Le problème de la preuve est qu’elle nécessite des discussions
techniques et des investissements plus que technicolore sur le "vert" de
la chose. Et surtout d’y mettre un peu de bonne volonté, ce que la
virulence de vos réactions semblent démentir : vous ne voulez pas y
croire, si l’on vous écoute, rien ne sert d’essayer.
Ben non, il se trouve que l’idée de signer encore et encore des chèques en blanc à l’industrie nucléaire ... évidement aux dépends d’autres pans de la recherche ... ne me parait pas une bonne idée. Que le lobby nous parle des problèmes d’approvisionnements en combustible, de concurrence nucléaire et de pollution et arrête d’agiter les épouvantails de la prolifération et du terrorisme nucléaire, et on pourra alors sérieusement discuter de la place que peut prendre le nucléaire dans la définition de la stratégie énergétique de la France.
Des promesses et des fantasmes sur les fantastiques progrès du nucléaire ... on peut avoir envie d’y croire mais c’est donner encore plus de pouvoir à un lobby qui semble ne plus s’intéresser qu’au maintien de son pouvoir. Parfois l’industrie nucléaire donne l’impression de promettre qu’elle est à la veille de la découverte du mouvement perpétuel ... l’énergie "gratuite et illimitée", un vieux fantasme de l’humanité ...
Maintenant, vos arguments sur la rentabilité énergétique des renouvelables sont recevables. Bien-sûr, il ne faut pas imaginer que les renouvelables vont pouvoir se substituer aux fossiles et au nucléaire ... c’est absurde.
Mais je ne crois pas non plus que le nucléaire soit la solution au problème de pénurie énergétique global qui apparait avec Peak Oil. La France refusera tout simplement de partager le nucléaire civil avec les nouveaux arrivants ... parce que le gâteau nucléaire n’est pas assez grand pour tout le monde.
Et voilà ... il suffit de payer plus et hop, on a de l’énergie comme par magie ...
Il n’y a rien à faire, cet argument idiot fini toujours par ressortir ...
Oui il y plein d’uranium dans l’océan .... et de l’or aussi, il y en a peut-être même sur la Lune ... mais tout ça ne sert à rien si le rendement énergétique est négatif, c’est à dire, s’il faut plus d’énergie pour récolter cet uranium qu’il n’en rapporte en combustion dans une centrale.
Je parle d’énergie, pas d’argent ...
L’argent ne règle pas tous les problèmes, contrairement à ce que pensent les économistes de la Terre plate.
Quand aux autres technologies ... surgénérateurs, thorium, fusion ... il reste à faire la preuve de leur faisabilité à grande échelle ... pour l’instant c’est de la science-fiction.
Vous faites le même genre d’erreur que ceux qui parlent de 50 ans de réserves de pétrole :
1/ Il ne faut pas assimiler réserves et capacité de production. Ce qui compte, ce sont les capacités de production. Elles ne dépendent pas uniquement des investissements. Elles dépendent aussi de la géologie, de la géographie, des rapports de forces politiques, économiques voir militaires ...
2/ Il faut ramener les capacités de production aux besoins du marché mondial. Le nucléaire ne représente que 5% de la production mondiale actuelle d’énergie.
Le nucléaire est un marché de niche dans lequel la France a une position ultra-favorable. Cette position pourrait se dégrader nettement si des concurrents venaient à pointer leur nez un peu partout. La France (et surtout ses élites nucléaires) n’a aucun intérêt a une généralisation de l’utilisation du nucléaire civil partout dans le monde. Vous pouvez juger de sa politique extérieure sous cet angle ...