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Accueil du site > Tribune Libre > La Guerre aux enfants en Afghanistan : Au nom de la démocratie (...)

La Guerre aux enfants en Afghanistan : Au nom de la démocratie aéroportée

« (...) Je n'arrivais pas à trouver mon fils, alors j'ai ramené un morceau de chair à la maison et je l'ai appelé mon fils. J'ai dit à ma femme que nous l'avions retrouvé, mais je n'ai pas autorisé ses enfants ni personne d'autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c'était mon fils. »

Détresse d'un vieillard afghan après la mort de son fils lors d'un bombardement

 
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336th Fighter Squadron F-15E, Bagram, Afghanistan, 7 oct 2009
par david_axe http://www.flickr.com/photos/david_axe/sets/

 Un meurtre de plus, un cri de révolte de plus, une bavure de plus et des excuses de plus, voilà comment on peut résumer la guerre faite aux enfants en Afghanistan. On apprend qu'une dizaine d'enfants ont perdu la vie dans un bombardement délibéré pour traquer les talibans ce début avril. Ces morts innocents nous rappellent les 400 enfants de Plomb durci à Ghaza. Un bombardement de l'Otan samedi dans l'est de l'Afghanistan, a tué dix enfants afghans, ont déclaré le 7 avril plusieurs responsables (..) Le bombardement s'est tenu alors qu'un combat intense opposait des troupes afghanes et américaines à des insurgés talibans, ont déclaré deux sources différentes. ´´Avant le bombardement, un Américain a été tué et quatre membres des forces de sécurité afghanes ont été blessés dans une attaque des insurgés´´, a commenté Wasifullah Wasifi, le porte-parole du gouvernement provincial du Kunar.(1)

La justification nous est donnée : « On nous tirait dessus depuis plusieurs maisons de la zone. Un Américain a été tué et plusieurs de nos hommes blessés. La force de la coalition a répondu par un bombardement », a expliqué une source sécuritaire afghane présente durant l'opération. ´´Nous ne savions pas qu'il y avait des femmes et des enfants dans la maison. Les taliban les ont utilisés comme des boucliers´´. D'après Abdul Zahir, le gouverneur du district de Shigal, où les combats se sont tenus, dix cadavres d'enfants ont été rapportés par les villageois à Asad Abad, capitale du Kunar, alors que six femmes ont été prises en charge à l'hôpital provincial. (...) Abdulqahar Balkhi, un porte-parole des taliban, a regretté sur twitter la mort de ´´22 civils innocent devenus martyrs à cause d'un bombardement des terroristes américains et de l'Otan´´, dont ´´15 membres d'une même famille´´. »(1)

Gilles Devers pense qu'il y a une dérive du droit, la mission initiale de l'Isaf a été dévoyée. Il écrit : « (...) Les heurts étaient violents, et ont causé la mort de quatre soldats afghans et d'un civil US, venu renforcer le commandement. Le commandement a perdu son sang-froid, et les hélicoptères de l'Otan ont été appelés pour bombarder.(...) De tels faits appellent quelques mises au point. L' Otan a obtenu de l'ONU de débarquer en Afghanistan pour répondre à al Qaîda, mais elle n'a aucun mandat pour éliminer les taliban. (..) Le bombardement est donc une représaille, et les représailles sont interdites par l'article 33 al 3 de la IV° convention de Genève (...) Le bombardement visait une maison d'habitation dans un village, c'est-à-dire que les enfants ont été tués chez eux. La thèse du bouclier humain ne tient pas, car il est interdit de viser des biens civils, surtout dans une zone d'habitation. (...) Aucune nécessité militaire ne l'imposait. Ce fait, à lui seul, qualifie le crime. » (2)

Il conclut en rappelant les articles de la Cour internationale : « Selon le statut de la Cour Pénale internationale, sont des crimes de guerre : notamment le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu'elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l'environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l'ensemble de l'avantage militaire concret et direct attendu ; (...) Cette attaque est donc un crime de guerre, et les criminels sont les commandants de l' Otan. Bien sûr, la justice ne sera pas saisie, et cette impunité est inadmissible. »(2)

Quel est le poids de ces arguments au nom du droit devant l'Empire et ses vassaux ? Le pire est cette accoutumance au crime. Dans l'opinion occidentale, que vaut la vie d'un enfant afghan ? On l'aura compris, nous sommes en présence d'un dommage collatéra l-autre mot forgé par la doxa impériale-, les enfants étaient au mauvais endroit et au mauvais moment, Cette litanie constitue le bréviaire pour couvrir leurs actes criminels. Cela nous rappelle aussi les éliminations d'enfants à partir de drones- par erreur nous dit-on. » Un soldat du fin fond d'une salle climatisée appuie sur un bouton, amène le malheur dans une famille en fauchant un printemps et rentre chez lui s'occuper de ses enfants comme un bon père de famille.

 

Le conflit afghan

C'est l'un des tragiques conflits qui a duré et qui dure depuis que Bush a décidé, fin 2001, de s'en prendre à Bin Laden dans les montagnes de Bora Bora. Le conflit muta ensuite pour devenir celui de virer les taliban au pouvoir. Ces mêmes taliban qui étaient en grâce au point d'avoir un bureau de représentation à New York pour recruter des combattants de Dieu. Bin Laden mort, les Américains sont toujours là pour mettre en coupe réglée ce pays qui regorge de matières premières et de pétrole.

Selon un rapport de l'ONU publié le 9 mars 2011, l'année 2010 aura été la plus meurtrière pour les civils afghans dans le conflit qui oppose depuis neuf ans les forces internationales et nationales et les taliban. Avec 2777 civils tués, le nombre de morts dans les affrontements a fait un bond de 15% l'année dernière par rapport à 2009, selon un rapport de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan (Manua). Deux attentats suicides ont eu lieu ce samedi 6 avril 2013 en Afghanistan, en pleine visite du nouveau secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, arrivé la veille. Une explosion revendiquée par les taliban s'est produite à Kaboul, tuant neuf civils. Un deuxième attentat a été perpétré dans l'est du pays. Au moins huit enfants ont été tués. A Kaboul, les taliban ont prouvé que, malgré le renforcement du dispositif de sécurité lié à la venue d'un officiel américain, leurs attaques pouvaient toujours atteindre leur cible. (...) La rébellion menée par les taliban n'a toujours pas été matée malgré onze années de présence internationale et plus de 130.000 soldats étrangers sur le terrain. Dans l'est de l'Afghanistan, une deuxième attaque a tué huit enfants ainsi qu'un policier. »(3)

La « coalition » commence à s'effilocher ; des sons de cloche différents se font entendre : « Le retrait anticipé entre dans la logique de l'illogisme qui a poussé à l'entrée en guerre contre l'Afghanistan. Les Américains, pour leurs intérêts exclusivement, impliquent toujours leurs alliés dans l'absurde. Un ex-conseiller militaire de François Mitterrand, Jean Fleury, avait expliqué que les Français ne combattaient plus et qu'il y avait encore des solutions, mais les Américains avaient anéanti toute solution de paix : « Ils ont uriné sur les cadavres des taliban, ils ont brûlé des Coran et ils se sont rapprochés de l'Inde à la grande colère des talibans. » (4)

Pour Manlio Dinucci, malgré leurs déclarations de départ fin 2014, les Américains ne sont pas prêts de partir, ils s'installent confortablement : « L'aviation a effectué en 2010 plus de 30.000 opérations d'« appui aérien rapproché » et, au second semestre, le nombre des attaques avec bombes et missiles a doublé à environ 1.000 par mois. On a aussi intensifié l'usage des avions sans équipages, en particulier les MQ-9 Reaper armés de missiles et de bombes à direction laser, contrôlés par un pilote et un technicien de senseurs installés à une console à 12.000 km de distance, au Nevada. Le parachutage de matériel de guerre pour les troupes a quasiment redoublé, atteignant environ les 250.000 quintaux annuels. (...) On continue à potentialiser la base aérienne de Bagram : avec un personnel de plus de 30.000 militaires. Il en va de même dans la base aérienne de Kandahar. »(5)

 

Quelques prouesses de l'Otan (Isaf) en Afghanistan

Il nous est impossible de lister tous les « dommages collatéraux » de ce terrible drame que subissent les Afghans. Nous allons citer chronologiquement quelques faits Souvenons- nous du bombardement d'Azizabad » effectué par les forces armées des États-Unis contre des taliban, qui a eu lieu le vendredi 22 août 2008 sur le village d'Azizabad situé dans la province d'Hérât, en Afghanistan. Un commandant taliban était la cible de cette opération qui a été réalisée par un Lockheed AC-130. Il a été estimé qu'entre 7 et 90 civils ont été tués pendant l'attaque, provoquant de nombreuses réactions internationales. »(6)

Dans le même ordre, le bombardement de Baba Buluk a fait 90 morts civils dont 60 enfants selon les Nations unies. « Le massacre de Bala Buluk est un massacre effectué par les forces de l'Isaf ; il a eu lieu le lundi 4 mai 2009 dans le district de Bala Buluk, Des insurgés talibans étaient la cible de cette opération. Plus de 100 personnes, insurgés ou civils incluant femmes et enfants, auraient été tuées dans cette attaque, ce qui en ferait le bombardement le plus meurtrier pour les civils depuis le début de l'intervention internationale en 2001. » (7)

Par la suite, le record de l'horreur a été dépassé. Le bombardement de Kunduz a eu lieu le 4 septembre 2009 effectué par un F-15E américain à la demande de la Bundeswehr allemande, il visait deux camions d'essence pris par des taliban et a fait 142 morts, dont plus de 100 civils. Les familles des victimes racontent : « Aux premières lueurs de l'aube, vendredi dernier, dans le district de Chardarah de la province de Kunduz dans le nord de l'Afghanistan, les villageois s'étaient rassemblés autour des carcasses de deux camions citernes qui avaient été bombardés par l'Otan. Ils se sont frayés un chemin à travers prés de cent cadavres calcinés et de membres enchevêtrés mélangés aux cendres, à la boue et au plastic fondu des jerrycans, à la recherche d'un parent, d'un frère ou d'un cousin. (...) A l'heure qu'il était, il n'y avait plus de survivants. (...) Les parents en deuil ont commencé à se quereller et à se disputer les restes de ceux qui, quelques heures auparavant, cherchaient du carburant dans les carcasses des camions citernes.(...) « Nous n'avons reconnu aucun corps lorsque nous sommes arrivés, » a dit Omar Khan, le chef enturbanné du village d'Eissa Khail ». (8)

« C'est comme si une bombe chimique avait explosé, tout était brûlé » « Ils étaient comme des troncs d'arbres calcinés, comme du charbon. (...). Alors les anciens du village sont intervenus. Ils ont ramassé tous les corps qu'ils ont pu et ils ont demandé aux gens de leur indiquer combien de proches ils avaient perdus. Une queue s'est formée. Un par un, les personnes endeuillées ont donné les noms des frères, cousins, fils et neveux disparus, et chacun a reçu en retour son quota de cadavres. Leurs identités n'avaient pas d'importance, de toute façon ils étaient entremêlés au-delà de toute reconnaissance. La seule chose qui importait était d'avoir un corps à enterrer et de pouvoir prononcer les prières. « Un autre disait qu'il avait perdu cinq membres de sa famille, alors on lui donnait cinq corps qu'il pouvait ramener et enterrer. Puis lorsqu'il n'y avait plus de corps, nous avons commencé à distribuer des membres, des jambes, des bras, des troncs. » A la fin, il ne restait que cinq familles qui sont reparties (...) Jan Mohammad, un vieillard avec une barbe blanche et des yeux verts, dit avec colère : « J'ai couru, j'ai couru pour retrouver mon fils parce que personne ne voulait m'emmener. Je n'arrivais pas à le trouver. » (8)

Dans le même ordre du livre noir de l'horreur, l'hebdomadaire Der Spiegel a publié des clichés de dépouilles à côté desquelles des soldats américains posent fièrement : « L'armée américaine s'est excusée officiellement (...) Ces clichés « nous répugnent en tant qu'êtres humains et sont contraires aux principes et aux valeurs de l'armée des Etats-Unis », affirme l'armée dans un communiqué. Der Spiegel affirme que le Pentagone a tout fait pour éviter la publication des photos. Le magazine allemand précise en outre avoir enquêté pendant cinq mois sur l'affaire des tortures en Afghanistan « Nous n'en publions qu'une infime partie, trois sur quelque 4 000 photos et vidéos, juste ce qui est indispensable pour raconter l'histoire d'une guerre qui a commencé avec les meilleures intentions, qui devait chasser les terroristes d'al Qaîda d'Afghanistan, qui était autorisée par un mandat de l'ONU, mais qui est depuis longtemps devenue une autre guerre », écrit Der Spiegel.(9)

Theophraste R. du Grand Soir ; nous parle d'une de ces bavures : « 4 mars 2011. Une frappe aérienne de l'Otan (lire : USA) a tué 9 enfants sans armes qui ramassaient du bois, près de leur village, en Afghanistan, à environ 12.000 km des USA. Moins de dix jours plus tôt, une attaque similaire avait tué 65 civils dans le même coin. Les génies du Pentagone ont élaboré des plans complexes (...) Dans Le Grand Soir, un auteur féru d'humour noir (qu'il se dénonce !) a écrit naguère qu'il faudrait que les Afghans évitent de se marier le jour de leur enterrement. Ce qui suppose qu'ils attendent au moins leur puberté avant d'éparpiller leurs entrailles dans la poussière. Certains s'étonnent de la sauvagerie avec laquelle les USA installent et défendent la démocratie en Afghanistan. Pour comprendre, il suffit de remplacer démocratie'' par pipeline'' et de regarder une carte sur l'acheminement du pétrole. » (10).

 

Ou va ce monde qui permet ces horreurs et que vaut la vie des damnés de la Terre face à celle de ceux qui se croient investis d'une mission divine, voire d'une « destinée manifeste » ? Qu'est ce que la démocratie pour ce vieillard qui a enterré un morceau de chair à la palce du fils tant aimé ?

Saint Paul parlant de ces taghouts (tyrans) disait : « Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains [...] insensibles [...] aimant le plaisir plus que Dieu. »(11) 

C'est peut-être cela la fin des temps que, les spiritualités et notamment religions révélées n'ont cessé d'annoncer. La fin des temps ne sera pas brutale, c'est un long délitement des valeurs et de ce qui fait la dignité et la valeur d'une vie quelle que soit sa latitude. 


1. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/ 20130407.OBS7064/afghanistan-l-otan-aurait-tue-10-enfants-dans-un-bombardement.html

2. Gilles Devers http://www.alterinfo.net/ Nouveau-crime-de-l-OTAN-en-Afghanistan-Dix-enfants-tues_a88886.htmlLundi 8 Avril 2013

3.Afghanistan : deux attentats font 18 morts, dont huit enfants Le Parisien.fr AFP 09.03.2013

4. http://www.legrandsoir.info/la-guerre-en-afghanistan-un-retrait-pressant-ineluctable.html

5. M. Dinucci http://www.mondialisation.ca/ index.php ?context=va&aid=22649 5 janvier 2011

6.http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_ d%27Azizabad

7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_de_ Bala_Buluk

8. Ghaith A. http://www.guardian.co.uk/ world/2009/sep/11/afghanistan-airstrike-victims-stories

9. Audrey Pelé : L'US Army s'excuse pour des photos de victimes afghanes. Le Figaro. 22 3 2011

10.http://www.legrandsoir.info/+Sur-la-mort-de-neuf-enfants+.html

11.Saint Paul : Les signes de la fin des temps : 2 Timothée 3:1-5.

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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16 réactions à cet article    


  • njama njama 13 avril 2013 14:32

    A rapprocher d’un précédent article de chems eddine Chitour lundi 1er septembre 2008 sur Agoravox :

    Afghanistan : la mort d’enfants au nom des « valeurs » de l’Occident
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/afghanistan-la-mort-d-enfants-au-43874


    • njama njama 13 avril 2013 14:59

      Apparemment le nombre d’enfants morts d’un côté ou d’un autre n’a pas la même importance suivant le côté d’où on le regarde !

      Pour illustrer, hier, concernant la Syrie, l’AFP annonce (a encore frappé pour frapper les esprits) : « entre 10.000 et 15.000 enfants tués », à quelques variantes près selon les journaux, « plus de 10.000 » ou « presque 15.000 »

      Info reprise dans les quelques heures qui suivent par Notre Temps / 20 minutes.ch / LaPresse.ca / Algérie presse service / L’Orient-Le Jour / L’essentiel / RJB L’Hebdo / Le Nouvel Observateur / Romandie.com / ...

      Or ces chiffres, dont personne ne donne les sources hormis « AFP », ne peuvent correspondre à à la réalité :

      D’après Syrian Revolution Martyr Database, un site de l’opposition qu’on ne peut suspecter d’être pro-régime, et également référence de l’OSDH :
      5653 Children Martyrs up to 31/3/2013 (3919 male, 1734 female) Children are those 16 years old or less.

      http://syrianshuhada.com/default.asp?lang=en&a=st&st=13

      et 60640 Martyrs up to 31/3/2013 (52.240 civilian / 8.400 military). Depuis début mars, la Presse publie «  plus de 70.000 morts », un sous-marin anonyme du Gouvernement s’est même hasardé récemment à parler de « plus de 100.000 morts » .

      Donc de 9 % d’enfants hélas victimes de cette guerre (qui n’est ni une guerre civile, ni une révolution), les médias en font entre 16 et 25 % des victimes !

      Les chiffres donnés par l’AFP concernant les enfants, falsifiés ou fallacieux, probablement pour « sensibiliser » l’opinion en jouant sur les émotions, pour soutenir la juste cause du soutien à la rébellion syrienne, et peut-être justifier un interventionnisme, ou perpétuer l’ennemi, un régime horriblement répressif d’un dictateur virtuel, en faignant d’ignorer que les rebelles aussi bombardent et utilisent des mortiers et de l’armement lourd - armements reçus de Croatie -, ont donc été multipliés sciemment (ou inconsciemment ?) par 2 et presque 3.
      Le terrorisme des « médias » ?

      Minimiser les victimes des bombardements occidentaux Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, ... ... , et maximiser celles toutes supposées commises par les « rogue states  » (états voyous). 

      Où est l’honnêteté intellectuelle, la déontologie du journalisme, l’honnêteté tout court !

      Il y a un autre facteur « très nébuleux » dans la mécanique des « médias » qui intervient,, il est difficile de connaître les donneurs d’ordre au niveau des rédactions, les sources, et les ressorts dans cette propagande belliqueuse.

      • joelim joelim 13 avril 2013 16:34

        Tout cela montre encore une fois que l’humanité de ces gens est factice. Quand ils disent :


        « L’utilisation d’armes chimiques serait un crime terrifiant. Ceux qui [l’]ont ordonné et ceux qui ont participé à leur utilisation devront rendre des comptes. »

        (porte parole des affaires étrangères britanniques, rapporté par l’im-Monde),
        Il est évident qu’ils ne sont pas du tout terrifiés par ce genre de chose. Le Monde non plus. 

        Sinon ils jugeraient tout le monde à la même aulne : OTAN, Israël et son opération au phosphore blanc, etc. Et là il ne s’agit pas de suppositions comme en Syrie mais de faits.

        Verrait-on des malfrats publier dans la presse leur indignation devant de supposées malversations ? Ce serait infiniment moins choquant. Le ripoux Cahuzac ne leur arrive pas à la cheville...

        • njama njama 14 avril 2013 13:23

          L’utilisation d’armes chimiques ...

          Après le BIG mensonge de la fiole d’anthrax de Colin Powell agitée à l’ONU pour envahir l’Irak , une fiole de terre syrienne pour attaquer la Syrie ?

          Dans cette propagande de guerre, le sujet est devenu un marronnier de la presse depuis des mois. Hier, toujours sur une info AFP, Le Monde.fr titrait : « Londres détiendrait la preuve de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », et Libération.fr de façon plus péremptoire affirme : « Syrie : Londres a la preuve de l’utilisation d’armes chimiques »

          L’un et l’autre article rapportent que la preuve viendrait d’un « échantillon de terre prélevé dans une zone proche de Damas et sorti clandestinement du pays vers le Royaume-Uni. »

          Pourquoi un échantillon sorti clandestinement, alors même que le Gouvernement syrien avait très officiellement sollicité une enquête officielle, alors même qu’une mission scientifique pouvait se rendre sur place ?

          NEW YORK (Nations unies) - Le gouvernement syrien a demandé mercredi aux Nations unies d’enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques par l’opposition armée près d’Alep, dans le nord du pays, a annoncé l’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar Jaafari.
          AFP / 20 mars 2013 18h01)
          http://www.romandie.com/news/n/_Armes_chimiques_en_Syrie_Damas_demande_a_l_ ONU_d_enqueter96200320131804.asp

          Une vidéo où l’on voit des rebelles barbus (les amis de l’opposition) ayant menacé de recourir à l’arme chimique. Une vidéo parmi d’autres ...

          West Turns a Blind Eye that Their Terrorists in Syria Used WMDs, Against all Evidence
           Publiée le 20 mars 2013
          This heinous war crime by western supported terrorists in Syria cannot be denied. Western media is still « unsure » who gassed the civilians in Khan el Asal Aleppo on March 19th 2013. The Russian government has confirmed that is was terrorists and not the Syrian government that used chemical warfare in Khan el Asal.

          http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BLAMVtLq2V0

          25 martyrs civils par la chute d’une roquette contenant des matières chimiques sur Khan Al-Assal
          https://www.youtube.com/watch?v=pmsBt-5V7k0

          Menaces que les rebelles avaient annoncée, et qu’ils ont mis à exécution, lorsque l’armée syrienne à repris Khan Al-Assal

          Armes chimiques, une nouvelle croisade anti-Bachar
          par Cécilia, le 3 avril 2013
          Khan al-Assal, une tentative désespérée de compenser les pertes rebelles

          En effet, cette ville Khan al-Assal située au sud-ouest d’Alep, néanmoins fidèle au gouvernement, venait d’être libérée par l’armée arabe syrienne après être tombée aux mains du Front al-Nusra à la fin de mois février dernier. Le Front al-Nusra visait l’académie de la police qui se trouve dans cette ville, depuis décembre dernier dans le cadre d’un programme baptisé « le début de la libération (sic) des entrées de la ville », annoncé surtout par la chaîne qatarie al-Jazeera fin décembre dernier.

          Au-delà des effets de propagande, que l’armée ait pu s’emparer d’une localité située stratégiquement en plein territoire rebelle à mi-chemin des villes d’Alep, Harem et Idleb, montre que le sanctuaire rebelle (ou « la zone libérée » chère à Hollande) est pour le moins menacé. Cela signifie clairement que les rebelles, même dans leurs zones prétendument « libérées » ne sont en sécurité nulle part, et que l’existence de ces « zones libérées » n’est que chimère, que cette menace les touche partout où ils se trouvent, et que leur recours à l’arme chimique ne peut être qu’une signature de leur impuissance tout comme leurs attentats à répétition un peu partout en Syrie. C’est cette vraie réalité du terrain que les atlantistes cherchent à dissimuler par des gesticulations à répétition.

           


        • OMAR 13 avril 2013 17:26

          Omar 33

          Bonjour Chems Ed Dine

          Excellent article dont le contenu avéré ne plaira sans doute pas à une majorité de bien-pensants en Occident..

          La barbarie ? 

          Mais ce ne peut être que l’apanage exclusif des autres, jamais eux....


          • Franckledrapeaurouge Franckledrapeaurouge 13 avril 2013 17:27

            Je n’arrivais pas à trouver mon fils, alors j’ai ramené un morceau de chair à la maison et je l’ai appelé mon fils. J’ai dit à ma femme que nous l’avions retrouvé, mais je n’ai pas autorisé ses enfants ni personne d’autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c’était mon fils.

                       Nous devons sortir de l’OTAN et faire rentrer tous nos soldats à la maison.

            • Alliance Rebelle Alliance Rebelle 13 avril 2013 18:19

              on peut dire que les crimes imperialistes continue

              les afghans vivaient tranquillement a l’epoque des années 70 , sortant d’une longue periode anglo-colonial
              meme suite a leurs positionnement strategique , l’empire decida de les « liberer » ( comme il a « liberer » les irakiens , les lybiens ... et maintenant les syriens ...
              l’empire s’allia donc avec les dicatures wahabite du golf pour envoyer des « combattants de la liberté /freedom fighers » ( comme il le font actuellement en syrie )
              de la commenca la veritable tragedie du peuple afghans qui as commis le grand crime d’occuper une terre strategique convoité 
              pour comprendre lire le livre « Brzezinski, Zbigniew - Le Grand Echiquier » https://docs.google.com/file/d/0B2_kPhcc1PYdTVJ5dURnenk0MFU/edit?pli=1 
              l’empire projette le meme destin aux syriens actuellement , puni non pas d’etre dirigé par une dictature , car la syrie est de loin plus moderne progressiste et respectueuse des liberté que les satanique pays du golf , non ce n’est pas un conflit de liberation , mais la syrie est punie parce qu’elle est dirigé par un etat rebelle a l’empire 
              l’histoire de la tragedie afghane se repete actuellement en syrie , demain en iran ... jusqu’as la domination total de l’empire sur les peuples leurs richesses et leurs ressources ... avant la grande guerre contre la chine , derniere guerre qui verra la fin de cette occident ciminelle ramené a l’age prehistorique grace a la chine qui liberera l’humanité de ce monstre ...

              • njama njama 13 avril 2013 19:13

                Dans cette guerre d’Afghanistan en 2001, (au seul motif de la présence -réelle ou supposée - de Ben Laden), il y a eu aussi toute une propagande digne de la colonisation pour faire passer les Afghans (talibans) pour des barbares arriérés. Une agression contre un monde dont ils ignoraient tout ou presque, et auquel ils ne comprenaient rien !
                Qui étaient les barbares ?

                Le combat non-violent des musulmans pashtouns contre l’empire britannique des Indes sous la conduite d’Aboul Ghaffar Khan

                Si l’histoire du combat non –violent de Gandhi contre les britanniques est connue, celle de Ghaffar Khan et des pashtouns l’est beaucoup moins. Khan montra à ses frères et sœurs musulmans qu’il était possible de suivre les enseignements pacifiques du prophète Mohammed et de renforcer et leur foi et leur combat pour la liberté par la non-violence trouvée dans les enseignements de l’islam. C’est ainsi qu’ils se libérèrent du joug colonial des anglais.
                [...]
                Ghaffar Khan va s’appuyer sur deux traditions bien implantées chez son peuple (organisé en société tribale la plus grande au monde) pour amener celui-ci à passer d’une culture de guerre à une culture de non violence. Dans la société pashtoun il y avait un puissant code moral regardant le combat. Refuser le combat était considéré comme la pire offense. Ghaffar Khan enseigna qu’il fallait combattre pour se libérer de la violence et des anglais, que là était le vrai combat et qu’on ne pouvait pas s’y soustraire. Le deuxième aspect de la tradition pashtoun qu’il utilisa ce fut la puissante foi religieuse de son peuple, prêt à se sacrifier pour Allah. Il leur enseigna que le prophète Mohammed a originellement prescrit de résoudre les conflits par des moyens pacifiques ( sabr), et leur dit que l’islam fonctionnait sur un principe simple : ne jamais faire de mal à quelqu’un ni par la langue, ni avec une arme, ni avec la main. .Ne pas mentir, ne pas voler, ne pas faire de mal c’est là le véritable islam. Ghaffar Khan a basé sa philosophie et les motivations de son « armée » des serviteurs de Dieu sur ces passages du Coran qui prône l’utilisation de ces moyens pacifiques, ainsi que la patience, l’endurance, la compassion, le pardon à ses ennemis, approches coraniques jusqu’alors inconnue des pashtouns. Ainsi pour faire partie des serviteurs de Dieu, chaque pashtoun devait signer un engagement d’utiliser des moyens non-violents pour régler ses affaires. Les pashtouns prêtaient serment de servir Allah, l’humanité, et tous les êtres vivants par des moyens non-violents. Ceci paraissait un défi incroyable sur cette terre et chez ce peuple marqués par des siècles de combats féroces. Pourtant Ghaffar Khan réussit à convaincre de nombreux pashtouns. Ces réformateurs ouvrirent des écoles, développèrent le système sanitaire des villages, enseignèrent aux enfants dans le cadre d’un mouvement de jeunesse et Ghaffar Khan publia un bulletin sur la loi islamique et les réformes sociales. Tout ce qu’ils entreprirent rencontra de la part des autorités coloniales britanniques une violente répression : le bulletin fut interdit, les écoles détruites, les réformateurs emprisonnés. Mais les serviteurs de Dieu avaient pris l’engagement de se battre pour leur liberté avec pour seule arme leurs vies.
                [...]

                Gandhi et Khan (appelé aussi le Gandhi des frontières) se rencontrèrent, une alliance se créa entre les serviteurs de Dieu pashtouns et le Congres National Indou qui oeuvrèrent ensemble à la réalisation de leur objectif commun : se libérer du joug de l’empire britannique, pour l’indépendance de l’Inde. Tous deux enseignèrent et pratiquèrent la non-violence en s’appuyant sur leur religion respective, y puisèrent leur force, chacun par son charisme et son exemple faisant des émules parmi les siens jusqu’à la libération effective
                http://www.planetenonviolence.org/Le-combat-non-violent-des-musulmans-pashtouns-contre-l-empire-britannique-des-Indes-sous-la-conduite-d-Aboul-Ghaffar_a78.html
                 

                Abdul Ghaffar Khan connu comme « Badshah Khan », parfois écrit « Bacha Khan », (le roi des chefs), et le « Gandhi de la frontière », et fut décoré en 1987 par l’Inde du Bhârat Ratna (expression qui signifie Joyau de l’Inde) qui est la décoration civile la plus prestigieuse de l’Inde, récompensant aussi bien une réussite exemplaire dans les domaines artistique, littéraire ou scientifique.


                • chmoll chmoll 14 avril 2013 07:47

                  y a un temps on appelait ça des criminels de guerres


                  • Dzan 14 avril 2013 09:09

                    Pierre Clostermann, 1er Chasseur ( aviateur) de France, Compagnon de la Libération a écrit « Qu’un enfant de 20 ans, soit tué par un poignard anachronique, ou par un obus moderne de 20mm, c’est toujours un enfant mort, et c’est toujours un crime »
                    CF « Appui feu sur l’Oued Hallail »


                    • HELIOS HELIOS 14 avril 2013 19:10

                      ... nous ne savons plus faire la guerre !

                      La guerre, avec ou sans declaration, ce n’est pas une jeu d’enfant, en protegeanrt les uns et les autres. Il y a les combats physiques et les combats par communication interposée.

                      savoir faire la guerre, ce serait vraiment se mettre en condition de la gagner. Aucun americain ne souhaite le faire car tous, peu ou prou ont un interet a ce que cela perdure.
                      Et l’OTAN, ou les forces armees locales, ne font pas leur boulot, et se contente d’une presence malsaine faite de tolerance et d’intolerance arbitraire, avec une violence que le decalage des forces rend insupportable pour tous, acteurs comme spectateurs.

                      La guerre est horrible, cruelle, mortelle, il faut le savoir.

                      L’Afghanistan, c’est comme les paradis fiscaux, ce n’est pas demain que la victoire va arriver. en attendant, les peuples souffrent, tous !


                      • papijef papijef 15 avril 2013 07:28

                        Merci d’avoir rappelé ces crimes à la conscience collective.


                        • Larez 15 avril 2013 10:42

                          Je ne saurais trop conseiller à tous la lecture de « La dévastation » d’Ahmad Ashraf, chirurgien franco-afghan, sur l’état actuel de son pays.

                          Un livre qui marque profondément sur les ravages de l’OTAN. Atroce.


                          • morice morice 15 avril 2013 16:25

                            ils avaient déjà fait la même chose en Irak : voilà ce que j’avais écrit ici en 2008




                            les troupes d’escadrons de la mort avaient tué en Amérique Centrale et du Sud des civils en masse, on découvre aujourd’hui les charniers.

                            J’ai DIX textes de bloqués ici qui abordent ce sujet et les RESPONSABILITES : qui se permet de BLOQUER cette information et pourquoi, voilà bien le problème !!! 

                            pourquoi l’extrême droite bloque mes parutions, sinon parce qu’elle est responsable de ces agissements au sein de l’armée US, ils le savent bien !!!

                            • Icarus 15 avril 2013 18:53

                              Diantre, même dans l’Armée américaine on veut vous bloquer, Morice ? Méfiez vous, s’ils vous trouvent, ils sont capables de vous enfermer à Guantanamo !


                            • Dzan 16 avril 2013 09:19

                              Toutes les guerres à travers l’histoire, ont été une boucherie, et les civils, ont payé un lourd tribut.
                              Que ce soit au fil de l’épée, quand Louis XIV lança ses dragons contre les protestants.
                              Que ce soit l’ignoble boucherie de la guerre de 14/18, menée par des généraux incapables
                              Que ce soit la suivante où chaque belligérant écrasait les civils sous des tapis de bombes.
                              Que ce soit l’arrosage au napalm au Viet Nam ( vous vous souvenez des images de la petite fille brûlee
                              Que ce soit les -encore- les razages des mechtas en Algérie
                              Que ce soit au Kosovo etc...etc...

                              La guerre est sale
                              Selon Clausevitz, la guerre, n’est que le prolongement de la politique par d’autres moyens.
                              Pauvres peuples !

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