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Accueil du site > Tribune Libre > Les reçus-collés de la fonction publique territoriale, une initiative (...)

Les reçus-collés de la fonction publique territoriale, une initiative louable ?

Depuis quelques mois, un groupe s’est constitué sur yahoo et compte maintenant un peu plus de 200 membres. Il s’agit des reçus-collés de la fonction publique territoriale.

Effectivement, ils existent, et de toute évidence ne sont ni les candidats difficiles qui refuseraient des postes qu’on leur propose, ni un contingent négligeable.

A l’issue des épreuves de concours, qui le plus souvent nécessitent une intense préparation et sont très sélectives, les heureux élus ont le plaisir de recevoir un courrier : « Vous serez prochainement inscrit sur la liste d’aptitude, attention, cette inscription ne vaut pas recrutement, il vous appartient de vous rapprocher des collectivités afin de trouver un poste. »

Les règles du jeu sont claires. Le candidat dispose de trois ans au maximum pour trouver un poste et accéder à la nomination, passé cette échéance il est radié des listes d’aptitude et n’a plus qu’à repasser le concours, si le cœur lui en dit !

Si le concours répond au principe de l’égalité d’accès à l’emploi public, il en va tout autrement cependant du recrutement qui, lui, répond au principe de la libre administration des autorités locales.

Le nombre de postes au concours est calculé en fonction des déclarations des autorités locales. Celles-ci annoncent leurs besoins prévisionnels de recrutement aux centres de gestion (CDG) et au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) qui centralisent ces informations pour fixer le nombre de postes ouverts au concours. Dans le meilleur des mondes, on pourrait donc s’attendre à une adéquation entre le nombre de lauréats et le nombre de recrutements, et les reçus-collés n’existeraient pas.

Ce n’est visiblement pas le cas, parmi les lauréats du concours se trouve une bonne part d’agents contractuels des collectivités, qui, pour diverses raisons, ont été recrutés hors fonction publique. Ces contractuels ont peu de difficultés à trouver un poste en collectivité, la plupart sont nommés sur les postes permanents qu’ils occupaient déjà avant leur réussite au concours, dans les mois qui suivent leur inscription sur liste d’aptitude. D’autres lauréats occupant des emplois non-permanents, des remplacements notamment, peuvent compter tant sur leur ancienneté que sur leur expérience pour accéder plus facilement à un emploi.

Quant aux lauréats fraîchement diplômés ou sans expérience en collectivité, les « vrais externes », autant dire qu’ils n’ont que peu de chances d’être nommés sur un poste, et qu’ils risquent de n’être convoqués à des entretiens que par respect des principes légaux de recrutement.

Ils ne sont parfois que des figurants dans les procédures, sans aucune chance d’accès aux postes, tout cela à leurs frais personnels bien sûr. Il arrive aussi que les postes proposés se transforment en CDD lors des entretiens.

Certaines collectivités leur préféreront donc des candidats hors statut, qui répondent au mieux aux profils de postes ou disposent d’une expérience professionnelle adéquate. D’autre part, les agents hors statut, les contractuels, ne peuvent être recrutés qu’en CDD, cette alternative présente des intérêts évidents pour tester le candidat avant un recrutement statutaire et donc plus définitif (un CPE territorial ?).

Généralement, recruter un candidat hors liste d’aptitude, un contractuel, implique que celui-ci s’engage à se présenter au concours correspondant. Il bénéficie souvent d’une préparation au concours payée par la collectivité recruteuse (le contribuable donc), alors que le « vrai externe » a pris sur son temps et ses deniers personnels pour se préparer au concours.

Le lauréat, à l’issue d’épreuves écrites et orales, a été déclaré apte à exercer les fonctions auquel il prétend par un jury composé d’agents et d’élus. Est-il besoin de préciser que ces concours sont coûteux (location de salles géantes pour les écrits, correcteurs, organisateurs, mobilisation des jurys pour les oraux !).

Bien évidemment, les collectivités disposant de contractuels sur des emplois permanents annoncent autant de postes au concours. Si les contractuels en poste ne réussissent pas au concours, de « vrais externes » seront reçus, « à leur place » pourrait-on dire ! Mais comme on ne remplace pas les contractuels par des lauréats de concours, certains « vrais externes » n’ont quasiment aucune chance de trouver un poste.

Légalement, cette pratique de recrutement hors statut devrait être exceptionnelle, les procédures de recrutement des collectivités sont d’ailleurs soumises au contrôle de légalité, exercé par les autorités préfectorales. Mais dans les faits, les contrôles de légalité sont souvent trop occupés par le contrôle des actes d’urbanisme ou les marchés publics pour aborder le problème des recrutements, ou encore ne disposent pas de l’expertise pour juger de la légalité de ces procédures.

Indépendamment des services de contrôle de légalité, les personnes s’estimant lésées dans une procédure administrative de recrutement peuvent exercer un droit de recours devant le tribunal administratif. C’est rarement le cas pour ce qui concerne les reçus-collés, puisque la plupart du temps, ils n’obtiennent pas les informations qui leur permettraient d’apprécier le bien-fondé d’un éventuel recours. Ils ne connaissent pas le statut de la personne nommée, puisque contrairement à d’autres procédures soumises au contrôle de légalité, les résultats ne sont pas rendus publics, le plus souvent. D’autre part, même lorsqu’ils sont persuadés du bien-fondé d’un recours et disposent de preuves tangibles d’une procédure illégale, ils préfèrent s’abstenir afin de ne pas hypothéquer leurs chances d’accès à l’emploi public.

Certains lauréats, notamment ceux qui ont déjà perdu ou vont bientôt perdre le bénéfice du concours, et ne craignent donc plus ce « harakiri de l’emploi territorial », se sont décidés à créer une association loi 1901. Celle-ci, en tant que personne morale lésée, pourra ester en justice, lorsque des procédures de recrutement entachées d’illégalité lui seront signalées. Cette association concernera tous les lauréats, y compris ceux des concours internes, et bien sûr toute personne physique et morale soucieuse du principe d’égalité d’accès à l’emploi public.

Enfin, signalons que le recrutement d’un lauréat est pénalisant pour une collectivité : les lauréats des concours doivent suivre une formation durant les trois premières années de leur recrutement, celle-ci est d’une durée de 240 jours (dont 120 la première année). On comprend donc que certaines collectivités préfèrent recourir à des agents contractuels qui ne sont pas contraints d’effectuer cette formation. Outre la gestion des absences répétées et importantes de ces agents statutaires, les collectivités doivent également payer les frais de formation. Ceci est d’autant plus pénalisant que les agents recrutés peuvent demander leur mutation dès leur nomination, à l’issue de leur première année dans l’emploi. Disparités du territoire obligent, les lauréats sont poussés à accepter des postes dans les régions les moins convoitées, et tentent ensuite de revenir vers leur région d’origine à l’issue de leur nomination. Ainsi, les territoires défavorisés contribuent plus à l’effort de formation des agents publics que les territoires en développement. Les textes en cours de débat sur la fonction publique territoriale actuellement prévoient d’ailleurs de contraindre les collectivités qui débauchent des statutaires à rembourser les frais de formation afférents.

Paradoxalement et contrairement aux lois, on entend et lit de plus en plus fréquemment que l’entrée dans la fonction publique territoriale se fait d’abord par la voie contractuelle, pour déboucher ensuite sur la titularisation, après la réussite au concours. Les lauréats « vrais externes » se demandent d’ailleurs sérieusement s’ils n’ont pas fait une erreur de réussir le concours avant d’avoir le poste !

Mais pourquoi, diront certains, cet entêtement à vouloir intégrer la fonction publique, puisqu’il n’y a pas de postes pour vous ? Une visite sur le groupe yahoo permet de constater que la plupart des membres sont issus des concours de la filière culturelle, notamment des agents des bibliothèques publiques, ils (elles surtout !) cumulent à la fois des études spécialisées, des expériences de plusieurs années, voire dizaines d’années, dans des bibliothèques, et n’ont d’autres vocations, expériences et débouchés que le service public ! Cette filière culturelle est la plus précarisée de la fonction publique territoriale, d’après les chiffres officiels, mais toutes les filières sont touchées à des degrés divers, et souvent des professions, études et vocations qui relèvent indubitablement de l’emploi public. La fonction publique territoriale est également loin devant la fonction publique d’Etat et le secteur privé la « championne de la précarité », ainsi titrait récemment une brève parue sur territorial.fr.

Alors que les perspectives de recrutement dans l’emploi public, et en particulier dans la territoriale, sont présentées comme particulièrement favorables, que les salons de l’emploi public fleurissent, que la précarité est dénoncée, nous vous invitons à vous intéresser à la cause des reçus-collés.

Nous sommes particulièrement soucieux de lire vos commentaires. Merci


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43 réactions à cet article    


  • yannig (---.---.175.16) 7 avril 2006 10:45

    Merci de pointer du doigt ce scandale. j’ai mis deux ans neuf mois avant de trouver ma titularisation (en banlieue parisienne, collectivité pauvre... hasard !) J’ai enchainé des cdd en attendant, parfois fort éloigné de mon métier, j’ai traversé la France pour passer quinze entretiens, sans prise en charge des frais. Le problème suivant c’est que durant les deux premières années de titu, je dois accomplir 100 jours de formation. JE SUIS DEJA FORME ! ça nuit à ma collectivité. En plus mes collègues en place, du coup ne peuvent pas suivre de formation, or les métiers fonctions publique évoluent. Priorité aux formations initiales. le système actuel aggrave les inégalités territoriales.


    • Dominique L (---.---.189.14) 7 avril 2006 11:37

      Le scandale que vous révélez montre que la décentralisation, telle qu’elle a été pratiquée,n’a fait que renforcer les injustices en donnant tout pouvoir à des ’nomenklaturas’ locales qui en usent et en abusent. Vous nous dites qu’aucune transparence n’existe au niveau du recrutement et que le choix est souvent fait d’avance : on peut donc légitimement penser que les appuis politiques et/ou syndicaux et les copinages de toutes sortes jouent un rôle important. Vous révélez également qu’on n’hésite pas à recruter en CDD des gens reçus à un concours national (organisé par l’Etat) : certains élus à la tête d’administrations territoriales qui pratiquent de la sorte sont néanmoins les premiers à dénoncer la précarité et à défiler contre le CPE. Je pense que le temps n’est pas loin où ce système de ’reçus-collés’ s’appliquera à tous les concours nationaux, en particulier ceux de l’enseignement. Ce ne sera plus à l’Etat de fournir un poste à l’enseignant reçu au concours mais au lauréat de trouver un poste aux conditions - notamment de service et de durée - que lui imposeront les autorités locales.


      • Osmany (---.---.232.4) 7 avril 2006 13:11

        Etant fonctionnaire en ce moment même... je ne peux qu’acquiescer les propos de Dominique... Il a tout a fait raison !


        • frx75 7 avril 2006 14:57

          Mais quand il y a des règles , il faut les connaître au préalable et en tenir compte. Je ne vois aucun scandale dans ce système de recrutement qui existait dès les origines et qui est tout autant valable pour les personnels de secrétariat comme pour tous les autres. Le scandale, est ce l’affichage clair ? Dans la fonction publique d’état , trouver un poste est impossible, tous ceux ceux qui sont visibles sont constamment occupés, inacessibles et là les règles ne sont pas claires du tout. Donc le choix d’un poste en mutaztion est impossible. Cela n’a l’air d’ennuyer personne , tout comme la pratique des interdictions professionnelles, des listes rouges pour ne pas recevoir un tel ou une telle aux concours internes. Que l’on cesse de rêver sur l’équilibre et la justice de nos chères fonctions publiques où règnent la gabegie ,l’abus de pouvoir, et le népotisme. Les recrutements vont connaître de grands changement et pour l’état on recrutera le moins possible. Tant mieux. frx75


          • Anni73 7 avril 2006 15:11

            Nous n’avons pas rêvé en passant les concours. Merci de votre commentaire, mais je préfère continuer de rêver à l’idéal républicain, notamment de l’égalité des citoyens dans l’accès à l’emploi public. Le type de commentaires que vous faîtes a déjà été lu quelquefois dans notre groupe dans le genre : « supprimons la mascarade des concours ». C’est ce qui s’appelle un troll il me semble.


          • frx75 (---.---.125.64) 7 avril 2006 19:00

            Les trolls sont des êtres sympathiques en provenance du nord de l’europe. Regardez leurs fonctionnaires et comparez. Est ce un monde moins juste ? Moins égalitaire ? moins performant ?


          • frx75 7 avril 2006 19:18

            Dans le jargon en ligne de Linux-france on trouve la définition suivante :

            « Un Troll est donc sur l’Usenet [les newsgroups], soit (1) un sujet qui fâche (par exemple : « Mac ou PC ? »), soit (2) un individu qui persiste à lancer des discussions sur des sujets qui fâchent. »

            Cette définition reste à développer, car les sujets polémiques ne sont pas nécessairement des sujets à trolls. Et qu’en dehors du sale temps qu’il fait (et encore...) il y a peu de sujets qui ne fâchent pas. On rencontre en effet des trolls en dehors de l’Usenet.

            Pour l’instant, il suffit de savoir qu’un troll désigne, dans l’imagerie de l’internet, un personnage malfaisant dont le but est de perturber le fonctionnement des forums de discussion en multipliant les messages sans intérêt (ou, plus subtilement, en provoquant leur multiplication). La règle première des forums est en effet que, lorsque le nombre de messages sans intérêt devient trop important par rapport à celui des messages pertinents, le forum est considéré comme mort : il est dès lors impossible (trop de choses inutiles à lire, interface surchargée, temps de chargement du forum rédhibitoire...) d’y trouver l’information intéressante.

            Est-il utile de rappeler que le verbe correspondant à l’activité du troll est troller (« alors, encore en train de troller ? ») ? Toutes les déclinaisons imaginables sont autorisées (« il va nous exploser le trollomètre », « c’est plus un forum, c’est un trollodrome »...)

            Dans un premier temps, restituons les sources, puisque le filtre anglo-saxon déforme aussi bien le bestiaire dans sa relecture folklorique que le terme imagé pour désigner un sujet provocateur, c’est-à-dire dont le but ne consiste qu’à déclencher des réactions en pure perte.

            L’étymologie mythologique du troll L’origine du terme « troll », sur l’internet, se perd dans la nuit des temps, et constitue d’ailleurs un excellent sujet de débat pour les trolls. En règle générale, on utilise l’étymologie anglaise du terme dans la description objective du comportement, et l’étymologie mythologique pour son aspect imagé. Mais tout bon troll se doit de connaître quelques autres origines, s’il veut passer pour un troll savant.

            jötunn, urs, tröll

            Le Géant en vieux norrois est jötunn (eoten en vieil anglais). Les Géants habitent Útgarr (« monde extérieur », « espace situé en dehors »), par opposition à Ásgarr (« demeures des Ases », des dieux) et Migarr (« demeure du milieu ») où habitent les hommes. Ils ont un rôle central dans la mythologie nordique (cosmologie, généalogie, etc.) et sont une menace permanente aussi bien pour les dieux (les Ases et les Vanes) que pour les hommes. C’est pourquoi le dieu Ase órr (Thórr) les chasse. Il est bien équipé à l’aide de sa ceinture de force, un gant de fer et son célèbre marteau (Mjöllnir) [1].

            úrs, tout comme tröll désigne les géants malfaisants et démoniaques. C’est également le nom d’une rune qui produit un effet maléfique ou bénéfique : séduire les femmes [2].

            Le mot tröll désigne exclusivement le géant en tant que monstre hostile, et à partir du moyen âge des esprits maléfiques particuliers. Notamment, ils sont associés au pouvoir de provoquer des maladies. On trouve également une sorte de lutins, le hudrefolk, qui intervient dans les légendes d’enfants incubes.

            Le géant entendu en ce sens est donc une créature sale, poilue, laide, stupide et surtout bruyante. Malfaisante et violente donc, mais assez facile à vaincre à cause de sa bêtise. Voilà qui donne une image sympathique du bon gros pénible qui va troller dans les forums de discussion...

            Cependant un troll dans un forum de discussion, car c’est avant tout l’usage qui nous intéresse ici, provoque au contraire des dégâts : pollution du forum par une saturations de messages, oubli de la discussion (au cas où le troll ne soit pas initiateur du sujet de discussion) et finalement impossibilité de poursuivre.

            to troll

            To troll, en anglais, consiste à pêcher à la cuiller (on apprendra d’ailleurs que la cuiller est un leurre métallique de forme creuse et incurvée). Par passage sur l’internet, il s’agit de poster des messages ineptes (des leurres) en espérant obtenir d’autres messages. Certaines sources indiquent que le terme dériverait de to trawl, pêcher au chalut ou à la traîne. Dans certaines FAQ anglophones, on explique ainsi que troller équivaut à partir à la pêche aux messages incendiaires (« fishing for flames »).

            Étymologie pour bon gros troll

            On pourra avantageusement poursuivre cette analyse passionnante de l’étymologie en évoquant d’autres origines...

            Le lecteur pourra se rendre sur langue-française, et découvrira par exemple que le verbe troller existe en ancien français. Troller, v. n. Terme de vénerie, quêter au hasard (in. Lexique de l’Ancien Français, Frédéric Godefroy, Paris, Honoré Champion, 1994). Un autre intervenant de ce site indique que le verbe « trôler », en français, serait issu du latin populaire trahere (« suivre à la trace ») et signifierait « aller de ça, de là », « mener, promener de tous côtés » et encore « tenir des propos inconsidérés ».

            Le présent article tournant résolument au gang bang sur colléoptères, n’hésitons pas à signaler une autre étymologie possible (fournie par le Lexique des termes employés sur Usenet) : passant du scandinave au hollandais, puis du hollandais au français, le « tröll » serait devenu le « drolle », un être malfaisant jouant des tours, mais que l’on ne pouvait prendre au sérieux. Finalement, le sens et l’orthographe se sont fixés sur la version « drôle » que nous connaissons désormais.

            Signalons encore l’allemand : Troll (Kobold) lutin ; et la forme verbale sich trollen : décamper, déguerpir, détaler [3].

            Le troll, un peu plus loin Venons maintenant plus directement à l’objet de cet article. On a vu que le troll tire son origine des newsgroups.

            Cependant, les newsgroups étant moins utilisés par le grand public et étant déjà totalement pollués par la publicité, ils sont devenus un espace de jeu beaucoup moins attractif pour le troll.

            Les nouveaux territoires de prédilection du troll sont désormais :

            les listes de discussion par email ; il s’agit ici des listes publiques, auxquelles tout le monde peut s’abonner, et non modérées (c’est-à-dire que les messages sont repercutés à l’ensemble des abonnés dès qu’ils sont envoyés, sans validation par un administrateur) ;

            les forums de discussion sur le Web. La permanence de ces forums (les messages restent indéfiniment en ligne) et leur forte fréquentation les rendent terriblement attractifs.

            Si l’activité trollesque dans les newsgroups est largement documentée, celle qui s’attaque aux listes de discussion (mailing-lists) et aux forums du Web est peu traitée par les experts ès trolls.

            Les messages des trolls Évidemment, le troll se reconnaît à ses messages (messages dont le seul but est, rappelons-le, la pollution du forum en provoquant une avalanche de réponses sans intérêt). Les caractéristiques des messages trollesques sont les suivantes :

            À l’origine, sur les newsgroups, la stratégie principale est le crosspost, c’est-à-dire l’envoi d’un message sur plusieurs forums aux sujets différents (ou, mieux, contradictoires). Il s’agit de mélanger des discussions aux thèmes opposés, et de provoquer ainsi une flame war (guerre de messages incendiaires) entre des interlocuteurs qui ne devaient pas, à l’origine, discuter ensemble (car leurs préoccupations sont différentes). Un groupe de trolls a ainsi déclenché une invraissemblable guerre en mélangeant les messages des listes alt.smokers (les fumeurs), can.talk.smoking, alt.support.non-smokers (non-fumeurs), asthma (asthmatiques). Sur le Web et dans les mailing-lists, de telles stratégies sont plus difficiles à mettre en place.

            Cependant, de cette stratégie du mélange des sujets, le troll du Web et des mailing-lists conserve cet usage immodéré du message hors thème. C’est même la principale stratégie de pollution : dans un forum consacré à Vivendi, un interminable message rappelant tout l’historique du mouvement trotskyste.

            Basique : la bonne grosse provocation et l’insulte. L’idéal, pour encore plus d’efficacité, consiste à utiliser une image qui insulte un autre groupe humain. Par exemple : « espèce de sale australien, bâtard de fils de putes et de taulards, résidus de la lie de l’Empire » va immédiatement faire intervenir de bonnes âmes persuadées qu’il est passionnant, dans un forum consacré à la culture des figues en Ontario, de défendre l’honneur des australiens, des taulards et des victimes de la prostitution ; on peut également espérer un historique complet de l’Empire anglais, puis une dénonciation virulente de l’impérialisme contemporain...

            Les réponses systématiques. Toute réponse creuse à un message creux permet d’entretenir la dynamique du groupe. De fait, on constate le plus souvent que les victimes d’un troll, en répondant à son message et en se lançant dans d’interminables débats oiseux, deviennent à leur tour des trolls. L’aspect plus ou moins systématique des réponses permet au passage de différencier le troll bête du troll méchant (voir ces notions ci-après) : le troll bête répond à tous les messages qui suivent son message initial, à l’inverse du troll méchant qui se contente d’entretenir le mouvement par quelques interventions très ciblées (il y a donc, chez le troll méchant, une sorte d’économie de moyens qu’il faut porter à son crédit).

            Les messages trollesques refusent systématiquement d’aborder le fond et privilégient la forme des messages : « mais pourquoi tu me tutoies... », « moi je ne t’ai pas agressé alors pourquoi tu m’agresses » ; « t’as vu comment il m’a causé l’autre... tu trouves pas qu’il exagère ? » ; « purée, les fautes d’orthographe ! » ; « c’est nul de critiquer ton interlocuteur parce qu’il fait des fautes »...

            Très faciles, les messages qui commentent la gestion du forum au lieu de l’objet de la discussion : « on peut pas corriger ses messages ? » ; « je crois qu’on m’a sucré mon message, mais il est revenu » ; « ah ah, je vois comment vous fonctionnez sur ce forum ! ».

            Dans son refus d’aborder le fond, de privilégier la forme et de débattre sans fin de la gestion des forums, le troll a une propension inimaginable à se placer dans l’affectif. Ses messages deviennent un jeu subtile de connivences, de divisions, de recherche d’alliés et d’ennemis. Il se croit ou se prétend copain avec Untel, alors que Machin est méchant et le persécute, et Bidule est maqué avec Truc, puis Trucmuche s’est engueulé avec ses Bisounours. En fin de compte, on obtient des messages très constructifs sur le thème : « Machin a raison parce qu’il est gentil, Truc a tort parce qu’il est méchant ».

            Nous avons dit plus haut que la technique du crosspost (mélange des messages sur plusieurs forums) était rare sur les mailing-lists et les forums du Web ; en réalité, on en trouve une variante qui consiste à diversifier ses supports. Troller sur le forum public, se plaindre de l’accueil peu sympathique qu’on y a reçu dans les forums privés ou publics, lettres aux admins, lettres de plainte sur la mailing-list associés au même site, etc.

            Une fois parfaitement identifié, et ses thèmes de discussion épuisés, le dernier sujet du troll est de se prétendre victime d’atteintes inadmissibles à sa liberté d’expression. Sujet qui, lui-même, ne sera jamais abordé sur le fond, mais sur la forme, la gestion des forums par les méchants administrateurs qui ne m’aiment pas, le manque de politesse des intervenants.

            Phase ultime : les messages de sabotage, avec au pire : tentatives de destruction physique du forum (virus dans une mailing-list, messages « hors format » sur le Web pour faire exploser la page, etc.).


          • Anni73 7 avril 2006 19:24

            Je ne connais pas les systèmes des pays nordiques en matière de recutement de fonctionnaires. Ce qui est bel et bien un problème ici, c’est la dualité du recrutement : statutaire ou contractuel. En particulier pour les lauréats du concours la pénalité de la formation après recrutement entraîne inévitablement les collectivités à préférer des contractuels. Nos propositions sont notamment que cette formation ait lieu dès la réussite au concours, afin de ne pas nous pénaliser par d’avoir réussi au concours ! Cette solution existe déjà pour certains concours de la fonction publique territoriale. De plus cette solution aurait le mérite de responsabiliser les collectivités en matière de recrutement. Elles n’auraient ainsi plus lieu de déclarer des postes « au cas où », mais elles s’engageraient, sinon à recruter au moins à contribuer financièrement à la formation obligatoire de l’agent. Personnellement je pense que c’est bien pour cette raison que la fonction publique territoriale est la championne de la précarité, le système actuel encourage à recruter en mode précaire. Alors que dans la presse on lit régulièrement des articles sur les départs en retraite massifs des fonctionnaires, nous ne pouvons que constater l’absence de gestion prévisionnelle des recrutements actuellement.


          • Anni73 7 avril 2006 19:28

            Merci mon cher, mais nous sommes ici sur un article de reçus-collés, pas de copié-collé !


          • frx75 7 avril 2006 23:15

            C’est très mal connaître la fonction publique en général que d’ignoer qu’il a partout des contractuels...Jetez un oeil du côté des services du Premier Ministre lui-même !


          • Anni73 8 avril 2006 00:13

            Merci frx75 de nous faire remarquer que nous ne sommes pas les seuls concernés, comme le note aussi ce rapport : http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/2006.01-04.2.pdf Je vous propose de nous faire un bel article sur ce sujet que vous connaissez et espère que tout comme cet article, il suscitera l’intérêt de la grande majorité des lecteurs.


          • r0dy (---.---.212.160) 7 avril 2006 15:04

            Je suis d’accord, c’est scandaleux à tous les niveaux. Très bon article, merci.


            • Marian (---.---.231.120) 7 avril 2006 15:24

              Je trouve l’article très bien écrit, et j’espère qu’il fera prendre conscience à de nombreuses personnes de l’existence de ce problème, et de ses victimes.


              • Rage Rage 7 avril 2006 16:58

                Voilà ce que j’appelle un article « bombe ».

                Je partage totalement l’analyse et la triste réalité. Etant moi même actuellement sur liste d’aptitude du concours d’ingénieur territorial je ne peux qu’acquiescer tous les détails de cet article.

                On parle d’égalité des chances, mais le concours est fondamentalement inégal à la BASE.

                Pour accèder au « statut » il y a 2 voies :
                - La voie « statutaire d’office » type ingénieur subdivisionnaire TPE, Ponts et Chaussé eyc...
                - La voie du Galérien par la voie de concours

                Il y a 3 types de concours : externe, interne et 3ème voie (interne bis disons). Dans le concours externe, celui ouvert suivant niveau de diplôme et parfois même TYPE de diplôme existe ce que l’on pourrait dénommer les « faux externe ».
                - Le faux externe de type CDD 3 ans déjà en poste, bénéficiant d’une formation pour le concours financée par le CNFPT aux frais de la collectivité.
                - Le faux externe bis qui est catégorie B ou C, déjà en poste, qui ne peut pas passer le concours en interne car il n’a pas 4 ans d’ancienneté et a tout avantage à le passer en externe.
                - Le vrai externe, généralement issue de l’université.

                Après ce brassage statistique, disons que sur 100 postes ouverts officiellement il y a : 10 postes pourvus par des CDD 1 an renouvelable 2 fois. 90 ouverts aux statutaires. Sur les 90 postes, 70 sont pourvus par voie de mutation en interne, 20 par voie de recrutement directe (liste d’aptitude).

                Sur les 20 postes restants, donc ceux qui s’obtiennent après le concours il y a sur 20 lauréats au concours :
                - 10 postes obtenus par les faux externe de type « CDD déjà en poste » puisque déjà formés et aidés par le CNFPT.
                - 5 postes obtenus par les faux externes de type « promotion à la classe supérieure »
                - 5 postes obtenus par les vrais externes.

                Multiplions les statistiques par 3 : Au final, disons que sur 60 lauréats , on peut espérer 10 à 15 vrais externes. Mais sur 300 postes apparents sur les sites du CNFPT et gazette des communes, seuls 10 à 15 seront pourvus par des EXTERNES REELS soit une création de poste net de 15 postes pour 300 offres, et 15 postes pour 60 lauréats de concours.

                En sachant que pour 60 lauréats il faut environ 1000 candidats, vous avez donc 15 chance sur 1000 d’obtenir un poste en collectivité !

                Mais ce n’est pas fini !

                Une fois lauréat, donc sur liste d’aptitude, vient donc la phase d’approche des collectivités : autant vous dire que sans « piston », vous êtes morts. L’essentiel des recrutements draine 20 à 60 CV par offre (plus le poste est élevé plus c’est important). Sur ces 60 CV, autant vous dire qu’avec la mention liste d’aptitude + 3 mois de formation + peu d’expérience, vous avez peu de chance d’être présent à la fin. Comme il y a toujours un gars en CDD ou en Cat B pour vous piquer le poste, autant vous dire que même sur liste d’aptitude vous n’avez pas fini.

                Et c’est du vécu ! J’ai même vu un directeur général de service ne pas comprendre le terme « Titulaire du concours d’ingénieur et inscrit sur liste d’aptitude »... il était TPE (ingénieur d’office à Bac+5 car école d’Etat) !

                Autant vous dire, lorsque vous faîtes un DESS, que vous réussissez par miracle le concours, et que vous n’avez pas d’appui, si vous trouvez une place dans les 3 ans de compte à rebours, que vous n’êtes pas prêt de lacher votre poste ! Et voilà comment, par un système immobile, figé et absurde, on arrive à créer des générations de « fonctionnaire » prêts à tout pour ne pas perdre leur place.

                La génération précédente se battait pour le statut. Ma génération se battra sans doute pour conserver ce qu’elle a mis des années à avoir à force de temps, d’acharnement, de nuits blanches et de patience.

                Si le privé n’est pas beau à voir du point de vu des recrutements, ce n’est pas mieux dans le public.

                Pire, je crois que la France fait définitivement le choix de ne pas valoriser ses jeunes. En tous les cas, même si au concours certains jeunes passent, faut-il encore que les collectivités jouent le jeu et fassent confiance en ne demandant pas 15 ans d’expérience à un gars de 23 ans...

                Je ne parlerai pas également des frais de déplacements à charge, des temps à occuper des DRH stériles et autres coûts de formation multiples qui sont totalement stériles par l’absence de LISIBILITE du parcours du combattant.

                Et oui, mieux vaut faire un Bac+2 et monter plutôt qu’en chier en DESS pour finir vendeur à décathlon. Mieux vaut avoir un concours à 30 ans plutôt que de démontrer sa capacité à l’avoir à 23... voilà ce qu’est le fameux modèle social français qui tire toujours vers le bas !


                • Rage Rage 7 avril 2006 17:02

                  J’ai oublié de dire : Mes statistiques concernent un concours de Catégorie A. Plus le niveau est élevé, plus l’arrivée de « vrais externes » est compromise...


                • toto (---.---.94.25) 7 avril 2006 17:40

                  Les concours sont des loteries archaiques....

                  La fonction publique ferait mieux déja de résorber ces emplois précaire,ces salariés sous contrat emploi-solidaité, sous contrat emplois-jeunes que d’ouvrir des concours externe...pour intégrer des universitaires qui auront le salaire d’une caissiere en catégorie C....

                  Et qui auront un sentiment d’injustice sociale toute leur... la déqualification que pratique l’administration par son mode de recrutement est aussi une cause d climat social détestable de la focntion publique....

                  Sans parler que les gens qui ont seulement un bep ou un cap n’ont aucune chance d’etre recruter... Ce systéme en apparence est psuedo éllitiste est un systéme qui bloque toute accés au bep et cap...

                  Ensuite vous parlez de préparation mais comment percevez vous des recrutements à un concours ou on a une chance 1 sur 500 ou 1 sur 1000 ou 1 sur 2000 ou et plus

                  A moins d’aimer les jeux de hasard... ou d’avoir un profond manque de confiance en soi pour intégrer la sécurité d’un emploi a vie...

                  alors que les chances d’etre recruté sur un poste dans une entreprise privé est nettement supérieur...

                  Alors au lieu de dépenser de du temps et de l’argent a des préparations vous feriez d’investir c’est énergie a psotuler dans le secteur privé...

                  Quand on perspective de carriére vous devriez bien les regarder...je pense que vous sur évaluer des carrières peut attractive....car la sécurité de l’emploi a un prix une carrière peut attractive et des salaires franchement pas top... Faire un bac + 4 pour intégrér une catégorie C et sa grille de salaire de misère....

                  autant un faire un cap de plomberie pour avoir un salaire trois fois superieur a agent de categorie c... ; vous vous installez plus vite dans la vie, appartement argent = autonomie...vie de famille...

                  Mais certains ont lme chic pour dépenser une energie du temps pour investissement aléatoir et de toute façon pas a la hauteur...

                  Mais bon chacun fait ce qu’il veut... Vous acceptez de fait de vous soumettre a un système de recrutement aussi aléatoire


                  • Anni73 7 avril 2006 19:01

                    Et qu’est ce qu’on fait avec une formation spécialisée de bibliothécaire et une expérience de 10 ans comme contractuel ?

                    En fait, nous avons par notre groupe pu constater que les lauréats de concours et les emplois précaires sont souvent les mêmes personnes !

                    Vous pouvez notamment suivre le lien sur le poste qui se transforme en CDD à l’entretien.

                    Ces pratiques sont hélas courantes, mais rarement dénoncées.

                    Qui plus est beaucoup d’entre nous sont des femmes, qui disposent d’expérience professionnelle correspondant aux concours et postes recherchés, je ne vous apprend rien en vous disant qu’une femme avec plusieurs enfants a peu de chances d’être recrutée dans le privé.

                    D’autre part nous sommes assez peu nombreux de diplômés bac+5 de 25 ans. Autant vous dire que pour la majorité d’entre nous obtenir un poste n’est ni motivé par les salaires ni par la sécurité de l’emploi, mais correspond simplement à des études, une vocation et une expérience, souvent dans le privé comme dans le public.

                    Les concours ne sont pas simplement une loterie, bien sûr il y a une part de hasard, (1 chance sur 20 parfois sur 200, j’ai même lu 1000 !) mais ce qui est sûr c’est qu’un candidat qui ne montre pas q’il a les connaissances et les compétences nécessaires n’est jamais admis par le jury à l’entretien.

                    Le problème principal que nous dénonçons est le fait que lorsque nous obtenons le concours, les collectivités qui souhaitent nous recruter doivent ensuite subir nos absences répétées et prolongées pour cause de formation obligatoire.


                  • frx75 7 avril 2006 23:21

                    Faut pas s’inquiéter pur les C. Raffarin lui même a mis en place un recrutement spécifique pour ceux qui ne trouvent pas de boulot et ne sont pas trop diplômés.


                  • Reus (---.---.134.44) 9 avril 2006 07:56

                    Oui, et on se retrouve en bibliothèque avec un personnel d’accueil pouvant répondre à un enfant : « non, nous n’avons rien sur Copernic ».... parce que les CT ont des gens à recaser, ceux qui savent frapper à la bonne porte même s’ils sont nuls... Des gens dont on s’est servi sous contrat tant qu’on a pu puis que l’on voudrait jeter après usage ...


                  • chachat (---.---.120.44) 19 avril 2006 16:28

                    tout à fait d’accord, notre but n’est pas d’intégrer la fpt mais bien d’exercer le métier qui nous plait pour lequel nous nous sommes formés. D’autre part, nous connaissons les règles du jeu en passant les concours de la fpt, nous les acceptons, ce que nous n’acceptons pas c’est que certains autres joueurs (ct, recruteurs) ne les appliquent pas et ce en toute impunité.


                  • orlane (---.---.40.243) 7 avril 2006 19:10

                    Enfin ce sujet est révélé au grand jour ! Ce que vous avancez est totalement véridique.... travaillant dans une collectivité territoriale et ayant déjà fait le parcours du combattant pour y rester...(je précise que je ne suis qu’agent de catégorie C),j’ai largement testé !! Ce qui me gene un peu, c’est que l’on n’aborde pas le « statut » des personnes embauchées en tant qu’« horaire », càd, qu’ils sont pendant des années (jusqu’à 10 !!!)à n’avoir aucun contrat et doivent déclarer leurs heures effectuées chaque fin de mois ; ce qui implique aucun congés payés, un statut bâtard empêchant l’accès au logement, au crédit, etc. De plus, vous considérez frx75 comme un troll, mais ce qu’il avance me semble assez réaliste. Je m’explique : au sein de ma collectivité, pour un concours interne réussi, il y a 5, voire plus, agents promus en promotion interne.... et ce, d’après des critères plus que douteux. Soi-disant l’ancienneté, et la fameuse NOTATION !!! Tout est chevillé, embriqué telle une immense toile d’araignée...les agents à la solde des Directeurs généraux sont placés comme des agents rapporteurs des moindres faits et gestes (y compris vie PERSONNELLE) des agents qu’ils ont sous leurs ordres.. c’est vous dire la gravité et la dangerosité de telles pratiques. Nous ne sommes plus sous le régime de Vichy...mais c’est à se demander si nous l’avons quitté !!! Quant à cette fameuse notation, c’est un simulacre et un moyen pour condamner tel ou tel agent qui se révèlerait un peu trop « dérangeant » ! La commission paritaire, seule « instance » interne pour qu’un agent puisse se défendre d’une mauvaise notation ou mauvaise appréciation, est totalement faussée pour la simple et unique raison, que les agents en faisant partie (syndiqués ou non !!), ont une frousse épouvantable des hauts dirigeants (directeur général, élus), et n’ont donc aucun moyen partial de défendre leur collègue. Bref, il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais force est de contater qu’avec la décentralisation, l’intercommunalité... ce n’est pas prêt de s’arranger... ces « hauts fonctionnaires » avec leurs basses actions ont encore de beaux jours devant eux.


                    • Anni73 7 avril 2006 19:51

                      Oui, effectivement, nous sommes partis d’un groupe de reçus-collés, mais finalement c’est le système du recrutement et de la précarité dans la FPT qui sont en cause. Il y a aussi des reçus-collés internes parmi nous. Egalement les demandeurs de mutation rencontrent aussi des problèmes, alors que l’on ne peut plus leur reprocher ni le manque d’expérience en collectivité, ni le problème de la formation. Il arrive aussi que des postes restent vacants alors qu’il existe des candidats statutaires (demandeurs de mobilité, lauréats de concours) tout à fait adaptés, mais que l’autorité territoriale ne souhaite pas embaucher ceux-là. Principe de la libre administration !


                    • Anni73 7 avril 2006 20:09

                      C’est certainement réaliste ce que dit frx75, mais si nous avons décidé de « sortir du silence », et de nous constituer en association notamment pour plus de transparence dans les recrutements, ce n’est pas pour baisser les bras à chaque fois que quelqu’un avance que nous sommes des rêveurs, ou menace de nous dénoncer dans nos collectivités. Vous parliez de Vichy, notre groupe est de plus en plus anonyme car d’aucuns sont déjà menacés dans leurs collectivités ! Cependant, outre le contrôle de légalité, il n’appartient qu’à nous de défendre notre cause !


                    • reus_colls (---.---.12.215) 7 avril 2006 19:22

                      Dominique a tout à fait raison : ce que vive aujourd’hui les reçus-collés va sous peu arriver à tous fonctionnaires ayant réussi un concours, qu’il soit prof, infirmier, etc... C’est pourquoi il est nécessaire que nous nous battions. Venez, rejoignez-nous ! Reus_Colls


                      • zoï (---.---.58.60) 8 avril 2006 09:54

                        Je suis peut être mal informé sur la question, mais je me suis laissé dire que les épreuves des concours n’avaient pratiquement rien à voir avec les tâches qu’accompliront les éventuels recrutés. N’est-ce pas là une aberration ? Des gens se remuent le derrière à préparer des concours, mais tout ce boulot ne les prépare en rien à leur vie professionnelle... Ne ferait-on pas mieux d’ouvrir des écoles qui offriraient une vraie formation aux postulants ?


                        • Anni73 8 avril 2006 11:03

                          Merci, effectivement les épreuves du concours sont des épreuves de sélection, cela dit, pour s’inscrire au concours il faut justifier soit d’un diplôme correspondant pour le concours externe, soit d’une ancienneté de plusieurs années dans un grade inférieur pour le concours interne.

                          Parmi ces candidats, le premier écrémage a lieu sous forme d’épreuves écrites. Celles-ci font appel aux qualités rédactionnelles des candidats, ou encore sont réalisées sous forme de QCM. On note que beaucoup déplorent la lourdeur des connaissances en droit requises pour réussir ces épreuves. Personnellement je pense normal d’exiger des agents publics qu’ils aient un minimum de connaissance du droit, droit des marchés publics, règles de sécurité incendie, sanitaire, etc...

                          Et puisque sélection il doit y avoir, ces critères me semblent plausibles.

                          Le second écrémage se fait par une épreuve d’entretien avec un jury, composé d’élus et de fonctionnaires territoriaux. Tous les places au concours ne sont pas nécessairement « pourvues » par le jury. Et à l’oral les mauvaises notes 4, 5, 6 sur 20 ne sont pas rares. Il arrive donc fréquemment, comme les statistiques que j’ai cité dans une autre réponse le montrent, que finalement on aie moins de lauréats que de postes annoncés, le jury ayant considéré lors des épreuves orales que certains candidats, malgré leur réussite aux épreuves écrites n’étaient pas aptes à exercer les fonctions auxquelles ils prétendaient.

                          Une bonne part de candidats sont des contractuels en poste et disposent des formations nécessaires mais se présentent 2, 3 ou 4 fois avant d’être reçus.

                          Donc tout à fait, les compétences professionnelles ne s’acquièrent pas en préparant un concours, mais, les écoles et cursus universitaires existent et les candidats qui n’ont ni les cursus ni l’expérience appropriée n’ont quasiment aucune chance de réussir les concours.


                        • Adalbert (---.---.38.115) 2 juin 2006 16:56

                          C’est tout à fait exact : il n’y a pas de corrélation entre le contenu des épreuves au concours (je parle par exemple du concours d’Attaché) et les tâches telles qu’on les voit apparaître dans les annonces ; même quand vous êtes déja fonctionnaire territorial, mais à un autre grade et dans une autre spécialité, on vous oppose que vous n’avez pas le « profil ». Sans doute une des raisons que constitue le scandale des « reçus-collés » de la fonction publique territoriale.


                        • enarque (---.---.94.25) 8 avril 2006 10:01

                          Bibliothécaire... déja il faudrait se poser la question combien en forme t’on pour combien de poste... Mais avec 10 ans d’ancienneté en vacataire vous devriez etre prioritaire devant les concours externe. Puisque vous avez prouvez pendant 10 années votre capacité... C’est inadmissible que vous fassiez 10 ans de cdd ou 10 ans de période d’essai je ne vois pas les syndicats aussi indigné face au nombreux salarié de la fonction publique dans votre situation. Et votre situation est plus inadmissible que le cpe....mais elle passe sous silence

                          Aimer les livres c’est bien de la a en faire un métier... C’est toujours le dilemne entre passion et raison. Mais la raison a besoind’information... il faudrait etre plus responsable et informé dans ses choix pour avoir une orientation pour trouver une formation qui donne un boulot c’est le marché de l’offre et de la demande .... La garantie de l’emploi dépend du marché pas de l’offre de formation que propose l’éducation nationale....

                          Faut arreter de se voiler la face il faut fermer au moins 90% des places d’étudiant de deug de psycho et socio par exemple... il faut quantifier l’employabilité des filières pour faire des choix d’orientation pertinents que de rester dans l’utopie que un diplome garantie un emploi en correspondance avec son diplome : c’est totalement faux...

                          Autant avoir le bon diplome qui correspond au besoin du marché... Ensuite on remarquera que toute les fomations les plus recherché sont payantes....hec, prépa etc...


                          • Anni73 8 avril 2006 10:32

                            Merci pour ce commentaire. Effectivement il y a toujours le problème du marché de l’emploi et des débouchés des filières.

                            C’est bien le but du concours que d’opérer un tri et de ne garder que les x meilleurs pour lesquels un poste a effectivement été déclaré et croyez moi les concours sont particulièrement séléctifs, voici d’ailleurs un exemple de statistiques au hasard pour le concours de bibliothécaires en 2004. 323 places au concours, 3177 présents aux épreuves, 310 admis. http://www.cnfpt.fr/inscriptions_concours_pdf/statistiques/stat_cbib_2004.p df .

                            Un autre exemple Ingénieur en urbanisme PACA 2002 : 54 postes, 523 présents, 35 reçus.

                            Cela fonctionne comme cela dans la fonction publique d’Etat, mais avec la garantie d’un poste.

                            Toutes les filières, mais en particulier les bibliothécaires, sont concernés par ailleurs par d’autres problèmes : Les collectivités sont tentées de recourir finalement à d’autres solutions : stagiaires universitaires non rémunérés, associations, bénévoles, emplois jeunes, bref tout un tas de dispositifs qui permettent d’éviter de créer un poste. En particulier qui permettent d’éviter de recruter quelqu’un qui sera absent. Souvent, (et on les comprend, même si c’est illégal !) les autorités territoriales, même si elles choisissent d’avoir recours à un « vrai salarié » sur un poste permanent préfèreront encore un contractuel à un lauréat, pour éviter les problèmes des absences (240 jours les trois premières années) pendant la formation.

                            Elles ont aussi d’autres possibilités d’embaucher effectivement ces lauréats les meilleurs, ou toute autre personne de leur choix, en ne créant que des temps partiels, qui ne donnent pas droit à la titularisation.


                          • Rage Rage 8 avril 2006 12:31

                            Cet article est intéressant, c’est certain. En plus les commentaires sont clairs et justifiés. Je pense qu’il y a ici plusieurs facteurs à préciser afin de mieux comprendre le phénomène :

                            D’une part il faut savoir que certaines filières sont plus « touchées » que d’autres, à savoir par exemple la filière « administrative » sur le concours d’attaché. Ensuite, cela touche plus facilement les catégories A que les B, et pour les catégories C le problème se traduit surtout par l’absence de titularisation (CDD à la chaîne).

                            D’autre part il me semble important de souligner plusieurs choses :

                            - L’université (comme les écoles) forment beaucoup trop de gens dans des filières sans débouchées professionnelles. Les statistiques au concours de bibliothécaire en sont un exemple : Pour un poste très spécifique somme toute, focalisé sur le domaine public, on a quand même près de 3000 candidats pour 300 postes ! Que font les 2700 recallés quand les 300 reçus ont de la peine à trouver un poste ?

                            - Le concours est un passage : les épreuves écrites et orales sont souvent faîtes pour sélectionner à la base et sont quand même relativement opérationnelles. Bien sûr, on peut toujours leur reprocher de ne pas être suffisemment « pro », mais le pro ça s’apprend normallement sur le terrain...

                            - Justement, il existe donc des formations lors des premières années de prise de poste. D’une part on se demande pourquoi ces formations ne pourraient pas être déjà intégrées dans les facs (et oui c’est tout du publique) et d’autre part on peut réellement se poser la question de savoir si cette phase de formation n’est pas un gros frein à l’embauche. En effet, les collectivités n’ont peut être pas envie de voir partir leur nouveau catA partir 3 mois en formation puis se barrer à la fin de l’année parce qu’aucune close n’oblige la personne à rester dans les services...

                            La question clé vient donc à souligner le fait suivant : Avec ces règles du jeu, est-ce que les collectivités jouent le jeu ?

                            Pour ma part, je pense que certaines ne le jouent clairement pas, qu’il existe ce que l’on appelle des « dessous de table », non pas financiers, mais par les jeux d’informations, de copinage et de connaissances. Tout ce système, généralement chapoté par un directeur sorti de X, Mines ou Ponts tend à verrouiller les accès à tous ceux qui ne sont pas identifiés de la direction, et donc, toutes les personnes qui postulent dans des lieux où elles ne connaissent pas forcément les services...

                            Et oui, la flexibilité c’est bien, mais c’est surtout bien quand les RH et les directeurs la pratique EUX-MEMES.


                            • Anni73 8 avril 2006 17:39

                              Effectivement, une de nos premières revendications est d’obtenir un chiffrage des reçus collés, par concours et filière mais aussi en fonction de l’activité professionnelle au moment du concours. En effet, il est évident qu’un contractuel sur un poste permanent trouve très vite un poste après sa réussite au concours !

                              Personnellement je défend l’idée que les filières et concours les plus touchés (on le saura quand aura ces chiffres) doivent être prioritaires dans les mesures de résorption du phénomène. Notamment par la mise en oeuvre de la formation dès l’obtention du concours.

                              Dans les concours où ce système est mis en oeuvre, administrateurs notamment, il ne semble pas y avoir de reçus-collés.

                              Dans l’état actuel des choses une partie de cette formation est déductible sous conditions. Si de réelles mesures de déduction du temps de formation pour les lauréats qui disposent de l’expérience ou des diplômes correspondant aux fonctions recherchées étaient mises en oeuvre, il y aurait certainement moins de reçus-collés.

                              D’autre part, il existe bien sûr des problèmes de copinage, de piston, pour certains d’entre-nous ceci est dénoncé comme un problème majeur. C’est un sujet très difficile à aborder. Par contre certaines décisions accordent des préférences à des recrues locales. Il y a probablement un manque de compréhension des collectivités territoriales, qui soit hésitent à convoquer en entretien des lauréats trop éloignés, soit préfèrent privilégier des locaux, soit sont persuadées que les lauréats ne viendraient qu’à contre-coeur. Ainsi même si les concours ont une valeur nationale et que beaucoup d’entre nous sont extrêmement mobiles (800 km pour des CDD de 6 mois, parfois !)nous pensons être discriminés géographiquement. Pourtant si nous candidatons c’est bien parce que nous sommes disposés à venir. Nous avons également évoqué à ce sujet l’interdiction de critères géographiques dans la sélection des candidats, (ce qui excluerait également d’exiger la maîtrise de langues régionales chaque fois que ce n’est pas « indispensable au service »).


                            • cap (---.---.201.115) 13 avril 2006 10:59

                              Suis-je un « 4400 » ? Non ,mais fin du mois d’avril,la validité de mon concours de contrôleur (obtenu en 2002) sera terminée.Dans ma commune,des agents ont été nommé sans concours.Personne ne peut me dire pourquoi ,je ne suis pas nommé.Je suis passé par la DRH,le maire,le chef de service, le syndicat .Mes courriers vers les autres mairies sont revenus avec des réponses négatives. Pensant qu’il n’y avait plus de place pour ce poste,j’ai essayé de négocier pour le poste de maîtrise principal mais non.Faut-il rentrer dans l’illégalité et dévier du droit chemin pour être côté ? Il faut être réaliste,OUI !


                              • Anni73 (---.---.220.102) 13 avril 2006 11:18

                                Alors rejoignez nous d’urgence sur :

                                http://fr.groups.yahoo.com/group/recus-colles/

                                Nouos avons déjà été écoutés amis nous ne sommes que 200, et nous pèsons encore trop peu.

                                Beaucoup parmi nous sont dans votre cas (près de perdre le bénéfice du concours). Nous revendiquons aussi sinon la validité à durée illimitée du concours, du moins un rallongement de la durée.


                              • RC-FPT (---.---.152.17) 14 avril 2006 13:51

                                Très bel article, merci.

                                Même si certains d’entre nous arrivent à se trouver des postes dans les délais impartis (3 ans), on constate avec horreur que par la suite, la fête continue !!!

                                Reçus-collés internes, piston, contournement de la légalité, surqualification des postes, ça ne s’arrête donc jamais ???

                                Il faut absolument continuer la mobilisation, inscrivez-vous sur la liste de diffusion

                                http://fr.groups.yahoo.com/group/recus-colles/

                                et allez visiter notre blog :


                                • cap (---.---.192.110) 15 avril 2006 01:37

                                  J’ai passé le certificat d’études primaires,le bepc qui n’ont plus aucune valeur si ce n’est que de les avoir passé avec succés.La même chose pour le bep. La vie professionnelle demande de passer des concours pour les administations ;j’en ai passé 2 pour 2 administrations. Pour grimper dans cette communauté, il faut passer des concours vous dit-on et quand il y a réussite,vous passez pour un gênant car la place était réservée pour le fils d’un élu ou l’ami de...Nos politiciens de tous les bords agissent de cette facon salissant le terme EGALITE. FRATERNITE:tu es le frère de l’ami du directeur général,ne t’en fais pas ...Bien sûr si les histoires d’embauches sont dues à LA LIBERTE et aux magouilles ;les petits comme moi issus du monde ouvrier n’ont pas de chance de s’en sortir car ....je suis dégoûté et des Bernard Tapie,il y en a plus que l’on ne crois.Naïf,j’ai eu confiance aux hommes dont beaucoup se comportent comme des requins pour y arriver et voir plus s’abaissant à des agissements indignes de l’espece humaine.


                                • anni73 (---.---.224.182) 15 avril 2006 09:35

                                  Nous constatons aussi régulièrement des annonces décrivant des missions relevant d’un cadre d’emploi supérieur à celui indiqué et donc permettant à la collectivité de payer moins cher une main d’oeuvre qualifiée.

                                  Nous constaton également des offres de stage pour remplir des missions qui relèveraient à notre sens d’un emploi salarié.

                                  Nous allons donc relever les annonces abusives, par exemple les annonces qui exigent des études bac+n et plus pour des postes de catégorie C.

                                  Au nom de l’association nous écrirons aux collectivités concernées.

                                  Pour plus d’information, pour témoigner ou pour dénoncer des abus tant au niveau des annonces que des recrutements, n’hésitez pas à contacter l’association ou à témoigner sur son blog.

                                  http://fr.groups.yahoo.com/group/recus-colles/ http://recuscolles.canalblog.com/


                                • lo (---.---.149.143) 19 avril 2006 19:34

                                  très drôle avec le pub « l’administration recrute » en bas de page !! et scandaleux pour le fond, qui dénonce effectivement un vrai problème auquel je suis personnellement confrontée. Une réforme s’impose


                                  • (---.---.212.143) 7 juillet 2006 06:35

                                    Je vais essayer de passer ma V.A.E., mais j’en tremble d’avance.


                                    • Corinne (---.---.98.26) 25 juillet 2006 13:23

                                      Je me permets de rectifier : la formation est de 240 jours pour la catégorie A, dont 120 la première année en catégorie B : rédacteur, par exemple elle n’est plus que de 120 jours dont 60 la première année. Quant à la catégorie C, il n’y a aucune obligation à la formation suite au concours. Il est cependant vrai que la formation reste un obstacle au recrutement, même quand on est déjà en place et si en plus vous êtes une femme en âge de procréer, achetez plutôt un ticket de loto.


                                      • lavoignat (---.---.69.148) 8 janvier 2007 15:13

                                        Bonjour, Nouvelle recue/collée. En effet j’ai réussi en 2003 le concours de rédacteur territorial qui a été prorogé pour adoption. La collectivité (environ 15 postes en interne) n’a fait aucun effort pour me titulariser sur l’un d’entre eux. Et les promesses de mon chef n’ont pas abouties. Voila je me retrouve au m^me point de départ q’uil y a trois ans et même pire car ayant réussi ce concours ma situation administrative a été bloquée pour cause de réussite. Voila

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