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Du principe de précaution au principe d’attrition, ou du risque subi au risque choisi

L’application du principe d’attrition permettrait de rééquilibrer le principe de précaution, dévoyé de ses objectifs premiers, en proposant un principe de liberté contrôlée et raisonnée.
 
« L’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût économiquement acceptable. ». Tout le monde a entendu parler du principe de précaution[1] au nom duquel décideurs et hommes politiques ont, ces dernières années, pris des décisions graves à la hâte, au motif qu’un danger extrême, mais supposé, allait peut-être causer des dommages irréversibles à la société. On a vu ainsi les grands de ce monde faire preuve d’une prudence exagérée en imposant des mesures, normes, ou lois internationales, solutions urgentes,… pour contrer des menaces potentielles[2] qui se sont finalement révélées non fondées ou exagérées. Céder à la panique sous prétexte que le pire peut advenir est devenu un réflexe de plus en plus naturel... mais le pire n’est jamais sûr !
 
Quelques cas d’école illustrent parfaitement cette tendance inquiétante, pour ne pas dire cette dérive, qui consiste à entretenir dans la population un sentiment d’insécurité, voire d’anxiété ou de peur.
 
Dans son remarquable article[3] « La religion de la catastrophe », le biologiste et philosophe Henri Atlan reconnaît que « l’expertise scientifique en situation d’incertitude est difficile. Peu d’experts ont le courage d’annoncer qu’ils ne peuvent pas répondre à la demande même en probabilité. (…) Aujourd’hui, les experts préfèrent de loin être prophètes de malheur ; comme l’avait bien compris le prophète Jérémie, on risque moins à annoncer une catastrophe qu’une bonne chose car en cas d’erreur on pourra toujours arguer de ce que la catastrophe a été évitée grâce à ceux qui l’avaient annoncée. Le principe de précaution étant passé par là, émettre des doutes sur la catastrophe annoncée est déjà dangereux pour les experts de qui on attend certitudes et recommandations fermes. ». En effet, comment peut-on raisonnablement et dans le souci de préserver l’humanité « prévenir des risques globaux incertains par des mesures globales à l’efficacité tout aussi incertaine », pour citer à nouveau Henri Atlan ?
 
Ces dernières années, les décisions prises dans le cadre de l’affaire du sang contaminé, de la maladie de la « vache folle », des présumées pandémies mondiales de grippe aviaire ou, plus proches de nous, de la grippe A(H1N1), des mesures de prudence prises lors du l’éruption du volcan Eyjafjöll, ou les propositions radicales anti-réchauffement climatique,… ont démontré à quel point le recours systématique au principe de précaution pouvait conduire à des voies sans issue, voire à des situations absurdes. Quand le principe de précaution est appliqué à tort et à travers, il est un frein au progrès parce qu’il n’y a pas de progrès possible sans prise de risque. Toute la difficulté consiste alors à évaluer au mieux ce risque, c’est-à-dire de manière rationnelle et raisonnable de façon à ce qu’il ne nuise ni à l’esprit d’initiative, ni à l’innovation, garants du progrès technologique et du développement économique.
 
Le risque zéro[4] n’existe pas. Simplement parce que vivre exige de prendre des responsabilités, de faire des choix face à des dangers potentiels connus ou inconnus, prévisibles ou imprévisibles. Cela implique l’acceptation préalable de la perte irréversible de choses ou de personnes. C’est ce que l’on appelle « le taux d’attrition ». L’attrition, c’est le taux acceptable de pertes, qu’il s’agisse de pertes matérielles (objets, équipements, meubles, animaux, immeubles, ressources naturelles, revenus, etc), immatérielles, (liberté, clients, relations, pouvoir, langue, croyances, nation, convictions, illusions, etc) et humaines (individus). En langage militaire, on parle de stratégie d’attrition. La bataille de Verdun[5] reste l’exemple le plus connu de sa mise en œuvre. Le sacrifice de soldats expérimentés a été considéré et accepté en fonction d’enjeux supérieurs, et de la nécessité de victoire. Cette stratégie s’applique aussi au monde de l’entreprise. On parle d’attrition des effectifs du personnel (démission, retraite, décès,…) ou du pourcentage de clients perdus (l’informatique décisionnelle permet aux entreprises d’analyser les facteurs déterminants susceptibles de déclencher « l’infidélité » de leurs clients. Dans le domaine théologique [6], l’attrition traduit le regret d’avoir offensé Dieu par crainte de son châtiment et des tourments de l’enfer. A ne pas confondre avec la contrition qui est le regret d’avoir offensé Dieu en ayant commis un péché.
 
Nous appliquons tous des stratégies d’attrition. Par exemple, quand on décide de fumer, de s’enivrer, de manger mal ou trop, d’avoir des relations sexuelles non protégées avec des inconnus, de conduire trop vite, de pratiquer un sport extrême… Bref, de jouer avec le feu quand notre plaisir ou la sensation de liberté sont si forts qu’ils peuvent exposer notre vie ou, pire, celles des autres.
 
Principe de précaution et stratégie d’attrition se fondent chacun sur la prudence, la prévention, la précaution. Dans le principe de précaution, la prudence vise les risques avérés, ceux dont l’existence est démontrée ou suffisamment connue empiriquement pour que l’on puisse en estimer la fréquence d’occurrence (conséquences de l’amiante, roulette russe…). La prévention également, mais sans pouvoir estimer la fréquence d’occurrence (le risque nucléaire, par exemple) : l’incertitude ne porte pas sur le risque, mais sur sa réalisation. Enfin, la précaution vise les risques probables non encore confirmés scientifiquement, mais dont la possibilité peut être identifiée à partir de connaissances empiriques et scientifiques (OGM, ondes électromagnétiques, biologie de synthèse,…).
 
A la différence du principe de précaution, la stratégie d’attrition concerne des choix individuels qui, coordonnés et synchronisés, peuvent devenir collectifs. La décision de tout arrêter ne vient pas du haut de la hiérarchie. Dans la mesure où prendre des risques individuels peut mettre en péril la sécurité des autres, on pourrait penser que c’est la fonction régalienne de l’Etat de décourager les « risque-tout » et de protéger les citoyens parfois « malgré » eux. Pourtant, l’accès à l’information et le développement des sociétés de la connaissance devraient contribuer à rendre les gens plus responsables en leur permettant de prendre leur vie en mains. On sait que le risque zéro n’existe pas et qu’on peut « y rester ». On fait donc un choix en connaissance de cause, en fonction de sa propre connaissance des moyens d’évitement du danger. Et si on ne réussit pas à l’éviter, tant pis ! Mektoub ! (C’est ton destin !).
 
De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les dérives de l’application du principe de précaution. Un principe qui a conduit à la fermeture du ciel européen en avril dernier à cause des panaches de fumée volcanique de l’Eyjafjöll. S’il est toujours facile, après coup, de dénoncer cet excès de précaution, combien de voyageurs ou de compagnies aériennes auraient accepté, en connaissance de cause (le risque est toujours possible) de braver les conseils de prudence au détriment de leur sécurité ou de leurs intérêts ? Selon le principe d’attrition, les compagnies ou les personnes qui estiment leur travail ou leurs vacances prioritaires devraient donc être prêtes à accepter un certain risque.
 
Les pouvoirs publics français et européens ont-ils adopté des « mesures proportionnées » contre le danger supposé ? Sans doute, dans un premier temps. La réponse est moins évidente ensuite. Dans le cas de la grippe A(H1N1), comme dans celui du nuage volcanique, on a tout simplement oublié de tenir compte ou même de mesurer la réalité effective du danger et de responsabiliser les gens et les industriels.
 
Les drames sanitaires ou environnementaux qui ont éclaté depuis une vingtaine d’années (Tchernobyl, le sang contaminé, l’amiante, la vache folle, la canicule de 2003,...) ont amplement démontré que les obligations de protection des citoyens ne résistent pas toujours à la logique du profit. Le principe de précaution ne doit pas, pour autant, être précédé ou dominé par un principe de suspicion et d’anxiété sauf à admettre une société craintive, affolée par la moindre innovation scientifique, minée par le sentiment de vulnérabilité, obsédée par le risque zéro, bref, une société en régression.
 
Le principe de précaution va trop loin : les politiques craignent la sanction populaire s’ils ne prennent pas les mesures adéquates et pèchent par excès de prudence, de prévention. Certains politiques choisiraient-ils aussi de « créer » ou d’utiliser les peurs pour se faire élire, sous la promesse : « Je vous protègerai ! » face à tous les grandes menaces du siècle (insécurité, terrorisme, CO2, violence à l’école, chômage, santé, automobile, sida, etc.) ? L’application systématique du principe de précaution par les décideurs politiques conduit à une société de peur, de méfiance, de non-solidarité, d’égoïsme. Face aux dangers permanents qui nous guettent, il ne reste donc que la religion (…et que Dieu nous protège !), les multiples assurances (sécurité sociale, assurance maladie, chômage, assurances « tous risques », assurance « père de famille », assurance du vol de portable ou de bris de machine, etc.). Assuré « tous risques » (santé, maison, chômage, auto,...) pourquoi me préoccuperais-je des autres ?
 
Selon le philosophe Dominique Lecourt, deux conceptions de l’Homme s’opposent, d’où la passion toujours prête à ressurgir. D’un côté, la conception moderne de l’explorateur de l’inconnu qui voit dans l’audace et le goût du risque, dans l’attrition, le trait le plus précieux de la condition humaine, par définition aventureuse. De l’autre, la conception de l’homme précautionneux, être de désillusion qui ne pense la responsabilité qu’en termes de culpabilité et qui cherche non à imaginer notre avenir mais à le maîtriser, comme s’il devait être un simple prolongement du présent.
 
Appliquer le principe d’attrition, c’est pouvoir accepter le risque que des avions puissent voler et donc que le risque d’en perdre n’est pas inacceptable. Un choix qui se justifie par l’acceptation de la réalité naturelle de l’imperfection des choses et/ou de la convenance de l’impossibilité naturelle de maîtriser le hasard. La vie, quoi… Cette prise de conscience, cette acceptation de l’imprévisible (ou de l’imprédictible) libérerait la société d’une anxiété aussi prégnante qu’irrationnelle. Cela permettrait aussi d’évoluer vers une société plus ouverte, moins égoïste, plus altruiste (au sens de l’« altruisme réciproque » défini par Robert Axelrod[7]), plus empathique, plus solidaire, puisqu’on se préoccuperait aussi des risques pris par les autres.
 
Nombreux sont ceux qui cherchent à trouver le moyen d’atténuer l’effet du principe de précaution. Un débat public sur ce sujet serait bienvenu parce que, si le principe de précaution est appliqué sans retenue, il nous mène tout droit vers une société impossible à vivre et certainement régressive.
 
Attrition et précaution ne sont pas opposés, mais complémentaires. C’est pourquoi il me semble que créer les conditions de cette complémentarité entre « précaution » et « attrition » serait fondamental pour aider à réorganiser la société autour de la responsabilisation devant le danger, à promouvoir l’empathie, l’altruisme et la solidarité. Il faut remettre « la vie » dans tout çà... et accepter la nature telle qu’elle est et non telle qu’on voudrait qu’elle soit. L’application du principe d’attrition permettrait de rééquilibrer le principe de précaution en proposant un principe de liberté contrôlée et raisonnée qui permettrait de décider comment gérer ses risques sans mettre en danger la vie d’autrui.
 
Bernard Etcheparre et Joël de Rosnay


[1] Définition du principe de précaution, loi Barnier de 1995.

[2] La santé et l’environnement sont particulièrement visés par l’application de ce principe.

[4] Le risque zéro est une notion décrite par le philosophe allemand disciple de Heidegger, Hans Jonas,dans son livre Le principe Responsabilité (édition originale 1979, traduction française en 1990). Hans Jonas est la « référence majeure des courants écologistes et plus généralement de tous ceux qui appellent à la méfiance systématique et au combat contre les tendances de la société moderne qu’ils voient soumise à la toute puissance de la technique. ». Source : http://pagesperso-orange.fr/denis.collin/jonas.htm

[5] Atteindre la cote 750 (un fort à conquérir) coûtera 1285 morts…

[6] L’Église catholique établit deux degrés dans le remords : l’un, qu’elle appelle la contrition, (d’où l’acte de contrition) est le regret d’avoir péché, fondé sur la douleur d’avoir offensé Dieu. L’autre qu’elle appelle attrition, est le regret d’avoir péché, fondé sur la crainte des peines de l’enfer. Mais on peut éviter l’enfer grâce au principe de précaution : comme on ne peut pas prouver que Dieu n’existe pas et, selon le pari de Pascal, par précaution il faut donc en déduire qu’il existe !
 
[7] Cf. « L’altruisme peut-il survivre dans un monde dominé par l’égoïsme ?  » (Les Di@logues Stratégiques, juin 2009).
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  • Par paul mohad dhib (xxx.xxx.xxx.171) 6 juillet 2010 11:34

    les morts a Verdun vont être content de savoir qu’ils ont été victimes du principe d’attrition,impliquant un taux de pertes acceptables....ceux morts au travail également..
    je regarde en ce moment mon dernier fils , il a 6 ans ,va t’il être victime du "principe d’attrition "
    en recherchant d’autres articles de Joël de rosnay, j’y ai trouve un article a la gloire de jacques attali,livre a la gloire du marche libre et non fausse...
    ces gens sans compassion,sans empathie, voient le monde au travers de leur maladie mentale de domination absolue, tout ca pour une grande maison ,des voitures etc ca fait ouf non ?, je lisais hier sur le site 7duquebec, un article sur la pathologie lourde des gens de pouvoir, environ 6 % des humains, a ce jours je pense que beaucoup sont dans les hautes sphères du pouvoir
    les auteurs ici avancent caches, de vrais sous marin, des moralisateurs du capitalisme ,qu’ils veulent accentuer...
    pourquoi avance caché ? la réponse est dans la question...
    pourquoi se cacher derrière des mots et des concepts qui ont l’air compliques, mais qui sont aussi simples et vieux que l’humain sapiens, ? moi vouloir toi travailler comme je veux et moi vouloir tout.................

  • Par marie (xxx.xxx.xxx.3) 6 juillet 2010 12:30

    Mais oui ! soyons précautionneux avec la "précaution" et ayons plus de je ne sais quoi d’autre la tristion ? (Victor Hugo, au secours) : Patience dans 50 à 100 ans si on continue ainsi on aura éradiqué pas mal de créatures !
    Mais pas grave ! MAGIE ! dans le secret des labos, nos scientifiques nous concoctent l’homme parfait de demain (transhumains), des graines en plastiques, des champs stériles ogmisés, des piossons ogmisés itou..et des zanimos en poil de cul synthétique !
    wouah Magie ! n’ayez pas peur ! vous étes sur l’autoroute bétonnée du progrés et si vous avez la nausée : prenez des cachets concotés par les labos : lexomils, etc..

    Dans ce long texte : pas UN MOT UNE ALLUSION aux autres créatures qui peuplent la terre en notre compagnie et qui sont la proie de notre brutalité. ; ah, mais attention : c’est que c’est pour la science.

    Alors oui , soyons décomplexés, c’est à la mode et prenons exemple sur les tecnoscientifios de BP : le principe de précaution ils ont pissé dessus ! eh oui ! EH oui ! ON est MODERNES ou on ne l’est pas ! résultat : des milliers de créatures suffoquent au moment même ou j’écris ce texte..ouais : elles et leurs progénitures...dans le golfe du MEXIQUE
    et çà c’est beau, c’est libre, c’est grand, c’est cela aller vers le futur ! on va quand meme pas ’s’embarrasser d’ELLES (les bêtes)...et d’abord combien çà coute ? c’est syndiqué ?

    les associations d’écolos ont fait un recours en justice pour que les types de BP ne foutent pas le feu sur les rivages ,histoire d’éviter aux tortues le doux sort de bruler vives en plus !

    il a fallu un recours en justice pour çà ! Cons d’écolos !

    cette zone sera bientôt morte ! Heil ! HEIL ! HEIL ! A bas le principe de précaution .

    (ya aussi le big Claude Joyeux..qui plaide pour çà en ce moment)


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  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.169) 6 juillet 2010 11:39
    ZEN

    Ce papier intéressant mériterait un long débat en profondeur
    Quelques modestes remarques :
    Certes, le principe de précaution, issu en droite ligne de la pensée de H.Jonas (Le principe responsabilité), doit être appliqué avec raison, mais la raison a rarement toutes les cartes en main, faute de connaissances suffisantes (souvent provisoires toujours partielles).
    Quelles recherches publiques et indépendantes fait -on autour des risques potentiels de l’usage généralisé des futures technologies nanotechnologiques ? du stockage des résidus nucléaires ?, etc...
    On mesure mieux aujourd’hui les dégâts d’une agriculture ultra-productiviste vouée à l’agrobusiness, qui paraissait naguère le sommet de la gestion rationnelle de la terre.
    La peur, alimentée par un recherche plus poussée,dans certains cas, peut être le début de la sagesse
    Il ne faudait pas jeter ce principe avec l’eau du bain, car on sait au nom de quels intérêts cela peut être fait . Voir l’ opposition des pétroliers autour de Reagan et Busch à toute raison écologique et leur recherche d’intérêts à court terme (Drill baby !, encourageait Sarah Palin...)
    Que constate-t-on au golfe du Mexique :Une pollution longtemps sous-estimée(sans doute l’équivalent d’un Exxon Valdez par semaine), des dégâts  minimisés par la Compagnie _ :"L’impact environnemental de la marée noire sera "très modeste" selon le patron de BP_,

  • Par Walden (xxx.xxx.xxx.146) 6 juillet 2010 14:07
    Walden

    J’abonde dans votre sens.
    Défini ainsi : "L’attrition, c’est le taux acceptable de pertes, qu’il s’agisse de pertes matérielles (...), immatérielles (...) et humaines (individus). En langage militaire, on parle de stratégie d’attrition [...] Cette stratégie s’applique aussi au monde de l’entreprise. On parle d’attrition des effectifs du personnel (...)", cela semble relever du pur concept technocratique considérant l’humain comme un matériau quantifiable, voire subsidiaire au regard d’objectifs censément plus élevés. Tel est le langage fleuri des décideurs cyniques qui considèrent comme mineur le risque humain au regard des enjeux financiers.

    Ce qu’il faut déplorer du principe de précaution, c’est qu’on l’invoque dans certains cas comme parapluie bureaucratique (sous la pression de certains lobbies intéressés, cf. les laboratoires Vs H1N1), mais que (sous la pression d’autres lobbies intéressés), on ne l’applique guère lorsqu’il faudrait, à savoir pour s’assurer que toute entreprise privée soit soumise à garantir préalablement la relative innocuité de ses interventions mettant en jeu l’intérêt général : ainsi de la diffusion des OGM comme des nanotechnologies, du développement des industries nucléaire et pétrolière...

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