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Logiciel propriétaire : les raisons d’une dépense inutile ?

Comme beaucoup d'acteurs de l'informatique, je pensais, avec l'arrivée de OpenOffice, de LibreOffice, puis de Google Apps, que la suite bureautique Microsoft Office n'avait plus de réel avenir. Il est tout de même étonnant de constater les raisons de l'entêtement des DSI des grands groupes, des collectivités et de l’État français à vider leurs poches pour payer un droit à utiliser une suite logicielle bureautique !!!

Les raisons d'une "réussite" commerciale ?

Il y a, de mon point de vue, cinq raisons à ce que les entreprises aiment à se faire "racketter". La 1re est historique. C'est l'incapacité des DSI et des DRH à conduire le changement, selon le principe qui veut qu'on ne change pas une équipe qui gagne. Pour ces mercenaires d'un nouveau genre empreints de beaufitude, le choix de l'Open Source serait même devenu un risque, soucieux qu'ils sont de construire une carrière sans embûche !

La 2e, ce serait la qualité des logiciels de la suite bureautique de la firme de Redmond. Ils seraient plus vifs, plus riches et mieux pensés sur le plan fonctionnel. LibreOffice ou OpenOffice ne sont pas les seuls logiciels à pouvoir concurrencer Word et Excel. L'Open Source dispose de solutions véloces - et suffisamment fonctionnels pour l'usage qui en est fait - comme Abiword ou Gnumeric ! 

La 3e qui me semble de loin la plus importante et qui rejoint la 1re, c'est que dépenser, c'est exister. Que serait une DSI sans ces centaines de milliers d'euros consacrées aux licences ? Que serait une DRH sans présenter des dépenses destinées à la mise à jour des compétences ? Le responsable d'un centre de formation m'expliquait hier qu'il avait vendu 500 jours de formation pour une entreprise de 3300 salariés pour le passage de Office 2003 à Office 2010 ! N'y a-t-il rien d'autre à faire que de brûler ces budgets pour autant d'insignifiance ? Nos problèmes de compétitivité proviennent aujourd'hui en grande partie de l’inadaptation des budgets consacrés à la formation professionnelle.

La 4e raison, c'est la défiance toujours vivace exprimée par la plupart des directions informatique qui considèrent les solutions Open Source moins fiables que les produits commerciaux. C'est évidemment totalement faux. Prenons un exemple. Au cours de l'année 2012, Microsoft Office a fait l'objet de 7 alertes de sécurité selon le CERTA, là où LibreOffice n'en a connues que 4 !!! Il faudrait aussi parler des délais moyens d'apparition des correctifs.

La 5e raison tient aux applications utilisées par les entreprises. La plupart d'entre elles proposent des liens dynamiques au travers de macros réservées aux seuls logiciels de la suite Microsoft. Les éditeurs continuent de reproduire là un modèle né dans les années 90 et qui est en train de voler en éclat. Leur absence d'ouverture et d'imagination ne leur laisse pas d'autre alternative que de mourir à petit feu.

Le choix du logiciel propriétaire est un cimetière en devenir !


Les réactions les plus appréciées

  • jef88 (---.---.---.215) 24 novembre 2012 11:37
    jef88

    pourquoi les logiciels propriétaires survivent ?
    - chez les particuliers
    on achète un ordi avec la suite office de microsoft ! de toute façon on l’a payée alors pourquoi changer .....
    - dans les entreprises
    même motif et en plus on tient à l’« unité » logicielle du parc.... tout changement serait vécu comme une révolution !
    par les décideurs pas par les utilisateurs !

    en fait il faudrait dissocier, obligatoirement, l’achat de la machine et celui du logiciel !

  • amiaplacidus (---.---.---.100) 24 novembre 2012 11:40
    amiaplacidus

    Dans le cadre de ma toute petite entreprise de développement en informatique industrielle, je n’utilise que des logiciels libres depuis 1998, pour tous faire : développements, courrier, internet, comptabilité,

    Longtemps, j’ai tenté de convaincre les personnes que je rencontre de passer également sous les logiciels libres*. Sans trop de succès, à part un intérêt poli.

    Alors, maintenant, je m’en fout. Si les gens ont envie de payer cher pour des produits de qualité douteuse, c’est leur affaire.

    * Les applications que je développe tournent, dans la plupart des cas, sans OS, elles ne sont donc pas dépendantes d’un éditeur.

  • jidge (---.---.---.204) 24 novembre 2012 09:23

    Juste une petite rectif : un logiciel « open source » n’est pas gratuit : sinon ces sociétés mettraient la clef sous la porte. En fait, le logiciel est généralement (pas toujours, voir Red Hat par exemple) gratuit, mais la maintenance, la formation et tout ce qui va autour est payant.

    Cela reste nettement moins cher que les logiciels propriétaires (Microsoft, Oracle, etc..).

    Notons aussi que certains d’entre eux commencent depuis plus de dix ans maintenant à s’implanter dans des grandes structure comme...la gendarmerie (Open Office, puis , me semble-t-il, Linux depuis).

  • BOBW (---.---.---.43) 24 novembre 2012 09:31
    BOBW

     Bravo de cette mise au point juste et précise (afin d’informer les utilisateurs et consommateurs ) rejoignant les analyses désintéressées de l’ éminent R.M. Stallman qui a déclaré à plusieurs reprises
     « Je puis expliquer la base philosophique du logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Liberté, parce que les utilisateurs sont libres. Égalité, parce qu’ils disposent tous des mêmes libertés. Fraternité, parce que nous encourageons chacun à coopérer dans la communauté


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64 réactions à cet article

    • Deneb (---.---.---.73) 24 novembre 2012 11:50
      Deneb

      duralex : "...la gratuité est un problème car elle engendre la pauvreté, c’est une forme de bénévolat qui n’est pas sain car tout travail mérite salaire....« 

      Heureusement que l’on vous prend au 2ème degré, des politiciens utilisent justement ces arguments pour renforcer la dictature dans laquelle on glisse de plus en plus. Combien de fois on m’a expliqué ce que vous venez d’écrire, sur un ton tout à fait sérieux. Le pire c’est que c’est tellement énorme d’illogisme que, pour y répondre il aurait fallu descendre au même niveau et c’est là que les habitués des arguments fallacieux vous battent avec l’expérience.

      La gratuité engendre la pauvreté uniquement chez ceux qui se sont approprié et qui vendaient cher les ressources qui naturellement appartiennent à l’humanité toute entière - je parle des œuvres de l’esprit. Il est clair que ceux qui vendaient les encyclopédies ont été durement frappés par Wikipédia. Les cartographes maudissent Google Earth etc. etc. Mais au niveau de l’humanité, c’est un vrai bond en avant. Les choses qui prouvent qu’en polarisant les enthousiasmes on arrive beaucoup plus loin qu’en multipliant les appâts de gains. Un coup dur pour le système qui, telle une bête blessé, cherche à frapper avec une force aveugle ceux qui en fin de compte enrichissent l’humanité.

      Tout travail mérite salaire ? Le »travail« le plus créatif, la dilatation du col de l’utérus lors d’un accouchement, engendre-t-il un salaire ? Oui, s’il s’agit d’une mère porteuse, tombé enceinté par »l’immaculée conception", sans acte sexuel. A part cela, je me demande bien qui a payé le bois qui a travaillé dans ma table de cuisine, que j’ai fini par jeter, les fissures l’ayant rendu inutilisable... smiley

    • Denis Szalkowski (---.---.---.221) 24 novembre 2012 18:52
      Denis Szalkowski

      @durae.leges.sed.leges

      L’informatique, c’est du service. L’Open Source, le logiciel libre nous reposent la question du travail. Alors, dans l’informatique aussi, remettons en avant la valeur « travail » !

    • Croa (---.---.---.38) 25 novembre 2012 00:04
      Croa

      « la gratuité est un problème car elle engendre la pauvreté »

      FAUX, c’est le contraire !
       Le partage rend tout le monde plus riche, et il s’agit de richesse réelle.

      La propriété c’est du vol, plus exactement une arnaque qui permet à certains de retenir les richesses seulement pour eux. Donc en privant certains, c’est elle qui engendre la pauvreté !

    • anomail (---.---.---.130) 26 novembre 2012 09:21

      [D’un autre côté, la gratuité est un problème car elle engendre la pauvreté, c’est une forme de bénévolat qui n’est pas sain car tout travail mérite salaire surtout dans un monde où précisément il n’y a plus de travail.]

      Vision très réductrice des créateurs de logiciels libres.

      Explication :
      http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2008/04/08/10/59/12-opensource-et-payant

    • Tresorauto (---.---.---.37) 7 mars 2013 14:48

      «  A part cela, je me demande bien qui a payé le bois qui a travaillé dans ma table de cuisine »=> Ben on sait pas pour votre table de cuisine.

      par contre pour les logiciels libres, ce qui est bien c’est qu’ils se popularisent dans de très nombreux domaines et on peut en imaginer dans tous les domaines : e-commerce (avec prestashop par exemple), où encore un logiciel libre pour aménager son intérieur et sa cuisine sur mesure

      Je pense aussi que les logiciels payants s’ils n’apportent pas un grand plus (hormis le fait d’avoir été là les premiers) vont finir pas décliner.

  • jidge (---.---.---.204) 24 novembre 2012 09:23

    Juste une petite rectif : un logiciel « open source » n’est pas gratuit : sinon ces sociétés mettraient la clef sous la porte. En fait, le logiciel est généralement (pas toujours, voir Red Hat par exemple) gratuit, mais la maintenance, la formation et tout ce qui va autour est payant.

    Cela reste nettement moins cher que les logiciels propriétaires (Microsoft, Oracle, etc..).

    Notons aussi que certains d’entre eux commencent depuis plus de dix ans maintenant à s’implanter dans des grandes structure comme...la gendarmerie (Open Office, puis , me semble-t-il, Linux depuis).

    • Croa (---.---.---.38) 25 novembre 2012 00:22
      Croa

      Effectivement ces logiciels ne sont gratuits que pour les particuliers qui bricolent.

      Par contre pour une entreprise, où aucune intervention n’est gratuite, ils sont loin de l’être !  La licence d’achat n’est qu’une petite partie des coûts et sur le reste il se pourrait bien que les logiciels commerciaux soient plus souvent compétitifs car plus standards, faciles à administrer et donc finalement moins chers à l’usage. (Mais je peux me tromper là !)

      Par ailleurs il y a le cas particulier de Windows, systématiquement monté d’origine, pas gratuit mais, offert avec la machine, qui semble l’être ! 

  • BOBW (---.---.---.43) 24 novembre 2012 09:31
    BOBW

     Bravo de cette mise au point juste et précise (afin d’informer les utilisateurs et consommateurs ) rejoignant les analyses désintéressées de l’ éminent R.M. Stallman qui a déclaré à plusieurs reprises
     « Je puis expliquer la base philosophique du logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité. Liberté, parce que les utilisateurs sont libres. Égalité, parce qu’ils disposent tous des mêmes libertés. Fraternité, parce que nous encourageons chacun à coopérer dans la communauté

    • Deneb (---.---.---.73) 24 novembre 2012 18:09
      Deneb

      bobw : croyez-vous que c’est l’esprit de ce slogan républicain qui a séduit la Gendarmerie Nationale pour adopter Linux dans leurs ordinateurs ?

    • Deneb (---.---.---.73) 24 novembre 2012 18:18
      Deneb

      Comme chantait ce cher Georges :

      Les gendarmes, même les gendarmes,
      Qui sont par nature si ballots.
      Se laissaient toucher par le charme...

  • jef88 (---.---.---.215) 24 novembre 2012 11:37
    jef88

    pourquoi les logiciels propriétaires survivent ?
    - chez les particuliers
    on achète un ordi avec la suite office de microsoft ! de toute façon on l’a payée alors pourquoi changer .....
    - dans les entreprises
    même motif et en plus on tient à l’« unité » logicielle du parc.... tout changement serait vécu comme une révolution !
    par les décideurs pas par les utilisateurs !

    en fait il faudrait dissocier, obligatoirement, l’achat de la machine et celui du logiciel !

    • Bourriks (---.---.---.46) 25 novembre 2012 15:55

      Hum, quand un particulier achète un ordinateur « de marque » avec un Office préinstallé, la licence n’est pas achetée. La version d’essai ne dure que 60 jours et il faut dépenser au moins 140€ pour continuer d’utiliser Office.

      Pour avoir été assembleur et vendeur informatique pendant des années, j’informais toujours les clients de ce détail et, la plupart du temps, je leur enlevais Office pour leur mettre Open/Libre Office. Au moins, ils étaient au courant qu’il existait d’autres solutions et avaient l’occasion d’essayer un peu. Certains voulaient un Microsoft Office et l’achetaient, mais au moins, c’était en connaissance de cause.

      Bref, Microsoft ne fait pas réellement de vente forcée de Office, mais une très très grosse incitation tout en taisant bien toute existence de solutions alternatives.

  • amiaplacidus (---.---.---.100) 24 novembre 2012 11:40
    amiaplacidus

    Dans le cadre de ma toute petite entreprise de développement en informatique industrielle, je n’utilise que des logiciels libres depuis 1998, pour tous faire : développements, courrier, internet, comptabilité,

    Longtemps, j’ai tenté de convaincre les personnes que je rencontre de passer également sous les logiciels libres*. Sans trop de succès, à part un intérêt poli.

    Alors, maintenant, je m’en fout. Si les gens ont envie de payer cher pour des produits de qualité douteuse, c’est leur affaire.

    * Les applications que je développe tournent, dans la plupart des cas, sans OS, elles ne sont donc pas dépendantes d’un éditeur.

    • BOBW (---.---.---.43) 24 novembre 2012 12:06
      BOBW

      +++ smiley

    • pingveno (---.---.---.38) 24 novembre 2012 23:00

      Longtemps, j’ai tenté de convaincre les personnes que je rencontre de passer également sous les logiciels libres*. Sans trop de succès, à part un intérêt poli.

      Alors, maintenant, je m’en fout.

      Moi aussi j’ai un temps raisonné comme ça. Jusqu’au jour où tu reçois un fichier « dat » que tu es incapable de lire mais le gars en face il préfère continuer d’utiliser « hors de ma vue » et tant pis si 0,1% de ses contacts n’arrivent pas à lire ses mails.
      ça a sans doute changé depuis mais ce n’est évidemment qu’un exemple, il y en aura d’autres.

      Si les gens ont envie de payer cher pour des produits de qualité douteuse,

      Détrompez-vous. Plus de la moitié des utilisateurs préfèrent pirater MsOffice plutôt que d’utiliser légalementt LibreOffice ou OpenOffice. Sans même compter les licences OEM qui sont une forme de vente à perte, Microsoft préférant perdre sur le marché des particuliers plutôt que de prendre le risque qu’ils recommandent un concurrent moins cher au bureau.

    • Croa (---.---.---.38) 25 novembre 2012 00:32
      Croa

      « Les applications que je développe tournent, dans la plupart des cas, sans OS »

      à priori ça n’existe pas !

      Ne te fous pas de notre gueule,
      Il y a un OS réduit à minima caché dans tes applications ! smiley

    • amiaplacidus (---.---.---.100) 25 novembre 2012 06:04
      amiaplacidus

      Croa, tu ferais mieux d’apprendre un peu ce que signifie informatique industrielle.

      Peux-tu me dire quel est l’OS qui est dans le micro-contrôleur de ta bagnole ou dans celui de ton four à micro-ondes ?

      Lorsqu’on ne sait pas, on se tait, et surtout on évite d’insulter les gens !

    • Croa (---.---.---.211) 25 novembre 2012 08:33
      Croa

      « quel est l’OS qui est dans le micro-contrôleur de ta bagnole ou dans celui de ton four à micro-ondes ? »

      OK...

      Il ne faut pas confondre automatismes et logiciels. Un automatisme, fut-il électronique, c’est du câblé et donc pas de l’informatique, mais une application a toujours besoin d’un OS. En fait tu ne parles pas de la même chose : Ce que tu fais marcherait aussi avec des rouages mécaniques ou de l’air comprimé, ce n’est pas de l’informatique.

    • amiaplacidus (---.---.---.100) 25 novembre 2012 09:05
      amiaplacidus

      Décidément vos notions ont plus de 20 ans de retard !

      Pouvez-vous me dire comment on fait pour câbler un micro-onde en logique floue, le contrôle de la fermentation d’une brasserie ou la commande des fours et processus d’une cimenterie avec de l’électronique câblée.

      Sans compter toute l’avionique dans laquelle il est INTERDIT (pour des raisons de fiabilité) d’utiliser un OS.

      Non seulement, vous ignorez passablement de choses, mais en plus vous persistez dans votre ignorance.

    • L’immigré (---.---.---.235) 25 novembre 2012 09:42

      @amiaplacidus :
      Développez, Grand Maître ! Je suis toute ouïe... Je n’ironise pas, je suis sérieux. Pour une fois que quelqu’un ait le courage de nous informer de ce dont nous sommes apparemment étrangers, autant en profiter, pas vrai le corbeau ? Merci d’avance.

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