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Accueil du site > Tribune Libre > Mais pourquoi autant de suicides dans le monde et pourquoi tant de jeunes (...)

Mais pourquoi autant de suicides dans le monde et pourquoi tant de jeunes se suicident en France ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il y a une mort causée par suicide toutes les quarante secondes dans le monde... et une tentative toutes les trois secondes. Les suicides font plus de morts que tous les conflits armés mondiaux, et dans un grand nombre de pays, les morts par suicide sont supérieures ou égales aux accidents de la route.

Évidemment, ça n’est pas le genre de question que l’on se pose tous les jours, vous me direz... Ni même le genre de question que je me vois poser au premier passant au coin de la rue... Et pourtant, c’est une vraie question que je me pose pour au moins quatre raisons :

Raison 1 : je suis la mère « d’une jeune », et une amie à elle (21 ans) s’est jetée sous les roues du RER cette année, en 2009. Trois lignes dans Le Parisien. Voilà tout.

Raison 2 : j’ai lu dernièrement un roman très émouvant qui parle du suicide d’un jeune homme (« Et le jour pour eux sera comme la nuit », d’Ariane Bois).

Raison 3 : le PDG de France Telecom, Didier Lombard, a parlé récemment de « mode du suicide » pour évoquer les suicides à répétition des salariés de son entreprise. Il aurait confondu l’anglais « mood » qui signifie « humeur » avec le mot français « mode ». Sans commentaires.

Raison 4 : ce mois-ci, le 10 septembre 2009, c’était la "Journée Mondiale de Prévention du Suicide". 

En lisant le texte affiché sur la page d’accueil du site Web de cette Journée pas comme les autres, j’ai noté cette phrase que je vous livre :

« En 2005 (année où cette journée a été officiellement instaurée) les organisateurs souhaitent insister sur le fait que la prévention du suicide concerne tout un chacun et n’est pas de la seule responsabilité des experts. Au cours de cette journée, ils demandent instamment aux communautés, aux individus, aux professionnels et aux bénévoles de prendre part aux activités de sensibilisation à ce problème de santé publique et de lancer de nouvelles initiatives et méthodes de prévention. »

Tout comme moi jusqu’alors, je suis certaine que vous ignoriez qu’il y avait une Journée mondiale du suicide... Et que ladite journée mondiale avait lieu chaque année un 10 septembre, la veille du 11 !

 En fait, il y a une journée mondiale du suicide parce que le suicide est un fléau mondial. Ça n’est pas moi qui le dit mais un rapport de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Selon un rapport de cette organisation portant sur l’année 2000 : 1 million de personnes sont mortes pour cause de suicide dans le monde, et 10 à 20 fois plus ont dans le même temps attenté à leur vie. Cela représente une mort toutes les 40 secondes et une tentative de suicide toutes les 3 secondes environ... Cela signifie également que dans tous les pays du monde, le suicide est actuellement une des trois causes principales de décès chez les 15-34 ans. Les données chiffrées ne tiennent pas compte de la réalité... Car en réalité, il semblerait -toujours d’après ce rapport- qu’un grand nombre de

morts par suicide restent « cachés » ou « tus » : si bien que les chiffres sont, on peut le supposer sans peine, nettement plus élevés !  

Le suicide des jeunes en France : un triste bilan préoccupant...

La France fait partie des pays européens les plus touchés par le suicide. Qui, dans sa vie, n’a pas connu ou traversé le destin d’une personne qui s’est donné la mort ? (quelle curieuse expression). Faites le compte. Je suis certaine que vous en trouverez au moins une...

Dans l’Hexagone, ce sont les gens les plus âgés qui se suicident le plus. Sur un total de 10 707 suicides en 2005 (source Inserm-OMS), la tranche d’âge la plus concernée est celle des 45-54 ans (2342 suicides) avec, pour cette même tranche d’âge : 1657 hommes et 685 femmes.

Les gens avancés en âge se suicident le plus, certes, mais hélas c’est bel et bien en France qu’ un jeune se suicide toutes les 40’. Et surtout, le suicide constitue désormais la deuxième cause de décès chez les adolescents après les accidents de la route et la première cause de mortalité chez les étudiants... 

 

Là encore, ça n’est pas moi qui le dit mais des institutions comme l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), des spécialistes en Médecine Psychologique de l’Adolescent et du Jeune Adulte ou encore le Ministère de la santé.  

Voilà, je voulais juste vous faire part de la brutalité des faits et des chiffres. Qu’ajouter d’autre ?

Que les chiffres ont ceci en commun avec le suicide : ils sont sans appel. Mais ils peuvent nous amener à réfléchir et à nous poser des questions : à nous demander... Pourquoi ?  

Le meilleur des remèdes au suicide : le bonheur, du travail, la solidarité, la prévention ?

Et surtout... Comment ? Comment empêcher une personne de se suicider ? Comment apercevoir cette barrière qui va être franchie et comment arrêter la marche de l’autre ?

Pour être franche, je serais bien incapable de fournir une seule réponse précise à ces questions. Et puis, je suis juste une personne parmi les autres. Pas une spécialiste. Les spécialistes parlent de dépression, de conflits familiaux, de manque de perspective, de pression sociale, de mode de management, de schizophrénie, etc.

Moi, je pense sincèrement, tout comme ce qui est écrit au début de cet article, que le suicide n’est pas seulement l’affaire des experts mais notre problème à tous, et avant tout celui d’un modèle de société où l’humain n’a plus sa place... où par voie de conséquence, l’individualisme et le repli sur soi grignotent du terrain. 

Alors, j’en reviens à ma question : pourquoi tant de suicides dans le monde et chez nos jeunes ? Qui a le temps de faire attention à quelqu’un qui ne va pas bien alors que soi-même on est déjà submergé par une montagne de problèmes à résoudre ? Qui a envie d’entendre l’autre nous raconter ses problèmes, alors que soi-même on est déjà englué dans des tas de contingences et d’ennuis plus ou moins sérieux.

En fait, la question que je me pose est la suivante : qui est suffisamment heureux dans sa propre vie pour donner un coup de main à tous ceux qui ont envie de la quitter définitivement ? voilà LA ou les questions que je me pose ces temps-ci. N’allez pas croire que je broie du noir, non, je réfléchis. En général, je trouve que la vie est belle mais que la vie est dure ! Voilà. 

Des organismes et des bénévoles à votre écoute

Cela étant, si vous êtes en état de dépression ou si vous avez dans votre entourage une personne qui est dépressive ou dont l’état de santé vous préoccupe, sachez qu’il existe des organismes d’écoute et de soutien qui peuvent vous aider : l’Association internationale pour la prévention du suicide en fait partie (il y a des aides en ligne pour la France). Vous pouvez aussi contacter

la Fédération SOS Suicide Phoenix. Dans les deux cas, vous trouverez d’autres adresses et des conseils indiqués sur leurs sites.


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73 réactions à cet article    


  • jako jako 25 septembre 2009 10:04

    Interessantes informations et difficiles questions, il faudrait aussi (mais ce n’est pas possible) ajouter aux chiffres les gens qui y ont pensé ou y pensent régulièrement et ou qui en parlent
    merci d’aborder ce sujet.


    • monbula 25 septembre 2009 11:57

      Pour Jako
      Interessantes informations et difficiles questions, il faudrait aussi (mais ce n’est pas possible) ajouter aux chiffres les gens qui y ont pensé ou y pensent régulièrement et ou qui en parlent
      merci d’aborder ce sujet.

      Vous parlez d’êtres humains, en complément, qui se suiceront malgré les époques traversées. Des suicides métaphisyques


    • Georges Yang 25 septembre 2009 10:14

      Et si l’on considérait le suicide non comme une maladie (en dehors des suicides pathologiques psychiatriques) mais comme un choix délibéré de l’individu et de ce fait respectable en soi ?
      Autant l’homme a le droit de revendiquer des conditions d’existence décentes tant matérielles, qu’affectives et sanitaires, autant il a le droit de mettre fin à ses jours.
      Ce choix ne doit être ni culpabilisé, ni psychiatrisé à outrance. Par contre, il est du devoir de la famille, des amis, d’aider celui qui va mal. Ce n’est par contre pas du ressort de états et des gouvernements.
      D’autre part, les Nations Unis adorent les commémorations annuelles inutiles avec discours redondants, petits fours et banderoles, Toutes ces journées ne servent à rien en dehors d’autosatisfaction et de dépenses somptuaires.


      • Deneb Deneb 25 septembre 2009 11:20

        Le suicide est l’issue lethale d’une patologie psychiatrique. Droit au suicide deviendrait très vite le devoir de suicide, et Soylent Green, nous voilà.

        Cela dit, si le plus grand taux de suicide c’est les professions médicales, c’est parce qu’il savent le moment où il n’y a plus d’éspoir de guérison, et qu’il faille mieux en finir que d’en baver. Là aussi on peut considérer le suicide comme issue léthale d’une maladie incurable, qui devient psychiatrique à force de souffrir.


      • Georges Yang 25 septembre 2009 11:29

        Vivre à se compte là peut aussi être considéré comme une maladie psychiatrique.
        Le désir de rester à tout pris vivant malgré les pires souffrances psychiques ou psychologie est selon les interprétations de la foi ou de la folie.


      • monbula 25 septembre 2009 12:31

        Tout est dit avec Denieb.

        La parole de Robespierre, l’être unique.

        « Je vous l’avais dit, je sais tout » .Précise Denieb.


      • Deneb Deneb 25 septembre 2009 17:50

        Georges:Dans l’absolu, vivre est une maladie. Mortelle. Sexuellement transmissible, de surcroit. Le mal de vivre est terrible. On essaie de l’oublier, chacun comme il peut, la sexualité et le rire étant les moyens les plus eprouvés et efficaces, depuis que les croyances traditionnelles ne font plus le poids face à la science.


      • Deneb Deneb 25 septembre 2009 17:56

        Georges : la foi est un outil, pas une finalité. Croire à un esprit supérieur qui communique par télépathie, c’est avoir foi en sa folie.


      • appoline appoline 25 septembre 2009 19:02

        @ Deneb,

        Tout ne peut pas être catalogué dans votre rubrique « psychiatrique ». Non, il y a des personnes qui se suicident sans rentrer dans ce cadre. Ca vous rassure peut-être mais ça ne marche pas ainsi.

        Dans votre dernière intervention, vous êtes un tantinet cynique, enfin,,,,, vous seriez peut-être surpris si l’on vous expliquait que la télépathie se pratique au plus haut niveau, méditez là dessus


      • Deneb Deneb 25 septembre 2009 21:09

        Appoline : la télépathie c’est ce que l’on fait en ce moment. On se transmet nos pensées.


      • appoline appoline 26 septembre 2009 17:13

        @ Deneb,

        Non m’sieur, mais je n’irais pas plus loin, je ne veux pas vous destabiliser, un suicidé de plus ferait désordre dans les statistiques.



        • Fergus Fergus 25 septembre 2009 10:30

          Nos sociétés sont de plus en plus urbaines, les familles de plus en plus éclatées, et les modèles de « réussite » entièrement centrés sur l’individualisme. Où sont passés les comportements solidaires que l’on connaissait naguère dans les entreprises, les villages ou les quartiers ?

          Peut-être faut-il voir dans cette évolution sociétale l’une des causes principales du mal-être des personnes fragiles (ou momentanément fragilisées), désormais beaucoup plus livrées à elles-mêmes, à leurs névroses, à leurs échecs ressentis, à leurs désamour-propre...


          • monbula 25 septembre 2009 11:43

            Fergus

            Avez-vous connu ce temps où nous cassions les noix à la veillée.

            La télévision a tué le dialogue. j’en ai pas, l’idée de ma femme au départ, et mes filles s’en sont habituées malgré une période, elles étaient traitées de ringardes.

            Maintenant, c’est le contraire, elles deviennent à la mode, dans un courant futur....


          • Fergus Fergus 25 septembre 2009 12:46

            Oui, Monbula, j’ai connu cela dans ma famille paysanne en Auvergne. De même que l’assistance à un vieil oncle lozérien lorsque son épouse a été hospitalisée durant plusieurs semaines, les familles du village le prenant en charge à tour de rôle. Un autre monde !


          • monbula 25 septembre 2009 13:49

            Pour Fergus

            J’ai encore une quarantaine de noyers sur mes exploitations. les noix sont ramassés par mes employés qui les revendent au moulin de Neuvic 24 pour l’huile de noix.
            Bien sûr la noix de Grenoble est une noix dégustative. celle de Lozère, je la connais pas mais je suppose à déguster aussi.


          • Fergus Fergus 25 septembre 2009 14:00

            Casser les noix ou déguster les châtaignes, ce qui importait, c’était d’être ensemble, de parler, de rire, de s’indigner parfois, mais sans subir la dictature cathodique.


          • monbula 25 septembre 2009 14:27

            OK fergus

            d’accord et avec du moût, c’est délicieux. Attention à la chiasse...


          • Georges Yang 25 septembre 2009 17:41

            Il n’empêche que le paysan isolé dans sa ferme, qui doit faire 10 kms pour aller achter des clopes, qu’aucune femme ne veut et qui a un crédit qui lui colle au cul, il a beau casser des noix près de l’âtre, il s’emmerde ferme et a plus de risque de se pendre ou de se tirer un coup de fusil de chasse qu’un employé de France Télécom


          • Yohan Yohan 26 septembre 2009 00:32

            Sur Avox il y en a qui nous cassent les noisettes et pas qu’à la veillée... smiley


          • Georges Yang 26 septembre 2009 16:07

            Les écolos à la ferme ne sont pas des paysans !


          • jymb 25 septembre 2009 10:35

            On en revient à une donnée de base x fois évoquée dans différents post : Tout concours actuellement à rendre la vie quotidienne complexe, aggressive, accusatrice, et personne ne se lève le matin en étant persuadé qu’aujourdhui sera plus libre et plus facile qu’hier.
            Tant que la réponse à des problèmes (parfois réels) ne sera que punitive, vexatoire, ou restreignant les libertés l’inconscient restera encombré du « a quoi bon, demain c’est pire » propice au dévissage .


            • ramonjimenez ramonjimenez 25 septembre 2009 10:59

              oui tout à fait.

              J’ajouterais qu’il est de plus en plus difficile de satisfaire nos besoins élémentaires ( Maslow )
              notamment de trouver une stabilité affective et se projeter avec espoir dans l’avenir.

              De plus les « valeurs » véhiculées par notre toute belle société sont en contradiction totale avec nos besoins , elles ne peuvent que satisfaire des envies , des pulsions.

              Or , si nos besoins peuvent être satisfaits , nos envies n’ont aucune fin. Ce mode de fonctionnement pulsionnel se heurte très vite aux limites de notre modèle de société.

              les dégâts de l’utilitarisme et de la méritocratie...


            • monbula 25 septembre 2009 11:50

              Pour Jimenez

              Maslow

              Vous parlez de la fameuse pyramide.

              De plus en plus de condition modeste en sont réduits à subvenir à leurs besoins élémentaires et n’ont plus le temps de réfléchir. Le libéralisme outrancier s’en accommode parfaitement.


            • monbula 25 septembre 2009 12:26

              Jymb
              On en revient à une donnée de base x fois évoquée dans différents post : Tout concours actuellement à rendre la vie quotidienne complexe, aggressive, accusatrice, et personne ne se lève le matin en étant persuadé qu’aujourdhui sera plus libre et plus facile qu’hier.

              Selon vous, personne ne réfléchit le matin en pensant au mieux.

              Désolé, mais j’évolue tous les jours et on ne risque pas de me faire avaler des couleuvres, chaque lever du soleil.

              Seriez-vous pessimiste ?


            • ramonjimenez ramonjimenez 26 septembre 2009 12:58

              @ monbula

              Oui je palais de la pyramide de Maslow

              La stabilité affective est un besoin élémentaire. Or la relation homme femme tend aussi à être plus complexe et plus éphémère. Nombre de gens , homme et femmes confondus , hésitent à bâtir une relation durable afin d’éviter une rupture douloureuse que peut mener à la dépression.

              Mais sans cette stabilité , impossible d’envisager un avenir meilleur. Et la dictature de l’image n’arrange rien au problème. Nous pensons vivre dans une société libérée , nous sommes libres dans un désert affectif.


            • LE CHAT LE CHAT 25 septembre 2009 10:40

              Prévoir le suicide est vraiment difficile , un voisin d’un de mes amis s’est pendu à son balcon il y a 2 jours dix minutes après avoir discuté de tout et de rien avec sa voisine , personne ne s’attendait à ça de la part d’un retraité ! les suicides des hommes sont les plus durs à prévoir car ils ne se répandent peu sur leur mal être et ont un taux de réussite nettement supérieur , les moyens utilisés étant souvent plus radicaux .


              • appoline appoline 25 septembre 2009 19:22

                @ Le Chat,

                Quelqu’un de déterminé arrive toujours à se suicider, c’est la raison pour laquelle en service psychiatrique, ceux qui ont émis cette intention sont pistés de très près, mais dans la plupart des cas, ce n’est qu’une question de temps. Quand le mal-être est bien installé, cela ronge, terrorise et la seule issue envisageable est la mort.

                Quand un individu n’arrive plus à se projeter dans l’avenir, le désespoir prend le dessus mais paradoxalement, ce même individu parvient à donner le change, parfois même on dit de lui ou d’elle, que c’était un bon vivant, mais ce n’est pas aussi simple, sinon,

                Pourquoi le suicide chez les jeunes ? L’étape de vie, en elle-même, de part toutes ses tranformations hormonales et autres n’est pas évidente, mais en plus, dans la vie courante même pas un petit bout de ciel bleu, juste pour l’avenir, pas de boulot, les parents qui divorcent pour un oui ou un non, aux infos tout va mal. Alors, il faut être solide pour continuer à avancer, beaucoup choisissent alors d’arrêter là.


              • Rounga le malicieux Roungalashinga 25 septembre 2009 10:41

                Bonjour, je vous donne le lien de deux textes sur le sujet : ici et .


                • Internaute Internaute 25 septembre 2009 10:49

                  C’est ridicule d’annoncer qu’une personne se suicide toute les 40 secondes. Dit-on cela pour choquer les esprits ? C’est un argument bateau utilisé pour n’importe quoi - nombre par minute de femme violée, d’accidenté de la route, de mort de faim etc... Cela n’a aucun intérêt et ne fait pas avancer le sujet. Il suffit de dire qu’il y en a trop.

                  Pour avoir connu un suicidé et d’autres jeunes en désarroi j’en ai tiré la conclusion que les principales raisons du suicide sont la solitude et la perception d’un avenir bouché. Ils sont convaincus qu’il n’y a pas de place pour eux dans la société. Ceux qui ne voient absolument pas comment s’en sortir peuvent en arriver au suicide. L’entourage a un rôle à jouer mais pas forcément déterminant.

                  Les causes sont globales, liées à l’évolution de notre société.
                  - Démographie explosive qui limite l’espace vital. L’avenir d’un jeune est de s’endetter sur 20 ans pour avoir le droit d’habiter un clapier de 50m2. Ce n’est pas trés réjouïssant.

                  - Sur-législation. Les députés passent leurs journées depuis des générations à nous charger de nouvelles contraintes. La liberté individuelle a totalement disparu. Tout est interdit, obligatoire ou contrôlé dans le moindre détail. Cela devient insupportable aux vieux et encore plus pour les jeunes.


                  • appoline appoline 25 septembre 2009 19:35

                    @ Internaute,

                    D’après vous une telle diminution des libertés depuis quelques années ? Ce n’est pas pour le bien-être des gens, bien au contraire.
                    Nous en revenons toujours aux mêmes conclusions : la surpopulation.


                  • Martinyuk Martinyuk 26 septembre 2009 14:23

                    "L’avenir d’un jeune est de s’endetter sur 20 ans pour avoir le droit d’habiter un clapier de 50m2. Ce n’est pas trés réjouïssant."

                    Vous pouvez diviser la surface habitable facilement par deux, en tout cas sur Paris et région parisienne. J’en sais quelque chose, j’ai un ami qui vient de prendre un crédit sur 20 ans pour un 22m² proposé à 148 000 € dans le 17e. Et ce serait plutôt une ’bonne affaire’... Un locataire n’est pas mieux loti, avec du 1000 € les 40 m² désormais sur la capitale (et encore !)... Evidemment, on paye moins cher dans la Creuse... mais on n’a pas de boulot...

                    L’immobilier est devenu le vecteur le plus important des inégalités. Et non, ce n’est pas réjouissant.


                  • Cécile Cécile 25 septembre 2009 10:59

                    Tout d’abord, Jako, oui, il y a des études faites et des chiffres sur les personnes qui y ont pensé... Je vais les retrouver et je les mettrai. Les chiffres ne sont pas ridicules, ils sont là et choquants ,c’est vrai, mais comme je le dis dans l’article : ils sont sans appel. Sinon c’est vrai que les hommes sont très nombreux à réussir à s’ôter la v ie car ils utilsent des méthodes radicales. Sinon, oui, j’ai déjà entendu cette idée comme quoi le suicide peut être considéré comme un choix, un acte libre. Et c’est vrai que tout le monde a le choix de vivre ou mourir. Mais en écrivant cet article, je pensais en fait à ceux qui restent et qui souffrent. Un suicide, même si ça n’est pas votre meilleur ami, votre parent ou même si c’est votre voisin, ça provoque plusieurs ondes de choc à différents niveaux chez ceux qui restent. Merci pour les pages publiées dans Match : bien tristes...


                    • monbula 25 septembre 2009 11:23

                      Pour Cécile

                      Vous traduisez parfaitement le malaise de nos enfants.

                      Il est temps d’y répondre et urgemment !

                      On recontre facilement ce malaise dans les grandes agglomérations.

                      Ca commence à venir dans ma campagne qui représente malgré une image de stabilité.


                    • monbula 25 septembre 2009 11:25

                      Pour Cécile

                      Vous traduisez parfaitement le malaise de nos enfants.

                      Il est temps d’y répondre et urgemment !

                      On reconPour Cécile

                      Vous traduisez parfaitement le malaise de nos enfants.

                      Il est temps d’y répondre et diligemment !

                      On rencontre facilement ce malaise dans les grandes agglomérations.

                      Ca commence à venir dans ma campagne qui représente malgré une image de stabilité.tre facilement ce malaise dans les grandes agglomérations.

                      Ca commence à venir dans ma campagne qui représente malgré, une image de stabilité.


                    • monbula 25 septembre 2009 11:27

                      Pour Cécile

                      Vous traduisez parfaitement le malaise de nos enfants.

                      Il est temps d’y répondre et diligemment !

                      On rencontre facilement ce malaise dans les grandes agglomérations.

                      Ca commence à venir dans ma campagne qui représente malgré une image de stabilité.Mais facilement ce malaise est lié essentiellement dans les grandes agglomérations.


                    • Annie 25 septembre 2009 11:06

                      Sait-on si les taux de suicides ont augmenté par rapport aux années précédentes ? En d’autres termes, si le taux de suicides est resté constant, mais que les raisons invoquées ont changé, ou bien s’il y a une augmentation marquée ces dernières années ?
                      Aussi, la dépression sévère est souvent associée à des tendances suicidaires. La courbe des suicides suit-elle celle des dépressions, ou bien ces suicides sont-ils le résultat d’un choix plus délibéré ?


                      • monbula 25 septembre 2009 11:17

                        Devinons pourquoi ?

                        Des parents de plus en plus absents...
                        Certains enfants se retrouvent angoissés et font le pas terrible.

                        J’ai deux filles et je suis présent, même parfois, la réponse à leur malaise ne colle pas. On rattrape et on s’adapte. Le tout est de garder le dialogue.

                        Le temps du temps...


                        • Frabri 25 septembre 2009 11:20

                          Parmi les causes il y a aussi la société de consommation et la pub qui va avec qui est omniprésente dans les rues et dans les médias, et le matérialisme lié également a la société de consommation

                          http://fr.wikipedia.org/wiki/Suicide.


                          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 septembre 2009 11:38

                            Bonjour Cécile,

                            " Les spécialistes parlent de dépression, de conflits familiaux, de manque de perspective, de pression sociale, de mode de management, de schizophrénie, etc. « C’est amusant cette faculté qu’ont les spécialistes à définir le suicide comme une maladie, ou la résultante...Les vrais spécialistes à ce sujet étant morts, personne d’autre que les statisticiens ne peuvent savoir rien d’autre que les chiffres.

                            Si l’on y regarde bien, le suicide est un droit que s’accorde le vivant sur sa propre vie. Celui qui constate que sur cette vie il n’a eu, ni le pouvoir de décider de vivre, ni le pouvoir de choisir grand chose à maints propos, ( métier du marché, mariage arrangé, victime de la conjoncture...etc ) il finit par se dire qu’il peut avoir le pouvoir sur sa propre mort et personne n’en a plus que lui-même sur sa propre vie à soi. C’est l’altruisme qui fait y renoncer et la société qui juge cet acte ainsi, l’intéressé le juge tout autrement comme une libération et un courage pas évident.

                             » Qui a le temps de faire attention à quelqu’un qui ne va pas bien alors que soi-même on est déjà submergé par une montagne de problèmes à résoudre " Personne ne va résolument bien et le suicidé n’allait pas forcément mal, il allait surtout, ailleurs...dans sa prochaine vie. Nous n’avons pas assez de temps à accorder à ceux qui nous entourent, mais il est presque plus facile de parler de suicide avec une personne inconnue que l’on rencontre, comme l’on peut en parler plus facilement sur la toile. Pourquoi à votre avis ?


                            • ramonjimenez ramonjimenez 25 septembre 2009 11:50

                              Je souscrit pas du tout à l’idée que le suicide serait une pathologie même dans certains cas cela peut en être le résultat

                              C’est trop facile de se dédouaner en classant dans la catégorie « malades » ceux qui sont le signe évident d’une crise de notre civilisation. Et qui dit maladie dit traitement donc solution pharmaceutique ou psy ( nous sommes très bien placés en France pour la consommation d’antidépresseurs ). Et quand on a une solution , pourquoi agir contre les causes ?

                              Nous vivons plus confortablement , mais vivons nous mieux et plus heureux ? non !
                              La pression nous arrive de toutes parts et de toutes les directions à la fois. Le temps humain n’est plus respecté. L’humain n’est plus respecté.

                              Beaucoup de jeunes que je connais se voient comme « de la chair à pognon » , uniquement destinés à être utilisés par la société et n’ont pas le sentiment d’en faire partie ou d’en être les acteurs mais d’en être le carburant

                              L’être humain , la première énergie renouvelable.


                              • gruni gruni 25 septembre 2009 12:34

                                < Qui dans sa vie n’a pas connu ou traversé le destin d’une personne qui s’est donnée la mort >
                                J’ai été témoin d’un suicide sans que je puisse intervenir et croyez moi c’est un moment difficile à vivre et ineffaçable dans sa mémoire.
                                C’était un homme d’une quarantaine d’années nouvellement embauché dans l’entreprise et quelques minutes avant le drame nous parlions normalement.
                                J’ai appris plus tard qu’il était dépressif, terrible maladie .


                                • Cécile Cécile 25 septembre 2009 13:22

                                  Annie, savoir si les statistiques ont augmenté, je vais regarder les études et je mettrai les chiffres (si je les trouve) en même temps que ceux sur les « intentions ».
                                  « Les causes sont : »... Oui, je sais, c’est évidemment trop réducteur et simpliste mais comme je le dis, je ne vois pas comment répondre à ce genre de question en apportant de réponses sures et précises.

                                  Définir les causes de la mort décidée, programmée, c’est un peu comme définir les causes de la vie ! Personnellement, étant athée, c’est pour moi mission impossible !

                                  Il n’empêche et là j’en reviens aux suicides des jeunes en France qui évidemment ne peuvent être cantonnés à une région urbanisée (je vais vérifier mais je crois là encore qu’on se suicide davantage dans les campagnes... je dis bien « je crois » car je vais vérifier mais il me semble l’avoir lu) : bref, il n’empêche que ces suicides de jeunes, c’est vraiment préoccupant pour nous tous : parents, citoyens, voisins, êtres humains, habitants de la même planète ! J’ai entendu ce matin à la radio (et j’ai lu dans mes news d’actualités du ministère de l’économie ) que le chômage avait augmenté en août (+18.100 inscrits) et que les jeunes étaient là encore majoritaires. C’est sûr que ce genre de nouvelles n’est pas formidable. Mais un jour nous allons sortir de cette crise, et je suis d’accord avec je ne sais plus quel commentaire qui dit qu’il faut transmettre la combattivité, l’espoir, et d’ailleurs en tant que chef de ma petite entreprise je compte prochainement faire bosser des jeunes ! Ça me fera vraiment plaisir de leur ouvrir les portes de l’avenir, même à un petit niveau. Je pense que faire ce que l’on aime dans la vie, ça peut aider à rester en vie ! A part ça, j’ai aucune solution face à ce genre de problèmes, j’ai jamais dit que j’en avais et je pense effectivment comme l’on souligné certains que personne n’a le pouvoir de prévoir ou empêcher une personne de se suicider. Les seules choses à laquelle je crois c’est : plus d’humanité, de chaleur humaine, de tendresse, d’écoute, de sourire, de partage d’émotions, de boulot... bref un petit peu de vie pour tous !


                                  • 3°oeil 25 septembre 2009 14:06

                                    « L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe. »
                                    Gustave Flaubert


                                    • MICHEL GERMAIN jacques Roux 25 septembre 2009 14:09

                                      @ l’auteur,

                                      La France est le plus grand consommateur d’antidépresseurs et, en même temps, le pays le plus productif par personne en Europe et, probablement, dans le monde. Le travail, cet emploi de nous mêmes, que nous avons peur de perdre ou que nous souhaiterions avoir quand nous en sommes privés, ce Saint travail canonisé de Gauche à droite, nous priverait il du bonheur immédiat ?

                                      Ou est la campagne ou sont les villes dans notre environnement composé d’aggomérations, de mégapôles d’ou nous envoyons nos petits messages désespéré via internet ?

                                      Qui est né ou il vit ? Qui travaille ou il habite ? Qui peut assurer un brin de certitude à ses enfants quant à leur avenir ? A qui d’autre appartiennent ces enfants qu’à la TV et Internet ?
                                      Qu’Il en faut des prothèses (Jogging, Loto, Yoga, Bio, Bagnole, Promo, Foot, Agoravox, Politique....) pour tenir debout dans ce grand vide...
                                      Quand on le voit un beau matin ce vide, il faut être une femme (plus liée à la vie que les hommes) pour ne pas se flinguer, pour moins se tuer.... 


                                      • curieux curieux 25 septembre 2009 14:11

                                        L’OMS qui se donne une bonne conscience en parlant du suicide tout en essayant de nous empoisonner avec les vaccins. Ne pas oublier le lobbying des laboratoires qui colle à toutes ces personnes la panoplie chimique des antidépresseurs qui transformrnt les patients en zombies et qui favorisent le comportement suicidaire. Mais de celà, il ne faut pas parler.


                                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 septembre 2009 14:13

                                          ça doit provenir d’ une perception particulière du monde , sinon personne ou tout le monde se suiciderait .


                                          • Surveyor SURVEYOR 25 septembre 2009 14:15

                                            qui est suffisamment heureux dans sa propre vie pour donner un coup de main à tous ceux qui ont envie de la quitter définitivement ?
                                            Tout est dit dans ce questionnement, le malaise est profondément social.
                                            Nous sommes trop préoccupé à essayer de garder la tête hors de l’eau pour voir l’autre et l’aider et on ne nous voit pas non plus, la boucle est bouclée.......


                                            • frantiska 25 septembre 2009 16:19

                                              Le thème du suicide est toujours extrèmement difficile à aborder et cet article est très bien écrit.

                                              La romancière ésotérique Anne Givaudan vient de publier un livre sur ce sujet « rupture de contrat » et trois vidéos ont été publiées sur dailymotion lors d’une conférence de presse récemment
                                              On peut les trouver sur le site d’Anne Givaudan. J’espère que ces témoignages pourront aider autant de monde que possible.


                                              • fonzibrain fonzibrain 25 septembre 2009 17:10

                                                c’est vrai pourquoi ?


                                                 notre systéme est si sympa !

                                                nos dirigeants massacrent des gens quotidiennement,on laisse mourrir des millions de gens alors que des systémes non marchand et ultra efficaces existent,chercher quinton,gernez,le G5 ou silicium organique,vous comprendrez

                                                notre avenir est radieux,pas de dette,une nature pure et belle !
                                                les gens s’entraident tous,la jalousie n’existe plus !

                                                les gens ne gagnent pas juste de quoi aller travailler et payer leur loyer,leur énergie,leur bouffe,ils leurs restent beaucoup pour eux ensuite !
                                                ils ne sont pas esclaves !

                                                Le divorce n’existe pas,les mères seules avec enfants n’existent pas non plus !

                                                notre systéme est si sympa,quels ingrats ceux qui ce suicident !


                                                pauvre de nous,de toute façon comme dirait je sais pus trop qui « etre heureux dans une société si malade n’est un signe de bonne santé »

                                                les gens se tuent parcequ’ils sentent que c’est foutu,qu’ils n’ont aucun échapatoire,comme les indiens qui avalent le round up,ils se sentent bloqué.


                                                mais ne vous en faite pas,le système est sur la fin,toutes ces incohérences,tout ces mensonges,sont bientot terminés.
                                                Les gens sauront ils créer un monde plus humains,ça je ne sais pas,mais notre système va s’effondrer



                                                • décurion 25 septembre 2009 17:58

                                                  Dire que le suicide est, ou peut être le résultat d’un choix délibéré, est simpliste et faux. Cela revient à placer l’humain au niveau d’un dieu, qui pourrait ainsi décider sereinement sans être troublé par des sentiments internes ou externes.
                                                  Les chiffres, ne sont jamais sans appel, et on peut toujours leur en faire « dire » plus, en fonction des questions que l’on se pose. On peut même leur faire « dire » la vérité, et ne pas la voir.
                                                  Si réellement le suicide est la première cause de mortalité dans le monde, avant la famine, les guerres, les épidémies et autres il est flagrant de constater qu’il est de fait devenu de fait le 1er régulateur de la surpopulation dans le monde. Si c’est à partir de cette constatation qu’il faut appréhender le sujet, cela peut signifier que l’équilibre naturel est tellement pertubé que nous en subissons individuellement les conséquences, mais aussi que l’équilibre sera retrouvé, avec notre concours, ou contre notre gré.
                                                  Une partie de la réponse est peut être dans l’article en une phrase :
                                                  "notre problème à tous, et avant tout celui d’un modèle de société où l’humain n’a plus sa place..."


                                                  • anwe 25 septembre 2009 18:42

                                                    Elle m’a dit « Maman, ça m’intéresse pas de vivre » et elle s’est pendue. Elle allait avoir 20 ans.
                                                    Dur


                                                    • Annie 25 septembre 2009 20:18

                                                      On dit que le plus dur est pour ceux qui restent. Ce n’est pas tout à fait vrai et en même temps ceux qui restent sont condamnés à une peine éternelle.


                                                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 25 septembre 2009 19:15

                                                      On a le smig faudrait inventer le smac .


                                                      • Mmarvinbear mmarvin 25 septembre 2009 20:31

                                                        Le suicide a des causes multiples, il est réducteur de faire du sensationnalisme en disant « un suicidé sur Terre toutes les 40 minutes (ou secondes je sais plus et j’ai la flemme de scroller pour vérifier...). On a avec ce genre d’argument l’assurance de voir débarquer ceux qui vont protester en disant qu’il y a »un mort de faim par dixième de seconde« ou » un cerveau tué par TF 1 par semaine« .

                                                        Je pense qu’il y a deux types de suicides.

                                                        Le suicide médical, commis par celui ou celle qui sait qu’elle est condamnée par une maladie dégénérative et qui préfère en finir plutôt que de décliner et de devenir un légume. En général, ils ne se ratent pas, et ils s’organisent un minimum par rapport aux proches.

                                                        Il y a aussi le suicide du mal-être, plus répandu. Mais en général l’acte est plus une tentative, un dernier appel au secours.

                                                        Il s’agit là plus d’un geste d’impulsion, qui est le résultat d’un processus plus ou moins long, aidé ou non par un élément déclencheur.

                                                        C’est ce qui pousse une femme isolée à se jeter sous un métro car elle n’a plus de quoi se loger.

                                                        C’est ce qui pousse le jeune homme à se jeter dans le fleuve parce qu’il est seul dans la vie ou que sa copine vient de le larguer.

                                                        C’est ce qui pousse le cadre dynamique à avaler tous ses somnifères en une fois car il ne veut plus voir son patron.

                                                        C’est ce qui pousse la jeune diplomée à se pendre car sa mère a trouvé son carnet d’amours lesbiennes en disant »elle n’est pas normale !«  !.

                                                        Le pire parmi toutes ces situations, c’est que s’en sortir est plus ou moins facile, mais possible.

                                                        Tu n’as plus d’argent ? Demande de l’aide, demande du travail, assume toi et n’hésite pas à changer tes comportements pour faire des économies.

                                                        Ton patron ou ton boulot t’emmerde ? Cherche toi une autre place. Profites en pour voir si tu ne peux pas réaliser ton rêve de reprendre une vieille boulangerie dans le Vercors. Une fois que tu as trouvé, tire ta révérence et envoie chier celui qui t’a pourri la vie pendant 10 ans ! Ta femme ou ton mari veut pas ? Rappelle lui le passage »pour le meilleur et pour le pire« dans le serment qu’il/elle t’a fait !

                                                        T’es seul ? Sors ! Fais des rencontres ! Tu croiseras des amis, certains deviendront de vagues connaissances, mais d’autres pourront par la suite te tirer du pétrin, l’un ou l’une d’eux te passera peut-être la bague au doigt dans trois ans !

                                                        T’es pédé ? Et alors ? C’est l’occase de faire le tri. Exit, ton pote depuis la sixième qui te fait chier avec ses virées nocturnes et ses blagues débiles. Tes parents chialent et implorent Dieu/Allah/Yavhé (rayez les mentions inutiles) pour te faire redevenir normal ? Foutaise ! S’il t’a fait ainsi, c’est qu’il le voulait bien ! C’est ton choix, ta vie, et tes vieux n’ont rien à dire ou à faire.
                                                        S’ils ne sont pas content, rappelle leur que c’est eux qui t’ont fait, et qu’ils sont censés t’aimer quoi que tu sois, sinon ce n’est pas de l’amour, mais de l’intérêt.

                                                        Il ne faut de toute façon pas non plus croire que le suicide est un mal urbain et moderne. Ce geste a toujours existé, dans toutes les cultures et à toutes les époques. En Europe le poids de la religion jouait alors un facteur énorme, et beaucoup de pendus dans la grange se changeaient par »miracle" par une chute depuis le toit, histoire de préserver la réputation et de ne pas facher un curé qui appliquait alors le rejet du défunt, la religion condamnant fortement le suicide et le suicidé.

                                                        (texte écrit par un homme qui a changé de boulot quand il a su qu’il était grand temps de le faire, et qui vit avec un homme qui a regardé ado avec insistance le fusil de chasse de son père quand il a compris ce qu’il aimerait toujours.)


                                                        • décurion 25 septembre 2009 21:48

                                                          Je penses que suicide « médicale » ou de « mal être » sont du même type, puisque dans les deux cas, nous sommes condamnés, soit par la maladie, soit par nous mêmes. Vous auriez put citer le suicide « d’honorabilité » celui du militaire qui a déchu, ou le hara Kiri japonais. Dans ce cas aussi on se condamne, mais une préparation spirituelle au suicide par la tradition précède l’acte, et le suicidé agit donc par « devoir », et non par « désespoir ». C’est également le cas sur le champs de bataille lorsque le héros se sacrifie pour ses camarades.Dans ces cas de morts par devoir, on passe en quelques secondes du statut de vivant à celui de cadavre, et c’est la mort qui met fin à l’avenir de la personne. Dans les autres suicides, l’avenir, l’espoir, meurent bien avant la mort physique. Et sauf a interrompre ce processus de destruction interne, vous ne pouvez pas aider un candidat au suicide, mais tout juste lui enlever les moyens de passer à l’acte par une surveillance soutenue.
                                                          Autrefois, la religion était un frein au suicide, et certaines personnes mouraient de chagrins, de langueurs ou de mélancolie. Ces raisons ne sont plus acceptables, et il en faut d’autres plus adaptées à notre mode de pensée actuel. Ce qui n’empêche, que ces raisons apparemment logiques ne sont pas forcement les raisons profondes, mais seulement celles que nous sommes aptes à comprendre.
                                                          Peut on vraiment croire qu’une femme puisse se suicider parce qu’elle n’a pas de quoi se loger ? Qui peut croire que ce motif, soit à lui seul capable, d’amener une personne au seuil de la mort, et qu’elle le franchisse, parce qu’elle ne peut pas se loger ?
                                                          Moi je n’y crois pas !
                                                          Souvent les gens ont en marrent de la vie, et ils le disent, sans pouvoir expliquer vraiment de quoi, ils ont marrent. Mais bien sur, ça fait con, de dire qu’on veut crever, sans savoir pourquoi, alors on donne une explication plausible, parfois aussi on se raconte, on peut même finir par s’apitoyer sur soi même, et se duper .
                                                          C’est rassurant pour les « témoins » de constater que le suicide est un acte de désespoir certes, mais libre,réfléchi, sensé et raisonné.
                                                          C’est triste pour la famille, mais au moins, ça risque pas de nous arriver.
                                                          Sauf, que il n’y a pas si longtemps, on disait la même chose du chômage !


                                                        • Mmarvinbear mmarvin 25 septembre 2009 23:07

                                                          Je n’ai pas parlé du seppuku (et non, ce n’est pas le hara-kiri...) car ce n’est pas à proprement parler un suicide : le rituel est imposé soit par la tradition (pression sociale), soit par une autorité judiciaire, ce n’est donc pas un geste accompli en général de son plein gré.

                                                          Lisez donc l’excellent manga « lone wolf and cub » de Kazuo Koike, qui a pour héros un bourreau déchu de son titre et de son honneur à cause d’un complot. Une des scènes les plus fortes en début de série nous présente le seppuku pratiqué sur un enfant de quatre ans à peu près.

                                                          Magistral...

                                                          Ou alors, visionnez « Baby cart », une série de 6 films qui reprend la trame du manga.


                                                        • décurion 25 septembre 2009 23:39

                                                          Le hara kiri, (permettez que je ne sois pas amateur de mangas), est de la même trempe que le doigt coupé, que le yakusa remet à son « parrain », il s’agit de racheter son honneur perdu, en versant son sang.
                                                          Pour le même motif, autrefois le sang bleu, croisait le fer sur le pré, ou se mettait une balle dans la tête.
                                                          Mais j’aurais apprécié d’être repris sur le sujet de l’article, et non sur une japonaiserie, puisque si erreur il y a , cela ne change rien pour l’utilisation que j’en fait, et j’aurais préféré que l’érudition s’efface devant l’expérience, puisqu’apparemment vous en avez.


                                                        • Francis JL 25 septembre 2009 21:02

                                                          Je crois savoir que beaucoup de jeunes désargentés sont cobayes volontaires pour tester de nouveaux médicaments. Le Tamiflu dont on connait des effets secondaires relatifs au suicide a été mis au point dans les années 95 et a fait à cette époque l’objet d’expérimentations. Début 1996 un gérant de morgue d’une grande ville me confiait qu’on assistait alors à une vague de suicides sans précédent chez les jeunes gens.

                                                          Je n’en dis pas plus ...


                                                          • Annie 25 septembre 2009 21:32

                                                            Surtout n’en dîtes pas plus. Sinon vous auriez pu parler du Déroxat dont les effets sur les jeunes sont documentés, mais il ne s’agit pas vraiment d’un scandale, seulement de médecins qui essayent de traiter avec les moyens à leur disposition des jeunes dépressifs. Mais au moins c’est un vrai sujet.


                                                          • Francis JL 25 septembre 2009 21:41

                                                            @ Annie, j’ajoute qu’à l’époque j’ignorais tout du Tamiflu et de ce genre d’« essais ».


                                                          • Annie 25 septembre 2009 21:50

                                                            Ces « essais » ont toujours existé. Les étudiants sont des proies faciles toujours en manque d’argent. Je me souviens avoir donné mon sang à Chambéry pour une coupe de champagne. C’est marginal par rapport au nombre de gens et surtout de jeunes qui pensent que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.


                                                          • moebius 25 septembre 2009 21:23

                                                            le suicide n’est pas une pathologie individuelle, l’auteur de cet article a apparemment bien compris cela. Ce sont les sociétés comme la Poste , Renault, France Télécom, les jeunes, les vieux, les femmes , la France ect... qui mettent fin a leur jour parce que nous les suicidés ne supportons plus des entités qui n’ont plus de sens


                                                            • moebius 25 septembre 2009 21:27

                                                               Voila pourquoi nous nous suicidons parce que, le collectif n’a plus de sens, et pouquoi le collectif n’a plus de sens ? et bien parce qu’il n’en a plus...vous l’ignoriez ?


                                                              • moebius 25 septembre 2009 21:28

                                                                drelin drelin


                                                                • Ysild Vilanui Ysild Vilanui 26 septembre 2009 12:00








                                                                  Moi je n’en peux plus... de me sentir inutile, impuissante... spectatrice de ce monde impossible
                                                                  Il faudrait tout changer... modifier cette cruelle réalité... trouver des raisons d’y croire encore
                                                                  Et rien ne se passe... rien ne va mieux... c’est l’escalade sans fin vers l’abîme sans fond
                                                                  On le sent que tout tient à un seul fil fragile... que la flamme va s’éteindre au moindre souffle imprévu
                                                                  La mort ne fait pas peur... pas autant que la vie... on s’attache au néant insidieusement 
                                                                  Quand on ne peut plus se supporter : « je ne veux pas que vous m’aimiez ! »... il faut savoir crever 
                                                                  Ou s’en aller très loin, tout quitter et s’attacher à d’autres gens... quoi de plus vivant...
                                                                  J’hésite... j’ai cessé tout mouvement... anéantie par chaque instant émouvant... 
                                                                  J’hésite depuis longtemps... j’attends l’accident... le bon moment... totalement indécent... 
                                                                  Sans même une goutte de sang... 
                                                                  Juste un dernier souffle... glaçant... 



                                                                  • Jurvadi Krishvati Jurvadi Krishvati 27 septembre 2009 11:44

                                                                    Ysild, le monde est cruel, c’est un fait, et il semble impossible de le changer, de l’améliorer. Et pourtant, chacun(e) à en soi ce pouvoir de modifier le monde qui l’entoure. En s’améliorant soi-même on participe à ce changement bénéfique à plus grande échelle. A vous de trouver la voie à partir de ces quelques pistes : essayez de vous libérer de ces pesants conditionnements imposés à votre insu, donnez de l’Amour sans rien attendre en retour, accédez à un niveau d’attention absolu pour que chaque instant se confonde avec votre être, en brisant totalement ce besoin factice d’avoir... 
                                                                    Personne ne trouvera cette voie à votre place. Cette voie n’est pas inscrite dans un livre et ne peut s’enseigner. Elle vous est propre et j’espère sincèrement que vous pourrez la découvrir un jour. 
                                                                    Le choix de l’image qui accompagne vos commentaires me laisse à penser que vous faites partie d’une caste d’immortel(le)s smiley ; ce qui devrait vous laisser du temps pour changer « ce monde impossible ». Je vous le souhaite et je nous le souhaite. 
                                                                    Gardez votre souffle, il est si précieux. 

                                                                    JK


                                                                  • Ysild Vilanui Ysild Vilanui 27 septembre 2009 22:18

                                                                    @ JK
                                                                    Merci de vous être penché sur mon cas désespéré et désespérant...
                                                                    J’essaierai de trouver cette voie... promis juré.
                                                                    J’ai bien conscience moi aussi qu’il faut travailler son être et non son avoir, que donner de l’Amour devrait aller de soi...

                                                                    Bien vu pour la « caste des immortel(le)s » ; C’est tout nouveau pour moi, j’attends quelques années pour en être sûre... des fois qu’on m’aurait menti... smiley 

                                                                    Je garde mon souffle alors... pour changer ce monde. 
                                                                    Là, je ne promets rien... je cherche la bonne voie d’abord. 

                                                                    Cette lumière en nous... 


                                                                  • Jurvadi Krishvati Jurvadi Krishvati 28 septembre 2009 20:36

                                                                    « Cette lumière en nous » 

                                                                    Je crois comprendre que nous avons des références en commun, Ysild. Tout du moins une référence commune. Je ne peux que vous souhaiter de garder ce souffle qui alimente « cette lumière en nous », pour éclairer cette voie du changement. Si j’osais je vous donnerais mon adresse email pour prolonger cette conversation... Peut-être qu’il serait plus sage de passer par les gestionnaires de ce site pour vous transmettre discrètement mon adresse. S’ils veulent bien jouer les intermédiaires vous pourrez ainsi me contacter ; si vous le souhaitez, évidemment. 

                                                                    Amicalement,

                                                                     JK

                                                                  • Mary-Amelia Swan Mary-Amelia Swan 28 septembre 2009 21:48

                                                                    Attention à vous, « tendre mais mordante » Ysild. Votre (Notre) caste tient énormément à la discrétion de ses membres. Discrétion qui relevait même du secret, dans un proche passé. 
                                                                     smiley Soyez prudente smiley 


                                                                  • Ysild Vilanui Ysild Vilanui 30 septembre 2009 17:16

                                                                    @ JK
                                                                    C’est comme vous le sentez pour me faire parvenir votre adresse mail. Sans garantie que je vous réponde néanmoins... 

                                                                    @ Mary-Amelia
                                                                     smiley Discrète je serai smiley

                                                                    @Cécile
                                                                    Vous posez les bonnes questions, qui doivent en tourmenter plus d’un(e). 
                                                                    Je pense que le recours au suicide (en dehors d’une raison médicale, maladie incurable, etc) s’explique par le fait qu’on se laisse posséder par des problèmes, sans réellement les affronter, sans aller au coeur de ces problèmes, pour les régler définitivement. On se torture soi-même en ne cherchant pas réellement à démonter pièce par pièce ces « cauchemars » qui nous rongent. En allant même jusqu’à reprocher à autrui d’être responsable de ce mal être. On en revient à vos interrogations : qui peut apporter le déclic salvateur ? Pourquoi certains suicidaires se sauvent eux-mêmes ? Pourquoi certains autres trouvent le salut par une intervention extérieure ? Pourquoi sont-ils aussi nombreux à ne trouver que l’issue fatale ? 



                                                                  • manusan 26 septembre 2009 14:18

                                                                    Leurs parents leurs ont dit que bosser chez France Telecom, c’était la réussite sociale. Alors ils anticipent.


                                                                    • Cécile Cécile 26 septembre 2009 15:29

                                                                      @ gruni : oui, même quand ça n’est pas un proche, c’est impossible d’oublier.
                                                                      @ anwe : j’espère moi aussi que vous avez pu surmonter cette épreuve. Le livre d’Ariane Bois « Et le jour pour eux sera comme la nuit » qui est notamment à l’origine de cet article et des questions que je me pose parle d’un fait réel : du suicide d’un jeune homme de 20 ans et surtout de sa famille qui se reconstruit au bout d’un long chemin chaotique, après le drame. Il y a une lueur d’espoir finale pour ceux qui restent et qui doivent vivre avec coûte que coûte. Si ça peut aider... Dans certaines circonstances, des témoignages vécus et romancés peuvent peut être aider à surmonter...

                                                                      Maintenant sur des questions moins douloureuses, à savoir les études et les chiffres sur le suicide, et pour répondre ou ajouter une info aux messages que j’ai lus ici et là, et compte tenu des informations que j’ai récoltées, voici ce que je peux vous donner :

                                                                      @ Annie : en fouillant dans ma doc j’ai retrouvé l’évolution en pourcentage du taux de suicides en France de 1950 à 2005 (source Organisation mondiale de la santé). Voici quelques données extraites du document.
                                                                      1950 : 15,2 1970 : 15,4 1990 : 20,0 1995 : 20,6 2000 : 18,4 2005 : 17,6

                                                                      @ceux qui pensent que les zones urbaines font partie des causes éventuelles, c’est une idée reçue  :
                                                                      « On se suicide plus à la campagne qu’en zone urbaine, les régions payant le plus lourd tribut étant le Nord et le Nord-Ouest. » Extrait d’un document très intéressant sur le suicide en France, consultable ici :

                                                                      @ Annie : dans ce même document, il y a des éléments (d’après une étude de l’Inserm datant des années 90) portant sur l’aspect « ceux qui y pensent » chez les ados (lycéens, collégiens).
                                                                      « L’idée du suicide chez Lycéens et Collégiens »
                                                                      Ont pensé au suicide au cours des 12 derniers mois : 94 % dont 34% garçons et 60 % filles.
                                                                      Y songent souvent : 37 % dont 15% garçons e t 22% filles.

                                                                      Aujourd’hui le soleil brille sur la région parisienne et j’espère qu’il brille aussi dans vos yeux !

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