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Accueil du site > Tribune Libre > Crise ou prise de conscience en 2009 ? Il n’y aura pas de révolution (...)

Crise ou prise de conscience en 2009 ? Il n’y aura pas de révolution cette année-là

Tout récemment, Dominique de Villepin a évoqué un risque révolutionnaire en France. Evidemment, cette opinion semble lancée gratuitement aux journalistes. Et si ce n’est pas le cas, c’est que Villepin dispose sans doute d’antennes conscientes de grande sensibilité. Pour l’instant, les données intangibles sur l’état de la société française ne sont que chiffrées. Et comme tout penseur averti le sait, ce ne sont pas les chiffres mais les passions et les raisons qui poussent les peuples vers l’accomplissement d’un dessein. Et la conscience dans tout ça ?

Commençons par évoquer quelques éléments certains. Le chômage a beaucoup augmenté. Dans beaucoup d’entreprises, des plans de licenciement dont annoncés. La presse ne parle que des « gros coup », Continental, Caterpillar, Sony, Arcelor… Car le nombre de salariés produit un effet de seuil faisant que la colère devient médiatiquement visible. Les médias ne parlent pas des petites entreprises qui licencient, ne renouvellent pas les CDD, n’embauchent pas. L’aggravation de l’emploi est chiffrée par l’ANPE. D’autres indices traduisant l’état économique et financier de notre pays. Dette et déficit publics. Les comptes de la Sécu dans le rouge.

Honnêtement, l’année 2009 ne livre pas les signes d’une rupture, d’un basculement, d’un changement de direction. Pour la majorité des Français, la vie continue comme auparavant. Les riches vont des affaires, les classes moyennes en vitesse de croisière et les précaires restent dans la précarité, livrés au salut des aides de l’Etat et du supplément caritatif proposé par les associations. La crise sociale était déjà présente depuis 20 ans, date où fut institué le RMI puis la RDS et la CSG. Entre temps, le nombre de Rmistes a augmenté largement alors que RDS et CSG ont aussi augmenté significativement. L’année 2009 se signale par une aggravation soudaine de la situation qui se traduit par quelques chiffres alors que « l’addition sociale » sera payée par ceux qui disposent capital social limité, les licenciés, les précaires, les intérimaires et surtout une piètre promotion 2009 pour notre jeunesse qui verra son intégration sur le marché du travail fortement obérée par la récession. Tout étant bien évidemment contrastée. Les situations ne se ressemblent pas selon le milieu social d’où l’on vient et la formation que chaque jeune a reçue.

Les classiques comme Spinoza, Locke, Descartes ou Leibniz parlaient d’entendement et de raison. En plein essor de la première vague industrielle, Bismarck et Marx eurent en commun la désignation de la conscience comme élément déterminant de la condition humaine. Pour Bismarck, l’expérience humaine se transforme en conscience, et la conscience s’accroît d’année en année. Pour Marx, la condition ouvrière est un terreau pour la genèse d’une conscience commune, la conscience de classe, censée émerger au cours d’un processus d’élaboration idéologique, puis déterminer un autre chemin pour la société. Au monde industriel capitaliste devait succéder un monde industriel communiste (c.a.d. au service de la communauté des travailleurs) Quoi qu’il advint du communisme, force est de constater la place de la conscience dans les évolutions historiques et les crises sociales traversées par les sociétés à l’ère contemporaine.

Les changements de directions pris par les sociétés, parfois au terme de secousses violentes, sont précédées de ce qu’on pourrait nommer une crise de conscience et même suivie d’un prolongement de cette crise. Un maître livre de Paul Hasard fit le point sur La crise de la conscience européenne. Cette étude montre un déplacement dans l’adhésion des esprits, exprimé en une formule « La majorité des Français pensait comme Bossuet ; tout d’un coup les Français pensent comme Voltaire. Cette formule bien qu’excessive traduit une modification de l’esprit français menant de 1680 vers le milieu du 18ème siècle. Nous ne savons pas réellement ce qui s’est passé dans la conscience des Français mais nous pouvons soupçonner que la Révolution n’est pas étrangère à ce changement de pensée ayant pénétré les couches sociales.

Autre époque, autres mœurs, les années 1960 avec Bob Dylan, les Stones, Marcuse, Sartre et un terrain culturel nouveau, inédit, fait d’idéologies, de pensées, de musiques et d’esthétiques ; l’ensemble générant un conglomérat d’aspiration et de vision ayant produit des transformations sociales de grande ampleur. Même le Vatican en fut affecté au point de diligenter un Concile censé prendre acte des transformations sociales et suggérer quelques aménagements dans le fonctionnement de l’Eglise. Selon Henri Mendras, il y eut une seconde révolution française entre 1965 et 1984. Et bien évidemment, on ne saurait taire les événements de mai 68 devenus emblématiques pour tous ceux ayant adhéré à ce nouvel esprit, du reste mondialisé dans la plupart des pays industrialisés. Peut-on déceler une crise de conscience ces années là ? Certainement, quoique le mot crise prête à contresens si bien qu’un usage sémantiquement approprié conduit à évoque une crise des consciences et pourquoi pas une conscience de la crise.

Question cruciale pour 2009. Peut-on penser qu’il y a une crise de la conscience dans les sociétés avancées et notamment en France ? Une vision superficielle des choses et faits relatés dans les médias laisserait accroire à une réponse affirmative. La conscience est plurielle, constituée d’une succession voire une superposition de représentations. Perception de soi, de son rapport au monde, émotions… En 2009, les Français se sont aperçus que le capitalisme ne fonctionnait pas bien, que les banquiers pouvaient être de fieffés escrocs, que les paradis fiscaux ne sont pas moraux, que patrons peuvent être méchants et vider leurs salariés, que les services publics sont malmenés. Peut-on parler d’une crise de conscience ? Je ne le pense pas. Une prise de conscience, peut-être, et encore, une superficialité du phénomène n’étant pas à exclure, autrement dit, un effet de mode qu’auraient produit les médias en médiatisant certains faits, ce qui au bout du compte, engendre peut-être pas une fausse conscience mais en tout cas une faible conscience. Bref, pas de quoi enrôler les Français dans une révolution. Depuis 20 ans, les aspirations sont les mêmes, chacun veut améliorer son niveau matériel, consommer et c’est légitime. Le mode de développement matériel n’est pas remis en cause. Tout au plus, quelques tendances marginales à la frugalité s’expriment mais est-ce une lame de fond consciente comparable à celle qui précéda mai 68 ? Et ces craintes pour le climat, ces lubies de croissance verte, prise de conscience raisonnée ou bien instrumentalisation des consciences par d’habiles opportunistes du monde politique et économique ?  

A titre de conclusion provisoire, j’aurais tendance à dire qu’il n’y a pas de crise de conscience actuellement mais que ce n’est pas pour cela qu’il faut se résigner. S’il n’y a pas de crise de conscience, et bien allons-y, pensons et provoquons là, pour que nous puissions aller vers une société de l’avenir ouverte et radieuse.


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22 réactions à cet article    


  • JL JL 21 avril 2009 11:05

    Plus que du fond dans cet article, j’y ai trouvé de la forme : celle de Bernard Dugué qui se fait plaisir en jouant sur les mots.

    Mots pour mots, François Chérèque disait l’autre jour que ce n’est pas une révolution qui se profile, mais une insurrection. La différence c’est que la révolution suppose une alternative. Le TINA du couple Reagan-Thatcher a finalement abouti à éliminer toute alternative crédible ou séduisante. Et contrairement à la révolution, l’insurrection ne fait pas peur à la ploutocratie avertie : elle s’y est préparée depuis longtemps, n’en doutons pas. Seuls les politiques ont a craindre pour leurs postes.


    • patroc 21 avril 2009 11:24

       Bien vu !.. Non, ce n’est pas pour cette année la révolution, ni en 2010 d’ailleurs car la démocratie (le vote) agit comme une chape empêchant tout mouvement violent de s’étendre.. De plus, le gouvernement a bien compris qu’en compensant le manque à gagner des nouveaux chômeurs, il étouffait toute tentative de résistance au système actuel et pire, il fait de cette résistance un mouvement hors la loi et même terroriste !.. L’étincelle, si la crise perdure, viendra d’un détail concernant une régression démocratique nationale et accessible aux neuneus lobotomisés par la télé (çà fait du monde !).. Difficile mais pas impossible.. Encore faudrait-il qu’un parti politique (autre que les extrêmes) cautionne ce mouvement.. La conscience politique s’apprend et sa prise de conscience globale entraine souvent la crise d’écoeurement (cf 11 sept).. Nous verrons en 2012, ce que Sarko0 est prêt à faire pour rester sur son trône !.. Cà risque de bouger !..


      • dapeacemaker911 21 avril 2009 13:34

        il y aura une crise de conscience quand les gens auront compri que la democratie ne se resume pas au vote.

        http://www.echr.coe.int/NR/rdonlyres/086519A8-B57A-40F4-9E22-3E27564DBE86/0/FrenchFrançais.pdf

        Quel(s) droit(s) nous reste t il vraiment ?

        Si demain j affirme au monde que mon chat est un oiseau, va t il s envoler ?

        Si il n y a pas de prise de conscience, prealable necessaire a tout changement radical, alors mes enfants ne naitrons ni libres ni egaux en droit. juste prisonniers a ciel ouvert.

         


      • maxim maxim 21 avril 2009 11:25

        il n’y aura pas de révolution ,c’est clair ....

        les gens sont endettés pour la plupart sur le long terme ,crédits pour l’habitat ,la voiture ,équipement ménager etc.....

        d’ailleurs les indicateurs économiques prédisent une timide reprise de l’activité ,il y a bien sûr les licenciements avec le désespoir que ça implique ,les dirigeants sont pris en otage ,et pour ne pas envenimer la situation ,les tribunaux font preuve de clémence toute relative ,voir ce qui s’est passé pour Caterpillar .....

        ce qui s’est passé en 68 me reviendra pas ,d’abord parce qu’en 40 ans tout à changé ,en 68 l’économie fonctionnait à plein et la peur du lendemain n’existait pas ,et puis comme je l’ai mentionné plus haut ,les gens ne voudraient pas perdre ce qu’ils ont acquis comme biens immobiliers ou matériels ....

        on constate quand même que malgré cette crise aussi bien financière que morale ,les gens partent en vacances ,les stations d’hiver sont toujours bien fréquentées ,les terrasses sont pleines dès les beaux jours ,et la population pense déjà aux congés d’été qui commencent en Juin ...

        et c’est un constat ,tout le monde fait plus attention aux dépenses ,modifie sa manière de vivre et l’adapte inconsciemment au cas où la rechute de la crise deviendrait plus brutale ....

        nous allons tous petit à petit vers un comportement plus réfléchi ,bien conscients que tout n’est que provisoire ,en fait nous avons tous subis un éléctro choc à tous les niveaux de la société ....

        et comme vous le faites remarquer ,on s’est aperçu que les banquiers nous grugent,mais ça ,ce n’est pas nouveau ,les évènements nous l’ont bien mis au grand jour ...

        les dirigeants d’entreprises magouilleux également ,mais ne pas mettre tout le monde dans le même sac ,il y a des gens honnêtes dans la profession !

        vous en faites mention également en ce qui concerne la croissance verte ,je suis d’accord avec vous ,ce ne sont que des lubies ,nous sommes un pays industriel ,et une puissance agro alimentaire également ,comment remettre en cause des pans entiers de nos structures et de notre économie par un snobisme qui voudrait nous faire revenir au 19eme siècle en ce qui concerne l’énergie et les modes de vie !...

        espérons que cette crise aura tout du moins éveillé les consciences ,et que la confiance necessaire à la reprise s’installera à nouveau !


        • John Lloyds John Lloyds 21 avril 2009 11:45

          « Honnêtement, l’année 2009 ne livre pas les signes d’une rupture, d’un basculement, d’un changement de direction. Pour la majorité des Français, la vie continue comme auparavant. Les riches vont des affaires, les classes moyennes en vitesse de croisière et les précaires restent dans la précarité, livrés au salut des aides de l’Etat et du supplément caritatif proposé par les associations ».

          Bernard Dugué, pour un philosophe, je vous trouve bien aveugle. Ce n’est pas parce que la population s’enfonce dans la souffrance en silence qu’il ne se passe rien. Vous raisonnez comme si la France était isolée du reste du monde, en faisant l’impasse sur les interractions économiques et financières internationales, en oubliant que quand un domino tombe à Washington, dix autres tombent ailleurs dans le monde.

          Vous n’avez peut-être pas remarqué, mais les boîtes en France ferment les unes après les autres, l’exportation européenne est en chute libre, et à 600000 chomeurs supplémentaires par mois aux us, le grand policier mondial ne parvient qu’à gagner un peu de temps en trafiquant les normes comptables des banques pour donner un sursaut temporaire aux bourses et en créant une fraude supplémentaire, la bulle Geithner.

          Révolution il n’y aura peut-être pas en France, au sens où vous l’entendez, quoique ... mais révolution souterraine il y aura. Quand le loup a faim, il sort du bois, quand tous ces bons hommes au bord du gouffre auront bouffé leur maigre réserve et épuisé leurs droits sociaux, vous constaterez une explosion des « violences domestiques » et des exutoires de tensions retenues, sous toutes les formes connues : familiales, criminelles, sociales ... Bref, si la cocote n’explose pas, tout ce qui est à l’intérieur se retrouvera bouilli, ce qui est encore pire sur le plan humain, et qui donnera le prétexte rêvé à installer une dictature.

          Vous faites souvent de bons billets, mais là, je trouve que celui-là remet en cause l’intégralité de votre finesse de jugement.


          • fabrice 21 avril 2009 13:22

            il faut vite passer la consultation des généralistes à 23 € les pauvres s’appauvrissent à vitesse V 
            de même pour les infirmières libérales anciennes fonctionnaires de catégorie B qui aujourd’hui gagnent plus qu’un agrégé en classes préparatoires 
            le corps médical bénéficie de plantureuses augmentations depuis 2002 alors que la sécu est un champ de ruines (on parle de 20 milliards d’€ de déficit en 2009 soit 130 milliards de francs ! ! ! !
            somme gigantesque dont personne se semble s’émouvoir alors que ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront l’ardoise 


            • Marianne Marianne 21 avril 2009 13:42

              A lire cet éclairage de l’historienne et chercheuse au CNRS-Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (Laios-IIac,Sophie Wahnich :

              Après 1789, 2009 ?

              http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/04/apres-1789-2009_1176699_3224.html


            • vincent p 21 avril 2009 14:21

              Ce n’est parce que les grandes révolutions collectives ou sanglantes avec une écharpe rouge tardent à venir dans la rue ou à la télévision, que nous devons également tous nous sentir obligé de retarder, à fermer les yeux sur la prise de conscience de l’autre même en 2009. Si ça se trouve l’autre évolue, et vit déjà quelque chose que moi je ne veux surtout pas voir dans mon propre box, alors crise ou meilleure prise de conscience pour 2009 ? Hélas comme d’autres je suis encore en train d’attendre le grand changement pour 2010 ou 2012, alors que je pourrais déjà essayer de voir la vie plus différemment. C’est sur, il n’y aura bien sur pas de grande révolution de l’homme cette année-là.

              Et si ceux qui évoluent en eux, en société, dans un monde n’étaient pas toujours ceux qui recherchaient systématiquement à le montrer aux autres dans leur conduite, dans leur obédiance, dans leur petit cénacle, hélas tant de gens de nos jours qui préfèrent encore se montrer plus indécrottables que les autres à l’image ou ailleurs, c’est tellement visible...


              • Julius Julius 21 avril 2009 15:31

                L’homme est intrinsèquement agressif. Dans les circonstances normales, l’agressivité est constructif, l’agressivité permet d’organiser la société.

                Il ya un problème aujourd’hui, l’agressivité ne peut pas être exprimé. Notre société ne le permet pas. Il n’y a pas de guerres (directement connu), pas de gladiateurs, pas d’exécutions publiques. Comme Conrad Lorenz a observé, si l’instinct (par exemple l’agressivité), ne peut pas trouver un moyen naturel d’expression, son niveau de déclenchement sera plus faible.

                Un effet déjà visible est la croissance de l’acte de la violence gratuite.

                Un autre effet sera le prochain conflit majeur. Très petit déclencheur sera suffisant pour lancer la prochaine révolution ou guerre. Et ce sera catastrophique, car l’accumulation de l’agressivité (qui n’a pas été évacués à ce jour) est énorme.


                • morice morice 21 avril 2009 15:44

                  on peut quand même commencer à aiguiser les piques, non ? Il doit bien rester des lanternes à Medef quelque part, non ???


                  • savouret 21 avril 2009 16:38

                    cet article me semble assez pertinent , dans la mesure ou il permet de prendre du recul sur la superficialité du discours médiatique ou politique qui manque souvent singuliérement de mise en perspective historique ou philosophique

                    en effet, comme le souligne bien l’auteur , certes un ensemble de parametres économiques et sociaux tres négatifs pourraient laisser augurer d ’un « risque » révolutionnaire, et cettehypothese pourrait sembler etre accrédité par l ’ampleur des mouvements sociaux récents

                    cependant, je ne pense pas que l’on puisse y voir les prémisses d ’une révolution politique ou sociale, dans la mesure ou le mécontentement populaire porte plus sur les dérives du sytéme économique et social que sur ses fondements.

                    en effet, les valeurs d’inspiration « libérale » sont profondément enracinés dans les mentalites, et bien que de nombreuses personnes tienent un discours critique sur la sociéte de consommation, elles demeurent indubitablement conditionnees par cette derniére dans leurs aspirations et dans leurs revendications.

                    ainsi, la thématique du pouvoir d achat refléte bien cette pregnance du modéle consumériste et plus largement des valeurs inhérentes à l’économie de marché dans les structures mentales.

                    Il est peu probable que celles ci évoluent radicalement sur le court terme, car l ’apport des différentes sciences humaines a permis de mettre en exergue la force d ’inertie des mentalités , qui évoluent plus lentement que les structures économiques ou sociales.

                    toutefois, si cette crise perdurait et si la crise écologique émergente s ’aggravait plus rapidement que prévu, il pourrait y avoir une véritable interrogation sur la légitimité de notre modéle de sociéte et une remise en question de la pensée unique qui a été vehiculée depuis la chute du communisme, nous présentant le libéralisme comme un horizon indepassable .


                    • Marc Bruxman 21 avril 2009 19:57

                      Tout à fait il est étonnant de remarquer que les revendications de gauche sont de plus en plus orientées à la « on veut du fric ».

                      Ce que critiquent les gens ce n’est pas tant le modèle de société actuel mais le fait qu’ils y sont des loosers. Et ils ne rêvent en réalité que d’une chose : Avoir du fric pour faire partie des gagnants.

                      La problématique du pouvoir d’achat était ainsi marquante. Car même si on ne prononce pas le « gros mot » de libéralisme, on veut au final du fric pour acheter plein de choses. C’est sans appel !

                      Après les gens sont un peu paumés et ne savent pas trop si c’est l’état ou le marché libre qui leur donnera le plus de pognon. Actuellement, on est en crise et il apparait que l’état a du fric à distribuer. On prend le fric de l’état. Demain, l’économie va repartir et ce seront les investisseurs qui auront le fric et l’état qui cherchera a éponger les dettes colossales qu’il a accumulées.

                      Quand au nouveau mode de pensée, il est très ambigu. Car la culture libertarienne n’avait pas trouvé un meilleur allié qu’internet depuis bien longtemps. Internet par son abscence de contrôle et la liberté totale qu’il offre est le média libertarien par excellence. Et comme de plus en plus l’économie migre sur internet, l’économie se libéralise au passage. Lorsque vous défendez the pirate bay et luttez contre HADOPI, vous faites inconsciemment un acte positif en faveur d’une certaine forme de libéralisme.

                      Et c’est ainsi que la révolution à venir risque d’être en tout point surprenante. Car le cycle du passage de la société industrielle qui a dominé depuis le 19ème siécle vers une société post-industrielle avec son cortége de nouvelles technologies risque malheureusement fort de se terminer par une révolution.

                      La révolution française venait il faut le rappeler de la fin de la société agricole et de l’essor des premières manufactures qui préfiguraient la révolution industrielle à venir. La période actuelle préfigure ainsi ce qui va venir et je doute malheureusement que l’on puisse réaliser ce passage sans de gros troubles. Nous en vivons actuellement les prémices au travers d’une crise financière qui résulte d’une information mal maitrisée. Le mouvement de vérité sur le 11 Septembre est également novateur et risque si il parvient à prouver la supercherie (ce qu’il est sur le point de faire) de créer une crise politique et sociale d’une ampleur inégalée.

                      Mais plus qu’une révolution immédiate, c’est un ensemble de crises de plus en plus violentes et une incompréhension de plus en plus grande à laquelle nous allons assister tout au long des années 2010 qui seront surement beaucoup moins euphoriques que ne l’ont été les années 2000. On risque en fait de voir la peur monter, et une sensation de pertes de repères encore jamais vu (renforcée par la disparition du religieux). Mais c’est ce terrain et seulement celui-ci qui permettra à un nouveau modèle de tenter de se mettre en place. Si on laisse cette mise en place se faire, alors on n’aura pas besoin de révolution. Si par contre on tente de le bloquer, l’ancien système s’effondrera sur lui même. Avec les conséquences désastreuses que cela implique.


                    • pendragon 21 avril 2009 17:12

                      Pourquoi verrait-on une révolution quand n’importe qui peut écrire son article et le diffuser ?


                      • Proto Proto 21 avril 2009 19:28

                        "A titre de conclusion provisoire, j’aurais tendance à dire qu’il n’y a pas de crise de conscience actuellement mais que ce n’est pas pour cela qu’il faut se résigner. S’il n’y a pas de crise de conscience, et bien allons-y, pensons et provoquons là, pour que nous puissions aller vers une société de l’avenir ouverte et radieuse.« 

                        Vous devenez sénile Dugué.
                        Je pourrais vous présenter tellement de gens qui aspirent au changement, quitte à le faire en force, que vous n’auriez pas assez de temps pour circonscrire la »crise de conscience" dont vous faites état.
                        Vos repères culturels, avant d’être les vôtres, sont ceux de votre génération.
                        Allez c’est pas grave si tous vos papiers étaient intéressants on s’ennuierait.


                        • Proto Proto 21 avril 2009 19:34

                          Vous savez quand une grande banque s’est écroulée ici en Belgique dernièrement, si l’état n’était pas intervenu pour mettre des liquidités dans les distributeurs automatiques, on y était à votre révolution que vous ne voulez vivre sinon penser par vous-même.
                          C’était une erreur selon moi, c’était faire la preuve par A+B que nous sommes les esclaves du capitalisme financier, que nos impots paient les parachutes dorés.
                          1100 millards de $.
                          Ce baxster inespéré n’est que le sursis d’une mort annoncée, celle de la société de consommation.


                          • molloy molloy 21 avril 2009 21:11

                            @ l’auteur,

                            Nul au monde n’est capable de prévoir une révolution mais on peut tout de même tenter d’en discerner les prémisses. Comme vous, je ne nous crois pas dans un temps pré-révolutionnaire, du moins à court terme. Plutôt des épisodes émeutiers, des comportements insurrectionnels de la part de groupes circonscrits aux seules limites de leurs revendications. Les séquestrations de dirigeants ne sont sans doute qu’un début.

                            Une révolution implique l’apparition d’un mouvement de fond, inexorable, presque irréfléchi, canalisé dans un deuxième temps par une nouvelle élite souhaitant une réorganisation radicale de la société et aspirant à la prise du pouvoir. Naturellement, la mise en place d’un nouveau pouvoir dans ce cadre rempli de bruits et de fureurs ne peut se réaliser sans obtenir le soutien de la majorité de la population, du moins au début.
                            Rien de tel actuellement lorsque la couche intellectuelle et dirigeante d’un mouvement authentiquement révolutionnaire vient à manquer.
                             


                            • molloy molloy 21 avril 2009 23:10

                              Nul au monde n’est capable de prévoir une révolution mais on peut tout de même tenter d’en discerner les prémisses

                              Plutôt d’en discerner les prémices, désolé.


                              • Marianne Marianne 22 avril 2009 08:51

                                Continental, Caterpillar, Molex, la colère monte et les évènements se précipitent.

                                Aussi, est-il prématuré d’affirmer que cette année 2009 ne sera pas celle d’une Révolution tant le ras-le-bol grandit.

                                Après avoir endommagé la sous-préfecture de Compiègne pour protester contre l’inaction du gouvernement dans cette affaire, les 1128 salariés de l’usine de Clairoix se rendent jeudi à Hanovre pour manifester avec leurs collègues allemands devant le siège du groupe où se tiendra l’assemblée générale des actionnaires.

                                Dans les universités, les assemblées générales se multiplient et la ronde infinie des obstinés n’en finit pas de tourner...

                                L’appel des appels regroupe de nombreux professionnels de la santé, de la justice, de l’éducation qui en ont assez des restrictions budgétaires et des choix gouvernemantaux allant à l’encontre de la qualité des services publics.

                                Il recherche la convergence entre ces différents corps de métier...

                                http://karimsarroub.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/01/09/appel-des-appels.html

                                La journée du 1er mai pour laquelle 8 syndicats appellent à manifester de façon unitaire devrait être historique.

                                Extrait du texte de Sophie Wahnich :

                                « Le mot d’ordre qui circule  »nous ne paierons pas votre crise«  met en évidence cette division sociale entre un »nous« , les opprimés, et un »vous", les oppresseurs. Mais elle a surgi également dans l’enceinte de Sciences Po Paris. Des étudiants de l’université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI. Cette violence symbolique traverse déjà donc différents segments de la société et ne peut qu’attiser la rébellion de ceux qui se sentent ainsi bafoués par une nouvelle morgue aristocratique. Les étudiants venaient chercher des alliés, ils ont rencontré des ennemis.

                                Mais le « nous » des opprimés n’est pas constitué uniquement des précaires, chômeurs, ou futurs chômeurs, il est constitué des classes moyennes qui sont précarisées, des classes lettrées qui manifestent et se mettent en grève pour défendre une certaine conception de l’université et des savoirs. Il est constitué de tous ceux qui, finalement, se sentent floués et réclament « justice ». A ce titre, les mouvements sociaux de cet hiver et de ce printemps sont déjà dans la tentation naturelle de refaire 1793. Ils veulent plus de justice et pour l’obtenir affirment que, malgré les résultats électoraux, ils incarnent le souverain légitime.

                                Une loi, aujourd’hui, a été votée pour agrandir cette classe d’ilotes, mais le gouvernement refuse que l’impôt sur les immenses richesses puisse venir en aide aux « malheureux ». Le pacte de la juste répartition des richesses prélevées par l’Etat semble avoir volé en éclats quand les montants des chèques donnés aux nouveaux bénéficiaires du paquet fiscal ont été connus : les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros) ont touché chacun un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, « soit l’équivalent de trente années de smic ». Une dette de vies.

                                Lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, affirme qu’il est « regrettable que le gouvernement et sa majorité soient plus attentifs au sort de quelques centaines de Français plutôt qu’aux millions d’entre eux qui viennent de manifester pour une meilleure justice sociale », il retrouve en effet le langage révolutionnaire. Ainsi le cahier de doléances du Mesnil-Saint-Germain (actuellement en Essonne) affirme : « La vie des pauvres doit être plus sacrée qu’une partie de la propriété des riches. »



                              • Kalki Kalki 22 avril 2009 10:02

                                Le pire ce n’est pas qu’il se passe quelque chose
                                Le pire c’est qu’il ne se passe « Rien ».

                                Cela signifierait la fin de l’histoire, la victoire du systeme machine sur le destin humain, social, sociétal, destin des communautés , des nations, des liens familliaux et des esprits humains, devenus des rouages, meme plus capable de s’en sortir.


                                • plancherDesVaches 26 avril 2009 20:19

                                  Bonsoir Kalki.

                                  Je ne serai pas aussi catégorique que vous. La colère monte doucement un peu partout.

                                  Je ne vais pas vous dire que ça m’arrange, car je préfère la négociation à l’affrontement.
                                  Par contre, là, ça ne peut QUE péter.
                                  Pas forcément au départ chez nous. Nous sommes encore protégés par un système qui date d’avant les derniers présidents.
                                  Mais je surveille de très prés certains pays du j’ai vin. Le premier qui craque à gagné. Gagné le droit de devenir le nouveau pays des droits de l’Homme OU le prochain pays, qui, en élisant un dictateur, fera péter la planète.
                                  Tout est déjà allé trop loin.


                                • Oxide Oxide 26 avril 2009 05:35

                                  Un risque d’inversion des valeurs morales ?


                                  Merci pour cet article,.


                                  Il existe d’autres réactions possible de la masse hors la révolution ou l’insurrection : l’inversion des valeurs morales peut amener a un « incivilité massive » contre laquelle les système ne peut rien. 


                                  Un affaiblissement notable de la notion d’honnêteté : 


                                  L’image de l’entreprise se dégrade. En réaction toute parcelle de pouvoir offerte par l’entreprise peut être détournée a son profit personnel car si il y a 100% de chance de se faire virer un jour. Dans la cas où ce comportement se développerait personne ne sait comment le combattre. Pour illustrer mes propos, on peut imaginer un commercial demandant a son supérieur une faveur tarifaire pour un de ses clients prêt a passer une grosse commande. Qui sait si le commercial ne s’est pas entendu avec le client et reçoit une part de la ristourne.


                                  Dans un autre registre tout les transporteurs routier vous confirmerons que l’esprit maison a disparu chez les chauffeurs, ce sont maintenant des mercenaires dont l’attachement à l’entreprise s’est évaporé et capables de tout les trafics pour « arrondir les fins de mois ». Développement du trafic de gas-oil, de consommables, fret pirate, trafic de pneus, de palettes… l’inventivité est sans bornes.


                                  L’image de l’état et de sa police est quelque peut ternie quand ils se mettent au service du fisc pour remplir le tiroir caisse. Les radars automatiques, lois Hadopi en sont des manifestations bien comprises par les Français. Elles seraient acceptable si, par ailleurs la sécurité des biens et personnes restait dans un cadre acceptable.


                                  Mais si la sécurité publique est ressentie comme fortement dégradée, la justification de taper a tour de bras sur les citoyens intégrés et payant leurs impôts n’existe pas. Dans ce cas l’inversion de valeur morale de l’état aura un effet miroir dans la population qui ne respectera plus l’état. 


                                  Des dizaines de millions de petits délits insignifiants seront ingérables par les institutions. Le sentiment d’impunité se généralisera et accélèrera le phénomène. 


                                  A partir de là on peut imaginer voir imploser une société dont les membres ne partagent plus les valeurs fondamentales. 

                                  Ce sont les valeurs qui sont le ciment d’une société. Les humains se groupent autour de la définition du bien et du mal. Pas autour d’un système politique.


                                  Comme toute modification sociologique l’échelle de temps qui la régit est très longue (Dizaine d’années) mais son impact et son développement peut remettre en cause le fonctionnement actuel de bon nombre de fonctions de l’entreprise.


                                  Risque d’émergence d’une « incivilité individualiste »


                                  Nous voyons donc apparaître le risque « d’incivilité individualiste » dû a la perte d’une des notions fondatrices de nos sociétés : la valeur de bien et de mal : l’honnêteté. 

                                  Quel peut être le niveau communément admis par la population ? 

                                  Faire de l’argent au noir est-ce admis par la population ? 

                                  Toucher le RMI et se faire des revenus au noir est-ce considéré comme malhonnête ? 

                                  Et que penser du détournement des marchandises de son entreprise ? 


                                  Nous ne parlons pas ici de ce que dit la loi, mais comment ces délits sont perçus par l’opinion. Il m’apparaît que nous devons nous préparer a des glissements significatifs dans ce domaine.


                                  Pourtant l’impact sur la société et les entreprise peut être ravageur, et elles tentent tant bien que mal de s’en protéger par des procédures très encadrées que l’informatique permet de mettre en place a des coûts supportables.


                                  Cependant quelle que doit l’épaisseur de la muraille, il existera un jour un canon capable de la percer. De plus le sentiment de sécurité que confère la capacité de reporting des systèmes de gestion modernes abaisse la vigilance des services chargés de cette sécurité


                                  Espérons que je ne me trompe ou que les dirigeants trouverons moyen d’écouter le peuple depuis leur châteaux.


                                  Oxide

                                  — 

                                   


                                  • moebius 26 avril 2009 19:14

                                    incivilité, émeute, violence,colére, bris de verre... mais révolution ? non il n’y a pas pour l’heure de modéle ou de contre modéle alternative qui entraine une adhésion « totale » pas de prévisualisation d’une forme désirable avec des gros seins par exemple..iL N’Y A PAS DE THEORIE bordel de merde et pas d’imaginaire non plus ni de fantasme. Je regrette mais le besançonnisme, le mélanchonisme le bovérisme ne sont pas des mouvements politiques ce sont des enterrement de révolutions qui finissent de mourrir mais qui ne corresponde a aucune aspiration profonde de la société a un changement...donc c’est pas comme en 68, dans l’immédiat aucune perspective de promotion social . C’est la décru donc frustration et violence

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