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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le rôle de l’art dans le mensonge organisé de l’oligarchie

Le rôle de l’art dans le mensonge organisé de l’oligarchie

Au cours du temps, après avoir écrit un certain nombre d'articles sur l'art, et partagé d'innombrables débats dans le cadre associatif artistique, j’ai échangé avec beaucoup de personnes sur la question que je me pose encore tous les matins : « à quoi sert l'art ? ».

Je suis convaincu que l’art n’est pas la cerise sur le gâteau, mais la farine du gâteau. Il n’est pas seulement le parfum des fleurs, mais l’oxygène de l’air. Le royaume de l’art est l’égal du royaume de l’économie et de celui de la politique. Mais……les oligarchies aiment les royaumes et veulent les contrôler à leur avantage.

Avec le recul de l'expérience, je crois comprendre la raison pour laquelle ces oligarchies veulent contrôler l'art depuis toujours.

 

Au cours du temps, après avoir écrit un certain nombre d'articles sur l'art, et partagé d'innombrables débats dans le cadre associatif artistique, j’ai échangé avec beaucoup de personnes sur la question que je me pose encore tous les matins : « à quoi sert l'art ? ».

Je suis convaincu que l’art n’est pas la cerise sur le gâteau, mais la farine du gâteau. Il n’est pas seulement le parfum des fleurs, mais l’oxygène de l’air. Le royaume de l’art est l’égal du royaume de l’économie et de celui de la politique. Mais……les oligarchies aiment les royaumes et veulent les contrôler à leur avantage.

Avec le recul de l'expérience, je crois comprendre la raison pour laquelle ces oligarchies veulent contrôler l'art depuis toujours.

Il existe en effet un enjeu considérable dans le contrôle de l’art : priver l’art et les artistes d’une énergie qui génère une subversion naturelle.

 L’art est l’espace de la puissance individuelle, ce contrôle est donc une attaque directe contre la force créative de tous les humains.

 

Contrôler mais Pourquoi ?

Parce que l'homme qui illumine sa vie grâce à la pratique d’un art accède à une certaine autonomie. Non pas de cet art de fabrication d'objets (aussi beau soient-ils), non pas de cet art référencé « officiellement » par l’idéologie du moment, non pas de cet art publicitaire et commercial, mais de l'art qui implique une mise en mouvement de la sensibilité, de l'observation, et de la quête d'un équilibre en toute chose dans notre environnement extérieur et intérieur. La démarche artistique est avant toute chose un art de vivre qui fait naître une civilisation équilibrée et naturellement intégrée.

La pratique artistique est le moyen d'incarner cet art de vivre dans des œuvres de l’esprit, mais avec un corps : l’oeuvre. Les oeuvres que nous réalisons sont importantes comme témoin de cet art de vivre.

L'art procure à l'individu une réappropriation complète ou partielle de son corps. Il met en mouvement des facultés mentales et spirituelles individuelles. Il donne un regard particulier à ceux qui, sans lui, ne vivraient que dans des routines ou la pensée unique.

L’art permet le partage de cet art de vivre grâce à l’interface que représentent les œuvres. Celles-ci sont des portes qui ouvrent sur une relation humaine merveilleuse faite de connaissance, de contemplation, de plaisir esthétique, d’apprentissage, d’exemplarité…..

L'art peut procurer l'autonomie dans un premier temps et …….. la liberté dans un deuxième temps : c’est évidemment ce dont ne veut pas l’oligarchie.

 

Comment l'oligarchie contrôle et endigue la puissance artistique naturelle de l’humanité ?

En créant un artifice complexe : l’art contemporain.

 

La puissante et dangereuse attaque de l'art contemporain a pour but :

1-La destruction de l’art et du métier d’artiste :

Le métier d'artiste : les qualités communément reconnues à l'artiste (sensibilité sens de l'observation, spontanéité etc.) ont toujours eu besoin pour s'exprimer d'un savoir-faire. Ce savoir-faire implique un apprentissage, une pratique, une présentation directe au public.

Ce savoir-faire est articulé sur une accumulation de connaissances et de matériaux qui ont traversé les siècles. L'artiste créateur idéalisé aujourd'hui est une sorte de demi-dieu séparé du monde et des humains authentiques. Au cours des siècles « l'artiste artisan » était au contraire immergé dans la société dans laquelle il jouait un rôle d'harmonisation.

Lentement mais sûrement, au cours des siècles, l'art a progressivement quitté l'artisanat. Après un dernier baroud d'honneur à la fin du XIXe siècle avec le formidable mouvement de l'art nouveau, les politiques, les financiers ont profité de la première guerre mondiale pour user le dernier lien qui existait entre les productions d'objets et l'art en invoquant la modernité : dorénavant, le monde ne sera plus un organisme vivant (dans lequel la beauté, l’art ; l’équilibre jouent un rôle central), il sera une machine rationalisée à l’extrême. Ce travail sera achevé par la deuxième guerre mondiale.

(Cela mériterait un long développement que je ferai plus tard).

 

2-La destruction de l’œuvre par une valorisation arbitraire :

La financiarisation des œuvres : en amenant jusqu’à la folie la spéculation dans l’art, les riches ajoutent un paramètre très perturbant dans les consciences : la dimension sensible, le rôle relationnel de l’art est ringardisé par la disproportion de la « valeur ». Il y a les œuvres à 1000 euros et celles du monde des dieux à plusieurs millions. Jeff Kons avec un homard en plastique à 16 000 000 d’euros crée un séisme dans l’esprit d’un brave gars qui gagne le SMIC. Un peu comme lorsque celui-ci voit une personne qui lui ressemble gagner 118 millions d’euros à l’euro million. Nous sommes dans la stratégie du choc décrite par Naomie Klein. L’art perd son rôle de boussole culturelle, il perd son rôle nutritif, et la population affamée tourne en rond désemparée, désorientée. La Pub va pouvoir enfin remplacer ces vieux trucs et montrer la voie du bonheur et du monde nouveau.

 

3-La constitution de  héros-artistes contemporains :

Il ne suffit pas de démolir un processus sain, il faut aussi le remplacer par quelque chose qui sert les intérêts de l'oligarchie.

Les créateurs « dits contemporains » définissent officiellement leurs actions comme « la négation de ce qui est, et la lutte contre ce qui est ». Ils tentent de donner l'image de la liberté, l'image de la modernité (qu'ils appellent même « avant-garde »), en fait, l’image d'une spiritualité égotique qui rappelle les dieux de l'Olympe, sans préciser qu’elle est totalement matérialiste. Mais cela marche : de peur d'être ringardisés la plupart des gens se sont détournés de l'art. Cerné par les écrans, par le divertissement sans art, par des objets sans art, par un temps sans art (privé de contemplation), l'homme sans art ne sait même plus ce qu'est une vie riche, créative. Ce processus terrible se passe dans une inconscience généralisée

 C'est donc une rupture totale avec ce qui fonde nos civilisations, nos savoir-faire. Cette abstraction désincarnée, en prise directe avec la fascination symbolique de la célébrité et de l'argent engendre une destruction radicale de la conscience humaine. Tout en faisant croire que l’art existe toujours, l’oligarchie tente (et y arrive souvent) de priver progressivement l’humanité du sens du beau, de l’unité, de l’envie d’apprendre, de transmettre, et de la joie de partager. L’œuvre ce mot convient’il ? Disparaît derrière un système de représentations codifiées appelées : « création ».

Ils ont fait une image fantôme de l’art qui ne nourrit pas plus les esprits humains que la photo d’une pizza ne nourrit les corps. Il remplit les estomacs d’une fausse nourriture sans aucun élément nutritif. Pire, la vraie nourriture saine devient inaccessible, et les classes pauvres ne sauront même plus qu’elle existe. Voilà le véritable enjeu ! La population est enfin prête en profondeur à aimer la servitude volontaire par émasculation et vampirisation de son énergie vitale.

Cela représente le graal de l’oligarchie, qui croit que lorsqu’elle aura coupé les ailes créatives des hommes et empêché tout lien par la sensibilité entre eux, elle pourra garder éternellement son terrain de jeu (la terre et ses richesses) à disposition.

 

Le plus drôle, c'est que l'oligarchie se délecte dans cet art dont elle prive les populations.

 

Que pouvons-nous faire pour résister à cette attaque ?

-Inciter nos contemporains à pratiquer les arts et la culture (heureusement, il y a encore des millions de personnes qui jouent de la musique, peignent, dansent, jardinent, cuisinent…..) . Une culture sans pratique n'est qu'une poubelle d'information. Le spectacle de l'art n'a de sens que s'il complète la pratique. Car l’art n’est pas un objet de consommation

-Dénoncer l'imposture de l'histoire de l'art qui est une sorte de cadre sclérosant (toujours écrit par ceux qui tirent les ficelles). Les maîtres de l'histoire de l'art se présentent comme une autorité devant laquelle la plupart des gens se soumettent.

-Refuser la classification hiérarchique indiquée par la valeur économique.

-Agir avec notre sensibilité et notre savoir et envie de faire (quel que soit notre niveau) pour rendre notre environnement plus équilibré, plus beau.

-Partager notre passion avec les autres et surtout l'enseigner.

La révolution sera artistique. Par le regard artistique, les activités les plus techniques et apparemment rébarbatives peuvent devenir fluides et vivantes.

On peut être un artiste politicien, un artiste scientifique, un artiste économiste etc. En fait, aucune activité humaine ne peut être privée d’art sans que cela n’engendre des catastrophes.

 

La pratique artistique ne coûte pas cher c’est là son principal défaut. Nul besoin d’être Paco de Lucia pour être heureux avec une guitare, Nul besoin d’être Léonard pour peindre (même mal) avec une joie immense : un désuet paysage, un portrait « un peu ressemblant ».

 Et si comme maître Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, nous étions bien plus artiste que nous le croyons ?

Me revient en mémoire le regard attentif et joyeux d’une vieille dame qui dosait les ingrédients d’une soupe de légumes, après avoir lentement caressé ces mêmes légumes. Cela a représenté un moment théâtral, pictural, odorant, musical d’exception.

 

A mes visiteurs et à mes élèves, j’aime dire  : Sans doute plus peintre que vous, je ne suis pas plus artiste que vous. En faisant le premier pas sur le chemin de la pratique de l’art (de vivre), vous commencez à rendre le monde meilleur et libre.

 

Voila le panorama de l’art actuel. L’attaque est directement dirigée contre l’Esprit (j’ai lu que ce plan dévastateur « aurait » été initié dans les années 20 par la femme de Rockefeller et le fameux Bernais….)

« La beauté sauvera le monde » Dostoïevski

 

Sylvain Loisant 

 

Ps :Oligarchie et création :

La seule solution pour un « créateur » est de plaire à la Cour. Même lorsqu’il joue à la subversion, il fortifie le système qu’il feint de provoquer.

Pourquoi cette farce est elle poussée si loin ?

Parce que l’oligarchie veut contrôler le plus possible la force créative des individus libres, pour que ceux-ci se soumettent totalement à leur domination, mais aussi par un besoin de divertissement : l’oligarchie a crée un terrain de jeu avec l’art et les artistes. Quelle jouissance les oligarques ont de jouer avec l’histoire de l’art, spéculer avec l’art, entrer en concurrence ostentatoire grâce à des créations qu’ils sont maintenant capables (jouissance divine suprême) de fabriquer eux mêmes, puisqu’ils ont fait des « créateurs sans savoir faire »,…. leurs choses.

 


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40 réactions à cet article    


  • Suldhrun Suldhrun 17 mai 2012 14:55

    Le bonjour sylvain

     Superbe !


    • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 17 mai 2012 15:12

      Le slogan suprême du système pourrait être :


      Libérez-vous de vous-mêmes !

      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 mai 2012 18:30

        Des artistes comptant pour rien ont aujourd’hui beaucoup de valeur,d’autant plus que leurs oeuvres n’en reflètent aucune .


        • astus astus 17 mai 2012 18:55

          Merci pour votre article qui rappelle opportunément que l’art est un bon moyen d’accéder à la liberté grâce à sa force créative. Personnellement je pense souvent à ces artistes du magdalénien et même de l’aurignacien qui peignaient ou gravaient dans les grottes au péril de leur vie (en raison du risque d’anoxie) et qui, en plus des nombreux témoignages de beauté qu’ils nous ont laissés, ont inventé la perspective, la 3D, le mouvement, la technique du pochoir, l’estompage, le clair-obscur, tout en introduisant la spiritualité dans l’art. Il faudra probablement attendre la Renaissance pour assister à une créativité comparable.

          Néanmoins je trouve votre constat sur l’art contemporain plutôt injuste, même si je vous rejoins sur une mainmise oligarchique et financière qui tend à tout pervertir. Mais ce phénomène dépasse largement la création artistique : il s’agit en effet d’une crise généralisée des valeurs en occident, d’un affaiblissement de la spiritualité (que je ne confonds pas avec les religions), et d’un désarroi face aux représentations mentales de notre monde qui sont angoissantes parce qu’elles réduisent l’humain à des variables purement marchandes, et qu’elles altèrent le lien social.

          Je pense pour ma part que toutes les époques génèrent de grands artistes. Il est bien sûr choquant que Jeff Koons vende son homard en plastique 16 000 000 €, mais s’il y a des crétins pour l’acheter c’est leur problème, et cela n’enlève rien à sa réelle créativité qui rejoint la subversion d’un Maurizio Cattelan dont le regard sur notre monde est si pertinent. La France possède aussi de grands peintres comme Gérard Traquandi ou Pierre Soulages, entre autres. Et puis comme vous le dites si bien chacun peut être l’artiste de son existence, en jardinant, en cuisinant, en écoutant…

          Cordialement.

           


          • Richard Schneider Richard Schneider 17 mai 2012 19:09

            à l’auteur : superbe article

            à astus : très intéressante analyse - qui mériterait d’être développée. Pourquoi pas un article sur le sujet ?

          • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 mai 2012 19:37

            Je doute de la réelle subversion des « oeuvres » d’un « artiste » ancien trader ne réalisant rien de ses propres mains (car le homard comme tous ses autres jouets géants pour milliardaires infantiles a été fait par des ouvriers), complice des grands financiers de l’oppression et soutenu par des chefs d’Etat corrompus. 


            C’est un peu comme si on parlait de l’esprit de résistance d’un marchand de faux médicaments qui ferait fortune au marché noir en trafiquant avec l’occupant pour empoisonner la population. 

            La subversion sur laquelle il est écrit « subversion », c’est de la merde en boîte (si vous voyez ce que je veux dire). 

          • symbiosis symbiosis 18 mai 2012 13:32

            Magnifiques contre exemples de désinformation concernant les trois exemples cité par astus.
            Traquandi étant soutenu et subventionné depuis des lustres par l’oligarchie de la région PACA.
            Il en va de même avec Soulage soutenu et subventionné par l’oligarchie au niveau hexagonal dont la côte très spéculative atteint des millions et dont les toiles peuplent les murs des ministères et autres hauts lieux de pouvoirs publiques et privés et bien sûr Cattelan, artiste subversif soutenu et subventionné lui, excusez du peu, par l’oligarchie globalitaire et illuminati, celle-là même qui est mise en cause dans cet important article.


          • astus astus 20 mai 2012 16:49
            A symbiosis,

            Vous semblez vous alarmer du fait que les artistes que je cite reçoivent des subsides de l’oligarchie ou des commandes de l’Etat mais je crains que la désinformation soit plutôt de votre côté dans la mesure où pratiquement tous les grands artistes reconnus pour leur talent par leurs pairs ont toujours été sponsorisés par l’oligarchie de leur époque, et ce depuis l’antiquité.
             
            Phidias était sponsorisé par Périclès, Léonard de Vinci par Ludovic Sforza et François Ier, Michel Ange par Laurent de Médicis, Vélasquez par le roi Philippe IV, Rembrandt par Frans Banning Cocq et le prince Antonio Ruffo de Sicilie, et même Le Caravage,qui était pourtant un délinquant notoire, par le cardinal Francesco Maria Borbone del Monte !

            Dois-je continuer la liste pour montrer que votre critique de l’oligarchie devrait aussi être rétroactive et qu’en cas de manquement de sa part cela nous aurait privé de bien belles oeuvres qui profitent à toute l’humanité ?

            Il faudra vous y faire : s’il est tout à fait normal, et utile, de critiquer les excès évidents de la finance actuelle, il est pourtant tout aussi légitime que de l’argent puisse être employé pour sponsoriser des théatres, des expositions, ou des artistes en général. La spéculation qui peut s’exercer ensuite est un tout autre problème, qui n’est pas nouveau lui non plus, et les « illuminati » ne sont pas toujours où l’on croit.

            Cordialement

          • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 20 mai 2012 19:37

            Ce qui est contredit par le fait que des artistes ou prétendus tels reçoivent des subsides de l’oligarchie ou des commandes de l’Etat, c’est leur caractère subversif, dont ils se prévalent généralement avec véhémence. C’est devenu une sorte de mode officielle de singer la subversion - ce qui permet de discréditer la vraie subversion. C’est pourtant clair : on ne peut pas être subversif et subventionné par l’Etat du début à la fin d’une carrière, par exemple. On ne peut pas non plus être libre en étant redevable à un système mafieux où les cotes des artistes sont définies artificiellement par des larrons qui se tiennent tous par la barbiche pour pigeonner plus cons qu’eux


          • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 mai 2012 19:26

            Il serait intéressant de définir cette « oligarchie », car rien n’est simple : toutes les personnes puissantes politiquement ne sont pas forcément amateurs des formes laides proposées par le marché de l’art officiel prétendument contemporain. 

            Toutes ne sont pas non plus animées par des projets visant à détruire machiavéliquement la liberté.

            De nombreux chefs d’Etat sont assez cultivés pour avoir conscience que les formes de l’art officiel prétendument contemporain sont sans intérêt. Et que tout cela est une grande mascarade.

            La question est : pourquoi malgré tout, personne parmi ces oligarques ne dit la vérité ou simplement ne s’exprime sincèrement pour s’opposer à la prolifération des impostures culturelles et à leur valorisation marchande démesurée et artificielle ? Comment sont-il tenus par les couilles (même quand ils en manquent ) ?



            • Odal GOLD Odal GOLD 17 mai 2012 19:36

               
                « Le Cri » de Munch vendu 120 millions de dollars : pourquoi ce tableau si laid vaut-il si cher ? Même s’il ne coûtait que 20 euros, jamais je ne l’accrocherais chez moi....

               Ou tout simplement l’art d’aujourd’hui fait souvent apparaître « L’homo démocratus, économicus et mondialiste  », et il (ce dernier) n’est vraiment pas beau ?

              Par contre, j’aime bien ce tableau dadaïste de Julius Evola :
              >>> http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2008/10/03/entretien-inedit-avec-julius-evola.html
               

               


              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 mai 2012 19:46

                 « Le Cri » de Munch vendu 120 millions de dollars : pourquoi ce tableau si laid vaut-il si cher ? Même s’il ne coûtait que 20 euros, jamais je ne l’accrocherais chez moi....


                Il est possible que ce tableau ait été acheté secrètement par le marchand lui-même, uniquement pour relancer le marché ou pour faire monter sa société en bourse. C’est courant. Dites-vous bien que TOUT, absolument tout est faux dans ce domaine : les oeuvres, les prix, les articles de presse commandés, le trafic des héritiers, les experts, etc. 

                Cela dit, ce tableau est très expressif, et au moins, c’est de la la peinture ! Le peintre a manifestement voulu transmettre une grande angoisse et de ce point de vue, c’est réussi, non ?

              • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 mai 2012 19:56

                Ceci dit, l’article d’Evola est très intéressant. 


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 17 mai 2012 20:02

                Moi j’aime bien « le cri de la mouche », chef d’oeuvre d’un enculeur conceptuel !


              • Pie 3,14 17 mai 2012 20:21

                L’article est sympathique mais bien naïf dans sa dénonciation du marché de l’art.

                Historiquement, il n’y a jamais autant de créateurs qu’aujourd’hui dans les pays développés. la plupart le vivent comme une passion non destinées à les faire vivre.

                Le marché doit être considéré au pluriel, il est multiple et concerne avant tout des oeuvres dont le prix reste modeste. Il est assuré par les galeries, les enchères, la vente directe.

                Les oeuvres dont parlent les grands médias et dont les prix frappent l’imagination ne représentent que l’écume de ce marché. Le marché de l’art a toujours été spéculatif et mis en avant quelques artistes dont seul le temps dit plus tard si les acheteurs ont fait un bon choix.

                Jeff Koons sera peut-être oublié dans 50 ans mais il est certain que celui qui a acheté la dernière version du Cri de Munch achetable ( les 3 autres sont au musée d’Oslo) a fait une bonne affaire. Cette figure, aussi connue que celle de la Joconde ne perdra jamais sa valeur marchande car elle est définitivement entrée dans la mémoire collective et l’histoire des arts.

                Il n’y a pas une oligarchie qui décide de tout et du goût. Il y a toujours eu de gros acheteurs, des modes, des spéculations plus ou moins avisées, des collectionneurs fous.
                Cela n’empêche pas un art contemporain riche et varié d’exister.


                • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 17 mai 2012 21:32

                  Certes le marché est pluriel, mais de même que les dérives du sport de haut niveau rejaillissent sur les pratiques amateurs, on ne peut nier que le modèle donné par le prétendu « grand art » du marché institutionnel conditionne un rapport plus général à l’art, aux artistes et aux oeuvres. Ne serait-ce qu’à travers l’enseignement proposés aux jeunes dans les académies d’Etat et les universités, et même dans les cours au lycée dans lesquels des histrions sont donné en exemple. A la troisième génération d’abrutis éduqués par des abrutis répétant les idioties médiatiques légitimées par le gouvernement et le marché de l’art, que reste-t-il d’une culture artistique ? 


                • katakakito 17 mai 2012 21:59

                  L’art contemporain est à l’art ce que la spéculation financière est à l’économie. Comment faire du fric avec rien.
                  Un paquet d’ordure, un trognon de pomme érigés en œuvre d’art (je l’ai vu !), cela avec beaucoup de baratin pour vous expliquer que c’en est. Comme le baratin de ces économistes à la télé qui nous vendent des solution qui nous mènent à l’abime.

                  C’est le même principe à l’œuvre

                  D’ailleurs je me demande s’il n’y a pas la dessous une magouille pour éviter de payer des impôts. Pour transmettre en douce un héritage par exemple. Comme la demande est forte et que les vrais artistes peu nombreux ne peuvent y pourvoir, l’art contemporain qui ne nécessite aucune disposition particulière permet de produire les œuvres en plus grande quantité et de répondre à la demande. Bon c’est mon avis...


                  • sylvain loisant 17 mai 2012 22:04

                    Bonsoir à tous,
                    Effectivement le problème est que l’art oligarchique s’impose comme l« économie de marché comme modèle universel dans les écoles, dans les médias,dans la tête de nos élus qui veulent être dans le coup. Dans une esthétique publicitaire déconnectée de tout savoir faire, puis dans nos modes de consommation d’objets sans art ni âme que nous finissons dans un abrutissement par considérer comme normaux.
                    Cet article est un coup de gueule qui ne prétend pas clore le débat. Je ne pense pas être naif.
                    En identifiant l’art de manipulation, je cherche justement à mettre en valeur le formidable mouvement créatif universel qui existe toujours heureusement. C’est le fait d’innombrables individus créatifs en dehors de tout système global. L’art comme »la liberté est un pays sans chemin" Krisnamurti
                    Je sais qu’il existe l’art de galerie, l’art amateur de salon, et beaucoup d’autres types d’arts dont je n’ai pas parlé.


                    • katakakito 17 mai 2012 22:32

                      oui, je suis tout à fait d’accord avec vous. J’ai apprécié votre article. Il y a des artistes encore et des vrais qui tentent de survivre à ce rouleau compresseur.
                      Cet art contemporain ne se fonde pas sur les œuvres créées qui dépassent l’artiste qui les ont réalisées, mais sur la personne de l’artiste ( pour ne pas parler de personnalité car parfois je doute qu’il en ait), qui a été « autoproclamé » « artiste » par des marchands qui lui attribuent donc une valeur comme on attribue de la valeur a certaines marques de vêtements, de parfums ou de montres.
                      Au 19ième siècle on appelait artiste un poète, un peintre, un compositeur. Aujourd’hui on appelle artiste un couturier, un parfumeur, un DJ.. Voyez où l’on est tombé.


                    • Klisthène 2017 Kxyz 17 mai 2012 22:40

                      les commandes faites par les rois n étaient pas déjà une maitrise de l Art...
                      et lorsque vous parlez d art de quels arts faites vous référence ??....
                      l Art ne résume pas à la vente de chefs d oeuvre à des prix indécents il est vivant mouvant ...
                      il n y pas l Art mais des Arts et bien souvent populaire....


                      • lulupipistrelle 17 mai 2012 23:34

                        Même à l’époque où les rois étaient les principaux mécènes, les artistes pouvaient aussi vivre de leur art en « échangeant » avec la population...
                        Si vous faites un tour dans nos Alpes, vous pourrez suivre la route qu’empruntaient les Italiens, qui remontaient vers l’Europe du Nord en suivant les fresques sur les façades des maisons, on en trouve dans le moindre petit village... 


                      • lulupipistrelle 17 mai 2012 23:38

                        @ L’auteur : l’artiste est subversif, parce qu’il est autonome...

                        Votre article me plait beaucoup. Merci de souligner qu’on tente d’écraser les artistes avec la notoriété artificielle de quelques élus. Et merci de rappeler que le public n’est pas dupe.


                        • Henrique Diaz Henrique Diaz 18 mai 2012 02:06

                          A l’auteur,
                          Je partage votre critique de l’art contemporain dans l’ensemble, mais je trouve qu’il y a certaines approximations voire contradictions.

                          D’abord, il y a certainement des artistes contemporains qui éprouvent un vrai plaisir à la fois sensible et intellectuel dans leur pratique artistique et qui le transmettent.

                          Je trouve ensuite que vous ne définissez pas très clairement ce que vous entendez par art : d’un côté, vous l’assimilez presque à l’artisanat, et vous indiquez un critère pour distinguer l’artiste à l’ancienne du charlatan : le savoir faire et d’un autre côté, vous suggérez que tout le monde est artiste alors qu’il est évident que tout le monde n’a pas acquis un savoir faire artistique. Et aussi, vous mettez en avant la notion de beauté, de plaisir esthétique et vous dites en même temps que peu importe si le portrait n’est pas réussi ou que la cuisine, c’est de l’art. Pourquoi pas le foot tant qu’on y est ?

                          Je crains que vous confondiez le beau et l’agréable. Le cri du Munch peut être reconnu comme beau, non parce qu’il représente une belle chose (l’angoisse de l’existence) mais parce qu’il est la belle représentation d’une chose. En ce sens, l’œuvre d’art est un moyen d’éclaircir un peu le mystère de ce que c’est que d’être une conscience incarnée, ce que vous avez l’air de dire à des moments tout en suggérant que cela peut être un peu tout et n’importe quoi du moment qu’on soit sincère et de bonne volonté.

                          Quant au rôle de l’oligarchie, vous avez l’air de présenter un complot orchestré en toute connaissance de cause. Je pense qu’il s’agit surtout d’effets qui découlent de la logique capitaliste et plus généralement de la concentration des pouvoirs dans une société. Comme l’avait vu Bourdieu, la classe dominante a toujours eu besoin d’affirmer une sorte d’essence foncièrement différente du reste de la population pour justifier son existence. Le goût pour les œuvres que le public ne comprend pas n’est pas particulièrement un goût pour ces œuvres mêmes mais un moyen de distinction sociale. Quand Van Gogh ne vendait pas une toile de son vivant, le public populaire n’aimait pas plus ses œuvres que le public dominant. Quand le marché de l’art a valorisé Van Gogh, le public n’a pas mieux compris au départ puis le plaisir de contempler du Van Gogh est apparu, avec le temps. Mais si cet intérêt populaire pour Van Gogh était apparu trop vite, avant que le marché de l’art écoule toutes ses œuvres, il n’aurait plus eu de valeur ou beaucoup moins aux yeux des dominants.


                          • abelard 18 mai 2012 10:14

                            Merci pour ce bel article qui fait vraiment chaud au coeur.

                            Je partage la plupart des arguments de ce texte et particulièrement ce que vous dites sur la « destruction du métier d’artiste ».

                            Monsieur Henrique Diaz critique dans son commentaire la confusion qu’il a cru relever entre art et artisanat :
                             "vous ne définissez pas très clairement ce que vous entendez par art : d’un côté, vous l’assimilez presque à l’artisanat, et vous indiquez un critère pour distinguer l’artiste à l’ancienne du charlatan : le savoir faire et d’un autre côté, vous suggérez que tout le monde est artiste alors qu’il est évident que tout le monde n’a pas acquis un savoir faire artistique.« 

                            Ma propre pratique, celle de mon métier, m’a amené à relativiser cette fameuse coupure ontologique que l’on nous ressasse partout entre art et artisanat.
                            Je crois que la différence entre les deux n’est pas aussi tranchée. Pour moi, ce qui est vraiment important n’est pas le »résultat« mais le chemin qui y mène.
                            Au japon par exemple, cette dissociation n’existe pas. L’artisan qui consacre sa vie à peaufiner son oeuvre peut obtenir le titre envié de »trésor vivant« .
                            Un objet d’art n’est donc pas indépendant de la vie de l’homme qui l’a créé, il en est l’expression toujours en mouvement, toujours à la recherche d’une perfection, d’un idéal. .. Pour un Japonais, ce qui est capital, c’est la voie, le »do« indépendant du domaine d’expression choisi.
                            Je me souviens d’avoir un jour posé une question à Philippe de Broca : »Quel est ton chef d’oeuvre, pour toi ?« Il m’a répondu : »Mon prochain film« ...
                            C’est en sens qu’il était un véritable artiste alors qu’il ne se serait jamais défini comme tel.
                            L’idée de la création artistique comme exception, comme illumination soudaine et transcendante due au geste d’un artiste »génétique« , est une imposture politique. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette façon de voir les choses, séparant les »artistes« innés des artisans »besogneux« ...

                            Quant à la pratique artistique de madame et monsieur Toutlemonde, elle est absolument nécessaire. Non pas parce qu’elle serait »égale« à celle des plus grands artistes, car il lui manquera toujours cette dimension d’engagement d’une vie entière, mais en raison de sa dimension éducative. Il faut être un peu musicien soi même pour apprécier la technique et la sensibilité d’un grand soliste. Il faut pratiquer un art pour comprendre en quoi il est nécessaire à la vie.
                            C’est en cela que »l’art conceptuel" représente un véritable danger. En reniant le métier, le savoir faire, l’engagement, au profit de l’idée immédiate, on ne fait que couper le lien entre l’art et l’existence humaine.
                            Là comme partout le profit ruine le sens.


                          • sylvain loisant 20 mai 2012 13:34

                            Si vous relisez l’article, je crois avoir répondu ! Mais, dans l’article, je parle essentiellement « de la nature artistique » de l’homme comme on pourrait parler de la nature de « Bouddha » Sinon, bien entendu, si j’adhère à une technique maitrisée, je laisse aux goût de chacun "la forme infinie des expressions artistiques. Je n’ai pas voulu faire un article universel, je devrais écrire un livre pour faire à peu près le tour. Il manque évidemment beaucoup de chose dans cet article.

                            Quand au complot contre l’art, j’y crois fermement, bien que comme vous l’indiquez, la plupart des seconds couteaux avides et stupides de l’oligarchie agissent comme des fourmis inconscientes de l’effet général sur la fourmilière.
                             Bien cordialement


                          • mortelune mortelune 18 mai 2012 09:59

                            Très joli article merci !


                            • winston smith 18 mai 2012 10:04

                              Bonjour,

                              Merci pour votre article percutant. A mon avis la première grande offensive contre l’art en occident a été celle du monothéisme. Je reproche à ce dernier d’avoir au mieux essayé de circonvenir l’esprit humain par de la propagande artistique, au pire dénigré l’art y compris religieux, comme les protestants(évidemment je simplifie). D’ailleurs le monothéisme a beaucoup à voir avec la façon dont le créateur est perçu socialement à la fois maudit et sublimé. La grande ironie c’est que des artistes ont souvent réussi à dépasser le sujet pour produire des oeuvres expressives dans tous les domaines. Tout cela sur un très vieux fond d’appropriation « aristocratique » et « bourgeoise » de ce rapport au monde. S’approprier l’espace symbolique de l’art est une vielle intention des oligarchies. Et par exemple, en peinture, l’abstraction a été la première subversion moderne de cette endoctrinement, de cette codification à plusieurs strates, pour être récupérée après et, éventuellement, aboutir à l’art « content-pour-rien ».
                               

                              • sylvain loisant 18 mai 2012 10:52

                                Le sujet que j’ai esquissé est immense. Les mots et les définitions de l’art sont certes importants pour un petit nombre de personnes (notamment pour nous qui avons écrit dans les échanges ci-dessus) mais la pratique de l’art est vitale pour tous les humains. (Je précise que je suis peintre professionnel depuis 1978 et que j’ai expérimenté tout ce que j’ai évoqué dans mon article) La vie n’est pas possible sans l’art, sans l’art de vivre. La liberté n’est pas possible sans l’art qui est l’interface entre la sensibilité, la perception, les représentations, la joie de produire avec ses mains et de partager avec les autres. « La puissance individuelle.
                                J’ai insisté, sur la »tentative permanente des oligarchies de contrôler l’art" pour inciter tous les lecteurs a se recentrer sur leur puissance créatrice. Je l’ai vécu pendant des décennies.
                                Pour finir, le jour ou tous les humains jouiront de leur énergie créatrice artistique, les pouvoirs centralisateurs seront dans l’incapacité de maintenir leurs domination sur des foules qui ne seront plus abêties. Ces prédateurs auront le même problème lorsque chaque foyer disposera d’une énergie libre. Fini la géopolitique du pétrole du nucléaire. La peur organisée du manque (qui justifie l’état ?) n’aura plus autant de raison d’être..... Vaste sujet !!!!!
                                 Amitié à tous et aussi à ceux qui ne sont pas d’accord.


                                • médy... médy... 18 mai 2012 13:43

                                  Bonjour. Je partage vos convictions, mais j’aimerais souligner que quelque chose manque lorsque vous parlez des manières de voir l’Art, de faire de l’Art : simplement le mot « nature ». Vous dites « l’art n’est pas la cerise sur le gâteau, mais la farine du gâteau. » J’ajouterais « La nature est la farine de l’Art ».

                                  Vous dites aussi : "(L’homme illumine sa vie) de l’art qui implique une mise en mouvement de la sensibilité, de l’observation, et de la quête d’un équilibre en toute chose dans notre environnement extérieur et intérieur.«  Or le contact avec une nature préservée où que ce soit sur la planète développe ces mêmes vertus...

                                  Qui est le plus grand artiste, si ce n’est l’Univers, créateur d’oeuvres d’Art vivantes, intelligentes et sensibles, ce que nous n’avons jamais pu imiter ? Qui est le modèle qui garantit la beauté de l’Art humain, si ce n’est la Nature ? Quelle est la raison d’être de cet Art, si ce n’est ce rapprocher de la Nature et la connaître ? Je pense à ce peintre qui jouit de peindre un paysage grandiose, à ce chanteur ou musicien qui chante pour la montagne, pour la mer...

                                  Le problème de la relation à l’Art ne viendrait-il pas d’abord d’un problème de relation avec la nature tout simplement, celle qui ne s’achète pas, qui nous rend humbles, curieux, émerveillés, comblés, au plus près de la vérité sur nous-mêmes ?

                                  L’ »oligarchie« des Rockefeller et des Bernays (et non Bernais), elle, n’est pas à mettre en cause, elle représente juste la part de l’humanité la plus dégénérée. Nous sommes tous coupables, vous, moi, nos voisins, les »vrais artistes" que vous défendez également, tous ceux qui se sont éloigné de la nature et pensent pouvoir exister indépendamment du milieu naturel, dont l’Art n’est ni plus ni moins que la source du nôtre.

                                  Qu’en pensez-vous ? Amicalement.


                                • sylvain loisant 18 mai 2012 15:34

                                  Je suis totalement d’accord avec vous sur tous les points que vous évoquez. J’ai écrit des articles sur l’art et l’écologie ou l’écologie est une pratique artistique.
                                  Bien cordialement
                                  Sylvain


                                • médy... médy... 18 mai 2012 17:50

                                  Merci de votre aimable réponse, j’en suis heureux, et bonne lutte ! Je me suis dit à l’instant que le vide artistique (terme que j’utilise pour décrire ce qui tue l’Art, le renvoyant à sa dimension utilitaire et cadrée) pourrait débuter au moment où le cadre s’impose comme unique moyen ou presque de présenter une peinture. Le cadre est bien moins présent sur une surface telle un mur ou celle d’une grotte. En musique, l’équivalent du cadre qui enferme l’Art serait le disque et la machine qui le lit. Le Vrai est alors un moment du Faux. J’ai énervé des collègues cinéastes lorsque je leur ai expliqué que pour moi, le cinéma dans sa forme finie n’est plus un Art quand on arrive au film, en raison notamment de la débauche de moyen techniques utilisés pour le produire.


                                • armand armand 18 mai 2012 11:24

                                  Il serait intéressant de décrypter l’engouement (forcément intéressé) des oligarques pour un certain art contemporain qui n’intéresserait personne s’il n’était pas valorisé à de tels sommets par lesdits oligarques. En somme, les oligarques dynamitent une société dont ils sont issus (en général ce sont des vieux messieurs qui ont reçu une excellente éducation) pour mieux contrôler de fond en comble la société qui en sort.
                                  Pour répondre à certaines interrogations ci-dessus, il y a une différence fondamentale entre la conception duchampienne de l’art : « est l’art ce que l’artiste appelle art », ouvrant la porte aux étrons et aux trognons de pommes - et aux billets de banque signés de l’artiste - promus oeuvres d’art ; et la conception traditionnelle, celle d’une oeuvre d’art qui vaut d’abord par elle-même, et accessoirement seulement (et en dernier lieu) par le nom de l’artiste.


                                  • kriké 18 mai 2012 11:40

                                    salut sylvain

                                    impossible d’accéder à ton site,en passant par le lien avox
                                    par contre celui-ci devrait fonctionner
                                    http://sylvainloisant.com/

                                    bon article... a lire aussi
                                    le marché de l’art de karel teige (édition allia)

                                    Né à Prague le 13 décembre 1900 et mort à Prague le 1er octobre 1951,
                                     Karel Teige est un artiste et critique tchèque qui s’est notamment intéressé
                                    à la typographie et à l’architecture. Marxiste, proche des surréalistes français
                                     (André Breton et Paul Éluard) et chef de file de l’avant-garde tchèque,
                                     notamment des groupes Devětsil (dont il est fondateur en 1920) et
                                    de Léva Fronta (Le Front de la gauche, fondé en 1929), il fut un important
                                    théoricien de l’art en Tchécoslovaquie : il rédigea ainsi le manifeste
                                    du poétisme et un manifeste du constructivisme, Le constructivisme
                                     ou la liquidation de l’art. Il fonda également la revue ReD.


                                    • fredleborgne fredleborgne 18 mai 2012 12:28

                                      Superbe article. Merci de nous faire partager cette force qu’aucune oligarchie ne pourra contrôler tout à fait grâce à des frondeurs comme vous.


                                      • symbiosis symbiosis 18 mai 2012 12:49

                                        j’ai lu cet article avec beaucoup d’intérêt, car il touche au coeur du la problématique de l’art dit contemporain et de ceux qui en détournent le sens pour des besoins idéologiques.
                                        La question avait déjà été débattu par les situationistes avec leur quête essentielle de confondre l’art dans la vie, d’amener la vie à un art comme « art de vivre ».

                                        Et puis je suis allé voir le site de Sylvain Loisant. j’ai éprouvé une grande déception. Je ne préjuge pas de la qualité « artisanale » de l’oeuvre mais de l’étonnement de voir présenté un art de la séduction dénué de tout contenu politique, de toute approche éthique telle que son texte aurait pu me le faire imaginer.

                                        Il n’y a aucun message dans cette production artistique. Or le rôle de l’artiste n’est-il pas d’inscrire son oeuvre dans l’histoire, c’est à dire rendre compte du monde dans lequel nous vivons de la même manière que ce texte rend compte d’une réalité ?

                                        Que sert d’écrire pour écrire, de peindre pour peindre et de faire de la poésie pour en faire ?

                                        Face à un Koons, qui lui ne fait pas de l’art pour en faire, mais comme une gifle au sens commun, au bon sens et à l’humanité, dans renversement paradigmatique et injurieux, peut-on faire l’économie de faire de l’art pour la beauté du geste ?


                                        • Jimmy 18 mai 2012 13:52

                                          j’ai un moyen qui en vaut un autre pour juger une oeuvre d’art

                                          je me demande, selon sa taille et sa nature, si je la mettrais volontiers dans ma salle de bain, mon salon, mon jardin, sur la place de mon village ou celle de la capitale de mon pays

                                          tout ce qui n’entre pas dans une de ces catégories n’est que de l’escroquerie (en réalité il y a aussi la question du gout personnel)


                                          • dom y loulou dom y loulou 18 mai 2012 14:01

                                            c’est une grave distortion de penser que l’art sert uniquement de provocation politique


                                            c’est faux

                                            l’art est la sève de l’esprit

                                            l’art es le levain de la pensée

                                            l’art sert ce qui est beau, juste et vrais

                                            comme disait Platon

                                            et l’art des m’as-tu vu n’a rien à voir avec ce précepte

                                            ce serait comme vouloir évaluer la vérité avec des menteurs

                                            précisément ce qui nous arrive avec les merdias 

                                            officines d’hypnose collective

                                            • geronimo87 geronimo87 18 mai 2012 22:45

                                              Bonsoir à tous.

                                              C’est l’histoire de Picasso exposant dans une célèbre galerie New Yorkaise.
                                              Comme il déhambulait dans la galerie, il entendit une vieille dame se faire la réflexion suivante : mais qu’est-ce que ça représente ?
                                              Picasso vint derrière elle et lui murmura à l’oreille :
                                              250 000 $ madame.
                                              Salutations.

                                              • astus astus 20 mai 2012 19:36

                                                On connait l’anagramme de Salvador Dali : « AVIDADOLLARS » mais cela n’empêche pas qu’il soit un vrai peintre, tout comme Picasso, De Stael, Rothko (et non Rotkos comme l’écrit Alain Colignon !), Cy Twombly, Zao Wou-Ki, Estève, Antoni Tàpies, Richard Texier, Gérard Garouste, JR, Jonas Burgert, ...etc. La liste est longue encore mais cela nécessite une éducation du regard et donc un certain travail qui permet justement de rester libre par rapport aux tendances purement mercantiles ...


                                                • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 20 mai 2012 19:44

                                                  Astus a raison de souligner qu’il serait naïf de confondre l’artiste avec un moine franciscain. Rubens était millionnaire, Raphaël vivait dans un grand luxe, Rembrandt était un capitaliste avisé qui spéculait sur ses propres oeuvres et a organisé sa faillite pour gruger ses créancier et continuer à vivre dans un grand confort, la liste serait longue... Que les artistes aiment l’argent, qu’ils en aient besoin (pensons aux cinéastes) ou qu’ils soient avides, peu importe. Ce n’est pas le sujet de l’article. 

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