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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi suis-je si réac ?

Pourquoi suis-je si réac ?

Tout ça me turlupine ; depuis que je suis gosse, j'ai toujours été rebelle, jamais supporté le pouvoir, les contraintes sans raisons, je me suis toujours identifiée, dans les histoires, les romans, les films, aux plus faibles, à l'exclu, au rejeté, même si ce n'était pas induit par le ton du récit ! J'ai toujours préféré l'audacieux qui part au couillon qui reste, mais aussi aux belles fins ! Une justice immanente, hein ! Quelle connerie. Qui m'a tenue longtemps !

À la fin de l'adolescence - mais j'étais du genre particulièrement immature et idéaliste-, je suis tombée sur Reich - lumineux-, sur Huxley - pas moins, sur Hesse - également - mais aussi sur les anti-consommateurs, sur les « Shelter », habitats écolos américains, qui ne laissaient pas de traces, sur Reiser, La Gueule ouverte, les anti nucléaires, bref tout un tas de gens qui m'ont autorisée à être moi-même, jusqu'à un homéopathe anthroposophe qui-ne-pouvait-rien-pour moi, mais qui pronostiqua que j'irais jusqu'au bout de moi-même ! La seule issue. Toujours du camp des vaincus, des discrets, des laissés pour compte, j'ai compris que la liberté se situait exactement là où la pudeur, le doute, la recherche, l'humilité se situaient.

Je n'ai jamais voulu d'enfant, mais, conscientisant la fécondation au moment où elle se produisait, à l'instant, j'ai voulu de grand cœur ce coup du destin comme étant un bonheur opportun. Cela confirma que la liberté n'était pas un choix a priori, mais l'acceptation humble de sa destinée. C'était l'époque où la libération de la femme ne passait pas par la dépendance d'un patron qui exploite, bien qu'il vous donne l'argent pour votre autonomie, c'est-à-dire ce lieu qui peut vous rendre absolument indifférente à votre voisin, mais par la sublimation et d'abord la confiance donnée à notre nature, en connaissance de cause, en en assumant les responsabilités. Notre liberté tenait toute entière dans le refus d'un rythme imposé et ses conséquences, mais dans l'accueil des conséquences de ce refus.

Donc, « être révolutionnaire », pour moi, a toujours été d'aller à l'encontre des poncifs culturels bourgeois, qui prônent la sécurité, le mariage, le boulot avec retraite ; bref, le contraire de l'aventure ; la précarité, ça...

Toute la société, depuis que j'en ai quitté les rangs, a fait des avancées vers la sécurité ; c'était très affolant pour moi ces cadres mis, que je ressentais comme des prisons, pour nous « protéger » ! Une année, on m'a fait comprendre qu'il n'était plus possible d'accepter ma carrière à trous et qu'à ma place on prendrait un titulaire qui doublerait sa paye pour l'occasion, qu"il n'était plus question d'avoir des intérimaires sur les bras parce que, dorénavant, des allocations de chômage seraient à verser ! Grand dieu du ciel, moi qui vivais un an avec deux mois de boulot ! Putain quand je me souviens de ce qu'on gagnait comme prof de fac !! les titulaires, avec quatre mois de vacances, pouvaient bien en sacrifier la moitié pour un double salaire, trois heures par jour, cinq jours par semaine !! tu parles Charles si je m'y colle !

J'ai vu l'impossibilité pour mon voisin d'être à la fois facteur sur la tournée du village et paysan : il fallait des fonctionnaires sécurisés à plein temps sur une tournée plus longue ; lui a giclé ! Pour moi, le monde se refermait à tout va ! Mais ce n'était rien à l'époque ! La gauche qui se préoccupait de protéger le prolétaire me semblait l'enfermer dans des carcans sécuritaires a minima, mais ne pas oeuvrer à déverrouiller une société trop frileuse. Je n'étais pas du tout politisée à l'époque, et ces remarques n'étaient que sensations agaçantes, sans plus. Bien que j'en fisse les frais.

Le progrès pour moi, et pour ceux qui étaient mes amis , mes voisins, mon « monde » à l'époque, et parce que j'étais motivée par ma grossesse, c'était l'accouchement à domicile ; enfin la femme serait libérée des toubibs, de la position allongée qui est pire que tout pour accoucher, et Leboyer, Odent étaient là, comme un chance, pour nous y aider ; Régine accoucha chez elle, nous étions quelques-uns avec elle et quand Anita est née, ce fut un pur moment de joie partagée ; moi, j'avais un peu peur, je n'osais pas me « lancer » ; j'optai pour Pithiviers et j'eus la chance d'être « accouchée » ( cela n'a rien à voir avec ce qu'on imagine, mais c'est un sujet à part entière !) par Michel Odent. Ce moment de vie d'une intensité incroyable, qui nous fait nous dépasser, connaître, dans son corps, dans son âme, l'initiation, plus l'exaltation, de conjuguer son animalité, sa spiritualité et l'amour, ce moment de vie, on le souhaite à tout le monde ! Je ne doutais pas un seul instant que cela était le désir, le but de chaque femme ! Quand quelques années plus tard j'allai à une conférence de Frédérick Leboyer, sur le souffle, la musique et la naissance, je ressentais l'optimisme d'une révolution en route. Seulement, en à peine cinq ans, le monde avait viré de bord, sans que j'en fusses prévenue ! Et après quelques questions qui volaient très bas, quand celui-ci annonça : « nous ne nous situons pas au même niveau, je suis désolé mais je dois interrompre cette conférence », je n'ai pas pris toute la mesure de la catastrophe qui s'annonçait ! Et je n'arrive toujours pas à en rire. Nos petits bonhommes sont prévus, naissent aux heures de bureau et sont éveillés très tôt par la sociabilisation.

C'est dommage pour les femmes, c'est dommage pour les pères et pour les enfants ! Et quand je vois les revendications des femmes « modernes », n'avoir de cesse qu' elles n'aient anesthésié ce qu'elles nomment souffrance, surtout si elles ne l'ont jamais vécue, qu'elles n'aient occulté leurs richesses, je ne peux que me sentir comblée par ce que j'ai vécu, désespérée par l'obsolescence de cette formidable ouverture. Quelques mois après cette conférence, j'ai commencé un travail sur la naissance et pour celui-ci, j'ai discuté ( plutôt qu'interrogé) avec une petite centaine de femmes, et, mises à part Régine pour son quatrième enfant, et moi, je n'ai eu que regrets, parfois vite occultés parce que, quand même le moment est si beau, ou colères. Mais le travail n'étant pas mon truc, n'y cherchant qu'à y voir clair ou à réaliser « mon oeuvre », aidée par personne, j'ai laissé tomber et je dois bien avoir encore, quelque part dans mes malles, les dizaines et les dizaines de feuillets que je noircissais de ma plume.

La révolution en marche était la sensibilité enfin reconnue, l'amour de la vie et de la terre, la fusion avec le monde et le rejet de tout carcan, de toute hypocrisie sociale, de tout détour qui nous éloignerait de nous-mêmes. La force de la femme est sa part sauvage, car sa véritable puissance, sa réelle maîtrise est active masculine qui prend sa vie en main ; c'est la terre dans laquelle elle puise ses énergies, l'énergie sexuelle et la colère qu'elle ne doit pas refuser ou occulter mais au contraire intégrer pour s'en servir, les avoir à disposition. Elle reçoit les énergies violentes mais les transforme en énergies cosmiques et humaines mêlées. « notre devenir est la beauté et la maîtrise, nous devons, femmes, transformer la puissance de nos énergies en force, calme et volupté ». Qui sont donc ces poules poudrées des cours et basses-cours dont l'énergie est agressive et dont la force est inhibée ? Serait-ce là un nouveau détour qui s'en méfie, femme, et te tient aussi éloignée de toi-même que possible, comme toujours au cours des siècles de « civilisation ? Pauvres folles qui s'y fient !...

Retournant à ma musique, à mes abeilles puis à mes vaches et mes chevaux, je laissai filer les années. Mais ne cessais de penser que la connaissance de soi était le point de départ, et je m'intéressai un peu à moi.

Pendant ce temps-là, non seulement tout ce qui s'était initié en matière d'écologie et de rejet de la consommation avait été, comme par enchantement, jeté aux oubliettes, mais nous avions rétrogradé bien au-delà du niveau de la société de mon enfance ; certes il n'y avait plus dans les campagnes de tas de fumier au bord de la route, une propreté remarquable avait gagné nos villages, les villes elles aussi avaient arboré un décor somptueux en leur centre, mais les quartiers populaires et les quartiers d'artisans avaient disparu, laissant la place à des boutiques de luxe, des appartements pour friqués snobs aseptisés, les villes avaient développé des suburbs en papier mâché, des routes, des routes encore, des bretelles, des autoroutes et des voies de trains rapides qui quadrillaient le territoire, les lotissements défiguraient les campagnes, la laideur avait envahi le monde. Tout ceci était non seulement toléré mais admis comme étant un progrès indéniable, preuve de l'accroissement du pouvoir d'achat des classes populaires ! Tout ce qui faisait la vie d'un quartier ou d'un village s'était réduit comme peau de chagrin et continuerait de le faire jusqu'à aujourd'hui où il ne semble guère possible d'aller plus loin.

Débarquant de Mars à ce moment, je n'en croyais pas mes yeux et n'arrivais pas à comprendre ce qui avait bien pu se passer pour que tout le monde acquiesce ou applaudisse au saccage méticuleux de tout. Chacun y allait de son petit caillou pour bâtir l'enfer ; serait-ce plus plaisant, plus facile, qu'ayant échafaudé des rêves, on s'avise d'y tirer des fils légers de lumière ? L'absence d'attachement à ce qu'on aime m'est un mystère épais que je n'ai pas encore réussi à élucider. Mais j'ai appris à voir l'absence totale de courage à lutter ; avant, on luttait pour gagner quelque chose, puis vint le moment où il aurait fallu lutter pour conserver quelque chose, de la beauté d'un pays, d'une culture et d'un peuple. Seulement cette lutte-là ne rassemblait pas les foules et les pauvres malheureux qui s'y collaient ne gagnaient que, ça et là, quelques confettis, rien à voir même, avec les réserves des indiens en Amérique !

J'ignore s'il y a plus d'alcooliques aujourd'hui que naguère, mais je sais qu'il y a plus de drogués ; je sais qu'une jeunesse « se torche » le samedi soir sans chercher autre chose que l'assommoir.

Alors, quand je vois, je ressens autant de souffrance autour de moi, je m'étonne du peu de cas que l'on en fait et, si, d'aventure on en fait cas, c'est pour promulguer quelques lois qui rétréciront encore davantage le champ d'action des citoyens ! Chacun en a pris son parti, les fabricants d'alarmes, les constructeurs de murs et Bouygues et son béton ont fait fortune. Les labos pharmaceutiques et leurs « molécules » éculées, et les marchands de rêves, plus soft mais aussi endettants.

Faible de tout ce constat, les choses ne s'arrêtent pas là ; personne pour redresser la barre, mais quelques allumés pour enfoncer le clou et au point où nous en sommes de vide tout acabit, ayant le verbe haut, ils se font entendre !

Quand on participe à la fête, le bruit ne nous dérange pas, au contraire il nous excite et nous égaye ; mais si on n'a pas été invité, c'est une véritable nuisance. C'est probablement ce qui s'est passé, tous ou presque tous, de l'organisateur au ramasseur de mégots, en passant par les musiciens et les courtisans, les femmes libérées qui veulent se vendre quand même, personne n'a entendu le bruit, personne n'en a été gêné. La terrible adaptabilité de l'humain qui en est devenu sourd !

On donne beaucoup de signification au mot « réactionnaire » ; ce fut celui qui était contre la révolution ; ce qui est drôle aujourd'hui c'est que ce sens semble très précieux pour tous ceux qui se vautrent dans la démesure, pensant sans doute être à la pointe de la révolution ; mais révolution ne veut rien dire, elle ne contient pas en son sème le bien ! Ce peut-être aussi celui qui veut revenir en arrière, plus rétro que le conservateur qui ne veut que garder les choses en l'état. Ou bien, réagir, à une agression, une attaque, une atteinte à son intégrité ou à l'intégrité d'un autre.

Je suis réactionnaire dans ces trois aspects : je ne suis pas pour la révolution qui se profile à l'horizon des égoïsmes affichés, la révolution de la science avec ses nanotechnologies et ses OGM, son nucléaire et son euthanasie, ses femmes dénaturées qui s'affichent libérées, ses transports rapides comme des amourettes, ses engins destructeurs, ses armes effroyables ; bon, ma révolution n'est pas celle-là, donc de celle-là je ne veux pas ; je veux revenir en arrière, oui, pas grand chose à conserver en l'état, peut-être bien encore ici ou là quelques îlots mais comme foncer droit devant est suicidaire, je suis pour un arrêt et pour un retour aux sources ; enfin je réagis, aux agressions que l'on m'inflige, aux injustices dont je suis le témoin, aux horreurs que je pressens ou dont on me parle, je réagis à l'élaboration de murs autour de moi et à la barbarie à l'égard de toute vie, la brutalité, l'infâme violence.

Donc, il n'y a pas à tortiller, je suis trois fois réactionnaire de quel bout qu'on prenne ce mot et je propose une association de réactionnaires ; quoique non, il pourrait s'y trouver des nostalgiques d'un temps que je ne voudrais pas connaître !

Une réactionnaire qui ne tolère pas le pouvoir, toujours pas, ni les contraintes, toujours pas...une réactionnaire qui aime la beauté et l'intelligence d'où qu'elles viennent, qui les reniflent, les repère et les dévore de bon appétit, s'en nourrit et en jouit. Une réac qui a envoyé son fils à l'école à six ans et demi, une réac qui a donné son temps et son énergie, par amour, une réac qui n'a jamais rien de mieux à faire qu'aider ou écouter l'autre. Un réactionnaire peut résister aussi ; c'est curieux cette aura blanche ou noire que l'on accepte sans broncher sur les mots ; j'y suis réfractaire aussi qui me contenterais que les mots veuillent encore dire quelque chose, de commun, d'entendu ; on s'est laissé bourrer le mou sans réagir quand il s'est agi de « réformes », de « progrès » de « démocratie »... un nouveau dictionnaire est à écrire, et je m'insurgerais contre lui !

...Une réactionnaire qui a illustré cet article avec une photo de Bernard Bouyé et qui a eu envie d'écrire ces mots après avoir écouté cette émission avec Alain Gérard Slama et Éric Cassen, que je vous donne en partage, une réactionnaire qui hait difficilement mais aime avec facilité, fidèle à ses amis et peu encline à définir ses ennemis, une réactionnaire enfin, pleine de reconnaissance pour votre patience.

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4792322

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Pourquoi suis-je si réac ?

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102 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 13 février 2014 09:28

    Réactionnaire..le mot est lâché...mais surtout la posture nécessaire à cette société de merde...de décérébrés..de mollusques puants..de ces mafias qui veulent faire de l’esclavage pour se remplir les poches...Le seul moyen est de résister à cette pourriture qui nous entoure...et la masse ne sent rien..chacun ajoutant sa part de pollution aussi bien intellectuelle que celle de l’environnement...Prêt pour le grand jour électoral pour aller glisser sa feuille de PQ dans l’urne salvatrice pour aller dormir tranquille content du devoir accompli.. ?
    Mesdames et messieurs..l’humanité est en marche....« Arrière »... !

    ++++++++++++


    • appoline appoline 13 février 2014 17:46

      Compte tenu du nombre de chiffes molles que nous avons en France, ce n’est pas prêt de bouger. Réac, ça veut dire quoi, gueuler sans savoir aller au carton ? Si oui, ce n’est même pas la peine d’en parler, seule la force à un moment ou un autre, gagnera. Pourquoi, parce l’homme est bien trop con pour comprendre autre chose


    • Jean Keim Jean Keim 13 février 2014 09:58

      Ne pas se sentir bien dans notre monde est un signe de bonne santé mais réagir, avoir une réaction sera toujours inadapté, nous réagissons par rapport à notre base de données, notre savoir contenu dans notre mémoire, et ceci est le facteur commun à tous les êtres humains, ce facteur est néfaste et rédhibitoire, il m’a fallu 60 ans pour le VOIR, c’est ce qui fait que nous sommes un être factice, nous pouvons vivre dans le monde ou le fuir et s’installer au fin fond d’un trou perdu, c’est toujours en réaction.

      Le rôle de la pensée (car c’est bien d’elle qu’il s’agit) régit toutes nos activités : les choses pratiques - là tout va bien c’est son rôle - et les problèmes « psychologiques » et alors là rien ne va plus car nous cherchons automatiquement dans notre mémoire par le mouvement de la pensée une réponse à une situation mais le problème est neuf et la réponse est toujours éculée, obsolète et ainsi le monde va de travers ; se dire « mais alors quoi faire ? » est encore la vieille habitude de réagir à nos programmes internes, qui sont en fait nos conditionnements.
      La recherche d’une solution oblitère le problème et vient en rajouter de nouveaux ce qui complique encore plus la situation qui devient inextricable, ce qu’est le monde actuellement.
      Il serait bon, ça urge, que nous prenions la mesure de notre folie ordinaire.
      Fraternellement.

      • gaijin gaijin 13 février 2014 11:20

        krishnamurtien ? 


      • alinea Alinea 13 février 2014 12:19

        Bien d’accord ! mais je n’ai pas le mode d’emploi ; quoique l’on « agisse » qui vient du fond de soi, on s’aperçoit qu’on agit « contre », ne serait-ce qu’à contre-courant ! S’anesthésier contre les agressions d’une société mortifère, qui vient vous chercher même au fond de votre trou de campagne ? Ou bien foncer dans la lutte ? Rien ne me satisfait... j’arrive à vivre quand même !!! mais la destruction et la laideur continuent... ne plus se sentir responsable, donc impuissant ?
        Avez-vous la clé ?


      • Karol Karol 13 février 2014 10:02

        Bonjour Alinéa,

        Comment ne pas dire non, réagir, résister à ses réformes sociales qui ne sont que régression, à ses innovations qui nous aliènent, à ses élites qui nous plument. Lorsqu’on prend conscience que l’on est dans une impasse, on est bien obligé de faire marche arrière, question de bon sens.


        • Xenozoid Xenozoid 13 février 2014 10:28

          Vivant dans le pays des morts . Ils mangent de la nourriture morte avec des fausses dents . Leurs bâtiments ont de fausses façades , leur stations de radio et de télévision diffuse de l’air vicié . Ils tuent le temps entant que spectateurs de fausses images .
          Leurs corporations sont coupables de publicité mensongère , et leurs offres d’emploi » ne sont que des opportunités de mauvais traitements meurtriers , un ennui mortel , et la soumission fatale ; ils exigent de vous le respect des échéances , comme pour dressez des tentes dans des camps de la mort . Est-ce que l’impasse justifie les moyens ? Ils habitent les villes mortes et font des faux mouvements , n’allant vraiment nulle part , marchent jour après jour, le même chemin de désespoir . Même leur air est conditionné . Ils vous demandent de donner votre vie pour leur pays , pour leurs religions , leurs économies , vous laissant avec seulement. . . . Leur système est organisé par l’intelligence artificielle et ne fournit que de la réalité virtuelle . Leur culture vous cloue et vous ennui à mort , leur mode de vie est sans vie , leur existence est une impasse permanente . Tout a leurs propos pue la mort et le faux . La seule chose qui est insupportable , c’est que rien n’est insupportable . Quand allons-nous demander plus ?
          La lutte pour la vie , la vraie vie . Combat petit con , la vie est réel !
          bienvenu dans le pays des vivants déja mort


          • claude-michel claude-michel 13 février 2014 10:41

            +++++++++++++


          • Suldhrun Suldhrun 13 février 2014 20:07

             Le bonjour Xenozoid .

             Bien vu et su l exprimer !


          • alinea Alinea 13 février 2014 22:03

            C’est la vie des bons produits !! dans la belle vie, tout est bien ficelée, rien ne cloche ! mais c’est un job à plein temps !!!


          • François-xavier 13 février 2014 12:04

            @ alinea, votre texte est magnifique+ + + + + + + +


            • alinea Alinea 13 février 2014 20:10

              grand merci François-xavier


            • cevennevive cevennevive 13 février 2014 12:10

              Bonjour Alinea,


              Très bon article que j’aurais pu écrire (en moins bien tout de même) et dont je partage presque tout.

              Lorsque je dis « presque », cela signifie que j’ai renoncé à la lutte, à la colère, et que j’essais de regarder avec ironie ce monde qui pourri à petit feu, comme une dent cariée qui va enflammer toute la bouche...

              J’arrive, (péniblement) à sourire de ces nanas siliconées, maquillées, surfaites, qui n’ont de souci que leur corps et leur apparence, qui s’activent à changer ce que la nature leur a donné avec des risques ignobles sur leur santé.

              Je ne regarde plus la laideur et la puanteur des villes, je n’y vais plus. J’ai les boutiques en horreur, la mode me laisse froide et la publicité me fascine par la bêtise de ses slogans.

              Alors, la sérénité prend peu à peu place dans mon esprit.

              Mais j’ai bientôt 69 ans et j’ai la chance d’avoir pu me réfugier dans mon coin de campagne...

              Une chose aujourd’hui me plaît, c’est internet, avec lequel je puis vous lire, vous parler et voyager de par le monde en ne regardant que ce qui flatte mon oeil.

              Bisous Alinea et bonjour à tous.

              • alinea Alinea 13 février 2014 20:17

                À ne pas vouloir vous répondre à la va vite, j’ai laissé filer la journée !
                Aussi parce que je n’ai rien à redire à votre commentaire, sauf peut-être pour la première phrase ! Je sais que ça me ferait grand plaisir de vous lire sur tous ces sujets où nous nous retrouvons.
                Je ne vais jamais en ville non plus, et je regrette parce que j’en ai aimé maints aspects ! quant à Internet, je partage, la preuve ! mon omniprésence sur ce site !! et ces rencontres, impossibles autrement ; je ne le dis pas souvent, mais je ne boude pas mon plaisir !!!
                bonne soirée cevennevive
                ( entre parenthèse, je vais quitter mon « lieu maudit » !! je n’en suis pas sûre encore mais il semble que j’aie trouvé quelque chose dans l’Aude ; nouveau projet, à plusieurs, nouvelle vie !!!)


              • Ariane Walter Ariane Walter 14 février 2014 03:02

                Salut Alinea et cevennevive : un petit mot rapide : absolument d’accord ! Etre réactionnaire, en ce moment, c’est freiner des deux fers comme un animal qu’on conduit à l’abattoir.


              • cevennevive cevennevive 14 février 2014 11:05

                A la bonne heure Alinea ! Repartir d’un bon pied, laisser derrière vous tout ce qui vous a blessée ! Je suis contente pour vous, et j’espère que tout se passera bien.


                L’essentiel pour nous est de vous retrouver souvent sur ce site pour échanger, rire ou pleurer de concert, (rire plus souvent que pleurer bien sûr !) avec Ariane et les autres que je salue.

                Bonne journée.


              • Bernard Pinon Bernard Pinon 13 février 2014 12:11

                Merci pour ce très beau texte dans lequel je me suis pleinement reconnu (accouchement mis à part, bien sûr smiley ).

                Aujourd’hui la vrai subversion est d’être « réac » au sens propre : s’opposer à des faux progrès destructeurs et laids. Les gens de droite utilisent l’expression « inversion de valeurs ». Bien que me reconnaissant de l’autre bord, je ne suis pas loin de leur donner raison.

                • alinea Alinea 13 février 2014 13:00

                  « L’inversion des valeurs », c’est vrai si l’on se souvient de ce que l’on mettait derrière « ringard », « réac »... quand on était jeune. Je me suis longtemps demandé si je n’étais pas victime du syndrôme de « génération », tel que je pouvais le constater chez mes parents par exemple ; mais s’il y a un peu de ça, je crois que ça ne dit pas tout !! ce qui me bouleverse, au sens littéral du terme, c’est que sur certains sujets, du moins dans la part émergée que je peux entendre, je comprends et même me retrouve ( un peu !) dans « l’offuscation » de la droite. Pas la droite dure, mais la droite de Slama par exemple.
                  Entre parenthèse, si, les uns et les autres,vous avez du temps, écoutez cette émission ; non, elle ne bouleverse pas le monde(! !) mais c’est intelligent, ça coule de source, et ça m’a fait du bien d’entendre des gens comme ça !!!


                • alinea Alinea 13 février 2014 12:27

                  Note : j’avais préparé plein de photos de B Bouyé, mais elles ne donnaient rien vues de chez moi ! si j’avais su qu’elles rendent si bien, agrandies, j’en aurais mis beaucoup plus ; il a un regard sur le monde plein de douceur et de poésie et ses « sujets », les paysages, les Gitans, les chevaux..., me touchent...


                  • Kookaburra Kookaburra 13 février 2014 12:28


                    « Réac », c’est la condamnation sans procès de ceux qui n’acceptent pas les changements sociétaux considérés comme avances. C’est la disqualification de ceux qui critique les jugements acceptés par la pensée unique. La pensée qui n’est pas conforme à la norme, aux convictions dominantes, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle d’un débat, mais d’une condamnation morale, formulé dans le seul mot « réac ». C’est le superlatif de « conservateur », le contraire de « progressiste », et donc moisi, rétrograde, misanthrope et finalement « nauséabond ». Comme vous, Alinea, je suis né réac. Déjà enfant difficile, je suis passé par une phase anarchiste avec Prudhomme comme modèle avant de trouver mon chemin dans le scepticisme de Rousseau et Voltaire. Comme vous-même, je ne suis pas en phase avec notre époque, et donc éperdument réac.


                    • alinea Alinea 13 février 2014 20:18

                      De rebelles, nous voici réacs ! promotion ??? smiley


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 février 2014 12:39

                      Je préfère « mécontemporain »...


                      • soi même 13 février 2014 13:17

                        Bonne question, pourquoi sonnes nous égoïstes ?


                        • alinea Alinea 13 février 2014 14:29

                          Sommes-nous égoïstes ?
                          ou alors la peur, toutes les peurs...


                        • soi même 13 février 2014 20:27

                          @ Alinea, et bien tu ne crois pas si bien dire, une vérité fondamental !


                        • philouie 13 février 2014 13:30

                          Bonjour,

                          il me semble que le mariage pour tous a créer une ligne de fracture, un retournement dans la prise de conscience.
                          Avant le réac détenait le pouvoir et il était contesté par le progressiste qui voulait le faire changer.
                          Aujourd’hui, c’est le progressiste qui détient le pouvoir et c’est le réac qui devient le contestataire.
                          ainsi la manif pour tous est une manif de droite alors que c’était la gauche qui en avait le monopôle.


                          • alinea Alinea 13 février 2014 14:28

                            C’est que ces lois ne sont pas « politiques » au sens politicien du terme ; elles touchent beaucoup plus profond, là où gauche/droite n’ont pas vraiment de raison d’être !


                          • LE CHAT LE CHAT 13 février 2014 13:36

                            réac , c’est encore gentil pour qualifier ceux qui ne vont pas dans le sens de la pensée unique ! maintenant c’est carrément fasciste le terme le plus employé ! smiley


                            • alinea Alinea 13 février 2014 14:27

                              Les mots ne veulent plus rien dire !! « réac » on peut encore comprendre pourquoi, mais « fascos », ça, c’est une autre histoire...


                            • volpa volpa 13 février 2014 14:09

                              C’est bien beau de préférer le passé et de jouir de l ’Internet. !!!!

                              On met le mot progrès et son sens à toutes les sauces.( voir ce que l’on propose maintenant aux enfants des écoles).

                              Depuis que l’être humain existe, il invente sa vie.

                              Il doit avant de vivre, survivre.

                              Certains triment pour un grain de riz.

                              Maintenant c’est à lui de voir ce qui est le bien pour vivre ensemble en toute harmonie sur cette planète en attendant d’aller voir ailleurs.


                              • alinea Alinea 13 février 2014 14:26

                                Qui parle d’aller voir ailleurs ? J’ai écrit un article que j’avais intitulé « enfants gâtés » ! je ne sors pas de la dernière pluie et la survie, ne serait-ce qu’en Serbie ( sans aller jusqu’en Afrique), je crois comprendre de quoi il retourne ; le problème c’est que toutes ces différences entre pays, ont la même cause ! nous sommes encore protégés, mais matériellement seulement ! Attendrons-nous d’être comme les grecs, les Serbes, à condition d’être sûrs de ne jamais être africains ou chinois ? ( je parle du peuple bien sûr : partout les « élites » ont le cul dans le beurre !!)


                              • volpa volpa 13 février 2014 14:31

                                Voir ailleurs, c’est changer de planète.


                              • alinea Alinea 13 février 2014 14:35

                                Je ne vois que la drogue pour le faire !! beaucoup y ont pensé mais, à ce que je crois, ça n’améliore guère l’ordinaire !! enfin, tant que l’on a un corps ! smiley


                              • volpa volpa 13 février 2014 14:50

                                Nous ne nous comprenons pas.

                                Le sujet que tu as lancé est en gros « devons nous accepter l’évolution du monde » ?.
                                Est ce le progrès ou est ce réac ?.

                                Moi, je suis partisan du progrès mais pas à toutes les sauces.

                                Et quand je parle de changer de planète, c’est ce qui attend l’humanité dans le futur au sens premier du terme.

                                Voir ailleurs était là mon propos.

                                Pas de drogue ou autre.


                              • alinea Alinea 13 février 2014 15:21

                                Allez voir sur Mars ?
                                Vaste sujet !! continuer de foutre la merde à l’infini ? plutôt que de piocher dans ce que l’on sait ou devrait savoir ?
                                Je ne crois pas à la table rase faite au passé, à un ailleurs plus large, à un temps plus long qui nous laisserait le temps de nous retourner !
                                Nous savons tout déjà, mais cela inhibe la volonté de pouvoir, la volonté du toujours plus acquis comme certitude par quelques-uns ; qui nous pourrissent la vie soit dit en passant !


                              • volpa volpa 13 février 2014 17:24

                                Tout de suite Mars. !

                                Nous ne sommes rien dans l’espace et le temps.

                                Alors le sort de l’humanité va se jouer ailleurs.

                                Le progrès, ça sert à çà depuis la nuit des temps.


                              • Jean Keim Jean Keim 13 février 2014 14:37

                                @gaijin,
                                La 1ère fois que j’ai lu K, il y a plus de 35 ans, j’ai pris une claque phénoménale mais non je ne suis pas Krishnamurtien ce serait renier son enseignement.
                                ...
                                @alinea
                                Non , je n’ai pas la clef et il ne saurait y en avoir une, notre monde en possède une multitude et toutes elles ouvrent sur des impasses, impasses religieuses, philsophiques, politiques, économiques, pédagogiques, notre recherche de la sécurité en sont la cause, si chacun de nous agit avec avec un esprit sain ( le saint esprit smiley ), chaque évènement sera appréhendé avec une action adaptée et l’équilibre se fera tout naturellement. 
                                Par définition nous ne pouvons connaitre ce que serait un monde nouveau, pas plus que nous ne pouvons imaginer une nouvelle couleur ou une nouvelle forme, ce n’est pas dans notre savoir. Les ET des BD de SF ont toujours un air de déjà vu qu’ils aient des membres ou des tentacules, nous ne pouvons que REconnaitre ce qui est un processus identique à une REaction.
                                Nous avons la possibilité de rejeter ce qui n’est pas pertinent, ne trouvez-vous pas que ce serait un bon point de départ ?
                                ...
                                ... Fraternellement.


                                • alinea Alinea 13 février 2014 14:58

                                  J’ai conscience que si je ne me préoccupe par des regards, ma liberté jusqu’ici, a été de dire « non » ; dans les actes, ce n’est pas pareil, il nous reste un périmètre inviolable ( ou presque) ; je m’imagine éplucher un oignon, me débarrasser jusqu’à la moindre scorie qui me serait imposée, aussi bien par la loi que par la sculpture de ma psyché ! Les pelures d’oignon sont ce qui n’est pas pertinent pour habiter mon périmètre ; oui, c’est déjà beaucoup, enfin si j’en juge par ce que je vois autour de moi !
                                  La sécurité n’est pas forcément ce que l’on croit, d’une manière superficielle : se connaître soi-même, accepter ses limites et « savoir » jusqu’où on peut les repousser, sans dépasser le seuil où on ne peut plus assumer, est ce qui a fait ma liberté jusqu’à ce jour. Mais n’étant pas schizophrène ni illuminée, me manque l’environnement qui donnerait un peu de douceur ; moins de doutes ! moins de risques peut-être aussi !
                                  Notre inconscient peut être une réserve de nouveautés ; si on pense à Orwell, Wells, Kafka et tant d’autres, ce n’est qu’après, que l’on a vu la pertinence de leurs propos !!
                                  Pour la clé !! : un enfantillage !! smiley


                                • gaijin gaijin 13 février 2014 15:26

                                  « non je ne suis pas Krishnamurtien ce serait renier son enseignement. »
                                  vous avez donc compris .... smiley 


                                • Jean Keim Jean Keim 13 février 2014 16:19

                                  Allez Alinea, encore un pas ! Voyez la futilité du savoir et vous verrez l’immensité que cela dégage, l’inconscient c’est que ce que le conscient à momentanément oublié, il n’y a donc rien de nouveau en lui, mémoire, conscience, inconscience, subconscience, âme ,esprit, pensée, moi (ou ego), personnalité tous ces termes (je dois sûrement en oublier) désignent une seule et même chose, un contenu volatile sans autre consistance 
                                  que celle que nous lui accordons. 
                                  Le processu qui maintient tout cela automatiquement en action est comparable aux programmes informatiques qui peuvent être très experts dans un domaine mais complètement dénués d’intelligence.

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