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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Deuil et funérailles, le deuxième fléau de l’Afrique !

Deuil et funérailles, le deuxième fléau de l’Afrique !

Il y a tout juste quelques semaines, j’avais écrit, « La famille, pire ennemi de l’Africain ». Cet article a été repris et commenté à mon grand étonnement sur une bonne dizaine de blogs, sites et forum africains dans différents pays francophones du continent en particulier au Togo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. N’ayant été critiqué outre mesure par les lecteurs africains, je récidive ce jour avec, ce qui est à mon avis la deuxième plaie du continent. J’ai d’ailleurs eu la surprise de constater que cet article a essuyé nettement moins de critiques de la part de lecteurs que sur Agoravox.
Le deuil et les funérailles pénalisent gravement l’économie et la productivité de l’Afrique sub-saharienne. En plus de l’aspect économique non négligeable, les rites et pratiques funéraires maintiennent l’Africain dans la peur de l’irrationnel et la dépendance psychologique. Le domaine des morts interfère de façon très négative dans le quotidien des gens au point de leur pourrir la vie et leur couter des fortunes.
 
L’auteur de ces lignes s’appuie sur son expérience personnelle de plus de trente ans au contact de nombreuses ethnies du Congo, ex-Zaïre, du Sud-Soudan, du Rwanda, Ouganda et Kenya. Il sera pris en exemple l’ethnie bantoue du Nord-Kivu, les Banande dont les membres sont connus sous le terme de Bakonjo dans l’ouest de l’Ouganda. Cependant, en dehors de certains particularismes et d’une idiosyncrasie propre à chaque tribu, de nombreux points communs se retrouvent sur toute l’étendue du continent au niveau sub-saharien. La lecture d’ethnopsychiatres comme Ortiguès, Ibrahim Sow, Coulomb et l’école de Dakar, confirme l’auteur dans son interprétation, même si la symbiose islam et cultures sahélienne donne une dimension particulière au deuil en Afrique de l’Ouest, légèrement différente de la perception bantoue et nilotique.
 
Pour de nombreux Africains, la mort naturelle n’existe pas. De nos jours, certains intellectuels réfutent cette croyance, mais elle est encore bien enracinée dans les mentalités. Comme l’esprit du défunt peut interférer, le plus souvent de façon négative, il faut lui faire des funérailles qui le respectent et le satisfasse afin qu’il ne vienne par la suite perturber les vivants. Le modernisme, les religions importées et l’éducation tendent à minimiser ces croyances, mais elles perdurent au minimum au titre de tradition. Cependant, de nombreux Africains croient encore au pouvoir néfaste des morts.
 
La mort naturelle n’existe pas, elle survient pour trois raisons principales.
 
- Le mort a été empoisonné par un sorcier, un mulosi chez les Banande, qui a administré une substance toxique de son propre chef, par jalousie ou sur commande d’un tiers. Le poison est réel, ce n’est pas une vue de l’esprit, mais la peur d’être empoisonné dépasse souvent la réalité des faits. Ainsi bon nombre d’Africains ne boiront une bière que si la bouteille a été ouverte devant eux. Il est ainsi fréquent de lire cet écriteau dans les petits bars « toute boisson sera servie avec sa capsule ».
Tous les évêques Zaïrois décédés depuis trois ou quatre décennies, même à un age canonique, sont supposés avoir été empoisonnés. D’abord, Mrg. Malula par Mobutu en personne, pour les évêques de Butembo, il ne peut s’agir que des ‘Rwandais’ (comprendre des Tutsi ou des Banyamulenge), ennemis jurés des Bantous de l’est du Congo. Et les religieuses de l’ethnie de l’évêque y croient dur comme fer. Elles protégeaient bec et ongles leur Monseigneur de toute intrusion supposée malveillante à son égard. Il ne s’agit pas là de la lubie d’une seule ethnie, les évêques de Goma, Bukavu et Uvira sont aussi supposés avoir été empoisonnés. Et en dehors des membres du clergé tout décès de politicien qui n’est pas assassiné est obligatoirement considéré comme suspect. Il y a toujours quelqu’un désigné comme « profitant du crime ».
 
- Le mort a été victime d’un mauvais sort de la part de wali, terme employé pour désigner les sorcières dans l’ethnie prise comme référence, ou femmes capables d’interférer sur la vie ou la santé mentale d’autrui, non par le poison, mais par la pensée. La sorcière n’a pas besoin d’un substrat chimique pour être nuisible, contrairement au féticheur qui mélange sorcellerie et pharmacopée toxique. C’est ce qu’on appelle communément jeter un sort. Et ce sort peut faire perdre l’amour, rater un examen, tomber malade, entrer dans la folie ou même mourir. Il semble que ce soit la jalousie qui soit à l’origine de cette croyance, pour mourir il faut nécessairement quelqu’un qui vous en veut. On en arrive à ce paradoxe qu’aucun Africain n’ose cependant pas franchir, celui qui n’aurait pas d’ennemi pourrait devenir immortel !
 
- Enfin, celui qui n’est ni empoisonné ou victime d’un mauvais sort, peut décéder du fait de la volonté d’un esprit défunt qui pour des raisons qui lui sont propres viendra tourmenter un vivant pour se venger.
 
Malgré l’omniprésence du christianisme et de l’islam qui condamnent ces croyances, elles continent à exister même en milieu urbain. L’esprit scientifique en arrive à être contourné. Tel ce laborantin, dont le métier était de rechercher au microscope des parasites causant la malaria et qui disait : « Certes, on retrouve des plasmodiums falciparum dans le sang du malade, mais qui dit que ce n’est pas un esprit mal intentionné qui a utilisé un moustique pour contaminer le patient ?  » 
 
Le deuil et les funérailles sont aussi l’occasion de grands rassemblements qui ont un coût. Les Bakongo du Bas-Congo, à ne pas confondre avec les Bakonjo, organisent dans le Mayombe des cérémonies funéraires rassemblant des centaines de personnes qu’il faut nourrir et dépensent des fortunes en pierres tombales et stèles qu’ils mettent des années à financer. Ce sont d’ailleurs d’impressionnants monuments funéraires quelquefois inspirés des Portugais qui colonisèrent la région il ya plus de cinq siècles.
Les funérailles ne se conçoivent pas sans consommation de viande. La viande par excellence étant celle des bovins, mais dans certaines ethnies, on se contente de chèvre ou de porc. Et comme il faut satisfaire tout le monde, on commence les repas collectifs de deuil par les plats de légumes et de féculents pour qu’une fois l’estomac plein des invités puisse recevoir la viande et ne se plaigne pas qu’il n’y en a pas assez. Des convives insatisfaits pourraient irriter le défunt et le faire intervenir négativement. La viande est tellement impérative, consubstantielle au deuil, soulignant ainsi l’importance de la nourriture pour célébrer le passage des morts, qu’on peut voir un père égorgeant une chèvre dans l’heure suivant le décès d’un enfant en bas âge, avant même de penser à le pleurer.
Enfin, il est une composante réelle et non négligeable des funérailles qui n’est pas spécifiquement africaine. Il s’agit de la présence de pique-assiettes qui viennent se goberger et se gaver aux frais des défunts, certains n’hésitant pas à partir avec un sac de victuailles à la fin des repas.
 
Les funérailles s’accompagnent de rituels variant d’une ethnie à l’autre, elles sont très souvent défavorables aux veuves. Dans certaines tribus du Kasaï, on met du piment dans les yeux de la veuve pour qu’on la voie pleurer pour de bon. Si cela ne suffit pas, les belles-sœurs viendront battre celle qui fut l’épouse de leur frère. La veuve, qui a toujours quelque chose à se reprocher devra corrompre son défunt époux en lui glissant subrepticement dans la main du cadavre un billet de banque pour qu’ensuite, il lui foute la paix. Le jeu veut que les femmes de la famille du défunt fassent tout pour empêcher cette manœuvre. Et puis il y a la famille qui vient piller la maison de la veuve qui se retrouve quelquefois avec rien si ce n’est les vêtements qu’elle a sur le dos.
La présence de pleureuses, comme en Méditerranée, est plus un rituel, qu’une marque réelle de chagrin, surtout quand il s’agit d’un vieillard ou que celles qui pleurent connaissaient à peine le défunt.
Mais comme les funérailles rassemblent souvent des centaines de personnes venues des alentours, mais aussi de la ville ou de la capitale, voire de l’étranger, elles sont aussi l’occasion de consommation de boisson alcoolisées traditionnelles ou non ; D’ailleurs, souvent protestants non buveurs et musulmans réservent un petit coin spécifique pour que certains invités puissent boire selon la tradition. Et qui dit alcool, dit débordements sexuels. Les funérailles sont aussi l’occasion de grossesses non désirées et de maladies vénériennes.
 
Répercussions économiques
 
Outre les dépenses en frais funéraires, en cercueil et en restauration des convives que l’on retrouve dans toutes les cultures, l’impact de ces deuils a aussi des répercussions sur l’économie des pays. La tradition d’arrêter les travaux agricoles à la mort d’un chef pour une durée pouvant atteindre quarante jours a tendance à disparaitre. En effet, les nouveaux chefs, souvent éduqués prennent désormais souvent la décision d’un deuil symbolique. Ce fut le cas lors du décès des derniers mwamis, chefs coutumiers des Banande. Après réunion du conseil des anciens, il fut décidé de limites les obligations coutumières, mais certains rituels furent compulsivement respectés.
En ville, il n’est pas un jour qu’un employé d’une moyenne entreprise ne soit absent pour motif de funérailles. Et puis, il faut aussi compter sur le coût des déplacements, sur le rapatriement des corps par avion de l’étranger. Sans compter les travaux différés, les signatures de contrats reportées, les réunions annulées pour cause de deuil. A l’échelle d’un pays, la perte de productivité se chiffrer en millions.
 
La peur d’être accusé
 
Chacun se doit d’assister aux funérailles d’un membre de sa famille élargie et par extension d’un collègue de travail, d’un voisin ou d’une vague relation. Ne pas le faire, c’est enfreindre un tabou ou plutôt un interdit coutumier, un erilolo chez les Banande, et s’exposer à la vindicte populaire, ou du moins à l’opprobre et à la suspicion. Car celui qui ne vient pas aux funérailles a quelque chose à se reprocher, de là à dire qu’il est tout en partie responsable du décès, il n’y a qu’un pas que l’entourage du défunt est souvent prêt à franchir. Personne n’a envie d’être considéré comme un sorcier ou un jeteur de sorts. Aussi vient-on la main forcée aux enterrements et célébrations qui suivent.
 
Syncrétisme
 
L’Afrique est désormais chrétienne ou musulmane. Les purs animistes sont de plus en plus rares et ne se retrouvent qu’au cœur de la forêt équatoriale ou dans des régions isolées du Sud-Soudan ou des régions reculées du Sud-ouest de l’Ethiopie. Cependant, chrétiens et musulmans n’ont pas totalement abandonné les anciennes croyances, mais les ont intégrées à leur foi monothéiste. Au Sahel, le maraboutage a encore un sens et la peur des djinnsest omniprésente, tout comme les rituels d’exorcisme souvent islamisés. Le recours au zar, forme de désenvoutement, au nord Soudan quasi totalement arabisé est encore très pratiqué, ainsi que le kujur au sud. Malgré l’intervention des religieux des deux grands courants monothéistes, l’ensemble des croyants n’a pas encore abandonné ces pratiques. La peur des morts existe, elle se traduit par le respect de rituels teintés de superstitions préjudiciable à la santé mentale de bon nombre de gens, à leur libre arbitre et à leurs économies.
 
Que reste-t-il de ces croyances ?
 
L’Afrique n’est ni monolithique ni immuable. La modernité s’installe au contact des autres civilisations. Cependant, la crainte ou le respect des morts, c’est selon comme on se veut d’interpréter ce phénomène de société est encore très prégnant dans les sociétés africaines tant rurales qu’urbaines. Ces pratiques qui ne seraient qu’une légère perte de temps dans une économie prospère de type européen, entrainent des dommages difficiles à quantifier mais qui sont bien réels. Ajoutés au parasitisme social de la famille élargie, il y a de quoi paralyser un pays, du mois freiner son développement. Tout n’est pas bon en Occident, mais tout non plus n’est pas à rejeter. L’être humain a besoin de rituel pour exorciser la mort et confirmer son appartenance à une identité culturelle. Mais il y a des limites qui lorsqu’elles sont dépassées sont préjudiciables à toute la société. En particulier, les dépenses funéraires ne devraient en aucun cas prendre le pas sur les frais de santé et d’éducation, cela n’est hélas pas toujours le cas.
 
 
Curieusement, cet article 112eme le plus lu sur 150, n’a pas passionné sur Agoravox
Pour les lecteurs africains ou s’intéressant aux sites du continent :
 
http://www.togocity.com/article.php3?id_article=5658, qui se contente d’ajouter des sous-titres sans me citer !
 

Moyenne des avis sur cet article :  3.96/5   (23 votes)




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33 réactions à cet article    


  • slipenfer 5 août 2010 13:19

    Marc Gelone
    J’ai pas bien compris votre propos

    comme d’habitude.....
    il ne faut pas réfléchir avec ses Rangers (les chassures pas ceux la)


  • LE CHAT LE CHAT 5 août 2010 12:17

    y’a aussi dans les traditions ,celle où tous les mâles du village passent sur la veuve pour la consoler , idéal pour propager le Sida !

    et à Madagascar où on déterre régulierement les morts pour faire des gueuletons avec les macabs grouillant de vers à table , bon appetit !  smiley


    • clostra 5 août 2010 12:28

      Ma Foi avant de dire ou contre dire la réalité des vérités de l’esprit ou le véritable réel, il me semble trouver des correspondances dans notre réalité occidentale.

      Oui - mais je n’en ai pas l’expérience - des défunts peuvent empoisonner les survivants et prolonger quelque peu leurs « volontés sur terre comme au ciel ». Rendons lui hommage - souvenons-nous de ce qu’il a fait de bien (y compris son repas de funérailles) et prions-le de rester au ciel (restez-y)

      Oui, les petits meurtres entre amis et collègues, et même dans les familles, existent bel et bien.

      (d’ailleurs ce n’est pas le propos mais) les fatwas existent dans nos sociétés, on appellera ça comme on veut (par exemple les reconduites à la frontière).

      Je me souviens m’être pincée sous les yeux lors de l’enterrement de quelqu’un que je détestais et que j’aurais du aimer.

      Oui, les repas d’enterrement sont un moment important dans les familles.

      Non nous n’avons pas la vérité dans nos sociétés « occidentales » dites civilisées qui ne voient dans ces événements que des embrouilles économiques. La vie vaut mieux que ça !


      • slipenfer 5 août 2010 12:37

        article intéressant merci.
        Ils vivent dans la peur constamment, avec ce genre de croyance.
        Drôlement paranoïaque l ’ambiance.
        Leur fête sont elle du même tonneau ?  


        • Georges Yang 5 août 2010 12:43

          J’ai longtemps hesite a demander la publication de cet article J’aurais peut etre du m’abstenir vu la teneurs de certains commentaires
          Mais faut il occulter une realite genante ?
          Les mentalites evoluent, surtout en milieu urbain mais tres lentement
          La France rurale d’il y a 100 ans croyait aux guerisseurs, aux sorciers (le Berry) et a de nombreuses superstition
          Cela prendra du temps en Afrique, mais on y viendra
          Le parasitisme social, risaue par contre de durer


          • entrevuew 5 août 2010 12:49

            Vous dites : Cela prendra du temps en Afrique, mais on y viendra

            Moi perso j’en ai rien à foutre de leur vie plus on s’occupe d’eux plus on est accusé d’être des colonisateurs et au final se sont eux qui nous colonise.

            Sérieusement foutons leur la paix.


          • slipenfer 5 août 2010 12:57

            @ entrevuew

            on a compris, va jouer ailleurs 


          • Furax Furax 5 août 2010 13:18

            Vous auriez peut-être pu réfléchir encore un peu. Le sujet est beaucoup trop vaste et complexe pour être traité légèrement. 
            Vous dites être approuvé en Afrique et je vous crois. Notre « civilisation » mondialiste lamine tout, les antennes paraboliques sont une formidable agent de contagion.
            J’ai connu une Afrique profondément enracinée dans son passé, ses cultes tribaux, ses religions, sa nouvelle culture nationale, voire politique ( le « socialisme scientifique » à la congolaise, je ne suis pas un poulet de l’année !). Ces convictions étaient sincères. Tout ceci est fortement menacé par notre culte unique notre seul Dieu : le Pognon, seule référence admise dans le monde que nous connaissons. Donc, les jeunes africains s’interrogent, mais ça résiste pas mal quand même, en tout cas mieux que nous. 
            J’ai déjà exprimé ce que j’en pensais :
            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/come-back-africa-67601
            Pour ne parler que de la sorcellerie, c’est un sujet sérieux et captivant , un véritable système de régulation sociale. Je vous conseille l’excellent livre d’Eric de Rosny, « Les yeux de ma chèvre »"
            http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2370556&rubId=4078
            Je ne souhaite pas que les Africains deviennent ce que nous sommes : individualistes forcenés, haineux, cupides et désespérés. 


          • zvalief 5 août 2010 15:40

            @ Georges Yang,
            « La France rurale d’il y a 100 ans croyait aux guerisseurs, aux sorciers ... »
            la France d’aujourd’hui et pas que rurale y croit toujours, regardez autour de vous le nombre de personnes qui croient encore au rebouteux, magnétiseurs, sourciers, astrologues, etc ...
            ils sont rares les journaux et magazines qui n’ont pas leur pages horoscopes.


          • clostra 5 août 2010 17:51

            @zvalief

            n’importenaouac

            pourquoi tout mélanger ! Homme blanc grand guérisseur par toutatis !


          • clostra 5 août 2010 17:53

            dernière trouvaille Homme blanc : une crème pour faire l’amour avec son mari qui a le SIDA !

            Maqué !


          • clostra 5 août 2010 18:03

            Mais non c’est un article intéressant qui ouvre à la critique.

            On aimerait un commentaire d’ethno psychanalyste pour avoir une idée (partielle c’est vrai car il y a de grosses différences entre ces rituels et certains sont certainement très appropriés : vous ne présentez que les excés) sur les rituels funéraires dans les différentes sociétés, ces rites que l’on dit permettre d’identifier l « humanisation ».


          • slipenfer 5 août 2010 12:54

            @ Georges Yang
            il y a pas 100 ans, on dit dans dans nos campagne
            ce mec il a la physique (suspicion de sorcellerie)
            entendue cette phrase en 1990, clouer à l ’envers une chouette
            ou un hibou sur la porte de la grange pour éloigner le mauvais sort etc.....
            plus urbain,ne pas passer sous une échelle etc....
            les superstitions sont toujours d’actualité c’est une évidence.


            • Georges Yang 5 août 2010 13:00

              A certains commentateurs
              Relisez mon article precedent sur la SPI,
              Ou bien vous etes cons ou alors votre second degre m’echappe 


              • Dominitille 5 août 2010 14:32

                Bonjour Georges Yang,
                Vos deux articles sont excellents. J’ ai relu le premier et je confirme que malheureusement c’est bien la réalité. Dans l’ entreprise où je sévissais en Côte d’ ivoire il y a quelques années, la Direction avait octroyé sous la pression du syndicat une avance sur salaire, de naissance, mariage, décès, mobylette, rentrée scolaire, et j’en passe car j’ai oublié. Le salaire des ouvriers, des employés des agents de maitrise dont je m’occupais étaient grevés très régulièrement par un tas d’ avances. Certains arrivés le 15 du mois étaient à sec.
                J’ en ai vu certains demander deux avances naissance, car l’ épouse légitime et la maitresse accouchaient à quelques jours d’intervalle.
                Quant au décès, c’ était plus pittoresque parfois, car chacun des invités à l’ enterrement se devait d’ apporter un présent et parfois on donnait la liste des donateurs et de ce qu’ils apportaient.
                Il est vrai que chaque peuple à ses coutumes.
                Une anectode : un employé préférait que tous ses biens reviennent en totalité à sa famille, ses frères plutôt qu’ à son épouse, qui de toutes les façons serait prise en charge par la dite-famille. Pourtant, l’ épouse méritait cent fois plus les biens car elle trimait dur pour son charmant mari. J’ ai vu et assisté à des scènes épiques, indignes, lors du décès de certains employés.
                Bien sûr, en tant qu’ occidentale, certaines pratiques m’ indignaient mais je n’ étais là que spectatrice.
                Bonne journée.


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 5 août 2010 14:44

                  Bravo à l’auteur

                  Excellent article que seuls les imbéciles ou les ignorants de l’Afrique vont critiquer . Tout ce que vous décrivez est une réalité . J’ai dans mes cantines encore quelques grigris anti Jaguars . Ce jaguar n’étant pas le bel animal jaune tacheté de noir mais un avion d’attaque au sol de fabrication franco britannique utilisé longtemps en Afrique contre différents rebelles .

                  Quelque « sorciers » avaient réussi à persuader leurs « fidèles » que les balles ne pouvaient pas atteindre ceux que protégeaient les grigris . Les « croyants » en sont morts .

                  Un très beau film raconte l’épopée ou plutôt le drame des enfants soldats au Libèria et en Sierra Leone et on voit comment leur chef adulte leur fait une mise en scène avec des balles à blanc pour leur faire croire qu’ils ont invincibles .

                  Toute comparaison avec des superstitions de nos campagnes serait stupide .

                  Bien à vous !


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 5 août 2010 14:53

                    Références : Johnny Mad dog , blood diamonds et un livre remarquable : Allah n’est pas obligé ...

                    A plus


                    • LE CHAT LE CHAT 5 août 2010 15:06

                      le film blood diamonds avec di Capprio est excellent !


                    • Makan 5 août 2010 15:12

                      @L’auteur

                      Et bien sûr tout est rose en Occident où on peut crever dans l’indifférence générale et pourrir dans sa chambre sans que cela n’émeuve personne. Ah ben si : quand les voisins sont dérangé par les odeurs de décomposition, ils se rendent compte que quelqu’un a disparu.

                      Heureusement qu’il ya sur cette planète des gens qui ont décidé de vivre différemment.

                      Et puis, arrêtez de généraliser vos conneries à toute l’Afrique. Vous ne connaissez pas suffisamment ce continent. Le fait qu’il n’y ait pas eu de réaction à certains de vos conneries ne prouve pas qu’elles sont appreciées. C’est aussi culturel, ça mais vous ne le savez pas.


                      • CAMBRONNE CAMBRONNE 5 août 2010 15:22

                        A Maka

                        Pourquoi avez vous le droit de généraliser « l’occident » alors qu’il serait tabou d’en faire autant avec l’Afrique .

                        Non tout n’est pas rose en occident et tout n’est pas noir en Afrique . il y a cependant des charges lourdes qui pèsent sur ce continent et qui ne sont pas forcément dues à nous autres sales blancs colonialistes . Pourquoi serait il interdit d’en parler ?

                        Bien à vous


                      • Makan 5 août 2010 16:13

                        @CAMBRONNE,

                        Qui vous a parlé de blancs colonisateurs sur ce fil ? Relisez les posts avant de les commenter.


                      • CAMBRONNE CAMBRONNE 5 août 2010 15:52

                        A l’auteur

                        Encore moi !

                        J’étais un lecteur et un intervenant assidu d’Agoravox . Lassé de ce que j’y trouvais je m’en étais détaché ne faisant qu’un petit tour de temps en temps pour voir s’il y avait de la lumière .
                        Enfin un peu de lumière et c’est grâce à vous .

                        Je viens de lire quelques uns de vos articles qui m’ont particulièrement intéressé . J’aime votre ton, votre modération et j’apprécie votre connaissance des sujets que vous traitez . Le poids de la famille en afrique est un PB trop peu connu en Europe . Il y a de cela trois fois trente trois ans un Missionnaire italien en poste au Tchad m’avait expliqué l’affaire comme vous le faites aujourd’hui . Il n’ y a rien à ajouter ni enlever . Ce Missionnaire était un saint homme loin de la caricature prisée de nos compatriotes .

                        Bien à vous .


                        • Makan 5 août 2010 16:21

                          @CAMBRONNE,

                          C’est vrai que si vous vous occupiez un peu de vos oignons, on ne vous traiterait pas de blancs colonisateurs. Ce missionnaire aurait dû regarder autour de lui en Europe avant d’aller s’occuper du poids de la famille en Afrique. Il y aurait vu de millions de petits vieux et vielles abandonnés par les enfants qu’ils ont élevés avec tant de mal. Lesquels enfants mus par une recherche effrénée du plaisir et de l’argent ne sont plus capables de compassion envers leurs propres géniteurs. Oui, c’est vrai que là on ne peut pas parler du poids de la famille. Pas étonnant que vous ne fassiez plus d’enfants et que vous soyez de plus en plus envahis.

                          A force de voir la paille dans l’oeil d’autrui vous finirez par vous prendre une poutre dans la gueule.


                        • antonio 5 août 2010 19:46

                          Je vous félicite pour cet excellent article.
                          Tout ce qui contribue à présenter avec exactitude et objectivité les moeurs des Africains est bienvenu car en France sévissent bien des préjugés tant péjoratifs que mélioratifs sur les peuples de ce continent.


                          • Georges Yang 6 août 2010 15:11

                            A Makan
                            Vous n’appreciez pas ma prose , c’est votre droit
                            J’aurais aime repondre hier , mais panne d’electricite, serveur qui plante, c’est aussi ca l’Afrique
                            Je ne vous suis pas dans votre raisonnement, vouleex vous un conservatoire des trraditions, un continent transforme en « zoo humain » pour les touriste et qui repeterait les meme s traditions de facon immuable ?
                            La modernisation de l’Afrique est en marche, elle est ineluctable, les traditions befastes au developpement doivent disparaitre
                            Il n’a quasiment plus de nomades, car le chameau ne peut rivaliser avec le camion


                            • Makan 6 août 2010 15:54

                              @Georges Yang,

                              Loin de moi l’idée de créer un zoo humain, spécialité de vos ancêtres. Cela ne fait pas partie de ma culture.

                              Ce que je dénonce, vous l’avez compris mais vous êtes de mauvaise foi, ce sont vos généralisations de traditions locales à toute l’Afrique. Sans compter que vous vous être auto-proclamé spécialiste de ce continent mais un spécialiste qui n’en rapporte que les mauvais côtés, comme le font à longueur de journée tous les médias occidentaux. Si vous n’aimez pas ces traditions, rien ne vous oblige à vivre dans ces pays. Barrez-vous, point final.

                              Cela vous permettra d’aller peut-être sur votre continent où tout est si beau et parfait.

                              L’Afrique évoluera mais à sa façon et cela malgré ses détracteurs comme vous.


                            • Georges Yang 7 août 2010 10:40

                              Makan
                              Decidement vous ne comprenez rien, vous vous enfermez dans un dogmatisme bien pensant
                              Paradoxalement, les cultures et les civilisations africaines m’interesse, cela n’empeche d’avoir un regard critique
                              J’ai appris la liberte en Afrique, la prise de risque, la joie de vivre,
                              Lisez mes articles sur le SIDA en Ouganda, sur le tourisme de masse, sur le Darfour pour vous faire une idee
                              Ce qui est amusant en somme , c’est que d’autres commentateurs me trouvent trop complaisants avec les Africains, car ils les detestent sans les connaitre
                              J’en connais beaucoup et je ne les deteste ni ne les meprise


                            • Makan 10 août 2010 02:34

                              @Georges Yang,

                              C’est vous qui ne comprenez rien. Vous ne comprenez pas qu’on n’a pas besoin de gens comme vous pour dire du bien de nous. On s’en fout comme du mal que nous dit les autres.

                              Un proverbe de chez moi dit que ce n’est pas parce que ton ennemi dit du mal de toi que tu es fini.

                              Nous n’avons que faire de votre gentillesse envers nous. Reservez cela aux vôtres qui vont de plus en plus en avoir besoin.


                            • Georges Yang 10 août 2010 10:31

                              Makan
                              Selon vous seul un noir peut parler desAfricains
                              Et chacun dans son coin, ca s’appelleapartheid
                              Petrossian a pris une africaine dans son restaurant de caviar, il a tort , elle aurait du rester au Mafe et a la banane plaintain, si on suit votre raisonnement


                            • Georges Yang 6 août 2010 15:13

                              Certais commentaires ont ete supprimes par Agoravox
                              Ce n’est pas a ma demande, mais je dois reconnaitrre que certaines interventions etaient minables


                              • Causette Causette 8 août 2010 17:18


                                donc avis aux amateurs d’exotisme... si vous vous mariez avec un africain ou une africaine, vous épousez toute la famille smiley

                                bonjour Georges Yang, votre article est très instructif ainsi que celui sur la famille

                                tout de même, je me demandais si l’islam et le christianisme n’avaient pas accentué le phénomène des croyances en Afrique et ainsi développer une plus grande dépendance à la famille ? les rites et pratiques africains étaient-ils les mêmes avant que ces religions ne s’implantent en Afrique ?
                                car le christianisme et surtout l’islam ne reconnaissent pas la liberté individuelle d’entreprendre puisque tout est écrit dans un livre.

                                nous avons un ami -marié à une femme ivoirienne- qui est parti habité à Abidjan ; ils se font construire une maison là-bas ; bon, d’après les nouvelles, l’ami n’a pas l’air de se plaindre de son sort smiley juste le fait, dit-il en plaisantant, qu’il n’a pas le droit de faire la cuisine ni la vaisselle en présence de la famille de sa dame, car ce ne serait pas convenable (?) - lui qui aime tant faire la tambouille. en vérité, il fait ses petites recettes franchouillardes quand la belle famille n’est pas présente (en espérant qu’on ne lui jettera pas un sort  smiley)


                                • SylvainD 9 août 2010 11:34

                                  Encore une fois ma réaction vient un peu tard.

                                  Je pense qu’il n’y a malheureusement que du vrai dans votre article, mais il faut prendre en compte aussi le fait que la mort est partie prenante de l’existence dans nombre de pays en Afrique : la pauvreté et l’environnement donnent du grain à moudre aux croyances. Et cela il faut le gérer. 
                                  Par comparaison nos sociétés occidentales ne prennent plus de temps en « mortification » mais cela constitue je crois déjà un problème et le sera de plus en plus. 
                                  Où est le juste milieu ? comme le dit un commentateur, l’argent en bout de course doit-il être le seul critère ?

                                  • Georges Yang 9 août 2010 13:01

                                    Sylvain
                                    merci de vos deux interventions bien que tardives

                                    L’argent n’est pas tout, mais c’est tres important quand on en a peu, alors , il faudrait eviter de le claquer en funerailles ou pour des parasites

                                    Sur un forum africain, mon article a fait l’objet d’une analyse
                                    La conclusion allait dans mon sens, ’la parente n’est pas un metier’

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