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Accueil du site > Tribune Libre > Il n’y a plus de débat : l’esclavage c’est l’avenir (...)

Il n’y a plus de débat : l’esclavage c’est l’avenir !

S’ils veulent faire de nous des esclaves, ce n’est pas pour nous faire du mal ; ni même parce qu’ils sont méchants… mais tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement dans le cadre de pensée qui les a construit. Ils ont fini par intégrer que certains hommes sont faits pour commander et d’autres pour obéir, qu’il n’y en a pas assez pour tout le monde et que seuls les meilleurs survivront ; et puis surtout que certains hommes valent moins que d’autres.

Comment en sont-ils arrivés là ? il suffit de regarder le monde autour de soi, et le comportement de chacun selon sa position : pour les dirigeants, qui sont responsables de la misère et de la pollution par leur recherche constante de plus grands profits, ils veulent se persuader qu’ils « aident » les populations défavorisées en leur « offrant » un travail ; et pour les futurs esclaves, qui sont responsables d’entretenir cette misère et cette pollution par leur consommation, ils se laissent aller à croire que grâce à eux, « au moins ils ont un travail ».

Sauf que les conditions de travail offertes aux étrangers sont scandaleuses et que les Français sont loin de pouvoir s’aligner… et pour cause, puisque ces gens sont traités moins bien que des esclaves. Il n’est pas difficile de constater à quel point les pays les moins démocrates sont les plus rentables, jusqu’à faire dire à certains que l’économie est polluée par la démocratie… ce qui par ailleurs est tout à fait juste puisque la démocratie (la vraie) est incompatible avec le capitalisme. Ce qui n’est pas le cas de la dictature.

Et « puisque la démocratie empêche le capitalisme, supprimons la démocratie » (enfin ce qu’il en reste !). Voilà à quelles pensées sont réduits les dirigeants de nos belles Nations…. Des infos compromettantes sortent à cause d’internet ? Contrôlons-le ! Les chômeurs coûtent trop cher ? Faisons-en des auto-entrepreneurs… ou des esclaves !

Et il s’avère qu’en matière de rentabilité l’esclavage n’a pas de concurrent… Mais attention, le monde a changé : il n’est aujourd’hui plus nécessaire de maintenir son esclave en vie, ou ne serait-ce qu’en bonne santé : il paraît que nous sommes menacés par la surpopulation … et désormais, en lui donnant sa misérable paye on se croit dispensé de le maintenir ne serait-ce qu’en état de travailler : un bengali en vaut bien un autre !

Puisque le capitalisme ne fonctionne pas, qu’on ne peut ni le réguler ni le laisser libre, alors il faut que ce soit la misère que l’on régule et non pas le système qui la crée : on ne sait faire que ça.
On préfère faire entrer de force la réalité dans la théorie plutôt que de la remettre en cause (la théorie).

On pourrait croire que cette manière de penser est le résultat de siècles de réflexions poussées et qu’il n’existe réellement pas d’alternative au capitalisme et aux horreurs qu’il engendre, mais c’est nier complètement la réalité : ceux qui nous disent qu’il n’y a plus de débat en France, qu’il n’y a plus d’intellectuels d’envergure se trompent lourdement. C’est justement par une sorte de paresse intellectuelle, mais pas de ceux qu’on croit : ouvrir les journaux connus, allumer sa télé officielle, consulter les réseaux sociaux les plus en vue… et s’apercevoir qu’effectivement il n’y a ni débat ni réflexion. Sauf que ce n’est pas par manque de débatteurs ou d’intellectuels qu’on ne les voit pas et qu’on ne les entend pas. C’est faute de visibilité. Quand on sait que 95 pourcents des journaux quotidiens appartiennent à quelques milliardaires on ne peut que légitimement s’interroger sur cette absence de débat : est-elle désirée par les patrons ? est-elle provoquée par des employés serviles endormis par des années de pratique de la paresse intellectuelle ? Et surtout pour quoi faire (les journaux et la presse en général n’est en général pas le plus rentable des investissements) ?

En réalité cette absence de débat est provoquée par un calcul simple mais vicieux : le capitalisme ayant entamé son retournement et « le roi étant nu », les hommes de pouvoir ont refusé de le perdre en utilisant la crise et le terrorisme pour imposer la seule solution qui permette de le garder tout en empêchant (pour un temps au moins) ce retournement : l’esclavage encadré par un gouvernement autoritaire. La rentabilité maximum avec une compétitivité retrouvée (regardez l’Espagne qu’on cite aujourd’hui en exemple car elle crée de l’emploi depuis la baisse drastique des salaires et conditions de travail - quelle avancée…), et l’impossibilité de faire émerger l’opposition, ou même des alternatives. Il faut se rendre compte que toutes les idées de « partage » sont suceptibles de nuire à la consommation et que la plupart finissent par être rachetées et rentabilisées par des capitalistes.

En réalité ce n’est pas que nos gouvernants ne connaissent pas les solutions, mais tout simplement qu’ils n’en veulent pas ! Que ce soit pour les migrants, l’écologie ou le chômage, ils refusent de laisser s’exprimer ceux qui pensent autrement pour ne pas avoir à les affronter.
Ils préfèrent les amalgamer à la voix du FN qui devient alors le seul « contradicteur » des deux partis « institutionnels ». Ainsi ceux qui sont contre l’Europe « actuelle » se voient taxés d’être des soutiens du FN ; et même si cela n’a rien à voir on ne les écoute déjà plus. Et pour cause, le FN est un épouvantail, c’est lui « l’idiot utile » de ces deux partis. Bien que chacun de ces trois partis pense plus ou moins la même chose, sauf que chacun veut le pouvoir pour lui… et que ni le PS ni le parti les Républicains ne compte laisser le FN prendre la pouvoir. Le débat n’existe donc pas car les seuls qu’on laisse s’exprimer sont dans le même camp : celui de ceux qui préfèrent infliger à leurs concitoyens la misère et l’oppression plutôt que d’envisager le monde d’une autre manière que celle qui nous conduit peu à peu au pire.

L’objectif d’organiser un simulacre de débat est de populariser les idées du FN pour paraître ensuite plus modéré. Ils veulent nous faire croire au pire pour nous faire accepter le moins bien.

Regardez comment les choses se passent : la « vague » de migrants qui effraie l’Europe est l’occasion de fermer les frontières et de faire monter la peur des étrangers. Pour le réchauffement climatique pareil : plutôt que de remettre en cause le système qui crée les déséquilibres, on préfère apprendre à consommer « différemment », à « faire mieux avec moins ». On nous prépare peu à peu, avec des arguments du genre « il n’y en a pas pour tout le monde », à accepter le régime autoritaire qui vient tout en le justifiant par les crises qu’ils auront eux-mêmes créées par leurs comportements.
La rareté est la base du capitalisme, et le rationnement en est une conséquence.

Pourtant, nous savons tous que l’écologie, comme la démocratie, est incompatible avec le capitalisme : partout on surveille les contestataires, on lutte contre les lanceurs d’alertes, on musèle la presse et on empêche les alternatives d’émerger.

L’esclavage est l’aboutissement logique de l’aveuglement des hommes qui refusent de voir la vérité en face : ils croient sincèrement qu’il est impossible de remettre en cause le système capitaliste ; tandis qu’il est beaucoup plus simple de se passer de la démocratie. Et ce n’est que pour justifier cette pensée qu’ils en viennent à considérer que la vie de certains hommes vaut moins que celles d’autres hommes ; puisqu’il apparait que certains valent plus que d’autres, pourquoi l’inverse ne serait-il pas exact ? C’est toute la leçon du capitalisme : ce système contient en germe l’esclavage. Sans possibilité de débat.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr


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36 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 12 novembre 2015 08:34
    Sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est toujours esclave.
    Citation de Nicolas de Condorcet.


    • julius 1ER 12 novembre 2015 09:00

      @Le p’tit Charles


      je n’aime pas trop Condorcet pour diverses raison, mais sur ce point là il avait vu juste !!!

    • Le p’tit Charles 12 novembre 2015 09:29

      @julius 1ER...idem pour moi...


    • julius 1ER 12 novembre 2015 09:26

      Il n’est pas difficile de constater à quel point les pays les moins démocrates sont les plus rentables, jusqu’à faire dire à certains que l’économie est polluée par la démocratie… ce qui par ailleurs est tout à fait juste puisque la démocratie (la vraie) est incompatible avec le capitalisme. Ce qui n’est pas le cas de la dictature.


      @l’auteur, 
      j’ajouterai à cette sentence que cela fait un moment déjà que l’oligarchie prépare un monde a/démocratique......cela a commencé avec des citées /pays tels Singapour (dirigé par un conseil d’administration) ou les pétro-monarchies du Golfe qui ne sont vraiment pas des phares de la Démocratie....
       
      le chemin est préparé depuis un moment par le turbo-capitalisme où le système est quasiment féodal ( il n’ y a qu’à regarder l’organigramme de VW et ses prises de décision avec l’histoire du logiciel tricheur ) sous les projecteurs il n’y a pas si longtemps .....

      la Démocratie est en voie de disparition, car celle que nous connaissons qui est le minimum syndical si je puis dire .... au lieu de se renforcer, se réduit comme peau de chagrin .....
      la disparition d’une presse libre et indépendante en est le baromètre, elle est devenue « la voix de son maître » et ce n’est pas Bolloré qui me contredira !!!!

      quant à dire que la presse disparaît car elle n’est pas rentable je dirai qu’il s’agit d’un oxymore car là sur ce plan-là il ne s’agit pas de rentabilité « comptable » .....

      mais d’une rentabilité ’idéologique « car tous les milliardaires ont leur »danseuse«  
      mais ce qui au 19 ie siècle pouvait être un caprice ou une lubie est devenu aujourdhui un outil stratégique pour faire avaliser des points de vue ou des idées par la »populace " ..... et çà .... çà n’a pas de prix !!!!!!! 

      • alaric13 12 novembre 2015 12:42

        @julius 1ER

        j’ajouterai à cette sentence que cela fait un moment déjà que l’oligarchie prépare un monde a/démocratique......cela a commencé avec des citées /pays tels Singapour (dirigé par un conseil d’administration) ou les pétro-monarchies du Golfe qui ne sont vraiment pas des phares de la Démocratie....
         OUI ! ET L EUROPE DIRIGEE PAR DES FONCTIONNAIRES
        l’Europe des banques et des multinationales qui met ses salariés en concurrence entre eux , surtout pas d’harmonisation sociale ni fiscale !!!

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 novembre 2015 18:26

        @alaric13
        L’Europe est dirigée par les Commissaires européens, qui ne sont pas des fonctionnaires, mais pas des élus non plus, se cooptent entre eux des banquiers passés ou futurs de Goldman Sachs, ce serait plus proche de la réalité....


      • Yaltanne 12 novembre 2015 09:59

        pour alimenter votre moulin

        Selon un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, 67% des Français estiment qu’il faudrait que la direction du pays soit confiée à des experts non élus qui réaliseraient les réformes nécessaires mais impopulaires…


        le lien

        oui, c’est Atlantico (et sur à peine plus de 1000 personnes, auto administrées en ligne), mais en entendant ça ce matin, me suis dit, tiens, la propagande est en marche ;)


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 novembre 2015 18:35

          @Yaltanne
          Sauf que l’IFOP se garde bien de donner la moindre liste de ces « réformes nécessaires »...

          S’ils connaissaient le contenu de ces réformes, les sondés grimperaient aux rideaux !!
          - fin du modèle social français
          - fin de la Sécu, et Mutuelles privées à la place
          - fin des CDI et du SMIC
          - réforme des retraites
          - baisse des indemnités chômage
          - baisse des dépenses publiques
          - privatisation des biens publics
          - baisse des salaires
          - gel des retraites etc etc.

          Ce sont ces réformes là qui sont dans les tuyaux !
          Aucun média et aucun politique ( à part l’ UPR) ne donne la liste des réformes dites « structurelles » publiées chaque année par la Commission européenne. Voici la liste pour 2014/ 2015.
          Si les sondés la connaissaient, nul doute que leurs réponses seraient différentes...


        • elpepe elpepe 12 novembre 2015 12:29

          non c est pire que cela
          et pour les futurs esclaves, qui sont responsables d’entretenir cette misère et cette pollution par leur consommation, ils se laissent aller à croire que grâce à eux, « au moins ils ont un travail ».

          Les pauvres se reproduisent comme des petits lapins dans la prairie pour etre sur que le plein d esclavage de la Rolls est tjrs optimal
          Ils aiment ca l esclavagisme,la guerre, les massacres, la pauvrete, ils en redemandent, les mechants en faim de comte sont nos bienfaiteurs
          Tiens continuons de voter Hollande Macro et con soeur


          • tf1Groupie 12 novembre 2015 12:43

            L’auteur doit être particulièrement satisfait du niveau de chomage en France : plus il y a de chomeurs moins il y a d’esclaves !

            Ces discours d’adolescents du style « yaka focon, moi j’ai la solution à tous les problèmes de la planète » c’est parfois lassant.

            Comme quoi on peut également être esclave de ses utopies et discours pré-machés.


            • julius 1ER 12 novembre 2015 13:16
              Comme quoi on peut également être esclave de ses utopies et discours pré-machés.

              @tf1Groupie

              sauf que, sauf que les utopies d’hier sont les réalités de demain ..... mais, mais, mais, où sont les utopies en tous cas pas chez TF1 !!!!!!!!!!!!!!!!!! 

            • Caleb Irri 12 novembre 2015 13:21

              @tf1Groupie

              Merci pour vos commentaires toujours aussi intelligents et pertinents on sent toute votre humanité derrière ces mots

            • Caleb Irri 12 novembre 2015 13:24

              @TF1Groupie

              les chômeurs ne sont-ils pas des esclaves comme les autres ?

            • tf1Groupie 12 novembre 2015 14:39

              @Caleb Irri
              « les chômeurs ne sont-ils pas des esclaves comme les autres ? »

              C’est à vous de me le dire et en même temps de donner votre définition du mot esclave, que vous utilisez tous azimuths, comme le mot démocratie, ou dictature.

              Si être esclave signifie « marcher debout » alors tout le monde est esclave et cela n’a rien de gênant.


            • Brice Bartneski bartneski 13 novembre 2015 11:18

              @tf1Groupie

              Il n’y a pas pire esclave qu’un chômeur.

              Sais-tu que pour toucher son indemnité, le chômeur a obligation de de rechercher activement un emploi. Et pour prouver sa recherche active, on demande au chômeur d’effectuer des stages non rémunérés.

              C’est à dire qu’on demande au chômeur de travailler gratuitement en échange d’une indemnité à laquelle il a droit ayant lui même cotisé lorsqu’il avait un emploi.

              Le chômeur subit la double peine.


            • Brice Bartneski bartneski 13 novembre 2015 11:21

              @tf1Groupie

              Et si il retrouve un emploi, ce sera pour un salaire inférieur au précédant et pour un contrat précaire.


            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 12 novembre 2015 12:50

              Si le patwon nouwiw bien, moi content ! ^^ smiley 


              • alinea alinea 12 novembre 2015 12:54

                Merci. 


                • JL JL 12 novembre 2015 13:23

                  Plutôt que d’esclavage, il conviendrait de parler de servage.



                  • Le Gaïagénaire 13 novembre 2015 13:59

                    @JL 12 novembre 13:23



                    « Le servage personnel avait disparu après la guerre de Cent Ans, car le manque de main-d’œuvre (la Grande Peste à elle seule a emporté entre 1/4 et 1/3 de la population) a favorisé la concurrence entre nobles et le débauchage des serfs. »

                    Ce mépris pour l’autre vient du fait que les « nobles » refusent d’admettre qu’ils sont aussi des esclaves.

                    Nous sommes tous des esclaves parce que nés sans notre consentement.

                    Solution : convaincre les femmes de cesser de mettre des esclaves au monde.

                    Cordialement.


                  • JL JL 13 novembre 2015 14:39
                    LE SERVAGE

                    Le serf du XIe ou du XIIe siècle ne fait pas partie du « peuple » ; il n’a aucun droit. Il ne peut sortir de cette condition héréditaire qui se transmet par la mère, que par l’affranchissement. Le serf est la propriété du Roi, de l’église ou du seigneur qui l’achète, le vend ou le lègue.

                    Lorsque les serfs parviennent à avoir une certaine autonomie de production, ils supportent des charges particulières. Si le lien qui les attache au maître risque de se rompre, par l’éloignement par exemple, ils doivent, à date fixe, acquitter une taxe annuelle personnelle, le chevage .

                    Si le serf veut se marier en dehors du fief de son maître, qui risque alors de voir s’éteindre ses droits sur la descendance, il lui faut payer la taxe de formariage . A la mort du serf, le maître est le premier héritier ; il recueille la succession ou prélève sa part, la mainmorte.

                    Jusqu’au début du règne de Louis XVI, les serfs payaient la taille aux seigneurs, ils ne pouvaient se marier qu’entre serfs du même seigneur. Il ne pouvait aliéner leur tènement qu’à des serfs du même seigneur.

                    La révolution, proclamée par les députés du tiers état, commencée par les parisiens avec la prise la Bastille, a été soutenue par la masse des paysans sur toute la France.

                    Les paysans se révoltèrent pour obtenir l’abolition des droits féodaux intolérables et inéquitables.

                    La bourgeoisie ne voulait qu’une révolution politique. Elle opposa aux paysans soulevés en jacquerie une politique de répression. Après la chute du roi, des concessions furent accordées aux paysans en août 1792 : l’allègement des droits féodaux. Ce n’est qu’en juillet 1793 que la convention abolit officiellement les droits féodaux.

                    Qu’entendait-on à l’époque par féodalité, régime féodal, droits féodaux. Si l’on se réfère à un rapport de Merlin au comité féodal en date du 4 septembre 1789, les droits féodaux sont ceux qui dérivent du contrat de fiefs et dont l’inféodation même est le principe directeur. Une extension amène à y inclure tous les droits qui se trouvaient entre les mains des seigneurs ou de l’église : rentes seigneuriales, droits de champart, corvée, banalité, prestation représentative de l’ancienne servitude. À l’époque on distinguait déjà les droits personnels, relatif à la personne des droits réels relatif aux choses, aux héritages.

                    Voltaire fit campagne pour abolir le servage. Il la commença sous Choiseul la poursuivit sous Turgot.

                    Louis XVI réduisit les contraintes liées aux personnes ; c’est en effet par un édit du mois d’août 1779 que, sous les conseils de Necker, Louis XVI abolit la servitude personnelle et du droit de mainmorte dans ses domaines.

                    Il est probable que dès 1779 beaucoup de gens cessèrent d’être serfs. Ainsi, si l’on en croit l’abbé CLERGET prêtre franc-comtois, la servitude a été abolie dans la communauté des prêtres missionnaires établis à Beaupré en Franche-Comté. D’autres écrits rapportent que le duc de Nivernois accorda des affranchissements aux serfs sous sa dépendance, en partageant les communaux au profit du peuple.

                    Necker dans son compte-rendu au roi en 1781 confirme que plusieurs seigneurs ont affranchi leurs serfs à l’invitation du roi. Malgré la bonne volonté de certains seigneurs, la levée des servitude resta lente. Ainsi, le 3 août 1789, les serfs du chapître de St Claude ( Jura) n’étaient pas encore libres. Malgré la bonne volonté de l’Évêque de St Claude Jean-Baptiste de Chabot, le chapître fit entrave à la levée des servitudes.

                    Suivant en cela les décisions du parlement de Paris qui estimait que l’édit de 1779 ne pouvait nuire aux droits des seigneurs qui auraient été ouverts avant son enregistrement, celui de Besançon, s’opposa à l’enregistrement de l’affranchissement estimant que «  le gouvernement ferait mieux d’établir une perception plus douce, une répartition plus égale, une administration plus pure, un ordre plus grand dans la comptabilité, de manière à permettre à chacun de juger de la fidélité de l’exactitude de l’emploi des finances de l’état » Archives. du Doubs, B 2847. extrait du procès-verbal de la séance du 8 mai 1788.

                    Un autre grand seigneur ecclésiastique : l’abbé Clermont Tonnerre de Luxeuil (Haute Saône) voulut affranchir ses sujets en 1775. Il motiva ainsi sa demande au roi : « depuis trente années que le suppliant est pourvu de cette abbaye, il n’y a vu que des hommes lourds, indolents, découragés et abattus, des terres incultes, une culture absolument négligée, nul commerce, point d’émulation et une apathie générale ; tandis que les habitants et villages libres, leurs voisins, sont vifs, actif, laborieux leurs terres sont bien cultivées et rendent d’abondantes récoltes ; on n’y voit de belles prairies, et nourriture considérable de bestiaux, des engrais abondant et aucun terrain inculte. »Jules Finot, La mainmorte dans la terre de l’Abbaye de Luxeuil Paris 1880 Bibliothèque nationale


                  • non667 12 novembre 2015 19:02

                    le pen vite ,vite ,vite


                    • Le421 Le421 12 novembre 2015 19:17

                      @non667
                       ????

                      Ah !! Ouais...

                      Les anti-système qui profitent du système à fond et qui dans le fond sont pour le système...

                      Mort de rire, tiens !!

                      Mais bon.
                      Je sais que même si on parlais de l’élevage des chèvres, y’aurait un busard pour mettre Le Pen sur le tapis.
                      Quoique, le rapport chèvre - Le Pen, si on parle des filles... Ca m’interpelle !!


                    • Marc Chinal Marc Chinal 12 novembre 2015 22:48

                      Et quelle est la chaîne de votre esclavage, sinon l’utilisation de monnaie...
                       ?


                      • Montdragon Montdragon 13 novembre 2015 00:20

                        Excellent texte, cela me rappelle une guerre civile en Amérique...du champ à l’usine quoi.


                        • Ruut Ruut 13 novembre 2015 06:57

                          Non Le Capitalisme n’est pas mauvais, mais il doit être strictement encadré au niveau National.
                          Et c’est cet encadrement qui est inexistant en France et globalement partout où le capitalisme délire.


                          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 novembre 2015 07:09

                            @Ruut
                            Il a été encadré, mais les Traités européens y ont mis bonne fin.
                            Et si, comme l’ UPR, vous demandez le retour des régulations, on vous répond que vous êtes « pour une France rance et moisie », (Mélenchon), ou pour un remake de la Corée du nord (tous les autres euro-atlantistes)....


                          • erichon erichon 13 novembre 2015 08:30

                            Excellent texte.

                            Lorsque nous serons tous esclaves , il restera encore des marges de manœuvre au grand capital .
                            1) nombre de grains de riz dans la gamelle 
                            2) temps de cuisson ( pourra être cru et le temps de cuisson compris dans le temps de repas )
                            3) qualité de l’eau de cuisson et éventuellement réutilisation ( sous couvert écologique bien sur )
                            4) fourniture du bol ( et tout le commerce qui peut se faire autour de ce bol )
                            5) Pour les esclaves zélés , ajout d’un peu de sauce pour montrer l’exemple ( + un peu de soleil vert pour ne rien gâcher  ) .  
                            6) Exclusion des constipés hors de l’espace « commun » ( mais vente de pilule anti constipation à la pharmacopée de l’entreprise au prix modeste de 70€. )

                            Enfin voila ... avec un peu d’imagination , je pense qu’il y a encore à faire...


                            • petit gibus 13 novembre 2015 10:13
                              100 000 smic pour quelques uns
                              des cacahuètes pour les autres
                              Et si on ose un tout petit peu s’indigner
                              on nous traite d’incompétent et de jaloux :->

                              • tashrin 13 novembre 2015 12:22

                                Merci pour ce texte
                                100 % d’accord, je partage votre analyse et j’ai les mêmes craintes
                                Mon souci est le suivant : on fait quoi pour l’empecher ? Ou plutot on peut faire quoi ?

                                Voter ? pffff
                                Revolutionner ? Les armes tout ca ? Ce serait maté vite fait
                                Se barrer, fuir ? Où ca, c’est partout pareil (la mondialisation)
                                Militer ? les gens sont gavés d’iphone et de series TV, et s’en foutent en fait. Au mieux on passe pour un illuminé
                                Ecrire sur Agoravox ? Les articles ne sont lus que par ceux qui partagent dejà votre point de vue ou trollés par les autres, m’enfin ca tourne en boucle
                                Déprimer ? attendre ? Pas glop...

                                aucune ironie dans mes propos, juste du désarroi


                                • jaja jaja 13 novembre 2015 12:34

                                  @tashrin

                                  « Revolutionner ? Les armes tout ca ? Ce serait maté vite fait... »

                                  « Ceux qui luttent, ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu »
                                  B. Brecht


                                • Brice Bartneski bartneski 13 novembre 2015 13:33

                                  @tashrin

                                  « Mon souci est le suivant : on fait quoi pour l’empecher ? Ou plutot on peut faire quoi ? »

                                  - travailler le moins possible (le travail est la seule richesse du capital)
                                   
                                  - vivre sans crédit bancaire (d’autres solutions sont possibles sous seing privé)

                                  - retirer son argent des banques (ne laisser que le strict nécessaire pour régler les factures)

                                  - ne dépenser qu’en espèces (la seule façon de savoir où on en est au jour le jour)

                                  - ne pas voter

                                  - ne pas avoir peur du chaos

                                  - survivre humblement


                                • Le Gaïagénaire 13 novembre 2015 14:03

                                  @bartneski 13 novembre 13:33

                                  Le Gaïagénaire 13 novembre 13:59

                                  @JL 12 novembre 13:23



                                  « Le servage personnel avait disparu après la guerre de Cent Ans, car le manque de main-d’œuvre (la Grande Peste à elle seule a emporté entre 1/4 et 1/3 de la population) a favorisé la concurrence entre nobles et le débauchage des serfs. »

                                  Ce mépris pour l’autre vient du fait que les « nobles » refusent d’admettre qu’ils sont aussi des esclaves.

                                  Nous sommes tous des esclaves parce que nés sans notre consentement.

                                  Solution : convaincre les femmes de cesser de mettre des esclaves au monde.

                                  Cordialement.


                                • smilodon smilodon 13 novembre 2015 15:03

                                  @ l’auteur : Ah bon !... Je pensais que l’esclavage avait été remplacé par le smig !.... J’ai droit à cent coups de bâtons !..... Adishatz.


                                  • Hétérodoxe 13 novembre 2015 17:55

                                    A mon sens, le vrai problème engendré par le Capitalisme est la Démocratie.
                                    Quand la voix du pilier de bistrot vaut autant que celle de celui qui s’implique dans la société, la Démocratie devient l’alliée objective du Capitalisme.

                                    Mais chut ! La sacro-sainte Démocratie ne peut pas être remise en question.

                                    Faut-il rappeler que la plupart des progrès sociaux ont été obtenus par la violence d’un petit nombre ? Que même le CNR n’avait rien de démocratique ? Les congés payés n’ont pas été obtenus lors d’un vote démocratique, mais lors d’une insurrection d’une minorité - quand la majorité s’en tapait complètement (cette majorité fut bien contente d’en profiter, mais c’est tout).

                                    Bref, tant qu’on ne peut discuter objectivement des conséquences désastreuses d’une Démocratie qui s’appuie peut-être sur des principes idéalistes mais qui reste , dans la réalité, la première cause de la déchéance du Monde, il est vain de débattre. Le débat se bornant, in fine, à choisir la couleur des barreaux.

                                    Il faut se faire une raison, les lâches et les soumis sont majoritaires. Et pas un jour, pas une expérience ne me démontre le contraire.

                                    Toutes les expériences montrent à quel point il est confondant de facilité de manipuler une collectivité ... Le fou étant celui qui refuse d’électrocuter son voisin.

                                    Soyons fous !

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