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Accueil du site > Tribune Libre > La Loi El Khomri : du Code du travail au Code de non-droit ! Volet (...)

La Loi El Khomri : du Code du travail au Code de non-droit ! Volet N°2

 L'entreprise, quelle que soit son importance, a toujours été l'endroit privilégié de règles de travail, sources et enjeux de conflits. Car, fort du principe de propriété privée des moyens de production, le Chef d'Entreprise a toujours défendu ses pouvoirs économiques de direction, pouvoir sans partage. C'est à partir de cette position de fermeté face à la loi du "patron de droit divin" que la codification claire et précise du droit du travail, est devenue au fil des décennies nécessaire et incontournable.

DE L'IMPORTANCE ABSOLUE DU CODE DU TRAVAIL.

Le patron /chef d'entreprise possèdait un pouvoir disciplinaire de maintien de l'ordre, un "système en vase clos" dans son entreprise, par lequel les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire étaient concentrés entre les mains du patron, seul maître à bord, à décider unilatéralement des règles, de les prononcer et de les appliquer. Et se reconnaissait-il le droit d'un pouvoir discrétionnaire et légitimé par sa position hiérarchique et sociale : faire justice lui-même sans les recours juridictionnels effectifs. Car le juge ne pouvait se substituer à l'employeur pour l'appréciation d'une faute, du renvoi de l'ouvrier ou de l'employé, des sanctions etc... ni de mesurer la gravité de la faute, s'il y avait faute, ni d'en examiner les conditions des faits incriminés. Cependant les législateurs, conscients du vide juridique en la matière, vont tempérer ce pouvoir unilatéral et vont, par exemple, supprimer les amendes, en les déclarant illégales. Un premier pas effectivement, bien qu'encore timide.

POURQUOI SYMBOLIQUEMENT, MATERIELLEMENT, JURIDIQUEMENT, LE CODE DU TRAVAIL EST-IL ESSENTIEL ?

Historiquement, avec la naissance de l'Etat moderne, centralisateur, né de la Révolution Française, des avancées importantes vont être observées sur le principe de la création des normes juridiques des Codes, un ensemble de normes d'applications générales, et dans le cadre de la loi, et les limites de l'Etat. Le Code deviendra la référence légale.

Depuis les Babyloniens et le Code d'Hammourabi, roi de Babylone, (1728-1686 avant JC), ensuite avec le Codex des Romains (les deux leges), le Code de Justinien, ou Compilation de Justinien (529 avant JC), ces codes représenteront les éléments centraux des sources juridiques ordonnées par les rois et les empereurs. Par exemple, les décisions des jurisconsultes romains seront réunis dans le Digeste.

Sous l'Ancien Régime, en France, l'organisation juridique de l'Ancien Régime sera étroitement liée aux structures politiques et sociales, mais se caractériseront par une "grande confusion". C'est la raison pour laquelle, les juristes consacreront leur temps à tenter de réunir les innombrables et très complexes textes touchant à tous les domaines tels que fiscal, domanial, douanier, etc... Des hommes au XVIIIe siècle comme de Portalis, avocat aixois rédigera le premier code civil, dont s'inspirera largement Napoléon 1er.

C'est ainsi qu'ils se donneront pour mission de redéfinir le rôle exact du Code, dans son originalité et sa place centrale dans la Société.

Le Consultat et le Premier Empire continueront de fixer les dispositions juridiques issues de la période révolutionnaire sous l'impulsion de Napoléon Bonaparte.

5 codes verront le jour  :

Code Civil (1804) - Code de Procédure Civile (1807) - Code d'instruction criminelle (1808) - Code Pénal (1810) - Code Forestier - (1827) - Code Rural (1898). Le Code du travail, lui, une simple ébauche.

Ce sera en 1910 seulement, sous la troisième république, que les juristes s'attelleront enfin, à étoffer et finaliser le Code du Travail, lui donner sa substance et en faire la référence absolue et légale de l'application des lois du travail.

La liberté et l'égalité des deux parties patron-ouvrier ne seront que de principe. Mais l'évolution du droit du travail entourera de garanties légales et conventionnelles qui protégeront le salarié.

Le contrat de travail qui lie les deux parties employeur/salarié en sera profondément modifié dans son essence, car il soumettra aux règles légales issues des conventions collectives applicables, comme par exemple la durée du travail et limitera considérablement la liberté de l'employeur d'imposer sa volonté, à charge évidemment des juristes d'appliquer la loi en cas de conflit employeur/employé.

Mais le contrat particulier qui lie l'employeur à l'employé et vice versa reste fondamentalement inégalitaire car le salarié sera toujours dans un état d'infériorité et de vulnérabilité économique évident par rapport à l'employeur. De par sa forme, le contrat stipule la subordination juridique de l'employé par rapport à l'employeur puisque soumis aux réglementations intérieures de l'Entreprise et aux systèmes de sanctions (licenciements), etc...

La liberté de rupture du contrat restera le principe unique jusqu'à ce que les juristes tempèreront par le code du travail, les règles de préavis et d'indemnisation.

Le droit disciplinaire interne à l'Entreprise reste l'arme absolue dont dispose l'Employeur et dont les conséquences pour les salariés sont extrêmement dommageables. C'est contre ces aspects individuels du droit que vont se développer :

-Le droit de grève, le droit syndical, le droit de conventions collectives, le droit de représentation des salariés dans l'entreprise, la participation aux profits et décisions dans certains secteurs.

La médecine du travail, les comités d'hygiène et de sécurité, la création de syndicats internes destinés à être la défense de intérêts des salariés ; quelques progrès notables rendus obligatoires par la lutte pugnace des travailleurs épaulés par les juristes et des parlementaires progressistes, et l'action syndicale.

LE CODE DU TRAVAIL MENACE :

Avec l'évolution profonde des mentalités, la conception même du droit du travail, se trouve incompatible avec la "souveraineté de l'employeur" que ce droit a remis en cause mais qui provoque depuis des années, la pression du MEDEF, en France, sous l'égide de l'UE, pour démanteler le Code du Travail et le vider de sa substance.

C'est un travail de sape, sournois, thermitier, répété, intrusif, revenu sans cesse sur l'objet, jusqu'à ce que le gouvernement socialiste et avant lui de droite, acquis non pas aux forces de progrès mais aux forces réactionnaires les plus rétrogrades, cède devant un patronnat européen et mondial tout puissant, des plus totalitaires, les égaux des patrons de droit divin de l'ancien régime et du XIXe siècle, que j'évoquais plus haut.

D'autant plus difficile à ne pas contenter de la part du gouvernement soumis au MEDEF, que ce patronnat tout puissant désormais, a élargi à l'excès ses champs d'investigation, médias compris, ses pouvoirs exorbitants, son emprise totale, nationale et internationale sur les pays et les nations ; phénomène peu glorieux de reconquista de l'espace juridique et légaliste, comme le code du Travail, et ses corollaires : inspection du travail, Prudhommes, médecine du travail, neutralisation des syndicats, etc... Afin de reléguer le Code du travail au chapitre des antiquités, à l'image d'une société sans règles, porte ouverte à un nouvel esclavage des travailleurs, l'Eldorado rêvé des Négriers.


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77 réactions à cet article    


  • Etbendidon 28 mars 11:05

    Bon j’ai attendu de lire le volet 2 pour donner mon opinion

    Saluons l’exploit de réduire à deux petits articles (pas trop longs merci l’auteure) toute l’histoire du travail et des rapports caricaturaux   : Salauds de patrons exploiteurs – Pauvres ouvriers exploités

     smiley

    L’auteure a oublié de parler de l’époque du plein emploi, celle des 30 glorieuses, une période où l’on pouvait quitter un patron à 11h00 et en retrouver un autre à 14h00 !

    C’était la LIBERTE !

    A cette époque on en se souciait pas du code du travail, et on mettait les entreprises en concurrence, celle qui payait le plus et offrait le plus d’avantages.

     

    Cette époque est révolue smiley

    Deux causes non abordées par l’auteur munie d’œillères

    1)  L’immigration massive

    2)  La surpopulation

     

    Conséquence : trop de demande, pas assez d’offre, le travail est devenu un privilège, code ou pas surtout avec la mondialisation


    • foufouille foufouille 28 mars 11:44

      @Etbendidon
      et tu oublies les délocalisations et l’automatisation en bon larbin


    • CN46400 CN46400 29 mars 09:16

      @Etbendidon


      « L’auteure a oublié de parler de l’époque du plein emploi, celle des 30 glorieuses, »

       Ouais, mais, c’était aussi l’époque des besoins maxi en tous genre (logement, voiture, electroménager..etc) favorisé par les lois « CNR ». A cette époque, un ouvrier pouvait demander « son compte » le vendredi et être réembauché ailleurs le lundi, avec un meilleur salaire... Imagnez la tête de Spartacus si on en était encore là aujourd’hui ?

      Et la bourgeoisie, pour booster ses profits, utilisait l’état plutôt pour obtenir des tarifs de faveur (électricité EdF sous le prix de revient pour Pechiney et consort, idem fret SNCF) que pour privatiser à la petite semaine. Citroën quittait le quai de Javel pour Aulnay, 30 000 ouvriers à Billancourt, 40 000 à Sochaux, une autre époque quoi...

      En fait, la source des gros profits s’est déplacée ailleurs et le capital le plus puissant a suivi. En économie, comme partout, les meilleures choses ne durent qu’un moment. En Occident, le capitalisme, faute de profits suffisants, n’apportera plus rien de sérieux dans les conditions d’existence des prolos (immense majorité), il est temps d’envisager une organisation raisonnée (socialisme...) de la société pour dépasser consciemment l’empirisme, borné par le profit maxi, du capitalisme. 

    • tonimarus45 28 mars 11:41

      bonjour— merci a l’auteur pour cet article qui remet les choses a leurs places


      • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 28 mars 21:15

        @tonimarus45

        Bonsoir, ça remet les choses à leur place et cela a provoqué chez certains, quelques petites réactions urticantes très réjouissantes d’ailleurs. Rendez-vous sur le volet n° 3 de l’article, toujours à la modération. Merci.


      • lsga lsga 28 mars 12:17

        « C’est à partir de cette position de fermeté face à la loi du »patron de droit divin« que »

        1. La propriété privée 2. Le salariat

        DOIVENT ÊTRE ABOLIS.

        Quel plaie ces gauchistes reformistes qui veulent rendre le Capitalisme plus vivable et qui se prétendent communistes.

        Il y a quelques siècles, Nicole ne se serait pas battue pour l’abolition de l’esclavage (elle aurait jugé cet objectif impossible). Elle se serait battue pour défendre le CODE NOIR, censé défendre les esclaves des abus de leurs propriétaires....


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 mars 08:35

          @lsga
          Être de gauche, c’est d’abord défendre les acquis.


        • CN46400 CN46400 29 mars 09:26

          @lsga


          « CODE NOIR, censé défendre les esclaves des abus de leurs propriétaires.... »

          Attention à la vérité, le code noir organise la soumission 24/24 et 365/365 de l’esclave par rapport à son maître, rien à voir avec l’actuel code du travail....

        • Robert GIL Robert GIL 30 mars 11:26

          @Fifi Brind_acier
          la, je suis d’accord, donc tous dans la rue demain pour lutter ensemble contre ce gouvernement et le Medef ... et donc l’europe qui est leur chose !


        • Vlad Vlad 28 mars 12:25

          J’avais déjà dans un commentaire sur le premier billet de ce diptyque émis des réserves sur cette perspective historique dont la brièveté et les erreurs avait une chance réduite de nous éclairer sauf à considérer comme établie une régularité dans les rapports humains à travers les siècles et même les millénaires entre possédants et, je ne trouve pas le mot, mais possédés devrait s’en rapprocher assez bien (esclaves, serfs, ouvriers, salariés, peu importe puisque sur tous le joug impitoyable du patron pèse quelle que soit l’époque).


          Cette seconde partie n’échappe pas à une nouvelle perspective historique sur les codes dont aucun n’est en lien avec celui du travail qui apparait en 1910. Cela dit existaient quand même des lois qui régulaient l’activité travail, les avancées sociales de l’époque (travail des enfants, travail de femmes...) certes bien chétives comparées à nos glorieuses 35 heures que certains voudraient voir passer à 32 tellement c’est encore dur et parce que, comme chacun sait, le travail est un gros gâteau qu’il suffit de partager en parts de plus en plus petites pour que tout le monde en ait. Le code du travail pourrait donc aussi devenir un livre de cuisine. Faut dire que pour trouver la bonne recette, il faut quand même du temps libre, puisque le recueil compte 7000 pages aujourd’hui, attendant fébrilement leurs petites sœurs qui arrivent par dizaines chaque année.
          Eh oui, ce serait quand même dommage de détruire une telle œuvre !

          C’est pourtant ce à quoi s’emploient ces salauds de socialistes qui sans doute dans une stratégie perverse s’aillent opportunément avec les esclavagistes du MEDEF pour que le joug du patron sur ses salariés ne soit plus tempéré par ces foutaises de temps de travail, et autres débilités. Et puis comme ça les socialistes ils pourront retrouver leur vocation perdue de défense de l’ouvrier de nouveau opprimé tandis que terra nova réajustera ses logiciels pour désigner la nouvelle clientèle électorale. L’éternel retour en quelque sorte !

          Donc résumons : le patron est un salaud depuis la nuit des temps. Il utilise son capital pour satisfaire sa perversion qui est de maltraiter ceux qu’il emploie, mais quand même en faisant gaffe de ne pas entamer ce capital et même de le faire fructifier pour aller encore plus loin dans la perversion sus-citée. Par chance révoltes, grèves, syndicats, Germinal, et la gauche avaient réussi au prix de durs combats à circonscrire les déviances patronales en enfermant le patron dans une camisole nommée « code du travail ». Et voilà donc qu’aujourd’hui cette évolution, ces progrès durement acquis vont voler en éclat. Les salauds de patrons vont prendre leur revanche, décimer (au sens exact du terme) leurs employés pour faire baisser de façon drastique mais efficace la courbe du chômage, planter quelques têtes sur des piques, notamment celles des syndicalistes qui le valent bien ... Manque juste le chant, puisque ni la Carmagnole, ni l’Internationale ne peuvent décemment convenir.

          J’aurais aimé pour discuter de cette loi qu’en soient exposées et commentées, selon la vision de l’auteure, ses principales dispositions. Cela juste pour voir si effectivement un retour vers le passé s’opère et même pire, un régime de non-droit s’établit. C’est un espoir que j’exprime que du diptyque nous passions à une trilogie pour enfin aborder le fond de cette loi.

          Je serai néanmoins s’accord sur un point juste suggéré par l’auteure que cette dernière évoque l’Europe et la mondialisation (version patronat). Je l’avais évoqué quand moi-même dans un article j’avais traité de cette loi El Khomry, mais il s’agissait plus particulièrement de son article 6, le seul m’ayant véritablement interpellé tant les autres dispositions me semblent être en parfaite cohérence avec la voie choisie par une majorité de Français et d’Européens quand il y a 24 ans ils votaient pour l’adoption du traité de Maastricht. Et c’est évidemment parmi ces derniers qu’on retrouvera beaucoup de contempteurs d’une loi qui n’est que la conséquence logiques de leurs choix antérieurs.


          • lsga lsga 28 mars 12:32

            « cette perspective historique dont la brièveté et les erreurs avait une chance réduite de nous éclairer sauf à considérer comme établie une régularité dans les rapports humains à travers les siècles et même les millénaires entre possédants et possédés »

            C’est ce que l’on appelle l’hegelianisme de gauche, la pensée idéaliste petite bourgeoise contre laquelle Marx s’est battu vigoureusement. Cette peste gangrène toujours les esprits de gauche aujourd’hui.

            La dialectique du maître et de l’esclave : Hegel. La dialectique matérialiste : Marx.


          • capobianco 28 mars 19:06

            @Vlad
            « J’avais déjà dans un commentaire sur le premier billet de ce diptyque émis des réserves sur cette perspective historique dont la brièveté et les erreurs avait une chance réduite de nous éclairer sauf à considérer comme établie une régularité dans les rapports humains à travers les siècles et même les millénaires entre possédants et, je ne trouve pas le mot, mais possédés devrait s’en rapprocher assez bien (esclaves, serfs, ouvriers, salariés, peu importe puisque sur tous le joug impitoyable du patron pèse quelle que soit l’époque). »

            Les 7000 pages seraient plus indigestes que première phrase de votre « exposé » ?


          • capobianco 28 mars 19:07

            @capobianco
            Que la première phrase.........


          • Vlad Vlad 28 mars 20:26

            @capobianco


            Si vous êtes capable de lire sans ânonner comme le font les enfants en apprentissage, c’est accessible sans pour autant s’asphyxier.

          • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 28 mars 21:09

            @Vlad

            Si c’est l’article 6 qui vous a véritablement interpellé, alors que je vous conseille vivement de faire une lecture des autres articles qui je ne le doute pas, vous interpelleront tout autant.
            Sinon, parler du code du travail de 1910, en passant par les autres codes, je pense que c’est là un travail que je me suis imposé, et si vous avez bien lu attentivement mon article, et non en diagonale comme je le pense, au vu de votre commentaire, vous devez en saisir toute l’opportunité.

            Et sachez que, il y a 24 ans, j’ai voté NON a Maastricht, comme j’ai voté NON en 2005 ! Alors je me sens d’autant plus libre de dégoiser sur l’UE’ et Maastricht et toutes les lois pourries qui en découlent.
            Et je n’ai pas fini !


          • Vlad Vlad 28 mars 21:32

            @Nicole CHEVERNEY

            C’est vrai qu’avoir voté non à Maastricht vous donne une légitimité que je partage pour critiquer les conséquences de cette intégration européenne. 
            Cela dit il me semble désormais vain, même si ça peut être un rappel utile, de critiquer une à une toutes les conséquences logiques qui en découlent. En ce sens elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises dans l’absolu puisqu’elles ne sont que les tentacules qui poussent à un même monstre et qui pousseront tant que ce montre vivra. Avec le TAFTA qui se profile, beau déni de démocratie au passage, vous allez risquer le burn-out.
            Si de mon côté j’ai insisté sur l’article 6 que j’estime contraire à la laïcité, c’est parce que c’est un article, le seul peut-être, qui ne répond pas à la logique de cette spirale ultralibérale dans laquelle on nous enferme. ça rentre plutôt dans un aveuglement typiquement français (quoique !) que je tente d’évoquer dans mon prochain article si...
            Par ailleurs dire qu’une loi est bonne ou mauvaise n’a pas grand sens, puisque tout dépend de la perspective où on se place. Il est toujours essentiel de comprendre d’où on vous parle pour saisir le message.

            Ce que je reproche essentiellement à vos articles sur ce thème précis et que j’ai bien lus, comme d’ailleurs celui qui est en attente actuellement, celui que j’appelais de mes vœux pour qu’advienne la trilogie, c’est d’avoir ignoré cette perspective, ou du moins de l’avoir à peine effleurée pour en choisir une autre, qui à mon avis, mais ce n’est que le mien, n’apporte pas grand chose à votre thèse.

          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 mars 07:48

            @Vlad
            Vous n’avez sans doute pas lu attentivement les Traités européens, puisque vous écrivez :


            « les conséquences logiques qui en découlent. En ce sens elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises dans l’absolu ».

            Dans l’absolu, je ne vois pas bien ce que cela veut dire ?
            Dans la pratique, il s’agit d’empêcher les Gouvernements de défendre l’intérêt général. Voici les articles les plus toxiques des Traités européens."

          • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 29 mars 08:00

            @Vlad

            Bonjour,

            Je crois que ce qui « n’apporte pas grand chose à votre thèse », c’est ce que vous refusez d’admettre et qui vous déplaît d’entendre.
            « Dire qu’une loi est bonne ou mauvaise n’a pas grand sens »
            Allez dire cela à un juriste spécialisé dans le droit constitutionnel, et vous verrez sa réaction !
            Et surtout ne vous inquiétez pas pour ma santé, pas de « burn out » en perspective, ni avec TAFTA, ni avec le reste !

            Bonne journée.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 mars 08:19

            @Nicole CHEVERNEY
            Merci pour cet article !


          • Vlad Vlad 29 mars 11:35

            @Fifi Brind_acier

            Dans l’absolu ça veut dire que ce qui n’est pas bon pour vous n’est pas forcément mauvais pour d’autres.

          • Vlad Vlad 29 mars 12:00

            @Nicole CHEVERNEY

            bonjour à vous

            « Je crois que ce qui « n’apporte pas grand chose à votre thèse », c’est ce que vous refusez d’admettre et qui vous déplaît d’entendre. »
            Je ne vois pas comment vous pouvez penser ça. On n’a même pas encore discuté du fond de la loi à ce stade. Moi je vous parle de la manière dont vous construisez votre argumentation qui ne me parait pas des meilleures. Que que ce soit dans le premier billet, avec cet « historique » davantage que synthétique et reposant sur des affirmations qui donneraient de l’urticaire à quelques historiens, ou que ce soit dans le second avec ces codes qui se succèdent, ne manque que celui de la route, les liens de causalité entre une évolution et le jugement de valeur que vous faites sur la loi travail n’apparaissent pas.
            Tout ça fait peut-être plaisir à ceux qui désapprouvent cette loi. Et là je suis désolé, je suis depuis très peu de temps sur AVX et je n’avais pas encore compris que le but était de faire plaisir aux autres. Si c’est effectivement ça, je me suis encore trompé.
            Mais une chose est sure, il n’y a rien que je refuse d’admettre dès lors qu’on me le prouve, et ce qu’il me déplait d’entendre ce ne sont pas les vérités mais ce qu’on veut faire passer pour telles. Mais c’est ça le débat, à mon avis, ce n’est pas « si vous n’êtes pas d’accord avec moi, c’est parce que vous refusez d’admettre... » ou, comme lu plus loin parce que « la fachosphère se déchaine ». Du Joffrin ou Edgard Louis dans le texte.

            « Dire qu’une loi est bonne ou mauvaise n’a pas grand sens » 
            Allez dire cela à un juriste spécialisé dans le droit constitutionnel, et vous verrez sa réaction ! 
            Un constitutionnaliste ne vous dira pas qu’une loi est bonne ou mauvaise, il vous dira essentiellement si elle est conforme à la constitution, ce qui ne préjuge pas des qualités de cette loi. Ou dans un autre cadre, hors que vérification de la conformité, il vous expliquera les intentions profondes de la loi, le jugement que vous vous ferez d’elle ensuite ne sera qu’un jugement de valeur, propre à vous.



          • capobianco 29 mars 12:11

            @Vlad
            Ce n’est pas « accessible », juste indigeste et prétentieux comme votre réponse. Vos enfants « ânonnent » ? 


          • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 29 mars 13:46

            @Vlad

            Bonjour,

            Cela fait bien deux ans que je suis sur Agoravox, et ce n’est pas mon premier article. Jusqu’à présent, personne ne s’est permis de critiquer comme vous le faites, tel un professeur, ma façon de construire mes textes. C’est nouveau, peut-être vous apercevrez-vous que ce que l’on appelle le « journalisme citoyen » procède également d’une certaine spontanéité. Que le fond prime la forme, l’esprit avant la lettre.

            D’autre part, j’ai passé l’âge et depuis bien longtemps de me faire dicter la marche à suivre en ce qui concerne l’écriture en général et la construction de mes textes à fortiori, puisque après une longue carrière de quarante années, je me suis reconvertie dans l’écriture. Ce n’est pas un exploit, c’est juste une envie que j’ai satisfaite par passion de l’histoire et de la littérature« mondiale », et particulièrement russe, chinoise, sud-américaine et autres continents à commencer par les merveilleux auteurs africains. Et sans oublier les Etats-Uniens qui sont excellents, lorsqu’ils dépassent le niveau basique officiel.

            Les constitutionnalistes : alors là vous jouez sur les mots. Une loi qui n’est pas conforme à la constitution, restera toujours une « mauvaise » loi ! Une loi conforme à la constitution sera toujours une « bonne loi ». Et le drame du conseil constitutionnel c’est qu’il est devenu l’aire de jeu des petits copains avec l’arrivée notamment du dernier larron.
            Cela étant, je trouve que parmi les détracteurs de mes trois articles, vous restez celui qui fait preuve de courtoisie et en ce, je vous suis reconnaissante. Agoravox est une plate-forme d’expression libre et unique en son genre.

            Je n’ai aucun doute en ce qui vous concerne de continuer à l’animer dans un esprit démocratique, ouvert, participatif. C’est ce qu’il manque à certains qui se complaisent dans l’insulte gratuite, comme hier où j’ai dû essuyer insultes et attaques ad hominem que j’ai fait supprimer du fil, comme vous l’imaginez.

            Cordialement.


          • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 29 mars 14:32

            @Fifi Brind_acier

            Bonjour Fifi,

            Et merci pour votre appréciation de cette mise au point de la loi. Et encore une fois de vos éclairages pertinents sur l’UE.

            Cordialement.


          • gogoRat gogoRat 28 mars 12:54

             Le bug, dans la ’logique’ rhétorique qui nous embrouille et dévoie le sens du consensus réel initial sur les mots, (« égalité en dignité » , « démocratie ») réside dans la dimension temporelle.
             Le job de la Révolution française n’est pas fini. Nous avons certes aboli (en principe) le caractère héréditaire de l’inégalité en dignité qu’évoquent les castes de noblesse, clergé et tiers-état.
             Mais, à l’échelle de chaque vie citoyenne, nous n’avons fait que remplacer les titres héréditaires de noblesse par des titres et statuts sociaux, certes non héréditaires, mais toujours autant basés sur le crédo ’aristocratique’ (au sens étymologique de récompense-pouvoir pour les ’meilleurs’ !
             Ce qui permet aussi de déguiser et masquer cette non-égalité-en dignité en vient du fait qu’elle n’est plus organisée en ’sauts quantiques’ naturellement et facilement repérables, mais par une échelles continue de différence de revenus quantifiée au centime près !

             Certes, dans le temps d’une vie, vous pourrez considérer que vous auriez le ’choix’ ou la possibilité d’une ’chance’ pour vous orienter vers tel ou tel type de carrière ou de position sociale.
             Mais dans le temps d’une journée de labeur ; pouvez-vous dire que celui ou celle qui est officiellement tenu à une position de subordination (avec la complicité active des Institutions françaises) est en état d’égalité en dignité avec l’autorité à laquelle il est soumis ?
             
             
             Décider d’appuyer une autorité privée, revient à lui conférer un pouvoir non démocratique.
             L’argument du mérite, ou de la compétence, voire l’argument utilitariste corrélé à une idéologie économique, peut certes entrer valablement en compte dans un débat démocratique, mais, force est de reconnaître que ce genre d’arguments relève d’une optique aristocratique, qui n’est pas la priorité démocratique.


            • gogoRat gogoRat 28 mars 12:56

              à bon entendeur ... :

              Un argument intéressant qui peut être transposé aux supposés « choix » des cursus professionnels, concernant le tabou sur les différentes réalités d’application des droits « travail » en vigueur en France :
               citation tirée de cette video (https://www.youtube.com/watch?v=Wobl3Ma0KXQ) à la seconde 42:20
              « à partir du moment où des gens ’choisissent’, eh bien ceux qui ne choisissent pas sont mis en difficulté . donc en fait on crée une obligation du ’choix’ »


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 mars 08:31

              @gogoRat
              Le tout ou rien est bien dangereux... La soumission que vous dénoncez n’est pourtant pas la même, suivant le droit du travail en France ou au Bangladesh.... En dénonçant à juste titre la soumission, vous jetez du même coup l’enfant, l’eau du bain et la baignoire.

              Donc inutile selon vous, de défendre 100 ans d’acquis sociaux, puisque la soumission subsiste.
              Ce faisant, vous vous retrouvez sur la ligne du MEDEF et de la mondialisation :
              « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ».


              Denis Kessler, idéologue du MEDEF :
              "La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là . Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !"
              C’est le même discours que celui du FMI, de l’ OCDE, de la BCE, de la Commission européenne.

              Être de gauche, c’est d’abord protéger les acquis, ceux de 36 et ceux du CNR.


            • gogoRat gogoRat 29 mars 09:22

              @Fifi Brind_acier

               Je ne vous permets pas d’interpréter ainsi mes propos : vous devrez assumer vous-même la bizarre façon de raisonner que vous donnez ici à voir, tout en l’affublant sans vergogne à un avatar dont vous avez peu de chance de connaître grand chose !
               
               Où aurais-je dit, ou seulement laissé entendre qu’il soit ’ inutile selon vous, de défendre 100 ans d’acquis sociaux, puisque la soumission subsiste.’ ?!
               Que vous résumiez mes propos à  ’la soumission subsiste’ : à la rigueur. Mais, ce que vous en déduisez ne montre que votre propre pensée.
               

               Quant à « être de Gauche », ce n’est pas préoccupation. Pas plus que d’être ’de Droite’ ou d’une quelconque de ces ’brigues’ qui trompent et divisent le peuple français, et l’empêchent de viser à un idéal démocratique !

               


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 29 mars 10:09

              @gogoRat
              Alors, je n’ai pas bien compris ce que vous vouliez dire, toutes mes excuses.


            • Robert GIL Robert GIL 30 mars 11:30

              @Fifi Brind_acier
              vous allez finir par militer a gauche plutot qu’a droite ! Depuis le temps que je vous disait que l’UPR et Asselineau sont des instruments de la droite capitaliste !


            • Pierre 28 mars 13:10

                 Du blabla d’une littéraire qui n’a jamais crée un emploi de sa vie, ignore ce qu’est un compte d’exploitation, un bilan et qui, bien entendu, va nous expliquer comment faire disparaître le chômage et ainsi généraliser le bonheur avec trois y’a qu’à, quatre mélanchonades, et autres pléonasmes.


              • tf1Groupie 28 mars 13:43

                @Pierre

                Tout-à-fait : en France ceux qui parlent le mieux du Monde du travail sont ceux qui le fréquentent le moins.

                Ceci dit, si on étaient tous romanciers où poètes le Monde serait tellement plus beau : plus de patrons, plus d’exploités, plus de maladies professionnelles

                plus d’imprimeurs de droit divin pour imprimer les livres, plus de techniciens bossant la nuit pour réparer le réseau Internet, et d’ailleurs plus d’Internet

                Plus Rien en fait, excepté des discours.


              • foufouille foufouille 28 mars 17:05

                @Pierre
                acheter crée des emplois donc tout le monde ou presque le fait.
                tu as certainement hérité de ta soit disant entreprise.


              • tf1Groupie 28 mars 17:16

                @foufouille

                C’est là que tu prends les choses à l’envers :
                acheter ne crée pas des emplois ;
                acheter permet à l’entreprise qui vend, si elle existe, de créer des emplois et d’acheter à d’autres entreprises qui, si elles existent, de produiront ce que tu achètes et pourront aussi créer des emplois.


              • pierreahah 28 mars 18:54

                @Pierre
                Justement un compte d’exploitation c’est fait.....pour exploiter. Le patron utilise cet outil comptable pour gérer son capital. Il ne vous a pas échappé que le salarier est au même niveau que les machines.Pour le patron, salariés et machines ne sont que des ses biens d’équipement à sa disposition servant sa production de biens. Dans un véritable monde libérale, le patron ne devrait pas avoir le droit de vote. C’est le salaria qui décide du gouvernement qui organise la société.


              • rocla+ rocla+ 28 mars 19:02

                @pierreahah


                Le patron ne devrait non seulement pas avoir le droit de vote mais de 
                plus il devrait également ne pas avoir le droit de se reproduire . 

              • capobianco 28 mars 19:18

                @Pierre
                On sent bien, chez vous, les qualités du « vrai » patron qui connaît son sujet. « Bilan, compte d’exploitation » tout est là.D’ailleurs on voit bien avec quel succès vos semblables réussissent en matière de création d’emplois. Malgré « l’assistanat » de 40 milliard € de cadeau de vos amis socialistes (pour ne parler que de ce cadeau) on ne voit pas beaucoup de progrès en matière d’emploi, mais je peux me tromper....

                Au moins la romancière a étudié son sujet.


              • foufouille foufouille 28 mars 19:27

                @tf1Groupie
                au départ il faut des clients avec de l’argent pour acheter.
                sans clients ton entreprise coule. sans argent tu achètes rien ou ton entreprise perd rapidement de l’argent. un acheteur n’est pas obligé d’acheter mais une entreprise doit vendre.


              • tf1Groupie 28 mars 19:37

                @foufouille

                C’est bien , tu progresses :

                Oui il faut des clients pour acheter mais ce ne sont pas les clients qui créent les emplois, tu vois la différence ?

                Pour bien comprendre l’économie il faut mettre les acteurs à la bonne place, ne pas confondre cause et conséquence et utiliser le vocabulaire adéquat.

                Eventuellement on pourrait considérer qu’on a besoin de tout le monde : les entreprises et les clients.

                Mais ta theorie qui veut choisir entre la poule et l’oeuf montre ton besoin ideologique de dire que sont les clients individuels qui sont à l’origine de tout et d’en déduire qu’ils sont « supérieurement » utiles.

                Sachant que souvent les clients sont eux-mêmes des entreprises.


              • Jean Pierre 28 mars 19:53

                @tf1Groupie
                Ford (vous savez, ce marxiste notoire) notait que le développement des ses industries passerait par la rationalisation de la production, mais aussi par l’augmentation des salaires de ses propres salariés : mes salariés achèteront un jour les voitures qu’ils fabriquent. Il avait compris que les salariés sont au deux bouts de la chaîne, à la fois producteurs et consommateurs. Le capitalisme a quitté cette logique en faisant fabriquer à un endroit de la planète et en vendant à un autre. Mais si le Fordisme à réussi et a tenu des décennies, je ne donne pas cher du système actuel tant il génère de déséquilibres. L’économie mondiale stagne déjà par manque de demande. La pression sur les salaires (course généralisé à la compétitivité) aggrave la situation.

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