l’édifice. C’est un mal de notre temps, et contrairement à Gaijin qui poste avant moi, je ne crois pas que notre classe dirigeante soit pourvue d’un « intellect a peu près en état de fonctionnement ». Ce qui guide le mode de gouvernance mondiale, ce sont les intérêts matériels et bien sûr économiques à court terme. C’est ce que le peuple demande, et si nos gouvernants jouissent de capacités intellectuelles convenables (propres à leur permettre de comprendre ceci), alors ils font preuve d’une irresponsabilité suicidaire en cautionnant.

            Si le domaine des sciences demeure assez spécifique (d’autres existent et sont aussi dignes d’intérêt), l’oubli des valeurs de l’intelligence d’un point de vue plus communément culturel ou philosophique, l’oubli du goût de l’effort et de la réflexion, l’obsession du confort, de l’argent facile et de ce qui repose la tête ; tout ceci n’augure que d’une crise et probable chute de civilisation qui, à mon avis, n’aura pas que la bêtise pour seule conséquence. C’est juste le premier symptôme d’une maladie qui ne manquera pas de dégénérer, comme cette toux anecdotique, puis chronique, qui finalement s’avère liée à la tumeur qui écrase votre poumon gauche...


          • gaijin gaijin 21 juillet 2012 12:27

            lloyd
            je partage votre point de vue mais j’ai parfois envie de leur laisser le bénéfice du doute .....
            quand à l’émission j’ai faillit la regarder mais je suis tombé a un moment ou un type en était a citer Saint Augustin pour finir par dire que de toute façon on était incapables de sortir de notre modèle de pensée..... Devant cette médiocrité j’ai été pris de vertige et de nausées
            symptômes qui ont cessés dès que j’ai éteint la boîte a décérébrer .....


          • Julien Julien 21 juillet 2012 12:51

            @lloyd henreid 


            Effectivement, le problème est aussi l’ultra-spécialisation des personnes, qui est nécessaire, au vu de l’explosion des connaissances, et aussi de l’univers des possibles dans les choix quotidiens en terme de loisirs (« Vais-je jouer à la console de jeux, ou envoyer des SMS à mes amis ? »). Sans parler de la connexion permanente aux autres via les moyens de communication modernes, qui fait qu’on est tout le temps dérangé ; cela résulte en l’incapacité de se concentrer durablement sur quoi que ce soit, sauf sacrifices personnels.

            Concernant l’ultra-spécialisation, je recommande vivement les textes de Jacques Harthong, ancien chercheur à Strasbourg, aujourd’hui décédé :


            Jacques Harthong a eu une profonde influence sur ma pensée.

            Cependant, cette ultra-spécialisation, cette montée de la société de loisirs, ne suffisent pas à expliquer l’indigence et l’ambition d’apparat affichée dans les programmes. Quand je lis qu’on veut enseigner la relativité restreinte en terminale S, sous prétexte que dans le cas d’une translation suivant un axe les formules sont simples, je rigole. La physique, ce n’est pas juste des formules mathématiques, même si « les mathématiques sont le langage de la physique » comme l’a dit Galilée. Derrière chaque formule, il y a des hypothèses de modélisation, des résultats de l’expérience prises comme axiomes (lois physiques), des lois comportementales, etc. Dans le cas de la relativité restreinte, le sens physique derrière les formules n’est pas simple du tout. Que pourront faire les élèves de terminale, à part utiliser bêtement les formules stockées dans la calculatrice ?

            Pour moi, voici des solutions possibles :
            * spécialiser plus tôt les élèves
            * se consacrer à un apprentissage mathématique solide (beaucoup d’heures, beaucoup de travail à la maison). Il doit être prioritaire devant la physique. Cependant, pas trop de formalisation jusqu’au bac. Se consacrer au calcul ! Inutile d’utiliser l’ordinateur, les élèves le feront très bien chez eux ; pour ceux qui n’auraient pas d’ordinateur, ils auront le loisir de voir l’aspect numérique et le calcul formel assisté en post-bac. Tableau noir, papier, crayon, travail. A l’ancienne. Cependant, il est impératif de maîtriser le calcul différentiel sur des vecteurs en cours de mathématiques ; il n’est pas acceptable que celui-ci soit vu en cours de physique.
            * un enseignement solide de physique CLASSIQUE jusqu’au bac (même pas la peine de mentionner les théories post-1900 ; elles devraient être réservées au post-bac). Utilisation des techniques apprises en cours de mathématiques.

          • xmen-classe4 xmen-classe4 21 juillet 2012 14:50

            c’est surprenant que des biologistes doivent manipuler ou paramétrer des lasers, en effet.


            tout triangle construit sur le diamètre d’un cercle et un point quelconque du cercle était rectangle
            Euclide est utile pour les géomètres, pas pour les physiciens.

            j’ai observé qu’il n’avait pas compris que la dérivée exprimait en tout point d’une fonction le coefficient directeur de la tangente géométrique en ce point. 

            c’est un peut le néolithique de la modélisation, l’utilisation des logiciels qui utilisent ces principes très particulié doivent coûter moins cher que leur enseignement.
            et le résultat serra vrai, utilisable et non pédagogique.

            mon médecin, je lui demande pas de connaitre la propagation d’ondes ni de savoir contourner un firewall pour obtenir les données confidentiels des usagés de la route.


          • cel54 21 juillet 2012 22:14

            La dérivée de x² est 0.


            Signé : un puriste...

          • Abou Antoun Abou Antoun 22 juillet 2012 09:42

            Cher Monsieur... l’enseignement en Europe est mort... la civilisation est perdue !
            C’est une réflexion que je me suis faite et que j’essaie de repousser pour ne pas céder au catastrophisme ambiant.
            Mais s’il faut un jour se résoudre à cette évidence (on y vient) une question restera sans réponse :
            Pourquoi ?
            S’agit-il du déclin normal d’une civilisation, s’agit-il des effets pervers de la société de consommation.


          • Julien Julien 22 juillet 2012 10:56

            Non, la civilisation n’est pas perdue, elle évolue, c’est tout :

            * vers plus de spécialisation
            * vers un remplacement de l’homme par la machine.

            L’idéal serait que l’homme développe certains attributs de la machine pour transcender ses limites en terme de capacités intellectuelles, et de durée de vie. C’est le thème abordé par AC Clarke à la fin de son livre (pas le film) « 2001, Space Odyssey » : il nous raconte que des hommes ont intégré des corps mécaniques, afin de transcender leurs limites, puis ont atteint l’immortalité en « intégrant la structure même de l’espace-temps ».

            Aujourd’hui, à mon avis, on est un peu bloqué, et voilà le vrai problème. Par exemple, pour assister à une vraie explosion de la robotique (qui finirait de détruire le travail tel qu’il existe aujourd’hui), il faudrait une source d’énergie portable et gratuite (pas des batteries électrochimiques ! Ni nucléaire, bien sûr).

          • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 30 juillet 2012 21:44

            @ Alain Colignon
            Je vous rejoins dans vos multiples réactions sur cet article. J’ai pris la liberté de citer votre intervention ci-dessus à la fin d’un nouvel article que j’ai intitulé « Enseignements scientifiques entre savoirs douteux et formules magiques », posté sur Agoravox. Bien cordialement,

          • benyx 21 juillet 2012 01:11

            De même, l’enseignement technique a discrètement disparu au profit de l’enseignement technologique avec la réforme STI2D (Sciences et Technique Industrielle et Développement Durable). On à profité de cette réforme pour faire des coupes sombres dans les lycées techniques (à ne pas confondre avec les lycées professionnels). Un véritable « carnage » pédagogique, les enseignants se retrouvent en classe avec 36 élèves, 2 profs à enseigner des matières qui ne sont pas leur spécialité. Pour cela les académies et le ministère ont mis en place un plan de formation en ligne de type e-learning : pairform@nce (http://national.pairformance.education.fr/). Mais les enseignants doivent subir cette formation en même temps qu’ils appliquent les nouveaux programmes, intenable. Pour vous donner un ordre d’idée de l’effort demandé aux enseignants, ils doivent connaître une quarantaine de logiciel (et non des moindres : Allplan, Solidworks, Mathlab, Freeplane ...) et enseigner la l’ architecture, l’électronique, l’électrotechnique, la mécanique et la productique... Quand on sait que l’enseignement technique demande de toujours s’adapter aux nouveautés, on voit mal comment un enseignant pourra s’adapter à tous ces savoir en constante évolution.
            En réalité on a cherché à économiser des heures profs et à gagner en flexibilité. Malheureusement, le prof n’a plus réellement de compétence et devient un animateur. L’élève, toujours au centre mais plus que jamais perdu n’apprend strictement rien. L’enseignement fondamental est « dé-localisé » en physique, une perte de repère de plus.


            • Julien Julien 21 juillet 2012 01:35

              C’est pareil pour l’enseignement de la physique. Un papier intéressant sur le sujet :



              (pour ma part, je ne suis pas prof, et heureusement).

              Il y aura toujours des physiciens de haute voltige, mais ils devront 
              travailler de plus en plus par eux-mêmes pour pouvoir y arriver. Donc leur 
              nombre diminuera. L’enseignement public continuera probablement à baisser 
              (sauf changement majeur), et personnellement je ne crois pas à un 
              enseignement privé de haute qualité (en tout cas, pas de manière 
              généralisée).

              Cela ne m’étonne pas, dans le sens où le nombre de choses à faire dans une 
              vie augmente (on peut passer sa vie à envoyer des SMS, à jouer à des jeux 
              vidéo, ou à regarder le sport à la télé), et que de plus en plus le robot et 
              la machine remplaceront l’homme.
              Des choses qui pourraient contrer ce phénomène sont un allongement notable 
              de l’espérance de vie (disons, fois deux), ou bien des techniques 
              d’apprentissage révolutionnaires (implantation des connaissances dans le 
              cerveau). Pour l’instant c’est de la science-fiction.

              • Dany-Jack Mercier Dany-Jack Mercier 21 juillet 2012 12:00

                @ Julien


                Merci pour ce lien qui permet d’avoir des exemples précis de ce qui se fait en sciences physiques. Je sais que cette discipline est aussi très attaquée avec les dernières réformes, et que son destin est très lié aux mathématiques.

                Une approche des phénomènes physiques qui n’utilise pas la puissance de formalisation des mathématiques est stérile. L’article que vous citez (http://ac.matra.free.fr/FB/physique.pdf) a le mérite de montrer comment on désire maintenant seulement habituer des étudiants de terminale à utiliser des formules admises, sans jamais les démontrer et donc sans savoir d’où elles viennent et comment elles se justifient. L’exemple donné de la recherche des positions des noeuds et des ventres d’élongation lors d’une superposition d’ondes est édifiant ! On parachute une formule qui est pourtant facile à comprendre si l’on cherche les distances qui maximisent ou minimisent l’amplitude de l’onde résultante. Cet article montre les deux effets de ce « culte de l’équation parachutée et admise » : l’utilisation de calculatrices/mini-ordinateurs pour charger des bibliothèques de formulaires sur internet pour passer le BAC, et l’utilisation de n’importe quelle formule qui semble permettre de répondre à la question posée, sans aucun recul. Un bel enseignement scientifique en perspective, et un mauvais tour que l’on joue aux élèves qui seraient capables de suivre un « bon enseignement » scientifique dans une filière raisonnablement centrée sur les sciences ! 

                Je profite de ce mot pour remercier beaucoup de lecteurs qui ont réagi avec a propos à mon article et ont su apporter des précisions intéressantes. Je n’ai pas le temps de répondre à toutes les interventions qui m’ont intéressées, mais je les ai lues ! Sans compter les points de vue différents du mien qui permettent de relativiser.

              • diverna diverna 21 juillet 2012 12:56

                Je réagis aussi à cet excellent lien. Je reviens sur mon assertion ci-dessous : je pense que cette évolution a été voulue et organisée : on en avait assez des petits génies qui foutaient la honte aux « chefs de classe ».
                J’ai noté ce passage dans le texte en lien : « Coïncidence : je me souviens avoir interrogé en »colle« une élève de mathématiques spéciales (BAC+2) précisément sur ce sujet : elle n’a pas vu comment s’y prendre. Pourtant, l’année précédente, cette élève avait refusé une place à l’école des Arts et Métiers. S’il est vrai que les exigences diminuent également dans le supérieur, il me semble toutefois que le décalage entre terminale et classes préparatoires n’a jamais été aussi fort ; à mon avis, la dévaluation du bac favorise les élèves des »bons lycées« , dont les professeurs peuvent se permettre d’imposer d’emblée des exigences plus sérieuses que celles du bac. »
                Par « bons lycées » il faut comprendre surtout grands lycées parisiens qui sont donc devenus une sorte présélection et ma fille venue de Cosne (Nièvre) est apparue comme une surprise. Le système des classes prépas est tout ce qui reste pour éviter l’effondrement total du niveau et ce n’est même pas connu car l’entrée dans ces classes ne fait l’objet d’aucune information dans les lycées (en province).


              • diverna diverna 21 juillet 2012 08:16

                Merci de votre article. je me positionne : 2 filles sorties récemment du lycée de Cosne (Nièvre) et je m’étonne de la description que vous faites (que je ne mets pas en doute ) car , à ma grande surprise dans les années 2000 mes filles, bonnes élèves en maths ont très peu vu d’ordinateurs au lycée et l’idée d’un petit script, juste pour illustrer le fonctionnement d’un programme paraissait d’un autre monde.

                Ce que j’avais aussi constaté c’est l’absence de démonstration, tout est admis. Mon ainée, brillante en maths a suivi en classe prépa où elle a « découvert » qu’il fallait tout démontrer. Ce qui pose la question du suivi si les programmes que vous décrivez se maintiennent.

                Se pose alors la question du processus décisionnel. Je suis entièrement daccord avec vous sur le fait qu’une base bien plus large serait nécessaire pour décider de l’enseignement de nos enfants, sur les propositions d’un petit nombre d’experts car il faut une cohérence. C’est incroyable mais on aboutit à des situations qui me rappellent les errements soviétiques du temps de la nomenklatura. La volonté de limiter au maximum le raisonnement me paraît motivée par le maintient dans les filières S d’ élèves jugés excellents ailleurs et que les mathématiques (du temps des raisonnements exacts) avaient le mauvais goût de ne pas porter aux nues. On ne veut plus que la capacité à raisonner juste s’ oppose à celle d’avoir une forte personnalité républicaine... et notre société va en crever. Je pense qu’il faut féliciter le(s) membre(s) responsable(s) des lignes critiques que vous citez.

                Que peut on faire ? Attendre que comme pour l’Euro, comme pour tout, les faits s’imposent ?


                • Julien Julien 21 juillet 2012 13:03

                  @Musima


                  «  »« 
                  Les véritables esprits révolutionnaires pensent hors des sentiers battus, utilisent leur cerveau en XXL, lisent et approfondissent leurs savoirs scientifiques mais également en philosophie, poésie, grands textes majeurs, haute littérature, théologie.... bref, tout ce que l’école moderne à viré de ses programmes proposés aux divers peuples lambda.
                   »«  »

                  Malheureusement, il y a un problème de temps, qui fait qu’on ne peut pas tout connaître, ni même s’intéresser à tout.
                  Pour ma part, je suis ingénieur généraliste au départ, avec une thèse plus appliquée. Mais j’essaie de creuser certains sujets à titre personnel depuis plusieurs années (en particulier, électromagnétisme), sur mon temps libre. Cela me prend un temps fou, et j’aurais bien du mal à travailler un autre sujet. Par exemple, j’aimerais m’intéresser à l’économie, vu l’importance du sujet, mais je n’ai pas le temps.
                  Les chercheurs sont forcément ultra-spécialisés, c’est un problème de temps et de capacité, comme le dit si bien Jacques Harthong :


                • gaijin gaijin 21 juillet 2012 17:38

                  julien
                  mais justement ce n’est pas autre chose !
                  electromagnétisme économie etc on est toujours dans le quantifiable et le raisonné .......
                  le fait même que vous n’ayez pas de désir en dehors de ce cadre est la marque d’un formatage de votre disque dur
                  la musique la peinture le chant la danse ......essayez autre chose n’importe quoi ....
                  vous verrez vos capacités de travail s’en trouveront décuplées une activité comme la danse par exemple ( pas le boum boum sous extasy ) permet d’améliorer le potentiel d’assimilation
                  sans compter que vous serez plus heureux ( mais comme ce n’est pas quantifiable naturellement vous aller vous demander quelle est la définition de ce mot )


                • cevennevive cevennevive 22 juillet 2012 13:40

                  Musima, bonjour !

                  Je crois que vous avez raison... Votre raisonnement, non seulement est juste, mais il ouvre une infinité de solutions à des problèmes actuels, qu’ils soient sociétaux, psychologiques, ou intimes.

                  Cordialement.


                • Mycroft 23 juillet 2012 14:40

                  Outre le fait que les « causes » relevée par Musima sont fictive (car justement, les humanité sont omniprésente dans l’éducation, la preuve en est que les classes dites scientifiques étudient obligatoirement ces humanité alors que les classes littéraires ne font pas de mathématique (dans le sens où elles ne font pas de démonstration logique et qu’elles apprennent par coeur les théorèmes, un peu comme une pièce de théâtre qu’on récite) ni de science), les conséquences supposées restent à prouver.

                  Car pour toute époque, un super génie n’est détecté qu’à titre posthume, souvent bien après son temps, puisque c’est à ce moment que la porté de ses travaux se révèle effectivement. De plus, résumé les capacité de nos scientifiques à des « manipulations de calculs informatiques » est grotesque. L’imagination nécessaire pour trouver des solutions techniques à des problèmes technique est considérable. Une démonstration de mathématique, notamment, nécessite une imagination débordante. L’auteur et ceux qui le soutiennent ont ils, une fois dans leur vie, œuvré de concert avec des scientifiques de haut niveau ?

                  A la décharge de l’auteur, il faut cependant admettre que l’influence de ces élites véritables est en baisse (puisque l’influence fonction de la naissance, incompatible avec l’élitisme réel, est lui en hausse). Les mathématiques modernes et le prétendu « scientisme » de la société n’y sont pour rien.

                  Le problème de la spécialisation est tout autre : les avancées des « génies » qui nous ont précédés, ceux non spécialisé, étaient, il faut l’admettre, des trivialités. Il était donc inutile de se spécialiser pour arriver à ces résultats. La liste de ces résultats « simples » (simples par rapports aux capacités d’un humain digne d’appartenir à la communauté scientifique, et non pas à celles d’un humain standard) a tendance, désormais, à ce réduire. Notre réserves de résultats expérimentaux est largement plus riche que précédemment, et un modèle nouveau nécessite d’être en adéquation avec l’intégralité de ces résultats (sinon, il est faux, puisque non conforme à la réalité). En conséquence, il est impossible de ne pas se spécialiser à l’heure actuelle.


                • Al West 21 juillet 2012 13:30

                  Il ne faut pas se faire d’illusions, les mathématiques théoriques au lycée sont mortes. Quand on sait que maintenant, même en filière scientifique, une fonction est continue quand on peut tracer son graphe sans lever le crayon, on croit rêver ! Et la fonction caractéristique des rationnels alors ?

                  Comme le dit bien l’auteur, toute la beauté des mathématiques est perdue au détriment d’une volonté absurde d’utiliser les logiciels informatiques alors qu’on ne sait même pas comment fonctionne un ordinateur. Non pas que cela soit inutile, loin de là, mais c’est absurde de vouloir faire de la simulation numérique alors qu’on n’a pas de maîtrise théorique.

                  L’intégrale des Bourbaki pour tout le monde dès la sixième, hop hop !


                  • Leo Le Sage 22 juillet 2012 08:21

                    @Par Al West (xxx.xxx.xxx.215) 21 juillet 13:30
                    Vous dites : « L’intégrale des Bourbaki pour tout le monde dès la sixième, hop hop ! »
                     smiley smiley smiley
                    S’il fallait offrir quelque chose d’utile, autant proposer les Chaînes de Markov.
                    C’est utile dans un grand nombre de domaines y compris l’économie.
                    Donc, d’actualité ...
                    Non ? smiley
                    [oui je sais sur le coup je suis impitoyable...]

                     
                    Cordialement

                    Leo Le Sage
                    (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


                  • xmen-classe4 xmen-classe4 22 juillet 2012 18:31

                    c’est juste assez de maths pour les faire croire qu’ils savent.

                    les personnes illogique, donc très attaché à l’affectif ou aux objets immobiles ne peuvent pas faire chercheur en mathématiques.

                    c’est là que je ne sait pas, vaut il mieux ne rien leur apprendre ? si ce sont des domaines professionnels qui ne sont pas le leur.
                    pourquoi continuer à former jusqu’à bac +5 des mathématiciens, s’ ils ont déjà pris de l’avance au collège et au lycée sur les juristes ?

                  • Denis Rezler 22 juillet 2012 18:45

                    A propos de maths j’ai posé une simple question à Léo le sage des élites suite à une de ses affirmations que voilà :


                    « En clair, si vous empruntez de l’argent à une grosse banque comme BNP Paribas, cette dernière ne peut pas garantir que les fonds sont clean.
                    C’est tout simplement impossible mathématiquement. »

                    Je lui ai donc demandé  s’il était possible de savoir quels sont les outils utilisés mathématiquement pour parvenir à cette conclusion.

                    Malheureusement, malgré son grand savoir, il en me diT qu’il n’y a pas de démonstration mais que c’est. Des maths sans démonstrations, sauf s’il s’agit d’un axiome, que part ailleurs je ne connais pas, je n’en ai encore jamais entendu parler. Se pourrait-il qu’il y ait une nouvelle école de pensée mathématique ? Dans le cas contraire, quelqu’un pourrai-il aider Léo le sage ?

                  • katakakito 22 juillet 2012 19:35

                    Inutile pour Leo. C’est est perdu d’avance. Déjà quand on se prétend sage d’emblée, il y a un problème.


                  • xmen-classe4 xmen-classe4 23 juillet 2012 11:38

                    Malheureusement, malgré son grand savoir, il en me diT qu’il n’y a pas de démonstration mais que c’est. Des maths sans démonstrations, sauf s’il s’agit d’un axiome, que part ailleurs je ne connais pas, je n’en ai encore jamais entendu parler. Se pourrait-il qu’il y ait une nouvelle école de pensée mathématique ? Dans le cas contraire, quelqu’un pourrai-il aider Léo le sage ?


                    une équation différentielle, lorsque la courbe passe par zero, l’emprunteur est en faillite.
                    pour des cas complexes comme ceux là, ceux sont les outils de modélisation qui sont démontré et le résultat éprouvé.

                    calculer la correspondance à V2 d’une personne lambda remboursant un prêt à taux X pendant Y années, en fonction de son chiffre d’affaire et de ses bénéfices est forcement simpliste et donc est impossible à démontrer.


                  • Denis Rezler 23 juillet 2012 11:48

                    Merci pour lui. Vous croyez qu’il aura bité quelque chose ? smiley


                  • Jean Umber 21 juillet 2012 13:34

                    Ce qui me semble vraiment dangereux pour la connaissance, c’est de faire perdre aux jeunes la notion de modèle mathématique et de leur faire croire que le calcul numérique représente la seule manière d’y accéder.

                    Le calcul analytique va être perdu et la notion de validité également.


                    • xmen-classe4 xmen-classe4 21 juillet 2012 14:13

                       « A croire que les mathématiques ne servent plus qu’à former des sociologues ou des analystes financiers. »

                      Meme en physique le « traitement statistique des données, à l’échantillonnage, à l’estimation par intervalles de confiance et aux tests d’hypothèse » est utile.

                      c’est très bien d’expliquer aux élèves que peut importe les compétences, l’obstacle premier face à l’embauche, reste l’argent.

                      je suis scandalisé par ce programme qui demande aux élèves du lycée de maîtriser bien plus de chose en 3 ans que les 4 années du collège et les 5 années du primaire, réuni. Comme si, l’etat avais construit le savoir des élèves.

                      de l’éducation des lycéens, dépend la nature des découverte futur, c’est pas simplement une question de note ou de confort.

                      les complexes pourraient être appris en même temps que la multiplication.
                      polynôme du second degré c’est pas grand chose si l’on ne connais pas le cercle identité et que l’on explique pas ses vertus pour des calculs des nombres complexes. les élèves savent un mode d’emploi,la belle affaire !
                      l’étude des similitudes pour expliquer les complexes ?

                      La géométrie est une pure perte de temps si l’on ne sait expliquer le choix des axiomes.

                      75% des mathématiques sont de l’informatique. mieux , l’informatique à désintégré les mathématiques qui étaient trop déterministe.


                      • diverna diverna 21 juillet 2012 21:09

                        Ce qui m’easpère dans cette réaction c’est celle du très bon (ancien) élève qui met sur un plan d’égalité des situations qui vont « planter » les élèves moyens, ou au moins leur donner un pseudo savoir. Ce que démontre l’article c’est qu’on n’apprend plus à l’élève à raisonner et, sauf quelques individus bénis des dieux cela s’apprend. Le document sur la physique complète bien le sujet développé pour les maths. Il est aberrant qu’on ait simplifié le nombre de cas de problèmes de telle sorte que les élèves peuvent apprendre , et même inclure dans leur calculatrice la solution du problème.

                        Les quelques remarques comme sur les similitudes pour la compréhension desnombres complexes ne sont pas importantes ; j’avais compris que l’interprétation géométrique des complexes n’est plus vraiment possible et je trouve ça regrettable mais un plus fort que moi en maths peut avoir une autre idée. 


                      • storm storm 21 juillet 2012 19:13

                        Bonjour,

                        bien que jouant le rôle du candide en mathématiques, ma réponse risque d’être un peu longue ;
                        une problématique telle que « l’informatique fait de nous des singes savants ? » étant de toutes façons un sujet conséquent en elle-même (note : mes coms sont dans l’ordre du texte)

                        « Quant au matériel, il ne suit pas, et ne suivra sans doute jamais compte tenu du niveau irréaliste d’investissement que cela demande à la société pour atteindre des résultats extrêmement modestes. De plus, il ne faut pas oublier que le nombre d’élèves par classe influe directement sur l’efficacité des travaux pratiques, et que des classes à 37 élèves, comme cela se voit souvent, rendent illusoire tout bénéfice lié à une quelconque expérimentation en salle informatique où attendent seulement une quinzaine d’ordinateurs en état de marche »

                        => aujourd’hui, chacun a du matos chez lui (ou accès à une bibliiothèque, cybercentre)
                        si les programmes utilisés sont disponibles partout, l’expérimentation personnelle (autodidacte) est très largement possible et ensuite, à l’école, on peut travailler à 2 sur un pc en implémentant des techniques qui marchent
                        Et les appliquer alors à des problèmes complexes, ou, dans le cas d’avoir 1 machine de dispo pour 2-3 élèves, en binômes/trinômes qui partage les mêmes vues (car il n’est pas question de débât à ce moment là ^^), semble ’régulier’ / efficace

                        = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = ==

                        La réalité est que l’on se trouve dans l’incapacité de raisonner à partir de définitions rigoureuses pour démontrer des résultats fondamentaux parce que l’on n’a plus le temps de travailler les bases.

                        => Ces définitions rigoureuse ne peuvent-elles se trouver dans les livres (travail ’à la maison’), et les heures de cours seraient réservées à l’approfondissement ? (sachant que si un élève bloque lors d’une bifurcation / interprétation, il peut mailer un prof pour qu’il le guide)

                        Je dirais aussi qu’évidemment le sujet appris devient là prépondérant sur les autres matières, et qu’un élève doué en maths / physiques ou math / biolo par exemple, pourrait progresser dans ses études avec un français écrit déplorable et des notions d’Histoire limitées (c’était le cas il y a 20 ans)

                        je ne suis pas pour l’élitisme, mais c’est peut-être, aujourd’hui, et pour la Recherche, de toutes façons, le plus adapté
                         
                        = = = = =

                        Je me pose aussi la question de la valeur pédagogique des ouvrages en mathématiques : on peut apprendre seul l’informatique (avec une part de ’trial and error’, soit :’essai et erreur’ et, implicitement, ’rectification et nouvel essai’ ), alors pourqoi un élève interessé en math et possédant des affinités dans ce domaine ne le pourrait pas ?
                        Du livre complet qui prend par la main, au fonctionnement théorique de l’ensemble, on trouve toujours chaussure à son pied dans la librairie informatique, est-ce une lacune de la presse ’maths’ ?

                        = = = = = = = = = =

                        Autre sujet (citation non-littérale) : ’la géométrie parent pauvre à l’heure de l’outil informatique’ ?

                        là, j’en perds mon latin (pardon pour la figure de style),
                        les programmes 2D et 3D permettant l’implémentation de sa propre pensée directement sous forme matérielle (c’est à dire en visualisation écran imprimable par exemple) sont légion, (sans même parler de l’étude / création de langes de promrammation adaptés à vos besoins spécifiques) :

                        même plus la peine de se servir d’un rapporteur, il de savoir ce qu’on veut ! (angle, ’calcul trignométrique’ (je suis candide : p ) ou autre truc du même accabit)
                        = = = = =

                        Pour finir (merci de votre article : ),je vous cite dans votre utilisation de l’informatique par les élèves

                        « Ne seront-ils pas dégoûtés dans cette obligation de traiter sur machines des centaines de tableaux de nombres à des fins statistiques au lieu de comprendre ce que représente une notion ? »

                        c’est marrant car c’est justement ce travail dont l’informatique est supposée décharger l’humain : )

                        Nous prendrait-on pour des c*ns au gouvernement (je passe sur les lobbys en haut et les médias en-dessous :->

                        bye, smiley

                         


                        • xmen-classe4 xmen-classe4 21 juillet 2012 20:32

                          « on peut apprendre seul l’informatique »

                          c’est un peut compliqué à résumer mais un utilisateur qui sait se servir de sa télécommande ne sait pas forcement la réparer ou la modifier pour l’améliorer.
                          c’est pas au prof de math de donner des cours d’info, ils doivent simplement utiliser le pc pour dessiner des graphes avec des tableau de donné pré remplis.

                          peut être mathlab, ça émule a peut près tout ce qui est scientifique.

                        • Julien Julien 21 juillet 2012 21:17

                          @xmen


                          Je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire ; je veux simplement préciser qu’il s’agit de Matlab, et pas Mathlab, d’une part ; d’autre part, il existe des alternatives libres, au code source ouvert, gratuites, qui marchent aussi bien pour la plupart des usages :

                          * Python + Scipy + Numpy + Matplotlib. Eventuellement ipython à la place de Python.
                          * octave
                          * scilab
                          * etc.

                          Matlab n’est pas gratuit, loin de là.

                        • Abou Antoun Abou Antoun 21 juillet 2012 23:04

                          @ Julien
                          D’accord avec vous sur l’alternative proposée à Matlab. L’ensemble des bibliothèques mathématiques développées autour de Python est très riche et centré sur un langage universel parfaitement structuré. Python permet de voir des objets mathématiques comme des objets informatiques, donc d’une certaine manière de les incarner.
                          D’accord aussi avec l’auteur qui est parfaitement compétent. Son article est un peu technique mais le contenu n’échappera pas à tous ceux qui s’intéressent tant soit peu aux sciences et à leur enseignement.
                          L’outil informatique me semble utile a posteriori (et non a priori), il doit suivre une formalisation rigoureuse, dont l’introduction peut être justifiée par des exemples, mais dont on ne peut faire l’économie. Ce même outil permet de prendre en considération de nombreux points que l’enseignement ’classique’ laissait dans l’ombre, mais cela doit venir en complément d’une présentation franche.


                        • Leo Le Sage 22 juillet 2012 08:27

                          @Par Julien (xxx.xxx.xxx.4) 21 juillet 21:17
                          « Python »
                          Très bon langage de programmation. Il y a des bibliothèques en langage C qui sont excellent aussi...
                          Vous utilisez quel système d’exploitation pour le faire fonctionner ?
                          Vous avez déjà essayé Maxima ? smiley

                          @Par Abou Antoun (xxx.xxx.xxx.202) 21 juillet 23:04
                          Vous dites : "D’accord aussi avec l’auteur qui est parfaitement compétent. Son article est un peu technique mais le contenu n’échappera pas à tous ceux qui s’intéressent tant soit peu aux sciences et à leur enseignement"
                          Ca manque un peu de texte technique sur AV, donc il vaut mieux.
                          Pour ceux qui sont largués, ce n’est pas grave... Ce n’est pas une honte.
                          Lorsque je suis largué en histoire, je provoque des rictus d’hilarité... smiley

                           

                          Cordialement

                          Leo Le Sage

                          (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès