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Accueil du site > Actualités > Technologies > Pourquoi la vidéo dans l’enseignement ?

Pourquoi la vidéo dans l’enseignement ?

 

 

Un des intérêts rarement (jamais ?) mentionné de la vidéo utilisée comme support de cours est dû paradoxalement à une de ses contraintes.

Mais avant de l’évoquer jetons un regard sur les outils traditionnels au service de l’enseignant.

L’écrit

Le document écrit se lit dans un temps (relativement) non contraint, puisque le lecteur peut (depuis quelques siècles) lire « sans les lèvres » en utilisant le canal intérieur, et par là même il s’affranchit de la durée imposée par la lecture à voix haute (qu’on ne peut accélérer sans dommage pour la compréhension)

Cette absence de contrainte permet « de lire sans lire » puisqu’on peut par exemple lire un roman dans lequel le nom du héros est K’rzpptymfr sans gêne excessive puisqu’il n’est pas nécessaire de le prononcer, il suffit de le reconnaître.

Elle permet également de survoler le texte pour en saisir le sens en utilisant cette faculté de « pari perceptif » qui permet d’intégrer à ce que nos sens nous apportent, ce que notre intelligence liée à notre mémoire « devine » ou croit deviner.

Ces « facilités », comme c’est le cas pour tout confort, ont des dérives et des inconvénients.

Le lecteur paresseux (nous le sommes tous), pressé (idem) ou à la recherche de la rentabilité maximale (une loi de l’époque) utilisera tous les moyens pour minimiser le temps consacré à cette tâche, parfois même lorsqu’il s’agit d’une lecture de loisir. L’usage fait toujours croitre ce type d’appropriation / détournement, et l’évolution des pratiques de lecture de l’élève face à un cours écrit n’y déroge pas.

L’enseignant observe donc chez ses élèves, année après année, un rendement décroissant de la lecture du cours et l’exprime sous la forme « Les élèves apprennent de moins en moins leurs leçons (ou de plus en plus mal) »

Le fait que d’autres médias soient apparus plus attrayant, plus dynamique, parfois plus interactifs n’a pu que renforcer cette baisse du rendement de la lecture pour l’acte d’apprentissage que « l’amélioration » de la qualité des manuels scolaires ou des moyens de reprographie des documents n’a pas réussi à enrayer.

Une des tentatives pour combattre la « fulgurance » de l’acte de lecture silencieuse a été, dans des documents projetés, de ne pas afficher le texte en une fois, mais par blocs ou même lettre par lettre, contraignant l’acte de lecture à dépendre à nouveau d’un temps contraint défini par l’auteur du document.

Ces tentatives ont fait long feu. Et c’est bien normal, l’effet pour le lecteur est entièrement négatif puisqu’il subit une contrainte sans contrepartie. Cette contrainte étant plus pesante encore puis que, contrairement ce qui se passe dans la lecture à haute voix, la vitesse de cette lecture lui est imposée (et toute norme en la matière ne peut convenir à personne).

Bien évidemment, l’élève obéissant lira toujours son cours plus ou moins en totalité et l’apprendra plus ou moins fidèlement. Mais pour l’élève moyen, ce mode de contact avec un contenu d’apprentissage est en décalage complet avec sa réalité quotidienne et lui demande un effort important (en plus de celui, incompressible et naturel celui-ci, en rapport avec le contenu).

Une conclusion s’impose : dans l’enseignement le recours à l’écrit doit être utilisé à bon escient et être combiné à d’autres modes de transmission de contenu.

La prestation vivante

Du côté du « LIVE », tout comme pour la transmission en écrit figé, le cours magistral est mis en difficulté par la tendance croissante à l’individualisme notamment chez les élèves qui n’ont pas encore été « dressés » à l’apprentissage en classes à grands effectifs dans lesquels le professeur n’est visiblement pas disponible pour chaque élève plus de 30 secondes par cours.

L’affirmation d’un antique pédagogue grec ( ? nom à retrouver) selon laquelle « si on ne s’adresse pas à quelqu’un en particulier on ne s’adresse à personne » est de plus en plus pertinente.

Immaturité croissante ou tendance naturelle en concordance avec les évolutions de notre société peu importe, chaque élève (notamment au collège) veut qu’on s’adresse à lui, qu’on réponde à sa question dans les délais les plus brefs, et ne peut écouter un message adressé au collectif qui excéderait une à deux minutes.

La vidéo

De ce qui précède, il semble que La vidéo, comme support de cours, par exemple dans le modèle de la classe inversée, puisse être l’outil permettant de satisfaire

  • Le besoin pour l’enseignant de ralentir la fulgurance du temps de lecture, en réinjectant du temps contraint dans la prise d’information.
  • Le besoin pour l’élève d’une intention dirigée vers lui, sur laquelle il a un peu de contrôle (lecture, pause, dans un temps et un cadre choisi)

A condition bien sûr que la vidéo ne soit pas asséchée des qualités qui la rende utile et attrayante, à savoir.

  • La voix qui empêche ou rend difficile une « lecture en diagonale »
  • Un aspect vivant : une certaine chaleur (qui suppose une présence, un personnage) , des registres variés (du numérique : l’information codé, texte et nombre, de l’analogique : des images animées, fixes, du bruit (calculé)
  • Une scénarisation qui donne à cette vidéo la consistance d’un « projet en soi »

EN CONCLUSION

La vidéo , la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo, la vidéo …
vous dis-je !

Mais pas n’importe quelle vidéo.

Et bien sûr, s’articulant finement avec les autres vecteurs de transmission du savoir ou de sa mise en œuvre que sont

  • Le document écrit (qui sert essentiellement de résumé ou de modèle)
  • La séquence présentielle
    • très courtes séquences magistrales servant à sensibiliser , mettre en place des acquis, synthétiser …
    • Séquence de TP TD dans laquelle l’enseignant est dans une relation majoritairement individuelle avec les élèves de la classe

Réinjecter du temps contraint dans la rencontre entre un contenu et un élève, voilà la qualité qui fait de la vidéo un outil incontournable pour l’enseignant.

Mais comme toujours avec les nouveaux outils mis à sa disposition (voir l’exemple du cahier de texte en ligne) il ne faudra pas tomber dans le travers qui a fait des premières voitures des carrosses sans chevaux.

Pour cela, il suffit de regarder du côté des pays dans lesquels l’usage de la vidéo dans l’enseignement est une pratique commune, et par exemple vers les USA d’où nous vient cette année la Khan Académy  et ses milliers de séquences (dont certaines ont été visionnées des centaines de milliers de fois) qui seront progressivement traduites en français tout au long de l’année.

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17 réactions à cet article    


  • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 13 décembre 2014 20:06

    Il est toujours un peu frustrant d’avoir un retour de désaccord sans précision des motifs de celui-ci.


    Est-ce la synchronicité qui est en question ? Son effet bénéfique ou négatif ? Les faits qui sont évoqués dans l’article ?

    Celui qui aura un doute sur l’intérêt du « Live » à distance qu’est la séquence vidéo, peut regarder l’audience des vidéos d’enseignement, il pourra constater que celles qui se bornent à refaire sèchement ce que fait le professeur, ou même pire à ne donner que des pages plus ou moins animées, n’ont guère de succès.

     

    • fred.foyn Le p’tit Charles 14 décembre 2014 08:47

      La vidéo est un outil pour finir d’abrutir les enfants..une preuve flagrante de l’incompétence de l’EN...mais ça nous le savions depuis longtemps.. !


      • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 14 décembre 2014 10:39

        Oui la vidéo peut (voir les dessins animés du matin) abrutir.


        Et parfois elle joue le rôle de nounou qui occupe l’enfant pendant que ... personne n’a de temps pour lui (ou d’espace)

        Mais au-delà de cette constatation il y en a bien d’autres à faire.

        - Toute technologie nouvelle s’use, et la lecture elle même subit cette loi.
        Réservée à une élite, elle s’est démocratisée dans l’enthousiasme, puis peu à peu son pouvoir attractif s’est affaibli.
        Le livre de classe était un objet merveilleux il y a un siècle. Parfois c’était même le seul livre qu’un enfant avait entre les main. Il en est bien autrement à notre époque.
        De plus, le temps s’est sensiblement accéléré (pression ambiante, mais aussi rythme donné par toutes les technologies permettant de « gagner du temps ». Et nous constatons une diminution importante des lecteurs (adultes) et une augmentation de la fatigue de ceux qui font des lectures contraintes.

        - Les médias modernes dans lesquels est immergé l’enfant (et l’adulte) sollicitent l’ouïe, la vue et même son mouvement parfois. 
        La lecture reste pour beaucoup un contact pauvre et difficile avec le sens. (On constate dans les classes un nombres croissants de dyslexiques et autres dys dont on ne peut rendre totalement responsable l’Education Nationale)

        Il ne s’agit donc pas de substituer la vidéo à l’écrit, mais d’utiliser au mieux les outils disponibles au service de la réussite du plus grand nombre (en les adaptant au mieux à la personne par par une individualisation « acceptable » dans la classe)

        Pressé, le lecteur survole souvent le texte, a du mal à y entrer.Pour des temps importants comme la sensibilisation à un thème, le noyau du cours ou un corrigé type, la vidéo peut être utile parce qu’elle réinjecte la contrainte du temps, à condition d’être très courte et de solliciter les différents registres de la perception.

        ___________________
        Petite précision 1 : les hyperactifs (et, pour diverses raison, nous en rencontrons de plus en plus dans nos classes) ont besoin de marqueurs dans le temps, c’est à dire de savoir ce qu’il feront dans l’heure, dans trois minutes ou après ce qui leur est proposé dans l’instant. 
        Savoir qu’une vidéo dure 2 ou 3 minutes est important pour de tels élèves en donnant un cadre précis au moment d’attention.

        Petite précision 2 : oui il y a un problème avec la grande maison Education Nationale.
        Notamment lorsqu’elle propose des démarches qui vont totalement à l’encontre de sa structure fortement pyramidale et descendante et de ses pratiques de pilotage (où le chef de projet, la personne en charge d’un dossier est rarement le responsable institutionnel).
        On ne peut prôner la pédagogie inversée, la pédagogie de projet, l’élève au centre de ses apprentissages, la tolérance à l’erreur (voir même son utilité)... lorsque tout dans son management en est l’exacte contraire.
        Dans ces conditions, l’innovation pédagogique n’est possible que dans quelques vitrines, ou l’on peut déroger aux principes de contrôle de conformité et utiliser des méthodes ou outils non labellisés par les seuls habilités à cela (exception culturelle française.

        Ainsi il ne serait pas étonnant, à moins d’un changement d’orientation (envisageable depuis les propos récents de la ministre ?) qu’une restriction d’utilisation frappe la vidéo et que seuls certains produits labellisés aient l’autorisation d’être utilisés, tous les autres étant filtrés par ces surcouches qui « protègent » les ordinateurs de nos écoles.
         

      • fred.foyn Le p’tit Charles 14 décembre 2014 10:55

        (pression ambiante, mais aussi rythme donné par toutes les technologies permettant de « gagner du temps )... ?

        Tout le problème est là...gagner du temps....pour entrer rapidement dans le système imposé par l’EN et les politiciens..pour consommer plus..toujours plus..C’est ça le futur de nos enfants.. ?
        Depuis des dizaines d’années nous assistons a un lavage de cerveaux du peuple...Désolé ce n’est pas ma tasse de tea... !

      • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 14 décembre 2014 11:15

        Nous avons deux options

        - Le village gaulois (résister, ignorer, taper dedans)
        - L’appropriation (détournement sabotage, dirons d’autres)

        Je suis persuadé que la première solution ne peut que temporairement protéger une élite.

        Absolument d’accord avec le constat d’une industrialisation de l’enseignement
        qui vise 
        avec des outils d’intrusion mentale (la vidéo le fait très bien)
        à accélérer les processus de conditionnement.

        Il faut faire dévier cette trajectoire
        en s’appropriant les outils qui font partie (pour longtemps ?) du quotidien des « petits d’homme »
        de manière à 
        - habituer à des usages moins intrusifs, en permettant une maîtrise de celui qui les utilise (vidéo courte)
        - en les insérant dans une pratique qui intègre d’autres démarches et outils donnant plus de contrôle au « sujet » qu’à l’émetteur.



      • fred.foyn Le p’tit Charles 14 décembre 2014 11:27

        Il y a 60 ans seulement nous vivions très convenablement..les gens avaient (encore) du pouvoir d’achat..1 million de chômeurs (contre 9,5 aujourd’hui..)..un avenir pour nos enfants..la France respectée dans le monde..et les Gaulois se portaient bien...alors quand le fais la comparaison avec aujourd’hui..je me dis que vous avez tout faux...c’est mon impression qui n’engage que moi pauvre gaulois désespéré de voir son pays en faillite et partir à vau l’eau...pas vous.. ?


      • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 14 décembre 2014 11:42
        Si on fait un petit sondage en France
        une infime minorité souhaiterait revenir 60 ans en arrière 
        au temps des épiceries où l’on faisait pourtant sympathiquement la queue en bavardant avec des gens que l’on connaissait.

        Le temps « perdu » était immense
        et pourtant si riche

        Mais c’est un fait
        peu souhaiteraient revenir à une époque où le loisir était la portion congrue du quotidien.

        Il faut bâtir un projet à partir du possible
        les personnes
        l’environnement
        les conditions actuelles de vie

        A chaque gain il y a une perte qui l’achète.

        Nous avons gagné en confort
        et en paresse
        nos sens sont éveillés à certains stimuli (compétences à chercher chez les jeunes et dont certaines sont inaccessibles aux vieux)
        nous en perdons d’autres.

        Ce sont les conditions de départ 
        pour la construction de demain.

        utilisons notre insatisfaction
        (voir notre désespoir)
        pour bâtir un réel ... a minima supportable.

        ______
        A propos de « vous avez tout faux ... »

        c’est le système scolaire (français) qui fait croire 
        à force de ne pointer et noter que l’erreur ou la faute
        que l’on peut
        « avoir tout faux »
        chaque jour dans la classe
        je tente de persuader mes élèves que c’est impossible

        ll y a toujours quelque chose de juste dans une affirmation sincère (non jetée au hasard)


      • fred.foyn Le p’tit Charles 14 décembre 2014 12:49

        On ne peut pas revenir en arrière d’un coup de baguette magique (c’était juste une comparaison avec aujourd’hui)..Le peuple est plus décérébré qu’il y a 60 ans c’est certain..en regardant les gens qu’il met au pouvoir on se pose des questions sur l’équilibre mental des Français..Un peu comme des veaux(De Gaulle) il regarde passer les trains avec indifférences pour se créer un avenir...métro-boulot-dodo..mais louons le saigneur..ils ont des téléphones portables et des écrans plats a la maison pour regarder vers leurs tombes avec le sourire satisfait du devoir (sans note) accompli...On ne vit pas mieux...différemment c’est tout..mais je ne suis pas certain que le confort soit meilleur.. ?


      • marauder 14 décembre 2014 10:38

        La télévision, c’est pour les gens qui ont une grande paresse intellectuelle et un énorme égo.

        Y’a qu’a voir toutes ces pseudos WebTV qui fleurissent de partout. Vu le nombre de conneries qu’elles sont capables de répéter, ca fait réellement peur pour le coup.

        Aller, quelques reflexion un peu plus scientifique ici :
        J’envois une vidéo malgré moi, je le fais presque jamais mais bon. Je suis sur qu’un vrai pavé, ca ne sera pas lu.

        https://www.youtube.com/watch?v=NvMNf0Po1wY


        • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 14 décembre 2014 10:59

          marauder à écrit 

          «  J’envois une vidéo ....Je suis sur qu’un vrai pavé, ca ne sera pas lu. »

          C’est précisément ce que je dis dans l’article.

          Le découpage des pubs (deux lignes et de l’image)impose sa loi, 
          et comme c’est dit ici 
          « Un pavé » (reste à déterminer sa taille)« ça ne sera pas lu »

          Pour aller dans le sens de l’utilité d’ajouter du temps à la lecture, 
          on peu aller faire un tour du côté de ceux qui sont dans le domaine de l’écriture 
          et se rendent compte précisément 
          de ce « survol » de l’oeil 
          de la perte de sens dans l’écrit 
          et ajoutent la dimension « voix » 
          qui force à l’inscription dans le temps

          « Ils annoncent de la pluie »
          (attention ! poésie)


          D’aucuns préférerons survoler le texte
          ou s’y plonger (en restant maître du temps de la lecture)
          D’autres apprécierons ce qui ressemble à un voyage en barque
          sur une petite rivière 
          qui impose son écoulement.

          Il n’y a pas
          un média idéal
          tous ont leurs intérêt
          à chacun de faire son choix en fonction de ce qu’il vise
          comme voyage
          pour lui
          ou pour un autre (l’élève par exemple) 

          • marauder 15 décembre 2014 08:24

            Sur des tonnes de liens que je pourrias faire partager, certains ont des vidéos.

            Toi, dans ton délire théoritique, tu penses que maintenant c’est « tout vidéo ».

            Un cerveau binaire, y’a rien a faire, tu comprendras pas.

            Et les conclusions du genre « chacun fais son choix », je me marre, c’est bien la preuve d’un grand vide intellectuel.


          • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 15 décembre 2014 14:46

            Votre réaction est intéressante


            Elle témoigne bien du fait que 
            * l’écrit est survolé 
              Ce que vous citez de mes propos ne correspond pas à l’article encore moins à mes commentaires.
            * nous vivons dans un temps accéléré qui produit des réactions réflexes d’une nature assez extrême. 

            La vidéo a une place dans la vie des élèves
            il ne s’agit ni de la rejeter, ni d’en faire LE moyen pédagogique par excellence.

            J’ai mis ici en avant UNE de ses caractéristiques en rapport avec le ralentissement du temps de la prise d’information.
            Et bien évidemment un article 
            que je vous laisse écrire
            peut montrer tous les dangers qu’elle contient et que son utilisateur doit prendre en compte.

          • Le421 Le421 15 décembre 2014 08:21

            Cherchez donc à savoir si les enfants de Bill Gates passent leur temps sur le smartphone, la télé ou l’ordinateur...
            Et si non, cherchez à savoir pourquoi.

            Avantage de la vidéo, on peut glisser le message que l’on veut sans le voir réellement, y compris de la publicité.
            Un bon conditionnement pour les cons-ommateurs !!


            • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 15 décembre 2014 15:04

              Les enfants de Bill Gates sont des privilégiés.


              Ils n’ont pas nécessairement besoin d’une aide de la nature de celle que j’évoque et qui concerne plutôt les enfants hyperactifs (en croissance constante) à l’attention inconstante pour lesquels le cours magistral donné à tous n’atteint pas son objectif.

              Sinon,feuilletez les livres et vous verrez que le conditionnement n’a pas attendu la vidéo pour exister.

              Par ailleurs l’enseignant a actuellement les moyens (je le fais) de réaliser ses propres capsules vidéo, sans pub, sans conditionnement.
              Et les plateformes collaboratives (telles que geogebratube https://tube.geogebra.org/&nbsp ;par exemple pour les animations en géométrie) permettent de mettre en commun les réalisations ce qui démultiplie le travail de chacun et rend possible des bases de ressources analogues en vidéo à celles réalisées par l’association sesamath pour le manuel (http://manuel.sesamath.net/?&ticket=5298abfd88f60a96e9be7b9da943f6a5499e8adb6e160) et les ressources d’exercices et d’aide en ligne http://mathenpoche.sesamath.net/&nbsp ;(gratuites et sans pub) 

              Ressources qu’utilisent peut-être les enfants de Bill Gates ... avec la modération qui s’impose

              Retroussons les manches !

              * Il existe dans un cycle de formation en ligne auquel je participe (« Enseigner et Former avec le Numérique » de l’ENS Cachan) des équipes qui travaillent sur ce type de projet et dont l’objectif est de constituer de telles banques de ressources.

            • Bushido Bushido 15 décembre 2014 20:53

              Je souhaiterais apporter ici mon expérience personnelle de l’ingurgitation de connaissances par la lecture et par la vidéo, et je laisse chacun comparer avec sa propre expérience. Il m’est arrivé plusieurs fois, alors que je lisais un livre, de laisser ma réflexion ou mon imagination prendre le dessus sur l’action de lecture sans toutefois interrompre cette dernière : comprenez là que je continuai d’identifier un à un les mots que je parcourais des yeux, mais mon esprit était focalisé sur la conceptualisation des phrases précédentes et je ne n’assemblais donc plus les mots pour construire des phrases et encore moins des concepts. Voyant que cela peut m’arriver en lisant des choses qui m’intéressent et que j’ai choisies, je n’ose imaginer ce qui peut arriver dans la tête d’un élève pour qui la matière est barbante et/ou complexe.

              En revanche, le support vidéo force, de par son format même, à prendre le temps de la réflexion pour mieux aider à la compréhension de la suite et ainsi donner de la respiration à l’esprit. Certes, vous pouvez argumentez sur le fait qu’on peut décider de soi-même d’interrompre sa lecture pour avoir le temps de digérer l’information, mais premièrement cela n’apparaît pas forcément comme une option dans l’esprit de l’élève (pour des tas de raisons que je vous laisse imaginer) et ensuite cela ne règle pas le problème du survole des données. C’est comme pour une voiture : on consomme moins de carburant en maintenant une vitesse constante qu’en enchaînant les accélérations et les freinages. Avez-vous déjà fait l’expérience de lire plusieurs fois la même phrase et de ne pas en comprendre le sens jusqu’à ce que vous réalisiez que vous aviez échangé inconsciemment l’un des mots par un autre en raison d’une quelconque association d’idée ou de contexte ? La plasticité du cerveau est fantastique dans le domaine de la lecture (Vuos n’aevz pas bseion de lrie ttuoes les ltteers d’un mot puor le coenrrpmde), mais elle peut facilement induire en erreur. La vidéo peut éviter cela d’abord en forçant un rythme de lecture plus lent, et ensuite grâce à une confirmation de l’information au travers d’une éventuelle voix. Cette voix peut d’ailleurs permettre de faire appel à la mémoire visuelle et à la mémoire auditive simultanément pour un meilleur résultat d’apprentissage.

              Et concernant le phénomène d’abrutissement de la population, vu que cela semble accaparer l’esprit de certains, la forme ou le format de l’information n’est que l’un des multiples facteurs qui définissent le rapport de l’individu avec le savoir, et selon mon point de vue il est loin d’être le plus important. Avant lui, en grandeur d’impact j’estime qu’il y a l’exemple que donnent les parents, l’environnement de vie (à l’école ET à la maison) et le milieu culturel (cinéma, télévision, mais aussi les comportements des autres élèves). Pour faire une comparaison plus parlante, un stylo peut servir à écrire des poèmes ou à crever l’œil de quelqu’un, tout dépend de la personnalité de l’utilisateur et de ses objectifs. Donc plutôt que de s’attaquer aux outils, il faut concentrer ses efforts sur ceux qui les utilisent, ce qui n’implique pas seulement les enseignants mais chacun d’entre nous.

              PS : tant pis pour les allergiques aux pavés mais j’ai appris que, surtout dans le domaine de la réinformation, un argumentaire se doit d’être long et construit pour être entendu par quelques oreilles attentives, sinon ce n’est qu’un discourt vide auquel seules les personnes déjà convaincues peuvent donner raison.


              • Comeau-Montasse Comeau-Montasse 16 décembre 2014 06:03

                Merci pour ce retour argumenté et qui prend le temps de se développer.


                Sur ce fil de discussion, la forme des participations en dit au moins autant, y compris sur le fond de ce débat, que les propos eux-mêmes.



                • Ruut Ruut 16 décembre 2014 08:32

                  La vidéo (passive ou interactive) est un outil intéressant si il est utilisé en complément a un cours imprimé et distribué aux étudiants.
                  Une vidéo seule sans questions possibles ou support écrit est une perte de temps.
                  Le gros soucis de l’EN c’est que rarement les professeurs répondent aux questions des étudiants. (vous verrez ça plus tard -> et jamais une véritable réponse)
                  Or un cour est un échange entre celui qui explique et celui qui tente de comprendre.

                  Il n’y a JAMAIS de question stupide, juste des réponses inadaptées, insuffisantes ou méprisantes.

                  Tous les décrocheurs sont des élèves qui n’ont pas eu les réponses a leurs questions qui aurait pu leur permettre se s’accaparer le cour.

                  Le contenu ne fait pas la qualité. (un cour riche si il n’est pas compris par l’étudiant est aussi une perte de temps)

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