• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Otage de la misère économique et sociale...

Otage de la misère économique et sociale...

L’installation à la campagne peut virer au drame par l’exclusion et la discrimination pour ceux qui croient naïvement au bonheur dans la nature. Certaines régions enclavées comme la Nièvre peuvent devenir des ghettos de misère pire que les banlieues des villes.

La misère des campagnes est pire que celle des banlieues mais on n’en parle pas... parce qu’elle se cache.

Après une vie heureuse, j’ai eu la naïveté de croire à ce bonheur dans la nature dont rêvent les citoyens des villes.

La nature peut se révéler dangereuse par l’isolement et la jungle des rapports inhumains qui risquent de détruire les candidats à l’émigration intérieure.

C’est une longue histoire de neuf années que mon témoignage d’un émigrant vers le désert intérieur des zones rurales.

La misère des zones rurales n’est pas une fatalité. Elle est d’abord fabriquée par les mentalités d’exclusions et de privilèges liés aux "droits du sol" contre les "pièces rapportées".

Pourtant, certaines zones rurales (comme le Morvan où je suis "prisonnier économique") recèlent de véritables trésors qui assureraient le développement économique local si l’intelligence et la solidarité gagnaient sur l’égoïsme et la bêtise.

JPEG - 367.7 ko
otage de la misère économique et sociale du Morvan
la maison où je vis enfermé dans la solitude sans eau chaude (ni chauffage efficace durant l’hiver)

Je ne parlerais pas beaucoup pour ce premier article.

J’attends les témoignages de ceux qui rencontrent des difficultés dans des lieux isolés.

Est-il légitime de renoncer à vivre socialement et économiquement parce que l’on est relégué à une contrée de misère qui fabrique ses pauvres pour préserver ses riches ?

La campagne n’est pas rose...


Moyenne des avis sur cet article :  4.18/5   (78 votes)




Réagissez à l'article

139 réactions à cet article    


  • haddock 3 août 2007 13:51

    Jobsanter ,

    Vous lancez un sujet intéressant , mais vous ne donnez aucun élément de compréhension de l’ état où vous-vous trouvez , que s’ est-il passé ? qu’ envisagez-vous ?


    • jobsanter 4 août 2007 15:26

      Bonjour à tous,

      Je suis surpris d’autant de réponses même au mois d’août.

      Je vais bien sûr vous en dire plus mais par vos témoignages, vous avez ouvert beaucoup de portes sur la vie d’un néo-rural déraciné dans la province enclavée hors de la vie du monde qui bouge.

      Mon principal problème c’est comme le dit Melanie dans son message, c’est d’être venu seul.

      Je ne veux pas finir ma vie dans cette campagne comme ces vieux qui meurent 20 ans trop top avec comme seule activité d’aller boire un canon de rouge au bistrot du village à 200 m quand ils ont grapillés quelques euros.

      La mort se cache dans les campagnes comme les maladies, les mauvais traitements, l’incompétence généralisée et la solitude des miséreux intelligents ou analphabètes.

      Je n’espère aucune aide de l’extérieur si ce n’est une prise de conscience commune que nous ne sommes pas seuls dans cette galère. Etre venu plein d’espoir dans un petit village en se voir emprisonné sans liberté économique pour en repartir... au moins, si tous ceux qui rêvent d’espace, de nature et de calme en découvrent la contre-partie... j’aurais peut-être évité à d’autre de sombrer dans la même misère.

      J’ai 59 ans et je n’ai plus ni revenu ni voiture avec du carburant pour la faire rouler. Au RMI, c’est difficile de repartir avec le risque de tomber encore plus bas... car quand on est pauvre, on n’est plus rien même si on était encore il y a peu. La misère est une privation de liberté et pire encore.

      Les jeunes d’ici eux vont faire leur vie professionnelle en ville... il faut le savoir. Ils n’espèrent même pas changer les choses dans leur région... pourtant pleine de potentiels avec de nouvelles mentalités et de nouveaux moyens.

      Je suis dans la peau d’un immigré parce que je n’ai pas de travail ni de lien sociaux. Cà me pose la question du racisme anti-pauvres... avec le RMI, il est vrai, je n’ai rien à partager avec les gens intelligents... c’est ce qui est le plus destructeur de la misère imposée par le système économique : je travaille car je me forme, j’apprends, j’aide, j’expérimente... mais je ne suis pas payé alors que tous les matins je suis actif.

      Heureusement pour moi, je ne baisse pas les bras... le combat est perdu d’avance... mais je réponds à la guerre économique qui nous guette tous par la résistance et la révolte... même si je suis seul.

      Mon post est aussi un appel aux gens de la Nièvre et du Morvan qui veulent que çà change. Il faut contester l’immobilisme et exiger les moyens de développer un dynamisme économique et solidaire qui transformerait la région et l’ouvrant sur la vie sociale et le progrès positif. C’est comme me l’a dit l’ancien patron du bistrot « il faudrait d’abord changer les mentalités ».

      Ne plus être dépendant des systèmes administratifs qui nous gèrent selon leurs propres intérêts... ils justifient ainsi de leur utilité... mais la dépendance n’est pas une bonne chose, il faut être libre et autonome... pas s’en remettre aux autorités locales avec le risque d’être leur « fonds de commerce ».

      Comment j’en suis arrivé là ?...

      - Une petite entreprise personnelle qui marchait et voyant cela, un concurrent qui démarre la même chose dans le village d’à côté... résultat, faillite... puis disparition du concurrent 2 ans après, pour incompétence, lui.

      - un incendie dans le local dangereux que je louais à cause de malfaçons du propriétaire. J’avais pourtant un contrat d’assurance à la MAAF avec une assurance perte d’exploitation, mais je n’ai jamais réussi à me faire rembourser le moindre centime... et la justice ici, c’est loin du village, sans voiture ni argent, on classe vite ton dossier.

      - je me suis réfugié dans l’achat d’une vieille maison craignant un nouvel incendie et ce fut mon erreur fatale. Cette maison est devenue pour moi une prison de solitude, d’enfermement et de dangers. Pas d’eau chaude et peu de chauffage, tout s’écroule... l’EDF qui veut me couper le courant... l’avenir est bouché pour les années qui me restent à vivre.

      Pour moi, c’est fini. J’ai tiré la mauvaise carte. J’ai encore ce clavier et cet abonnement internet qui me permet de communiquer avec vous... et çà, c’est de l’or pour moi.

      Tant que je pourrai me battre, je vivrai.

      Ma misère semblerait relative selon Aurélien... c’est vrai, car j’ai un toit (qui fuit), à manger (Restaurants du coeur), quelques euros du RMI pour m’acheter des rapports sociaux au bistrot (et entendre des critiques sur les pauvres fainéants qui coûtent cher à la société)... mais la misère n’est pas qu’économique... on ne vit pas que de mauvais pain... on a besoin d’espoir, de projets, d’amis, de sécurités... et ma révolte est là !... d’être déraciné de mon bonheur passé perdu définitivement.

      J’ai beaucoup parlé dans ce message et je n’en ai pas dit beaucoup de ces 9 années de désespérances.

      Il faudrait changer la vie dans ces putains de campagne... on y serait bien.

      job


    • haddock 4 août 2007 16:09

      Jobsanter ,

      Avez-vous été marié , eu des enfants , vous avez de la famille quelque part ?


    • aurelien 4 août 2007 18:17

      Jobsanter, c’est plus clair maintenant.

      Même au RMI, il existe des inégalités entre les personnes. Certains ont un logement, de la famille, d’autres pas.

      Merci pour votre témoignage, il est clair que l’état actuel des campagnes, la concentration des populations près des villes et l’industrialisation démesurée des activités est destructeur du lien social (qui n’a plus beaucoup de signification dans nos sociétés individualistes et mégalopolisées), de la qualité de vie, et contribue à la désertification de nombre de régions, pour beaucoup enclavées, et qui ne deviennent que des lieux de résidence pour touristes (et encore seulement pour certaines d’entre elles).

      Internet est une possibilité d’ouverture effectivement, quant à l’impact que cela peut avoir sur les choses à ce niveau, je n’en sais rien. Vous pouvez peut-être essayer de valoriser vos connaissances professionnelles par ce biais. Être autonome, oui, mais ce n’est pas toujours possible ou facile. Garder une indépendance d’esprit est aussi important.


    • aurelien 4 août 2007 18:25

      EDF peut couper le courant. Peut-être connaissez-vous un agriculteur disposant d’un groupe électrogène de secours ou d’appoint dsiponible ?


    • aurelien 4 août 2007 18:39

      Une chose est de trouver un groupe électrogène de secours, et si EDF coupe le courant, porter pour négligence et obligation d’utiliser des moyens de survie non conformes aux règles sur le réchauffement climatique (en attente de voir ce qui sortira du Grenelle) et demander l’installation de panneaux solaires sur votre maison.


    • melanie 4 août 2007 21:35

      Peut-on, sérieusement demander l’installation de panneaux solaires de façon gracieuse alors même que le coût d’une installation - complète à savoir phovoltaïque thermique - est énorme et que les seules « subventions » sont des crédit d’impôt et qu’un RMIste n’en paie pas ???

      Sinon, à mon sens tout retraité sans moyens le ferait .

      Non, ???


    • ficelle 4 août 2007 23:25

      je suis à peu près dans le même cas. je ne connais aucun agriculteur prêt à donner un litre d’essence. La baraque sera à vendre à un meilleur prix, point, barre !


    • Djanel 5 août 2007 01:03

      Si vous avez des dettes vis à vis de l’EDF, sachez qu’il existe des aides du conseil général qui les paieront pour empêcher la coupure. Il faut faire une demande auprès de votre assistante sociale. Pour le chauffage, il existe aussi des aides. Elles sont plafonnées mais c’est une aide tout de même qui peut alléger vos dépenses de chauffage. On vit dans un état providentiel. Il faut en profiter maintenant avant que les sarkozystes ne le détruisent pour toujours.

      Si vous êtes encore propriétaire de votre logement vous pouvez contacter des associations qui vous trouveront des emprunts avec un faible taux d’intérêt. Pour cela, il vous faut un plan d’action, prendre votre courage à demain et restaurer vous-même en vous transformant en maçon. Ce n’est pas difficile parce que j’ai souvent vu des parisiens le faire pour leur résidence. Quand ils n’y arrivaient pas, ils embauchaient un professionnel. J’ai souvent travaillé ainsi dans les années 80. Je les transformais en manœuvre et le boulot était réalisé au moindre coup.

      Une fois votre maison restaurée, vous la vendez et avec le capital vous recommencez. Cà peut rapporter gros, le double des sommes investies et même plus si vous êtes capable réaliser seul tous les travaux.

      Pour la plomberie : prendre un professionnel. On ne peut pas s’improviser plombier du jour au lendemain.

      Pour l’électricité idem, mais rien ne vous empêche de passer les fils avant durant la restauration et ne laisser à l’artisan que les branchements au compteur et la pose des appliques et autres babioles.

      Plus facile à dire qu’à réaliser.


    • aurelien 5 août 2007 09:23

      @ Jobsanter,

      N’écoutez pas seulement les personnes qui prônent l’assistanat ou l’immobilisme, écoutez votre révolte et votre sentiment de colère.

      Rien n’est perdu d’avance


    • aurelien 5 août 2007 09:32

      Transformez votre cour en haut-lieu de résistance au coup d’état mondial conservateur et néo-libéral et prenez en otage le libéralisme mercantile en vivant comme vous l’entendez.


    • aurelien 5 août 2007 09:33

      Quoi, j’en fais un peu trop ? smiley


    • Iceman75 Iceman75 3 août 2007 13:59

      Sans voyeurisme, il nous faudrait au moins des éléments concrets pour juger de « l’égoisme et la bétise ».


      • fouadraiden fouadraiden 3 août 2007 14:01

        personne ne vous empêche de vous exiler en ville. l’exode rural est la norme depuis plus d’un siècle.

        et vous ,vous ne serez pas exlu en raison de vos origine,et c’est pas négligeable.


        • masuyer masuyer 3 août 2007 14:54

          Jobsanter,

          c’est vrai que vous n’en dites pas assez.

          C’est dommage parce que le sujet est très intéressant. Je vis moi-même en zone rurale (j’y avais passé mon enfance, ça aide aussi), je connais un peu le Morvan, et j’ai fait l’expérience de l’exode (de zone rurale à zone rurale) en allant vivre pendant 8 ans en Centre-Bretagne, région qui a beaucoup de points communs avec le Morvan (très touché par un exode rural massif, notamment vers Paris), flambée des prix de l’immobilier par l’arrivée de résidents secondaires (anglais pour le Centre-Bretagne, parisiens et hollandais pour le Morvan), forte identité culturelle.

          Mais, il est vrai que dans un pays où la majorité de la population vit en ville, il y a une idéalisation de la campagne qui entraine souvent des déceptions. Et qu’une situation de chomeur ou de rmiste n’y est certainement pas facile, notamment à cause de l’absence de transports collectifs. Trouver du boulot à la campagne sans voiture est une gageure.

          Franchement, je suis ouvert à la discussion, et je suis prêt à partager mon expérience (qui est dans mo cas positive) avec vous.

          Cordialement

          Je


          • melanie 3 août 2007 15:22

            Témoignage poignant.

            J’aimerais pouvoir vouis aider.

            Mais je réside à Montpellier , ville idyllique où persistent de façon permanente 17 % de chomage lié à une transhumance perpétuelle de chômeurs - en grande partie- puisque la misère est moins pénible au soleil... C’est faux, la misère est insupportable où que l’on soit. Et puis Montpellier, c’est loin du Morvan.

            Je suis au chômage et les ressources intellectuelles ne sont d’aucun secours sans ressources financières pour partir. Les semmelles deviennent vite de plomb sans moyens financiers.

            C’est le piège .

            J’ai vécu dans le lubéron -très idyllique aussi selon les images d’Epinal renvoyées par quelques « peoples » y possédant un mas provencal et y passant 2 mois par ans. C’est un Vaucluse rural, égoïste et sectaire ou le fait de ne pas être du coin et n’avoir pas l’Accent vous catalogue très vite dans la catégorie honnie des Parisiens .... Le soleil dans le Sud - c’est vrai aussi pour Montpellier - remplace toute solidarité : Vous pouvez crevez la bouche ouverte. Et la province - même à Montpellier- sans voiture est un cauchemard.

            Essayez de contacter les cabinets de recrutement de la Ville la plus importante à proximité et essayez de bouger.

            Si vous en disiez un peu plus ....


          • finael finael 4 août 2007 10:26

            @ mélanie

            Très intéressant, j’ai vécu dans un village en banlieue de Montpellier (Clapiers) pendant 13 ans (fuyant la ville que je déteste).

            C’est un endroit paradoxal : bien que l’Hérault soit le département qui crée le plus d’emplois, c’est aussi celui qui a le plus fort taux de chômage. Ville administrative et universitaire elle attire de très nombreux étudiants qui ont souvent envie de rester dans la région. L’ennui c’est qu’il y a fort peu d’entreprises.

            J’y ai aussi connu le chômage et j’ai dû faire la navette Montpellier - Paris - Montpellier pendant 7 ans pour travailler.

            C’est pourtant un endroit où « l’étranger » est le mieux accepté en Province (seul 1/5 de la population est « d’origine »). J’ai connu la Corse (au rejet carrément violent), la Provence et maintenant je vis dans un camping à 25km de Perpignan (j’ai fini par me faire expulser de Clapiers et j’ai trouvé un travail à Perpignan in-extrémis), surtout ne venez pas dans le coin : Entre les Catalans, les gitans et les arabes, vous êtes vraiment mal barré(e).

            Essayez de contacter le Florian Mantione Institut (1, pl Paul Bec), mais Florian n’est pas un tendre ni un généreux.


          • ficelle 4 août 2007 23:38

            choppé avec 1 g d’alcool , le jeune procureur de sous-préfecture t’annonce que si ça peut éviter 5 morts (sic), tu peux bien perdre ton boulot. Qu’il n’y aie ni bus, ni train ? 5 vies sauvées, pas d’importance. Mais quel pouvoir ! Et ta vieille bagnole que tu as réussi à faire revenir grâce à un copain, il y en a quand même, le lendemain, a les pneus crevès. Et le jeune procureur attend une mutation plus valorisante !


          • La Mémoire et la Mer La Mémoire et la Mer 3 août 2007 16:30

            Votre témoignage me touche, me touche doublement parce que nous sommes voisins de département (Cher, 18, Centre de la France) et que nous ne sommes guère mieux lotis ici. N’hésitez-pas à prendre contact avec moi si besoin est. Je comprends votre message puisque moi-même j’ai vécu l’isolement pendant plus de 2 ans et combien il est difficile de s’insérer dans des départements en situation économiquement faible. Votre résonnement est juste sur la défaillance du facteur solidarité, même si un développement plus poussé serait nécessaire.

            J’attends de vos nouvelles. Amicalement, talbot.christophe@gmail.com


            • ddacoudre ddacoudre 26 août 2007 20:58

              bonjour surpris par ton speudo.(la mémoire et la mer)

              La marée je l’ai dans le coeur qui me remonte comme un signe

              Je meurs de ma petite soeur de de mon enfant et de mon signe

              Un bateau ça dépend comment on l’arrime au port de justesse

              Il pleure de mon firmament des années lumières et j’en laisse

              Je suis le fantôme Gersey celui qui vient les soirs de frime

              Te lancer la brume en baiser et te rammasser dans ses rimes

              Comme le trémail de juillet où luisait le loup solitaire

              celui que je voyais briller au doigt du sable et de la terre.

              etc.etc.un texte merveilleux

              cordialement.

              trop à dire sur l’article de job, si ce n’est que bien sur notre liberté subjetive est attaché à celle économique, et qu’encore pour quelques années il y a la solidarité socialisante, même si c’est peu et si elle ne permet pas de sortir du trou. c’est bien connu que les pauvres partagent(pas les miséreux)ils n’ont rien à perdre ou si peu, les riches non( sauf les exceptions), ils ont quelque chose à perdre ou ils leurs manquent toujours un peu, qu’ils ne peuvent donner, pour obtenir plus, au point de ne plus vouloirs payer d’impots pour la nécessaire redistribution civilisatrice d’un monde en compétition permanent.


            • BAERTJC 3 août 2007 17:05

              Il eut fallu pour lancer le débat que vous donniez de plus amples détails sur : comment en êtes-vous arrivé là, quels sont les freins socio-économiques et culturels que vous avez rencontré et enfin mais surtout quels ont été vos interlocuteurs lorsque vous avez décidé de vous plaindre. Se plaindre c’est bien, cela prouve que l’on veut exprimer quelque chose, mais se plaindre à la bonne porte c’est encore mieux !


              • jobsanter 5 août 2007 13:04

                Sûr que j’ai frappé à beaucoup de portes et je ne cesse de le faire...

                mais

                - « il n’est pas question de me faire travailler » (un responsable de mairie)

                - « il y a plus pauvre que moi et me faire travailler prendrai le travail d’un jeune » (un professionnel de santé)

                - « j’ai besoin de toi... bénévolement » (pour plusieurs de décideurs locaux)

                - les avocats, les juges, les politiques... ne s’intéresent pas aux RMIstes

                - ici, pas de syndicats, d’association de défense, de soutiens efficaces

                Sans appuis, au mieux on m’occupe en faux espoirs à me faire remplir des dossiers et à me faire perdre mon temps et le peu que j’ai sans résultat.

                Je me sens comme enfermé dans un « bocal » (le village de 1200 h) ou au fond d’un puits d’où je ne peux sortir seul.

                J’agis à la fois en me révoltant, en me formant professionnellement, en proposant mes services, en appelant au secours par internet... depuis au moins 6 ans.

                Je le vis très mal surtout parce qu’avant, j’avais une vie bien remplie de liens sociaux et d’activités.

                Je demande seulement la justice, mes droits, la possibilité de mettre mes compétences au service des gens... mais pas bénévolement tant que je n’ai pas de revenu. Mes compétences et mon expériences passées seraient tout à fait utiles à la région... mais il y a un blocage (absence de dynamisme et de volonté des personnalités locales)

                job


              • melanie 5 août 2007 17:54

                @ jobsanter

                Ne crois pas une seconde que le sort d’un RMiste ou d’un « bénéficiaire » de l’ASS - « Allocation spécifique de solidarité » - soit préférable dans une grande ville .

                Les chômeurs de longue durée sont des parias partout et remonter du « trou », ce que les sociologues appellent « les trappes à pauvreté » du RMI et de L’ASS est proche d’un marathon où que ce soit.

                Considère que relativement , il y a moins de chômage structurel dans ta région que dans le Languedoc Roussillon.

                Le conseil plus haut est judicieux , fait réparer ou répare les dégâts de ta maison - il existe aussi des bénévoles pour ce type de travaux, cherche les par Internet - et VENDS ta maison .

                Considère que peu de RMistes sont propriétaires : Tu n’as pas rien dans les mains !!!! Et si, le moral est un frein à l’action car tu déprimes, va voir un médecin,du Prozac n’a jamais tué personne .

                Mais Vends ....et loue en ville !!!!! Une ville -grande - offre plus de possibilités.

                6 ans c’est trop ... à soufrir.... Se lamenter et ne rien faire n’est pas constructif. Bouge .


              • sacados 5 août 2007 18:03

                Il faut te mettre aux anti-dé presseurs : ça ne change en rien la réalité, mais ça diminue la sensibilité aux coups. Moins sensible aux coups on prends le courage de remonter. Faut pas s’occuper des autres : les autres ne s’occupe pas de toi. On ne peut pas partager les insuffisances...

                 smiley ...


              • haddock 3 août 2007 20:41

                Jobsanter ,

                Si tu communiques de la même façon qu’ici avec tes voisins , ne t’ étonnes de rien .

                Bien à toi .


                • Plus robert que Redford 3 août 2007 21:29

                  Certes, voilà une amorce propre à exciter notre curiosité !

                  Alors, cher travailleur déraciné, livrez nous un peu plus de votre personnalité et de votre parcours, pour que, comme à l’accoutumée, nous puissions assouvir nos passions de donneurs de leçons, bien au chaud calés derrière nos claviers affûtés et nos certitudes zinébranlables d’Agoranautes...


                  • aurelien 3 août 2007 21:49

                    La misère est toute relative, ce n’est pas parce que l’on habite dans une vieille bâtisse que l’on est forcément dans la misère.

                    Il manque quelques informations :

                    Combien de résidents habitent cette cour ? La toiture est neuve, les canalisations pour l’eau de pluie semblent être en état correct. Il y a beaucoup de cables électriques à l’extérieur : l’installation électrique est-elle aux normes ?

                    Avez-vous l’eau courante, une chaudière en état de marche ? Qu’y a-t-il de si miséreux, excepté le caractère lacustre de cette cour, qui, il est vrai est assez étroite... ?


                    • haddock 3 août 2007 21:59

                      Une entame pour un roman à construire ?


                      • Antoine Diederick 4 août 2007 00:52

                        ah, les prémices d’un débat intéressant ?...ou comment revitaliser les campagnes de France...c’est un vrai défi et c’est un défi d’avenir. Curieux, comme les politique « s’en foutent » !


                        • aurelien 5 août 2007 13:23

                          C’est un défi de maintenant pas de l’avenir


                        • papy papy 4 août 2007 00:56

                          J’ai émigré de la région parisienne vers les Alpes de Haute Provence depuis 11 ans : 11 ans de vacances ! Les autochtones ne nous attendent pas pour vivre, mais si on sait se faufiler un peu (par le biais d’associations ...), tout est possible car « les gens d’ici » s’aperçoivent que vous êtes utile et désireux de l’être. Bien sûr on n’est jamais vraiment des leurs, mais votre beau-frère est-il vraiment de votre famille ? Il faut se faire une place et arrêter de pleurer sur son sort en « attendant que ça vienne » !


                          • jobsanter 5 août 2007 13:20

                            Les Alpes de Haute Provence bénéficient d’un certain dynamisme environnant qui fait qu’on a besoin de compétences (au moins pour les professionnels).

                            Le Morvan est une région fermée et je comprends maintenant les citations du passé « il ne vient du Morvan ni bonnes gens ni bon vent »... sans condamner les Morvandiaux qui sont en parti victimes et responsables... mais il y a un fond de vrai à cause des blocages locaux et de l’immobilisme absolu.

                            Je n’y aurais pas cru avant de vivre ces 9 années... mais il y a trop de gens ici qui s’opposent à tout changement pour s’ouvrir au monde et à la vie de 2007.

                            Je voudrais juste pouvoir repartir... et laisser la région faire ses propres choix.

                            Je parle pour informer dans l’espoir de mettre fin à cette misère fabriquée.

                            job


                          • aurelien 5 août 2007 13:24

                            En voulant quitter cette région, ne participez-vous pas au phénomène que vous critiquez ?


                          • melanie 5 août 2007 18:01

                            Bis repetita /

                            Vendez et partez de cette région qui vous bouffe.

                            Vous n’ètes pas marié au Morvan , tout de même !!!!

                            Ni victime expiatoire d’une région fermée.

                            Partez, vivez....

                            A 60 ans , rien n’est fini. On a encore plein de ressources . J’ai des amis de 60 ans qui ont une vie hyperactive et riche ; Mettez fin à ces 9 ans stupides. On fait tous des choix , et certains sont calamiteux . Je pars de Montpellier pour une région plus créatrice d’emplois ...partez.


                          • sacados 5 août 2007 18:15

                             smiley A Rome, faut faire comme les romains !...


                          • mclerc 4 août 2007 09:22

                            J’ai vécu (si l’on peut dire !) à Clamecy, dans la Nièvre, et j’en ai gardé un souvenir impérissable. J’y ai toujours été vu comme l’« étranger ». Mais il faut dire que pour un clamecyquois, à trois kilomètres de là, à Moulot, par exemple, vous êtes déjà un étranger, alors ! C’est la rançon de la province : si vous n’êtes pas d’ici, vous êtes de là-bas. smiley


                            • masuyer masuyer 4 août 2007 11:00

                              Quand j’étais en Centre-Bretagne j’avais fini par m’intégrer plutôt bien, il faut dire que j’avais appris le breton. Mais un jour alors que je discutais au bistrot, le maire, qui n’approuvait pas ce que je disais et bien que ne participant pas à la conversation, me lança : « toute façon t’as rien à dire, t’es pas d’ici ! ». Ce à quoi j’ai répondu : « je suis peut-être pas d’ici, mais j’y vote et je peux me présenter ». On était en période de campagne municipale et le journal local avait une rubrique dans laquelle se déclarait les prétendants. J’ai contacté le journal, j’ai eu le droit à un petit article où je disais que j’envisageais de me présenter.

                              J’avais mis les rieurs de mon côté, et partout où j’allais, surtout quand le maire était dans les parages, on me gratifiait d’un « M. le Maire », qui avait le don de le mettre en rage.

                              Papy a raison quand il dit « Les autochtones ne nous attendent pas pour vivre »


                            • melanie 4 août 2007 11:02

                              @ mclerc

                              Oui !!!!!

                              Ce sentiment d’exclusion fonctionne de village à village, dans le Luberon ou ailleurs.

                              Je suppose qu’il s’agit de quelque chose de très ancien, territorial, et protectionniste par rapport à des terres - droit du sol revendiqué - ou à des instincts villageois claniques .

                              Quand on vient de la « Ville » c’est doublement pénalisant :

                              Vous n’ètes pas accepté, mais à force d’efforts « toléré », et c’est un choc des cultures violent . Tout y est différent : Le dialogue avec les « locaux » , le manque de structures établies, le manque de sorties autres que campagnardes, souvent un rejet profond de la population à hauteur de leurs complexes et de leur jalousie de n’être pas de la ville ...

                              Surtout ne jamais partir seul, descendre en couple avec enfants - ce sont toujours des vecteurs de sympathie - et il est plus facile de « goûer » aux plaisirs campagnards avec chien et enfants que seul avec son cafard. Sachant que le cafard - même avec Prozac - c’est très mauvais pour les recrutements éventuels .

                              La Province et pire les « villages » si on y reste seul, peut vite devenir un enterrement de première classe.

                              Et puis la notion de solidarité est devenue une denrée rare - hélas - : Aide toi le ciel t’aidera ...


                              • jobsanter 5 août 2007 13:38

                                La solitude oblige surtout à ne compter que sur soi-même... et malgré ma force et ma volonté, sans revenu que le RMI, à 59 ans, je ne peux repartir en ville refaire ma vie sans rien.

                                Les médecins me proposent des médicaments... des tranquillisants qui m’assoment... j’ai arrété çà... il y a aussi le café et l’alcoolisme.

                                Comment la société de 2007 peut-elle ainsi laisser mourir des gens dans ces régions cachées en y envoyant les pauvres, les déficients mentaux... et bientôt, peut-être les prisonniers et les délinquants...

                                J’ai le vague sentiment qu’on veut débarasser les villes d’une partie de leur population... absurdité ?... je ne sais pas... à entendre la télé qui nous vante le bonheur de la vie à la campagne.

                                Bonheur, sans doute, mais il faudrait que çà change fondamentalement pour certaines régions comme le Morvan (enclavement).

                                job


                              • melanie 5 août 2007 18:06

                                Si vous ète propriétaire ; Vendez .

                                430 @ , c’est misérable et honteux pour un pays comme la France , 5ème puissance Mondiale , certes.

                                Vendez ce que vous avez.

                                Prenez cette descision et donner vous l’objectif de repartir à zéro en ville : ça vous fera du bien .

                                Rester dans un cercle vicieux, c’est usant .


                              • jako 5 août 2007 21:22

                                Je relis les postes je pense que Melanie a raison vous savez moi j’ai quitté ma région d’origine et mon village depuis 30 ans je veux y revenir mais les gens sont très hostiles la campagne comme vous le dites c’est un fantasme on retourne direct 200 ans en arrière préférez la ville à mon avis mais pas toutes, lyon lille metz ou paris sont bien pour les solitaires , fuir le sud et surtout restez en contact sur ce fil et ne pas faire de bétises


                              • sacados 6 août 2007 12:36

                                 smiley C’est pas honteux : c’est comme ça. Faut voir les puissances mondiales en-dessous...


                              • alberto alberto 4 août 2007 16:35

                                Jobsanter, je découvre votre article qui est un message d’appel au secours !

                                Un des commentaires vous proposait de prendre contact avec les associations (mêmes locales, car il doit bien se trouver des personnes compréhensives dans la Nièvre !) : l’avez-vous fait ?

                                Et puis Internet ne pourrait-il pas vous aider à trouver des solutions pour vous délocaliser ?

                                Et puis, précisez quel était le secteur d’activité de votre entrprise : un Agoravoxien pourrait peut-être vous donner des tuyeaux...


                                • zelectron zelectron 4 août 2007 16:45

                                  Vous étiez dans quel(s) domaines d’activité(s) ? vos compétences, vos souhaits, une autre activité ? Pouvez vous enseigner quelque chose aux enfants, aux ados, aux autres ? Comme dit Alberto, peut être il y a un possible ?


                                  • anny paule 4 août 2007 16:50

                                    Tous les lieux cités, Morvan, Lubéron, Nièvre, Bretagne... pourraient se répliquer à l’infini de nos campagnes françaises. Celui qui s’y installe, s’il n’y est pas né, s’il ne peut se « réclamer » d’ancètres nés sur le territoire de la commune, restera toujours, « l’autre », « l’étranger »...

                                    Nous vivons depuis 35 ans dans un village d’Aquitaine, à proximité de Bordeaux... depuis 35 ans, nous sommes nous encore des « étrangers ». Les relations sociales que nous avons tissées sur ce village sont toutes des relations avec d’autres « étrangers » que les hasards de la vie ont propulsés eux aussi en ce lieu.

                                    La question de nos campagnes est complexe : la misère y existe, au même titre que dans nos villes et banlieues. Cependant, ce n’est pas tout à fait la même.

                                    La misère de nos campagnes naît du repli identitaire (dans notre village de 2000 habitants, « on » vote majoritairement Le Pen ou Sarkozy, par peur de l’autre, par peur du « migrant »... et ce ne sont pas des noirs ou des maghrébins, il n’y en a pas, ou pratiquement pas !), mais aussi, de l’inculture, de l’assujettissement à la TV, de l’impensé...

                                    Nombre de « mamies » qui ne sortent jamais de chez elles s’insurgent contre les grèves dans les transports en commun : un scandale, rendez-vous compte ! Tous ces gens qui ne pourront pas arriver à l’heure à leur travail ! Or, elles n’ont, pour la plupart, jamais travaillé en dehors de leurs tâches ménagères et éducatives de maîtresses de maison.

                                    Elles s’insurgent aussi contre tous ces « assistés » que sont, pour elles, les RMIstes, les chômeurs... ces gens qui « vivent sur leur dos »... Il faut les entendre ! On a du mal ! Et les convaincre que ceux qu’elles stigmatisent sont des victimes d’un système est pratiquement impossible !

                                    Quand je parle des « mamies », c’est parce qu’elles sont majoritaires : les femmes de nos campagnes vivent plus longtemps que leurs maris ! et les jeunes sont plus rares ! Ils ne restent pas, ils migrent vers les villes...

                                    Notre erreur majeure, aux uns et aux autres, ici, c’est d’avoir pu penser nos villages riants en termes de terres d’accueil... c’est d’avoir idéalisé nos campagnes... c’est d’avoir méconnu la « mentalité des ruraux ».


                                    • melanie 4 août 2007 17:49

                                      @ annypaule

                                      Merci .

                                      Les mamies Montpelliéraines - ce n’est pas un village !!!- sont les mêmes qui votent la Pen ou Sarkozy et s’insurgent contre les RMIstes et chomeurs « Tous des bons à rien » qu’elles n’ont ni vus ni fréquentés ...

                                      Même avec des trésors de pédagogie, les faires modifier leur a-priori, est impossible .

                                      Merci aussi, moi qui veut migrer vers Bordeaux - plus grande et moins oisive et génératrice de chomage qu’ici - , j’ai compris votre témoignage. C’est Bordeaux ou ....pas la Campagne.

                                      Je suis une citadine et je sais pourquoi.


                                    • haddock 4 août 2007 19:07

                                      Ni Le Pen , ni Sarkosy , ni Hollande , ni Besancenot , ni Staline , ni Gromyco , ni Bush , Gandhi , ni Lao-tseu , ni Gougouni Weday , ni Idi Amin Dada , ni , ni , ni , ni ne sont en rien responsable de la mentalité et des réactions des gens ni à la campagne , ni à la ville , c’ est stupide de ramener tout à la politique alors qu’il suffit que l’ entourage de ce monsieur soit un peu plus solidaire et chaleureux . C ’est soi-même qu’il faut changer et non pas essayer de changer le monde comme on voudrait qu’il soit . Que puis-je faire pour mon voisin ? voilà la bonne question . Les politiques ce qui les intéresse c’ est d’être élus , c’ est à peu près tout . Pour avoir déménagé environ une vingtaine de fois depuis l’ âge de 16 ans en passant dans des villes , villages , campings , auberges de jeunesse , j’ ai jamais vu un homme politique me demander si j’ étais bien logé , si ceci si cela ..


                                    • haddock 4 août 2007 17:45

                                      anny paule ,

                                      Faudrait surtout arrêter d’ apprendre aux enfants des contes de fées , la vie c’ est la jungle , c’ est ôte toi de là que j’ m’y mette .

                                      Le problème de beaucoup de personnes qui n’ acceuillent pas les autres dans leurs villages ou villes , c’ est que la plupart n’ ont pas été confrontés à la vie non-sédentaire , ils ne savent pas ce que c’ est de ne pas être le bienvenu .

                                      Les gens qui ont vraiment « bougé » toute leur vie n’ ont pas cette mentalité de con consistant à se croire supérieur à celui qui arrive , au contraire ils écoutent celui qui arrive ayant sûrement plein de trucs à raconter .

                                      La vie c’ est la jungle , ce qui ne doit pas empêcher d’ aider son voisin .


                                      • jobsanter 4 août 2007 20:28

                                        Pour mon premier texte sur AgoraVox je trouve les commentaires particulièrement nombreux et constructifs. Si le dialogue était de ce niveau à Lormes, ce serait un paradis de dynamisme et d’intelligence compréhensive.

                                        Pour répondre à vos questions :

                                        - je suis célibataire, sans enfant ni parent (j’ai perdu ma mère lors de la canicule 2003). Ma famille, c’était mes amis en ville.

                                        - question compétences, je suis autodidacte. J’ingurgite du savoir et je m’adapte facilement. Je vais facilement au devant des autres... mais je suis marginal car je suis « trop »... surtout là où je vis. Trop « intello », trop « remuant », trop « en avance »... çà ne m’aide pas d’être actif dans ce pays.

                                        En compétences, je sais Windows, Mac OS, Linux, Créer des sites (SPIP, PHP...), faire chauffeur, guider des gens dans les pays d’Europe, ... à Lormes, avec toutes mes passions, je n’ai aucune utilité depuis 9 ans !...

                                        - Ce qui m’inquiète, c’est de finir ma vie dans ce trou de misère en n’ayant rien fait depuis 1998. Tout est déficient ici : services de santé, justice, emploi, économie, rapports sociaux, etc...

                                        Tant que je peux marcher seul... mais le jour où je ne pourrais plus m’assumer, l’incompétence locale me fait peur.

                                        Question contacts sur place, je fais du bénévolat aux Restaurants du Coeur et 3 bonnes soeurs sont ouvertes à ma révolte et me rendent des petits services...

                                        ...mais ce que je veux surtout, c’est retrouver ma liberté et mon autonomie... ma mobilité... sortir au resto avec des amis... partir en vacances de temps en temps (pas bougé de Lormes depuis 1998).

                                        J’ai travaillé toute ma vie avant de venir ici... et d’un seul coup, çà s’est arrêté et je suis bloqué là.

                                        Reste la vie virtuelle par le net.

                                        job


                                        • masuyer masuyer 4 août 2007 20:57

                                          Job,

                                          il faut reconnaitre que le Morvan ce n’est pas la région la plus dynamique économiquement. A part l’agriculture (qui souffre), la forêt et un peu de tourisme, je ne vois que l’immobilier à destination des résidents secondaires.

                                          Le problème aujourd’hui c’est qu’il y a maintenant neuf ans que tu es là et qu’il va être difficile de repartir sur de nouvelles bases.

                                          Quand je suis parti vivre en Centre-Bretagne j’étais célibataire, je n’avais pas de famille et un objectif apprendre le breton et le kan ha diskan. Ca a été un vecteur d’intégration. Au départ, je les ai franchement fait rigoler. Et je peux t’assurer qu’il m’a fallu m’enfiler un certain nombre de canons de rouge pour me faire accepter. smiley

                                          Bon, c’était plus facile pour moi, puisque j’ai été élevé à la campagne, que j’ai quelques notions d’agriculture. Une piste à explorer, peut-être, est de s’intéresser à la culture locale (encore forte dans le Morvan). Les habitants des campagnes (qui y vivent et y travaille) ont souvent l’impression (parfois à juste titre) d’être méprisés par les citadins. De plus l’explosion des résidents secondaires à souvent fait augmenter les prix de l’immobilier, rendant difficile aux jeunes la possibilité de « vivre et travailler » au pays, d’où parfois un rejet supplémentaire.

                                          je te donne mon mail, si tu veux qu’on discute plus longuement abiesalba39(at)yahoo.fr .

                                          Cordialement


                                        • jobsanter 4 août 2007 21:48

                                          Il n’y a aucune suite à chacune de mes initiatives... et le pays se meurt complètement... et pourtant, c’est une mine d’or de nature et de tranquillité. Des atouts à valoriser à 30 km de l’autoroute... entre Paris et Lyon.

                                          A la même distance de Paris que Deauville... ici, les visiteurs sont rares... rien n’est fait pour les attirer ni les garder.

                                          Je m’y suis bien habitué à la région... le problème est la misère au milieu de gens qui laissent tout crever par leur inaction et leur incompétence... et qui ne veulent pas soutenir les initiatives volontaires de ceux qui ont des idées (17 ans de voyages en Europe, j’ai vu des choses qui marchaient).

                                          C’est plus raisonné que volontaire mon souhait de rentrer en ville. C’est une question de sécurité, de confort dans un appartement chauffé, de pouvoir faire ses courses, avoir des amis, du progrès... en bref, ne pas finir ma vie entre la maison et le bistrot pour aller boire un café... pour seule activité.

                                          Ma dernière initiative était de proposer un service de « chauffeur à la demande »... indispensable dans la région. Résultat 2 déplacements en 4 mois !

                                          job


                                        • masuyer masuyer 5 août 2007 01:42

                                          Tu sais Job, (je te tutoie, excuse-moi), le Morvan se meurt depuis longtemps. C’est une région rude. Qui a tout de même réussie à survivre avec ingéniosité. La tradition des nourrices morvandelles a laissé la place aux familles d’accueil pour « les petits de l’assistance ». C’est un exemple.

                                          Cyp dans son post ci-dessous ne se trompe guère quand il dit que tu n’as pas abandonné ton regard de citadin. Ce n’est pas méchant. Maintenant je pense que les néo apportent quelquechose aux campagnes, et que certains coins particulièrement touchés par l’exode rurale ont connu une seconde vie grâce aux néos.

                                          Mais pour y arriver, il faut une certaine humilité, qui n’est pas facile. « Le gars de la ville » débordant d’énergie et d’enthousiasme risque vite de passer pour « un parigot donneur de leçon ». Il faut vraiment essayer de comprendre les gens, qui sont vraiment façonnés par leur terroir (je sais ça fait cliché, mais c’est comme ça).

                                          N’étant pas un néo moi-même, je ne peux que te donner mon regard.

                                          Je pense que le post de Cyp est vraiment très juste.


                                        • aurelien 5 août 2007 13:04

                                          La ville peut aussi être un endroit invivable ! Quelle chance de bénéficier du silence et de la nature pour les personnes habitant à la campagne (pas tous les endroits j’en conviens).


                                        • aurelien 5 août 2007 13:07

                                          En plus, le Morvan est un parc Naturel Régional !


                                        • aurelien 5 août 2007 13:16

                                          Saviez-vous que César après la bataille d’Alésia passa l’hiver sur le Mont Beuvray pour rédiger les Commentaires sur la Guerre des Gaules ?

                                          source wikipédia


                                        • jobsanter 5 août 2007 14:16

                                          Merci pour tes idées tout à fait justes à mon sens...

                                          J’ai lu le message de Cyp.

                                          C’est vrai que j’ai un désir de confort utile, de progrès et de qualité de vie de liens amicaux et de vie active... mais j’aimerais que cela existe aussi en zone rurale. Pourquoi un tel fossé ? Pourquoi ce prix à payer pour vivre à la campagne ?...

                                          Des médecins, du travail, de l’internet, bouger pour rencontrer d’autres gens, etc...

                                          C’est cette différence là que je remets cause... car le Morvan me convient parfaitement au point de vue cadre naturel.

                                          Le gens des campagnes ne réclament rien, ils ne manifestent pas pour obtenir des droits équitables pour tous... et ils sont donc servis en dernier ou pas servis du tout.

                                          Une économie locale est possible... la distance n’est pas un problème dans de nombreux créneaux... on fait bien fabriquer en Chine, donc, quand on veut, on peut.

                                          Je ne peux pas ni ne veux pas obliger quiconque à sortir de la misère... mais si les gens du Morvan demandaient des droits ils les obtiendraient... et moi, je serais heureux là.

                                          job


                                        • melanie 5 août 2007 18:17

                                          Job,

                                          Arrète de ressasser : Que la Campagne est belle ...

                                          Elle te bouffe.

                                          Bouge, vends, part.

                                          Tu es « trop » intello...mais part en ville , rien ne te correspond ici... Courage . Et apprend à faire enfin le deuil de cette région qui ne t’apporte rien. Regarder dans le rétroviseur n’a jamais permis d’avancer !!! ça fait dix ans que je suis à Montpellier : Oui, c’est charmant, oui le climat est radieux, oui c’est une très jolie ville ...oui , il y a 17 % de chômage !!!!

                                          Prendre la descision de partir demande beaucoup d’énergie, mais c’est la solution qui sauve .

                                          Cette région te bouffe, part ...


                                        • sacados 5 août 2007 18:51

                                          Aujourd’hui c’est la décroissance qui est à la mode. Ton village est en avance sur son temps.


                                        • haddock 4 août 2007 20:51

                                          Voilà où nous en sommes avec le développement de la grande distribution , il n’ y a pas longtemps (une trentaine quarantaine d’ années , dans un village existait un boulanger , un boucher , un épicier , un coiffeur un café , un magasin de fringues tout ça , il y avait un lien social , les gens se parlaient , on se voyait tous les matins , maintenant le gros malin de Leclerc et consorts pique l’ oseille de tout l’ arrondissemnet et au lieu d’ avoir la convivialité on a la carte de fidélité , fidélité à son tiroir-caisse et salut . Le poulet aux hormones de Ferrat se mange maintenant aussi à la campagne en forme de solitude et d’ abandon . Qui est ce qui sait encore plumer un poulet ?


                                          • sacados 5 août 2007 18:57

                                            Moi !!! A 16 ans je chassais le perdreau !


                                          • haddock 5 août 2007 08:36

                                            En un mot comme en cent « aide toi , le ciel t ’ aidera »


                                          • jobsanter 5 août 2007 11:29

                                            Bonjour Cyp,

                                            Je me suis parfaitement intégré à la région mais mon problème concerne la galère économique due à l’ensemble d’anomalies locales comme :

                                            - le concurrent qui apparaît subitement sur la ville voisine où j’ai mes clients, avec un prêt bancaire de 330 000 F et me coule ma boite d’informatique qui existait depuis 1991

                                            - l’incendies et les déteriorations de mes biens personnels et professionnels (dus au loueur) avec l’impossibilité d’obtenir le moindre remboursement de la MAAF,

                                            - l’exclusion de l’emploi (les décideurs locaux préfèrent donner le boulot hors du village, dans mon cas : création du site internet de la communauté de communes, boulot de chauffeur, ...dans ces deux cas, j’avais les compétences...)

                                            De plus, les interventions d’huissiers ont eut des conséquences sur mon mental (maux de têtes, pertes de mémoire...) et j’ai du préter un local de ma maison (en ruine, mais spacieuse) et ils m’ont bricolé un échafaudage d’où je suis tombé par la suite... et je vis maintenant avec une vis dans la jambe.

                                            Je ressens ici l’insécurité, l’incompétence et la misère... et malgré le calme du coin, de par cet isolement social et les problèmes permanents que je rencontre ici je me raisonne et pense que dans ce cas la vie dans un appartement en ville à l’avantage d’avoir de l’eau chaude au robinet, du chauffage et la possibilité de se déplacer pour faire ses courses... malgré tous les inconvénients du bruit et de la promiscuité.

                                            Je vois beaucoup de gens mourir de cancer ou se suicider dans la région et les services de santé fonctionnent très mal (lors de ma fracture ouverte à la jambe, il n’y avait pas de médecin sur place : les pompiers m’ont transporté comme ils ont pu à la grande ville à 30 km). On est apparamment beaucoup plus malade dans le Morvan qu’à Paris, c’est bizarre.

                                            D’après ton expérience et je comprends au bout de ces 9 années est qu’il ne faut pas s’installer seul dans une région enclavée... c’est là ma connerie, car il n’y a plus de solidarités sur place et le retour en arrière devient parfois impossible.

                                            De plus, comme le village se vide vu l’austérité du coin, ils comblent le vide avec des handicapés mentaux et des pauvres de toutes sortes. En quantité, çà pose un problème.

                                            Je lutte pour obtenir justice et rentrer chez moi dans un appartement en ville sachant que je n’y arriverai pas car ici on n’est jamais gagnant. Aucun bon souvenir en 9 ans.

                                            Je veux permettre aussi à d’autres de prendre conscience des risques de se faire enfermer dans la misère quelques soient ses compétences et sa volonté.

                                            Bon dimanche,

                                            job


                                          • haddock 5 août 2007 11:49

                                            à Cyp à l’ oeil ,

                                            Tu as dit ce qu’ il fallait , en disant aide toi et le ciel t’ aidera , j’ ai juste résumé ta pensée .

                                            En fait on est le bienvenu nulle part . Le drame c’ est de s’ en apercevoir vers les 59 ans .

                                            Je me souviens quand j’ étais jeune ce que les immigrés Italiens devaient entendre à l’ époque , les Espagnols , les Arabes ensuite et ça continue avec les mecs au RMI .

                                            C ’est très facile de désigner un bouc émmissaire à ses propres malheurs .

                                            Pour avoir exercé une profession non-sédentaire et parcourant la France dans tous les sens pendant une vingtaine d’ années , ben c’ est tous les matins qu’ il m’ a fallu jouer des coudes pour faire ma place . Et j’ ai pu m’ apercevoir de la jalousie des commerçants locaux quand mon stand tournait bien . Par tous les moyens ils mettent des bâtons dans les roues de celui qui arrive .

                                            Ce que je ne comprends pas bien chez Jobsanter et chez d’ autres qui ont eu quarante ans pour organiser leur avenir et de se trouver si démunis . Il y a une faille quelque part .

                                            Comme tu le dis toi même Cyp tu es un démerdard et c ’est pas donné à tous . Commencer une affaire avec un tournevis cruciforme , ben faut le faire !

                                            Je souhaite à Jobsanter et aux autres que leurs efforts soient couronnés de succès .


                                          • jobsanter 5 août 2007 14:32

                                            Ta question est légitime et la réponse je l’ai découverte avec la cassure : en ville, j’ai accumulé 50 années de progres et de réussite au milieu des autres.

                                            Ici, j’étais, en arrivant, conscient de mes besoins et je m’étais donné 6 mois de réflexion... mais j’ai rencontré du dynamisme en 1998 parce qu’il y avait un homme politique connu qui était Maire du village et faisait pleuvoir les subventions qui obligeaient les gens à faire quelque chose.

                                            Moi, j’ai été invité à tout çà et j’ai cru participer à l’animation d’une région en travaillant comme je l’aimais...

                                            et puis, l’homme politique s’est écarté pour ses ambitions personnelles et tout est tombé brutalement.

                                            La jungle a fait place à l’espérance... et j’ai été détruit quand les autres ont eut le temps de repartir.

                                            job


                                          • jobsanter 5 août 2007 14:47

                                            Tout à fait d’accord avec ta façon positive de t’en sortir et d’être mobile.

                                            j’ai fais cela jusqu’à ici... en 1998.

                                            Mais je me dis qu’à 59 ans, je ne pourrai pas refaire ma vie complêtement mais seulement survivre pauvrement (travailler jusqu’à quel âge ?)

                                            et que ne pas me défendre, c’est donner raison à ceux qui m’ont détruits et qui continuent à détruirent tous ceux qui viennent s’installer à Lormes.

                                            On me dit d’acheter une caravanne et de repartir à Paris... mais ce que j’avais en arrivant, j’avais travaillé tout ma vie pour en profiter lors de ma retraite et pas finir dans la misère, usé, blessé.

                                            A Lormes, de tous ceux qui sont venus s’installer depuis 9 ans, tous sont repartis...

                                            job


                                          • sacados 6 août 2007 12:43

                                             smiley Et encore ! En s’aidant soit-même, le Ciel amène des orages...


                                          • Bobby Bobby 5 août 2007 07:20

                                            Bonjour,

                                            J’ai bien compris votre message, une véritable demande d’aide, de compréhension, d’amour et à la lecture des différentes réponses, je pense que vous avez touché le coeur de pas mal de personnes... dont le mien.

                                            Vous manquez de contacts... il est vrai qu’internet peut être une solution, bien qu’il faille se méfier de ce monde fort ’vituel’ à plus d’un titre... un succédané comme beaucoup d’autres !

                                            Il semble que vous deviez vous méfier d’un petit problème dans vos communications, relevé par plusieurs intervenants et je pense que ceci est très positif car si vous y faites attention, vous pouvez changer votre optique et ainsi la manière d’approcher votre entourage. A mon avis ce peut être le point le plus important à retenir de cette discution... et de sa solidarité !

                                            l’isolement est la punition que l’on retrouve nottament dans les prisons... pourquoi se mettre dans cette même situation volontairement ? oh, bien sûr, il existe des barrières économiques chez tout un chacun ! à vous de les éviter !

                                            bien cordialement


                                            • Bobby Bobby 5 août 2007 07:35

                                              Faire de votre maison un havre !

                                              Est-ce si utopique ?


                                            • jcm jcm 5 août 2007 09:24

                                              A 58 ans je me trouve dans une situation assez voisine en Charente Maritime.

                                              Visiblement « trop jeune » pour trouver un emploi, obligé de quitter le « logement » plus que sommaire que j’habite aujourd’hui, sans réserves financières et plutôt très isolé dans un petit village...

                                              J’ai entrepris mais sans succès commercial et pensant arriver à relancer ma petite entreprise je l’ai conservée active, mais sans chiffre d’affaire, pendant plusieurs années puis en ai effectué la radiation à effet rétroactif au début de cette année.

                                              A savoir : le fisc ne rembourse pas la taxe professionnelle au delà d’une année : quelques centaines d’euros qui auraient été mieux dans ma poche que dans une autre...

                                              J’ignore si certains RMIstes sont paresseux mais je ne me compte pas dans leur effectif, car j’ai bossé très dur pour tenter de m’en sortir, sur quelques projets informatiques peut-être un peu ambitieux pour un homme seul.

                                              J’ai (entre autres) dans mes cartons un travail non terminé sur un moteur d’analyse sémantique de textes (système qui permet de catégoriser un texte à partir des mots et locutions qu’il contient et qui permettent de définir le sujet traité).

                                              J’ai abandonné ce travail qui me semblait trop long à terminer pour mettre au point un système de publication de contenu (site web) très simple à manier (utilisé dans le site en signature : geoclic.net).

                                              Ce système n’est pas achevé : il n’est pas commercialisable en l’état actuel et il faudrait plus ou moins 6 mois de travail pour le finaliser.

                                              6 mois au rythme que je tenais depuis quelques années : 10 à 15 heures par jour 7 jours sur 7.

                                              Et il y a quelques mois j’ai craqué.

                                              Immense fatigue, peur de tout, plus de force, pertes musculaires et j’en passe...

                                              J’ai donc abandonné ce travail, acheté un appareil photo pour essayer de me faire un petit revenu grâce aux banques d’images (c’est possible mais cela démarre aussi chichement que lentement...).

                                              Trouver un logement : pas le plus facile pour un RMIste !

                                              Que faire, quelles solutions trouver pour vivre ?

                                              M’attaquer à un projet qui ne me tiendrait pas assis 10 à 15 heures par jour et correspondrait à la fois à mes compétences, mes centres d’intérêt et à mes possibilités...

                                              Ajouté à la photo le projet de me lancer dans la réalisation de poëles de masse, moyen de chauffage cumulant une grande efficacité énergétique et un confort optimal.

                                              Mais sans logement : un véhicule (pas cher) que j’ai enfin trouvé et que j’aménage, dans lequel je vivrai et travaillerai.

                                              Problème : avec un budget très réduit me donner la possibilité de disposer de suffisamment d’électricité et d’une connexion au Net pour pouvoir travailler la photo (envoyer des fichiers assez volumineux aux banques d’image).

                                              J’ai donc investi dans une « Fonera » (mais il me faudra un accès internet pour la brancher) : système WiFi de FON maintenant assez bien soutenu notamment par Neuf Télécom.

                                              Devenez « Foneros », cela aidera tous les nomades !

                                              J’espère finir très vite l’aménagement du véhicule et prendre la route, mais où stocker les quelques petits mètres cubes d’affaires que je ne pourrai emporter ?

                                              Problème non résolu... : tout jeter, perdre toute ma « mémoire matérielle » et un certain nombre d’outils ?

                                              Première étape : la récolte des prunes dans l’agenais pour faire entrer quelques sous, mais suis-je assez jeune pour être admis à ce travail ?

                                              Puis les vendanges ?

                                              Cela en photographiant à tour de bras et en préparant l’étape « poële de masse ».

                                              Il y a quelques mois je me suis cru mort, ou plutôt mourant, je me vois maintenant un avenir très incertain mais j’ai retrouvé des projets qu’il ne sera pas toujours facile de mener à bien, probablement.

                                              Et je me sens de nouveau plutôt vivant, avec des hauts et des bas certes mais plus de hauts qu’il y a peu.

                                              Je ne sais pas par quelle alchimie cela s’est fait, Jobsanter, mais cela tendrait à démontrer que l’on peut repartir avec un état d’esprit plus « battant ».

                                              Cela ne tient pas au seul fait que l’on a un projet (puisque j’avais celui du système de publication entre autres), mais que l’on a à la fois un projet ET que l’on se sent capable de s’y attaquer avec un peu d’espoir de le mener à bien.

                                              Nous avons à peu près le même âge, probablement autant de curiosité, de ténacité..., ce qui ferait la différence entre le sentiment que tout est perdu ou que quelque-chose peut encore se faire vient d’un état physique et mental que l’on ne maîtrise pas toujours mais que l’on peut tenter d’orienter.

                                              Cet hiver (heureusement doux !) je me suis chauffé avec un petit four électrique de 1600 watts placé à mes pieds sous la table qui porte l’ordi, et hormis ce point chaud j’ai vécu dans le froid humide.

                                              C’est la réalité, j’ai pourtant bossé plusieurs fois 35 heures par semaine finalement pour rien, avec le seul espoir de m’en sortir.

                                              Les conditions précaires que tu décris, Jobsanter, il me semble les connaître de près (et ici j’ai fait court !).

                                              Je repars avec le même espoir qui prendra d’autres voies : la vie est faite de successions d’espoirs et de boîtes de haricots, verts, rouges, blancs, de petits pois et de sardines (poissons bleus et omégas 3 !!!)... à moins d’un demi euro l’unité, achetées en masse une fois par mois à la ville (35 km parcourus avec parcimonie) quand le RMI est versé.

                                              Putain de RMIstes !!!


                                              • jcm jcm 5 août 2007 09:34

                                                Post Scriptum :

                                                On verra sur geoclic.net que je cherche à vendre un four à céramique à gaz et air pulsé (fabrication artisanale) ainsi que du matériel qui va avec : s’il y a des amateurs, cela m’aiderait bien !

                                                Et que l’on ne se prive pas de cliquer les annonces publicitaires !!!

                                                Oui, ce n’est peut-être pas vraiment le lieu pour ce genre de sollicitation, mais cela pourrait grandement changer le cours de mes petites affaires...


                                              • aurelien 5 août 2007 10:11

                                                Bonjour jcm,

                                                Merci pour votre témoignage, je suis au RMI et je fais une peu de photo aussi, mais est-ce que les sites de banques d’images sont efficaces pour rénumérer son travail ?

                                                Je rechigne un peu à mettre des images, car je les considère pour certaines à valeur artistique, out ent otu cas pas à caractère commercial. Les banques d’images sont plutôt au prorata des acheteurs, en général des entreprises de communication ou de presse, qui recherchent le plus souvent des clichés formatés et vendeurs. Il y a aussi un problème de visibilité et de bonnes photos peuvent être noyées dans une masse d’autres photos, plus moyennes.


                                              • jobsanter 5 août 2007 15:04

                                                Bravo pour ton témoignage.

                                                Je me bats sur internet, surtout pour que d’autres ne tombent pas dans le même piège de la misère que moi...

                                                Pour ton boulot, j’ai proposé dans ma région la création d’une Coopérative d’Emploi et d’Activité (genre de SCOP/société).

                                                Cà a l’avantage de ne pas être seul, de ne pas avoir la lourdeur et les charges d’une société à ton nom... et tu es payé quand tu travailles... ainsi, le boulot n’est plus un risque d’être ruiné par le système ou de payer pour travailler.

                                                Evidemment, ici, çà ne branche pas grand monde... je suis un illuminé !...

                                                Il y a aussi le Portage salarial entre autre.

                                                Pourquoi n’a-t-on pas notre place dans ce pays que nous aimons et que nous voulons servir... putain de ségrégation !

                                                job


                                              • aurelien 5 août 2007 10:13

                                                « La campagne c’est pas rose », la campagne c’est morose... smiley

                                                Agora Vox va -t-il devenir un repère de RMistes contestataires ? smiley


                                                • jcm jcm 5 août 2007 10:37

                                                  @ Aurélien sur les banques d’images :

                                                  Artistique ou pas, cela est largement discutable en fonction de critères que tout le monde ne partagera pas nécessairement.

                                                  On est donc dans le domaine d’une subjectivité totale.

                                                  Des clichés « formatés » et « vendeurs » : qu’est-ce exactement ?

                                                  J’ai vendu quelques photomacrographies de rondelles éventail et de vis à aggloméré : est-ce « formaté et vendeur » ?

                                                  Les photos peuvent être trouvées par mots clef : leur visibilité dépend donc de la recherche que fera l’acheteur potentiel !

                                                  Enfin une photo à laquelle on s’accorderait largement à reconnaître une « valeur artistique » ne devrait pas être commercialisée ?

                                                  Mais l’art ne se vend-il pas ?


                                                  • aurelien 5 août 2007 11:53

                                                    Au passage, si cela intéresse quelqu’un je mets aux enchères deux nuancés de ciel breton « Pur produit en Bretagne » (c’est loin de représenter tout mon travail smiley )

                                                    Une remise de 10% sera faite sur l’achat des deux photographies.

                                                    En voici les aperçus :

                                                    Nuancé 1

                                                    Nuancé 2

                                                    Dimensions originales : 1728*2304 Licence à définir


                                                  • aurelien 5 août 2007 12:49

                                                    « L’art se vend. »

                                                    mais l’art n’est plus respecté à sa juste valeur de nos jours : les oeuvres sont aussi victimes du terrorisme, conféré cet article de Libération :

                                                    "Attentat artistique au rouge à lèvres Un monochrome blanc de Cy Twombly exposé à la Collection Lambert a été « embrassé » par une vandale. "


                                                  • aurelien 5 août 2007 13:00

                                                    @ JCM,

                                                    Je verrais bien vos photos métalliques dans une galerie d’art.


                                                  • jcm jcm 5 août 2007 16:00

                                                    @ Aurélien sur « Je verrais bien vos photos métalliques dans une galerie d’art. » : pour quel type de gloire ???

                                                    J’ai exposé au salon des Indépendants dans les années 70 puis fait un certain nombre d’expos depuis, en sculpture essentiellement.

                                                    Quel pourcentage de RMIstes à la Maison des Artistes ?

                                                    Effrayant !

                                                    Et quand des artistes se démènent pur réaliser quelque-chose de solide on les laisse tomber malgré des propos rassurants (voir les éléments de campagne de S. Royal à ce sujet) : La Halle aux Arts à Angoulême, ou comment mettre l’art d’aujourd’hui à la portée de tous.

                                                    Ainsi le seul centre d’art contemporain de Poitou Charentes, qui présente une bonne douzaines d’expos par an ce qui représente un certain travail, et des expos d’artistes PROFESSIONNELS, tente-t-il de survivre malgré tout.

                                                    Relais régional officiel de la Maison des Artistes pour 8 départements du Sud Ouest, qui plus est.

                                                    Pendant ce temps les collectivités territoriales subventionnent parfois généreusement des expos d’amateurs dans lesquelles se font des ventes au nez et à la barbe de tous les organismes officiels chargés de collecter les cotisations diverses (ils ne sont guère curieux ni sourcilleux dans ce genre de cas, pour ne pas déplaire à l’élu du coin...) : en France l’art c’est l’art de se trouver dans les bons cercles de relations, de s’organiser pour passer au travers de certaines mailles du filet (grâce à ces relations) et pas grand-chose de plus...

                                                    Mes photos métalliques sont des documents techniques, et si l’on y voit de l’art tant mieux : elles auront été plus que ce que je pensais, cela fait plaisir !


                                                  • Lindependan 5 août 2007 10:53

                                                    Bonjour à tous, bonjour Jobsanter,

                                                    je vis dans le même departement que toi, la nievre. Il y aurait beaucoup à faire ici, comme dans bien des campagnes, l’ennui est que question travail, la diversité est assez limité.

                                                    J’ai cherché du travail pendant des mois et dans plusieurs regions, le probleme est le même partout : la barre est placée trop haute. Pour un simple magasinier, homme d’entretient ou electricien, il faut le diplome qui va avec et qqs années d’experiences. Le sarcasme habituel : t’as qu’à travailler ! quand on est dans la mouise on prend ce qu’il y a ! Oui certe...c’est surtout qu’on ne veut pas de moi...malgré un bts en informatique industrielle, des années d’experiences dans les domaines variés des « technologies »...oui mais je n’ai pas le CAP magasinier...ni les années d’experiences en passage de balais (pourtant j’ai fait l’armée !).

                                                    Et, pardonne moi Jobsanter, qui veut encore des vieux ? Les patrons que j’ai rencontré et les clients que je vois actuellement, ne veulent que du « cerveau », du « costaud », du qualifié.

                                                    Je suis comme toi, je suis dans l’expectative.

                                                    Bien à toi.


                                                    • aurelien 5 août 2007 11:30

                                                      Personnellement, j’ai déjà voulu m’inscrire dans un CAP dans une branche technique, mais j’ai été refusé, parce que j’étais trop vieux et déjà diplômé (un bac général avec mention), et qu’il fallait « laisser la place à des personnes plus jeunes ».


                                                    • Lindependan 5 août 2007 11:53

                                                      Exactement !

                                                      Entre les « competences trop eloignées du job » et les « mais pourquoi avez vous demissionné de tel poste ? », il y a toujours un obstacle. Bon sang ! aucun boulot n’est difficile à apprendre, surtout que tres souvent on est formé au debut, soit avec un collègue soit par l’entreprise et on se rend compte au bout de quelques mois que ça ne casse pas trois pattes à un canard. Alors, vous patrons, DRH, responsables de service ! cessez d’être si exigeants quand vous postez une annonce, le poste souvent proposé ne demande pas autant de competences que celles demandées !

                                                      Mais finallement, un RMiste ça a besoin de quoi ?
                                                      - D’un moyen de deplacement (ou d’amis qui acceptent de le transporter)
                                                      - de fric
                                                      - d’amis (des vrais) ou une famille (presente)
                                                      - d’idées
                                                      - d’un moral d’acier

                                                      C’est à mon avis le minimum pour s’en sortir. Si on a pas le moral, qu’on se prend des patates du genre : t’es pas motivé ! t’es pas ceci ! t’es pas cela ! c’est sur ça fait avancer le schmilblick...


                                                    • Lindependan 5 août 2007 17:33

                                                      Depuis quelques années il y a un flux de hollandais, belges et anglais qui s’installent dans nos campagnes. Points positifs : il y a des actifs qui créent leur entreprise, ils retapent des maisons en ruine et...ils parlent français.

                                                      Quitter son pays pour s’installer ici sans « savoir » qu’il y a du chomage, n’est ce pas etrange ?


                                                    • Algunet 5 août 2007 12:08

                                                      Les problèmes d’immigration, Jobsanter… …existent aussi au niveau local ! Vous êtes l’étranger qui arrive et qui traite les autochtones de bêtes, égoïstes voire racistes, incompétents, inactifs (cf vos posts) et donc vous voudriez qu’ils changent, pour leur bien naturellement. On voit là la même démarche de certains immigrants au niveau national qui tout en bénéficiant de la solidarité de ceux qui vous accueillent (CMU, RMI, restos du cœur et autres aides…) veulent imposer leur coutumes (langue, tenue, religion, mode de vie…) sans faire l’effort de s’intégrer. Leurs misères ne vous conviennent pas et sans le savoir ils le ressentent et vous les agressez.

                                                      Je retiens des posts de Masuyer « apprendre le breton et le kan ha diskan » : voila il me semble la bonne démarche quand on arrive dans une terre marquée par un fort esprit régional. Pas facile mais preuve d’une volonté d’intégration réelle. Il existe d’autres façons bien sur en fonction de ses aptitudes…

                                                      Vous vous croyiez chez vous et en fait vous étiez chez eux et vous ne les aimez pas, peut-être par une incapacité de votre part à vous adapter, également une forme de racisme de la part des autochtones. Il faut de toutes les façons aller au-delà du dépit dû à l’échec de votre expérience (9 ans c’est long), et probablement il vous faut reprendre la route pour vous arracher à ce futur que vous pressentez à juste titre ressembler à une mort lente, miséreuse qui telle le sable mouvant vous enlise lentement et va vous submerger. Il est vital de trouver « sa » terre d’accueil… qui pour vous est peut-être un peu plus loin. Quête qui vous permettra de mettre en route votre nouveau projet, un projet à votre mesure qui ne se bâtira pas uniquement autour de vos idées et de vos compétences mais prendra en compte l’environnement, le tissu social, ses besoins et ne se voudra pas trop utopiste, le but n’est pas de changer le monde mais de s’adapter ! Rangez, hibernez votre maison et mettez la clé sous le paillasson avec un mot pour le facteur « je reviens bientôt » et après un dernier (?) pot au bistrot, vous reviendrez peut-être plus tard…

                                                      Ne voyez pas de ma part leçon donnée mais une réflexion à la lecture de vos posts. Je vous souhaite un moral d’acier et de tout cœur votre réussite.


                                                      • Algunet 5 août 2007 13:48

                                                        Pas du tout Cyp

                                                        Je ne mes pas en cause la fierté de l’immigrant, j’ai été moi-même durant ma vie d’enfant et professionnelle l’immigrant de plusieurs régions en France et à l’étranger, certes dans des circonstances beaucoup plus faciles que celles de Jobsanter. Tous ces déplacements ont coupées mes racines. Je suis aujourd’hui de nulle part, en bref l’humble citoyen du monde, là où je vis aujourd’hui, je suis que je le veuille ou non chez « les autres », ceux qui malgré leurs défauts, leur ostracisme latent m’acceptent tant que je ne suis pas pour eux l’agresseur, le conquérant. Le respect ne peut être que réciproque. Et le TEMPS en est le ciment.

                                                        En 9 ans Jobsanter n’a pu s’intégrer, trouver sa place, il est normal qu’il se remette en question et se pose des questions. Son post ou il se livre avec pudeur en est la preuve. Aussi je lui donne ma vision des choses, celle de celui qui pense avoir, si ce n’est réussi, au moins su surmonter les difficultés.

                                                        Alors Cyp, accepte que tout le monde ne soit pas d’accord avec ta vision de charognard : la campagne se meurt à nous de la faire revivre ! La France se meurt, les faibles se meurent, ton père se meurt, vite prenons ce qu’ils ont construits génération après génération… Peu importe leur histoire, celle de leur cimetière : sans autre commentaires.


                                                      • jobsanter 5 août 2007 15:28

                                                        Relire mes posts dans le détail : j’aime le Morvan et les Morvandiaux en général. Je leur offre toutes mes compétences et toues mes idées...

                                                        Mais ils se cachent des clans qui profitent de la misère des autres et les détruisent... ils se trouvent des gens qui aiment leur région mais qui n’ont pas droit au confort, au progrès, à la qualité de vie et que l’on manipule en rendant dépendant...

                                                        Je ne veux pas changer le Morvan, ni changer personne.

                                                        Blessé comme je suis (vis dans la jambe, maux de tête suite à problème avec l’huissier, dangers et misères, plus de confiance dans l’avenir ici...), pour ma sécurité et non pas par envie, je souhaite rentrer en ville... malgré le bruit et l’enfermement dans la promiscuité.

                                                        J’aurais voulu participer à un dynamisme local et je me suis brisé contre un mur... mais ce n’est pas à cause des gens d’ici, mais d’une petite poignée de malins, seulement.

                                                        Oui, j’aime cette région mais je veux vivre.

                                                        job


                                                      • haddock 5 août 2007 15:36

                                                        pourquoi parlez vous de charognard Algunet ?


                                                      • Entrevaux 5 août 2007 16:59

                                                        Belle pROCLAmation du benêt haddock qui sent le faisandé.


                                                      • sacados 5 août 2007 17:14

                                                        N... non... pas à Paris : Juste une petite ville de 20-50’000 hab. Ligne de bus à 10 min du centre, 3 min à pied des commissions...


                                                      • haddock 6 août 2007 08:33

                                                        Nestor ,

                                                        dites à ce malotru d’ entre veaux d’ aérer dans sa chambre pour enlever les mauvaises odeurs faisandantes .


                                                      • sacados 5 août 2007 17:05

                                                         smiley Oui. Les écolos 80 ont charrié pas mal sur la nature. Surtout ceux qui ont une voiture et habite près d’une autoroute... La densité des populations campagnardes n’est plus ce qu’elle était au XVIIIs... Mais ça reviendra !


                                                        • sacados 14 août 2007 00:21

                                                          En biologie il y a ce qu’on appel « arrivé à maturité ». Par exemple une pomme : Juste avant d’être mûre, c’est pas encore ça. Si elle est en fleur c’est trop tôt. Un tout petit peu après, elle se détache de son arbre et va se fracasser en bas dans les cailloux et pourrir en peu de temps. La pomme est mûre le court instant éphémère juste avant de se détacher de son arbre. Pour l’homme, ce juste instant éphémère c’est à 35-40 ans. La civilisation nous permet de faire une descente moins brutale... L’animal sauvage arrive à maturité à grande peine balafré de partout et brusquement la vermine prends le dessus : c’est fini. Tous ça pour dire qu’à 60 ans on ne fait plus des projets en arrière. On se résigne à vivre comme on peut avec ce qu’on a. Bon, le vieillissement est injuste mais, avec les médicaments modernes, surtout avec les anti-dépresseurs, la qualité de vie c’est très nettement améliorée. Et en plus, c’est exceptionnel dans l’Histoire de l’humanité, nous avons des médicaments efficaces !...

                                                           smiley


                                                        • claude claude 5 août 2007 18:27

                                                          bonjour jobsanter,

                                                          avez -vous pensé au télétravail ? comme vous avez des compétences de webmaster, vous pourriez décrocher quelques petits contrats ...

                                                          avez-vous pensé à faire un bilan de compétences à l’anpe et demandé des changements d’orientation, ou une validation de vos acquis, notamment par l’afpa ???
                                                          http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/formation-professionnelle/validation-acquis-experience-vae-1074.html
                                                          http://www.travail.gouv.fr/vae/640.html
                                                          http://vosdroits.service-public.fr/N11129.xhtml

                                                          et si vous faisiez quelques travaux dans votre maison, pour le transformer en gîte rural ou en maison d’hôtes ?

                                                          même si le bénévolat ne rapporte rien sur le plan pécunier, cela vous permettrait de sortir de votre isolement et rencontrer des personnes qui pourront peut-être vous mettre le pied à l’étrier.

                                                          à la fin de l’été, la période des vendanges va arriver, et ils manquent toujours de bras...

                                                          prenez rendez-vous avec une assistante sociale pour qu’elle puisse vous guider dans vos démarches de recherche d’emploi.

                                                          bon courage...


                                                          • jobsanter 5 août 2007 22:41

                                                            Je passe mon temps à prospecter et j’ai de temps à autre réussi à décrocher quelques services... mais c’est énromément de temps et très peu d’argent... je sais être indépendant pour proposer mes services et me former là où je serai utile mais je ne compte absolument pas recréer une entreprise là où le chiffre d’affaires pour payer les charges n’est pas assuré. C’est aller au casser pipe et j’ai déjà donné... c’est pouruqoi j’en suis là.

                                                            Les services public de la région sont plutot dépassés dans tout ce qui est nouveau. Soit ils n’ont pas de références pour comparer l’opportunité d’une idée... soit on est trop nombreux sur l’affaire, comme le boulot de chauffeur (et pourquoi je n’en serais pas ?!... avec mon expérience de chauffeur de car)... et pire, j’ai vu mes idées récupérées (comme la tentative de lancer une marque de produits locaux)

                                                            Rénover la maison et louer ?... à 59 ans, ils me proposaient un crédit de 30 ans pour les travaux et la location au tarif de HLM... à 90 ans, avec les loyers, j’étais encore perdant de plusieurs milliers d’euros... c’est çà, la logique administrative, dit sans agressivité aucune.

                                                            Je ne suis pas dans une logique de dépendance car j’ai toujours su m’assumer.

                                                            Ma révolte est d’avoir gagné ma vie honnêtement et d’avoir été brisé en arrivant dans le Morvan... parce que je n’avais aucun soutien pour me défendre. J’ai été débordé par les problèmes... et le terrain est miné par la récupération des idées qui marchent tout en virant les auteurs des projets... En région parisienne, j’avais des amis à qui je pouvais demander de l’aide en cas de difficulté technique occasionnelle et j’étais défendu et apprécié. J’avais réussi ces 50 premières années graces à mes amis.

                                                            Je suis déjà bénévole comme chauffeur... on reconnait mes compétences... mais nada pour le salaire... il m’arrive même de travailler gratuitement avec des gens qui, eux, sont payés. C’est comme çà, ici.

                                                            Pour moi, un travail qui a une valeur doit être rémunéré.. et, ensuite, on fait ce qu’on veut de son temps libre et de son argent.

                                                            Ici, on veut faire travailler les gens bénévolement en leur faisant miroiter de faux espoirs... cette pratique devrait être interdite car c’est une forme d’esclavage à l’égard des RMIstes... Je suis fils de travailleur ouvrier et je respecte profondément le travail pour considérer qu’il doit être rémunéré... c’est une question de dignité.

                                                            Ceci dit, je le fais quand même, ce bénévolat... et j’ai doublement la rage de me faire exploiter ainsi alors que je ne peux pas payer ma note d’EDF.

                                                            Si la région est pauvre à ce point, il faut se battre ensemble pour réussir et pas exploiter le naïf de passage.

                                                            Faire les vendanges ?... oui, avant, j’aurais peut-être pu... mais avec une vis dans la jambe, à 59 ans... c’est plutôt dur !...

                                                            En bref, je ne souffre pas de solitude psychologique à cause de mes souvenirs et de mes activités passées... je souffre de vivre comme une bête enfermée, comme un oiseau libre... dans sa cage. D’avoir été dépouillé de mon passé au moment ou j’étais venu profiter un peu de la vie pour moi, voyant la retraite arriver... et j’ai été piégé, dévalisé de mes biens et de mes projets.

                                                            Mon combat, c’est pour la justice, l’indemnisation par ceux qui m’ont portés préjudice, qui m’ont trompés, qui m’ont discriminés... pourquoi la MAAF, par exemple a profité de ma vulnérabilité pour ne rien me rembourser de mes biens détruits lors de l’incendie chez mon loueur local ?... la justice, ici, c’est à Nevers (150 km sans voiture... et on ne m’écoute pas).

                                                            Seul, en campagne, on devient une proie facile.

                                                            job


                                                          • jobsanter 5 août 2007 23:13

                                                            Heureusement qu’il y a un peu de calomnie et d’exclusion pour montrer qu’on peut caillasser un RMIste, assassiner un pauvre !...

                                                            Mes volets sont fermés parce que des années sur un écran m’ont bouzillés la vue et que les reflets de la lumière n’arrange pas les choses... de plus, les fenêtres ne ferment plus... la chaleur entre quand il fait chaud et le froid quand il fait froid.

                                                            Cher ami qui me caillasse, une maison dans le Morvan quand je suis arrivé en 1998 coutaît... à partir de 20 000 Fr avec beaucoup de surface... et si tu veux investir dans l’immobilier, ma maison, je te la vend : 90 000 euros !... car je ne trouve personne pour l’acheter... avec 90 000 euros, je n’aurais même pas un studio à Paris, dans ma ville natale.

                                                            De plus, je n’ai jamais prétendu être arrivé dans la misère !... j’ai travaillé toute ma vie... sans vie personnelle... j’étais venu là pour commencer à vivre pour moi... et on m’a confisqué ma retraite.

                                                            Tu montres bien par tes réactions agressives à l’égard de ma situation comment sont les gens qui m’ont conduit là où je suis alors que j’étais vulnérable.

                                                            Moi, vois-tu, je ne condamne pas les Morvandiaux car j’aime la région et je leur offre mon savoir et mes bras... je condamne seulement les criminels qui exploitent les pauvres et ceux qui utilisent les Morvandiaux en les maintenant dans la misère.

                                                            Je peux prouver tout ce que j’avance... et je n’ai rien à gagner sur ce forum... sauf d’éviter à d’autre de tomber dans le même piège.

                                                            job

                                                            Si ma place t’intéresse...

                                                            fais tes propositions


                                                          • jobsanter 5 août 2007 23:24

                                                            Ma réponse précédente « Voici des paroles assassines que je connais ici sur les RMIstes... paix à toi ! » concerne l’intervention sur le caillassage (posts suivants).

                                                            job


                                                          • claude claude 5 août 2007 23:44

                                                            bonsoir,

                                                            si vous avez un handicap à la suite de l’implantation d’une vis dans votre jambe, vous pouvez demander une reconnaissance de travailleur handicapé auprès de la maison départementale du handicap :
                                                            http://www.handroit.com/maison_handicap.htm
                                                            http://www.handroit.com/cotorep.htm
                                                            http://www.handicap.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=2

                                                            comme vous êtes chômeur de longue durée et de plus de 50 ans, des mesures d’aide au retour à l’emploi ont été mises en place, de plus, si vous êtes reconnu travailleur handicapé, votre employeur pourrait bénéficier d’allègement de charges.

                                                            je vous invite vraiment à prendre contact avec les services sociaux de votre département, pour voir si vous ne pouvez pas espérer trouver une solution de sortie.

                                                            bon courage.


                                                          • fouadraiden fouadraiden 5 août 2007 18:42

                                                            tu vois Job tout le monde ou presque compatit à ta misère, même dans la peau d’un immigré ,comme tu disais.

                                                            je trouve ça très encourageant même si à 59 ans trouver un travail ici et maintenant c’est mission impossible IV.

                                                            courage ,le monde est vaste.


                                                            • Dalziel 5 août 2007 18:59

                                                              Je pourrai répondre à ce type, assez longuement, et assez vertement.

                                                              Parce que dans ma campagne à moi, les citadins qui prétendent nous amener le XXIe siècle et son infernal bordel, on les caillasse. Il aurait donc plutôt de la chance dans ce Morvan d’adoption.

                                                              Mais, nom de Dieu, comment on s’y prend pour être sûr que ça n’est pas un provocateur à deux balles ?


                                                              • Dalziel 5 août 2007 19:00

                                                                OOoooooopppppsss

                                                                Je pourraiS...


                                                              • aurelien 5 août 2007 22:23

                                                                D’ailleurs Jobsanter, ça fait un peu pub déguisée :

                                                                Job-santé ...

                                                                Un peu plus, et cela se transforme en : « La santé, c’est le travail... »

                                                                Peut-être un agent commandité de l’UMP ? smiley

                                                                Bon, passons aux choses sérieuses : Demian, que pensez-vous de ceci : http://farm2.static.flickr.com/1312/1019581023_ecdca52b77_o.png


                                                              • aurelien 5 août 2007 22:43

                                                                Saviez-vous que « UMP » est le nom de l’entreprise-abattoir dans le film « Fast food nation » ?


                                                              • jobsanter 5 août 2007 23:20

                                                                Ma réponse est au dessus...

                                                                « Voici des paroles assassines que je connais ici sur les RMIstes... paix à toi ! »

                                                                Un clic malencontreux... désolé, je réagis du tac au tac, parfois... je suis « trop »... comme j’ai déjà dit, et çà énerve parfois.

                                                                Avant, je vivais avec passion... c’est tout mon problème.

                                                                job


                                                              • Djanel 6 août 2007 08:18

                                                                Démian West est-il plus malin que tout le monde. Ma première réaction fut de lui envoyer une lettre d’engueulade, histoire de me défouler. Mais, en relisant son post qui me renvoie à la photo et l’examinant de plus près, je remarque comme lui la propreté du toit et je me souviens que notre courageux RMISTE s’était plein d’avoir un toit qui fuyait et que ses fenêtres ne fermaient plus en laissant passer la chaleur quand il faisait chaud... et... le froid... quand il faisait froid. J’ai donc relu tous les postes et comme le scepticisme est une maladie contagieuse, j’ai du renoncer à mon projet en pansant que Demian avait peut être raison et que Jobsanter n’était peut être qu’un pauvre farceur mythomane et que j’aurais été assez naïf comme d’autre pour le croire sur parole. Il me faut donc tirer cette histoire au clair. Et comme j’ai une expérience dans la restauration des maisons anciennes, j’essaierai de tirer le maximum d’information de la photo afin de savoir si notre cher RMISTE est dans cette situation de désespoir qu’il nous décrit. Ensuite, j’analyserai ses commentaires pour comprendre ce qu’il attend de nous.

                                                                D’abord la photo. Je ne crois pas Jobsanter aussi malin qu’il puisse être, ait remarqué toutes les informations qu’elle contient. Le toit est propre comme s’il venait d’être refait. Il n’y a pas de lichen. Sur les vieux toits il y a toujours des lichens et des mousses et d’autant plus que l’on est sur la façade nord. Je vous dirai pour quoi plus tard. Nous examinons toujours le toit. De la gouttière jusqu’au faîtage, il y a une assez grande longueur. La maison n’est pas petite. La cheminée a été refaite à neuf. Sans doute en même temps que le toit. On a donc les moyens. Un trou a été réparé sur le toit après sa restauration. On a encore les moyens. Depuis quand le toit a été réparé et il suffit d’y prêter attention pour remarquer que le zinc de la gouttière brille encore. Il n’est pas encore oxydé. On peut le comparer à la gouttière du bâtiment à droite sur la photo. La restauration n’est pas très ancienne.

                                                                Nous descendons pour examiner l’étage et le balcon. La porte blanche de mauvais goût est neuve. Probablement en plastique, qu’importe. Le volet en fer est bien fermé. Il présente des taches de rouille. On ne l’entretient pas mais il fonctionne parce quand ils sont détériorés ce genre de volets ne referme plus. Important de se rappeler que ce volet fonctionne même s’il n’a pas été entretenu. Il y a une bâche plastique qui pendouille. Protège quoi ? Mystère mais il révèle qu’il y a eu une activité ici. La balustrade n’est pas d’origine. Style maison du bricolage. Ce sont encore des frais.

                                                                Le ré de chaussé. On remarque les taches vertes au sol. Ce sont des micro-algues. Elles ne prolifèrent qu’à l’ombre et dans les endroits humides (souvent présente dans les sous bois nous dirait Masuyer.) On ne les trouve donc que sur les endroits exposés au nord à l’abris du soleil. C’est donc la façade nord qui a été photographiée. Ce couloir n’est pas un lieu de passage fréquent parce qu’il n’y a pas de sentier de tracer dans les surfaces vertes des algues mais on y vient de temps en temps puisque deux portes sont ouvertes.

                                                                Les câbles électriques. Il faut remonter au niveau du toit pour remarquer ce câble électrique qui traverse le couloir enrouler partiellement autour d’une barre fixée sur les deux murs parallèles. Il disparait derrière la descente de gouttière pour réapparaitre à mi-hauteur fixé au mur où il rentre dans l’appartement censé être le logement de notre ami Jobcenter. Conclusion, le bâtiment de droite appartient à la même personne que le logement à moins que l’on soit généreux pour entretenir son voisin en électricité. La propriété est donc plus grande qu’on ne le pensait au départ. Voilà ce sera tout pour la photo qui peut encore contenir d’autres informations mais j’en ai déjà assez pour me faire une opinion.

                                                                Il n’y a pas d’appartement sur cette façade de maison. Pas de trace d’un passage fréquent d’autant plus qu’il y a eu des travaux de terrassement près du seuil de la porte ce qui provoque un doute sérieux sur l’authenticité du témoignage de Jobcenter.

                                                                Est-ce suffisant pour le traiter de menteur ? Je ne mettrai pas la main au feu pour prouver qu’il est mais je ne jurai pas sur ma tête qu’il nous dit la vérité.

                                                                Faut-il examiner les incohérences de son discours pour en extraire une certitude, je vous avoue que çà me fatigue. Le doute est suffisant pour ne pas lui accorder confiance. Après tout je suis normand. P’tête bin qu’il est menteur ou qu’il dit vrais. Allez savoir avec des zozios comme çà.

                                                                J’envoie ce poste et je verrai bien ce qu’il en sortira. Jobcenter devra lever les doutes en nous envoyant la photo de la façade sud pour que nous puissions estimer la valeur de sa maison et ainsi apprécier sa pauvreté.

                                                                De toute manière nous pouvons toujours analyser ses écrits et comme pour la photo, il en a dit plus qu’il a cru pouvoir nous en dire.


                                                              • jobsanter 6 août 2007 10:52

                                                                Quand on est dans la misère, on doit toujours montrer patte blanche et l’on subit un hacèlement administratif constant.

                                                                Je ne demande rien sur ce forum comme je ne demande rien non plus à mes anciens amis de la ville... puisque c’est moi qui a fait le choix de venir dans le Morvan. J’ai honte de ce que je suis devenu dans la Nievre alors que j’avais une vie normale et heureuse avant. Je veux juste alerter les candidats à l’expatriation sur les pièges et les drames de l’isolement en zone rurale.

                                                                J’ai toujours été sincère dans ma révolte et plusieurs internautes confirment l’ambiance sociale et économique de la Nièvre sans besoin de mener des enquête policière sur photo.

                                                                Je ne prétends pas être dans une pauvreté absolue (ou pas encore). Je suis arrivé dans la Nièvre avec tout ce qu’il faut pour être heureux après une vie de travail et d’économie prévoyante pour ma retraite. Je n’étais pas pauvre en arrivant mais je m’appauvris sans cesse ici. Je dis que depuis l’année 2000, je suis sans revenu autre que des minimas sociaux et que ma venue à Lormes a provoqué la destruction de 50 années de vie sociale et économique réussie.

                                                                Si j’avais trouvé des messages d’alerte comme celui-ci en 1998, j’aurais sans doute réfléchis d’avantage sur les risques de la région.

                                                                Mon titre d’article « Otage de la misère économique et sociale... » signifie que je suis enfermé dans un village de 1200 habitants sans possibilité de revenir en ville où j’ai mes racines en raison des atteintes à mon intégrité économique, psychologique et physique que j’ai subies à Lormes alors que j’avais eu une vie heureuse jusqu’à cette époque.

                                                                Je réclame à la société la remise dans mes droits économiques et l’indemnisation pour les blessures physiques et psychologiques que j’ai subies par les huissiers et tous ceux qui ont profités de ma vulnérabilité due à l’isolement et l’absence de lien sociaux d’entraide.

                                                                Puisque l’on m’accuse de ne pas être plus pauvre que je ne suis (sans travail ni amis), j’accepte de m’expliquer à nouveau sur ce que j’ai déjà dit plus haut :

                                                                - les maisons ici ne coûtent pas cher et sont souvent spacieuses... dangereuses et mal isolées. Les batiments à droite et à gauche sur la photo sont à moi... et en piteux état : +300 m2 de misère et de stress pour l’impôt foncier de 880 euros sur le RMI !

                                                                - le toit de l’appartement était dans cet état lors de mon achat dont je rembourse le crédit grace à l’APL et mon RMI est donc réduit

                                                                - mon toit fuit à plusieurs endroit dans le grenier où j’ai mis des seaux

                                                                - l’ancien proprétaire avait laissé les fenêtres en bois ouvertes durant 2 ans si bien qu’elles ferment difficilement et que je dois les recouvrir de plastique skotché pour éviter les filets d’air en hiver.

                                                                Quand j’avais de l’argent, on me faisait confiance... maintenant, je dois me justifier partout et çà ne sert à rien... c’est pourquoi je cherche d’autres solutions pour rentrer chez moi en ville et retrouver mes racines, mon confort, ma sécurité, mes amis. Ce que j’ai vécu ici est un acte de guerre à mon égard.

                                                                Si quelqu’un passe dans la région, il peut venir me voir... je lui offrirai un café.

                                                                Par amitié... car mon seul but est de témoigner de la misère sociale et économique des campagnes... où d’autres sont encore plus malheureux que moi dans les villages sans commerce ni moyen de transport, ni téléphone, ni internet.

                                                                job


                                                              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 6 août 2007 02:19

                                                                @ jobsanter. Votre article a suscité des réactions intéressantes et permis a plusieurs internautes d’exprimer des sentiments qu’autrement ils n’auraient pas montrés. Vous en avez tout le mérite et les faits que vous avez décrits, de même que la façon dont vous les avez amenés feraient honneur à un professionnel de l’enquête sociologique. On ne peut donc blâmer Demian West d’être sceptique, seulement de ne pas vous donner le bénéfice du doute.

                                                                C’est ce bénéfice que je vous donne. Considérant ce que vous dites comme vrai, je ne puis que trouver regrettable que vous ayez décidé de partir SEUL, abandonnant un contexte social qui vous encadrait, sans avoir tissé des liens d’amitiés qui pouvaient résister à l’éloignement. Votre problème, à sa face même, est un problème de solitude bien plus qu’un problème économique. Vous avez certes eu vos raisons de le supporter durant des années, mais c’est le temps d’y mettre fin.

                                                                Tirez ce que vous pouvez de la vente de vos biens et SORTEZ DE LÀ. Si vous avec un parent ou un ami, c"est vers lui qu’Il faut aller. Sinon, allez vers la grande ville anonyme et participez à tous les groupes qui foisonnent, justement pour répondre à cette demande d’appartenance qui est aussi celle d’une multitude de gens, même si vous devriez maintenant en être plus conscient que la plupart.

                                                                Bonne chance

                                                                Pierre JC Allard

                                                                Pour la problématique de l’appartenance : http://www.nouvellesociete.org/709.html


                                                                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 6 août 2007 02:31

                                                                  @ jobsanter. Le lien ci-haut réfère à un texte qui est trop large pour le problème que vouys évoquez. Voir seulement la Partie 3, surtout 3.2 et seq..

                                                                  PJCA


                                                                • jobsanter 6 août 2007 11:31

                                                                  Merci Pierre de votre compréhension.

                                                                  Malgré le poids de voir ma fin de vie gâchée... je veux en faire quelque chose de positif, utile à d’autres et c’est pourquoi je témoigne.

                                                                  J’ai subi des blessures économiques, physiques et psychologiques et les richesses actives et relations sociales de mon passé me permettent de les supporter alors qu’un autres se seraient suicidés __ comme cela arrive souvent dans la région __.

                                                                  Je ne suis pas un RMIste inactif... je me bats contre cette société qui s’est conduit en ennemie à mon égard et je n’ai plus d’issue que dans la vengeance... puisque je n’obtiens pas de justice équitable (j’ai travaillé toute ma vie pour finir dans la misère !).

                                                                  Si Demian est un professionnel, cela montre bien les limites dangereuses du jugement extérieur... => je suis sincère dans ma révolte et je veux un pays équitable et juste... pas de pièges confiscatoires du fruit modeste de son travail.

                                                                  Mon seul tord est d’être venu dans la Nievre... en faisant confiance à une association de commerçants dynamique autour d’un homme politique connu qui faisait vivre le village. J’ai remis ma vie entre leurs mains... et ils ont tout laissé tombé. Donc, j’en conclus un peu tard qu’il ne faut pas venir seul en zone rurale... et je le fais savoir.

                                                                  J’assume cette part de responsabilité... mais je demande aux autres d’assumer la leur (la MAAF qui ne rembourse pas, le comptable qui m’attaque en justice, la discrimination dans l’emploi local, ma fracture ouverte du fait d’autrui, etc...)

                                                                  N’ayant plus de famille, je n’attends pas de mes anciens amis qu’ils m’assistent à sens unique... le fonds du problème est qu’en zone rurale il n’y a pas de justice de proximité ni d’organisations de défense pour s’opposer aux notables en cas d’agression.

                                                                  Et c’est d’abord le fait de n’être personne pour personne qui a fait que j’ai été attaqué et pas défendu.. réduit au chomage et à l’exclusion sans que mes compétences de soient utilisées pour la région.

                                                                  Grâce à vos réponses, je me conforte dans l’idée qu’il me faut rejoindre la ville... mais j’ai peur d’une situation pire du fait de tout ce que j’ai perdu dans la Nievre ... malheureusement, j’ai bien compris que pour moi, à 59 ans, je ne pourrais retrouver ce que j’avais gagné.

                                                                  Merci de vos conseils,

                                                                  job


                                                                • sacados 6 août 2007 12:51

                                                                   smiley Je sais. Le vieillissement est une mauvaise plaisanterie. La volonté y est mais, on y arrive pas. C’est d’autant plus difficile si l’alcool régit le ménage. Les amis d’époque, c’est du passé : ils ont évolué dans leur lieu et temps. L’illusion est que dans notre esprit rien a changé. Donc, redépart à zéro. Relire par sacados (IP:xxx.x17.26.251) le 5 août 2007 à 17H14.


                                                                • pixel pixel 6 août 2007 10:28

                                                                  @Djanel

                                                                  La façade n’est pas au nord mais quelque part entre l’Est et l’Ouest en passant par le Sud.Voir ombre portée de la cheminée sur le toit.Les micro algues se développent quand il y a humidité et pas d’apport solaire. La toiture n’a pas été refaite récemment vu les rustines. La trace de l’ancien emplacement du conduit de cheminée peut dater de plusieurs années, les couleurs de l’ardoise diffèrent quand elle ne fait pas partie du même lot. Par contre ce n’est pas un balcon que l’on perçoit au 1er étage mais une coursive d’accès pour le logement et celle ci est peut être en liaison avec le bâtiment de droite.Voire à droite de la balustrade bleu.


                                                                  • Djanel 6 août 2007 13:45

                                                                    Bon qu’il réponde aux questions au lieu de larmoyer en postant une photo d’une autre façade. Qu’il nous dise la date de restauration du toit ? Quand a t’il acheté la maison ? A t’il un crédit sur le dos pour cet achat ? Comment se fait-il qu’il connaisse si mal les droits du RMI ?

                                                                    Comment peut-on obtenir d’une banque, un crédit sur 30 ans à 59 ans ? Il y a beaucoup d’incohérence dans les postes qui sèment un doute.

                                                                    Quant à la couleur de l’ardoise naturelle, elle est pratiquement constante. Sur la photo, je crois que cette ardoise est artificielle à cause de sa couleur qui varie beaucoup avec la réparation du trou et aussi à cause de sa finesse et de sa régularité dans la pause. L’achat d’une ardoise artificielle est moins coûteux qu’une naturelle mais le prix et la technique de pose sont identique.

                                                                    Les gens qui vivent dans la misère ont plutôt tendance à la cacher aux autres par pudeur. C’est très pénible d’inspirer la pitié mais chacun vit selon l’estime qu’il a de lui-même.

                                                                    Comment se fait-il qu’une personne souffrante de la vue puissent conduire des cars bénévolement alors que ce boulot est réglementé et que les visites médicales sont obligatoires pour obtenir le permis de transport en commun ?

                                                                    Avoir bossé comme il le dit bénévolement sans rémunération correspond à une fraude de l’employeur. Devant un tribunal cet employeur risquerait d’être accusé de fraude fiscale, de travail clandestin de vol pour n’avoir pas donner le salaire minimum légal à l’ouvrier. Ceci peut valoir des peines de prison parce la justice, l’état, les sociétés concurrentes ne rigolent pas sur le travail au noir. Je ne crois qu’un employeur prendrait de tels risques avec un étranger qui affirme subir une exclusion sociale.

                                                                    Il y a beaucoup trop d’incohérence dans ce témoignage. Cette maison à l’air d’avoir beaucoup de valeur même le Morvan subit une pression à la hausse de l’habitat. Trouver un acheteur ce n’est pas un problème surtout à proximité de grandes villes comme Lyon, saint Etienne...et si le paysage est beau, c’est la folie. J’ai relu son dernier poste franchement, je ne reconnais pas un RMISTE dans ses propos. Si çà vous plait de le croire...moi je ne le crois pas et ne dites pas que je sois un ingrat parce que la misère et l’exclusion je connais. Je vis comme çà depuis des années et je regrette de vous l’avoir dit. A chacun sa dignité et quand on est vraiment pauvre, c’est la seule chose qui nous possédons encore. Alors, on y tient. Plutôt crever que de tendre la main.

                                                                    Le RMI, c’est une très bonne chose et merci à Rocard de nous l’avoir donner et on y tient. Attention Sarko pas toucher au rmi parce que çà explosera. Déjà qu’ils nous tracassent avec des demandes d’informations complémentaires... Bon salut.


                                                                  • claude claude 6 août 2007 12:22

                                                                    il faut d’abord que jobsanter traite sa dépression, car il n’arrivera pas à se mettre des coups de pieds au cul, tant qu’il sera dans cet état.

                                                                    ensuite quand il aura récupéré suffisamment d’énergie, je suis sûre qu’il saura se sortir de ce mauvais pas.


                                                                    • jobsanter 6 août 2007 13:40

                                                                      Je suis assez conscient de ma situation et de ce qui m’y a conduit. J’hésite sur la direction à prendre entre :

                                                                      A) rentrer en ville (mais comment ?... dans une cité, un HLM déterioré ? pour une fin vie austère ?) dans un appartement chauffé, étanche, avec possibilité de prendre un bain avec de l’eau chaude au robinet, des supermarchés à proximité pour choisir ce que je veux manger, choisir les amis qui me respectent (quoi partager ?) mais dans le bruit et l’enfermement bétonné sans partir en vacances ni en week-end. Je ne pourrais pas rendre responsables de ma situation la ville qui m’accueillera.

                                                                      B) rester à Lormes jusqu’à la fin (je suis bien usé après 9 ans d’exclusion et d’appauvrissement) afin de témoigner pour les suivants et demander des comptes aux responsables de ma situation sur les lieux mêmes avec au moins le calme et la nature environnante pour faire du vélo.

                                                                      Je ne me sens pas vraiment déprimé mais je cherche la vérité. Je crois avoir compris qu’il ne fallait pas venir seul car la campagne est une jungle sans organisations collectives ni amis pour faire barrage aux attaques extérieures de ceux qui ne voient en vous que ce qu’ils espèrent vous prendre.

                                                                      Après une vie entouré d’amis en ville et avec un revenu suffisant en étant propriétaire de mon appartement me voici coupé de tout le fruit de mon existence... au moment d’en profiter. J’ai le sentiment d’avoir vécu des actes de guerre de la part de la société qui n’a pas appliqué dans la Nievre les mêmes règles qui m’avaient protégées à Paris.

                                                                      Perdant pour perdant, je suis tenté par la résistance et la révolte face à l’ennemi intérieur qui menace tout individu au nom du profit personnel.

                                                                      Avais-je eu de la chance avant ?... peut-être, j’avais aussi donné en échange.

                                                                      Que feriez-vous à ma place ?

                                                                      jp


                                                                    • haddock 6 août 2007 14:23

                                                                      La chose qui me vient à l’ idée , si j’ étais à votre place , je séduirais la femme de l’ huissier et celle de l’ assureur qui vont ont mis sur la paille et avec elles deux je partirais vivre au soleil et dilapiderais le pognon en bons restaus en beau hôtels . Plus sérieusement Jobsanter , si vous pouvez marcher , faites une partie , une petite partie du chemin de Compostèle , un truc dans le genre , aérez-vous la tête , regardez autre chose que ce que vous voyez tous les jours .


                                                                      • jobsanter 6 août 2007 15:26

                                                                        Les RMIstes n’ont pas la côte auprès des femmes...

                                                                        Heureusement, je ne passe pas mes journées à me lamenter sur mon sort... mais la vengeance est une occupation à ma portée et qui m’évite de trop subir ma réalité et la dépassant.

                                                                        A ce sujet, il a été remarqué que les volets de ma maison étaient fermés... c’est vraiment parce que les fenêtres ne fonctionnent plus et qu’ils est compliquée d’ouvrir et fermer les volets... alors je vis avec la lumière artificielle et l’écran d’ordinateur.

                                                                        En partant de la perception extérieure des volets fermés j’envisage de créer une courte vidéo d’amateur à mettre sur Agoravox. Beaucoup de gens à Lormes gardent leur volets fermés... pourquoi ?

                                                                        Fermés sur le monde ?... misère cachée ?... maisons vides ?...

                                                                        Qu’en pensez-vous ?...

                                                                        Ma maman étant décédée à la canicule 2003, je viens de réussir à force de combats à recevoir la petite somme d’argent qu’elle m’avait laissé. J’ai acheté un camescope afin d’utiliser cet argent à une oeuvre utile.

                                                                        En hommage à ma maman qui a travaillé durement.

                                                                        job


                                                                      • La Taverne des Poètes 6 août 2007 21:23

                                                                        West : le « tu » c’est pour insulter l’autre ? Vous dites « Tu ne connais pas de rmiste. » Et vous, que savez-vous de la situation de cet homme qu’il me smeble vous traitez habilement de « ruine », ce qui vient confirmer l’injure...


                                                                      • Djanel 6 août 2007 21:30

                                                                        Vous possédez une maison valant 90 000 euros. Vous n’êtes pas pauvre et vous n’avez pas cherché à me réfuter. Vous êtes grillé. Peu de monde n’est revenu sur le fil. Demain il n’y aura plus personne. Ce qui a semé le doute en moi, ce n’est pas la photo mais vos commentaires qui ne sont pas réalistes et inappropriés. Pas envie de vous en faire une démonstration.


                                                                      • jobsanter 6 août 2007 22:36

                                                                        Comme sur tous les forums, il y a des intervenants qui agressent sans lire, sans écouter... sans comprendre, sans réfléchir...

                                                                        c’est comme dans la vie, comme au bistrot, au village ou en ville...

                                                                        C’est pas grave, l’essentiel des interventions de ce site sont intéressantes et j’espère que mon article permettra à d’autres d’éviter de gâcher leur vie en perdant leurs racines.

                                                                        Je n’ai rien à prouver à West, désolé... le dialogue commence par la confiance dans l’autre.

                                                                        J’ai filmé cet après-midi quelques maisons dans les rues de Lormes... c’est impressionnant le nombre de volets fermés... c’est sans doute pareil dans beaucoup de village de France.

                                                                        Je vais mûrir l’idée de créer un article pour lister les avantages et les inconvénients d’aller vivre à la campagne... histoire d’apporter ma participation à l’intelligence collective sur Agoravox.

                                                                        Je vais sans doute aussi créer cette petite vidéo car toute cette misère cachée dans nos villages est aussi préoccupante que les problèmes de nos banlieues. Pourtant on n’en parle pas. On fait même le contraire en incrustant dans l’esprit des gens que le « bonheur est dans le pré »... et c’est une lourde responsabilité quand çà se termine mal.

                                                                        Si des responsables d’Agoravox se penchent sur le sujet, il serait intéressant de communiquer dans les médias à ce sujet pour que ces gens aient d’autres espoirs qu’une vie sans aucun projet.

                                                                        job


                                                                      • sacados 6 août 2007 20:22

                                                                         smiley Ma vie a été pire que la sienne... Je la raconte ?


                                                                        • jobsanter 6 août 2007 22:50

                                                                          Bonsoir à toi,

                                                                          Si tu as une vraie histoire qui peut servir à d’autres (on ne va pas t’aider puisqu’apparamment, tu t’en es sorti), je serai un de tes premiers lecteurs...

                                                                          penses à mettre le lien de ton article sur mon post.

                                                                          La vraie vie est plus intéressante et constructive pour la communauté humaine que toutes les théories politiques ou autres déconnectées de la réalité.

                                                                          Et puis, je suis très fâché avec la politique, car d’un seul petit geste, ils auraient pu sauver ma vie... et ils ne pensent qu’à leurs places à eux...

                                                                          moi, ce sont les gens qui m’intéressent... la vraie vie est là !

                                                                          job


                                                                        • haddock 6 août 2007 20:32

                                                                          Raconte plutôt comment tu t’ en es sorti .


                                                                          • sacados 6 août 2007 23:01

                                                                             smiley Ben, quand on ne peut plus descendre plus bas, on fini par remonter... Après des années de chômage, réinsertion, humiliation (J’étais mécanicien dans l’aviation 5 ans : tout ceux qui ont ma signature sur leur document de vol, ne sont jamais tombés !)... Que ma femme soit parie... que j’ai élever mes enfants seul (j’ai été 20 ans papa-poule), que j’ai habité en camping, avec les enfants, parce que je n’avais plus d’appartement... J’ai pensé qu’en allant à droite, ou à gauche, ça ne changeait en rien à mon espérance de vie et j’ai envoyer tout balader (sauf les enfants).

                                                                             smiley Bon ! Je n’ai pas tout réussi dans ma vie mais, les enfants, j’ai pas raté ! Mon fils a un métier dans l’imprimerie, ma fille une licence en biologie, ils n’ont jamais chômé et ils ont des payes dont je n’ai jamais seulement rêve. J’ai de nouveau un appartement et une voiture d’occas. Je n’ai jamais voulu que mes enfants m’aident parce que ce n’est pas leur affaire.

                                                                             smiley A 62 ans, mon avenir est derrière moi ! Mon seul désir, par goût de sport intellectuel, c’est de garnir mes héritiers et d’avoir une femme pas trop loin. Le reste, bon...


                                                                            • jobsanter 7 août 2007 00:52

                                                                              C’est plus intéressant que les théories où les gens s’affrontent...

                                                                              Il faut que tout le monde comprenne que dans la société que nous construisons, chacun de nous peut finir à la rue ou pire... quelques soient ses compétences et sa fortune. Nous détruisons toutes les sécurités qui nous protègent.

                                                                              La vie des autres devrait nous faire réfléchir et nous donner envie de défendre les valeurs de solidarité.

                                                                              J’ai eu la chance d’avoir des vrais copains dans mon passé et je connais ces mots là.

                                                                              Je n’attends rien des autres car ma misère est toute relative (j’ai un toit et à manger)... mais ma lutte, ma révolte, ma vengeance est destinée à obliger la société à rester humaine dans sa structure.

                                                                              Devant l’injustice, la révolte est légitime afin d’obliger le système à respecter les droits humains dont le premier est de protéger l’espérance de vie et évitant à chacun des situations indignes de notre époque.

                                                                              Il est de notre devoir de faire barrage même par la force à ceux qui détruisent nos vies et la planète de leurs propres enfants. Ce n’est pas qu’ils soient riches mais qu’ils soient bêtes qui les rend coupables.

                                                                              Toutefois, quelques stages dans la rue rendraient certains plus modestes.

                                                                              job


                                                                            • haddock 6 août 2007 23:06

                                                                              Sacados

                                                                               smiley


                                                                              • dperez dperez 9 août 2007 12:21

                                                                                Je vis à la campagne et je vis très bien, avec ma famille, mais j’ai un travail, je me suis mis à mon compte dans l’artisanat, je gagne bien ma vie sans être riche pour autant. Ça dépend de tous, il faut aller de l’avant. Si au bout du compte la campagne ne vous plaît pas, il vaut mieux aller en ville, et surtout ne pas aller tout seul dans un endroit où vous ne connaissez personne car les gens sont individualistes, ils ne feront pas le premier pas, ça c’est clair. Mais il faut analyser sa situation, voir ce qu’on a envie de faire, ce qu’on sait faire, et y aller. À la campagne il y a plein de choses à faire, par exemple si vous aimez, il y a plein d’exploitations agricoles ou maraichères qui sont en manque de main d’œuvre. Vous gagneriez le SMIC mais vous seriez avec d’autres gens, vous mangeriez à l’œil, nourri, logé, blanchi, pas besoin de moyen de transport, un vélo ou à la limite une mobilette sont suffisants. Vous pourriez placer une bonne partie du salaire à la banque à la fin du mois, alors qu’en ville le SMIC est dépensé en 15 jours dans des frais indispensables. Il y a plein d’opportunités à la campagne, par exemple le prix du lait et des céréales augmentent, les exploitants manquent de main d’œuvre et seraient ravis d’avoir quelqu’un pour les aider. On ne fait pas €10.000 par mois mais on a le cadre de vie. Je ne suis pas sûr que vous seriez plus heureux en ville. Après ça il y a la personnalité de chacun qui entre en jeu. Il y a des gens qui sont parqués dans des camps de réfugiés et qui ont le sourire, et d’autres qui dépriment dans des palaces de la banlieue chique de Paris...À méditer donc.


                                                                                • jobsanter 9 août 2007 20:07

                                                                                  Il y a un gros problème de dynamisme dans la Nièvre. Tous les commerçant de Lormes ferment de même pour certains artisans. Et c’est pire pour ceux qui viennent s’y installer sans savoir... aucun n’a tenu depuis 9 ans que je suis là... hormis le café et les agents immobiliers ou les professions de santé.

                                                                                  Je pense toujours qu’il y aurait possibilité de valoriser la région mais seul je ne peux rien tenter. C’est bien dommage pour moi et pour les jeunes d’ici qui vont travailler dans d’autres régions... jusqu’aux immigrés locaux qui quittent la France !

                                                                                  Quand je suis arrivé en 1998 il y avait un Maire très dynamique (Christian Paul) et une association de commerçants active. Malheureusement Christian Paul s’est écarté de la gestion de la commune pour d’autres ambitions et tout est tombé. Ceux qui ont senti le vent venir ont quitté la région et je me suis retrouvé enfermé à Lormes suite à un incendie dans le local/habitation que je louais qui m’a conduit à acheter au mauvais moment une maison par peur d’un nouvel incendie.

                                                                                  Sans cet incendie qui a tout précipité, j’aurais pu repartir car je n’avais pas encore vendu mon appartement en région parisienne ni mon magasin.

                                                                                  A Paris je gagnais bien ma vie et je n’imaginais pas tout perdre ainsi simplement parce qu’on rejetterai mes compétences professionnelles (jamais eu ce problème à Paris).

                                                                                  Toute ma vie j’ai aimé la vie à la campagne pour les paysages, l’espace et le calme... mais au point de tout perdre les acquis de toute une vie pour ma retraite... le sachant, j’aurai préféré continuer ma vie professionnelle en ville et voyager comme je le faisais avant.

                                                                                  Il est certain que c’est une situation générale de la Nièvre et de Lormes en particulier qui ne joue absolument pas les cartes économiques de son développement et pour lesquelles j’aurais pu contribuer grace à mes expériences passées dans le tourisme international et les nouvelles technologies.

                                                                                  Je souffre de voir mourir la région pour laquelle j’avais vu le potentiel de réussite... Je me retrouve prisonnier d’un bateau qui sombre.

                                                                                  J’exigerais de toutes mes forces la reconnaissances des préjudices que j’ai subi afin de sauvegarder les quelques années de vie qu’il me reste dans la sécurité de la ville où j’ai mes racines... et c’est un dur échec personnel car j’ai conservé l’amour de cette région et le rejets des nombreux inconvénients de la ville.

                                                                                  Comme on me l’a dit sur ce site, je n’aurais jamais du venir tout seul dans la Nièvre.

                                                                                  Si je n’avais pas été ruiné par les échecs constants de ces 9 années... un travail au SMIC m’aurait même suffit... mais c’est toute ma vie qui a été sacrifiée ici... et même un travail au SMIC, on ne me l’a pas donné en 9 ans... même un travail payé sur résultat.

                                                                                  Les gens « ne veulent rien »... ils disent « qu’ils sont trop vieux ».

                                                                                  C’est un basculement que je n’avais pas vu venir début 2000. Ce n’est sans doute pas à ce point dans toutes les zones rurales.


                                                                                • E.Desvignes e.desvignes 10 août 2007 11:01

                                                                                  Le bonheur est dans le pré, mais aussi dans la tête

                                                                                  J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre témoignage, ainsi que toutes les interventions qui l’accompagnent. J’en ai retenu principalement la citation suivante :« Il faut que tout le monde comprenne que dans la société que nous construisons, chacun de nous peut finir à la rue ou pire... quelques soient ses compétences et sa fortune. Nous détruisons toutes les sécurités qui nous protègent. » Tout comme vous, j’ai 58 ans, tout comme vous, j’ai déposé en 1996 le bilan de la société que j’avais créée 20 ans plus tôt, tout comme vous, j’ai eu des angoisses, des rancoeurs et une formidable overdose de la vie citadine et de mes compatriotes et je me suis installé en 2002 à la campagne, l’attentat du 11 septembre 2001 ayant été un élément déclencheur déterminant. Par contre, contrairement à vous : 1) J’ai liquidé volontairement ma société en 1996 pour ne plus être l’otage des banquiers et le pourvoyeur de fonds des organismes sociaux 2) Je me suis installé dans une région que je connaissais bien 3) J’ai été soutenu par ma femme, ma famille, mes enfants et mes amis 4) J’avais acheté ma maison plusieurs années auparavant et effectué déjà beaucoup de travaux moi-même 5) J’ai conservé mon réseau relationnel dans la métropole régionale et donc retrouvé un job immédiatement. Cette décision douloureuse (une cessation d’activité est toujours très difficile à vivre) a été l’occasion d’une totale remise en question. Après l’agitation citadine, j’ai dû apprendre à faire le distinguo entre l’essentiel et le superflu, à voir naître et se défaire les saisons, à apprécier la convivialité et la spontanéité des gens « simples » (dans le bon sens du terme), à profiter des bienfaits de la nature (les mûres, les champignons, les pissenlits, le potager...). Bien sûr, j’ai dû réduire considérablement mon train de vie, repartir à zéro et fauché, mais je n’en apprécie que plus aujourd’hui la véritable valeur des choses : discuter avec mes deux ânes ou mes canards chaque matin, voir pousser mes haricots, faire mon pain dans mon four de 150 ans comme l’ont fait avant moi les anciens du hameau, retaper un mur de pierre fatigué, composer une musique et un texte pour mon unique plaisir, écrire une page de mon 5ème bouquin que personne ne lira sans doute jamais, ajouter un trait d’humour sur un de mes deux blogs, réunir mon équipe pour préparer les municipales 2008 autour de la préservation du patrimoine et du rayonnement touristique et culturel local, créer « les chantiers du patrimoine » réservés aux allocataires du RMI de la commune... Pour moi, c’est vrai, « le bonheur et l’espoir sont dans le pré », alors que j’aurais pu sombrer comme beaucoup dans l’attentisme et le désespoir. Ai-je eu de la chance plus que d’autres ? Certainement. Cela durera-t-il ? Je suis bien incapable de le dire. Mais une chose est sûre : je ne suis pas seul et je ne ressasse pas mon passé derrière mes volets fermés à longueur de journée. Alors, passez donc un coup de badigeon dans votre arrière-cour qui en a bien besoin, ouvrez grands vos volets (c’est l’été), oubliez vos rancoeurs, occupez-vous les mains et l’esprit et souriez pour qu’on vous sourie. Vous verrez que vous reprendrez confiance en vous et qu’on vous regardera différemment. J’espère que mon modeste témoignage vous sera utile. Courage et bonne chance. PS : Un conseil d’expert : tout comme moi depuis 6 ans, cessez de regarder les étranges lucarnes. C’est très malsain pour le moral et les idées claires.


                                                                                  • jobsanter 10 août 2007 12:05

                                                                                    à e.desvignes,

                                                                                    Je suis d’accord avec tout ce que vous trouvez de positif à la vie hors des villes...

                                                                                    Quitter cela sans y revenir est aussi pire que d’y rester... c’est pourquoi je refuserai le retour en ville dans un HLM sordide et sans argent pour vivre.

                                                                                    Je lutterai pour retrouver ma vie au jour de mon arrivée dans la Nièvre.

                                                                                    La réalité de mon village est :

                                                                                    - la perte de tout dynamisme, de ses commerces et artisans, de ses liens sociaux... sans que je puisse intervenir

                                                                                    - un situation de dangerosité dans ma maison et l’éloignement de tout ce qui est indispensable dont les services de santé en cas d’accident (ce qui m’est arrivé)

                                                                                    - l’exclusion sociale et l’absence d’ami en raison de ma mise au RMI (les « intellectuels » ne se mélangent pas avec les « pauvres » alors qu’on peut être « pauvre » et « intello » !) et je souffre beaucoup de l’absence des liens sociaux que j’avais sur Paris (copains d’enfance et d’activités professionnnelles et de loisirs). Dans la Nièvre, j’ai perdu mon identité par l’impossibilité d’agir (isolé sans voiture ni argent) et j’ai peur de l’avenir qui ne peut être que pire. Ma vie s’est arrétée à 50 ans quand je suis arrivé à Lormes et n’en suis pas sorti même pour un week-end.

                                                                                    Je suis sous perfusion grace à internet où je peux encore participer à la vie par les forums et l’information.

                                                                                    Surtout, j’étais habitué à une autre vie active et mobile où je profitais des avantages de la ville et de ceux de la campagne.

                                                                                    A Lormes, sans action réelle, je me sens mort et inutile... je ne crée plus rien et ne suis plus rien.

                                                                                    J’ai perdu ce qui faisait mon univers.

                                                                                    job

                                                                                    PS : il est anormal que la MAAF ne m’ai pas indemnisé pour le sinistre concernant mes biens professionnels et privé... les spoliations sont nombreuses depuis que je suis dans la Nièvre.


                                                                                  • IMINOREG IMINOREG 20 août 2007 11:34

                                                                                    J’ai parlé de vous sur mon blog Routes Américaines et je veux que vous le sachiez.


                                                                                  • sacados 14 août 2007 01:17

                                                                                    > Otage de la misère économique et sociale... par sacados (IP:xxx.x26.121.227) le 14 août 2007 à 00H21

                                                                                    (Ce n’est pas évident d’utiliser cet éditeur de forum !...)

                                                                                    En biologie il y a ce qu’on appel « arrivé à maturité ». Par exemple une pomme : Juste avant d’être mûre, c’est pas encore ça. Si elle est en fleur c’est trop tôt. Un tout petit peu après, elle se détache de son arbre et va se fracasser en bas dans les cailloux et pourrir en peu de temps. La pomme est mûre le court instant éphémère juste avant de se détacher de son arbre. Pour l’homme, ce juste instant éphémère c’est à 35-40 ans. La civilisation nous permet de faire une descente moins brutale... L’animal sauvage arrive à maturité à grande peine balafré de partout et brusquement la vermine prends le dessus : c’est fini. Tous ça pour dire qu’à 60 ans on ne fait plus des projets en arrière. On se résigne à vivre comme on peut avec ce qu’on a. Bon, le vieillissement est injuste mais, avec les médicaments modernes, surtout avec les anti-dépresseurs, la qualité de vie c’est très nettement améliorée. Et en plus, c’est exceptionnel dans l’Histoire de l’humanité, nous avons des médicaments efficaces !...

                                                                                    smiley


                                                                                    • IMINOREG IMINOREG 20 août 2007 09:37

                                                                                      @Sacados, Votre réponse est non seulement d’une logique implacable, si on s’en tient à une vision naturaliste vraiment rétrograde, mais en plus elle est criminelle faite à une personne qui souffre seule dans sa campagne-prison, dans un pays, la France, qui exclut les personnes de 50 ans avec une désinvolture et une inconscience homicides. Alors de grâce... ne rajoutez-pas à la difficulté de se sortir d’un mauvais pas, le couperet de la pensée conformiste bête et méchante. Sachez que dans d’autres pays on existe et travaille sans problème jusqu’à 75 ans si on le désire !!!


                                                                                    • jobsanter 21 août 2007 00:41

                                                                                      Je n’ai pas souffert des paroles de sacados (peut être à cause de l’anesthésie).

                                                                                      Je les avais trouvées justes car j’ai expérimenté l’action des antidépresseurs sur la libidos... les professionnels de santé ne semblent pouvoir répondre à la misère que par des médicaments qui vous emportent dans une torpeur funeste qui vous suppriment jusqu’à la libidos... dès fois qu’un pauvre ait envie d’aimer.

                                                                                      C’est peut-être à cause de çà qu’on accuse les RMIstes de n’être bon qu’à dormir.

                                                                                      Pour moi, je ne dors pas, j’ai jeté les médicaments... et j’ai retrouvé mes forces pour me révolter contre mon destin nivernais.

                                                                                      Comme je vous l’ai dis sur votre Blog, Martine, il me reste l’insolence pour combattre le sort qui m’est fait dans ce pays... et je ne m’en prive pas sur un site que j’ai démarré :

                                                                                      Gavroche, poulbot.fr

                                                                                      ...je suis encore vivant,

                                                                                      job


                                                                                    • fabien bazin 22 janvier 2008 15:16

                                                                                      Bonjour à tous,

                                                                                      je suis le maire de la commune où réside jobsanter...que je connais bien. je ne peux laisser sans réponse les différents posts publiés. en effet, au delà de la sitiuation personnelle de jobsanter qui mériterait d’être plus clairement exposée, notre commune ne correspond que peu au descriptif qui est ici communiqué. Certes la vie en zone rurale est probablement difficile, mais le Morvan est aujourd hui en pleine mutation , il gagne à nouveau des habitants, il se dote d’un réseau à haut débit unique en Bourgogne, des investisseurs touristiques et dans le secteur du logement réalisent des opérations créatrices d’emplois...

                                                                                      Quant à notre commune, elle a mis en place un plan de lutte contre l’isolement qui comporte notamment la mise en oeuvre d’un service de transport à la demande reconnu par la presse nationale, le développement des services de portage de repas et de soins à domicile, le recrutement d’un dentiste( actuellemnet en cours), le projet d’assurer le portage des médicaments avec le concours de La poste, le recrutement au centre social d’une jeune femme qui a pour mission d’aller à la rencontre des personnes en situation d’isolement....

                                                                                      Nous venons, sur l’ensemble du territoire cantonal, de consulter l’ensemble de la population ( plus de 500 personnes sur un canton de 4000 habitants ont été rencontrées) pour définir nos projets pour les 3 années à venir...Ce débat a permis d’identifier les priorités en terme de :

                                                                                      - développement touristique : creation d’une galerie numérique autour de vauban dont nous venons de célébrer le tricentenaire de sa mort et qui habitait à quelques kilometres de notre commune...en juillet dernier c’est plis de 10 000 visiteurs qui ont fréquenté notre canton sur un week end...le lendemain du passage du tour de france sur la commune...

                                                                                       soutien au festival de la chanson française qui se déroule le dernier week end de juillet et qui a acceuilli des artistes comme Renaut, Noir désir, pierre perret...à des tarifs 3 fois inferieurs à ceux des grandes villes...

                                                                                       soutien à la chorale et à la fanafre qui vient d’être recrée.. je pourrai multiplier les exemples ..mais notre territoire triple ses habitants en été....

                                                                                      - développement du logement : avec prés de 20 logement crées opar des investisseurs privés, notre commune réalise la plus importante opération en la matiére de la Niévre rurale..

                                                                                       

                                                                                      - création d’une résidence pour personnes agées à michemin entre le maintien à domicile et la maison de retraite( qui existe sur notre commune et emploi prés de 100 personnes...)

                                                                                      - extension d’un télécentre qui acceuiulle déja 8 emplois et qui aura , à l’issu des trvaus, 5 emplois supplémentaire

                                                                                      - réouverture de 3 commerces dans les mois qui viennent....

                                                                                      Encore une fois les exemples de réalisations sont multiples...et l’envie de se battre pour notre commune est réellement partagée...

                                                                                      Je suis à votre disposition pour échanger plus avant..

                                                                                       


                                                                                      • jobsanter 23 janvier 2008 08:08

                                                                                        Hello Fabien,

                                                                                        Tu fais parti des gens ouverts de ce village... car j’en ai avalé, des couleuvres (au café)) sur les fainéants de RMIstes à la charge de la société alors que mes journées durent parfois jusqu’à plus de minuit ou commencent à 5 h comme ce matin.

                                                                                        Je ne me situe pas sur le terrain de la politique car ma vie, c’est parmi les gens... pas les foules en générale mais ceux qui me sont proches et qui se mettent à agir parce que l’on se parle et que l’on a des projets... et à Lormes, j’ai perdu tout cela...

                                                                                        La misère tue aussi le lien social... et les relations d’assisté ne sont pas du lien social mais de la dépendance.

                                                                                        Je n’aime pas la dépendance... je suis né libre.

                                                                                        Libre de décider et ma vie et d’agir...

                                                                                        Maintenant, au RMI, je suis prisonnier et blessé.

                                                                                        Je sais bien que tu ne peux pas tout faire... et je ne t’en demande pas trop.

                                                                                        Si je n’avais pas été blessé et détruit... j’aurai pu être vraiment utile à la commune et à la région... mais ils n’ont rien compris.

                                                                                        J’ai toujours mis les gens en marche à partir de rien et toute ma vie, çà m’a réussit sauf dans cette région.

                                                                                        Non, le Morvan n’est pas "en pleine mutation"... il est en train de crever parce qu’il cache une misère qui détruit les gens... des cancers qui les rongent.

                                                                                        Tu parles de réalisations... une énumération... un catalogue... moi, je parle de proximité, de main tendue, de solidarité inter-individuelles...

                                                                                        L’isolement et l’inconfort tue les gens.

                                                                                        Je sais que tu es de bonne volonté et que ce n’est pas facile... mais il faut faire confiance aux gens surprenants...

                                                                                        Ils apportent des idées neuves et retroussent leurs manches.

                                                                                        A chaque campagne municipale, c’est de la propagande... et moi j’avais cru que c’était vrai...

                                                                                        C’est pourquoi je me suis intallé à Lormes en 1998... seulement, je me suis retrouvé piègé et abandonné aux minimas sociaux sans espoir de travail.

                                                                                        Certes, le Tour de France est passé à Lormes... mais çà na pas changé ma vie... j’ai toujours 5 euros par jour pour m’en sortir...

                                                                                        Il aurait été possible 100 fois depuis 1998 d’utiliser mes compétences contre un revenu décent...

                                                                                        Je ne parle pas d’un travail pour "cas sociaux"... je parle d’un emploi rentable qui rapporte à la région... et çà, je sais faire.

                                                                                        Cette région ne me fais pas confiance
                                                                                        ...

                                                                                        Or, c’est la solidarité qui m’intéresse... la confiance... l’action parmi les gens... sinon, je ne serais pas venu à Lormes.

                                                                                        Que puis-je faire, maintenant, avec toutes mes blessures ?... attendre de mourir ?

                                                                                        Je ne serais pas silencieux.

                                                                                        Je vis dans le froid, menacé par l’EDF, par les impots, harcelé de toutes parts... cette guerre au pauvre est un crime.

                                                                                        js
                                                                                         


                                                                                      • jobsanter 23 janvier 2008 08:15

                                                                                        Hello Fabien,

                                                                                         

                                                                                         

                                                                                        _ Tu fais parti des gens ouverts de ce village... car j’en ai avalé, des couleuvres (au café)) sur les fainéants de RMIstes à la charge de la société alors que mes journées durent parfois jusqu’à plus de minuit ou commencent à 5 h comme ce matin.

                                                                                         

                                                                                        _ Je ne me situe pas sur le terrain de la politique car ma vie, c’est parmi les gens... pas les foules en générale mais ceux qui me sont proches et qui se mettent à agir parce que l’on se parle et que l’on a des projets... et à Lormes, j’ai perdu tout cela...

                                                                                         

                                                                                        La misère tue aussi le lien social... et les relations d’assisté ne sont pas du lien social mais de la dépendance.

                                                                                         

                                                                                        _ Je n’aime pas la dépendance... je suis né libre.

                                                                                         

                                                                                        Libre de décider et ma vie et d’agir...

                                                                                         

                                                                                        _ Maintenant, au RMI, je suis prisonnier et blessé.

                                                                                         

                                                                                        _ Je sais bien que tu ne peux pas tout faire... et je ne t’en demande pas trop.

                                                                                         

                                                                                        _ Si je n’avais pas été blessé et détruit... j’aurai pu être vraiment utile à la commune et à la région... mais ils n’ont rien compris.

                                                                                         

                                                                                        _ J’ai toujours mis les gens en marche à partir de rien et toute ma vie, çà m’a réussit sauf dans cette région.

                                                                                         

                                                                                        _ Non, le Morvan n’est pas "en pleine mutation"... il est en train de crever parce qu’il cache une misère qui détruit les gens... des cancers qui les rongent.

                                                                                        Tu parles de réalisations... une énumération... un catalogue... moi, je parle de proximité, de main tendue, de solidarité inter-individuelles...

                                                                                         

                                                                                        _ L’isolement et l’inconfort tue les gens.

                                                                                         

                                                                                        _ Je sais que tu es de bonne volonté et que ce n’est pas facile... mais il faut faire confiance aux gens surprenants...

                                                                                         

                                                                                        _ Ils apportent des idées neuves et retroussent leurs manches.

                                                                                         

                                                                                        _ A chaque campagne municipale, c’est de la propagande... et moi j’avais cru que c’était vrai...

                                                                                         

                                                                                        _ C’est pourquoi je me suis intallé à Lormes en 1998... seulement, je me suis retrouvé piègé et abandonné aux minimas sociaux sans espoir de travail.

                                                                                         

                                                                                        _ Certes, le Tour de France est passé à Lormes... mais çà na pas changé ma vie... j’ai toujours 5 euros par jour pour m’en sortir...

                                                                                         

                                                                                        _ Il aurait été possible 100 fois depuis 1998 d’utiliser mes compétences contre un revenu décent...

                                                                                         

                                                                                        _ Je ne parle pas d’un travail pour "cas sociaux"... je parle d’un emploi rentable qui rapporte à la région... et çà, je sais faire.

                                                                                         

                                                                                        _ Cette région ne me fais pas confiance...

                                                                                         

                                                                                        _ Or, c’est la solidarité qui m’intéresse... la confiance... l’action parmi les gens... sinon, je ne serais pas venu à Lormes.

                                                                                         

                                                                                        _ Que puis-je faire, maintenant, avec toutes mes blessures ?... attendre de mourir ?

                                                                                         

                                                                                        _ Je ne serais pas silencieux.

                                                                                         

                                                                                        _ Je vis dans le froid, menacé par l’EDF, par les impots, harcelé de toutes parts... cette guerre au pauvre est un crime.

                                                                                         

                                                                                         

                                                                                        _ js
                                                                                         


                                                                                      • jobsanter 24 janvier 2008 04:17

                                                                                        Il est 2 h 55 du matin et j’ai relu tous les posts (qui ont malheureusement été en grande partie modifiés, mais l’essentiel subsiste).

                                                                                         

                                                                                        Tu es Maire de Lormes et Conseiller Général. Trop de gens t’appelle "oui-oui"... mais ce n’est pas mon cas. Pour moi tu es Fabien et naturellement humain dans tes analyses... tu me l’as dit "ce sont des tueurs !".

                                                                                         

                                                                                        La psychologue m’a aussi dit que j’étais "tombé dans un piège"... que j’étais "un citadin" (c’est un peu vrai dans le contexte de la France où l’on exclut des campagnes le progrès et le confort)... j’ai sillonné l’Europe où ce n’est pas partout le cas.

                                                                                         

                                                                                        Des villages où arrivent aussi le progrès et le confort, la culture et les vrais liens sociaux (pas l’assistance) me conviendraient tout à fait.

                                                                                         

                                                                                        Je n’avais jamais aimé ces villages de France laissé à l’abandon jusqu’au jour où j’ai cru dans l’espoir de vivre une page de ma vie aux côtés de gens qui agissent collectivement et créent par leurs motivations leurs réussites économiques et sociales. Et puis tout est tombé, je n’ai pas été défendu comme je l’étais à Paris sur les points où je suis nuls... comme me battre contre les autres et le système. C’est ainsi que je me suis retrouvé piégé et détruit.

                                                                                         

                                                                                        "un homme dévoré par ses chats", dis-tu... moi, j’ai aussi eu le témoignage qu’une femme avaient été trouvée morte, pas loin de Lormes, dans un hameau isolé et en partie dévorée par ses chiens... il y a quelques mois.

                                                                                         

                                                                                         

                                                                                        C’est çà aussi, les drames de la solitude, de l’isolement et de la destruction économique et sociale du pays en zone rurale. Les impôts me disent que pour être aidé, il faut être indigent.... et donc, tant que j’aurai quatre sous, je continuerai à être ruiné par ce système dans lequel j’ai travaillé et servi au dépend de ma vie personnelle et familiale.

                                                                                        J’ai donné et à 60 ans, on me reprend les quelques économies qui auraient dues me permettre une fin de vie sereine et heureuse dans le souvenir de mon passé actif. C’est révoltant. A croire que j’aurais du vivre pour moi... en égoïste... et c’est çà ma faiblesse principale... de croire en les autres.

                                                                                         

                                                                                        A Paris, j’étais défendu au nom du fait qu’on me considérait comme "méritant" (?)... disons, qu’on m’aimait bien et que je me décarcassais pour les autres (j’y trouvais mon bonheur.. donc, pas "méritant"). Mais j’ai toujours eu besoin des autres. autant que je leur ai donné en retour.

                                                                                        Je ne suis pas venu à Lormes pour profiter mais pour participer à une petite communauté dans la nature... (çà, c’est idéaliste... et réalisable en partie... car je l’ai vu... dans d’autres pays).

                                                                                         

                                                                                        Maintenant, détruit comme je le suis, je n’ai plus la même efficacité (avec ma vis dans la jambe et mes maux de tête). Cà ne m’empêche pas de penser et de prendre conscience des réalités.


                                                                                        Je ne te reproche pas ton catalogue de projets... qui ne se réaliseront pas en grande partie... car il manquera toujours une chose : "mettre les gens en marche". Et c’est là où j’étais bon... aussi bien avec les jeunes de Villiers le Bel que mes équipes d’animations à Créteil où j’avais créé à partir de rien une association de tourisme vers l’Europe et bien d’autres activité auparavant... toujours au milieu des gens à les faire participer.

                                                                                         

                                                                                        C’est çà ce qu’un politique ne peut pas faire car il est dans un autre monde.

                                                                                         

                                                                                        C’était ma place à moi.. celle qui me correspondait : les copains, la dignité, la réussite... Lormes est mon échec parce que je me suis retrouvé seul et appauvri... donc, détruit socialement. On ma volé ma vie... mon identité et donc, mon bonheur.

                                                                                         

                                                                                        Qu’est-ce que je fais là ? dans cet état ?

                                                                                         

                                                                                         

                                                                                        Le devoir d’une société n’est pas de pousser les gens à s’auto détruire par la compétition mais de les rendre solidaires et de les soutenir. De protéger aussi ceux qui dynamisent les autres par leurs projets et leurs engagements personnels.

                                                                                         

                                                                                        Mon capital  ?... le prix d’une vie de travail pour acquérir mon appartement et un peu de sécurité pour ne pas vivre dans l’angoisse tout en s’offrant quelques voyages au moment de sa retraite ?... tout cela à en grande partie disparu... qui fait que le retour en arrière est impossible... d’autres ont su en profiter. Certains appelaient odieusement cela un "pactole"... c’est vrai que dans cette société, un peu de prévoyance individuelle est considérée comme une richesse honteuse dont il faut vous dépouiller... pendant que d’autres dorment tranquilles.

                                                                                         

                                                                                        Ainsi, je ne bénéficierais jamais de mon travail... qui devait m’assurer une retraite et une fin de vie sans stress.

                                                                                         

                                                                                        C’est déguelasse... la France me fait honte car elle ruine plus facilement les gens comme moi que ceux qui ont accumulé des fortunes sur le dos des plus faîbles.

                                                                                         

                                                                                        C’est çà le modèle que l’on montre aux jeunes ?... Alors, vive la jeunesse qui se révolte.

                                                                                         

                                                                                        Ma retraite sera triste et courte car la maladie me ronge (tension, colestérol, asthme, problèmes cardiaques, douleurs bizarres...), je n’atais jamais malade auparavant. Vive la France.

                                                                                         

                                                                                        Je vais essayer de durer... c’est maintenant mon seul projet... puisque le retour à une vie normale est impossible.

                                                                                         

                                                                                        Que mon témoignage serve aux autres... qu’ils apprennent à se défendre puisque personne les défendra.

                                                                                         

                                                                                        S’il n’y avait que des gens comme toi, Fabien, on pourrait parler... mais ceux qui m’ont fait cela ne parlent pas, eux, ils calomnient.

                                                                                         

                                                                                        Je souhaite que ceux qui ont une belle image de ce que nous avons vécu ensemble la garde en ignorant la misère de ma fin de vie et mes appels au secours comme ma mère les a ignorés.

                                                                                         

                                                                                        4 h 17 du matin : les RMIstes se couchent tard !

                                                                                         

                                                                                        js

                                                                                         

                                                                                        au webmaster : pb avec l’éditeur et les sauts de lignes


                                                                                      • fleur 29 mars 2008 19:51

                                                                                         Monsieur,

                                                                                        Je vous remercie de toutes ces précisions. Je suis membre du forum d’installation en campagne sous le pseudo plume ( http://www.installation-campagne.fr/forum/ ) où jobsanter propage ses propos très négatifs sur la campagne (la vôtre en particulier), ses habitants, et l’administration locale. Je suis moi-même habitante d’un village dans les pays de loire, je suis engagée dans le milieu associatif et je déplore toutes les allégations de jobsanter. Je sais combien il est difficile pour les élus locaux de créer de nouveaux services pour les petites communes.

                                                                                        M’autorisez-vous à faire paraître dans le forum installation-campagne votre message de façon à rétablir la vérité auprès des autres membres et visiteurs ?

                                                                                        Avec mes remerciements,

                                                                                        Cordialement.


                                                                                      • jobsanter 29 mars 2008 23:57

                                                                                        Chère Plume,

                                                                                        Vous habitez la campagne, j’espère que vous y vivez dignement dans une maison bien chauffée en hiver et que vous n’avez pas de problèmes de santé.

                                                                                        Je ne suis ni contre les habitants, ni contre l’administration locale.

                                                                                        Je suis contre une mentalité destructrice d’un autre siècle qui fait que des citadins viennent se briser dans les villages.

                                                                                        De ce que vous appelez "allégations", je peux en apporter les preuves.

                                                                                        Je ne suis pas négatif dans mes propos, je défend ma survie pour quelques années alors que ma santé est en grave péril. Je vois des gens mourir de cancers, se suicider ou vivre dans la misère.

                                                                                        J’aurais voulu apporter mon savoir, mon énergie et la mise en marche des jeunes avec des idées nouvelles.

                                                                                        J’ai su le faire en ville.... on m’y a fait confiance, des gens de toutes opinions m’y ont fait confiance.

                                                                                        Le problème des campagnes, c’est que si l’on vient y bousiller sa vie, on ne peut en repartir sans aide extérieure et la vie est finie (j’ai 60 ans).

                                                                                        C’est triste que vous n’ayez pas compris le sens de mes propos.

                                                                                        Sachez que si l’on m’avait fait confiance et "protégé", j’aurais apporté beaucoup à la Nièvre.

                                                                                        J’encourage tous les responsables locaux à soutenir indéfectiblement les intelligences citadines afin qu’ils apportent des solutions différentes des votres pour développer l’économie locale... et tout le reste suivra.

                                                                                        On ne fait rien sans les autres... sinon, le monde change sans vous.

                                                                                        Si vos idées ne marchent pas, essayez celles des autres... ne tuez pas les chances qui se présentent.

                                                                                        Pour moi, c’est fini, je veux sauver ce qui peut l’être de ma vie,

                                                                                        js


                                                                                      • fabien bazin 23 janvier 2008 12:10

                                                                                        Bonjour jean-pierre,

                                                                                        je sais que ta situation individuelle est particulierement difficile, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Les difficultés que tu rencontres ne sont hélas pas propre à notre commune, l’emploi, le pouvoir d’acaht, la solitude et l’isolement sont des préoccupations communes à l’ensemble de notre pays...dans une ville proche de notre territoire, il y a quelques jours un homme a été découvert mort dévoré par ses chats...je veux croire que la proximité dans notre commune, le soutien de la mairie ou de la communauté des soeurs ou bien encore des restos du coeur doit empecher que de tels drames se produisent chez nous...c’est la moindre des choses bien sur....je veux aussi penser que nos efforts( et c’est vrai que tout ce que j’ai écrit peut faire figure de catalogue mais cela dépeint surtout la nécéssité d’agir tout azimut...) sont entrain de porter leur fruit...meme si bien sur tout ne se réglera pas..

                                                                                        Nous avançons pas à pas, nous regagnons des habitants, des familles, nous sommes mobilisés en permanence pour assurer une plus grande solidarité, pour se redonner confiance, pour mieux partager la vie en communauté...et je crois trés sincérement que nous sommes sur la bonne voie et qu’il ne faut surtout pas relacher l’effort

                                                                                        Je crois aussi que tes témoignages illustrent la societé dans laquelle nous vivons plus que la vie dans notre commune : pbs de rmi, de solidarité nationale, de relations avec les huissiers... Et puis il faut le dire aussi de ton choix ( que je respecte) de ne pas toucher à ton capital que tu réserves pour ta retraite.

                                                                                        Il faut garder courage et espoir, s’ouvrir aux autres

                                                                                         


                                                                                        • jobsanter 28 janvier 2008 08:04

                                                                                          A Fabien, à tous les pauvres du monde rural, à tous...

                                                                                          Encore un mort par pendaison hier dans la soirée.

                                                                                          J’ai passé la veille samedi soir en sa compagnie pour fêter un anniversaire en groupe. Il semblait bien moralement mais mardi dernier, il avait voulu nous accompagner aux restaurants du Coeur contrairement à son habitude.

                                                                                          Tous ces problèmes que je côtoie par la force des choses me font ressentir la nécessité d’une autre approche.

                                                                                          Malheureusement, depuis que je suis à Lormes, mes seuls "amis" sont des pauvres et je me retrouve parmi eux.

                                                                                          Je n’arrive pas à m’y faire et je perçois toutes les anomalies de cette société pour les prendre de plein fouet même si je tiens le coup mentalement (ce n’est pas le cas physiquement).

                                                                                          C’est la société qui fabrique la misère alors qu’elle pourrait l’éviter à moindre coût !

                                                                                          C’est toute l’absurdité d’attendre les catastrophes pour agir... comme m’écrivent les impôts : "on aide les indigents"... ce qui signifie que tant qu’on a encore quelque chose on continue à vous prendre plus que vous ne recevez !... c’est ainsi que l’on fabrique la misère.

                                                                                          La France a besoin d’intelligence. D’une compréhénsion par la proximité. D’écouter ceux qui sont immergés dans la misère et qui peuvent encore parler... ceux qui savent agir avec les autres et surtout les faire réagir.

                                                                                          Ma misère imposée serait presque une chance si j’arrive à m’exprimer et à toucher les gens de bonne volonté... je pense que tu es de ceux là, Fabien.

                                                                                          Il est temps de fixer un principe : Interdire la misère et d’agir au milieu des gens. Ce n’est pas parce qu’il y a pire ailleurs qu’il ne faut pas chercher à progresser par les bons moyens.

                                                                                          Quand on veut changer les choses on peut... juste, il faut savoir quoi changer. Et çà, on ne peut le comprendre qu’en étant avec les gens (eux, savent, au fond d’eux mêmes) sinon, on fait de l’articiel, on est à côté de la plaque. Les bonnes intentions ne suffisent pas et coûtent cher quand elles ne sont pas adoptées par les gens parce qu’ils les comprennent comme une solution à leurs problèmes.

                                                                                          Si les soeurs de Lormes ont leur place près des gens elles ne remplacent pas l’action publique car en 2008 c’est la justice sociale et pas la charité qui doit nous redonner notre dignité.

                                                                                          Je pense qu’il serait bien que tu participes à une réunion des restaurants du Coeur ou du Discut’Café pour chercher avec les gens les vraies solutions. Je te suggère de venir en tant que Fabien... c’est à dire en tant que personne pour être perçu comme quelqu’un parmi le groupe (difficile, mais çà vaut peut être le coup d’essayer).

                                                                                          js

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès