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Accueil du site > Actualités > Technologies > ¥-robot : les embûches vers la robotique domestique

¥-robot : les embûches vers la robotique domestique

Les ménages nippons veulent des robots domestiques aussi humanoïdes et polyvalents que possible ; les roboticiens les veulent ultrasûrs et ultra-intelligents.

Fer de lance

Au fait, pourquoi les Japonais sont-ils si robophiles et les Occidentaux essentiellement robophobes ? Des facteurs religieux, socioculturels et démographiques expliquent cette divergence.

À l’inverse des traditions chrétiennes très à cheval sur la spécificité humaine, les rites animistes du shintoïsme différencient très peu la matière inanimée des êtres vivants. Pendant que Hollywood focalise sur l’inéluctable dualité homme-robot et la dérive machiniste (Robocop, Matrix, i-Robot, etc), la culture manga met en scène des sociétés symbiotiques où humains, robots et hybrides vivent en parfaite harmonie. D’une certaine façon, l’Occident est plutôt « Terminator », le Japon plutôt « Ghost in the Shell » (l’esprit dans la machine).

Depuis trois ans, le vieillissant archipel - qui compte déjà plus de 23 000 centenaires - a atteint le seuil de l’hémorragie démographique. Ses jeunes actifs délaissent massivement les services de proximité pour des emplois à haute valeur ajoutée. À l’image des familles coréennes ou hong-kongaises, les ménages nippons pourraient aisément recourir à l’immigration domestique en provenance des Philippines ou de Thaïlande.

Malheureusement, les sujets de Sa Majesté l’empereur demeurent froidement hermétiques à toute coexistence rapprochée entre gaïjin et autochtones. À Tokyo, Kyoto ou Osaka, de nombreux bars et restaurants affichent ouvertement la mention « For Japanese Only ». En outre, l’extrême codification des moeurs nipponnes ne facilite guère la communication interculturelle. D’où la préférence pour des androïdes intelligents, nettement plus prévisibles qu’une nounou manilloise ou une infirmière thaï.

Bon nombre de ces robots domestiques seront multifonctionnels, parfaitement intégrés aux environnements urbains et domotiques, activables et téléguidables grâce à une télécommande, un ordinateur wi-fi ou un visiotéléphone mobile afin de rechercher un restaurant pour la soirée, configurer le navigateur GPS, appeler l’ascenseur, récupérer le courrier, alerter les secours.

Aujourd’hui, l’Empire du soleil levant détient une lointaine pole position dans la robotique industrielle et domestique. Celle-ci mobilise près de 3,5% du PIB, implique tous les secteurs technologiques (nanotech, intelligence artificielle, télécoms et internet, servo-mécanique, etc), ainsi qu’une myriade de firmes nipponnes : Sony, Honda, Toshiba, NEC, Epson, Fuji, Toyota, Mitsubishi, Matsushita, Sanyo...

Métal hurlant

Toutefois, la longue expérience des chaînes de montage démontre que les robots industriels provoquent une centaine d’accidents graves par an dans le monde ; des senseurs défectueux et/ou une motricité ultrarapide y étant pour beaucoup.

La prudence reste donc de mise avant toute introduction massive de leurs cousins domestiques. Les roboticiens japonais planchent déjà sur plusieurs scénarios hautement probables : un droïde de 10 kg trébuchant au-dessus d’un nourrisson. Une panne de batterie peu avant une injection d’insuline. De possibles dysfonctionnements suite aux tripatouillages d’un gamin espiègle et curieux...

Par ailleurs, il est impossible de prévoir avec certitude le comportement d’un humain et a fortiori celui d’un robot dans une situation critique. Ce dernier produira-t-il les automatismes adéquats en cas d’incendie d’une chambre d’enfant ou lors d’une crise cardiaque de son propriétaire ? Scientifiques, techniciens, politiques et écologistes ont beau répéter (à juste titre !) que le risque zéro n’existe pas, le grand public fait la sourde oreille. Inévitablement, plus les droïdes se généraliseront et se perfectionneront, plus les utilisateurs deviendront exigeants au point de refuser toute notion de défaillance. Last but not least  : les casse-têtes chinois de la responsabilité juridique et des assurances. Qui devra-t-on traîner en justice en cas d’accident : le robot ou son manufacturier ? Vers qui se tourner pour le versement des dommages et intérêts ?

D’autres questions d’ordre éthique turlupinent les ingénieurs nippons. Poupées gonflables et divers gadgets sexuels se vendent comme des petits pains. Inéluctablement, robotique et TIC apporteront de considérables innovations dans cette gadgetterie et boosteront une fantasmatique populaire nippone, souvent très controversée pour des moeurs étrangères. Dès lors, apparaîtront très probablement des « sexbots » à la physionomie infantile. Faudra-t-il pour autant autoriser leur fabrication et leur exportation ? Devra-t-on considérer la « robopédophilie » comme une dangereuse perversion, voire un crime à caractère sexuel ? Crime contre qui ?

Compte tenu de leur incontournable suréquipement en capteurs, détecteurs, senseurs, caméras et micros, les « housebots » feront aussi d’excellents auxiliaires de police, enregistrant les moindres faits et gestes de leurs compagnons de chair. Intégrant des systèmes distants de mise à jour, de suivi et de guidage en temps réel, ils deviendront aisément exploitables par quelque volonté malveillante. Comment garantir la sécurité électronique des confidences du papy esseulé à son « robotichien » ? Comme pour les ordinateurs, ne verra-t-on pas émerger des virus ou du piratage robotique ?

On le voit, ingénieurs et manufacturiers en robotique n’ont pas que du zinc sur la planche.



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69 réactions à cet article    


  • Johan Johan 13 février 2007 12:48

    Demian,

    Une référence pour le numéro de GEO STP ?


  • Arnaud Bernier (---.---.17.187) 13 février 2007 11:44

    Si t’as une question, demandes à Isaac


    • Charles Bwele Charles Bwele 13 février 2007 12:04

      Amitiés,Demian. Ca fait un bail...


      • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 12:25

        Excellente synthèse des perspectives des robots domestiques. Isaac Asimov, en son temps, s’amusait à jongler avec ses trois lois fondamentales de la robotique, qui débouchaient déjà sur une « robopsychologie » d’une richesse infinie. La réalité sera certainement plus complexe et différente, de par la recherche à tout crin d’un monde dépourvu d’aléas quels qu’ils soient. Une mentalité que ne pouvait intégrer Asimov à l’époque ou il était relativement normal de risquer la vie des pilotes pour ne pas ralentir les programmes aéronautiques ou spatiaux.

        Une petite remarque en passant, nous ne sommes encore qu’à l’orée du développement des robots humanoïdes (la plupart ne le sont pas ou le sont très grossièrement). Les années 1950-60 imaginaient la prolifération de ces robots pour l’an 2000. Nous en sommes encore loin. D’ailleurs, contrairement à ce qui s’imaginait en ces décennies d’optimisme exubérant, la forme humanoïde ne présente guère d’intérêt objectif, excepté comme substitut social tel que nounou ou accessoire sexuel (avec menaces de désocialisation en perspective). Pour le reste, la morphologie humaine est loin d’être un optimum. Le modèle poulpe à roulettes et appendices articulés, rigides ou non, aura vraisemblablement plus de débouchés.


        • Johan Johan 13 février 2007 12:38

          Très bon article, qui sucite réaction smiley

          « Last but not least : les casse-têtes chinois de la responsabilité juridique et des assurances. Qui devra-t-on traîner en justice en cas d’accident : le robot ou son manufacturier ? Vers qui se tourner pour le versement des dommages et intérêts ? »

          A la limite c’est le plus simple. On est responsable des choses dont on a la garde (A 1384 CCiv). On peut ensuite se retourner vers le manufacturier si son produit est défectueux (sécurité des produits). Le robot n’ayant aucune personnalité juridique, il ne sera pas attrait devant quelque juridiction.

          Le problème vient de leur autonomie : quid des robots en liberté, assez autonomes pour trouver eux mêmes leurs sources d’énergie (par exemple par digestion du sucre, par production d’hydrogène, par utilisation des ondes électromagnétiques environnantes, par leurs cellules photovoltaiques) ?

          Verra t on des fonctions interdites ? Comment éviter la propagation des patchs programmes pour rendre un inoffensif robot domestique en robot tueur à l’aveugle, en robot kamikaze ?

          Je trouve étrange que tu ne réponde pas à la question de ton titre :

          Y Robot ?

          Why Robot (and why « japanese-fashioned » robots) ? Pourquoi cet antropomorphisme ?

          Quelle différence fondamentale entre le robot et la machine ? L’autonomie ? L’autonomie décisionnelle ? Avec la difficulté d’établir les seuils séparant l’un de l’autre.


          • Johan Johan 13 février 2007 12:47

            Ah, j’avais oublié la désocialisation, merci à Thucydide de l’avoir rappelée.

            Il y a aussi une déhumanisation des relations. Prenons l’équivalent actuel des robots, les « bots » des jeux vidéos actuels. Ici aussi, intelligence artificelle, existance désincarnée

            Un jeu vidéo ne nécessite pas, à l’inverse des jeux plus traditionnels, d’établir des accords, et concessions avec les autres enfants. Le jeu vidéo offre au joueur un univers qu’il va pouvoir maîtriser seul, en s’y imposant le plus souvent par la force, sans scrupule. C’est un terrain d’exercice du cynisme.

            On pourrait croire que les jeux massivement en ligne résolveraient le problème, ils révèlent au contraire un fossé entre ceux qui réduisent les autres joueurs au rang de « bot » un peu plus sophistiqués, et ceux qui y établissent un succédané convainquant de relations humaines.


          • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 14:04

            Nous sommes d’accord sur bien des points, Johan, et en même temps, je voudrais apporter un bémol à votre tableau des jeux vidéo : si ceux qui favorisent le cynisme et le combat sans merci sont majoritaires, c’est précisément parce qu’ils offrent un univers qui n’existe plus ou guère dans nos sociétés : celui de la compétition sans règles ni merci, des prises de risques grisantes quoique sans danger. Mais cet univers virtuel ne se substitue pas au réel.

            On peut aussi imaginer l’émergence de jeux de rôles en réseau à connotation beaucoup plus sociale, et dans ce cas, les alliances entre individus (que nous nommons amitié, fraternité, ou autre chose), qui sont le ciment de nos sociétés se reformeraient certainement pour peu que le jeu soit d’une durée consistante. Le danger vient alors lorsque ce monde virtuel prenne plus d’importance que le monde réel, et nous rejoignons le problème des robots, à l’image de ce que peut être une nounou-robot pour un bébé, telle que l’avait imaginée Asimov il y a un demi-siècle.


          • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 14:16

            La rébellion des robots, brique de base d’un film de science-fiction classique, est loin d’être inéluctable. A moins que les humains soient assez suicidaires pour doter leurs créations d’un instinct de conservation et d’un instinct social aussi poussés que ceux des humains. Aucun des deux n’est utile, bien au contraire. C’est l’absence de ces instincts avant tout qui donne leur attrait aux robots.

            Les sondes spatiales et les missiles auto-guidés sont des robots kamikazes, dépourvus de la moindre once d’instinct de conservation. Quant à la socialisation, elle n’est pas non plus utile, et en corollaire, pourquoi un robot « aimerait »-il plus un autre robot qu’un être humain, et donc, pourquoi s’allierait-il à lui (surtout si ce robot n’est pas identique à lui) ?

            Ces instincts n’auraient d’intérêt que dans la perspective de robots auto-réplicants (substitut de la reproduction biologique). En ce cas, laisser agir le darwinisme (la sélection naturelle) comme moteur d’évolution peut être utile, mais à l’échelle d’un gros robot, l’avantage à court terme n’est pas évident, et à long terme, il y a le risque d’émergence d’une forme de vie mécanique d’intérêt divergent de celui des humains, qui ne vaut pas la peine d’être couru.

            Le risque existe par contre dans le domaine des nanotechnologies ou de l’informatique, où la vitesse de réplication favorise la prééminence du darwinisme en tant que mécanisme d’évolution et d’amélioration. Un bon roman de Michael Crichton en donne un aperçu, malgré ses inévitables invraisemblances techniques.


          • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 14:16

            La rébellion des robots, brique de base d’un film de science-fiction classique, est loin d’être inéluctable. A moins que les humains soient assez suicidaires pour doter leurs créations d’un instinct de conservation et d’un instinct social aussi poussés que ceux des humains. Aucun des deux n’est utile, bien au contraire. C’est l’absence de ces instincts avant tout qui donne leur attrait aux robots.

            Les sondes spatiales et les missiles auto-guidés sont des robots kamikazes, dépourvus de la moindre once d’instinct de conservation. Quant à la socialisation, elle n’est pas non plus utile, et en corollaire, pourquoi un robot « aimerait »-il plus un autre robot qu’un être humain, et donc, pourquoi s’allierait-il à lui (surtout si ce robot n’est pas identique à lui) ?

            Ces instincts n’auraient d’intérêt que dans la perspective de robots auto-réplicants (substitut de la reproduction biologique). En ce cas, laisser agir le darwinisme (la sélection naturelle) comme moteur d’évolution peut être utile, mais à l’échelle d’un gros robot, l’avantage à court terme n’est pas évident, et à long terme, il y a le risque d’émergence d’une forme de vie mécanique d’intérêt divergent de celui des humains, qui ne vaut pas la peine d’être couru.

            Le risque existe par contre dans le domaine des nanotechnologies ou de l’informatique, où la vitesse de réplication favorise la prééminence du darwinisme en tant que mécanisme d’évolution et d’amélioration. Un bon roman de Michael Crichton en donne un aperçu, malgré ses inévitables invraisemblances techniques.


          • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 14:20

            Désolé, ce commentaire n’est pas à sa place. A quand le robot d’édition Agoravox auto-améliorant ? On pourrait d’ailleurs lui adjoindre une fonction « pan-pan cu-cul » pour départager automatiquement les enfants turbulents style Marsupilawest et Demi Salami sans intervention de Carlo Revelli.


          • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 13:12

            les robots seront les esclaves demain. pourquoi pas ? Est-ce que l’esclavage est mauvais en soi, ou bien seul la dimension ethique est mauvaise ?

            Rome avait ses esclaves, c’etait sa faiblesse car tout etait fondé sur les esclaves. Une crise (probleme d’approviossionnement, revolte) et la sociéte romaine etait en danger, ce qui l’amenait a toujours vouloir des captifs supplementaire. Le fait de ne plus pouvoir s’approvisionner en captif fut l’une des raisons de son declin economique.


            • Johan Johan 13 février 2007 13:36

              L’homme doit il avoir peur que la machine travaille à sa place ?

              Ca dépend. Si ça le prive de toute source de revenu, s’il est mis en concurrence avec la machine, qui assume désormais les fonctions intellectuelles rébarbatives, et même les fonctions affecives, oui.

              La machine doit permettre à l’homme de se délester des préoccupations matérielles, afin de lui laisser satisfaire des réalisations plus nobles, pas de les aggraver. Ainsi la machine peut tout aussi bien être un facteur de libération que d’entrave.


            • gem gem 13 février 2007 13:41

              les esclaves de demain feront comme ceux d’hier : ils se révolteront, et se sera la guerre.

              Au mieux ils conquereront des droits civiques comme nous et s’imposeront par leur nombre

              Au pire ils gagneront et nous ne seront même plus là pour en parler.

              Plus probabement : une vie artificielle électrico-mécanique nous remplacera comme forme de vie dominante, en s’arrachant les « panneaux solaires » face à sa propre prolifération faisant disparaitre les formes de vie plus primitives (dont nous !) ; avec la même tendresse condescendance dont nous-même faisons preuve, ils nous laisseront des réserves, et nous jetterons de la bouffe et des gadgets comme nous des cacahouettes aux élephants des zoos. Faudra s’y faire...


            • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 14:01

              je ne suis vraiment pas sur du scenario de la revolte des robots, par contre il y a deux ou trois scenarios qui peuvent m’interpeller :

              - La valeur objective d’un robot sera certainement superieure a la valeur objective d’un humain, mais cela etait deja vrai sous Rome, ou certains esclaves vivient largement mieux que des citoyens romains. De meme un esclave et un homme pauvre avait quasiment le meme niveau de vie (pas les memes conditions car l’esclave etait soumis a l’arbitraire, l’homme libre a la loi). Un robot ayant un niveau de vie nul, l’homme pauvre pourra il esperer un niveau de vie non nul ?

              - les robots et les hommes ne sont pas en concurrence direct, car un robot ne doit pas se nourrir. Neanmoins moins d’humains seront necessaire pour faire vivre la société de classes superieurs n’aura plus besoin de la classe inferieure pour vivre. Est-ce un mal ? La classe des paysans et des serfs vient justemment de la deliquescemce au V siecle du systeme de l’esclavage. N’ayant plus de captifs et d’esclaves nés poyr leurs propriétes et leur services, les patriciens, chevalier et autre riches citoyens romains engagerent des hommes libres mais pauvres. Au fur et a mesure ses hommes pauvres mais libres devienrent des serfs, car ils ne pouvaient plus se defendre et etaient entre les mains des riches.

              - la dependance de la societe vis a vis de l’approvisionnement en Robots. Si la source tarit (rarefaction des matieres premieres) alors la societe chutera


            • miaou (---.---.127.234) 13 février 2007 14:02

              On évoque toujours avec une certaine emphase des « sagesses orientales ». Serait-il possible que dans le cas d’espèce, il existe une sagesse occidentale qui invite à la circonspection ou s’agit-il tout simplement de frilosité (à comparer avec les OGM) ?


              • Anto (---.---.178.10) 13 février 2007 14:05

                C’est très interessant cette différence de point de vue entre occidentaux et japonais concernant la robotique. Je pense d’ailleur qu’ils ont une approche bien plus mature que la notre, de part leur avance technologique et meme au niveau de la reflexion. D’ailleurs, la comparaison entre Ghost in the shell et terminator tombe vraiment à pic.

                Dans le premier (les deux opus) toutes ces questions relatives aux responsabilités d’un robot, à l’antropomorphisme, à leur intégration dans la société humaine, à un eventuel usage sexuel sont abordées d’une manière qu’Asimov ne renierait pas. La robotique est plus clairement envisagée comme un moyen de recréer une forme de vie alternative, intelligente à terme. Les japonais ont déjà inventé une espèce de ... « cyber-philosophie » (?) qui est prégnante dans les nombreux mangas dt son fan les otaku.

                Terminator au contraire illustre le fait qu’en occident notre reflexion est « infantile ». Nous envisageons les robots comme des outils qui finalement ne sont que des esclaves. Ce n’est pas faux. Après tout robot vient de robota, le mot tcheque pour « travail forcé ». En référence à notre histoire récente sur l’esclavagisme, nous pensons naturellement qu’une amélioration des robots reviendrait à leur donner les moyens de nous dominer et de se rebeller. (« T3 : le soulevement des machines »). Nous sommes freinés dans cette maturation par la morale chrétienne essentiellement. (je pense).

                Bref, les japonais ont les moyens de leur ambition. Si les robots arrivent chez nous, on ferait bien de commencer à se poser les bonnes questions.


                • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 14:26

                  On en est pas la. Il y a un autre aspect de la confrontation ethique asie-occident : les cellules souches et le clonage. Mon amie, Soleil-Rouge pour ceux qui me connaissent, fais sa these sur la difference d’ethique entre la chine et l’europe concernant les cellules souches, le clonages et les translantions d’organes. Pour un occidental, la maniere de considere cette aspect pasr un chinois est assez deroutante. Je ne dirais pas pas que la sagesse orientale est superieure a la sagesse occidentales, surement pas. :

                  - L’occidental est petri de valeur individualiste et considernat la vie comme sacrée. La mort d’un gueux pour un noble est percu comme revoltante. Sacrifier un enfant pauvre pour qu’un vieillard riche vivent 10 ans de plus est un horreur.

                  - Lóriental considere le groupe comme essentiel. Le sacrifice d’un gueux pour une personne elevé socialement est non seulement normal, mais souhaitable pour maintenir la force du groupe.

                  Quand a la relexion de la philosophie otaku....voici la reponse d’un nippophile ayant une experience certaine du japon ..Otaku n’est pas une image de marque du Japon, c’est au contraire une plaie pour le japonais. L’Otaku est un etre qui fuit la societe dans un monde onirique, qui ne se devoue pas au groupe, et il est donc rejeté. Otaku c’est tres negatif. Imagine toi que j’ai vue des gens se faire rejeter car legerement individualiste. T’imagine meme pas comment un otaku est consideré : comme un fou meprisable..


                • Anto (---.---.178.10) 13 février 2007 14:59

                  aujourd’hui ouai c’est devenu pejoratif. mais ce n’est pas pour autant une contradiction avec le fait que ces bonhommes sont des fan des macross and co, de tout l’univers où les hommes et les machines interagissent. Je coirs que point de vue mentalité ils se rapprochent pas mal des fan de star trek.

                  Quant à savoir si une morale est meilleure qu’une autre, je vois mal comment on pourrait en juger une avec les valeurs de l’autre. Pour tout ce qui est création de la vie, l’ethique occidentale s’apparente à de l’obscurantisme : c’est là tout l’objectif de la fable de l’apprenti sorcier. Ce qui est marrant c’est qu’elle toujours utilisée pour qualifier les chercheur en cybernétique et en clonage. Mais je me pose les m^eme question que tout le monde, ne t’inquiète pas, j’ai été correctement conditionné.Cependant je constate juste que les nippons sont bien plus proche de franchir ce pas que nous .


                • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 15:10

                  Moi je fais des organes artificiels dans le vie, je suis chercheur.....

                  Pour otaku, c’est l’inverse : c’est devevnu un terme pas si pejoratif, particulierement chez les francais (chouette je suis un otaku, je passe mon temps dans les expos de mangas).

                  Otaku, c’est un etre enfermé. Etre otaku, c’est un drame enorme. C’est refuser l’ordre confucéen japonais, refuser ses terribles contraintes. Mais c’est aussi etre victime de cet ordre. On peut craquer au japon, c’est courant. ON peut devenir un excentrique, et partir du japon, devenir un occidenatl, comme beaucoup le font, puis reviennent. Ou bien imploser, s’enfermer, refuser le monde rester dans sa chambre dans un monde onirique, on devient Otaku.

                  Un autre point, la sexualité : Un mot joli de robotpedophilie. Le sexe est tabou en occident, pas au japon. les collegiennes et les lyceennes se prostitue pour un sac Vuitton ou pour entrer a la fac, ce n’est pas un scandale pour autant. Le sexe est vecu differemment, les quartiers des fleurs sont legions. J’imagine bien bien des robots enfant servant de jeux sexuels au japon, ce ne serait pas un revolution. Je me demand si il n’existe pas deja des poupees gonflables enfant au japon ?

                  Est ce qu’une poupee gonflable est un scandale ?

                  Est ce qu’une poupee gonflable ayant les trait d’une enfant de 10 ans est un scandale ?


                • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 15:30

                  Faudrait que j’en parle a mon amie, de la remplacer par une machine. Quelquefois j’aimerais trouver le bouton On/Off sur elle smiley


                • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 15:31

                  erratum : je sais ou est le bouton on, mais pas le bouton off


                • Sarro Philippe (---.---.124.107) 13 février 2007 16:13

                  On peut citer la suite de Ghost in the shell le film Innocence qui évoque ce problème.

                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Innocence_:_Ghost_in_the_Shell_2


                • (---.---.192.30) 13 février 2007 16:13

                  Juste pour rajouter un petit mot sur : « nous sommes freinés dans cette maturation par la morale chrétienne essentiellement ». Je pense que c’est tout à fait vrai mais plus complexe que cela. Il y a dans la morale Chrétienne, bien d’autres morales issues de la longue histoire humaine, de même que dans la morale orientale. La morale humaniste ou de la raison sont tout autant des freins dans l’acceptation des robots dans notre vie. (De même que le clonage)

                  Juste un lien que certains trouveront intéressant sur l’histoire des religions : http://perso.orange.fr/marxiens/philo/pretapen/religion.htm#prehistoire

                  Il est clair que le principale frein, à l’essor technologique et des ces conséquences sociales, économiques est le background culturel des peuples, les interdits par nature religieuse, qui nous viennent de notre histoire d’Homme. Rien n’est plus facile à obtenir que la technologie si le peuple à la volonté de l’acquérir (Les japonais on rattrapés et dépassés quatre siècles d’évolutions technologiques européennes en moins de cent ans.)Par contre si des peuples refusent cette intégration culturelle de la technologie elle n’arrive pas, bien que ces sciences et techniques se développent de façon extraordinaire non loin de la.

                  Nous sommes aujourd’hui bloqués par notre vision humaniste et individualiste qui fut la raison jadis la raison de notre succès.


                • Sarro Philippe (---.---.124.107) 13 février 2007 16:28

                  Donna Haraway la cyber feministe et son manifeste cyborg. Mais là ont est dans la culture occidentale et pas nippone.

                  http://1libertaire.free.fr/Cyberfeminisme01.html http://www.feministes.net/cyborg.htm


                • Thucydide (---.---.101.8) 13 février 2007 14:17

                  La rébellion des robots, brique de base d’un film de science-fiction classique, est loin d’être inéluctable. A moins que les humains soient assez suicidaires pour doter leurs créations d’un instinct de conservation et d’un instinct social aussi poussés que ceux des humains. Aucun des deux n’est utile, bien au contraire. C’est l’absence de ces instincts avant tout qui donne leur attrait aux robots.

                  Les sondes spatiales et les missiles auto-guidés sont des robots kamikazes, dépourvus de la moindre once d’instinct de conservation. Quant à la socialisation, elle n’est pas non plus utile, et en corollaire, pourquoi un robot « aimerait »-il plus un autre robot qu’un être humain, et donc, pourquoi s’allierait-il à lui (surtout si ce robot n’est pas identique à lui) ?

                  Ces instincts n’auraient d’intérêt que dans la perspective de robots auto-réplicants (substitut de la reproduction biologique). En ce cas, laisser agir le darwinisme (la sélection naturelle) comme moteur d’évolution peut être utile, mais à l’échelle d’un gros robot, l’avantage à court terme n’est pas évident, et à long terme, il y a le risque d’émergence d’une forme de vie mécanique d’intérêt divergent de celui des humains, qui ne vaut pas la peine d’être couru.

                  Le risque existe par contre dans le domaine des nanotechnologies ou de l’informatique, où la vitesse de réplication favorise la prééminence du darwinisme en tant que mécanisme d’évolution et d’amélioration. Un bon roman de Michael Crichton en donne un aperçu, malgré ses inévitables invraisemblances techniques.


                  • gem gem 13 février 2007 14:51

                    la logique de ce raisonnement est juste mais son départ est incomplet, et la conclusion en devient fausse.

                    1) Une multinationale, une administration, ce sont des robots, même si elles sont trop grosses pour que cette évidence nous saute aux yeux, et même si leurs cellules de bases sont des humains (pour l’essentiel). Et vous voyez déjà les reproches sans nombres qu’on leur fait, dont celui de broyer les humains...

                    2) l’autoréplication est un anthropomorphisme non nécessaire. Pour la « reproduction » des robots, regardez plutôt du coté des champignons ou des insectes, ou même des entreprises : une usine (ou plutôt une série d’ateliers : fabrications de pièces, montages, alimentation en énergie etc.) et des machines-outils, certaines mobiles et d’autres non, concourant d’une façon ou d’une autre à l’extention de la « ruche » (+ des parasites divers...)

                    La clef, c’est que des humains, dans leur lutte contre d’autres humains, sont poussé eux-mêmes à aller toujours plus loin dans le developpement des systèmes cybernétiques. Jusqu’à ce qu’ils les dépassent


                  • LE CHAT LE CHAT 13 février 2007 14:37

                    La révolte des robots , c’est la version revisitée de la révolte des esclaves façon planète des singes de pierre Boulle.l’homme se détruira t-il directement ou indirectement ?


                    • (---.---.83.69) 13 février 2007 15:05

                      l’homme sera t’il un animal de compagnie pourra une éspéce en voie d ’apparrition dans la prochaine décénnie ?

                      Peu ont vraiment arreter se qui va arriver ?

                      Je me pose déjà sérieusement la question au fait que les machines ont déjà le « dessus » sur nous d’une maniére ou d’une autre ?

                      ca fait vraiment froid dans le dos et pas vraiment que là d’ailleur... l’ego des êtres humains va en prendre un gros coût !

                      Pour ceux qui ne connaissent pas se chercheur et la robotique adaptative .... http://www.jp-petit.org

                      Dieu sera t’il une inteligence artificielle ? Depuis le temps que certain l’attende de visu vont être servi..


                      • Sarro Philippe (---.---.124.107) 13 février 2007 15:15

                        JP Petit et ses extra-terestres utilisant la magneto hydro dynamique (MHD) comme réference sur la robotique, non merci. Le site d’automates intelligents de Jean Pierre Baquiast me semble plus sérieux. http://www.automatesintelligents.com/


                      • TibuD (---.---.83.69) 13 février 2007 15:19

                        franchement vu de l’exterieur la vie sur terre n’est t’elle pas un danger pour d’autre forme de vie dans l’univers et ne travaillons nous pas pour son éclosion...

                        rien n’est définitivement réglé... c’est marrant j’ai l’impression que lorsque nous n’auront plus de matiére premiére sur terre car les ressource son un stock un petit malin trouvera une astuce a labase du tableau de mendeleiv et pourra synthétiser autant de matiére qu’il veut a partir d’une matiére/énergie exotique encore inconnue !

                        c’est comme ceux qui croit qu’il va y avoir une fin du pétrole alors que l’ont peu en fabriquer !! hahaha la sagesse et une autre forme de folie !


                      • TibuD (---.---.83.69) 13 février 2007 18:37

                        intriguant tous ca... mon avis est trés partagé mais je suis d’accord qu’a force de sentourer de cerveaux articiels ont deviens des légumes sur pates... mais que faire ? vu déjà l’étendu de la contamination ! la télé devrai servir dans se sens là a ouvrir des débats a la limite constant et sana interuption sur des sujet comme celui ci et bien d’autre ! le gain de l’argent n’est même plus un souci vis a vis de se qui va arriver dans le siecle prochain pour sur...


                      • Gasty Gasty 13 février 2007 15:09

                        Isaac Asimov s’est seulement trompé jusqu’à présent sur les dates d’apparition progressive des robots dans la société.L’apparition des premiers robots humanoides était prévu pour les années 1980.

                        Les divergence robophiles et robophobes sur un plan religieux, c’est vraiment interessant.

                        Objet humanoide ? avez-vous donc une ame ?


                        • docdory docdory 13 février 2007 15:14

                          @ l’auteur

                          Ah , si Blaise Pascal avait vécu en 2007 , il aurait dit quelque chose comme ceci :

                          « L’Homme est un robot , le plus fragile de tous les robots , mais un robot pensant !!! »


                          • faxtronic (---.---.127.45) 13 février 2007 15:28

                            Il faut distinguer les robots, qui ne sont que des outils, et les humanoides, qui seront des compagnons. Pourquoi antropomorphe : pour favoriser la communication pardi entre humain : Toutes les recherches en emotion robotiques (traits faciales) le furent sous le terme Interface homme machine.


                            • docdory docdory 13 février 2007 16:10

                              @ l’auteur

                              « les roboticiens les veulent ultra-intelligents » dites-vous ...

                              Le problème c’est que dans le domaine de l’Intelligence Artificielle , on a jusqu’ici surtout réussi à créer la Bétise Artificielle ! Il suffit pour s’en convaincre de lire des modes d’emploi traduits électroniquement du japonais ou du coréen ...


                              • Stéfan (---.---.162.37) 13 février 2007 16:12

                                Article très intéressant.

                                Sur la question de la « robopédophilie », la réponse n’est-elle pas simplement la même que la réponse actuelle sur les images pédophiles : images réelles (càd photos, où il y a donc victime réelle) et images virtuelles (dessins par exemple). Je ne connais pas la différence sur le plan juridique (la possession et le trafic de dessins pédophiles est-il interdit par la loi ?), mais je suppose que la comparaison serait du même ordre.


                                • L'enfoiré L’enfoiré 13 février 2007 16:21

                                  @L’auteur,

                                  Très certainement pure coïncidence : sur la Une de la RTBF en Belgique, était programmé le film d’Alex Proyas « I, Robor ». Will Smith y était détective dans un train d’enfer. Fiction qui se situe à peine un peu plus tard, en 2035. Les robots y sont de parfaits « toutous » bien dans leur « peau » de féraille, assistants « sans danger », docile pour l’homme. Pourtant, il y a eu meurtre du chercheur en robotique. Un androïde est soupçonné. Suite classique, en remake d’ Isaac Asimov, "Les Robots, à l’écran.

                                  Un débat était organisé ensuite pour parler de l’IA. On ose à peine parler de l’IH (Intelligence Humaine) et de ses penchants très poussés pour les extrapollations incompréhensibles que l’on veuille se jeter à corps perdu dans l’étude de l’artificielle.

                                  Pas de problème en somme, si on n’est pas occupé à mettre la charette avant les boeufs. Peut-être que l’un entrainera l’autre. C’est ce qu’on peut souhaiter de profitable. Faire le monde par le raisonnement est pour moi plus profitable à l’Homme que de vouloir le refaire à force d’imagination. Une opinion d’informaticien ou de robot I. A vous de choisir. A+


                                  • (---.---.192.30) 13 février 2007 16:45

                                    La terrible « Guerre contre les robots » qui nous rappelleraient la révolte des escales. Il a la dedans la culpabilité de se servir du travail d’un autre, d’asservir une autre, car c’est vous qui devez travailler pas un autre. Vous avez peur de la guerre des robots, parce que vous les considérez comme inférieur à vous moralement, mais supérieur techniquement. Voilà la phobie de la technologie. Vous devriez les considérer comme faisant partie de vous, des êtres vivants. Pourquoi pensez vous que vous allez les exploiter, pourquoi pensez vous que la communication avec un homme est supérieure à celle avec une machine ? Pourquoi pensez vous que vous ne leurs apporterez rien à elle ?

                                    Je me demande pourquoi l’homme se considère comme quelque chose de différent de la nature, de l’animal et de la machine. Darwin nous à ramener dans le groupe des animaux, un animal sophistiqué, mais animal quand même. Ce n’est guère étonnant que ce soit lui qui aujourd’hui soit la cible des obscurantistes. Il y a aujourd’hui une science la biorobotique qui regroupe qui amène l’animal à la machine : voir cet article sur le vol des mouches : http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=3731.

                                    Nous voilà donc nous même faisant partie du groupe des machines.

                                    Cela ne me dérange pas, cela ouvre même des perspectives intéressantes. On parle de voyage dans l’espace, de partir découvrir d’autre planète. Et pour cela on imagine des vaisseaux spatiaux qui reconstitueraient des « bulles de conditions de vie terrestre dans l’espace » pour nous permettre de voyager à travers l’espace. Et si demain, des hommes remplaçaient leur corps par du métal, et si demain notre énergie provenait de cellule solaire, et non de nourriture et si notre cerveau était un ordinateur, alors ils pourraient voyager et vivre dans le vide sidéral comme un poisson dans l’océan. Certain en parle, c’est l’uploading, c’est le rêve d’immortalité accessible. C’est la direction que nous prenons à travers toutes ces sciences robotiques, manipulation génétique, intelligence artificielle, biorobotique, cybernétique.

                                    C’est la promesse de l’homme est une machine comme les autres, je trouve cela plutôt positif. N’ayez pas froid dans le dos ! smiley


                                    • Sarro Philippe (---.---.124.107) 13 février 2007 16:52

                                      Dia ! c’est un manifeste transhumaniste, digne d’un William Bainbridge et sa convergence NBIC (nano, bio, info, cogno).


                                    • Sarro Philippe (---.---.124.107) 13 février 2007 16:57

                                      Et on pourrait rajouter Ray Kuzweil et Nick Bostrom.

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