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Accueil du site > Tribune Libre > Bill Gates philanthrope ? Oui, mais pas trop

Bill Gates philanthrope ? Oui, mais pas trop

Bill Gates est revenu dans l’actualité sur deux points : Microsoft, entreprise dont il reste le président, vient de lancer Windows Vista et sa fondation la Bill & Melinda Gates Foundation a fait tout récemment l’objet d’une enquête par le Los Angeles Times conduite par Charles Piller, membre du comité de rédaction de son journal. Comme on le verra plus loin, il existe un lien étroit entre l’entreprise et la fondation.

Au préalable, il n’est pas inutile de rappeler qu’une fondation aux Etats-Unis a le droit de posséder un portefeuille de valeurs mobilières pour financer ses bonnes œuvres, chose impensable chez nous. Dans ce pays, cela n’a rien de choquant car on considère que la gestion d’un portefeuille et la philanthropie peuvent aller de pair, même si les Américains eux-mêmes sont conscients de l’ambiguïté de cette situation. Aussi n’est-ce pas sur ces deux points que porte l’enquête du LA Times, mais sur l’adéquation entre les nobles buts de la Gates Foundation et ceux des entreprises dans lesquelles elle possède des participations. En matière de bienfaisance, l’éthique commande pour une fondation de ne pas cautionner par ses investissements toute entreprise qui ne respecte pas l’environnement, les règles sanitaires, les droits de ses employés, qui pratique la discrimination à l’embauche, qui emploie des enfants, et d’une façon générale se livre à des pratiques immorales voire malhonnêtes. On comprendra mieux la curiosité des journalistes californiens en situant les enjeux financiers : fin 2005, la dotation totale de la Gates Foundation se montait à 35 milliards de dollars, constituée pour l’essentiel par des placements dans le monde entier. Puis, en juin 2006, Warren E. Buffett, l’homme le plus riche du monde après Bill Gates, s’engagea à apporter en plusieurs versements 31 milliards de dollars pris sur sa fortune personnelle. Si on ne compte pas les dizaines de milliards de dollars supplémentaires que Gates a lui-même promis, le total dépasse le PIB de 70 % des nations du monde. Quand la Gates Foundation, aura ainsi atteint plus de 60 milliards de dollars, elle représentera à elle seule 10 % du capital de toutes les autres fondations des Etats-Unis. Comme la plupart des organisations philanthropiques, la Gates Foundation donne chaque année au moins 5% de son capital pour payer un minimum d’impôts. En 2005, elle a octroyé près de 1,4 milliard de dollars. Si elle apporte un soutien à des initiatives globales en faveur de la santé, elle récompense aussi tous les efforts qui visent à améliorer l’enseignement public aux Etats-Unis et tous les programmes d’action sociale au Nord-Ouest du Pacifique. Les 95% restants sont investis. En ce qui concerne le portefeuille, Bill et Melinda Gates exigent de leurs managers de veiller à sa très grande diversité sans pour autant donner de directives précises. Et là, on en arrive au point soulevé par les journalistes du LA Times qui se sont aperçus que les entreprises dans lesquelles la fondation possédait des parts et dont les objectifs allaient à l’encontre de ses buts caritatifs représentaient 41 % de ses actifs, soit 8,7 milliards de dollars. Chose encore plus troublante, Bill et Melinda Gates ont érigé une cloison étanche entre les gestionnaires des actifs et ceux chargés de dispenser les dons destinés aux bonnes œuvres de la fondation : en clair, la main droite ignore ce que fait la main gauche.

Un exemple de cette contradiction entre la pratique des affaires et la philanthropie est donné à propos du Nigéria dans la ville d’Ebocha, dans le delta du Niger, là où se concentrent les installations pétrolières dont les activités créent une grave pollution dans cette région avec des centaines de torchères qui brûlent jour et nuit. Ces torchères forment un nuage toxique provoquant une épidémie de bronchite chez les adultes, de l’asthme et des troubles de la vue chez les enfants. La fondation a dépensé dans le monde y compris le delta du Niger 218 millions de dollars pour les vaccins contre la poliomyélite, la rougeole, et dans la recherche alors qu’elle a investi 423 millions de dollars dans les sociétés Eni, Shell, Exxon, Chevron, et Total, ces compagnies pétrolières étant pour la plupart à l’origine de ces torchères qui polluent le delta du Niger au-delà des limites admises aux Etats-Unis et en Europe. Autre exemple : La Gates Foundation subventionne des programmes d’aide au logement dans le cadre de ses actions sociales. L’ennui, c’est qu’elle possède des parts dans une société de prêt hypothécaire, Ameriquest Mortgage qui accorde des prêts pour tous les gens qui ne satisfont pas aux critères minimaux des institutions financières pour en bénéficier. En contrepartie de ce prêt, c’est la mise en hypothèque de l’habitation. Or cette société, par ses méthodes, arrive à faire perdre leur maison à ses clients en pratiquant des taux usuraires, en élaborant des contrats de douze pages rédigés en petits caractères pour en décourager la lecture et en exigeant des remboursements immédiats dont les mensualités excèdent les revenus des victimes. Ameriquest Mortgage a été accusé par les autorités ou lors de procès d’avoir poussé des centaines de gens à vendre leur maison. Enfin pour compléter le tableau, la Gates Foundation a des parts chez des chocolatiers dont les plantations de cacao en Afrique de l’Ouest font travailler des enfants dans des conditions proches de l’esclavage, si l’on en croit le gouvernement américain lui-même.

Suite à ces révélations, le LA Times envoya à plusieurs reprises des questions écrites à la fondation pour lui demander si elle envisageait de changer sa politique d’investissement, questions auxquelles elle n’a jamais répondu : ses représentants se sont contentés de déclarations d’intention publiés sur son site Internet et dans le Seattle Times. A ce jour, la politique d’investissement de la Gates Foundation n’a pas bougé d’un iota.

Mais ce n’est pas tout car derrière le Bill Gates philanthrope, il y a toujours le VRP de Microsoft : à l’occasion d’une tournée en Afrique effectuée avec son épouse pour le compte de sa fondation, il a organisé une réunion les 22 et 23 septembre 2006 en Afrique du Sud à Johannesburg sur le thème de "L’édification de la société de l’information en Afrique" et rassemblant tout un aréopage de représentants de gouvernements africains, de ministres des technologies de l’information ou de l’éducation. A cette occasion il a qualifié Microsoft de "meilleure entreprise du monde" pour proposer des logiciels gratuits, des formations, le tout subventionné par la Gates Foundation dont les sommes énormes pour l’Afrique ont déjà séduit des pays comme l’Ouganda, l’Angola et la Namibie, les dissuadant d’utiliser les logiciels libres qui décidément énervent Gates dont la rapacité ne semble point connaître de bornes puisqu’il cherche à s’immiscer dans le projet OLPC (One Laptop per Child : un ordinateur portable par enfant) ; ce projet vise à terme à équiper les enfants scolarisés des pays émergents d’ordinateurs à prix réduit, soit 100 dollars. Le maître d’œuvre en est le département Media Labs du M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) sous la direction de Nicholas Negroponte. Conformément à cette démarche, ces machines sont pourvues de logiciels libres dont Linux (Red Hat) ; voyant cela, le PDG de Microsoft, qui avait dénigré ce projet dans un premier temps, a fait ajouter une carte externe à ces ordinateurs pour pouvoir les faire fonctionner sous Windows.

Lorsqu’en juin 2006, Bill Gates annonça de façon très médiatique qu’il se donnait deux ans pour se consacrer entièrement à sa fondation, il a pu donner l’image d’un homme qui, fortune faite, se retire progressivement des affaires tout en gardant un œil de plus en plus distancié sur son entreprise ; en réalité ces deux ans correspondent au temps nécessaire pour vendre Windows Vista qui a fait l’objet de lourds investissements et à une intensification de son action de VRP pour lutter contre le développement du logiciel libre qui gagne de plus en plus du terrain dans le monde (entre autres, Chine, Japon, Corée du Sud).

Quand la philanthropie devient le cheval de Troie du business...

P.F.

Liens :

Enquête du Los Angeles Times :

http://www.latimes.com/news/nationworld/nation/la-na-gatesx7jan07-sg,0,261331.storygallery

Microsoft à la conquête de l’Afrique :

http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39126752,00.htm


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96 réactions à cet article    


  • arturh 21 février 2007 13:34

    Il n’y a qu’une chose à dire sur un site internet français à propos de Bill Gates. En France, ce qu’il a fait lui aurait été interdit. Comme aurait été interdit à Sergueï Brin et Larry Page ce qu’ils ont fait avec Google.


    • Quid 21 février 2007 14:02

      Pouvez-vous develloper ? On a compris en lisant l’article qu’il serait impossible en France à une fondation de placer son capital en bourse. Est-ce à celà que vous faites référence ?

      Quand à Google, on ne comprend pas en lisant votre post ce qu’ont pu faire ses fondateurs qui leur aurrait été interdit en France.

      Ceci dit, je trouve l’article construit et très interressant.


    • Palo Alto 21 février 2007 14:12

      que voulez-vous dire au sujet de Google ?

      Pouvez-vous développer ? Merci d’avance.


    • Patrick FERNER 21 février 2007 14:40

      Dans la législation française, une fondation ne peut pas avoir de but lucratif en vertu de la loi du 24 juillet 1987 :

      Art. 17 I. - l’article 10 de la loi du 1er juillet 1901 précitée est ainsi rédigé : • " Art. 10. - Les associations peuvent être reconnues d’utilité publique par décret en Conseil d’Etat à l’issue d’une période probatoire de fonctionnement d’une durée au moins égale à trois ans. • " La reconnaissance d’utilité publique peut être retirée dans les même formes. • " La période probatoire de fonctionnement n’est toutefois pas exigée si les ressources prévisibles sur un délai de trois ans de l’association demandant cette reconnaissance sont de nature à assurer son équilibre financier. " II. - La dernière phrase du premier alinéa de l’article 11 de la loi du 1er juillet 1901 précitée est rédigée ainsi : « Toutes les valeurs mobilières d’une association doivent être placées en titres nominatifs, en titres pour lesquels est établi le bordereau de références nominatives prévu à l’article 55 de la loi n°87-416 du 17 juin 1987 sur l’épargne ou en valeurs admises par la Banque de France en garantie d’avances. »

      Art.18 La fondation est l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources à la réalisation d’une oeuvre d’intérêt général et à but non lucratif. Lorsque l’acte de la fondation a pour but la création d’une personne morale, la fondation ne jouit de la capacité juridique qu’à compter de la date de rentrée en vigueur du décret du Conseil d’Etat accordant la reconnaissance d’utilité publique. Elle acquière alors le statut de fondation reconnue d’utilité publique. La reconnaissance d’utilité publique est être retirée dans les mêmes formes. Lorsqu’une fondation reconnue d’utilité publique est créée à l’initiative d’une ou plusieurs sociétés commerciales, la raison - ou la dénomination sociale - d’au moins l’une d’entre elles peut être utilisée pour la désignation de cette fondation.


    • gem gem 21 février 2007 16:25

      je crois que arthurh veut dire qu’en France, Bill Gates, Sergueï Brin et Larry Page seraient rester dans leurs garages avec deux employés, et qu’ils ’auraient jamais pu monter Microsoft ou google. On n’aurait même pas à se poser la question de l’usage parfois éthique mais pas toujours d’un pognon qu’ils n’auraient jamais gagnés...


    • Le sudiste 24 février 2007 21:11

      Il aurait gardé son blé pour lui, vous auriez gueulé, il aurait créé une marque de fringues vous auriez gueulé... quoiqu’il eut pu faire vous auriez trouvé un truc à redire. Quand à cette « enquête » elle est aussi faite par quelqu’un qui n’amène rien si ce n’est que de toujours trouver un truc à redire. Ca me fait penser à ces « journalistes », critiques de cinéma, souvent frustrés par un certain manque de réussite dans ces métiers et qui n’arrivent qu’à une chose : rester sur le bord de la route et parler de celui qui fait les choses.

      Pour moi, c’est déjà ça, ce devrait être le travail des états, du vôtre entre autre et il ne le fait pas. C’est un particulier un peu particulier qui le fait. Où sont les avis de ceux qui survivent grâce au pognon de ce grand méchant capitaliste ? Nulle part. Pourquoi ? Vous ne vous intéressez qu’à ceux qui sont « comme » vous ? Cette pseudo enquête semble puante.

      Là où elle devient ridicule, c’est qu’il y a au moins une chose qui est claire même si c’est peut-être cela qui dérange et qui génère de telles préoccupations : à moins d’être un demeuré je ne vois pas comment on peut soupçonner le Bill d’utiliser sa fondation pour faire du pognon. Il me semble qu’il en a assez pour lui ou pour en filer à qui il veut sans que cela lui manque. Alors une fois cette réalité bien posée, que reste-t-il de l’objet de telles « pseudo enquêtes » ?

      Rien si ce n’est quelqu’un qui reste au bord de la route et qui crache si possible sur le plus connu voire controversé qui passe devant lui. Pourquoi ? Certainement pour la liberté d’informer...


    • Patrick FERNER 26 février 2007 14:03

      @Le sudiste

      Ce qui pue comme vous dites, ce n’est pas mon article mais les FAITS qui y sont relatés ; certains ont parlé de naïveté dans mes propos, alors que les naïfs ce sont des gens comme vous qui se font rouler dans la farine par ce grand séducteur de Bill Gates en lui vouant une admiration sans bornes pour en faire une idole. Allez dire aux journalistes du L.A. Times qu’ils ont fait une « pseudo enquête » quand ils ont réalisé 90 interviews et consulté tous les documents possibles et imaginables. Soit dit au passage, ils donnent une belle leçon de journalisme à nos médias par le sérieux de leurs investigations et leur strict énoncé des FAITS (« pure statement of facts ») sans porter de jugement personnel. S’ils avaient mal fait leur travail, la fondation Gates aurait vivement réagi : au lieu de cela, elle a botté en touche. Des demeurés, tous ceux qui soupçonnent « Bill Gates d’utiliser sa fondation pour faire du pognon » ? Allons donc ! Si l’argent de la fondation ne tombe pas dans sa poche, il aide Microsoft à conquérir les marchés des pays émergents et à gagner de l’argent qui lui, vient grossir le compte en banque de son PDG en tant qu’actionnaire de sa société. Ce qui motive Gates peut-être plus que l’argent, c’est la volonté de puissance : dès la création de son entreprise, il avait l’ambition de dominer le monde de l’informatique. Savez-vous par exemple que MSN était au départ un projet pharaonique qui consistait à entourer la Terre de satellites géostationnaires afin de créer un réseau sur lequel Gates aurait régné sans partage ? Car il voulait supplanter Internet. L’énormité même de ce projet le fit renoncer mais inspira en1997 les scénaristes d’un film de James Bond : « Demain ne meurt jamais », dans lequel le « méchant », Carver, incarne un magnat des médias qui veut provoquer une troisième guerre mondiale pour faire de l’audience ; ce personnage, une sorte de Gates fortement mâtiné de Rupert Murdoch (Fox News) et de Ted Turner (CNN) est une allusion à peine voilée au célèbre milliardaire dont il arbore la même coupe de cheveux et les mêmes lunettes.

      Les faits sont têtus et vous n’y pouvez rien ; le fait de critiquer votre idole, surtout quand elle prétend faire de la philanthropie n’a rien à voir avec une quelconque aigreur ou jalousie, argument nul et non avenu de la part de tous ceux qui, comme vous n’acceptent pas qu’on vienne écorner le mythe qu’il se sont forgé et refusent de voir la réalité en face.


    • Romain 21 février 2007 14:07

      Si cela avait été interdit en France, ce n’est peut-être pas eux qui sont malhônnete... Mais peut-être notre législation qui ne permet pas aux richesses de se créer... C’est grâce à des sociétés comme Microsoft ou Google que la croissance d’un pays est de manière constante forte... Et pas à 2% de croissance dont la majorité est une croissance de consommation...


      • Palo Alto 21 février 2007 14:15

        La croissance n’est pas synonyme de développement.


      • alberto 22 février 2007 11:08

        Et inversement...


      • hum 22 février 2007 11:18

        avec ou sans c’est selon


      • labuscasse 22 février 2007 14:57

        La croissance est une technique : elle n’a pas de morale,c’est ce que l’on en fait qui peut être moral ou pas.


      • albo 21 février 2007 14:19

        « Comme on le verra plus loin, il existe un lien étroit entre l’entreprise et la fondation. » Quelle désillution !!! Tu pensais depuis toujours que Bilou avait gagné son fric en jouant au Loto et tu t’aperçois aujourd’hui qu’il redistribue via sa fondation une partie (non négligeable) de ce que lui rapporte l’entreprise Microsoft (dont il est le co-fondateur). Et alors ? Je préfère un type, qui gagne du fric et qui le refile, à un type qui gagne (presque) autant mais qui le garde pour se payer des jeans usés (Steve Jobs) ou des bateaux de course (Larry Ellison). Quant aux investissements de Gates dans des sociétés « caca », sont-ce des investissements faits en toute connaissance de cause ou via des fonds communs de placement, des SICAV etc ??? Vu mon grand âge, je me rappelle ce qui est arrivé à Bob Dylan qui ne pouvait être suspecté de vautour mais à propos duquel on avait découvert qu’une partie de ce qu’il gagnait était investi, via une SICAV quelconque, dans l’industrie de l’armement...


        • Patrick FERNER 21 février 2007 17:32

          @Albo

          Je sais parfaitement que c’est grâce à Microsoft que Gates a fait et continue à faire sa fortune, cette entreprise réalisant bon an mal an 8 milliards de dollars de bénéfice. En ce qui concerne Dylan, on peut lui accorder la présomption d’innocence quand on sait que les artistes, par nature, ne sont guère portés sur les questions financières et confient la gestion de leur fortune à des tierces personnes. Il en va tout autrement à propos de Gates qui est avant tout est un homme d’affaires, et en tant que tel, il est impensable qu’il ne jette pas un regard attentif sur la nature des placements effectués et qu’il peut d’autant moins ignorer à la suite de l’enquête du L.A. Times, laquelle a fait l’objet de cinq articles consécutifs. S’il est vrai que la Gates Foundation n’est pas la seule aux USA à investir dans des entreprises « sales », c’est la part importante qu’elles prennent dans son portefeuille qui a suscité la curiosité des journalistes californiens. La réaction de la fondation a été celle d’un gamin pris le doigt dans le pot de confiture. Bill Gates est tellement riche qu’il pourrait se permettre tout à la fois de s’offrir des jeans usés, des bateaux de course et de donner de l’argent à sa fondation, reléguant Steve Jobs et Larry Ellison, toutes proportions gardées, au rang de smicards...


        • albo 22 février 2007 09:09

          Je cite : A propos de Steve Jobs : « En 1982, à l’âge de 27 ans, Steve Jobs est le plus jeune homme à entrer dans le Fortune 400 (classement des personnes ayant la plus grande fortune mondiale) » « On vient de découvrir que le milliardaire de 51 ans a bénéficié en 2001 de 7,5 millions de stock-options sans l’autorisation du conseil d’administration d’Apple. Les documents censés prouver l’aval du conseil en 2001 se sont révélés falsifiés, selon la presse américaine » A propos de Larry Ellison : « Il est « l’autre milliardaire du logiciel ». Lawrence Ellison, dit « Larry », est moins connu que Bill Gates mais presque aussi riche » « En 2004, Larry Ellison s’est fait construire un yacht, le « Rising Sun », de 140 m de long. Coût : 285 millions d’euros. » Et vous osez parler de smicards !!! Un peu de décence. On peut ne pas apprécier Gates, mais de là à proférer de telles bétises...


        • Patrick FERNER 22 février 2007 10:54

          @Albo

          Au cas où ne vous l’auriez pas remarqué, je faisais de l’humour.


        • albo 22 février 2007 11:19

          Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, vous faites très mal l’humour... smiley


        • Radix 21 février 2007 14:54

          Bonjour

          Sujet intéressant, c’est probablement la raison pour laquelle un article similaire est parut dans le Courrier International il y a quinze jours... Ceci dit cette information n’est guère surprenante connaissant les méthodes commerciales de Mr Gate souvent à la limite de la légalité et parfois franchement frauduleuses. Dans son raisonnement seul le résultat compte ! Appliqué au monde des affaires cette méthode fonctionne mais dans le cas d’une fondation caritative les moyens utilisés obèrent dangeureusement la finalité.

          Mais peut-être que le but poursuivi par Mr Gate est-il très différent de ce qu’il prétend !


          • Charley 21 février 2007 15:53

            « Et alors ? Je préfère un type, qui gagne du fric et qui le refile, à un type qui gagne (presque) autant mais qui le garde pour se payer des jeans usés (Steve Jobs) ou des bateaux de course (Larry Ellison). »

            Moi je n’ai pas de préférences entre eux. Car qui à dit qu’il fallait choisir entre eux.

            Mais au mieux lorsque l’on ne donne pas d’une main ce que l’on vole de l’autre.

            Donner 5€ pour soigner et investir 50€ dans ce qui fait mourir, j’appelle cela se donner bonne conscience ou même être d’un cynisme éhonté. Comme certaines associations caritatives qui servent en fait à détourner les dons, comme nous avons connus cela en France avec cette asso de lutte contre le cancer.


            • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2007 16:20

              Bonjour,

              Je ne vois pas bien le problème de conscience. Une entreprise humaine, qu’elle soit commerciale ou philanthropique essayera de durer dans le temps. Pour le faire, que faut-il, sinon investir dans des fonds qui croissent. Ne pas le faire et c’est la mort à courte échéance.

              Ne voir que le débit sans penser au crédit, n’est pas la solution dans la pérénité.

              La fondation Nobel doit assurer ses prix chaque année. C’est une véritable organisation avec ses frais de fonctionnement propres. Dans ce cas précis, est-ce un remord de l’inventeur d’avoir pensé à une fondation qui pense à récompenser la paix ?

              Bill Gates n’a, d’après moi, aucun remord sur la conscience que d’avoir tenter d’« écraser » ses concurrents dans une activité commerciale mais sans dégâts humains possible à la clé.

              J’ai entendu que Luc Besson, fortune faite dans la production du cinéma, voudrait changer de « crèmerie » et lancer sa fondation. Pas de lézard, non plus.

              Les fonds de pensions travaillent de la même manière. Dans ce cas précis, il y a un effet secondaire : ils forcent les entreprises à réussir sinon à crever. On achète les actions qui font du « dubble digit », les autres on les vend.

              Argent, quand tu nous tiens...


              • parkway 21 février 2007 16:32

                cet article, excellent, ferme le bec de tous ceux qui, sur agoravox encensaient l’ordure gates lors de son annonce de don à la fondation précitée.

                quand on devient pourri, on ne peut plus en changer...

                demandez à delarue, il est au courant...


                • madmaxou 21 février 2007 16:33

                  Il y a une chose que j’ai peut-être mal compris, c’est cette histoire de financement par la Fondation de Gate de certains investissements dans des logiciels Microsoft pour le compte de certains Pays émergents... J’ai peur d’avoir compris plutot ;)

                  Sans entrer dans le débat de la création de richesse dans notre bel hexagone, cet article met bien en avant une idée qui avait déjà fait son chemin : Bill Gates ne donne jamais rien sans rien en retour smiley

                  L’article aurait pu se résumer à cela, le problème étant que cette fondation donne un poids supplémentaire à Microsoft, en la dotant d’une sorte de capacité parallèle d’investissement gigantesque supplémentaire... Comme si elle ne se suffisait pas à elle-même.

                  Tenez bon fondations mozilla, wiki et linux... le libre vaincra smiley


                  • L'enfoiré L’enfoiré 21 février 2007 17:35

                    @madmaxou,

                    Maintenant que tu as compris, qu’est-ce que ça va changer pour toi et surtout pour le reste du monde ?

                    Mais oui, la bonne soupe existera toujours. N’essayes-tu pas d’en goûter les prémisses ? « Tenez bon fondations mozilla, wiki et linux... le libre vaincra », dis-tu. Quel libre ? Celui qui ne coûte rien, qui fonctionne d’amour et d’eau fraîche ? Crois-tu vraiment qu’en début de vie, il ne faille pas trouver des moyens pour assurer ses arrières ? Après, peut-être, on peut penser à faire du bénévolat, des dons en argent ou de soi... des fondations pour les plus puissants. Il y a une autre manière, c’est de brûler ses liards dans un feu de joie avec un retour à la case départ en comptant sur le bénévolat des autres. Juste retour de...


                  • GlitchyBits 21 février 2007 19:44

                    @l’Enfoiré

                    « Quel libre ? Celui qui ne coûte rien, qui fonctionne d’amour et d’eau fraîche ? » C’est une vision très naive du libre, et fausse. Un nombre non négligeable de projets avancent grâce à la contribution (entre autres) d’ingénieurs payés par des entreprises, et pas des moindres (au hasard Google, Red Hat ...). La force du libre est qu’il ne rejette pas les efforts quels que soient leur provenance du moment que l’apport suit les règles de la licence. Oui le libre coûte de l’argent, mais génère de la richesse mieux partagée que dans le modèle propriétaire ...


                  • L'enfoiré L’enfoiré 22 février 2007 20:27

                    @GlitchyBits,

                    « Oui le libre coûte de l’argent, mais génère de la richesse mieux partagée que dans le modèle propriétaire ... »

                    >>> Je suis d’accord. Il y a deux occupations dans la vie. Le travail qui apporte les rentrées nécessaires pour vivre. Les hobbies qui permettent de supporter l’autre partie. Peu de travailleurs parviennent à associer les deux. Le libre, et je ne parle pas des « gros » que tu cites, se crée souvent à base volonté personnelle de réaliser les choses autrement. Partager n’est qu’une manière de vérifier que le développement n’a pas été réservé à son créateur. On aime c’est tout. Google, je serais étonné de pouvoir lui assigner une étiquette de libre.


                  • 21 février 2007 16:43

                    Vous êtes quand même incroyable ... voilà l’un des hommes les plus riches qui volontairement met son fric pour une fondation au service des autres, et vous allez faire tout votre possible pour essayer de démonter ces actions .... Bien sur ce n’est pas une ONG, mais vous en feriez autant à sa place ???


                    • Manuel FLURY 21 février 2007 16:50

                      Ouaw, quel article ! Très intéressant merci !


                      • Fillaam 21 février 2007 21:15

                        Je partage ton avis (et tes points négatifs !), en y ajoutant, sans démagogie aucune, la grande qualité du débat des Agoravoxiférants !!


                      • toto1701 21 février 2007 16:51

                        voilà l’un des hommes les plus riches qui volontairement met son fric pour une fondation au service des autres, et vous allez faire tout votre possible pour essayer de démonter ces actions .... Bien sur ce n’est pas une ONG, mais vous en feriez autant à sa place ? ? ? moi je pense que BG a une strategie commerciale quand il fait dans le caritatif c’et un peu comme de la pub,il améliore l’image de son entreprise aupres du grand public.... pas bete le gate !!!!


                        • 21 février 2007 16:59

                          Je me doutais que la « philantropie » de Mr Gates cachait certaines intentions peu louables destinée à changer la forme (son image) sans changer le fond (le personnage). Je n’imaginais pas à quel point cet homme peut-être calculateur et son action contre le logiciel libre le démontre : on se demande à quoi peut lui servir d’essayer (en vain) d’empêcher le développement du logiciel libre : ça frise l’absurdité.


                          • Christian Degouy 21 février 2007 17:18

                            Votre article correspond bien à la mentalité Francaise et a une approche de village Gaulois. Pour qu’une fondation puisse faire une différence sur le long terme il faut quelle génére un résultat opérationnel positif. Dès que cet objectif est atteint ce qui est le cas de cette fondation aux resources pharaoniques, vous pouvez financer ses actions dans la durée sans faire appel à des dons extérieurs. Ce qui est fondamental. Le fait de séparer la partie gestion de fortune de la fondation de la partie programmes et donations et également une excellente chose. Plus vous obtenez un retour sur les fonds investis important et plus vous avez de moyen dans la fondation. Bienvenue dans le monde du Capitalisme à l’américaine, celui ou avant de donner on a compris qu’il fallait en gagnez et si possible beaucoup pour pouvoir faire une vraie différence dans ce monde qui en a vraiment besoin.

                            Thank you Bill for your excellent job and understanding of what it takes.

                            Christian


                            • Romu 21 février 2007 17:53

                              Je comprends votre point de vue, mais, a mon sens, il participe de l’hypocrisie generale entourant le capitalisme.

                              Ecrase tout sur ton passage, apres ca, tu t’achetes un conscience, meme si tu finances des ’bonnes’ actions avec des choses pas tres belles.

                              C’est un peu facile non ? Cela dit, c’est un probleme bien complique. Dans le meme genre, y a qu’a voir le film Syriana qui montre bien que le voeux de democratie mondiale publiquement appele par les US ne tient qu’a peu de choses face au lobby du petrole...et on n’en sort pas.


                            • Patrick FERNER 21 février 2007 18:05

                              @Christian Degouy

                              Je ne sais pas si j’ai une approche de village gaulois, mais c’est sûr qu’il y a un véritable fossé culturel entre la France ( et l’Europe) et les USA en matière d’action caritative : outre-atlantique, la philanthropie associe la pratique des affaires aux actions caritatives ; c’est ainsi depuis Rockfeller. Chez nous, une fondation n’a pas le droit de faire des bénéfices, puisque son statut repose sur la loi de 1901. Mais à la différence des associations, elle peut recevoir des donations et rien n’empêche un industriel richissime d’en faire et de donner, comme le permet la loi du 24 juillet 1987, le nom de son entreprise à une fondation. Pour le coup, le système français établit un cloisonnement net entre l’argent reçu et l’argent redistribué, puisqu’il correspond à une entreprise d’une part, et une fondation d’autre part. La première a pour objectif de faire de l’argent, la seconde d’en donner pour des actions caritatives. Il n’y a pas d’ambiguïté, chacun joue son rôle dans le domaine qui lui est imparti.


                            • Domi 21 février 2007 19:09

                              Enfin quelqu un qui comprend un peu le système économique dans lequel nous jouons tous un rôle et avant de critiquer un Gates je crois qu on ferait bien de faire son auto critique, et que tous ceux qui on déja sauvés des vies humaines ou donné la moitié de ses gains a quelque aide humanitaire se manifeste...chapeau Bill.. tu mérite tout notre respect...il y a encore des gens pour dire que ce que Hitler avait entrepris n ’etait pas complètement mauvais ou que le communisme n est pas une mauvaise chose...c’est incroyable cet acharnement sur des personnes si bien bien intentionnées généreuse et acive


                            • Nicolas Proix 22 février 2007 08:29

                              ....ou presque : en France, une association loi 1901 A LE DROIT de faire des bénéfices. Mais elle n’a pas le droit de les redistribuer (à des actionnaires, par exemple).


                            • Romu 21 février 2007 17:48

                              Ben justement qu’il le file a une ONG.


                              • Lartiste 21 février 2007 18:17

                                Si vous souhaitez qu’une entreprise de haute technologie puisse survivre, elle doit adopter les mêmes principes élémentaires qu’une micro société.

                                Et pour rester en ordre de marche, il lui faut 2 jambes, sinon elle se casse la gueule : La Jambe droite, c’est la branche Prog. et Logiciel et bien-sûr marketing et la jambe gauche c’est le côté écolo du IIIème millénaire qui sert la main des alter-mondialistes (donnant-donnant)

                                Derrière Microsoft, il n’y a aucun Miracle, sous le soleil Californien, créer un empire est tout à fait possible.

                                Il y a un point sur lequel je ne suis pas d’accord : considérer le libre comme voué de toute manière à obéir aux mêmes lois du marché que microsoft pour croître à l’internationnal : « on ne peut vivre d’Amour et d’eau fraîche ».

                                Si on regarde, la période pendant laquelle la technologie logicielle c’est le plus developpée, c’est ces 20 dernières, alors que l’on a laissé aux jeunes pousses la liberté de croître en bénéficiant du soutien financier de multiples partenaires. Après l’explosion de la bulle, ce sont des individus en freelance qui se sont exprimés plus que des sociétés : les « Nétalents »

                                La fuite des cerveaux a toujours lieu, et Microsoft se comporte comme une Galaxie Canibale. Gardons cela en mémoire et interrogeons nous : Comment cette société peu vraiment faire dans le charitable industriel ?

                                Entre le Californie du Nord et la Californie du Sud, il y a tout un Monde. Microsoft est au monde Informatique, ce que Auchan est aux Supermarchés. Il en va tout autrement de Google qui lui est au Génie logiciel, ce que Sofia Antipolis est à la France.

                                Quand on est dans le Buisness, on y reste et on ne peut en sortir, même avec la meilleur volonté du monde.


                                • gk9745 21 février 2007 18:21

                                  La culture et (donc) la pratique (aussi) de l’Occident (en voie de planétarisation) est duale, sinon schizophrénique. Nous avons un sens de l’humain. Et un sens de la logique économique. Une fondation philanthropique a donc à gagner de l’argent pour durer (investir dans les affaires les plus rentables tout en étant les plus sûres)afin de pouvoir remplir son objectif philanthropique.Bill Gates est fidèle a sa lucidité quant à la réalité de l’humanité privilégiée (à l’aune de nos valeurs). Une petite révolution aurait été que Bill Gates affronte le problème de l’éthique économique, en demandant à ses investisseurs de la Fondation de cibler les sociétés performantes qui ont pris des (réelles et non pas en trompe-l’oeil) mesures éthiques. Les masses humaines ne seraient encore que des prétextes qu’utilisent nos pouvoirs (de tout ordre) pour s’affirmer. Ces masses ne sont pas réellement des êtres humains, mais des entités théoriques. Ainsi des mondes coexistent, dans la culture occidentale, les uns bien réels, les autres objets de théories qu’on se renvoie les uns aux autres.


                                  • Marc 21 février 2007 18:22

                                    Remarque sur un point : pour avoir un peu vecu au Nigeria, l’argent des Etats Unis a en effet tendance a s’engouffrer dans les niches africaines qui ne sont plus controlées par les anciennes puissances coloniales. Et Port Harcourt, dans le delta (pb ! et kidnappings aujourd’hui) est le lieu où se rassemble la plupart des sociétés pétrolières. Beaux discours, actes nobles et gros cheques pour préserver indirectement la main mise sur les ressources locales et pouvoir en profiter, cela peut choquer. D’un autre côté, le monde fonctionne d’une certaine maniere. Et chaque pays, y compris la France (avec le Congo), joue fondamentalement de manière identique, avec ses propres moyens.

                                    Mais tout de même : une fondation à 60 milliards de dollars ! Mégalo les bonhommes... 60 milliards de dollars !!!!!

                                    Autrement, très bon article, et une excellente phrase de conclusion ! smiley


                                    • L 21 février 2007 18:48

                                      Il est tout à fait normal d’ériger un « Chinese wall », c’est à dire une cloison étanche entre deux entités d’une organisation dont les activités différentes pourraient créer des conflits d’intérêts ! Si le portefeuille financier dans une société de pharmacie faisant du la recherche sur les vaccins cités dans l’article et qu’ensuite l’activité caritative donnait à un pays un budget à dépenser sur cette recherche, il y aurait clairement un conflit d’intérêt ! Ce qui serait donné par la main droite serait repris par la main gauche !

                                      Tous les conseils en éthique établissent ces cloisonnements comme l’une des premières règles à suivre !

                                      Le fait de distribuer 5% des avoirs est tout aussi normal : les 95 % d’avoirs financiers sont supposés générer des plus-value d’environ 5% par an... C’est ce qui garanti la survie de la fondation, et donc que son aide se fera dans la durée ! On critique souvent les aides temporaires, on a là une organisation qui inscrit son aide dans la durée.

                                      L’article vise donc juste à nuire à la réputation d’une oeuvre caritative majeure. Je trouve cela dommage, et quelque peu malhonnête.

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