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Les lampistes du mal

Les lampistes du mal

 

Des hommes révoltés

Face à des actes extrêmes, nous devons être radicaux, non au sens de la novlangue qui en fait un synonyme d’« extrémistes », mais étymologiquement, c’est-à-dire en allant à la racine même des événements pour tenter d'apporter des explications à ces actes criminels, sans pour autant les absoudre.

Argumentant contre la tuerie de dix-sept personnes au journal Charlie Hebdo, dans la rue puis dans un magasin juif, une personne "bien-pensante" qui a accès à la parole médiatique[i] disait que dans un État de droit comme le nôtre, on ne mitraille pas ses adversaires, mais qu’on fait un procès.

Or le cadet des deux frères assassins, Chérif Kouachi, avait été révolté par ce qu’il voyait dans les médias des humiliations subies par des Irakiens dans la prison d’Abou Ghraib de la part de soldats états-uniens.

Arrêté comme lui en janvier 2005 pour avoir tenté d’aller combattre en Irak contre le camp occidental, son camarade au djihad, Thamer Bouchnak, avait été « très en colère quand il a vu les tortures infligées aux civils irakiens dans la prison d'Abou Ghraib »[ii] :  « C’est tout ce que j’ai vu à la télé, les tortures de la prison d’Abou Ghraib, tout ça, qui m’a motivé », disait-il lors du procès de 2008 qui a condamné Chérif Kouachi à 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis[iii]. Le général Antonio Taguba, qui avait été chargé d’un rapport interne de la police militaire états-unienne, décrivait qu’il s’agissait dans cette prison d’y :

« briser des lampes chimiques et verser le liquide au phosphore sur des détenus, verser de l'eau froide sur des détenus nus, battre des détenus avec un manche à balai ou une chaise, menacer de viol des hommes détenus, autoriser un gardien de la police militaire à coudre la plaie d'un détenu blessé après avoir été cogné contre le mur de sa cellule, sodomiser un détenu avec une lampe chimique »[iv].

Selon le "bien-pensant", un jeune livreur de pizza (Chérif Kouachi), et autres précaires auraient-ils dû faire une demande d’aide juridictionnelle afin de traduire en justice George Bush, Colin Powell et autres fabricants de mensonges, fomentés afin d’attaquer deux fois l’Irak, y causant des centaines de milliers de morts, la plupart des victimes innocentes, appelées « dommages collatéraux » ?

Mentionnons rapidement la fragilisation de ces jeunes par leur milieu, les frères Kouachi, habitant dans un immeuble du 19e arrondissement de Paris, fréquenté par des pédophiles attirés par des enfants laissés à l’abandon, découvrent, encore enfants, le cadavre de leur mère, alors peut-être enceinte de son sixième enfant, amenée à se prostituer par la misère, intoxiquée ou suicidée par une surdose de médicaments[v]. Amedy Coulibaly, seul garçon avec neuf sœurs, était élevé par une mère seule, le père étant retourné au Mali. Le 17 septembre 2000, Coulibaly, dont le premier assassinat a été celui d’une policière, avait été marqué dans son adolescence délinquante, alors qu’il volait des motos dans un camion, par le fait qu’un policier ait tiré sur son meilleur ami Ali Rezgui qui conduisait, le tuant, ce qui a provoqué des nuits d’émeutes dans le voisinage[vi]. Le policier n'a pas été jugé lors d’un procès car le procureur a estimé qu'il n'y avait pas d'opportunité à poursuivre, et l'information judiciaire ouverte s'est conclue par un « non-lieu » (formule évocatrice, comme si le meurtre n’avait pas eu lieu), les juges estimant que c’était un cas de légitime défense. Coulibaly en avait gardé une haine de la police.[vii] Judicieusement, le mystérieux commanditaire de Coulibaly appelle ses acolytes « zigotos »[viii], c’est-à-dire « individu qui se fait remarquer »[ix], « qui cherche à épater »[x].

 

La fabrication des terroristes djihadistes par les terroristes d’État

Un des derniers dessins de Charb, "politiquement incorrect" (c'est-à-dire montrant ce qui est tabou), voire complotiste, pointe que les États-Unis par l’intermédiaire de ses sbires ou vassaux, soutient le djihadisme :

« Les pétromonarchies menacées par la chute des prix du pétrole... On n'a plus de quoi vous financer, demandez directement aux États-Unis. », y dit un émir à deux djihadistes armés.

Dans l’interprétation de Charb, ce que dit l’émir aux djihadistes est justement ce que les commanditaires ne veulent pas révéler aux terroristes manipulés, et c’est ce qui en fait l’humour.

Étonnamment, ce dessin (alors introuvable sur les moteurs de recherche, d'où ma capture d'écran de l'émission) a été diffusé par Laurent Ruquier dans son émission On n’est pas couché le samedi 10 janvier 2015, ne suscitant aucun commentaire des chroniqueurs et invités. Comme l'a écrit Guy Debord dans La Société du spectacle, « Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »[xi]. Mais la vérité laisse alors muet.

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Charb : financement des djihadistes

Car, pour les États-Unis, favoriser le péril vert (islamiste) a été un moyen de contrer le péril rouge (socialiste ou communiste), déjà avec les Frères Musulmans contre le président Gamal Abdel Nasser en Égypte (dont le président des États-Unis Dwight Eisenhower reçut une délégation le 23 février 1953[xii]), ou depuis juillet 1979[xiii] l’Opération Cyclone[xiv] de soutien des moudjahidines afghans qui s’opposaient au régime procommuniste qui contrariait leurs idées conservatrices : interdiction du mariage des enfants, réduction de la dot, annulation des emprunts immobiliers ruraux, alphabétisation.

Ce péril islamiste, faible durant les derniers siècles jusqu'à il y a quelques décennies, a été renforcé par les États-Unis, pour qui il s’agissait que les pays du tiers-monde, c’est-à-dire hors des deux empires dominants : atlantique et soviétique (tous deux d’origine chrétienne, le second le reniant pour une sorte de christianisme athée, un idéal communiste), s’inféodent au premier plutôt qu’au second.

Il n’est d’ailleurs guère probable que ce dessin plaise aux atlantistes Philippe Val, précédent directeur de Charlie Hebdo, et Caroline Fourest, ex collaboratrice du journal ; mais eux n’étaient plus dans ce journal. A été paradoxalement visé en premier lieu celui qui dénonçait (aussi paradoxalement) par ce dessin la collusion plus ou moins secrète entre islamistes et atlantistes.

 

Interviewé le 9 janvier 2015 sur TV7 à l’émission Point de vue, le psychiatre Boris Cyrulnik a le courage d’invoquer une stratégie délibérée de fabrication de ce que Karl Max appelait le Lumpenproletariat, c’est-à-dire les voyous d‘en bas faits et utilisés par les voyous d’en haut[xv].

Proche du dessin de Charb, Cyrulnik affirme :

« que c’est pas un accident ; c’est une organisation qui existe depuis très longtemps, qu’on a signalée et dont personne n’a tenu compte : on met la haine dans des quartiers en difficulté ; c’est intentionnel, c’est une politique : on met la haine, on repère ces enfants en détresse sociale, psychologique et sociale ; on repère ces enfants ; on leur offre des stages de formation, militaire, à la guerre », que « c’est des groupes politiques qui utilisent le terrorisme comme une arme, parce que c’est une arme efficace et économique. C’est pas cher : on peut bouleverser une société avec peu d’hommes à sacrifier, et c’est moins cher qu’une armée. Quand la haine est semée, on repère les enfants les plus faciles à fanatiser, on leur offre des voyages, on leur offre des stages, on leur apprend à manipuler des armes ; et ensuite on les envoie au sacrifice, sacrifice des autres au prix de leur propre existence. C’est donc une organisation… […] c’est financé par les gens du pétrole, de la drogue, qui ont des intentions politiques sur le Proche-Orient et sur l’Occident. Et une fois que ces jeunes gens en détresse ont été repérés, fabriqués et sacrifiés, ils déclenchent des processus politiques mondiaux. » (1mn22s-2mn50s).

 

L’intervieweur, Thierry Guillemot, accusatoire, rapproche ce discours de « la théorie du complot », ce dont se défend Cyrulnik, en argumentant que ce sont des faits, pas une théorie (et en ne contestant pas qu’il s’agit de complot) : à raison pour continuer à être écouté en refusant la stigmatisation ; à tort sémantiquement : car Cyrulnik fait bien la thèse d’un complot organisant et manipulant des jeunes, même si c’est une thèse qui selon lui est vraie, reposant sur des faits (ce que peut bien faire une théorie, contrairement à la contre-argumentation de Cyrulnik). C’est simplement un complot que décrit Cyrulnik car il s’agit d’intentions malveillantes collectives qui cherchent à rester plutôt secrètes, ce qui en est la définition.

 

Dans un rapport en collaboration avec l'Institut des Droits de l'Homme de l'École de Droit de l'Université de Columbia, l’organisation non gouvernementale internationale (ONG) Human Rights Watch (HRW), prix Nobel de la Paix en 1997, estime que « la moitié des condamnations résultent de coups montés », car des agents du FBI ont incité des personnes plutôt fragiles, déséquilibrées, à commettre des attentats terroristes[xvi].

Un des auteurs du rapport, Andrea Prasow, directeur adjoint de HRW à Washington, conclut que « nombre de ces personnes n'auraient jamais commis de crime si les forces de l'ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois payés pour commettre des actes terroristes. »[xvii].

 

Il y a toujours de jeunes abrutis manipulés, des idiots utiles comme on le voit dans l’édifiante autobiographie Condamné à la prison à vie (éditions Dualpha, 2002) du terroriste d’extrême droite Michel Lajoye, recruté (p. 10-12) par la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD) afin d'infiltrer des groupuscules d'extrême droite (p. 13) puis les Groupes Antiterroristes de Libération (GAL), organisation illégale du gouvernement espagnol contre les indépendantistes espagnols réfugiés dans une France qui refusait de collaborer avec l’Espagne (p . 14). Déserteur (p. 15), il est approché par Christophe Arcini, artificier-démineur du ministère de l’Intérieur (p. 1, p. 5), qui le persuade de commettre un attentat (p. 36), pour Lajoye afin d’attiser des tensions entre musulmans et juifs. Il raconte aussi qu’Arcini, très nerveux, s’écartait de lui par sécurité avant leur arrestation qui aurait dû être son meurtre (p. 63), si une rivalité entre civils et militaires ne l’avait pas sauvé (p. 87) et permis de témoigner lors de sa détention à perpétuité.

 

Les lampistes, épouvantails et boucs émissaires

Un lampiste est « Employé subalterne sur lequel retombe la responsabilité des fautes imputables à ses supérieurs. »[xviii]. Dans les cas de manipulation, les employés ne savent même pas nécessairement qui les emploie, les utilise, les manipule, les instrumentalise.

Ne mettre la lumière que sur l'évident lampiste et ne voir que lui, c'est en faire le bouc émissaire (même si ce bouc émissaire est coupable de ce qu'il a fait, cela n'en fait pas l'unique coupable et responsable de tout le processus antérieur), c'est ne voir que le proche et petit doigt et non la lointaine et grosse Lune, et ne montrer que la face émergée de l’iceberg.

Si on s’en tient à la médiatisation et à la manifestation populaire qui s’ensuit, on pourrait penser avec Boris Vian dans son Traité du civisme que « Le lampiste est le vrai coupable » :

« Un général sans soldats est-il dangereux ? Un commissaire ou un préfet de police sans agents ? Un pape sans cardinaux, sans archevêques et sans curés ? Ceux-là j'en veux bien. Les Anglais le savent : un roi sans pouvoir est merveilleusement inoffensif. Mais un lampiste est une force agissante. Cent lampistes sont un danger pour l'individu. Cent mille lampistes suffisent à une guerre. Cent millions de lampistes font le malheur de l'humanité. Le directeur de la SNCF n'est pas en mesure de faire dérailler un train par ses propres pouvoirs, il faudra pour y arriver qu'il se mue en aiguilleur - ou en lampiste - et qu'il fausse les signaux. Mais un aiguilleur ! Quel poste de choix. Hitler tout seul ! Merveilleux spectacle. Mais quatre-vingt-cinq millions de lampistes derrière lui, et finie la rigolade. Hitler est mort, les lampistes restent et tâchent de se faire passer pour inoffensifs - comme tous les lampistes du monde. Les lampistes entre eux se haïssent ; mais réunis, ils prennent le nom de peuple et deviennent invulnérables. L'individualisation du peuple est la seule défense contre le lampiste. »

 

Si on ne prenait pas le texte avec l’humour de Boris Vian, qui tente d’éveiller notre comportement moutonnier à la banalité du mal et à la responsabilité qu’a chacun de ne pas y participer, ce serait une courte vue individualiste atomisée (et conformiste du libéralisme dominant) défendue dans ce texte, ne voyant que les exécutants concrets, qui tirent, et non les commanditaires qui ne font que parler, représenter. Ce serait aussi la négligence de notre part sociale, de l’imitation, humaine, trop humaine, et de notre « servitude volontaire ».

Cette focalisation sur des lampistes qu'on grille comme des fusibles pour court-circuiter l'éclairage sur les causes des événements, leur élucidation, est à rapprocher des immenses manifestations du 11 janvier 2015, en France, et dans divers États du même empire, en signe d’indignation de l’assassinat de dix-sept personnes, parce qu’elles sont proches, géographiquement, nationalement, culturellement, notoirement : plusieurs étaient des vedettes sympathiques connues par la population depuis des décennies.

Car loin des yeux, loin du cœur, il n’y a pas eu de telles manifestations pour les centaines de milliers de femmes et d’enfants tués en Irak, en Syrie ou ailleurs par nos armées occidentales, et dans les conflits attisés par l’Occident.

Malheureusement, il y aura d’autres jeunes abrutis en colère pour attaquer les soi-disant Républiques Démocratiques, de France et des autres pays de l'empire états-unien qui bombardent des populations, et ne jamais viser et encore moins atteindre les premiers responsables de ces actes terroristes.

 

Post-scriptum 1

Illustrant ceci, des otages rescapés de la tuerie du 13 novembre 2015 au Bataclan (déjà menacé pour avoir accueilli des galas en faveur de la police des frontières israélienne, en charge des checks-points[xix]), témoignent ainsi de ce que disaient les terroristes :

« Vous pouvez remercier le président Hollande, parce que c’est grâce à lui que vous subissez ça. Nous, on a laissé nos femmes et nos enfants en Syrie, sous les bombes. On fait partie de l’État Islamique et on est là pour venger nos familles et nos proches de l’intervention française en Syrie. »[xx].

« On est là pour vous faire subir ce que les innocents subissent en Syrie. Vous entendez les cris, la souffrance ? C’est pour vous faire ressentir la peur que les gens subissent chaque jour en Syrie. C’est la guerre ! Et ce n’est que le début. »[xxi]

« Ils nous ont fait leur prêche, leur speech, du pourquoi ils étaient là. Ils nous ont expliqué que c’était les bombes larguées en Syrie qui les poussaient à être là, pour nous montrer à nous Occidentaux ce que les avions faisaient là-bas. »[xxii]

C'est cette imitation du mal (ressentiment, rancune, vengeance) qui anime l'humanité, humaine, trop humaine. Un sondage d'Odoxa publié par Le Parisien[xxiii] montre que l'affect le plus fréquent des Français d’au moins 18 ans est la colère (57%) ; 81% approuvent les frappes aériennes de grande ampleur contre les positions de l’État Islamique en Syrie, lancées par le Président François Hollande « en réponse aux attentats » de l’avant-veille ; 62% sont favorables à ce que la France participe à une intervention militaire au sol en Syrie contre Daesh.

 « Très « va-t-en-guerre » les Français sont pourtant persuadés que ces frappes augmenteront encore les risques d’attentats en France à l’avenir »[xxiv]. Lucides, « 63% considère que les bombardements des Rafales et des Mirage, loin de nous protéger du terrorisme, exposent au contraire davantage notre pays à des attentats, en représailles.  » [xxv].

Le sondage est aussi remarquable sur le plus grand impact des attentats de janvier 2015 (avec 17 assassinés dont plusieurs vedettes) que des attentats de novembre 2015 (avec 130 assassinés, mais aucune vedette), la proportion de Français disant éprouver de la colère passant de 61 à 57%, de la peine de 49% à 40%, de la solidarité de 46 à 31%, de la peur de 17 à 13%. Cela indique que la sensibilité est proportionnelle à la connaissance et la proximité qu'on a des victimes (et non juste une habituation : si les attentats étaient advenus en ordre inverse, atteignant enfin des vedettes, il n’y aurait pas un tel émoussement des émotions).

 

Post-scriptum 2

Pour le premier anniversaire des attentats, les nouveaux responsables de Charlie Hebdo mettent en couverture un dessin de Riss (devenu son directeur de publication, « propriétaire du titre, avec les deux-tiers du capital »[xxvi]), représentant un Dieu le père (il est important de démolir le père dans le règne du libéralisme, comme cela apparaît dans les œuvres de René Girard et de Jean-Claude Michéa), patriarche ensanglanté au visage méchant, avec une mitraillette en bandoulière, titré : « Un an après l’assassin court toujours ».

Loin du dessin de Charb qui était révélateur, celui-ci a la courte vue des obsessions libérales antireligieuses, qui fait sans le savoir de la divinité ce qu’elle était à son origine, un bouc émissaire (comme décrit dans La violence et le sacré de René Girard) au dos bien large (presque omnipotent), ignorant que la religion, par le sacrifice (étymologiquement faire du sacré) contient la violence, selon les deux significations explicitées par Jean-Pierre Dupuy dans La Marque du sacré : en l’ayant en soi et en la retenant. C’est aussi la religiosité des assassins reconnus qui aurait dû mieux canaliser leur violence…

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Riss : Dieu assassin

 

 

Écrit le dimanche 11, lundi 12, mardi 13, vendredi 30 janvier, 1er, 28 décembre 2015 ; 5, 6, 7 janvier, 10, 12, 14, 15, 16, 18, 19 février 2016.

Je remercie Luc-Laurent, Lalie, Fanny, Chantal, Arnaud et Bertrand pour leurs commentaires et relecture.

 

 


[i] Je n’ai pas noté sur le moment quelle était cette personne, aux Grandes Gueules de Radio Monte Carlo ou ailleurs, mais qu’importe : ils sont nombreux parmi l’oligarchie à prétendre que nous avons une égalité des droits (c’est-à-dire que nous serions dans un régime isonomique).

[ii] Patricia Tourancheau : « Un ticket pour le jihad », 21 février 2005, http://www.liberation.fr/societe/2005/02/21/un-ticket-pour-le-jihad_510275.

[iii] Émeline Cazi, Jacques Follorou, Matthieu Suc et Élise Vincent : « La fratrie Kouachi, de la petite délinquance au djihad », dans Le Monde.fr, 08.01.2015, http://www.lemonde.fr/attaque-contre-charlie-hebdo/article/2015/01/08/attaque-a-charlie-hebdo-que-sait-on-des-deux-suspects-recherches_4551181_4550668.html

[iv] Patrick Jarreau : « Prison d'Abou Ghraib en Irak : un rapport interne de l'armée américaine dénonce "des violences criminelles, déchaînées, flagrantes et sadiques" », dans Le Monde, 21.10.2010, http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/10/21/prison-d-abou-ghraib-en-irak-un-rapport-interne-de-l-armee-americaine-denonce-des-violences-criminelles-dechainees-flagrantes-et-sadiques_1429067_3218.html#eYPM9wRGFzjp0FQZ.99.

[v] Éloïse Lebourg : « L’enfance misérable des frères Kouachi » dans Reporterre, 15 janvier 2015, http://www.reporterre.net/L-enfance-miserable-des-freres.

[vi] Florence Méréo et Gisèle Le Guen : « Attentats : Coulibaly blessé par un policier et son ami tué à Combs il y a 15 ans », dans Le Parisien, 14 janvier 2015, http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/attentats-coulibaly-blesse-par-un-policier-et-son-ami-tue-a-combs-il-y-a-15-ans-15-01-2015-4448933.php.

[vii] « Amedy Coulibaly : en 2000, le vol de motos tourne au drame », Le Parisien, 14 janvier 2015, http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/amedy-coulibaly-en-2000-le-vol-de-motos-tourne-au-drame-14-01-2015-4444457.php.

[viii] Élise Vincent : « Attentats de Paris : les messages du commanditaire au tueur de l’Hyper Cacher », dans Le Monde.fr, 07 novembre 2015, http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/07/attentats-de-paris-les-messages-du-commanditaire-au-tueur-de-l-hyper-cacher_4805099_1653578.html#ddSuxPpJKoCb2VPu.99.

[ix] Article « zigoto » du Wiktionnaire, https://fr.wiktionary.org/wiki/zigoto.

[xi] Paragraphe 10.

[xii] Wikipédia, article « Frères Musulmans », paragraphe « Interdictions et dissolutions en Égypte », https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_musulmans#Interdictions_et_dissolutions_en_.C3.89gypte ; et paragraphe « Des alliances de circonstance qui mènent à des scissions », https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_musulmans#Des_alliances_de_circonstance_qui_m.C3.A8nent_.C3.A0_des_scissions.

[xiii] Article Wikipédia « Guerre d’Afghanistan (1979-1989) », paragraphe « L'aide américaine et saoudienne », https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Afghanistan_%281979-1989%29 ; Christian Parenti : « Retour sur l’expérience communiste en Afghanistan », dans Le Monde Diplomatique, août 2012, pages 8-9, http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/PARENTI/48065.

[xiv] Article Wikipédia « Programme afghan », https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_afghan.

[xv] « Quant au sous-prolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction. » (Karl Marx, Le Manifeste du parti communiste).

« En assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la caillera se contente, en effet, de recycler, à l'usage des périphéries du système, la pratique et l'imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet. L'ambition de ses membres n'a, certes, jamais été la négation en actes de l'économie régnante. Ils n'aspirent, tout au contraire, qu'à devenir les golden boys des bas-fonds. Calcul qui est tout sauf utopique. [...] L'économie criminelle est devenue un sous produit de l'économie globale, qui intègre à ses circuits la marginalité sociale. » (Jean-Claude Michéa, L'Enseignement de l'ignorance, 1995).

[xvi] « Le FBI aurait poussé des Américains musulmans à commettre des attentats », Ici Radio Canada, 21 juillet 2014, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2014/07/21/011-etats-unis-fbi-incitation-terrorisme-musulmans-hrw.shtml.

[xvii] « US : Terrorism Prosecutions Often An Illusion Investigations, Trials of American Muslims Rife with Abuse », 21 juillet 2014, https://www.hrw.org/news/2014/07/21/us-terrorism-prosecutions-often-illusion.

[xviii] Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, article « Lampiste », http://www.cnrtl.fr/definition/lampiste.

[xix] Véronique Mortaigne et Nathalie Guibert : « Le Bataclan, un haut lieu de la culture ciblé de longue date par les islamistes », dans Le Monde, 15 novembre 2015, http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/15/le-bataclan-un-haut-lieu-de-la-culture-cible-de-longue-date-par-les-islamistes_4810424_4809495.html#qLQZrydzpX9sSdvI.99.

[xxi] Émilie Carot : « Un otage du Bataclan raconte : "Ils menaçaient d’abattre l’un de nous toutes les 5 minutes" », dans Paris-Match, 17 novembre 2015, http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Un-otage-du-Bataclan-raconte-Ils-menacaient-d-abattre-l-un-de-nous-toutes-les-5-minutes-866719.

[xxii] « Pendant plus de deux heures, Sébastien a discuté avec les djihadistes qui ont attaqué le Bataclan ». Repéré par Émeline Amétis, Slate, 17 novembre 2015, http://www.slate.fr/story/110143/temoignage-sebastien-bataclan.

[xxiii] « Sondage : après les attentats, les Français approuvent les mesures de Hollande », Le Parisien, 17 novembre 2015, http://www.leparisien.fr/faits-divers/sondage-les-francais-sont-en-colere-mais-n-ont-pas-peur-17-11-2015-5285899.php.

[xxiv] « Les Français n’ont pas peur, soutiennent les frappes et les mesures annoncées par François Hollande » 17 novembre 2015, http://www.odoxa.fr/les-francais-nont-pas-peur-soutiennent-les-frappes-et-les-mesures-annoncees-par-francois-hollande/.

[xxv] « Sondage : après les attentats, les Français approuvent les mesures de Hollande », Le Parisien, 17 novembre 2015, http://www.leparisien.fr/faits-divers/sondage-les-francais-sont-en-colere-mais-n-ont-pas-peur-17-11-2015-5285899.php.

[xxvi] Pierre Longeray : Un dieu assassin « court toujours » en Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, dans Vice News, 4 janvier 2016, https://news.vice.com/fr/article/un-dieu-assassin-court-toujours-en-une-du-numero-special-de-charlie-hebdo.


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8 réactions à cet article    


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 20 février 15:06

    Merci pour ce très bon article que j’ai eu plaisir à relire car il est informatif et on en a pour son argent.
    Mais puisque pour le moment nous sommes en petit comité, j’en profite et je me demande si tu ne devrais pas interroger ta rhétorique.

    Cette mise en avant de faits ô combien pertinents ne serait-ce pas une forme de défense (au sens psychologique du terme) contre l’élaboration conceptuelle ou même théorique ?
     
    Il me semble que si tu étais peintre, tu serais pointilliste.
    Or, ce dont les gens ont besoin actuellement c’est qu’on relie les points pour eux. Autrement dit, je pense que tu élargirais ton lectorat avec une thèse forte et claire, aussi richement documentée que tu voudras mais avec des lignes de force bien dégagées.
     
    Mais bon, peut-être que je plaide pour ma paroisse de « théoriste » ? smiley
    Disons que sans verser dans l’excès contraire (comme souvent je le fais) tu pourrais trouver un équilibre et proposer ainsi un texte à la ligne claire.
     
    Qu’en penses-tu ?


    • Shawford Shawford 20 février 15:09

      @Luc-Laurent Salvador

      Le keum à qui tu talk il en pense ce qu’il veut, mais pour ma part je trouve qu’il se passe de sacrées choses problématiques dans le monde en ce moment ! smiley

      Je sais pas si on va arriver à gérer ça  smiley


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 20 février 16:51

      @Shawford

      OK, dans mon tableau, colonne « Trolls », je rajoute une ligne pour « Shawford » smiley


    • Shawford Shawford 20 février 17:23

      @Luc-Laurent Salvador

      Pani problem, tu permets juste que je te coupe tes pitites ailes qui t’ont poussé pour de bon entretemps et que je te laisse en létal avec les smarties, tu seras en bonne troll compagnie, et je viendrai vous lancer quelques petits susucres de temps en temps, promis smiley


    • Lucadeparis Lucadeparis 20 février 16:03

      Oui, cet article présente des faits, des éléments, des pistes pour comprendre les attentats, sans que j’ai plus de quoi théoriser que ce je développe ici.

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