• mercredi 22 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Fukushima : Les travailleurs se cachent pour mourir
8%
D'accord avec l'article ?
 
92%
(125 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Fukushima : Les travailleurs se cachent pour mourir

Enfin, pas tous, un homme mystérieux en tenue de radioprotection a tenté de percer le blocus en restant planté 15mn devant une des caméras filmant en direct les ruines des réacteurs. Que voulait nous signifier cet homme qui nous pointe du doigt ? Les révélations faites par l'ex-premier ministre Kan Naoto et des proches de travailleurs lèvent un coin du voile sur une situation dramatique que les autorités cherches désespérément à cacher aux yeux du monde.

JPEG - 56.6 ko
L’homme qui nous pointe du doigt
Un travailleur de Fukushima s’est tenu 15mn devant une des caméras du site.

Monsieur Kan Naoto a démissioné de son poste de de premier ministre du Japon le 26 aout dernier et a depuis été remplacé par L'ex-ministre de finances Yoshihiko Noda.

L'ex-premier ministre a depuis révélé l'ampleur dramatique de la crise au sein des autorités au débuts de la catastrophe. Et ces révélations dressent un tableau bien éloigné des communications rassurantes de son gouvernement à l'époque.

Le paroxysme de la crise au sein des autorités a eu lieu dans la première semaine.

Trois jours après le début de la catastrophe, le ministre de l'industrie a annoncé à Monsieur Naoto que la compagnie TEPCO souhaitait abandonner la centrale car il n’était plus possible de maintenir du personnel sur le site à cause de l'élévation massive des radiations.

Le premier ministre affirme qu'un tel retrait aurait conduit à un désastre d'une telle ampleur que Tokyo aurait été inclut dans la zone qui deviendrait inhabitable à cause de la contamination radioactive.

« il n'y aurait peut-être plus personne à Tokyo aujourd'hui (...). Nous avons fait des simulations d'évacuation sur 100 , 200 et 300 kilomètres autour de la centrale (...). Cela aurait inclu la région de Tokyo (...). Il aurait alors fallu évacuer quelque 30 millions d'habitants, ce qui aurait signifié la chute du Japon. »

La réalité de cette inquiétude est corroborée par une information de la NHK qui avait révélé, le 1er mai 2011, que la chambre haute du parlement étudiait une suggestion de monsieur Naoto d'établir une capitale alternative capable de remplacer Tokyo dans ses fonctions centrales en cas d'urgence.

Devant l'ampleur du désastre le premier ministre aurait alors imposé la mise en place d'un comité de crise mixte (état-TEPCO) à la direction de l'entreprise qui a obligé la compagnie à maintenir la présence des travailleurs sur le site en dépit d'une exposition mettant en péril leur santé. Les mesures effectués sur le site montre en effet des dosse allant jusqu'à 10 000 fois les normes gouvernementales.

JPEG - 48.8 ko
Evacuation à Fukushima
Dissimulés derrière des bâches, des travailleurs malades sont évacués de la centrale (source NHK)


La situation des travailleurs sur place est donc bien similaire à celle des « liquidateurs » de Chernobyl avec la notable différence que les débris contaminés de Tchernobyl étaient solides et que le danger à Fukushima est dans l'eau contaminée et maintenant la boue et la vapeur qui remonte du sol où les coriums se sont enfoncés par des failles. Ainsi le 31 aout la NHK a annoncé que quatre travailleurs ont été aspergé accidentellement d'eau hautement radioactive en travaillant que le système de décontamination de l'eau.

JPEG - 40.8 ko
Détail
Les travailleurs évacuées sont en tenue de malades hospitalisés. (Source NHK)


Le nombre de malades parmi les travailleurs de Fukushima n'est pas connu avec précision.
Un travailleur est mort le 16 août d'une leucémie aiguë. Une dizaine ont été évacués discrètement lors de plusieurs transferts pudiquement dissimulés derrière des bâches bleues.

JPEG - 42.1 ko
Le camion d’évacuation. (source NHK)


Dans une interview à Fox News, la mère d'un des travailleurs relate l’état de résignation dans lequel travaillent son fils et ses cinquante camarades :

« Il m'a dit qu'ils avaient accepté le fait qu'ils allaient probablement mourir à court terme de la maladie des radiations ou de cancer à plus long terme. »

Elle ajoute : « Ils ont discuté entre eux et ont convenu de se sacrifier si cela était nécessaire pour assurer la sauvegarde de la nation. »
 
Ces travailleurs qui travaillent au péril de leur vie ne sont cependant pas informé des dangers qui les menacent. Les zones où les mesures le plus élevées ont été relevée ne leur sont pas communiquées. Certains n'ont pas de dosimètre individuel et doivent partager celui d'un collègue qui se repose.

A la lumière des révélation de l'ancien premier ministre on comprend que, comme l'URSS en son temps, la crise nucléaire a contrait le gouvernement nippon a violer les normes de sécurité pour faire face au problème en sacrifiant non seulement la vie des travailleurs de la centrale mais aussi la santé d'une large part de la population environnante qu'il n'est pas en mesure d'évacuer.

C'est pourquoi le gouvernement a élevé le niveau d'exposition maximum admissible à 20 mSv/an en dépit de la démission de Toshiso Kosako l'expert nucléaire du gouvernement et des pétitions exigent le retour aux normes internationalement admises. 

http://www.agoravox.fr/actualites/i...

La pétition explique que cette nouvelle norme permet d'exposer les enfants habitant les zones contaminées à des doses six fois supérieures au maximum admissible pour les travailleurs du nucléaire.

La pétition en anglais : http://blog.canpan.info/foejapan/da...



75% des écoles non évacuées de Fukushima sont dans des zones où la contamination mesurée atteint 0,6µSv/heure, niveau qui, dans l'industrie obligerait à mettre en place une zone de contrôle des radiations.

20% de ces écoles sont dans une situation encore plus dramatique où la contamination mesurée atteint 2,3µSv/heure et implique le confinement.

Comment une population peut-elle vivre même à moyen terme confinée chez elle ?

Il est évident que les mesures de confinement ne sont que des pis aller pour faire semblant qu'un maintien sur place est possible alors que l'évacuation s'impose.

JPEG - 139 ko
Autre évacuation sanitaire


La gestion des catastrophes nucléaires successives permet de mettre en exergue une caractéristique particulière de l'industrie nucléaire : On ne peut lutter contre le pire qu'au prix de cruels sacrifices humains, y compris dans la population et parmi les enfants.

La question que doivent se poser les citoyens est : pour quel bénéfice nous fait-on courir des risques aussi atroces ?

La réponse tiens dans cette phrase : actuellement 80% des réacteurs japonnais ont été coupés.

Le Japon parvient à vivre et à maintenir son activité industrielle avec seulement 20% du parc nucléaire existant !
Bien sûr Tokyo ne ressemble plus à Las Vegas. Terminés les néons et la climatisation à tous les étages. L’électricité est utilisée pour ce qui est utile.

Depuis le forfait japonais, la France est passé à la sinistre place de premier pays produisant de l’électricité nucléaire.

Mais il semble que comme en URSS et au Japon avant nous, nos décideurs ne soient pas disposés à lâcher cette place peu enviable avant qu'un de nous 58 réacteur ne nous explose à la figure.

JPEG - 38.8 ko
Les liquidateurs de Tchernobyl
Leur association a dénombré 60 000 morts et 165 000 handicapés parmi les 600 000 liquidateurs officiellement reconnus.

 
Pourtant une chose devrait nous faire réfléchir : Comment arrête-t-on une centrale nucléaire ?
Sur les 430 construites de part le monde une seule a été totalement démantelée à l'issue d'une vie normale : Brénninlis. (Cocorico !)
Mais relativisons les choses, son démantèlement à été possible grâce au transfert à d'autres site de tonnes de matériaux contaminés (Le combustible et 100 tonnes d'eau lourde ont été évacués sur Cadarache.)
Sont en attente ou en cours de démantèlement 3 réacteurs à Chinon, 2 à Saint-Laurent, un à Bugey et un à Chooz.
Les anglais vont démonter un réacteur à Windscale
Les allemands ont annoncé la fermeture progressive de toutes leurs centrales.

Par comparaison, plus d'une dizaine de réacteurs ont été « fermées » (en fait abandonnés) de façon accidentelle :
Three miles Island : réacteur n°2 (le 1 a repris du service)
Tchernobyl réacteurs 1,2,3,4 (5 et 6 abandonnés non achevés)
Superphénix réacteur expérimental à neutrons rapides. (cascade d'incidents)
Vandelos (Espagne) : réacteur n°1
Fukui (Japon) : réacteur n°3
Monju (Japon) réacteur expérimental type superphenix.
Fukushima : réacteurs 1, 2, 3, 4.
Mes statistiques ne sont pas complètes mais en gros à ce jour il y a plus de centrales arrêtées à la suite d'accidents que de centrale arrêtées normalement à la fin de leur période d'exploitation.
Cela sans même compter les abandons volontaires de la filière par exemple en Allemagne suite au désastre de Fukushima.
Il est temps de réfléchir.




par Aldous (son site) jeudi 8 septembre 2011 - 193 réactions
8%
D'accord avec l'article ?
 
92%
(125 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par miha (---.---.---.90) 8 septembre 2011 14:56

    Et il y en a encore pour être pour le nucléaire !

    La France, à cause de son entêtement, se prépare un avenir très sombre :

    Le coût de traitement des déchets, de démantelement inéluctable des centrales actuelles va plomber l’économie pour des décennies ; et le retard pris pour mettre en place et utiliser d’autres sources d’énergies sera un terrible boulet.... je ne parle même pas du danger encouru par la population, les endroits interdits d’accès parce que trop dangereux qui vont se multiplier, car, cet aspect-là, les pro-nucléaires, cela ne les fait même pas frémir.

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.190) 8 septembre 2011 14:05

    Au pays du soleil levant, les enfants vont à l’école avec un appareil pour mesurer
    la dose de radiations qu’ils prennent tous les jours. Quand ils rentrent chez eux, les
    parents regardent la dose à laquelle ils ont été exposés, puis vont se coucher, et ils
    pleurent, car il n’y a rien à faire, sauf à déménager et à s’éloigner du lieu de la
    catastrophe ! De combien, 100, 200, 500, 1000, 2000 kilomètres ? Doit-on évacuer
    Tokyo, doit-on évacuer le Japon ?.........

    http://2ccr.unblog.fr/2011/07/09/on-nous-aurait-menti/

  • Par roro46 (---.---.---.143) 8 septembre 2011 15:31

    « une seule a été totalement démantelée à l’issue d’une vie normale : Brénninlis. »

    Houla ! Attention !! On en est loin !!

    Voir, par exemple, ici, l’histoire édifiante du démantèlement :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Site_n...

    Quoi qu’il en soit, merci pour votre (vos) article. Heureusement que des gens com !me vous sont là pour aller chercher et diffuser l’info.

  • Par Aldous (---.---.---.209) 8 septembre 2011 20:00
    Aldous

    L’OMS c’est pas eux qui ont fait une campagne mondiale de vaccination ruineuse et inutile en affirmant que 10% des cas de H1NA étaient mortels ?

    Sérieuse source que voilà.

    En ce qui concerne les chiffes de morts et des handicapés de Tchernobyl, la source est indiquée : C’est l’association des anciens liquidateurs qui les publie.

    Je ne préjuge pas de leur véracité mais on peut être enclin à penser qu’il s’agit de statistiques de 1ere main. (A défaut pour certains d’avoir encore leurs jambes)

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération