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Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > Les champions de la grève

Les champions de la grève

Eurofund (European Fundation for the Improvement of Living and Woking) établissait récemment des statistiques sur la grève dans les pays européens.

1.jpgLa grève est le seul moyen reconnu pour faire respecter les conventions cadres entre travailleurs et direction d’une entreprise quand les négociations n’aboutissent pas. Trouver un autre moyen, je m’y étais penché dans "Grève autrement", qui voyait une solution au problème de se faire entendre dans le domaine des transports. Cette solution ne s’adaptait pas ailleurs, malgré tout. 

En Belgique, cette année encore, le distributeur français, Carrefour était passé à la une dans ce domaine. La grève belge y avait couté 130 millions d’euros à la société. Mais les journaux français n’en avaient pas fait les gros titres. Les effets annexes chez les fournisseurs, souvent oubliés, ont aussi été tout aussi importants.

Aveu d’échec des négociations, d’acceptation de compromis, la grève reste la seule alternative possible, quitte à déplaire la plupart des clients consommateurs qui restent des victimes de conflits qu’ils n’ont pas voulus.

Tous perdants quelque part, pour un temps plus ou moins variable.1.jpg

Depuis, on apprenait que grâce aux marchés émergents, La Société Carrefour dégageait, malgré tout, un bénéfice global de 82 millions d’euros après une année antérieur. La question reste, donc, posée : la grève est-elle efficace dans de telles conditions ?

Mardi, 7 septembre dernier, la grève dans les transports paralysait, à nouveau, la France. Les retraites postposées ne plaisaient à personne. Journée cruciale pour la France, disait-on.

Ce fut une réussite avec 2 millions de grévistes ! Oui, mais...

Un bras de fer qui en l’état ne pouvait résulter en autre chose que de l’amertume car cette fois, ce n’était plus une entreprise commerciale mais le gouvernement comme adversaire. Même s’il y avait eu le double ou le triple de participants, y aurait-il eu des suites énergiques, drastiques ?

1.jpgDans le même temps, en effet, la presse affirmait que Sarlozy restait ferme sur les retraites à 62 ans avec quelques petites compensations. Un préavis de grève était lancé par les syndicats pour le 15 et/ou le 23 septembre. Le Canard Enchainé chantait avec humour "Non, rien de rien, non, je ne retraite rien".

Coup de pied dans la lune ? Traduction, je n’en ai rien à cirer, vous vous pénalisez vous-mêmes. J’aurai plus tard, plus facile à m’expliquer sur la déroute de ma politique si elle survenait. La faute est vite trouvée.

Le lendemain, Martine Aubry était invité au "Quatre vérités" de France2. La question posée par deux fois par le journaliste était "croyez vous que le président Sarkozy va tenir compte de ces deux millions de personnes en grève ?".1.jpg

Sa réponse fut, par deux fois, la même, nous sommes en démocratie et le président va devoir tenir compte des désidérats de la population.

Une information tombait comme un cheveu dans la soupe des actualités : "Tapie va empocher 210 millions du Trésor public". Aurait-il été trop longtemps en grève pour en arriver là ?

Dans les deux cas, précités, ce n’est plus vraiment "plus d’argent" qui est important. C’est devenu, "plus de respect". Plus de respect pour conclure une carrière bien remplie et qui se termine en queue de poisson ou devrait se prolonger jusqu’à plus soif. Un petit complément financier serait bien nécessaire, pourtant, quand on entend les prix à la consommation, les prix au mètre carré (plus de 5000 euros) pour se loger. Cela prend des allures de sommets inaccessibles.

En France, d’après la Constitution, le Président est nommé pour un mandat complet qu’il soit en accord avec la population ou non. Le Président peut révoquer son gouvernement, mais lui ne peut être destitué comme cela l’a été pour Richard Nixon aux États-Unis après l’affaire du Watergate. Pour le pays des "Droits de l’Homme", cela la fout mal.

En Belgique, sous régime parlementaire, plusieurs gouvernements ne sont pas arrivés à terme pour des raisons moins importantes que la non-volonté de continuer ensemble. Oui, la situation politique actuelle peut faire peur, mais les Belges en ont connu tellement de situations du même type... Le Roi , lui, marche avec la musique, il ne fait pas la musique.

Reprenons quelques définitions de ce fameux mot "grève" :

Grever (du latin : gravare=charger) : Soumettre à de lourdes charges. Exemple : Grever l’impôt.

Grève : Jambière d’armure

Grève : (subst. fém.) Terrain plat et uni, généralement constitué de sable et de graviers, sis au bord d’un cours d’eau ou de la mer.

Grève (emprunté à un mot prélatin) : Interruption concertée et collective du travail. Elle tire son nom de la place de Grève à Paris. Cette place, située en bord de Seine devant l’hôtel de ville, était un des postes d’accostage des bateaux. Les hommes sans emploi y trouvaient une embauche facile pour les chargements et les déchargements. 

Viennent s’ajouter les expressions "grève de la faim", "grève sauvage", "grève surprise", "grève sur le tas", "grève tournante", "grève du zèle", "grève perlée"...

1.jpgIl y a donc, quelques variantes que Raymond Devos, s’il était encore de ce monde, aurait pu utiliser à bon escient dans des sketchs dont il avait le secret.

Un travail d’enquête, d’évaluation de ce que la grève coûte en manque à gagner s’impose quand tout un pays est touché.

Le jeu d’à qui perd gagne, n’est plus un jeu viable à long terme.

Les surprises sont-elles nombreuses ? Sont-elles en ligne avec le degré d’avancement de la culture d’un pays pris au hasard ?

Sur une période de cinq ans, allant de 2005 à 2009, une enquête a été lancée.

Le Danemark, bizarrement, arrivait en tête avec 159,4 jours de perte de travail pour cause de grève par 1000 employés normalement actifs.

Le Danemark partageait le "podium du trio de tête" avec la France qui comptait 132 jours, suivie par la Belgique, avec 78 jours.

La moyenne européenne s’établissait bien en dessous avec 43,6 jours, seulement.

Pour la Belgique, petit pays, s’il en est, la grève représente déjà 1,2 millions de jours.

Statistiques représentatives ou non ? Utilisables ? Et, si oui, dans quel sens ?

La manière de comptabiliser ces jours est dépendante des différents pays. Deux heures à croiser les bras, est-ce l’équivalent d’un jour à compter dans les statistiques ? Il y a débrayer et débrayer.

Les manipulations sont également aisées et permettent souvent de conclure tout ce qu’on désire en fonction de ce qu’on veut pousser en avant ou non.

Des événements ponctuels peuvent également biaiser ce genre de rapport.1.jpg

En 2008, ce sont les manifestations de grèves dans le non-marchand qui avait décuplé les jours de grève au Danemark. Faire exclusion de cette année-là, c’était faire tomber les chiffres du Danemark à 23,7 jours.

En Belgique, en 2005, seul, le conflit précédent le Pacte des Générations avait élevé les statistiques à la moité des résultats pour cette période 2005-2009 (669.982 jours alors que les résultats se seraient élevés seulement à 148.000 jours pour les autres années).

Si l’on régionalise les résultats comme le fait la politique actuellement, on s’aperçoit qu’à cause du nombres élevés des sièges sociaux, la région de Bruxelles-Capitale comptaient 51.000 jours de grève. La Wallonie, très socialiste, en comptait 50.000 tandis que la Flandre, 40.000.

Avec la seule fermeture de quelques magasins de Carrefour en 2010, cela pourrait également apporter une pointe qui fausserait les moyennes et les conclusions qui s’en suivraient.

La suite des statistiques, reprise dans l’analyse, pointaient dans l’ordre, la Finlande, l’Espagne, la Norvège... pour arriver en queue de peloton avec la Lettonie, l’Estonie et l’Autriche qui avoisinaient le plancher de zéro jour.

Ce qui serait plus intéressant et peut-être plus troublant, ce serait d’associer ces résultats statistiques avec la situation économique des pays concernés.

On apprend dans le même journal, que la Roumanie est le seul pays de la zone Europe qui, après avoir vu chuter son PIB de 7,1%, se voyait cette année encore en récession alors qu’en 2008, les analystes prévoyaient une remontée évidente, à leurs yeux.

La Roumanie aurait, donc, le moins digéré la crise. Son nombre de jours de grève est, lui, resté bizarrement, à 6 jours.

La crise a été plus profonde à tel point que si Nicolae Ceaucescu existait encore et se présentait aux élections, 42% de la population voterait à nouveau pour lui. La démocratie en prend pour son grade.

1.jpgLes travailleurs roumains seraient-ils désabusés ou en mal de grèves ? Avec les renvois des Roms pour la France, celle-ci y renverrait de nouvelles "recrues". Respecte-t-elle scrupuleusement les lois ?

Si les marchés s’en foutent et les États n’en ont rien à cirer, et que la solidarité entre les peuples n’existe pas, il y a vraiment des doutes sur une issue favorable aux grèves.

L’argent n’a toujours pas d’odeur. Pas un seul syndicat suffisamment puissant, légèrement surdimentionné et faire la grève restera une planche savonneuse sur laquelle on glissera en fonction de sa déclivité.

"Jour de grève, jour de fête", lisais-je avec un sourire, en imaginant les convulsions qui paraîssaient bien curieuses aux partenaires de l’euro, tel qu’il était question dans le chapeau de l’article. Celui-ci mettait en parallèle, d’autres pays, moins exigeants, tel que l’Allemagne et à fortiori, la Chine. Opinion contestée, comme il se devait par les intéressés français. Chose qu’on comprend aisément. Mais ceux-ci se donnent-ils les moyens de leur politique de "réactions épidermiques" en ne jouant qu’avec un seul atout, celui de la grève ?

Manifestement, l’amour fou des débuts, par les Français, envers leur Président, n’est plus vraiment de mise. La fin de la retraite à 60 ans est signée. Serait-ce une autre forme de retraite de Russie ?

Bernard Werber écrivait dans ’L’ultime secret", "le devoir est le fait que des gens acceptent d’aller à la guerre, supportent les sacrifices, sont éduqués comme des agneaux dans le troupeau, s’estiment ne plus pouvoir quitter le troupeau et agissent pour plaire aux autres moutons du troupeau à la recherche de médailles, d’augmentations de salaires ou d’articles dans les journaux pour suivre, en finale, la consommation de leurs besoins de confort".

Ne faut-il pas remonter à la source des problèmes et se demander si la Constitution, elle-même, n’est pas à revoir pour répondre à ce souci de démocratie, avec une devise "Liberté, d’Egalité et de Faternité" ? Le régime présidentiel dont le représentant est sans limites d’autorité et de pouvoirs fait plus penser à un autre, moins démocratique. Les révisions inter-mandats ne concourent jamais à résoudre les problèmes quand elles restent sans effets. Dans une première phase, il était question de donner à l’équipe gouvernementale des points de bonus-malus en fonction de leurs réalisations. Tout le monde semble l’avoir oublié. Mais, même cette formule de rattrapage n’incluait pas le Président intouchable. Pour corriger, pas de révolution, une révision de la Constitution suffirait.

Un septennat, même réduit à un quinquénat, reste long, très long...

 

L’enfoiré,

 

Citations :

 

  • "Je n’ai jamais très bien compris pourquoi une semaine de grève s’appelle une semaine d’action.",André Frossard
  • "C’est un drôle de pays, la France, où les négociations ont toujours lieu après le déclenchement des grèves et non avant.", Françoise Giroud
  • "Les trois grandes époques de l’humanité sont l’âge de la pierre, l’âge du bronze et l’âge de la retraitre", Jean-Charles

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23 réactions à cet article    


  • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 13 septembre 2010 12:46

    L’enfoiré


    Il y a deux éléments qui caractérisent assez bien la France : ses manifestations et ses grèves. La France ose. En est-il ainsi d’autres pays voisins ? Je ne fais pas allusion seulement à la Belgique. Lorsque nous parcourons les analyses politiques d’observateurs étrangers, il est souventes fois fait mention de cette caractéristique bien française de manifester et de faire grève. Vous le démontrez par ailleurs assez bien. Je suis surpris d’apprendre que le Danemark arrive en tête. Et l’écart entre le Danemark et la Belgique passe du simple au double. La France se situe au centre. Il faudra voir si, dans les mois qui vont suivre, avec les objectifs du gouvernement qui fâchent, ces statistiques vont suivre les mêmes courbes. 

    Pierre R.

    • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 13:07

      Pierre,

       Tout d’abord, laissez-moi, un petit sourire à la lecture de « il est souventes fois ». J’adore vous entendre. Hier soir, j’ai eu mon lot d’expression québécoise sur France3. smiley
       
       J’ai placé cet article dans la catégorie « Etonnant »
       Ces chiffres, je n’ai fait que les capter. Je ne pourrais pas en donner la procédure.
       Entre des grèves contre une société commerciale et des grèves nationales, il y a de grandes différences.
       Pour la France, je n’ai pu lire aucune spécifications précisant de ce qui s’y retrouvait ou non.
       Je n’ai fait pour elle de remonter le problème au niveau de la Constitution qui ne contiendrait à première vue, aucune possibilité d’écourter un mandat présidentiel.
       Pour ce qui est de la Roumanie, dont on parlait dans le même journal, il me semblait intéressant de confirmer ce que j’écrivais dans un article précédent, celui des utopies.
       Celui-ci parlait du même phénomène, la nostalgie de la vie dans le zoo plutôt que dans la jungle.
       Bonne journée 


    • LE CHAT LE CHAT 13 septembre 2010 12:56

      Un septennat, même réduit à un quinquénat, reste long, très long...

      oui , en l’abscence du référendum d’initiative populaire , celui qui est élu fait ce qu’il veut pendant 5 ans sans rendre de comptes , le vote ne sert qu’à signer un chèque en blanc en fait ....


      • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 13:13

        Salut Le Chat,

         Merci pour avoir confirmé mes présomptions. J’ai cherché le mot « destitution » dans le résué de la Constitution, sans le trouver.

        « l’abscence du référendum d’initiative populaire »
        Il y a de cela bien sûr.
        Mais en y réfléchissant, on pourrait aller plus loin.
        La population qui n’est pas contente, le Président change son équipe, mais ne se change pas.

         Le problème de la politique devient un problème médical.
         Un ténia, tant qu’on a pas la tête, restera très dangereux pour l’organisme.
          smiley


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 13 septembre 2010 13:00

        Perso j’ arrive à marcher plus loin que de République à Nation . Pourtant  personne ne parle de moi .


        • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 13:18

          Salut Captain,

           Je vous rappelle que c’est le lot de tous les Grands Hommes de cette Terre.
           On sait qu’ils sont là, qu’ils existent, on les lit ou les regarde, mais on parle d’eux quand ils décèdent.
           Un exemple récent.

           Dans le même temps....
            Sarkozy est carbonisé dans plusieurs journaux.
           Je suppose que vous ne voulez pas passer par le même carbone  smiley 


        • Lord WTF ! BABA SHILOM : ZE LOST PROPHET 13 septembre 2010 13:31


          BABA SHILOM a dit :

           

          C’est au bout du chemin que tu en trouveras sa fin…

           

          Hmmmm…pas assez chargé, celui-là….


        • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 13:37

          Baba,

          Chargé ou chambré ?

          La différence est notoire.
          Je sais que quand le vin est tiré, il faut le boire ou le jeter.
          Même une viande faisandée n’y résiste pas.
           smiley


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 13 septembre 2010 13:45

          l’ enfoiré ,

          je me méfie de ce qui est marqué dans les journaux ,

          prenez un exemplaire de la Pravda des années 50 et relisez le en 2010 .

          Vous y verrez que Staline n’ était pas l’ homme décrit .

          Ce qui ne veut en aucun cas préjuger quoi que ce soit pour des personnages de frictions qui se reconnaitraient .....


        • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 14:34

          Mon cher Captain,
           La Pravda, vous avez de ses mots. smiley
           Je ne lis que des aventures de Captain Haddock, de Tintin,
           Pas longtemps, je lisais « Ocean’s Song », de Olivier de Kersauson.
           C’est fou ce que la mer peut donner des leçons pour les gens qui restent à terre.
           Il y a des Pacifiques, des Atlantiques, des Indiens, des Rouges, des Bleues...
           Non, vraiment, la Pravda, c’est pas fait pour un enfoiré.
           smiley
           


        • K K 13 septembre 2010 14:47

          Perso j’ arrive à marcher plus loin que de République à Nation .


          Si vous saviez comme je vous envie.... Moi, je ne peux plus. MAis je me souviens que vous êtes aussi passé par une période très difficile
          Merci de me faire rire et sourire aussi souvent

        • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 15:09

          Salut K,
           J’espère que ce n’était pas une K à strophes.  smiley
           Vous avez raison, j’ai toujours plussé Captain, même quand il était légèrement à côté de ses pompes.
           Je l’ai dit, nous sommes des surréalistes en Belgique.
           Alors, on essaye de comprendre ceux qui n’en ont pas les fibres décomposées
           smiley
           


        • Lord WTF ! BABA SHILOM : ZE LOST PROPHET 13 septembre 2010 15:22


          BABA SHILOM a dit :

           

          Longue sera la marche pour celui qui reste assis…

           

          Hmmmm…quand l’herbe est bien sèche, la pipe est bien bourrée…

           


        • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 15:24

          Du moment que Baba ne sera pas au rhum et pas bourré, nous serons tous sauvé. smiley


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 13 septembre 2010 17:18

          Pour K

          Vous avez mon soutien moral dans votre épreuve .
          L’ important c’ est le mental . ..... smiley


        • olivier cabanel olivier cabanel 13 septembre 2010 23:44

          capitaine, mon capitaine
          parce que l’essentiel c’est ce que vous mettez sur la pancarte.
          lors de la manif sur les retraites, j’ai mis sur mon petit panneau, après mure réflexion :
          « sarkösi à la retraite, et le plus vite possible »
          la manif était à la tour du pin/ isère
          6000 (un peu moins) habitants,
          2000 manifestants,
          le croyez vous, je me suis retrouvé en photo dans la presse régionale.
          je pense que le message était passé.
          dans le fond, il suffit de faire passer un message.
          quel était le votre ?
           smiley


        • Fergus Fergus 13 septembre 2010 15:09

          Salut, L’enfoiré.

          La grève en France est indiscutablement en perte de vitesse. D’une part en raison de l’individualisme qui prévaut désormais grâce au forcing des lobbies libéraux et au modèle formaté imposé par les écoles et les médias. D’autre part en raison de la crise économique qui contraint les salariés à ne pas dilapider leurs économies en actions souvent incertaines.

          Ce n’est pas un progrès de la démocratie, bien au contraire car cette diminution des jours de grève n’est pas liée à une meilleure contractualisation des rapports sociaux mais à un repliement sur soi.

          En ce qui concerne les grèves dans les transports publics, à noter qu’une grande partie des mouvements est directement liée à l’augmentation du nombre des agressions et à l’application du droit de retrait exercé, à juste titre, par les employés pour bénéficier de meilleures protections.

          Bonne journée.


          • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 15:18

            Salut Ferdus,
             Si vous avez saisi le parallélisme que je faisais entre une grève qui se fait pour contrer les entreprises qui prendraient trop la tangente de l’économie à tout craint et celle qui se fait au niveau national qui elle touche toute la population d’un pays.
             Dans le deuxième cas, la population fait partie intégrante du problème.
             C’est elle qui vote pour ses élus, ce qui n’est pas le cas, dans le cas des entreprises du privé.
             Est-ce le même combat ?
             Non, absolument pas. Les acteurs ne sont pas les mêmes.

             « L’Etat c’est moi », disait je crois, un de vos Louis dans votre histoire.
             Est-ce encore le cas ?
             Il y a eu une révolution depuis.
             Est-ce que les choses ont évoluée ?
             Voilà, la question à cent sous, même pas cent euros.

             Quelle est la proportions des travailleurs qui sont syndiqués ?
             Voilà, une question qui mérite réflexion.
             
             Comme je l’ai écrit, il ne faut plus de révolution. Il suffit de repenser la Constitution qui date encore de l’époque d’un certain Napoléon. Un autre empereur.
             smiley
              
             


          • brieli67 13 septembre 2010 15:53

            Le droit de grève en France est particulier.
            @ l’auteur : ok c’est largement suffisant pour discuter dans un bar de « gauchiste » avec le clebs Wald qui se documente en bibal.
            Danemark : inscription syndicaliste obligatoire avant toute embauche
            En Allemagne : cogestion direction et employés... grève que si la base refuse la position des négociateurs syndicaux.
            En France, c’est le Préfet qui autorise l’accés à l’espace public, cad la grève que s’il a des preuves intangibles de négociations en cours. Sinon, le Préfet a recours à l’Armée...
            Les AG dans les amphis, bloquer les campus non ! complètement illégal ( appel à l’Armée qui peut tirer dans la foule) : l’étudiant a à défiler dans la rue.


            • L'enfoiré L’enfoiré 13 septembre 2010 16:04

              Salut Briel,
               Merci pour ses précisions.
               En effet, la France me semble très particulière.
               Pour le pays des Droits de l’Homme, je dirais.... aille
               Mai 68 était donc une exception qui confirme la règle.
               Je comprends votre président qui renie cette période au plus profond de son esprit.
               J’avais déjà pu comparer les liens qu’il y avait entre la presse et le gouvernement en France et en Belgique.
               Y a pas photo, je préfère la version belge.
               Désolé. smiley
               Surtout n’achetez pas la Belgique. Il est TERRIBLE notre Roi. Il mord tout ce qui passe.
               Vous pourriez avoir des surprises.
               smiley
               


            • olivier cabanel olivier cabanel 13 septembre 2010 23:48

              Guy,
              c’est l’histoire de la démocratie.
              une grève pour être efficace doit déranger.
              je pense que sarközi et quelques autres aimeraient bien que les manifs se passent le dimanche,afin de ne déranger qu’un minimum de personnes.
              à la limite, ils aimeraient autant qu’il n’y ait plus de manifs, ni de grèves et que l’on continue de s’agenouiller devant « sa grandeur ».
              il a vraiment pas de chance,
              même a genoux, le peuple est plus grand que lui.
               smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 14 septembre 2010 07:56

                Olivier,

                 Merci pour tes réflexions.
                 Ce que je voulais avec l’article, c’est exprimer la différence qui existe entre une grève contre une entreprise privée et contre l’Etat.
                 Cette différence justifierait une approche différente.
                 En 1789, la France avait trouvé une situation radicale, drastique... probablement exagérée.
                 Nous n’en sommes plus là, mais cela ne veut pas dire qu’il faut rester les bras croisés.
                 La grève touchent tout le monde, même les victimes.
                 Nous apprenons qu’il y aurait eu de l’espionnage et du contre-espionnage.
                 Avec ce nouveau développement de l’affaire, nous approchons de l’affaire Watergate.
                 Le non-respect de la séparation des 3 pouvoirs a couté la chute d’un gouvernement chez nous. 
                 Les sources des journalistes doivent rester inviolables.
                 Comme le disait Guy Verhostadt « il y a quelque chose de pourri en France »


              • alberto alberto 14 septembre 2010 11:25

                Oui, l’Enfoiré il y a qqchose de pourri en France, mais c’est comme le Poisson : ça commence toujours par la tête...

                Bien à toi

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