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 Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > L’empire des dettes : à l’aube d’une crise économique (...)

L’empire des dettes : à l’aube d’une crise économique épique

Historien et moraliste, William Bonner retrace dans son dernier ouvrage, à travers de nombreuses mises en perspectives historiques et analyses financières, l’ascension et le début de la décadence de l’Empire américain. Il montre comment cette évolution s’accompagne d’une transformation profonde des mentalités du peuple américain, en particulier dans le domaine financier. Il apporte un point de vue américain iconoclaste sur la question du surendettement des ménages, liant un fort penchant libéral et humaniste à des analyses économiques. Chaque jour, William Bonner écrit dans la lettre d’information boursière La Chronique Agora (www.la-chronique-agora.com).

Voici donc un extrait de son dernier essai.

Le président de la Cour des Comptes des Etats-Unis, David M. Walker, détailla à la fin de l’année 2004 la situation de l’endettement américain : « La dette fédérale brute - l’accumulation des déficits budgétaires annuels - s’élevait à environ 7 000 milliards de dollars en septembre dernier, ce qui représente 24 000 dollars pour chaque homme, femme et enfant du pays », annonça-t-il. « Mais ce chiffre exclut des éléments tels que le fossé entre les engagements du gouvernement sur la Sécurité sociale et l’Assurance médicale et les sommes réservées pour les payer. Si l’on inclut ces éléments, le poids de la dette grimpe largement au-dessus de 100 000 dollars pour chaque Américain."

Nous ajoutons ceci à la lamentation de Walker : comme nous le verrons, 7 000 milliards de dollars, c’est de la roupie de sansonnet. La dette réelle est bien plus élevée. De surcroît, sur quatre dollars dépensés par le gouvernement fédéral, un est emprunté. Et pour chaque dollar rapporté par l’impôt sur le revenu, il emprunte 80 cents supplémentaires. Les économistes se faisaient du souci naguère quand le gouvernement dépensait l’épargne de la nation. Mais les Américains n’ont plus d’épargne à dépenser. Pourtant, cette nation incapable de mettre un sou de côté a entrepris de sauver la planète entière.
Le coût est aussi monumental que le projet. Sans compter les excédents de la Sécurité sociale, les prévisions concernant les déficits fédéraux sont estimées à environ un demi-milliard de dollars par an pendant les 10 prochaines années - soit 5 milliards de dollars en tout (la moitié du P.N.B.). Cette phrase se passe de point d’exclamation, car les chiffres hurlent d’eux-mêmes. Pourtant, les économistes américains font la sourde oreille, et les politiciens sont hermétiques à toute solution. Après tout, comme disait Dick Cheney : "Les déficits n’ont pas d’importance".
Pendant ce temps, le secteur privé accumule des dettes colossales. En 2005, les Américains dépensaient 20 dollars quand ils en gagnaient 19. Cette différence est reflétée dans les chiffres du déficit commercial, qui mesure la vitesse à laquelle les Américains courent à la ruine. Vitesse maximale à l’heure où nous écrivons : 58,3 milliards de dollars. C’était le chiffre pour janvier 2005, quand l’excédent des dépenses de la nation a été enregistré à un rythme de presque 2 milliards par jour. C’était la différence entre ce que les Américains ont vendu à l’étranger en janvier et ce qu’ils en ont acheté. Un chiffre négatif. Sur un tableau des comptes de la nation, ce chiffre serait en rouge. Ou entre parenthèses. Ou précédé du signe moins.
Si l’on répartissait cette somme entre toutes les familles du pays, on arriverait à 600 dollars pour chacune. Et comme cela ne représente qu’un mois de déficit commercial, il faudrait le multiplier par 12 pour mesurer l’ampleur des dégâts sur une base annuelle : 7 200 dollars par famille et par an. Comparée aux revenus annuels d’une famille moyenne, ce chiffre est tellement énorme que nous nous sommes demandé si nous n’avions pas fait une erreur de calcul. A l’échelle macro-économique, le trou correspondait à 6% du P.N.B.
A l’époque de l’étalon or, la nation bénéficiaire de l’échange accumulait ses excédents de devise étrangère, puis les présentait à la banque centrale de la nation déficitaire. L’or servait de référence ordinaire et de frein extraordinaire. C’était de l’argent réel. Quand une nation n’avait plus d’or, elle n’avait plus d’argent. Elle ne pouvait plus emprunter. Elle ne pouvait plus se permettre de déficits commerciaux ; car lorsqu’on lui présentait les devises étrangères, elle n’avait plus les moyens de compenser. Elle devait se déclarer en cessation de paiement, ce qui arrivait de temps en temps.

Mais voilà trente quatre ans que les Etats-Unis ne remboursent plus en or leurs obligations à l’étranger. Depuis cette époque, ils trouvent bien plus facile de proposer des bons du Trésor américain libellés en dollars. Fait remarquable, les étrangers les ont acceptés comme s’ils valaient de l’or. Plus remarquable encore, pendant presque tout ce temps, ces bons ne valaient pas seulement de l’or, ils valaient d’avantage. Le prix de l’or a chuté pendant les deux décennies qui ont suivi la première élection de Ronald Reagan à la présidence. A l’étranger, les banques centrales prenaient les bons du Trésor avec gratitude, et même avec l’impression d’avoir de la chance.
Les Etats-Unis ont simplement eu trop de chance. Ils ont pu dépenser sans jamais vraiment payer. Ils ont pu emprunter sans jamais vraiment rembourser. Ils ont pu s’enterrer dans un trou de dettes si profond qu’ils ne pourraient guère s’en extirper facilement.
L’un des titres tapageurs de 2005 fut l’extraordinaire information que la Chine (pays du tiers-monde) prêtait aux Etats-Unis 300 milliards de dollars par an. Sans le soutien des Chinois, le dollar se serait déjà effondré, le rendement des bons serait monté en flèche, et l’économie américaine serait en pleine récession sinon même en dépression.
D’où vient cet argent ? Les Chinois frappent les présidents morts en vendant leurs produits aux Américains vivants, qui semblent disposés à acheter tout ce qui leur passe sous la main. Les dollars sortent d’abord de l’imprimerie, se frayent ensuite un chemin jusqu’entre les mains des industriels (chinois ou autres), avant de revenir au bercail sous forme de prêts.
La Chine est en train de devenir le « fournisseur officiel » de l’Amérique, et nous lui devons notre niveau de vie - et peut-être même notre âme. A la fin de l’année 2004, deux banques centrales - celles du Japon et de la Chine - détenaient près de mille milliards de dollars en bons du Trésor américain. C’est sur la volonté de ces pays d’épargner et de recycler leur épargne en bons du Trésor américain que repose l’économie consumériste américaine. Un seul mot d’une de ces banques centrales suffirait à plonger l’économie américaine dans une profonde dépression : « Vendez ».


Et voici maintenant une curiosité encore plus remarquable :

« Dans une ère de libre marché, » se plaignit John Snow, ministre des Finances, « nous ne devrions pas être confrontés au problème de certains pays qui truquent leur devise pour bénéficier d’avantages commerciaux déloyaux. »

Le pays que visait particulièrement John Snow était la Chine. L’avantage commercial dont bénéficiait cette dernière était la disproportion entre le volume (cinq fois plus important) de ses exportations vers l’Amérique, et celui des exportations américaines vers la Chine. Et le trucage auquel se livraient les Chinois était l’indexation de yuan sur le dollar. Au printemps 2005, cette manœuvre fut qualifiée de « manipulation » ; les Etats-Unis exigèrent que la Chine réévalue sa devise de 10%.
Mais comment les Chinois s’y prenaient-ils donc pour manipuler le yuan ? En liant sa valeur à celle de la devise impériale ! Oh ! Peuple habile, rusé et diabolique ! Les Chinois tenaient absolument à poursuivre leur politique d’indexation commencée dix ans plus tôt. Les Etats-Unis misent sur une dévaluation continue de leur propre monnaie. Ils achètent à l’étranger et payent en dollars. Puis ils impriment de nouveaux billets pour remplacer ceux qu’ils viennent d’envoyer à l’étranger. L’inflation du dollar qui en résulte - et qui se reflète dans l’augmentation des prix du pétrole, de l’or, et d’autres produits privilégiés à l’échelle internationale - est une forme de tribut impérial. Elle est le seul moyen dont dispose l’Amérique pour faire payer son empire. A mesure que le dollar baisse, les milliers de milliards de dollars qui dorment dans les banques étrangères perdent de leur valeur. Un « privilège exorbitant » disait Charles de Gaulle.
Mais les Chinois refusaient de jouer le jeu. Quand le dollar baissait, le yuan baissait aussi. Au lieu de faire monter les prix des produits chinois et baisser la valeur des dollars détenus par les Chinois par rapport à leur propre monnaie, tout restait égal. Les Chinois ne payaient pas leur tribut.
Les Américains étaient indignés. Une commission sénatoriale annonça qu’elle allait remanier la loi pour qualifier ce que faisaient les Chinois de «  manipulation monétaire ». Le gouvernement de Bush donna aux Chinois une date butoir pour rentrer dans le rang. Au cours de l’été 2005, les Chinois finirent par annoncer qu’ils abandonnaient l’indexation du yuan sur le dollar, ou tout au moins qu’ils assouplissaient un peu le lien. Mais les Chinois n’avaient jamais été la cause du problème.
Une génération entière d’Américains a été élevée dans l’idée qu’elle pouvait s’enrichir en dépensant. Snow, McTeer, Greenspan, Bernanke - ils y croient toujours. La dette n’est pas un problème, disent-ils. Dépensez, dépensez, dépensez.
La consommation américaine a provoqué un boom économique en Chine, où l’habitant moyen travaille dans un atelier qui l’exploite, vit dans un taudis, et épargne 25% de ce qu’il gagne. Les Américains s’étaient convaincus qu’il y avait un fond déloyal dans les pratiques commerciales des Chinois, que ceux-ci devaient voler des emplois par le biais de leurs manipulations de devises, au lieu d’exercer une concurrence franche et loyale.
Cependant, aux Etats-Unis, l’Américain moyen habite une maison au-dessus de ses moyens, conduit une voiture trop chère pour lui et attend la prochaine cargaison de Hong Kong pour se procurer les distractions dont il ne sait plus se passer. Il n’épargne pas un sou et croît que les Chinois lui prêteront toujours de l’argent aux même conditions.
Il paraît superflu de préciser que cette situation ne peut durer indéfiniment. Combien de temps encore, c’est impossible à dire. Mais qu’elle doive cesser un jour, c’est d’une parfaite clarté.
Nous sommes impatients de voir comment tout cela évoluera. Peut-être dans un an. Peut-être dans deux... cinq... dix ans. Nous voudrions connaître la date exacte à laquelle l’économie de crédit à la consommation impériale cessera d’avancer cahin-caha. Car un jour, elle devra trembler et basculer dans un râle. Tel est le sort de toute chose.
Ce sera peut-être fini avant qu’on ait rien remarqué. Le monde créé à l’ère de la pax dollarium disparaîtra peut-être sans tambour ni trompette. Mais il disparaîtra. Alors les morts ricaneront : « Je vous l’avais bien dit. »

Extrait : L’Empire des dettes - A l’aube d’une crise économique épique, éd. les Belles Lettres, juin 2006 (pp. 46-50)

Chaque jour, William Bonner écrit dans la lettre d’information boursière La Chronique Agora (www.la-chronique-agora.com).



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Réactions à cet article

  • Par docdory (---.---.---.136) 24 juillet 2006 10:59

    Merci de ce très interessant article .

    Bien que je n’y connaisse pas grand chose en économie , cette histoire de bons du trésor américains me fait irresistiblement penser à la fameuse affaire des assignats (devenus rapidement de la « monnaie de singe ») du banquier Law, dans la France de Louis XVI , qui avait abouti à une failite retentissante , laquelle avait été , entre autres , une des causes de la révolution française ...

    On attend avec une certaine impatience ou bien avec une curiosité malsaine quelle révolution ou quelle pagaille mondiale va être engendrée par l’effondrement inéluctable du système ...

    Une ancienne malédiction chinoise consistait à souhaiter à son ennemi : « puissiez- vous vivre des temps interessants !! ». Je crois bien que cette fois , nous y sommes ...

    • Par Talion (---.---.---.225) 24 juillet 2006 11:41
      Talion

      « On attend avec une certaine impatience ou bien avec une curiosité malsaine quelle révolution ou quelle pagaille mondiale va être engendrée par l’effondrement inéluctable du système ... »

      J’ai presque honte de le dire, mais je partage ce sentiment...

      Accessoirement il me semble que le terme « curiosité malsaine » est effectivement correct.

      J’ai le sentiment que c’est mal, mais je n’y peux pas vraiment grand chose... A la limite j’ai presque l’impression que acceuillerai avec soulagement un Krash aux proportions bibliques tellement le monde dans lequel nous vivons me parait faux, injuste, perverti et sans issue.

      J’ai beau y travailler, impossible de me débarasser de cette sensation viscérale et que je ne saurai expliquer.

      « Une ancienne malédiction chinoise consistait à souhaiter à son ennemi : »puissiez- vous vivre des temps interessants !! « . Je crois bien que cette fois , nous y sommes ... »

      J’en ai peur...

    • Par Adolphos (---.---.---.170) 24 juillet 2006 17:07

      « J’ai le sentiment que c’est mal, mais je n’y peux pas vraiment grand chose... A la limite j’ai presque l’impression que acceuillerai avec soulagement un Krash aux proportions bibliques tellement le monde dans lequel nous vivons me parait faux, injuste, perverti et sans issue. »

      Et d’ailleur, le monde des années 30 fut tellement mieux que celui des années 20 qu’on ne peut que souscrire à votre enthousiasme.

    • Par (---.---.---.41) 1er septembre 2006 16:48

      @ Talion (IP:xxx.x21.131.225) le 24 juillet 2006 à 11H41,

      « On attend avec une certaine impatience ou bien avec une curiosité malsaine quelle révolution ou quelle pagaille mondiale va être engendrée par l’effondrement inéluctable du système ... » J’ai presque honte de le dire, mais je partage ce sentiment...«  »

      Je vous rejoins dans cette peur.

      Comme la peur n’évite pas le danger, je penche plutôt vers l’expression : Curiosité de l’impuissant face à un tel danger. Mais bon ! S’il n’y a que ça !

      Peur aussi que ce messianique Bush, convaincu d’oeuvrer pour son Dieu contre le Dieu du marsoul Ahmadinejad, ne nous fasse pas une petite « fuite en avant » histoire de nous plonger dans le chaos d’une guerre avec l’Iran,l’Orient... pour camoufler la chute de l’Empire !

      Rome a brulé, le monde brulera-t-il ?

       smiley smiley

      F.K.H.

  • Par Adolphos (---.---.---.170) 24 juillet 2006 11:40

    Bon, dans les année 80, c’était les japonais, maintenant ce sont les chinois.

    Le déficite commercial US n’est pas si terrible que cela, il est même normal pour un pays dont les entreprises délocalisent leur production. L’important, c’est justement que ces entreprises sont en pleine forme, et que la productivité est terrible et en hausse.

    Quand au déficite budgetaire, il est effectivement trop important, mais les USA ont déja prouvé par le passé qu’ils résolvaient ce genre de probléme lorsqu’ils le voulaient.

    Reste la sécurité social et les retraites, qui n’ont pas plus été réformés que les notres. Ca risque de faire un sacré débat, car Bush voulait derniérement la rendre universel. Mais il est peu probable que les américains acceptent de perdre leur liberté. Un endroit donc où faire de substancielle économie, car si les américains empruntes, ils sont aussi de gros épargnants (fonds de pensions..)

  • Par Jesrad (---.---.---.126) 24 juillet 2006 12:09

    Article très intéressant ! Ce n’est pas très étonnant que des gens qui poursuivent une idéologie aussi vaste que la planète entière ne s’arrêtent pas à de simples considérations financières ou économiques... Le gouvernement fédéral américain, et ceux qui le conseillent (et donc le dirigent) en sous-main se fichent éperdument du prix à payer pour gagner une guerre qui est à un autre niveau : celui des idées, celle de la domination du monde. Que leurs intentions sont bonnes ou mauvaises, qu’ils soient convaincus du bien-fondé de leur bataille, ou pas, n’a aucune importance : il faut se garder de juger les intentions, seulement les résultats et les effets des méthodes employées. Un salaud qui fait le bien autour de lui, même sans le vouloir, n’est qu’un saint qui s’ignore ; et réciproquement : l’enfer est pavé de bonnes intentions.

    Voilà donc que les chinois travaillent, produisent, et épargnent, sacrifiant de gré ou de force (je penche plutôt pour la seconde possibilité) leur niveau de vie pour un espoir d’amélioration de leur avenir et celui de leurs enfants. Seulement cette épargne est en fin de compte est confisquée sous forme de bons du trésor américain : à mesure que la valeur réelle de ces bons diminue, dissociée de leur valeur marchande (maintenue artificiellement par la force du monopole de l’Etat fédéral sur la monnaie verte), toute la richesse que représente cette différence de valeur est transférée au gouvernement fédéral. Et c’est avec cette fortune qu’ils financent leur guerre des idées.

    Le parallèle avec l’Europe est frappant. Laissez-moi vous expliquer le fonctionnement de la Banque Centrale Européenne : La BCE reçoit d’une banque ou d’un Etat une demande de monnaie. Elle imprime ces billets, les prête à la banque ou l’Etat. Quand ceux-ci remboursent ce prêt, les billets sont détruits (ou recyclés en étant de nouveau prêtés, ce qui est plus pratique, plus économique et plus écologique). Le taux d’intérêt de ce prêt est fixé de manière à réduire au maximum l’inflation (quand il y a trop de billets en circulation, les prix flambent : il faut donc disposer d’un « bâton » pour dissuader l’abus de la planche à billets). Sur le papier, c’est un bon système. Dans la pratique, il limite très bien l’inflation.

    Mais il y a un hic...

    Voici la banque B. Voici son client, entrepreneur de son métier, Monsieur E. Monsieur E a besoin d’argent pour financer son projet d’entreprise. Il demande à B, qui se tourne vers la BCE et fait l’intermédiaire (garantissant l’un à l’autre en filtrant les projets farfelus, paraît-il). Les taux d’intérêt de la BCE sont de 4%, disons.

    La BCE imprime pour 1 million d’euros à 4% d’intérêt annuel. B investit le million dans le projet de E. E monte son affaire.

    A la fin de l’année, petite question : quand il faudra rembourser le million + 4%, d’où viendront les 40000 euros ? Qui les aura imprimés ?

    SURPRISE ! IL N’Y A JAMAIS ASSEZ DE BILLETS EN CIRCULATION POUR REMBOURSER LA BCE ENTIEREMENT !

    Ces billets manquants feront l’objet d’un nouveau prêt de la BCE, qui entraînera un autre intérêt, qui devra être imprimé par la BCE, qui signifiera un autre prêt de la BCE, etc... C’est ainsi que les pays de la zone Euro paient 4% de TOUT chaque année à la BCE.

    Si la croissance est inférieure à 4%, le pays s’appauvrit. Il est impossible de sortir de ce système à cause des garanties de l’Etat : pas d’insolvabilité, les citoyens paieront, même si les intérêts cumulés finissent par se « composer » jusqu’à dépasser 100% de tout ce que possède le pays et ses citoyens. Le système américain est identique, la FED remplaçant la BCE.

    Pensez-y la prochaine fois que vous tenez un billet dans la main.

    • Par Jesrad (---.---.---.126) 24 juillet 2006 12:25

      Ah, et ceux qui se demandent à quoi la manne européenne sert, qu’ils se demandent à quoi est utilisée le 25% de dépenses publiques en trop du budget français. Pays différent, guerre des idées différente... La démagogie reste identique.

    • Par Adolphos (---.---.---.170) 24 juillet 2006 17:10

      "A la fin de l’année, petite question : quand il faudra rembourser le million + 4%, d’où viendront les 40000 euros ? Qui les aura imprimés ?

      SURPRISE ! IL N’Y A JAMAIS ASSEZ DE BILLETS EN CIRCULATION POUR REMBOURSER LA BCE ENTIEREMENT !"

      Ah AH AH AH ! Elle est bonne !

      Vous avez envisagé une cariére dans les média ?

  • Par Stephane Klein (---.---.---.8) 24 juillet 2006 13:38

    Peut-etre faut-il relativiser un petit peu : le deficit commercial mensuel est de 50 miliards de $ mais quel est l’accroissement de richesse en parallele ?

    Aujourd’hui le budget federal est lourdement deficitaire du fait de depnses inconsiderees dans le secteur militaire et de la guerre d’Irak mais il fut un temps, psa si lointain (sous Clinton) ou il etait beneficiaire.

    • Par Jesrad (---.---.---.126) 24 juillet 2006 14:13

      Bonne remarque : tout est dans le taux d’intérêt comparé au taux de croissance. Si la dette représente chaque année 25% du PIB, il faut une croissance de 25% pour que le pays ne s’appauvrisse pas.

      Au fait, l’administration Clinton a tenté de faire adopter beaucoup de nouvelles dépenses publiques, mais la chambre basse et le Congrès, alors tenus par une majorité républicaine, l’a toujours empêché. Malheureuseùent pour les américain,s le président Bush est républicain, et donc les mêmes chambre basse et Congrès ont une fâcheuse tendance à approuver ses dépenses publiques à lui, par simple idéologie commune...

  • Par Thierry (---.---.---.226) 24 juillet 2006 16:50

    Je voudrais juste relever une (possible) erreur de traduction de l’anglais au français : dans l’extrait du livre cité dans l’article apparaît l’expression « Sécurité sociale ». Il n’existe pas d’équivalent de notre « Sécurité sociale » aux Etats Unis. En revanche, il existe une « Social security » qui est en fait un système de retraites. Je crains qu’on ait ici une traduction terme à terme du texte anglais, sans remise dans le contexte.

  • Par Plus Robert que Redford (---.---.---.179) 24 juillet 2006 16:52

    J’envie tous les pauvres inconscients qui, emboîtant le pas aux Greenspan et autres Bernanke pensent que la dette n’a aucune importance, persuadés que ce qui compte, c’est de faire tourner la machine ! Je les convie à proposer une attitude similaire à leur banquier habituel (je ris par avance de la réponse de celui-ci !)

    Le Dollar est la monnaie fiduciaire mondiale. Dans Fiduciaire, il y a « Fides » qui veut dire Confiance. Les US ont usé et abusé de la confiance en leur monnaie, se comportant en véritables escrocs, jusqu’à ce que la situation tourne en un gigantesque jeu de « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette... » où la confiance a cédé la place au chantage à la méga crise économique. Car si malheureusement le dollar s’effondre, le tsunami économique qui en résultera n’épargnera aucun des rivages de la planète !

    A part ça, lisez tous la lettre d’information boursière « La Chronique Agora (www.la-chronique-agora.com) ». Voilà au moins un espace internet écrit en excellent français, avec le style et l’humour en prime. On y retrouve avec plaisir Françoise Garteiser, Bill Bonner, Jean Chabru, et bien sûr, l’inénarable « Mogambo Guru » (IMG) qui sont capables de vous faire passer l’étude des cours de la bourse pour le meilleur des roman-feuilletons !

    Merci à eux

  • Par Hachtetepe (---.---.---.182) 24 juillet 2006 21:42

    « J’envie tous les pauvres inconscients qui, emboîtant le pas aux Greenspan et autres Bernanke pensent que... »

    Tu les envies pourquoi ? Parce que les perspectives sont tellement désastreuses que toi, tu en perdu l’appétît et le sommeil ?

    Tu sais qu’il y a des pilules pour arranger ça ? A moins que tu adores te complaire. Y’en a plein des comme ça. Les plus spectaculaires sont ceux qui se tapent avec un marteau sur la tête, parce que ça leur fait du bien quand ils arrêtent...

    Mais je suis sûr que tu la connaissais déjà, hein dis ? Tu savais juste pas qu’elle s’appliquait à toi.

  • Par couillou (---.---.---.132) 24 juillet 2006 23:53

    Merci pour cet intéressant article. Les américains ne se sont pas occupé de la dette parce que ce sont eux qui ont installé le système économique mondial, ils savent depuis le début que tout ça n’est que du vent, et qu’ils peuvent manipuler les chiffres comme ils veulent sans changer d’un iota « l’ordre mondial ». Du moins, c’est ce qu’ils croyaient (et nous aussi, et c’était vrai), jusqu’à maintenat.
    Combien de temps avant que ça s’écroule ? Je ne sais pas trop, juste avant ou un peu après les JO de Pékin ?

  • Par khalid (---.---.---.219) 25 juillet 2006 03:05

    Lire Après l’Empire d’Emmanuel Todd qui fait strictement la même analyse, à savoir que les US sont devenus un gigantesque trou noir qui aspire une grande partie de la production de la planète et bien manufacturés et en matières premières et qui ont un déficit avec à peu près tout le monde ; sauf qu’il rajoute qu’en plus pour maintenir l’illusion de leur puissance et donc la valeur du dollar ils sont obligés de s’engager dans des conflits mineurs qu’ils « pensent » « pensaient » gagner facilement, le livre a été écrit au moment de la seconde guerre du Golf.

  • Par Fred (---.---.---.75) 25 juillet 2006 10:29

    Enfin, en pourcentage du PIB leur dette (70%) est a peu pret equivalente a la notre (65%) et nous allons aussi avoir un probleme des retraites avec la generation des babyboomers qui commence a partir a la retraite.

    De plus, si demain les US se calmaient avec leurs depenses militaires et leurs guerres, ils pourraient etre excedentaires chaque annee. Il leur faut un president qui a un peu plus la tete sur les epaules et une notion des chiffres.

  • Par mjmb (---.---.---.25) 25 juillet 2006 11:04

    Et si la Chine, près de quatre fois plus peuplée que les Etats Unis,avait simplement les moyens de « se payer » 300 millions d’EtatsUniens ?

  • Par armand (---.---.---.1) 25 juillet 2006 11:06

    Article très intéressant, qui m’inspire les réflexions suivantes :
     A côté d’une Amérique qu’on imagine frugale, soucieuse d’épargne, de bonne monnaie (selon la Constitution, la monnaie est encore définie en termes d’or et d’argent), il y a toujours eu une Amérique qui vit à crédit et qui pratique de la vraie-fausse monnaie :
     déjà dans les années ’20 l’écrivain Ferri-Pisani s’étonnait de l’absence d’épargne des Américains des classes moyennes, vivant à crédit, surconsommant, notamment pour des loisirs, et ne laissant rien à leurs enfants, censés se débrouiller comme leurs parents l’avaient fait.
     Au milieu du XIXe siècle, la formidable poussée vers l’Ouest a été financée en grande partie par des « wild cat notes », du papier-monnaie émis par les banques privées, dont la valeur était fluctuante (un dollar de la banque machin pouvait valoir deux dollars de la banque chose, etc.), qu’on s’efforçait de dépenser au plus vite car les banques faisaient faillite. C’était bien une monnaie « de confiance », suffisamment souple pour accompagner l’expansion et assez volatile pour ne pas être thésaurisé. Et de plus, à l’époque, les U.S.A frappaient peu de pièces de monnaie et les premiers greenbacks officiels datent de la Guerre de Sécession.
     Un grand débat fait rage sur la définition des « fondamentaux » de l’économie. En effet, certains économistes estiment que les outils traditionnels ne mesurent pas la complexité actuelle, et que la prise en compte de certains facteurs relativisent les déficits.
     Il est vrai que gouvernements et banques centrales, désireux de contrôler et de manipuler la monnaie, ont systématiquement tapé sur le seul instrument qui permettait d’imposer un budget vertueux et d’offrir aux particuliers une valeur d’échange autonome,à savoir l’or.

  • Par Stephane Klein (---.---.---.8) 25 juillet 2006 13:00

    « il y a toujours eu une Amérique qui vit à crédit »

    Bon alors je vais reediter : et si apres ce president un autre vient, redit drastiquement les invetissement militaire, notamment dans le bouclier antimissile et ramene le budget federal au neutre voire au positif, predirez-vous toutjours l’implosion economique ?

    J’en doute alors cessons de fantasmer des situations nees de notre antiamericanisme conscient ou refoule et attendons de voire avant de monter un quelconque pataquès.

    • Par Fred (---.---.---.75) 25 juillet 2006 13:50

      C’est la la difference, les US ont de grosses depenses stupides qui contribuent a leur dette ; la France n’a pas autant de marge de manoeuvre. Si demain, le budget de la defense Americaine diminue de 20% et qu’ils partent de l’Irak et de l’Aghanistan, les US vont faire 300 milliards d’economies annuelles et ils deviendront beneficiaires. Ils leur faut juste un president qui soit un peu plus conservateur fiscalement parlant, ce qui est paradoxal vu que les Republicains pretendent l’etre.

      Pour la France, faire des economies signifie s’attaquer a des problemes comme les retraites, la secu, les fonctionnaires, l’education...des choses qui affectent directement notre vie de tous les jours au contraire de la defense.

    • Par Stephane Klein (---.---.---.8) 1er septembre 2006 16:42

      Si, si, la France a plein de depenses stupides : supprimez les emplois djeun’s (les fermeurs de portes de la RATp, les agents d’ambiance...) et les 35 H et on reviendra dans le vert.

      Privatisons pour rembourser, reduisons encore les depenses publiques par l’optimisation des azchats, l’informatisation, l’externalisation et la mise en concurrence de services rendu par des organes publiques et non concurrences et on verra l’avenir avec beaucoup plus d’optimisme.

  • Par armand (---.---.---.209) 25 juillet 2006 14:05
    armand

    Mes propos n’étaient pas du tout anti-américains : je souligne seulement cet intéressant paradoxe : d’un côté, une monnaie qui joue sur la confiance (tout billet de banque, depuis 1862, a encore cours légal ; apparence des billets qui n’avait pas changé en près de quatre-vingts ans) d’un autre, un gouvernement fédéral qui joue la monnaie comme un moyen et non une fin (décisions autoritaires come la non-convertibilité de Nixon, l’interdiction de posséder de l’or édictée par Roosevelt, l’invention du greenback à cours forcé (Lincoln). Et si un président venait à réduire le déficit drastiquement, cela ne changerait pas les habitudes des américains. Qui se défendent, d’ailleurs : en France on est trop attaché à l’héritage et au soutien financier des parents. Aux USA on s’efforce de donner une bonne éducation, puis l’enfant se débrouille. Et les parents dépensent ! Après tout, ils ont trimé pour...

  • Par Chine (---.---.---.249) 14 août 2006 14:30

    Les américains seront-ils les seuls perdants le jour où le dollar ne vaudra plus rien ?

  • Par www.jean-brice.fr (---.---.---.62) 22 août 2006 22:17

    Je conseille à l’auteur de cliquer RUEFF Jacques : c’est le SEUL ECONOMISTE, hélas décédé en 1978, à avoir fait une analyze sérieuse de la crise actuelle qui a, en réalité, démarrer en 1922 à la conférence de Gênes, cause de la grande crise de 1929. La crise que nous vivons est un remake de celle-ci en beaucoup plus grand, mais la cause est la même : dérèglement du système monétaire international ...

  • Par (---.---.---.68) 22 août 2006 22:23

    Tout cela démontre une chose, que l’endettement d’un pays est une notion très théorique et sans beaucoup d’importance quand le pays est le plus puissant du monde, économiquement, financièrement, scientifiquement, technologiqument et militairement...

    • Par (---.---.---.140) 16 décembre 2006 16:27

      Oui, il y a la théorie ...mais, je fais « confiance » aux riches pour retrouver leurs sous...et ces jours seront très durs à passer pour les peuples qui travailleront pour « les riches de cette époque », comme il est actuellement très dur de vivre dans le giron de certaines entreprises chinoises,et autres qui travaillent pour distraire les habitants des pays occidentaux.

  • Par fwed (---.---.---.241) 1er septembre 2009 15:03
    fwed

    article tres interessant, dejà deux ans...et ce qui y est ecrit se realise !!

    Je cours acheter le livre !

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