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Accueil du site > Actualités > Technologies > Expansion de l’univers, énergie noire et quintessence

Expansion de l’univers, énergie noire et quintessence

Continuons ici notre petit tour de la galerie des bizarreries qui font trembler les modèles standards de la physique et de la cosmologie, en abordant la question de l’expansion de l’univers. Les astrophysiciens se sont rendu compte, grâce à des observations de supernovæ menées dans les années 1990, que l’expansion de l’univers s’accélère depuis quelques milliards d’années. Ce phénomène est en principe prévu par la relativité généraled ‘Einstein sous la forme de la constante cosmologique ou “énergie sombre“, mais la valeur observée de cette accélération est supérieure de 120 ordres de grandeur à la valeur théorique, soit 1 suivi de 120 zéros, ce qui commence à faire beaucoup pour une science supposée exacte.

Comment expliquer une telle différence ? En revoyant fondamentalement la nature de la constante cosmologique, ou énergie sombre, par le prisme de la “coïncidence cosmique”. En effet, il se trouve qu’aujourd’hui la densité de cette énergie sombre a la même valeur que ladensité critique de l’univers. Cette densité a bien sûr évolué au cours du temps, à l’époque de la formation du système solaire elle était plus importante, et dans 4 milliards d’années elle sera, normalement, encore plus faible qu’aujourd’hui – alors même que la constante cosmologique, toujours dans le cadre de la physique actuelle, ne change pas par définition. Il est donc intéressant sinon surprenant de constater la grande similitude de ces deux valeurs à notre époque, de l’ordre de 10 exp -29 g/cm3.

Mais si l’on part de l’idée que cette correspondance de valeurs n’est pas accidentelle mais reflète une réalité intrinsèque de l’univers, il faut alors accepter la notion de “constante cosmologique variable”, plus connue sous le nom d’hypothèse de la quintessence. L’hypothèse de quintessence propose donc de considérer des variations de ce qui ressemble à l’énergie du vide et qui produit les phénomènes d’énergie sombre comme l’accélération. Mais qui dit énergie sombre dit, par définition, impossibilité d’interaction directe entre cette énergie (qui n’existe pas du point de vue de la matière “normale”) et la matière, donc elle ne peut exercer son influence que par le biais de modifications des constantes fondamentales (gravitation, électromagnétisme et interaction nucléaires). Mais, problème : ce type d’interaction violerait le principe d’équivalence sur lequel la relativité générale est construite.

Les paragraphes entre [] sont tiré du site Astronomie et Mécanique Céleste

[ Ce principe d’équivalence exprime que toutes les formes d’énergie, électromagnétique, nucléaire et même gravitationnelle produisent toutes de la même manière de la gravitation. Autrement dit, elles "tombent" toutes de la même manière. Par exemple, ce principe établit que du plomb, de l’or, de l’uranium, des êtres vivants (ou l’électromagnétisme et les forces nucléaires assurent la cohésion) et des corps gravitationnellement liés comme les planètes ou les systèmes planétaires tombent identiquement de la même manière dans un champ de gravitation extérieur. Cette généralisation à toute la physique, due à Einstein, de l’expérience apocryphe de Galilée où celui-ci aurait laissé tomber du haut de la tour de Pise deux objets en plomb et en liège et serait arrivé à la constatation qu’ils tombent de la même manière.

Si à présent, en vertu de l’interaction quintessence-matière, l’intensité de la gravitation varie, ce principe n’est plus vrai : deux corps liés gravitationnellement n’auront plus la même énergie de liaison gravitationnelle ni dans l’espace ni au cours du temps et ne tomberont donc pas de la même manière ! ]

La cosmologie et la physique sont aujourd’hui au seuil d’un probable profond remaniement de leurs conceptions. La théorie des cordes (objets élémentaires s’enroulant dans un espace-temps à plusieurs dimensions et dont les vibrations engendrent les particules) ouvre la possibilité à une violation de ce principe d’équivalence. 


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26 réactions à cet article    


  • Pyrathome pyralene 1er octobre 2010 15:03

    Passionnant tout ça.....
    Que pensez-vous de cette théorie de « l’univers électrique » , il faut avouer qu’elle est bien séduisante, cela résoudrait bon nombre de problème, non ?


    • Julien Julien 1er octobre 2010 22:07
      L’auteur de cette page « univers électrique » ne semble pas être un ignorant.
      Cependant, on lit quand même des choses étranges :

      « Les rapprochements de planètes amènent la puissance électrique à générer des arcs entre les planètes et les lunes. Tous les corps rocheux dans le Système Solaire montrent les énormes cicatrices des ces arcs électrique »

      Il sous-entend donc que par exemple la Lune est chargée positivement, et la Terre négativement (juste un exemple).
      J’attends avec impatience qu’on montre un arc électrique entre deux planètes !
      La tension nécessaire pour avoir un arc électrique entre deux corps célestes est ... énorme (vu la densité de matière faible dans l’espace, donc des collisions peu probables). Il faudrait chercher un peu pour l’estimer quantitativement. Si l’on comparait alors à la force de gravité, à mon avis, on trouverait une force électrique entre planètes, supérieure à la force de gravité. Mais il faut faire les calculs pour en être sûr. (chercher sur « Paschen’s law », etc.)

      « Ainsi ils pensent au déplacement des particules chargées du Soleil comme à un « vent » au lieu d’un courant électrique. Ils pensent aux particules chargées tombant sur une planète ou sur une lune comme à une « pluie » au lieu d’une décharge électrique. »

      Enfin, l’inertie existe, c’est ce qui légitime la vision « pluie ». La vision « pluie » est tout à fait adaptée pour l’explication de l’émission thermionique, l’émission photoélectrique, ou l’émission secondaire, qui n’ont rien à voir avec un courant électrique, puisqu’elle ne nécessitent pas de différence de potentiel électrique. En tout cas, pour l’émission thermoionique, cela paraît certain.

    • ffi ffi 2 octobre 2010 08:06

      @pyra
      Moi aussi j’aime bien cette façon de relier entre eux les phénomènes cosmiques. C’est intelligent.


    • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 1er octobre 2010 17:07

      @Pyralène

      J’avais jeté un oeil la-dessus voici 2 ans et j’en parlais dans un paragraphe de ce billet de 2008 http://rhubarbe.net/blog/2008/08/23/big-bang-ou-pas-big-bang/ qui étant en partie basé sur la discussion pointée par votre lien. 
      Je n’ai pas vraiment d’idée construite la-dessus pour l’instant, j’aimerai par exemple savoir s’il y a un lien avec l’énergie libre dont parlait Tesla. Avez-vous des liens plus récents sur ce sujet ? En tout cas le concept est a priori séduisant.

      • ffi ffi 2 octobre 2010 08:23

        Je ne sais s’il y a un lien avec Tesla, mais :
        - l’univers est considéré empli de plasma (à vrai dire tout le monde le sait).
        - le plasma tend à s’assembler en cellules (domaines) aux propriétés équivalentes, protégé par une double-couche (en : double-layer), cf longueur de Debye
        - le vent solaire est considéré comme un courant électrique.
        - Le Soleil est considéré comme étant d’un potentiel électrique très fort (d’où le vent solaire qui s’en échappe).
        - Des courants électriques galactiques (courants de Birkeland) convergent vers le Soleil et « l’allument »
        - Le moteur Solaire ne serait pas interne (fusion), mais externe (courant de Birkeland galactiques), la fusion s’opérant dans les couches externes surchauffée comme la photosphère.
        - La terre (et tout astre) est elle aussi à un potentiel électrique assez élevé, telle une anode secondaire.
        - Les courants électriques vont d’astre en astre.
        - Les comètes, en traversant rapidement des zones de potentiel différent, sont le siège de violents arcs électriques.
        ...
        Ils réinterprètent tout en terme d’électricité.


      • herbe herbe 1er octobre 2010 22:14

        Au fait vous connaissiez cette piste très prometteuse de Horava ? :

        http://philoscience.over-blog.com/article-a-la-recherche-du-temps-horava-57911138.html

        Pour faire vite aller au dernier chapitre « Le temps de Pietr Horava »

        Il y propose une théorie de l’espace temps qui parait-il fait un buzz formidable en ce moment ...

        A suivre ...


        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 1er octobre 2010 22:45

          @Herbe,

          Merci du lien ! Suite à une première lecture superficielle, n’y a t’il pas un lien de parenté avec la théorie présentée l’autre jour sur http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/nouveau-modele-cosmologique-sans-82065 et la variance de la constante G ?

        • herbe herbe 1er octobre 2010 23:17

          C’est connexe.
          Horava a en fait pour résumer (trop ?) rapidement, supprimé la symétrie de Lorenz dans les équations d’Einstein et de plus réalisé une autre modification : il a donc donné au temps une direction préférée. Une fois ces changements réalisés, il a découvert que la théorie quantique des champs pouvait décrire la gravitation à des échelles microscopiques sans donner les résultats absurdes obtenus lors des autres tentatives. Ce qui semble résoudre par ricochet donc le problème des valeurs inutilisables pour G aux très petites distances (où la relativité générale doit tenir compte des fluctuations quantiques de l’espace-temps qui affectent les objets observées).

          Le point commun et convergent des deux approches est donc de résoudre ce problème de G (constante gravitationnelle) mais les méthodes sont différentes ...


        • ffi ffi 2 octobre 2010 09:19

          « Bricoler » les équations pour tenter de relier celles qui sont incompatibles, consiste à opérer au niveau symbolique, sur le langage écrit. C’est tout-à-fait similaire aux pratiques de l’Alchimie qui, plutôt de réfléchir en partant de la réalité, opérait à partir de sa symbolique.

          L’esprit d’une telle pratique, c’est de croire que les symboles contiendrait quelque information cachée, qu’il faudrait découvrir, et pousse à confondre entre description symbolique donnée historiquement et réalité. Or les descriptions symboliques ont été produites pour représenter fidèlement certains phénomènes, pas plus.

          Opérer au niveau des symboles n’est rien d’autre que pratiquer une alchimie des équations.

          La physique, c’est relier des phénomènes du monde réel entre eux, puis mettre au point une symbolique représentant les liens découverts.


        • herbe herbe 2 octobre 2010 10:08

          Je suis d’accord avec ça.
          C’est même à tout les points de vue nécessaire que le modèle colle avec ce qu’on peut observer ou expérimenter (c’est ce qu’on peut appeler la validation en attendant mieux car on peut avoir encore mieux en validation selon la granularité).

          D’ailleurs sur ce point le LASER est un exemple emblématique

          Mais justement si on veut progresser il faut honnêtement aussi admettre qu’il existe des problèmes de plusieurs nature.
          Un exemple est que plusieurs hypothèses théoriques en compétition peuvent attendre longtemps la validation expérimentale ou d’observation qui va permettre de départager et de garder celle qui colle.
          Mais il y a aussi le fait qu’une même hypothèse théorique n’est pas suffisamment aboutie ou dont la construction est incomplète, l’observation va permettre de mieux la parfaire (ça ressemble à du bricolage, mais toute construction du savoir est dynamique ...)
          Alors je rappelle quelques ingrédients qui peuvent grandement aider : savoir remettre en question un dogme (souplesse d’esprit qui s’apparente au surf, hérétisme), sérendipité, et pensée latérale


        • herbe herbe 2 octobre 2010 10:19

          Donc pour résumer simplement par rapport à votre dernière phrase ffi, oui pour votre ordre des étapes, vous avez simplement omis les nombreuse boucles d’itérations...

          Et puis aussi qu’on pourrait imaginer (ça se fait déjà comme méthodologie à partir du quantique) une méthode qui inclut tout et ne sépare plus le modèle de ce qu’il permet de représenter (réel et symbolique ne ferait qu’un) : c’est la MCR comme prolongement dans la vie de tous les jours.
          Cela touche au débat actuel du réalisme, de l’essence en science : un débat intéressant qui aborde ces sujets :
          http://www.automatesintelligents.com/interviews/2009/gondran.html


        • ffi ffi 2 octobre 2010 10:29

          Deux théories en concurrence (sur des faits) non démontrées doivent être considéré pour ce qu’elles sont : des théories. Le mieux est de n’en privilégier aucune (au niveau social) et de laisser la plus grande liberté à chacun de les éprouver.

          Pensée latérale ou universalité ?
          Leibniz (Monadologie)
          ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
          56. Or cette liaison ou cet accommodement de toutes les choses créées à
          chacune et de chacune à toutes les autres, fait que chaque substance simple a
          des rapports qui expriment toutes les autres, et qu’elle est par conséquent un
          miroir vivant perpétuel de l’univers (§ 130, 360).
          57. Et, comme une même ville regardée de différents côtés paraît tout
          autre
          , et est comme multipliée perspectivement ; il arrive de même, que par la
          multitude infinie des substances simples, il y a comme autant de différents
          univers, qui ne sont pourtant que les perspectives d’un seul
          selon les différents
          points de vue de chaque Monade.
          -------------------------------------------------------------------------------------------------

          La pensée universelle a eu de biens beaux résultats et il est fort dommage qu’elle fut oublié en chemin.


        • ffi ffi 2 octobre 2010 10:37

          Il est rigoureusement impossible de croire qu’il puisse exister un modèle symbolique qui soit inséparé du réel, puisque l’homme est un être lui-même séparé de l’univers. Quand il l’évoque, il le fait avec ses propres mots.

          Le seul modèle symbolique qui puisse représenter l’univers entièrement, n’est autre que l’univers lui-même, en action. Il est amusant de constater que l’univers en action contient en son sein des êtres qui ont la capacité de discourir symboliquement sur lui-même. A travers nous, l’univers se juge, se décrit, se calcule lui-même ! Etrange univers.


        • herbe herbe 2 octobre 2010 11:13

          sur le point de vue des théories en concurrence c’est bien cela et normalement c’est l’exercice de la science.
          J’aime bien comme ce que nous propose l’auteur pouvoir connaitre les théories en présence (en gardant en tête le conditionnel et leur aspect hypothétique), une façon subtile de de privilégier une théorie est de garder les autres dans l’ombre, donc on a même plus la liberté de les éprouver ...

          Sinon pour la pensée universelle (qui n’est pas sur le même plan que la pensée latérale, celle ci permet de bousculer les dogmes et idées toute faites pour innover) je pense que vous pourrez garder espoir parce qu’il me semble que la MCR la remet au premier plan ( ex : http://www.automatesintelligents.com/echanges/2009/mar/mcr.html )


        • herbe herbe 2 octobre 2010 11:15

          ffi, à propos de votre expression d’étrange univers et de votre réflexion , continuez .... smiley


        • ffi ffi 2 octobre 2010 14:41

          Merci. En fait, cet univers il est trop bizarre. Comme si, du fait de nos propres consciences, l’univers prenait conscience de lui-même. J’avais écrit ceci, il y a quelques temps.

          ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
          L’homme est dans l’univers.
          L’homme peut transformer l’univers.
          Donc, l’univers, au moins par le truchement de la vie, peut se transformer lui-même.

          Quel étrange univers ! Serait-il ... vivant ?

          Ces quelques phrases m’ont longtemps fait réfléchir et j’y pense encore. Formuler le fait de la vie de cette manière, en relation de son contenant, semble indiquer que la vie est intrinsèque à l’univers, qu’elle est présente dès le départ. Hyugens avait déjà soutenu que la vie était un phénomène cosmique. Leibniz lui-même considérait la matière « comme étant un lac plein de poissons, mais d’une subtilité qu’on ignore ».

          De même, on pourrait bien imaginer qu’il existe une vie incommensurable, galactique, que l’on ne devine pas, l’infiniment grand étant aussi difficile à cerner que l’infiment petit.

          Pourrait-on définir la vie comme une propriété d’auto-transformation de l’univers ? Si tel était le cas, aurions-nous les outils mathématiques, physiques pour modéliser une telle hypothèse ? La physique modélise selon des formes géométriques, souvent ponctuelles, auxquelles sont associées une grandeur scalaire pertinente selon le contexte (inertie gravitationnelle, inertie électrique, inertie magnétique) : c’est ce que j’appellerais Objet. Or, un point muni d’un scalaire permet-il d’envisager une chose capable de se transformer d’elle-même et de transformer autrui ?

          Prenons le cas d’un homme : on peut le modéliser comme ayant un taux de croissance durant l’enfance. Mais il est difficile de pouvoir estimer combien de temps durera cette croissance. Il faudrait pour cela faire des mesures des taux d’hormones de croissance en son sein. On peut quantifier sa force de travail, mais cela ne nous donnera aucune information sur l’idée qui le pousse à travailler et sur quoi il opérera. il nous faudrait alors essayer de comprendre le personnage, sa psychologie, sa façon de réfléchir pour tenter d’atteindre cette compréhension.

          Le vivant ne se laisse pas si facilement cerner !

          Le modèle qui pourrait être proposé, en imaginant l’univers vivant dès l’origine, est le suivant, c’est ce que j’appellerais un Sujet. L’Être minimal à considérer est fait d’une peau, il est plongé dans un métabolisme externe et il est sujet à un métabolisme interne. la peau étant le lieu de transition entre les deux métabolismes, là où le métabolisme externe influence le métabolisme interne et là où le métabolisme interne influence le métabolisme externe.

          Par exception, je considèrerais l’univers comme le seul Être sans peau et seulement doté d’un métabolisme interne. Le système solaire est lui-même doté d’une peau, l’héliopause, lieu où interagit le vent solaire et les rayons galactiques, il est sujet à la gravitation et au vent solaire en interne. La terre est elle-même dotée d’une peau, la ionosphère, et elle est sujette aux divers métabolismes chimiques, physiques et biologiques. L’homme, l’animal, le végétal sont eux-mêmes dotés d’une peau et sujet à métabolisme cellulaire. La cellule est elle-même dotée d’une peau, une bi-couche lipidique, là où s’opère les échanges avec le milieu extra-cellulaire.

          Les cellules sont elles-mêmes constituées d’organites plus ou moins indépendants et pour les eucaryotes d’un noyau cellulaire abritant l’ADN.

          Au niveau social, on peut aussi considérer une société comme un Sujet, protégée par une frontière linguistique, culturelle et religieuse, siège d’un métabolisme interne (économique, culturel, social), dans un un métabolisme global (échange internationaux). C’est le Sujet de la Nation.

          On perçoit très clairement, dans un tel modèle, que si la peau ne peut pas soutenir la pression du métabolisme externe, alors le Sujet se réduit à néant. Si, au contraire, la peau ne peut soutenir la pression du métabolisme interne, alors le Sujet s’étend infiniment. Globalement la peau est le lieu, l’entre-deux, de deux métabolismes qui se compensent exactement, id est, harmoniques entre eux. En effet, s’ils ne se compensaient pas, la peau ne pourrait jamais se former et le Sujet serait indétectable.

          Si toute action du métabolisme externe sur la peau du Sujet produit un élément compatible avec la survie du Sujet étudié, il survivra, tandis que si le résultat de l’interaction du métabolisme externe sur la peau du Sujet étudié produit un poison, alors le Sujet périra.

          Il faut considérer la peau telle qu’elle interagit avec le métabolisme externe pour produire un élément du métabolisme interne, ce qu’en théorie des systèmes on pourrait modéliser par une fonction de transfert.

          En réduisant l’idée, je dirais que pour un Sujet le signal externe est transformé en signal interne par sa peau. Autrement dit, par sa peau, le Sujet perçoit. Pour l’animal, si ce signal est bon, il en aura l’appétit et voudra s’en emparer, mais s’il lui semble mauvais, il en sera dégoutté et voudra le fuir (notion bien / mal)

          En formulant autrement, je peux dire aussi que là où il y a une peau, il y a convergence entre deux métabolismes.
          ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
          ... etc...

          Ca reprend en partie le système logique de la monadologie, en y injectant quelques notions et phénomènes découverts postérieurement, faisant le lien avec la théorie de l’Univers électrique, la biologie digitale (Benveniste).

          J’envisage le métabolisme interne à un sujet de nature plutôt « électrique » (quoique c’est plutôt ce qui s’en échappe lorsqu’il est perturbé de l’extérieur). Le Sujet possèdent un mouvement objectif doté d’inertie, mais connaître un Sujet nécessite de se mettre dans sa peau, ce qui influence nécessairement son métabolisme interne, d’où certaines incertitudes.

          ...

          Mais ceci n’est pas un réflexion physique valable aujourd’hui, elle n’est pas publiable, parce qu’elle ne contient aucune équation...


        • herbe herbe 2 octobre 2010 16:04

          Merci beaucoup pour ce développement ;

          J’y reconnais beaucoup de concept de la théorie des systèmes en effet (fonction de transfert ...).

          C’est déjà une ébauche de modélisations basée, je synthétise (?) sur une notion d’entité (sujet) en relations avec d’autres (interdépendance ...), entité-relation.

          Ne vous inquiétez pas encore pour les équations à ce niveau de votre réflexion, le langage naturel peut suffire, après en effet si c’est possible on peut utiliser un langage plus formel.

          Mais alors et c’est là ou je veux en venir il faudra aussi réfléchir en amont sur l’origine de nos signes et nos différent outillages conceptuels, l’apparition du sens, remonter , remonter ...
          On retrouvera les travaux de linguistes et de logiciens (Godël).
          C’est pour cela que je m’intéresse à la conceptualisation relativisée (ce mot est important) et plus généralement à l’usage des langages appliqués à la représentation de ce que les sens croient percevoir du monde extérieur...


        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 3 octobre 2010 20:02

          @herbe

          C’est pour cela que je m’intéresse à la conceptualisation relativisée (ce mot est important) et plus généralement à l’usage des langages appliqués à la représentation de ce que les sens croient percevoir du monde extérieur...
          Sujet passionnant ! Vous publiez la-dessus ?

          • herbe herbe 3 octobre 2010 22:10

            Vous trouvez aussi !

            En fait le lien que j’ai donné sur la MCR en donne un bout.

            Cherchez aussi sur automatesintelligent et ensuite Mioara Mugur-Schächter

            c’est un travail en élaboration dont Baquiast a déjà fait plusieurs introductions et 1 résumé :

            http://www.editions-bayol.com/PMF/ch1s5_1.php

            Maintenant ce que j’aimerais pourvoir faire sur la bases d’exemples le pratiquer au quotidien.

            Je pense que les politiques les journalistes etc ... feraient bien de s’en inspirer au lieu de balancer des lieux communs à longueur de journée


          • ffi ffi 4 octobre 2010 16:56

            Le génie de l’idée, c’est qu’elle sait se conformer à la réalité.
            Le problème d’une méthode, c’est qu’elle oblige à y conformer ses idées.

            L’idée, en suivant une méthode, ne comprendra donc de la réalité, que ce qui est déjà postulé silencieusement à priori par la méthode. L’illusion sera de croire que l’on y trouve une vérité, alors que l’on ne fait qu’y retrouver la méthode initiale. Ce faisant, la méthode croit se prouver elle-même. C’est en fait aller vers un raisonnement intrinsèquement circulaire.


          • ffi ffi 4 octobre 2010 17:17

            Pour mieux expliquer :
            methode du grec
            meta +
            hodos
            qui suit + chemin

            l’Idée a la capacité de « suivre le chemin de la réalité », c’est-à-dire de découvrir la méthode avec laquelle la réalité s’organise, en reliant divers faits ensembles à l’aide de concepts abstraits.

            Si l’Idée veut suivre une méthode idéale, elle ne fait que se conformer à poursuivre cet idéal (ce qui est une idolâtrie). C’est une façon de s’illusionner sur la réalité en la regardant au travers d’un prisme idéologique, décidé à priori, celui de la méthode présentée comme chemin d’accès à la vérité.

            L’idée, pour être rigoureuse, doit toujours être analogue à la réalité qu’elle veut décrire, c’est-à-dire se conformer à la méthode du réel (= suivre fidèlement le chemin de la réalité).


          • ffi ffi 4 octobre 2010 17:26

            La méthode pour faire de la science ne peut donc consister à suivre une méthode idéale, car l’on ne fait alors que suivre le chemin qui consiste à suivre un chemin préétabli par un idéologue. La méthode n’est pas de suivre une méthode... mais de découvrir la méthode qu’emploit le réel pour exister.


          • ffi ffi 4 octobre 2010 17:31

            Se contraindre à suivre une méthode n’est rien d’autre qu’accepter de se laisser endoctriner.


          • herbe herbe 4 octobre 2010 21:29

            En réponse à votre argumentation un extrait d’introduction à la MCR de Baquiast :

            "Tout cela permet d’obtenir un canon général de description, utilisable dans n’importe quel domaine. Il repose sur le postulat de la non-possibilité de confronter la description avec un réel en soi ou réel métaphysique quelconque. Il débouche par contre sur une « description relativisée   », individuelle ou probabiliste, à vocation inter-subjective, c’est-à-dire partageable par d’autres Fonctionnements-consciences, à travers ce que MCR appelle des Descriptions relativisées de base Transférées. La somme de celles-ci devrait correspondre à la somme des connaissances scientifiques relativisées que grâce à MCR nous pouvons obtenir sur le monde."

            Si vous faites attention aux mots c’est vous pourrez faire la nuance et la part des choses, j’ai déjà dit et j’insiste le terme relativisée est très important comme il l’a été pour une autre
            grande théorie de la physique...

            Vous pourrez noter au passage qu’on peut retrouver des sujets et de l’inter-subjectif ... (ce ne serait pas pour vous déplaire il me semble ...)


          • herbe herbe 4 octobre 2010 21:39

            Et au final lisez ce que tente de vous dire MMS :

            http://www.mugur-schachter.net/recherches_fr.html

            Dans sa profession de foi à la fin on perçoit bien tout le potentiel de la MCR qui n’enferme pas mais au contraire s’ouvre à des potentiels de jonctions énormes...

            Et d’autant plus qu’elle aussi voit très bien l’écueil que vous énoncez avec ses propres mots et cet écueil elle veut l’éviter justement je cite :

            "Mais je suis également convaincue qu’elle n’est possible que par une voie purement méthodologique qui ne règle que le déroulement des processus de conceptualisation, pas les contenus de ces processus.

            Notamment, toute voie d’unification qui tente de mélanger une représentation conçue initialement comme une réponse spécifique à telle ou telle situation cognitive et problème particuliers, avec des représentations qui impliquent d’autres sortes de situations cognitives et de problèmes, me paraît être vouée à l’échec.

            De même, me paraît être vouée à l’échec toute tentative d’accomplir une unification dotée d’un degré non négligeable de généralité, mais qui serait conduite en état de cécité méthodologique.« 


            Et elle conclut par :

             »Seule une méthode de conceptualisation générale et appliquée communément, peut viser à organiser la pensée humaine d’une manière qui conduise à une unification qui soit universelle et profonde nonobstant la variété illimitée que nos interactions cognitives avec du « réel » induisent irrépressiblement dans nos représentations d’ « entités réelles », et sans nullement violer cette variété"


          • ffi ffi 4 octobre 2010 23:18

            C’est très formel, j’ai dû mal à comprendre en fait. Si j’ai fait des études scientifiques, je pratique plutôt la philosophie actuellement. Je préfère aussi les textes d’un style fluide, avec des mots simples. Là, le texte utilise des concepts très pointus dont je n’ai pas toujours la définition, et agencés d’une manière assez peu littéraire. Quand j’écris, il y a une mélodie sous-entendue. Là, c’est heurté. Ça me fait mal à la tête. Je ne pense pas ainsi.

            La voie que j’ai choisie, personnellement, est celle d’un « révisionnisme historique ». Etudier l’invention du calcul différentiel, comparer les différents formalismes utilisés dans les diverses branche de la physique afin de clarifier ce qu’ils représentent exactement. Cela permet de suivre une démarche historique, ce qui a l’avantage de commencer par clarifier les concepts les plus simples. Manifestement, la physique a « explosé » en autant de branches et autant de formalismes différents.
            ...........
            espace 3D / vecteurs (mécanique, électromagnétique)
            espace complexe (électricité, ondes)
            espace 4D / tenseurs (relativité)
            espace de Hilbert / vecteurs d’états (MQ) + complexes
            ............
            Cela n’aide pas à relier l’ensemble dans un tout cohérent. L’obscurcissement qui en découle semble aussi laisser la porte ouverte à beaucoup de spéculations invérifiables.

            Un travail que j’ai découvert récemment, c’est celui de David Hestenes. Il ambitionne d’unifier les divers formalismes mathématiques en un seul, tout en garantissant la possibilité de pouvoir les interpréter géométriquement.

            Je crois que l’idée est lumineuse. Pourquoi donc les étudiants devraient-ils perdre plusieurs années d’études pour apprendre à chacune des branches de la physique étudiées un langage mathématiques spécifique, alors qu’il suffit d’en apprendre un seul ? Est-ce parce que Hestenes est diplômé de philosophie que j’adhère à sa démarche ?

            Mais il n’a pas le droit d’échouer, car s’il échoue, cela ne fera qu’un langage de plus !

            Pour la MCR, si elle vous inspire, et que vous parveniez à en tirer quelque chose, alors cela en vaut la peine pour vous. Personnellement, je déclare forfait.

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