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Accueil du site > Actualités > Annie Lacroix-Riz dénonce, faits à l’appui, la non-épuration des (...)

Annie Lacroix-Riz dénonce, faits à l’appui, la non-épuration des collabos et s’attire les foudres de la censure

Puisés à l’analyse exhaustive, minutieuse et vérifiable des archives suivant les méthodes les plus rigoureuses du travail historique, les ouvrages de l’historienne Annie Lacroix-Riz sont non seulement des références mais également des succès d’édition. Des ouvrages solides où s’établissent sur des centaines de pages le résultat d’années de recherches rigoureuses. Des ouvrages qui ne craignent pas la transparence puisque chaque élément apporté y est soigneusement sourcé permettant à chacun une pleine vérification de la qualité du travail effectué. Une vertu rare dans un monde universitaire où les citations circulaires de travaux et de thèses rebattues ont pris bien souvent la place de l’investigation. Il est vrai que cette méthode est bien moins épuisante et qu’elle présente l’immense avantage de pouvoir s’inscrire dans les réseaux établis des défenseurs des thèses du pouvoir, assurant à bien moindre effort de mener sans risque de belles carrières, sans risque de trouver le moindre fait contrariant les puissants ou les ordres établis…

 

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Les conférences d’Annie Lacroix-Riz sont très largement vues et partagées sur les réseaux sociaux. Et ses livres des succès. Son dernier ouvrage qui dresse un solide bilan de l’absence d’épuration des collaborateurs à la Libération n’échappe pas à la règle. Ce qui n’est pas sans susciter des jalousies. Et également des haines tenaces de la part de ceux qui ne sauraient souffrir de ce que la vérité historique puisse d’une manière ou d’une autre mettre en cause les puissants. A fortiori quand ses travaux sur la collaboration n’hésitent pas à donner les noms et les actes et les preuves de ceux qui impliqués dans la collaboration auront pu poursuivre leurs œuvres par la suite sans guère être jamais inquiétés. S’étonnera-t-on de ce que des appels violents à la censure soient lancés ? S’étonnera-t-on de ce que plus insidieusement d’autres, se prétendant historiens, se lancent dans de virulentes critiques pour tenter de discréditer le travail réalisé ? Des critiques qui, loin de se confronter aux sources – cette vérité essentielle en matière d’histoire –, ne sont en réalité qu’idéologiques, forgées à ce vieil anticommunisme nauséabond dont on comprend bien qu’il soit si éructant dès lors que quiconque ose rappeler l’histoire de la Résistance en France – essentiellement menée contre l’occupant par les communistes sur le territoire national – tandis que la collaboration fut le fait des classes dominantes.

 

De fait, ces critiques violentes, injurieuses, outrancières, grossières et en définitive dénuées du moindre argument solide ne doivent apparaître que pour ce qu’elles sont : une dangereuse chasse aux sorcières.

La meilleure des réponses, au-delà du droit de réponse que l’on se doit de donner à Annie Lacroix-Riz, c’est de lire ses travaux et d’aller les vérifier et les compléter en poursuivant l’indispensable travail de recherche historique en demandant l’ouverture des archives et en confrontant les sources.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950 : Droit de réponse d’Annie Lacroix-Riz

Des mœurs délétères de l’historiographie dominante française témoignent des articles parus depuis décembre contre La Non-épuration en France de 1943 aux années 1950 et des y afférents échelonnés depuis le 10 février. J’ai appris que se développait depuis décembre 2019 une campagne contre mon dernier ouvrage, paru chez Armand Colin en 2019, via quatre recensions surenchérissant dans l’insulte.

Celle de Jean-Marc Berlière, tenu par la communauté académique pour « l’historien français de la police » : https://hsco-asso.fr/wp-content/uploads/2020/01/Lettre-aux-amis-de-la-police-2020-2.pdf. On trouve là, entre autres, développé un thème intéressant, développé à bas bruit depuis que je suis publiée chez Armand Colin (1996), mais désormais écrit en toutes lettres : mon éditeur, avec lequel j’ai conclu un premier contrat en 1994, est désormais enjoint de me congédier.

Celle de Gilles Antonowicz, auteur d’une stupéfiante réhabilitation de Pierre Pucheu, L’énigme Pierre Pucheu, préfacée par Jean-Marc Berlière, dont j’ai rendu compte dans Le Monde diplomatique (https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/LACROIX_RIZ/60082) a commis : https://www.culture-tops.fr/critique-evenement/livresbdmangas/la-non-epuration-en-france-de-1943-aux-annees-1950#.XkA_X2j0k2wr

Celles de Gilles Morin, historien officiel du Parti socialiste, et grand admirateur de ses dirigeants (dont Adrien Tixier et André Philip). M. Morin me poursuit de longue date, à la fois aux Archives nationales (où il trône, parfois entouré d’une cour, comme président de « l’Association des usagers du service public des Archives nationales (AUSPAN)) et dans la revue L’OURS de l’office de recherche socialiste (https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_universitaire_de_recherche_socialiste). La cour susmentionnée l’a escorté un soir où je m’étais plainte auprès de lui d’une attaque ad hominem dans sa revue à propos d’un de mes ouvrages dont le titre n’était même pas mentionné.

À ma connaissance, le billet « La non-histoire », dans L’OURS de décembre 2019, ci-joint, constitue la première mention précise d’un de mes livres.

Son second article, « Du mésusage des archives et de l’histoire », paru en janvier 2020 dans 20&21, n° 145 de 20&21, p. 159-168, livre contre moi, d’abord via Olivier Lecour-Grandmaison, exécuté sans réplique en 2005 (l’intéressé me l’a confirmé) une charge au vitriol, ci-jointe.

Elle fait suite à deux assauts unilatéraux, respectivement livrés en 1987 et 2012, précisés dans le texte de ma réponse également ci-joint (il y en eut peut-être d’autres mais je ne les connais pas). Elle vise à l’évidence à empêcher mon travail historique d’être désormais publié (chez Armand Colin) et à me faire taire sur Internet. Ma réplique, évidemment explicitée par la lecture de La Non-épuration, est ci-jointe.

L’attaque de M. Morin a été exaltée comme « nécessaire » et bienvenue sur Facebook, et semble-t-il aussi sur Twitter, par plusieurs de mes collègues, dont certains me sont inconnus. Je l’ai appris de deux correspondants (je suis absente des réseaux sociaux)

Leur discussion, ci-jointe (ALRVigna), est d’une virulence qui m’a sidérée, sauf, sans doute, concernant Florent Le Bot. Ce dernier ne m’a à l’évidence jamais pardonné ni un échange de 2008, critique mais fort courtois de ma part, agressif de la sienne (« Critique Fabrice Le Bot, La fabrique réactionnaire’ », pièce ci-jointe), ni mes critiques d’ouvrages, parues dans Le Monde diplomatique. Notamment celle de l’Histoire économique de Vichy, Paris, Perrin, 2017 (Fabrice Grenard, Florent Le Bot, Cédric Perrin), qui s’efforçait d’innocenter nos élites économiques calomniées par des historiens malveillants, dont moi-même, et des archives mal choisies : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/LACROIX_RIZ/59554)

Comme je l’ai écrit aux intéressés, sauf à M. Le Bot, qui m’a ordonné de ne plus l’importuner, le contenu de ces « échanges », atteste que nos enfants et petits-enfants ne sont pas les seuls à être transformés par les « écrans récréatifs » crétins digitaux, pour reprendre l’expression d’un excellent ouvrage du chercheur Michel Desmurget paru en 2019.

Les propos rapportés à mon propos par un de ces collègues déchaînés, Olivier Loubes, concernant feu Pierre Laborie, sont faux et calomniateurs. Je ne me rappelle pas avoir connu M. Loubes à Toulouse, où je suis arrivée en 1985 et où il a passé l’agrégation en 1988. Mais je ne puis être formelle. Je le suis en tout cas sur la fausseté de ses accusations. Je le lui ai fait observer, arguments à l’appui ; et lui ai demandé de me présenter des excuses pour son gros mensonge, avec notre éditrice commune en copie. J’attends encore à cette date sa réponse.

La violence de Xavier Vigna, historien, tenu pour progressiste, « des mondes ouvriers » (https://idhes.parisnanterre.fr/equipe/chercheurs-enseignants-chercheurs/xavier-vigna–859195.kjsp, et rédacteur d’articles au Monde diplomatique, que je ne connaissais pas plus que d’autres intervenants, et son mépris pour la non- « historienne » que je serais, me sont incompréhensibles. « Aux armes historiens ! » a clamé récemment Le Monde diplomatique.Je ne m’attendais pas à être prise pour cible d’historiens contributeurs du mensuel. Notons que M. Vigna est membre du « comité de lecture » de 20&21 (voir l’OURS, au sens classique, de la revue).

J’ai sondé sur ces violences verbales et écrites quelques collègues que j’avais motif à croire hostiles à la chasse aux sorcières. Parmi eux figurent notamment :

Jean Vigreux, qui tient les 10 pages de 20&21 pour l’amorce d’une intéressante « controverse » et a semblé prendre pour une demande de censure (évidemment inacceptable) ma demande de rappel à l’honnêteté intellectuelle et morale de plus jeunes collègues (Xavier Vigna l’a accompagné à Dijon).

Mme Simonin, glorifiée à plusieurs reprises par M. Morin, qui oppose ses talents de chercheuse sur l’épuration à mon ignorance du métier d’historien, s’était montrée sensible, il y a environ vingt ans à des attaques unilatérales de collègues dans le quotidien Libération contre mes travaux. C’était, il est vrai, hors de la sphère publique. Elle ne m’a pas même répondu.

Ajoutons-y l’élu communiste et ancien professeur de Lettres Ian Brossat. Je l’avais (vendredi 21 juin 2019 10:13) soutenu après une attaque anticommuniste indigne d’un journaliste manifestement inculte, sans obtenir d’accusé de réception. J’ai sollicité son soutien contre ces attaques et appels à la censure définitive. Je l’attends encore à cette date.

On lira ci-dessous quelques éléments de cette quête vaine de soutien académique contre ce que je m’obstine à qualifier de chasse aux sorcières. Mais, surtout, ne pas négliger les attaques au canon de marine, où droite et fausse gauche font chorus.

Annie Lacroix-Riz

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/annie-lacroix-riz-denonce-faits-a-lappui-la-non-epuration-des-collabos-et-sattire-les-foudres-de-la-censure/

 

Pour commander : https://www.armand-colin.com/industriels-et-banquiers-francais-sous-loccupation-9782200277765

 


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115 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 26 février 16:51

    Les collabos non épurés avaient la prudence de faire profil bas, mais leurs progénitures ont retrouvé l’arrogance perdue...


    • JulietFox 27 février 10:00

      @Séraphin Lampion
      Louis Renault fut dépossédé de ses usines, mais pas Marius Berliet, qui avait fait bien pire.


    • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 26 février 19:01

      C’est dans des moments comme ça qu’on constate la triste réalité d’un monde ou ceux qui pourrissent le genre humain sont médiatiquement mis en scène comme des gens biens et respectables et ceux qui cherchent à l’éclairer ou à l’élever sont systématiquement mis à l’index et caricaturé en créature malfaisante.

      Dans cet situation, la personne n’est plus jugée sur la qualité de ses sources, de ses analyses et de ses arguments, mais sur sa faculté à consentir au conformisme généralisé.

      Ceux qui ont eu l’occasion d’expérimenter ce constat par des épreuves difficiles ou des découvertes opportun savent de quoi je parle.

      En ce qui concerne l’occupation, il est bien évident que ceux qui se sont révélés sur leur plus mauvais jour et qui ont survécu à la purge ont dés lors tout fait de leur possible pour se refaire une vertu légitime tandis que les autres étaient trop occupés à réorganiser une société plus saine, juste le temps qu’il faut pour que les mauvais esprits regagnent de la vigueur et réorientent la société toute entière vers une nouvelle course à l’abime... 


      • JulietFox 27 février 10:03

        @Florian LeBaroudeur
        Ah, les résistants de la 25 eme heure...
        Et tous ces gradés, pétainistes bon teint, qui, le 9 Mai ont ressorti de la naphtaline, leurs beaux uniformes et se sont collés un brassard FFI !


      • Le421 Le421 28 février 09:00

        @JulietFox
        Il n’a pas fallu beaucoup d’années pour que cracher sur tout ce qui est rouge devienne un sport national très français.
        Et les chemises noires ou sympathisants sont revenus en force.
        La nature humaine, majoritairement nuisible, reprends toujours le dessus...


      • Rinbeau Rinbeau 26 février 20:02

        Mon grand-père était soldat à Sedan pendant la seconde guerre mondiale, dans ces grandes forêts qui ont bien failli devenir son cimetière ! Je m’étonne toujours que certains se demandent pourquoi nous avons perdu la guerre en essayant de trouver des excuses et des endroits où l’armée Française se serait bien défendue ! J’ai compris lorsque j’étais gamin en écoutant mon grand-père m’expliquer ce qui s’était passé. Non seulement L’Etat major était fachisant, mais les politiciens aussi ! Jamais on ne lui a demandé sur le terrain une grande résistance ! D’ailleurs ça n’aurait servi à rien car les soldats ne voulaient pas faire la guerre ! je ne peux rapporter ici les discussions antimilitaristes, mais elles étaient la quasi unanimité ! Et comme il aimait à le dire lorsque les premiers tirs de barrages ont commencé tout le monde est parti en courant. Il avait retenu la leçon de la guerre de 14-18, il ne voulait pas mourir pour les bourges ! Il a toujours regretté le procès de Nuremberg, il s’en fichait car pour lui ça n’étaient pas les bons qui se trouvaient sur les bancs !


        • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 26 février 20:48

          @Rinbeau

          « Il a toujours regretté le procès de Nuremberg, il s’en fichait car pour lui ça n’étaient pas les bons qui se trouvaient sur les bancs »

          Une belle mascarade en effet…mais ça a tellement bien fonctionné qu’on n’arrive plus à se lasser des opérations com de notre petit marquis actuel. 
           


        • vesjem vesjem 27 février 13:25

          @Rinbeau
          et les « socialistes » qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain ?


        • Garibaldi2 27 février 16:07

          @Rinbeau

          Vous insultez les 100 000 morts français lors de l’attaque allemande de 1940 : https://journals.openedition.org/rha/7080


        • mmbbb 1er mars 11:34

          @Garibaldi2 il y a aussi une idee fausse selon laquelle les francais ont ete passifs . Les aviateurs sont montés dans leur De Woitine 520 et ont reussi a abattre quelques 130 Messerschmitt . Il furent valeureux malgre la complete desorganisation Cette déculottée , nous l a devons a notre élite notamment Lebrun et Gamelin . Le renseignements francais etaient competement inexistant ou nul puisque les Allemands passerent par les Ardennes . 
          Les actualites allemandes montraient dans leur fillm de propagande la puissance des chars Panzer ecransant les arbres et penetrant une foret 
          Message a peine voilée . Reportage excellent d ARTE concernant cette drôle de guerre
          Ils etaient en avance sur le genie militaire Quant a notre organisation , c est un cas d ecole L armee francaise avait cumulee toutes les erreurs De Gaulle Colonel alors colonel avait preconise des unites de chars mobile sur cette partie de la frontiere Belge , ils ne fut pas ecoute . Par ailleurs ceux ci n etaient pas equipes de radio contrairement aux Panzer .. 
           Hitler fur le premier surpris de la rapidité de cette victoire lui qui craignait l artillerie francaise .
          Il a fallu des decennies avant d admettre la faillite du commandement .
          C est notre specificite , l elite est intouchable dans ce pays 


        • Garibaldi2 2 mars 04:14

          @mmbbb

          Oui, sur Arte très intéressant documentaire (2 parties) sur la genèse de l’armistice. Gamelin et d’autres en prennent pour leur grade ! Faut dire que nous avions des visionnaires à la tête du pays :

          ’’[À l’ouest de Montmédyl] il y a les forêts des Ardennes. Elles sont impénétrables si on y fait des aménagements spéciaux… Si l’ennemi s’y engage on le pincera à la sortie des forêts. Donc ce secteur n’est pas dangereux’’

          — Maréchal Pétain, discours devant la commission de l’armée au sénat, 7 mars 1934


        • titi 26 février 20:37

          En 1945, les fonctionnaires de Vichy sont restés en place, et les traitres de 1939 ont pu aussi revenir d’exil.

          C’est ce qu’on appelle la réconciliation nationale.

          Remettre en cause la non épuration, c’est remettre en cause le retour de Thorez.

          Madame Lacroix joue avec le feu… La vieillesse est un naufrage.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 février 20:49

            @titi

            Simone turbinait a Radio-Paris et Jean-Paul faisait ses cours en remplacement d’un prof de philo juif...business as usual


          • JulietFox 27 février 10:05

            @titi
            Les juges qui envoyaient les résistants au poteau, devinrent ceux qui envoyèrent les collabos au même poteau.


          • CN46400 CN46400 27 février 10:26

            @titi
            Oui, mais Thorez, chauffeur de son adjudant, n’est pas revenu pour rien, c’est lui qui a fait passer le statut de la fonction publique en 46....


          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 13:59

            @titi

            Pauvre titi, qui revient toujours avec sa haine anti-communiste pour rabâcher hypocritement que Thorez était un traitre, alors que les titi de l’époque avaient interdit le PCF , pour faire plaisir au Nazis qui n’avaient pas encore envahi la France. Histoire archi débattu sur Agoravox, Mais cela ne fait rien, titi est un adepte de Goebbols. Il faut répéter, répéter, répéter, ça peut servir pour montrer qu’on a des connaissances 

            Ce sont les titis de l’époque qui poussèrent Hitler à envahir l’URSS, car ces minables ne pouvaient accepter l’existence du premier pays socialiste au monde.

            Merci titi pour une fois de plus, montrer votre immense hypocrisie en préférant attaquer le représentant de la classe ouvrière.

            Je crois bien que d’esprit vous êtes nettement plus vieux que madame Lacroix.

            Vous êtes un obsédé !


          • titi 28 février 21:42

            @MAUGISMICHEL

            Pouvez vous nous rappeler pourquoi le PCF a été interdit ?
            Merci.


          • CN46400 CN46400 29 février 00:41

            @titi
            Bien sûr, le gouvernement français avait alors plutôt envie de faire la guerre aux communistes qu’aux nazis....


          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 29 février 03:31

            @titi

            « Pouvez vous nous rappeler pourquoi le PCF a été interdit ? »

            Avec plaisir, mon cher petit oiseau

            QUELLE VÉRITÉ VOULEZ VOUS ?

            La mienne : Parce que c’est le lutteur inlassable de la lutte pour le progrès humain et le passage au socialisme : c’est la lutte des classe

            La vôtre : Un prétexte : parce que le PCF n’a pas voulu se désolidariser de l’acte qui causa la perte d’Hitler et qui donc ruina l’ambition de la classe Oligarchique fasciste de la France, la GB et les USA de se débarrasser du premier état socialiste durable au monde, après la commune de Paris

            Maintenant, c’est à vous de m’expliquer en quoi la signature du pacte de non agression germano-soviétique puisse impliquer l’interdiction du PCF. Qu’aurait donc fait le PCF qui aurait été interdit en droit ? C’est un prétexte jouant sur l’émotion (technique fasciste) en profitant de l’incompréhension du peuple et de la rage des classes dominantes égoïstes, incultes et racistes. Et ça continue de nos jours.

            J’attends votre explication. Merci


          • mmbbb 1er mars 11:42

            @MAUGISMICHEL et Katyn un massacre de l armee allemande ? C est vrai parce que les sbires du NKVD utilisaient des pistolets allemands plus legers qui ne chauffaient pas . In fine comme la si bien dit Staline , la faute revenait aux nazis ! 


          • Garibaldi2 2 mars 04:20

            @mmbbb

            Pour comprendre pourquoi Katyn, il faudrait reprendre l’histoire de la région, non pas à partir de 1939 mais bien avant. Comprendre ne signifiant pas excuser.


          • cétacose2 26 février 20:40

            ...et maintenant que l’on a l’ Alsace et la Lorraine ,qu’est ce qu’on en fait ? du moment que l’on vient de perdre le 93 et Marseille......


            • HELIOS HELIOS 27 février 13:40

              @cétacose2

              ... et le Lille-Roubais-Tourcoing, et Lyon, et Nimes, et Toulouse, ...


            • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 26 février 23:46

              C’est quand même fou le nombre d’historiens authentiques qui persécutent mémé smiley !


              • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 14:07

                @Aff le loup

                Pôvre ignard ! Ce pacte de non agression a permis de vaincre le fascisme installé par les Aff le Loup de l’époque.

                Je comprends votre haine anti-communiste et votre imbécilité crasse pour ne pas parler des accord de Munich un an plus tôt qui donnait carte blanche à Hitler pour terminer le boulot commandé par la haute classe Oligarchique Occidental, celle d’exterminer une fois pour toute l’URSS.

                Rappeler en permanence cet épisode du pacte de non agression sans évoquer le contexte qui précède relève de la HAINE de classe qui bride votre intellect. 


              • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 15:11

                @Aff le loup

                Je ne lis jamais les liens de ceux qui ne savent s’exprimer qu’à travers eux.
                Vous avez accepté ce que j’ai dit, sans commenter, cela me suffit.

                Vous savez très bien que vous haïssez ce pacte de non agression, parce qu’il a permis de vaincre le fascisme hitlérien fomenté, entretenu, et financé par les ennemis de la classe ouvrière pour exterminer l’URSS.

                Vous avez perdu, haut la main.

                Vous tournez comme beaucoup autour des mêmes anecdotes en les plaçant hors contexte. C’est la méthode des racistes blanc bec européens , qui voient leurs dogmes anti-communistes s’effondrer.

                Les ordures européens ont proclamé que ce Pacte de non agression a causé la 2GM. Vous êtes d’accord, bien sûr.
                Quelle infamie ! Quelle tristesse devant votre ignorance.


              • quijote 27 février 00:53

                Si on veut s’indigner, il y a le choix. Pour ce que j’en sais, il y a même eu des nazis qui sont partis travailler pour la CIA à la fin de la guerre. Il est pas parti les chercher, ceux-là, l’ami Klarsfeld, le « chasseur de nazis ». Non. Pas ceux-là.

                Il était pas au courant, peut-être.


                • JulietFox 27 février 10:06

                  @quijote
                  Et le nombre de SS recrutés par la Légion, pour aller casser du « Viêt » en Indo !


                • CN46400 CN46400 27 février 10:20

                  @JulietFox
                  Et les miliciens reconvertis en missionnaires catholiques en Afrique.....


                • quijote 27 février 12:06

                  @Aff le loup

                  Vas-y, déballe, j’ai faim de connaissances.


                • OrganigrammeNationInternational 27 février 08:14

                  En 2022, après l’élection de « organigramme-Nations » (en demander le doc par mail), il y aura la création d’une commission citoyenne, chargée de l’audit de la gestion de tous les politicards qui seront responsables sur leurs biens et ceux de leurs famille (qui servent souvent de paravent pour « couvrir » des délicatessen-magouillières) de la trop mauvaise gestion du pays (dont entre autre les 318 milliards d’argent « mal gaspillés » pour lesquels il vous est demandé, dès maintenant de vous prononcer.... De votre réponse dépend votre devenir : libre ou esclave à vie.), depuis 40 ans... pour les morts ce seront les descendants qui paieront (ils auront profité des largesses ainsi détournées de leur destination)

                  Personne alors ne passera au travers. C’est à ce prix que le Peuple exercera sa souveraineté pleine et entière. Qu’on si le dise et surtout que l’on agisse dans ce sens. Et cela ne dépens plus des poliiticards mais des Citoyens, du Peuple.

                   

                  27/02/2020 - https://wp.me/p4Im0Q-3tY

                  • Une seule réponse en lieu et place de votre bulletin de vote de 2022. Cette réponse, aujourd’hui, conditionne votre devenir, courant 2022 et fera de vous un être libre (avec organigramme-Nations », en demander la communication), ou un esclave à vie, sans charte.

                  • HELIOS HELIOS 27 février 13:36

                    @OrganigrammeNationInternational

                    Il y a des constations et des solutions.
                    Ce que vous constatez, je n’ai pas les moyens de les verifier.
                    Par contre ce que vous proposez, ça je suis sûr que que je le voudrais pas. !

                    Dans un systeme representatif, malgré ses défauts qu’il faudrait corriger, c’est le seul qui permette un petit peu, un tout petit peu de démocratie. Ne pas voter c’est laisser aux plus forts le droit de décider : pourquoi devriez vous décider pour moi, et surtout pourquoi, moi, je devrais vous laisser faire ? ... mes interets ne sont pas les votres, donc NON !

                    Chao


                  • uleskiserge uleskiserge 27 février 10:35

                    Indispensable cette historienne ! Pour preuve, le fait qu’elle ne soit jamais invitée dans les médias de nos milliardaires. 

                    Une réserve néanmoins : proche du mouvement communiste et de l’URSS de Staline, je ne lui confierai la bio de ce dernier.

                    D’autres peuvent s’en charger il est vrai.


                    • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 15:00

                      @uleskiserge

                      « Une réserve néanmoins : proche du mouvement communiste et de l’URSS de Staline, je ne lui confierai la bio de ce dernier.D’autres peuvent s’en charger il est vrai. »

                      Justement, c’est bien parce que « d’autres » l’on déjà fait que ce serait bien qu’elle puisse se charger d’une bio de Staline. 


                    • uleskiserge uleskiserge 27 février 20:15

                      @MAUGISMICHEL

                      mais non, ça va être d’une complaisance qui va tout gâcher en ce qui la concerne... ça va être un tissu de mensonge à tous les coups... je la connais bien et en plus je sais écouter entre « les lignes »... il a du mal avec la vérité à propos de ce qu’à été l’URSS après la mort de Lénine... cad : très tôt.


                    • uleskiserge uleskiserge 27 février 20:16

                      @uleskiserge

                      mort de Lénine qui est arrivée très tôt...


                    • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 22:04

                      @uleskiserge

                      C’est la lutte des classes ! Chacun a ses complaisances, ceux qui mettent en exergue les crimes de Staline ne sont absolument en rien honnêtes, car ils oublient volontairement le reste, c’est à dire le fond.

                      Parle t-on des crimes du judéo-christianisme, alors que c’est bien avec cette foutaise que le judéo-christianisme continue de perpétuer des millions de morts. Et pourtant c’est encore l’idéologie du « pourvu que ça dure » car le paradis est au bout de ce monde de misère et d’ignorance et de crimes perpétués par l’idéologie de l’égoïsme ou de la « liberté », cela revient au même.

                      Lorsqu’on a choisi son camp, l’objectivité est de voir l’essentiel et non de complaire à l’idéologie dominante qui ne cesse de tuer, bien plus que Staline... qui en fait sauva des centaines de millions de vie en bifurquant l’histoire.


                    • uleskiserge uleskiserge 28 février 05:53

                      @MAUGISMICHEL

                      l’Histoire c’est la continuation de la guerre par d’autres moyens....


                    • CN46400 CN46400 28 février 08:07

                      @uleskiserge
                      L’histoire factuelle de Staline est archi connue. Ce qui est intéressant, c’est la partie idéologique qui a tout commandé, qu’il a masqué très adroitement, et que ALR, d’après moi, n’est pas en situation idéologique de pouvoir éclairer.
                       1 Quelle est la position, réelle, de Staline sur la NEP ?
                       2 Quelle est la position de ALR d’abord sur la NEP puis sur les réformes de Deng en Chine ?
                       3 Le socialisme peut-il être « construit » à partir du néant ou doit-il émerger progressivement à partir de l’accumulation primitive du capital ? Cette accumulation peut-elle être autarcique et volontariste, ou liée au capitalisme international ?
                       Les deux premières conditions supposent de trouver des entrées à Moscou et à Pékin, ce qui n’est pas évident actuellement. La troisième suppose une évolution idéologique à la Lénine, différente de celle du PCF d’après sa fondation même en 1920....


                    • uleskiserge uleskiserge 28 février 17:25

                      @CN46400

                      « ALR, d’après moi, n’est pas en situation idéologique de pouvoir éclairer. » C’est ce que je pense à son sujet...


                    • rita rita 27 février 10:51

                      Bizarre, rien sur la police ou la gendarmerie pourtant impliquée très étroitement à la collaboration dans cette période, responsable de l’arrestation de 70.000 juifs déportés et exterminés dans des camps ?

                       smiley


                      • Djam Djam 27 février 11:09

                        Merci taktak pour ce rappel important et le travail de A. Lacroix qui fait un boulot de titan en matière d’éclairage sur la réalité de cette p***** de guerre.

                        C’est une claque dans la face des BHL et consort qui depuis des années accusent les français (le peuple) de collaboration alors qu’en vérité ce furent bel et bien très majoritairement les « élites » de l’époque, certains généraux et les politiciens en poste qui collaborèrent.

                        Ne pas non plus oublier que Washington et son insupportable Roosevelt (quand je pense qu’une station de métro parisien porte le nom de ce sale type) était contre De Gaulle parce que ce dernier fit tout pour sauver la France. Ce sont bien les anglais qui le soutinrent dans cette mission pendant que les américains soutenaient Pétain... parce que ce dernier était effectivement d’accord pour collaborer avec l’Allemagne occupante.


                        • Dr Destouches Dr Destouches 27 février 11:51

                          Cette pseudo historienne,une des dernières stalinienne, est une grosse menteuse

                          Sur Lacroix-Riz, qui est soit-disant une historienne honnète et objective... http://www.socialismes.be/Annie-Lacroix-Riz-GEOFFREY-ROBERTS-STALIN-S-WARS-FROM-WORLD-WAR-TO-COLD-WAR-1939-1953-UN-EVENEMENT-EDITORIAL_a591.html Je lis en conclusion son commentaire sur un ouvrage consacré au camarade Staline : « À lire les 468 pages consacrées au chef politique et militaire qui avait montré depuis son accession au pouvoir suprême un dévouement total au système socialiste et à la « patrie soviétique », on a la conviction que le peuple soviétique, en le pleurant en mars 1953, démontra non son hébétude, mais son intelligence politique, et lui manifesta une gratitude légitime.


                           » Elle nie aussi l’Holodomor ukrainien ’ « une disette »

                          À propos de la famine en Ukraine de 1932-33, elle écrit : « L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts »… » et dénonce une « opération de propagande », un « bobard »


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 14:16

                            @Dr Destouches

                            Pôvre Dr. de mes deux. 

                            En quoi est ce mal d’être « stalinien » ?

                            Ah, oui, c’est celui qui a vaincu le fascisme, je vous comprends.

                            Personnellement, moi aussi j’ai un dévouement total envers le peuple soviétique et maintenant le peuple russe, qui lutte contre le FASCISME US et ses guerres que vous semblez souhaiter.

                            Vive Staline ! Ah bas, les Hitler.


                          • CN46400 CN46400 27 février 14:36

                            @Dr Destouches
                            A Lacroix-Riz démontre toujours les faits qu’elle avance. Que cela gène les anticommunistes ou antisoviétiques de toujours n’est pas étonnant. C’est elle qui a fait connaître le travail de l’irlandais Geoffrey Roberts en France sur « Les guerres de Staline » alors que d’autres historiens français auraient pu le faire avant s’ils n’avaient été intimidés par les censeurs qui dominent maintenant le tarmak historique français.
                             Elle a commencé à en chagriner pas mal en démontrant, par le menu, que la grande bourgeoisie, en 39-40, « préférait Hitler au Front Populaire ». Maintenant elle démontre que l’épuration de 45 a concerné plutôt le menu fretin que les gros poissons de la collaboration, et les mêmes se remettent à tousser.....


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 14:53

                            @Aff le loup

                            « Ducon, Staline est mort en 53 ! »

                            quel rapport avec mon commentaire ?


                          • CN46400 CN46400 27 février 14:56

                            @Aff le loup
                            J’ai vu les vidéos, anti-Staline, d’Arte. Le contenu factuel est incontestable, mais le contenu des motifs est vide.
                            1-Quest-ce que le goulag sinon le moyen de disposer de main d’oeuvre à bas coût pour obtenir une industrialisation rapide et autarcique ?
                            2 Katyn est-il autre chose que l’élimination physique d’adversaires potentiels à la veille d’une invasion militaire ? Où sont passé les japonais de la côte Ouest des USA en 41 ?
                            3 Avec le pacte Ribbentrop-Molotov, Staline n’a pas « occupé la moitié de la Pologne », il a récupéré les surfaces que le traité de Versailles (1919-ligne Curzon) avait attribué à L’URSS et que la Pologne avait occupé en 1920(traité de Riga). D’ailleurs la frontière Est de la Pologne est toujours la même et la Pologne ne revendique rien !


                          • Dr Destouches Dr Destouches 27 février 15:51

                            @MAUGISMICHEL
                            Le stalinisme, c’est 55 millions de morts fusillés ou dans les camps :Soljenitsine

                            super bilan !


                          • Xenozoid Xenozoid 27 février 15:52

                            @Dr Destouches

                            concourt de bites


                          • CN46400 CN46400 27 février 16:08

                            @Dr Destouches
                            55Millions sur 250Millions d’hab en 1987,on n’est plus au million prés n’est-ce pas.....


                          • CN46400 CN46400 27 février 16:16

                            @Dr Destouches
                            Que faisait Soljenitsine au goulag ? Il payait pour avoir, dans une lettre interceptée par la censure militaire, reproché à Staline d’avoir continué la guerre quand la totalité du territoire soviétique avait été libéré....


                          • Garibaldi2 27 février 16:26

                            @CN46400

                            C’est curieux comme un certains nombre de faits historiques sont occultés. Liste des années au cours desquelles des états ont conclu et signé avec l’Allemagne nazie d’Hitler des accords ou pactes :
                              • 1933 : GB France italie – Pacte des quatre
                              • 1934 Pologne – pacte Hitler Pilssoudski
                              • 1935 GB accord naval anglo allemand
                              • 1936 Japon allemagne – pacte anti komintern
                              • 1938 septembre : GB pacte de non agression
                              • 1938 décembre, France Pacte de non agression
                              • 1939 mars Roumanie – accord économique
                              • 1939 mars Lettonie – pacte de non agression
                              • 1939 mai Italie – pacte d’Acier
                              • 1939 mai Danemark- Pacte de non agression
                              • 1939 juin Estonie – pacte de non agression
                              • 1939 juin Lithuanie – pacte de non agression
                              • 1939 aout URSS – Pacte de non agression
                            A noter que l’URSS n’a pas été invitée à discuter de l’accord de Munich, que l’accord d’assistance militaire signé e n1935 entre la France et l’URSS a été sabordé par l’état major français, et que la Pologne a refusé à l’URSS de passer sur son territoire pour attaquer l’Allemagne.

                            https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_franco-sovi%C3%A9tique_d%27assistance_mutuelle


                            En ce qui concerne les Japonais-Américains, si 120 000 ont bien été internés, ils n’ont cependant pas été exterminés.


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 16:29

                            @Dr Destouches

                            Ça ce n’est pas le Bilan. C’est une calomnie, un mensonge, une preuve de votre imbécilité feinte, de classe pourrie.

                            Le Stalinisme c’est une RUSSIE forte capable de résister une fois de plus au FACISME que vous instiguez avec vos guerres perpétuelles, pour imposer votre nullité intellectuelle.

                            ÇA c’est le Bilan du Stalinisme : Une Russie forte qui tient tête à vos ordures des USA et de ses carpettes occidentales qui en se prenant pour la communauté internationale AVOUENT en fait n’être rien.
                            Vous êtes Dr. ? en Quoi ? en Connerie ? en Histoire ?


                          • Garibaldi2 27 février 16:33

                            @Dr Destouches

                            Lilly Marcou (historienne spécialiste du communisme) s’interroge sur la participation de Nicolas Werth à un collectif [le livre noir du communisme] qui, selon elle, « pour mieux imposer la comparaison communisme-nazisme, cherche à faire admettre le chiffre de 80 à 100 millions de morts », alors qu’en septembre 1993, il a publié sur la base d’un examen des archives soviétiques, ouvertes en 1989, un article dans L’Histoire, intitulé « Goulag, les vrais chiffres ». L’auteur y révisait de dix fois à la baisse (2 millions de morts et non plus 20) le chiffrage total des victimes de la période stalinienne, jusqu’ici retenu par les chercheurs. « Quand un historien se contredit dans un laps de temps aussi court, cela pose un problème de crédibilité », déclare-t-elle.


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 16:37

                            @Dr Destouches

                            Et Assange ? c’est quoi.
                            Et vos guerres, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Vietnam, Venezuela, Cuba, Bolivie etc... c’est ça votre bilan ?

                            C’est un fait indiscutable que grâce à Staline plusieurs centaines de millions de vie ont été sauvées d’une mort certaines, même en ce moment grâce à Poutine.

                            Lorsqu’on ose se prétendre Docteur, ..... 


                          • Garibaldi2 27 février 16:40

                            @MAUGISMICHEL

                            Faut pas se voiler la face, le petit père des peuples a aussi été un dictateur qui a embastillé 80% des participants au 17ème congrès du PC soviétique.


                          • Garibaldi2 27 février 16:42

                            @CN46400

                            Ca ne méritait pas un embastillement.


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 17:11

                            @Garibaldi2

                            OUI, et alors ?
                            On ne sait pas ce qui se serait passé s’il ne l’avait pas fait.
                            Alors pourquoi en parler ? Les ennemis en parlent suffisamment pour cacher le plus important. Je ne participerai jamais à en rajouter une couche. Ce n’est pas le boulot d’un communiste dans un Forum. 

                            C’est pourquoi ce qui m’importe est le Bilan de la politique de Staline sur le monde. Je me fous totalement de ce qu’il a pu faire de mal à l’intérieur de l’URSS pour imposer le bien qu’il a fait en URSS et dans le monde. Peut être était ce nécessaire.

                            Ce qui est accesible est le BILAN MONDIAL de l’URSS, c’est ce qui reste, et tout le monde en profite maintenant,

                            Pour moi, c’est archi clair, ceux qui fustigent Staline sont ceux qui sont contre toutes possibilité de changer ce monde dominer par le fascisme US. C’est la lutte des classes. (dans ceux, je ne vous inclus pas, évidemment).

                            Ce sont les mêmes qui fustigent pêle mêle Lenine, Castro, Chavez, Guevara, Ortega, Marx, Morales, Robespierre..etc..

                            Ils ne peuvent supporter les apports extraordinaires de ces grands hommes à l’humanité.


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 27 février 17:15

                            @Garibaldi2

                            Quelle importance ? c’est un problème interne. Il est clair que pour Staline ça le méritait. 


                          • CN46400 CN46400 27 février 17:33

                            @Garibaldi2
                            1-Sur les japonnais, vous avez raison, c’était du « tout venant » et ils ont été traité comme les soldat de base polonais, mais ceux de Katyn étaient officiers, ceci explique cela...
                            2-Sur le « congrès des vainqueur-1934 », il ne sagit pas d’un « embastillement » mais d’un assassinat pur et simple de la plus part des congrèssistes qui ont payé le peu de votes pour Staline par rapport au résultat important de Kirov.


                          • JP94 27 février 18:45

                            @Dr Destouches
                            Votre ton insinuant vous déconsidère et dévoile plus un anticommunisme primaire qu’un esprit ouvert pétri de connaissances. On voit qui sont les ennemis d’Annie Lacroix-Riz, qui a le titre de professeur émérite des Universités, qu’elle n’a pas conquis en cirant des bottes du Pouvoir politique. Bref, ses ennemis la clique des collabos, le Grand Patronat ...vous jouez dans quelle catégorie ? 


                          • uleskiserge uleskiserge 27 février 20:19

                            @Dr Destouches

                            faut pas dire ça ; il y a des épisodes historiques à propos desquels son travail est indispensable.


                          • Dr Destouches Dr Destouches 28 février 08:38

                            @uleskiserge
                            Elle a fait une analyse ou une critique du Goulag ?


                          • Le421 Le421 28 février 09:11

                            @Garibaldi2
                            Et pourtant, seul sera retenu l’accord de non agression entre Hitler et Staline.
                            Que certains révisionnistes transforment joyeusement en « alliance ».

                            Comme tout le monde connaît l’opération « overlord » et personne celle appelée « bagration ».
                            Tout ce qui est « rouge », c’est « caca-beurk »...


                          • Le421 Le421 28 février 09:14

                            @CN46400

                            la grande bourgeoisie, en 39-40, « préférait Hitler au Front Populaire »

                            La même qui préfère Le Pen à Mélenchon.
                            Rien de nouveau sous le soleil de France...


                          • Le421 Le421 28 février 09:18

                            @Dr Destouches

                            Le stalinisme, c’est 55 millions de morts fusillés ou dans les camps :Soljenitsine

                            Même répétée des centaines de fois, une connerie reste une connerie.


                          • CN46400 CN46400 28 février 09:57

                            @Le421
                            Quand on dit « Front Populaire » on ne dit pas « Blum », mais Mélenchon prétend, lui, être toute la gauche, nuance...


                          • CN46400 CN46400 28 février 11:42

                            @CN46400
                            Ceci dit, je trouve ALR un peu sévère avec De Gaulle qui avait plus de prestige que de troupes réelles lorsqu’il remit ces pieds sur le sol national. C’était un bourgeois qui savait que la bourgeoisie, avec Pétain, avait surtout songé à sauver ses meubles, et qu’elle était prête à en faire autant avec lui si on limitait le compte rendu sur la période passée au strict minimum, alors....


                          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 29 février 03:49

                            @Dr Destouches

                            « Elle a fait une analyse ou une critique du Goulag ? »

                            OUI !!! faut lire ses livres, même si cette critique n’est pas de votre goût.
                            Ces crimes sont du passé, et le Bilan c’est que maintenant les ORDURES US ont de la peine à continuer d’inventer des guerres , même avec l’aide des larbins que sont les ex-colonies racistes françaises et anglaises.

                            Cela ça fait plus d’un an que les USA et l’UE essaient de justifier dans l’opinion le besoin d’une intervention « humanitaire » au Venezuela !!
                            et papa Poutine lève légèrement son index et le balance légèrement, alors L’ordure et Crapule Trump, le sans couilles, recule.

                            En ce qui vous concerne, je doute que vous puissiez faire une critique des crimes qui se commettent encore au nom de votre idéologie , puisqu’ils continuent de se perpétuer en Syrie, au Yemen, avec l’aide de terroristes

                            Il faut lire Mr. le Dr. et ne pas rester sur vos dogmes égoïstes de petit nanti.
                            Les crimes de Staline vous vous en foutez comme de votre première chemise, comme tout anti-communiste.
                            Par contre, son BILAN extraordinaire pour la libération des peuples, cela vous ne pouvez le digérer. Parce que cela, ÇA RESTE, c’est le Bilan

                            Sinon, pourquoi parler de Staline ? C’est de la nécrophagie, Mr. le Dr.


                          • Kapimo Kapimo 1er mars 23:36

                            @Le421

                            Mais le bolchevisme, c’est combien de morts de faim, de morts d’épuisement, de chrétiens ou autres assassinés et d’églises rasées ?


                          • hocagi@1shivom.com 27 février 16:19

                            je l’ai tjrs dit ce qui caractérise le plus la france c’est l’esprit de la collaboration, on le voit aujourd’hui en action ds toutes les strates de la société, surtout plus on tend vers le haut où l’air a la place de s’épurer et raréfier, devient épais et totalement nauséabond.


                            • Le421 Le421 28 février 09:08

                              @hocagi@1shivom.com
                              Par contre, il y a un fort vent de confusion entre patriotisme et nationalisme.
                              Ces termes sont galvaudés et joyeusement confondus par certains.
                              La définition qui me semble la plus exacte a toujours été celle-ci.
                              Le patriotisme, c’est l’amour de son pays. Le nationalisme, c’est la haine des autres.
                              Être patriote n’implique pas d’être nationaliste, bien au contraire !!


                            • Kapimo Kapimo 1er mars 23:44

                              @Le421

                              Bof, cette définition est un peu gland, si je puis me permettre.
                              Les palestiniens sont nationalistes ou patriotes ?
                              Les Quebécois sont nationalistes ou patriotes ?
                              Kémal était nationaliste ou patriote ?
                              De Gaulle était nationaliste ou patriote ?

                              De toutes façons, ces termes ne se vérifient qu’en période de lutte, et un patriote qui ne lutte pas n’en est pas un. Et un patriote lutte bien souvent contre des éléments externes, ce qui en fait de facto un nationaliste.

                              En fait, toujours cette dialectique pourrie qui cherche à créer de la confusion et culpabiliser là il n’y a pas lieu.
                              Aimer son pays comme un patriote, c’est l’aimer de manière prioritaire aux autres, car en étant pret à le défendre.


                            • Kapimo Kapimo 2 mars 00:51

                              Finalement, toute cette dialectique sert à renforcer le sentiment de risque qu’on prend à aimer son pays et à le clamer.

                              La morale sous-jacente de la seconde guerre mondiale mise en avant par les pretres de la pensée dominante (qu’ils soient communistes ou néo-libéraux), c’est qu’aimer son pays amène souvent à la guerre, et que les nations sont par conséquent des machins périmés qu’il vaut mieux abolir, par exemple en les dissolvant dans des trucs genre UE qui nous éviteront de futures guerres. La « Nation », et donc le « nationalisme » (littéralement « attachement à la Nation ») ont été implicitement criminalisés.

                              Seule subsiste comme contre-exemple l’exception Israélienne, mais c’est une Nation d’exception qui a beaucoup souffert.

                              "Supprimer la mémoire collective dissout la Nation, laquelle fait alors place au troupeau. Peut-être est-ce cela que cherchent les meneurs occultes du jeu, aux fins d’assurer plus facilement leur domination sur les ilotes modernes dont ils rêvent ? " De Gaulle


                            • Kapimo Kapimo 2 mars 02:01

                              @Kapimo

                              Finalement, quand on y regarde bien, plutot que d’attribuer à des poussées populaires « nationalistes » les périodes guerrières, il est plus interessant de constater que les grandes guerres ont souvent suivi la mise en place d’outils permettant de les financer :
                              la banque de France créé en 1800 a permis le financement des guerres napoléonnienes.
                              la FED créé en 1913 a permis de financer les alliés (initialement exsangues économiquement) lors de la première guerre mondiale
                              la BRI crée en 1930 a entre autres soutenu le développement économique (et donc le réarmement) de l’Allemagne nazie.

                              Je ne parle pas du financement des bolcheviques par les banques New-Yorkaises, ou des deux camps de la guerre de sécession par les banques Rothschild (Londre pour les Nordistes, Paris pour les Sudistes).

                              Les guerres permettent aux banquiers d’endetter et donc de controler les Nations. Pour pouvoir ensuite les affaiblir et les diluer.

                              Une parole de complotiste célèbre :
                              "En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi." Président Franklin Delano Roosevelt,


                            •  C BARRATIER C BARRATIER 27 février 18:06

                              Originaire de l’Ardèche , Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE a réussi à imposer malgré De Gaulle un nombre important de jugements de collabos, mais c’est vrai, les hauts placés ont souvent été protégés

                              voir en table des news du site retraités dans la République,

                              Résister, héritage ardechois http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=305



                                • Le421 Le421 28 février 09:04

                                  Je suis tombé par hasard sur un reportage historique retraçant la carrière de Pierre Le Gloan, « l’as des as » de l’Armée de l’Air française, aux commandes de son Dewoitine 520...

                                  Ses plus grandes victoires ont été d’abattre un grand nombre de... Hurricanes de la RAF !!

                                  Comme quoi.

                                  La conscience ne triture pas tous les esprits...


                                  • nono le simplet nono le simplet 28 février 09:45

                                    @Le421
                                    c’est pas faux, 6 Hurricanes et un Gladiator anglais au Liban et en Syrie ...
                                    un autre, par contre, Challe de Normandie-Niemen, a abattu l’as des as russes Arkhipov ... mais c’était une erreur qui ne fût pas sanctionnée d’ailleurs ...


                                  • Christian 28 février 11:24

                                    Déjà si l’on arrêtait de confondre nazisme et fascisme...le fascisme est né en Italie et n’avait rien d’ésotérique ni même de théories racistes. Déclaration de Mussolini :

                                    "Si la théorie hitlérienne de supériorité raciale des nordiques était vraie, les Lapons devraient être considérés comme le type d’humanité le plus élevé" ! Le Duce déclara que Hitler était le véritable assassin de Dolfuss (Chancelier autrichien) et le seul responsable de tout ce qui était arrivé, et en outre : "une horrible créature« … »un dégénéré sexuel.« … » un fou dangereux".

                                    Cela n’exonère pas les crimes commis par les fascistes mais on ne parle non plus pas de fascisme face aux crimes socialocommunistes...

                                    Si l’on continue à parler de fascisme au lieu de nazisme cela vient uniquement de Staline qui se considérait comme...national-socialiste, c’est tout. On n’est pas obliger de le suivre.

                                    C’est le nazisme responsable de l’Holocauste, ni le communisme, ni le fascisme.





                                    • Kapimo Kapimo 1er mars 23:59

                                      Toute cette discussion sur la collaboration part du principe que les allemands étaient d’affreux décérébrés maniaques commandés par un fou criminel, que Mussolini ne valait pas beaucoup mieux, et que les fascistes étaient la lie de l’humanité. https://lesakerfrancophone.fr/tyrannie-a-nuremberg

                                      Et que les Russes ont été de pauvres agressés par les méchants allemands suprémacistes : https://lesakerfrancophone.fr/la-pravda-americaine-quand-staline-a-failli-conquerir-leurope

                                      Normal, l’histoire a été écrite par les vainqueurs, et il est donc normal d’absoudre les alliés des crimes de guerre monstrueux qu’ils ont commis. https://lesakerfrancophone.fr/les-horreurs-cachees-de-lapres-seconde-guerre-mondiale

                                      Tant que l’histoire écrite par les vainqueurs au sortir de la guerre n’aura pas été ré-examinée, les jugements moraux en lien avec cette époque, et notamment ceux concernant les collaborateurs, seront sujets à caution. 


                                      • Christian 2 mars 09:42

                                        Si vous lisiez Les carnets de guerre de Nikolaï Nikouline soldat de l’armée soviétique, 1941-1945 vous auriez un avis légèrement différent de ceux que vous nous invitez à lire en référence, notamment sur la prétendue correction des soldats de la Wehrmacht, je n’ose pas vous décrire à ce sujet le témoignage de Nikouline. Quant à croire que les officiers soviétiques auraient été capables de conduire une invasion de l’Europe...là aussi Nikouline nous montre bien que tous les officiers qui auraient été capables ont tous été liquidés par Staline et ceux qui restaient des incapables ayant envoyé par vague des milliers et de milliers d’hommes se faire descendre par les mitrailleuses allemandes...même les Allemands en venaient à être dégoûtés, c’est dire. Ceci sans aucune tactique ou stratégie. La victoire ? Nikouline se dit quelle victoire ? Celle d’avoir eu, par la faute de Staline, des millions et des millions de morts dans le camp victorieux...


                                        • Coppo Marc-Antoine 2 mars 14:58

                                          « M. Morin me poursuit de longue date  »

                                          Ah ! Ah ! Ah ! Pauvre Annie Lacroix-Riz qui se croit toujours persécutée par d’affreux bonhommes qui cherchent à la faire taire. 

                                          À la moindre critique, ALR commence par vous accuser d’anticommunisme (dans son univers mental binaire, le monde se divise en deux catégories : communistes/anticommunistes), et si vous avez le culot de persister dans la critique et de vouloir la contredire, elle s’emporte, tempête contre l’impertinent, et vous retire illico de sa liste de diffusion ! Telle est la conception du débat de cette historienne « engagée » qui ne voit les effets de l’aveuglement idéologique que chez les autres.


                                          • joandavis 3 mars 13:40

                                            It is undisputed that Article Review Writing Services pose challenges for students because preparation takes into consideration a lot of details needed for Article Review Paper Writing Services and in-depth knowledge on the topic in order to come up with a Article Review Writing Help Services.


                                            • danielarv12 3 mars 13:40

                                              Excellent article, it is well explained, however I believe that some of them are missing to be highlighted by the speaker, or are they in another article ? I do not know yet.


                                              • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 09:55
                                                Annie Lacroix-Riz dénonce, faits à l’appui, la non-épuration des collabos et s’attire les foudres de la censure

                                                ...totalement scandaleux...Ce livre est à lire absolument surtout pour toute personne ayant un compte bancaire à la société générale 

                                                Page 1 / 8
                                                Des archives du groupe de la Société générale à l’histoire des banques françaises pendant la Seconde Guerre mondiale
                                                Hubert BONIN
                                                Les archives du groupe de la Société générale contribuent à répondre aux questions clés que posent les historiens d’entreprise à propos de la période de la Seconde Guerre mondiale, en particulier les relations avec les autorités vichystes et occupantes, la politique des relations bancaires avec les entreprises pendant cette période, l’implication dans des opérations financières destinées au système de l’Occupation, etc. Elles nourrissent également les débats a posteriori sur les possibilités de choix stratégiques et tactiques des dirigeants bancaires, au sommet ou dans le réseau, sur le degré de leur implication dans la vie du régime de Vichy ou dans celle de l’ordre nazi, sur l’exercice de leur libre arbitre en ces années sombres. Mais elles alimentent aussi les réflexions sur le devenir des organisations d’entreprise sous un régime d’exception, que ce soit l’occupation d’un pays par des forces étrangères, l’instauration d’un régime autoritaire voire dictatorial, ou enfin les enjeux de la préservation des droits de l’homme d’un côté, du niveau de travail et de vie de l’autre : les recherches sur le devenir des sociétés au sein de régimes dictatoriaux ou totalitaires sont devenues un élément déterminant de la démarche d’histoire d’entreprise.
                                                Des archives du groupe de la Société générale à l’histoire des banques françaises ... 1 Rappelons les analyses pionnières et toniques d’Annie LACROIX-RIZ ...
                                                de H BONIN - ‎Cité 1 fois - ‎Autres articles

                                                • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:02
                                                  Un discours de Gérard Charasse qu’Annie Lacroix-Riz aurait pu, aussi, prononcer...

                                                  Allocution à l’occasion du 76ème anniversaire du vote des quatre-vingts parlementaires ayant refusé les pleins pouvoirs constituant à Pétain le 10 juillet 1940

                                                  Ici, le 10 juillet 1940 se déroulait le premier acte collectif de résistance en France. Quatre-vingts « non », seuls, très seuls, face à 569 autres parlementaires qui allaient octroyer le pouvoir constituant à Pétain lequel, le lendemain, allait, fort de ce texte s’octroyer les pleins pouvoirs et ainsi donner le coup de grâce à une République abattue la veille. Cet acte sera, plus tard qualifié par le Général De Gaulle de « premier acte collectif de résistance sur le sol français ».

                                                  C’est dire.

                                                  Pardon de me faire précis, mais cette double mécanique - loi constitutionnelle le 10 juillet et acte constitutionnel le 11 - est d’une importance capitale. L’envie de réconciliation, des jours d’après la Libération, la nécessité pour administrer la France de faire avec eux qui avaient servi le régime de la collaboration nos a collectivement poussés vers un abus de langage qui est vite devenu un abus d’histoire : les pleins pouvoirs disaient-ils, les pleins disions-nous pour faire comme si l’homme de Verdun avait été dictateur par hasard. Rien de tout cela n’est vrai. La volonté d’abattre la République a existé, a été imaginée et elle est entrée dans la réalité des faits avec un vernis de légalité que l’on a voulu entretenir pour faire croire que notre pays était à l’abri, que la République était éternelle et que ses serviteurs ne connaîtraient aucune corruption.

                                                  La première leçon c’est cela : tout est fragile, tout est attaquable, tout ce qui n’est pas nourri risque de s’effondrer, tout est sensible au vent de l’extrémisme, au vent de la peur de l’autre, au vent de l’ordre imbécile. La deuxième leçon c’est que l’on peut toujours s’opposer, se lever, s’effacer soi-même derrière l’enjeu et que la conviction, la justesse des choix peut l’emporter.

                                                  Je vais vous faire une confidence. C’est le dix-neuvième discours que je prononce en hommage aux quatre-vingts ; j’ai manqué une seule fois cette cérémonie,l’an dernier, où je fus remplacé par Michel Marien https://urfistreseau2012.wordpress.com/intervenants/biographie-michel-marian/, mon suppléant. Il y a vingt ans, dans cette salle, j’évoquais devant l’histoire de la République abattue, cette peur qui corrompt, ce maque de courage, ces petits arrangements sans imaginer un seul jour que dans ma vie parlementaire, je finirai par les rencontrer. Et au fil du temps, cette cérémonie que je voyais comme une réunion de famille dans un cimetière est devenue une sorte de miroir du temps présent dans un monde où finalement, la peur corrompt toujours, le courage manque encore et les petits arrangements vont bon train. Je dis alors aux plus jeunes qui sont là, aux jeunes élus en particulier, aux jeunes fonctionnaires aussi, aux jeunes citoyens de ne pas regarder cette histoire comme on lisait Anatole Mallet https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatole_Mallet et Isaac Newton https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Newton mais de relier ces heures de 1940 et celles d’aujourd’hui et d’y appuyer leur conscience puis leurs actes.

                                                  Quels sont les indices, quels sont les mots, les attitudes qui ont mis le sens républicain des quatre-vingts en éveil puis en action ? Il suffit, pour le comprendre, de lire les notes préalables à la motion déposée par Vincent Badie https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Badie ; de lire l’excellent livre d’Annie Malroux http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=12229 ou les notes du radical Labrousse https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Labrousse . Ici n’est pas le lieu pour détailler les préventions des uns et des autres mais je voulais vous dire la phrase qui me semble résumer cette alarme « il n’y a plus de République dès lors qu’égalité et fraternité ne sont plus des préalables à l’action publique ; que l’action publique n’est plus tribucienne et qu’au total, se dissimule derrière les mots un combat de privilèges particuliers qui s’est emparé des armes collectives. » Voilà l’alerte ; voilà ce qui dans l’esprit de ces parlementaires, de gauche et de droite, a permis de garder éveillée l’idée de combat, puis le combat lui-même, contre le choix de la capitulation puis celui de la collaboration puis le choix, encore, encore plus terrible, qui consista à bientôt devancer, dans une spirale infernale, les demandes de l ’occupant.

                                                  C’est cette alerte à l’esprit que je veux rendre aussi hommage à Jean Marielle http://www.ajpn.org/auteur-Jean-Marielle-7986.html . J’ai été un témoin permanent du travail, de l’énergie, qu’il a déployés pour comprendre ce temps, complexe à souhait et d’ailleurs rendu plus sombre encore par la volonté de ceux qui après la guerre voulaient brouiller les pistes ou la volonté de ceux qui avaient choisi le silence. Mais Jean Marielle est têtu ; il veut des preuves et rien, je puis vous l’assurer, rien de ce qu’il écrit, de ce qu’il dit n’est étayé par autre chose que par la lettre, la photo, l’échange d’origine. Son travail est immense ; c’est un travail vivant qui va devoir cheminer, produire encore du sens, éclairer encore l’histoire et je voulais aussi, aujourd’hui, lui rendre hommage devant vous tous.

                                                  Je veux enfin conclure mon propos par une citation.

                                                  « Au milieu de l’immense désarroi national, garder le sens de la patrie et rester fidèle à ce que l’on est ; ne pas ajouter à la défaite de nos armes celle de nos valeurs ; en dépit de la figure rassurante chargée de gloire et d’années, malgré les menaces des soudards et les flatteries des prébendiers, maintenir les principes constitutionnels que l’on a reçus du mandant de servir, voilà ce qu confère une place éminente sur ce chemin si ardu qu’est celui de l’honneur au vote des quatre-vingts parlementaires qui, le 10 juillet 1940, ici à Vichy, refusèrent de trahir tout à la fois la France, la démocratie et la République. »

                                                  Ces mots que je fais miens ont été prononcés le 10 juillet 1989, ici, par Michel Rocard, premier ministre dont la présence d’alors a ouvert la route à cet hommage désormais régulier et incontesté.

                                                  Je vous remercie./. 


                                                  • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:03

                                                    Source : https://blogs.mediapart.fr/m-artin/blog/040814/eaux-vives

                                                    Peinture spécialement réalisée par Martine Prud’hom alias M Art’In pour la commémoration 2014, finalement exposé dans la salle d’exposition créée par Gérard Charasse au temps où il était maire du Vernet, près de Vichy


                                                    • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:04

                                                      J’ai repris ce texte après la polémique extrêmement violente de l’espace https://blogs.mediapart.fr/marc-tertre/blog/290318/miscellanees-scientifiques-du-mois-de-mars  ayant débouché sur la censure de ce texte :

                                                      dans le cadre de la lutte contre le pétainisme qui nous mobilise tous, j’ai suggéré a Antoine Perraud et de positionner Lucie Delaporte sur une mission dont l’objectif serait de après Alès, Pau, Asnières-sur-seine et bientôt Versailles qu’une rue de Paris porte le nom du colonel Beltrame pour annuler le nom de la rue Pierre Nicole à Paris 5ème arrondissement

                                                      Je te remercie, chessy, pour te efforts pour le respect de notre charte 

                                                       Média participatif de qualité, notre journal ambitionne de construire un public de lecteurs contributeurs, dessinant les contours d’une communauté intellectuelle qui, avec ses interventions et ses échanges, proposera « le meilleur du débat »

                                                      Notre ambition est que ce journal en ligne devienne l’outil principal de gestion de l’information de chacun des adhérents, avec un haut degré de personnalisation et d’intégration. (source : https://presite.mediapart.fr/contenu/le-projet.html)


                                                      • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:07

                                                        page 162 du livre de Roland Gori « La fabrique des imposteurs »

                                                        passion de l’ignorance, passion à la source de laquelle s’abreuvent toutes les autres folies, singulières autant que collectives. La raison pour laquelle « le grand homme » acquiert en général une importance décisive dans ces moments de vacillement des repères n’est pas ignorée de la psychanalyse, et se ramène aisément à cette « nostalgie du père * » dont parlait Freud et qu’il attribuait bien volontiers au « besoin de la masse ».

                                                        *Sigmund Freud, L’homme Moïse et la religion monothéiste (1939), Paris, Gallimard, collection « Folio », 1986 page 207

                                                        A bientôt.

                                                        Amitié.

                                                        https://www.youtube.com/watch?v=Cwsd4Cy2QNs


                                                        • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:23
                                                          Variation sur un thème proposé par Lucie Couvreur en hommage à Danyves
                                                          7 JANV. 2018 PAR LUCIE COUVREUR Je me suis réabonnée pour rendre hommage à Danyves. Triste nouvelle qui nous affecte tous .. J’espère que Mediapart fera mettre cette belle épitaphe en une du Club .. ne serait-ce que pour reconnaitre ce que Danyves a apporté au club Lucie .


                                                          Interview d’Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie

                                                          Annie Lacroix-Riz : Jacques Attali nous offre dans l’entretien d’avril 2011 la perspective d’une « synarchie » (qui existerait, donc ?) « transparente » - concepts strictement antagoniques. Je propose simplement au lecteur de s’informer sérieusement sur l’histoire du 20e siècle - celle puisée aux sources, pas celle des mythes - pour juger de la « transparence » des héros « européens »

                                                          Interview d’Annie Lacroix-Riz sur la Synarchie

                                                           lundi 9 avril 2012 
                                                          Tribune libre

                                                          Le 6 avril 2011, sur France Culture, le « philosophe » Alain-Gérard Slama, chroniqueur au Figaro-Dassault et membre du club Le Siècle, s’épancha très succinctement sur la Synarchie avec Jacques Attali, promoteur d’un gouvernement mondial « démocratique » et d’une Constituante européenne (consulter la première vidéo, à 8min42s). À travers l’entretien ci-dessous, l’historienne Annie Lacroix-Riz nous éclaire sur la Synarchie.
                                                          Photo : Pierre Pucheu et Jacques Barnaud. Source : http://www.parisenimages.fr/

                                                          J.G. : Mme Lacroix-Riz, avant d’aborder les thèses synarchiques en matière d’organisation du monde, la première question semble évidente. Qu’est-ce-que la Synarchie ?

                                                           



                                                          • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:25

                                                            @Vivre est un village

                                                            En 1922, une poignée de financiers français, souvent issus des grands « corps » de la haute fonction publique (inspection des Finances, Conseil d’État, Polytechnique), redonna vie à une société secrète fondée dans les années 1880 par le polytechnicien Saint Yves d’Alveydre, le « Mouvement synarchique d’empire » ou « synarchie ». Les « fondateurs » de cette association comptaient élaborer dans ce cadre étroit le programme qui les doterait de nouvelles institutions idoines. Ainsi seraient-ils débarrassés des obstacles que le régime républicain avait dressés contre leur contrôle exclusif de la politique intérieure et extérieure française. La démocratie parlementaire avait dû concéder à la population certains moyens de défense, créant autant d’entraves à la prise de décisions immédiates sur toutes les questions : le parlement, jugé trop sensible aux desiderata des électeurs, les partis, les syndicats ouvriers, etc. Cléricaux, liés à l’Action française, véritable matrice du fascisme français, ces gens haïssaient la débonnaire république (qu’ils qualifiaient volontiers de « judéo-maçonnique ») presque à l’égal de la révolution bolchevique. Laquelle constituait l’autre obsession majeure de ces milieux financiers qui, en France et ailleurs, avaient perdu en novembre 1917 la tutelle sur l’économie moderne de la Russie que le régime tsariste aux abois leur avait concédée pendant 25 ans.

                                                            Une liste de 1945 des Renseignements généraux de la Sûreté nationale recense onze des douze « fondateurs de la synarchie ». La liste est représentative des piliers de l’économie française, haute banque, Comités des houillères et des forges et grande industrie chimique : 1° banque et finance (frets internationaux et intérêts coloniaux), avec quatre délégués du groupe de Nervo (aussi puissant que méconnu), dont son chef, le baron Léon de Nervo ; deux de la banque Worms, son président, Hippolyte Worms, et son directeur général, Jacques Barnaud ; deux du « groupe Renaudin », puissant au Crédit industriel et commercial, « banque des milieux catholiques ultramontains […] notoirement lié à la finance suisso-allemande » - et « pivot des combinaisons financières du Vatican en France » [1] -, Maxime Renaudin et son gendre Marcel Bourgeois ; 2° le Comité des houillères, avec son président, Henri de Peyerimhoff ; 3° le Comité des Forges, avec « Louis Formery », lié à la fois à « la combinaison Schneider&Cie » et « au groupe [chimique] Kuhlmann » ; 12. inconnu. » [2]. J’ignore si le douzième était un délégué de la haute banque - par exemple la Banque d’Indochine, promise ici à un rôle clé, avec son chef Paul Baudouin - ou du Comité des Forges, mais l’une et l’autre disposèrent ensuite d’une place de choix dans cet aréopage, un peu élargi au fil de l’entre-deux-guerres.

                                                             


                                                          • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:27

                                                            Le choix, pour l’Italie, de la solution fasciste par les milieux financiers, italiens et internationaux (ce pays, très endetté à l’égard de l’Entente, dépendait étroitement de leur bon vouloir) traçait la route. Bailleur de fonds internationaux et grand patronat italien considéraient, avec le soutien du Vatican [3], depuis 1920-1921 Mussolini, fondateur des « faisceaux de combat », comme seul apte à faire payer au peuple italien les conséquences de la crise de reconversion ravageuse de l’après-guerre, aux effets financiers spectaculaires, tant du point de vue de l’énorme « dette » (extérieure et intérieure) que du budget [4].
                                                            Nul ne s’en étonnera à l’heure
                                                            - où les media dominants, en France et dans le reste de l’Union européenne, présentent à nouveau comme « technique » la dictature de gouvernements dirigés, officiellement ou non, par des financiers ès qualités (souvent banquiers), comme dans les cas italien en 1922, puis portugais, avec Salazar, « professeur d’économie » chéri du grand patronat, propulsé en 1928 au ministère des Finances, etc.
                                                            - et où un ex-ministre socialiste, ancien leader d’un courant de la gauche ressemblant comme deux gouttes d’eau à la « gauche » synarchique des années 1930, déclare, le 3 mars 2012, qu’« il ne peut y avoir d’issue en Grèce qu’avec un pouvoir militaire » car « il n’est pas possible de gouverner ce peuple en lui disant qu’il va perdre 25% de son revenu dans les dix ans si on tient à payer toutes les dettes ». Tout recours au scrutin populaire menace la survie d’un programme d’austérité ayant en trois ans déjà privé la masse de la population de 40 à 50% de son salaire réel. Cette fraction de la gauche, qui le déplore, se sent donc désormais en mesure, comme elle l’a fait au cours de la précédente crise systémique du capitalisme, de clamer qu’il convient de se passer d’élections. Je renvoie le lecteur à l’exemple de la république gérée par le parti radical, soutenu officiellement ou non par la SFIO (parti socialiste), entre Chautemps et Daladier (1937-1940) ; sans oublier la contribution directe à cette orientation de l’équipe gouvernementale de Blum, en particulier via son ami Spinasse, éminent synarque évoqué plus loin [5].

                                                            La synarchie se constitua donc en France au moment où la haute finance planifiait une « réforme de l’État » dont les apparentes formules « modernistes » séduisirent jusqu’à la gauche non-communiste, et fortement - Léon Blum en tête [6]. Cette jolie formule masquait la réduction à néant des capacités d’intervention du parlement, élu au suffrage universel et devenu insupportable, si bridé qu’il fût par les détenteurs du véritable pouvoir, économique.


                                                            • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:28

                                                              Quel fut le niveau d’implication du patronat français dans cette organisation ?

                                                              La synarchie, créée en 1922, forme le cœur du grand patronat que le financier et ministre Étienne Clémentel, mentor financier et politique de Laval, avait doté en 1919 d’une organisation nationale de combat (la Confédération générale de la Production française - CGPF) puis en 1920 d’une organisation internationale, la « chambre de commerce internationale ». C’est au sein de cette « Société des Nations des hommes d’affaires » [7], où les grands patrons allemands demeurèrent quand leur gouvernement quitta la SDN (octobre 1933), que se nouèrent les alliances atlantique et « continentale » (allemande) de l’entre-deux-guerres.

                                                              Au cours des années de crise, les synarques intensifièrent le recrutement dans leur milieu d’origine, les grandes écoles dont les élèves partageraient leur carrière entre haute fonction publique et grands postes privés, industriels et bancaires. En juin 1941, le rapport le plus célèbre sur la synarchie, celui du secrétaire général à la police (poste qu’occuperait Bousquet d’avril 1942 à décembre 1943) et directeur général de la Sûreté nationale, Henri Chavin [8], classa ainsi les grands « affiliés » en fonction de leur vivier : « 1° Anciens élèves de l’École Polytechnique (c’est la grande majorité) appartenant à l’administration, à la banque et à l’industrie. 2° Anciens élèves de l’École centrale (quelques clients). 3° Anciens élèves de Sciences politiques (notamment de nombreux inspecteurs des Finances). 4° Conseil d’État (assez nombreux éléments). 5° École normale supérieure (quelques éléments). 6°. Enfin quelques médecins et personnalités diverses » [9].

                                                              La synarchie s’était étoffée depuis 1922 mais son noyau dirigeant restait étroit : en octobre 1937, « les milieux cagoulards » confièrent aux Renseignements généraux que c’était « un Comité secret économique, composé de 30 membres », dont Lemaigre-Dubreuil (maître du groupe Lesieur et autres huiles, dont la Société générale des huiles de pétrole), qui avait chargé certains sicaires de leur propre organisation d’exécuter (le 25 janvier précédent) le (petit) synarque russe Navachine [10]. La liste Chavin des « 46 affiliés les plus importants », déjà mentionnée, souligna l’importance du noyau fondateur de la banque Worms : dirigeants de banques ou d’entreprises et chefs d’administrations, alors ministres ou secrétaires généraux (grande institution étatique vichyste), ils étaient tous, sauf Du Moulin de Labarthète, homme-lige des De Nervo, liés aux banques Worms, Lehideux et d’Indochine. À l’exception de deux recrues « idéologiques » - l’ancien syndicaliste des Postes René Belin, premier lieutenant et successeur présumé de Jouhaux, et le publiciste de droite Jacques Benoist-Méchin -, on n’y trouvait que des hauts fonctionnaires et des cadres dirigeants du groupe Worms : il s’agissait des « animateurs de 1e classe, des hommes qui ne sont pas considérables dans la hiérarchie capitaliste, comme Jean Coutrot, Gabriel Le Roy Ladurie [fondé de pouvoir de la banque Worms] et tant d’autres », beaucoup plus que des « chefs héréditaires de l’économie française, qui ont toujours voulu demeurer dans l’ombre. » [11]

                                                              Le noyau des « Deux Cents Familles » (les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France) formant la synarchie, club de grands banquiers et industriels [12], régnait sur la Confédération générale de la Production française. Celle-ci avait changé de nom en juillet 1936, devenant Confédération générale du patronat français pour rendre plus efficace la guerre de classes, après la sérieuse alerte de mai-juin. Elle avait changé de président, débarquant officiellement l’« animateur de 1e classe » René Duchemin, roi de la chimie lourde (président de Kuhlmann), membre du Comité des experts initiateur en 1926 du programme déflationniste (des salaires) de Poincaré, fondateur du cartel international de la chimie en 1927 et devenu à cette date membre du petit groupe qu’avaient créé en septembre 1926 à Luxembourg les fondateurs (dont la dynastie Wendel) du cartel international de l’acier, le « comité franco-allemand d’information et de documentation » (CFAID) - ancêtre inconnu mais incontestable du Comité France-Allemagne de Ribbentrop de novembre1935 -, régent de la Banque de France depuis janvier 1933, etc. Duchemin fut maintenu au sommet réel de la CGPF, mais, son nom étant officiellement lié à la signature des accords Matignon (8 juin 1936) qu’il fallait rejeter au plus tôt, il fut publiquement remplacé par un « animateur » de moindre rang, l’idéologue Claude-Joseph Gignoux.


                                                              • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:29

                                                                Gignoux était (comme André François-Poncet dans la décennie antérieure) un salarié du Comité des Forges, qui l’avait depuis 1925 affecté à la direction de son quotidien La Journée Industrielle et l’avait en outre, en septembre 1931, chargé de mission dans les structures de collaboration économique avec le Reich mises en place avec la bénédiction l’État, sous une présidence du Conseil de Laval [13]. Ce cagoulard avéré avait été appelé à ce poste pour inciter « les patrons à être des patrons » [14], c’est à dire déclarer la guerre de classe et, entre autres, casser le syndicalisme renforcé par le mouvement de 1936. Sa promotion, je l’ai dit, maintenait intacte la réalité du pouvoir dans la CGPF.

                                                                L’autorité suprême y demeurait détenue par le trio Banque de France, Comité des Forges et Comité des houillères, noyau initial de la synarchie auquel s’était agrégé tout ce qui comptait dans l’économie française : d’Ernest Mercier, magnat de l’électricité et chef d’une des ligues fascistes des années 1920, le Redressement français, à Jacques Lemaigre-Dubreuil, chef d’une des ligues fascistes des années 1930, celle dite des Contribuables, nommé le 15 octobre 1936 délégué des actionnaires de la Banque de France, pour succéder aux « régents » en apparence évincés par la réforme purement cosmétique du 24 juillet. Ces synarques étaient les plus gros bailleurs de fonds, et souvent les adhérents, des ligues fascistes groupées (sans disparaître individuellement) depuis1935-1936 en Cagoule.

                                                                Ils dirigeaient non seulement la politique intérieure du pays, mais aussi sa politique extérieure. Le grand historien des relations internationales Jean-Baptiste Duroselle croyait que « la politique a[vait] devancé l’économie » dans le choix de la politique d’Apaisement envers le Reich [15]. Or, « l’économie », loin de se laisser guider par les hommes politiques, dont elle contrôlait la quasi-totalité, avait elle-même fixé cette ligne depuis 1923-1924. C’est ce grand capital qui avait tramé toutes « les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. » Marc Bloch, qui dénonça, en mars 1944 cette stratégie, jugeait « les responsabilités des militaires français » plus graves que « celles des politiciens comme Laval, des journalistes comme Brinon, des hommes d’affaires comme ceux du Creusot, des hommes de main comme les agitateurs du 6 février » [16].


                                                                • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:29

                                                                  De fait, le groupe qui chapeautait le tout était celui « des hommes d’affaires comme ceux du Creusot » - allusion à Eugène Schneider, chef de Skoda et maître de la Tchécoslovaquie depuis sa fondation sous l’égide de la France victorieuse, puis guide de son abandon consacré par les accords de Munich du 29 septembre 1938. La banque Worms y prédominait, disposant de l’énorme poids bancaire et industriel décrit par le long rapport de juin 1941 rédigé par des confrères et rivaux : « sur les 36 comités d’organisation concernant l’industrie lourde française et les industries de transports[,…] 25 […] sont, par la personne de leur directeur responsable ou par la composition de leur comité, sous l’influence directe de la banque Worms » (et peut-être indirecte dans « les 11 autres »). J’ai résumé dans Le choix de la défaite ce rapport qui dresse la banque Worms en pieuvre et son directeur général Jacques Barnaud en délégué suprême de la synarchie [17] : Barnaud, grimé en chef de cabinet de René Belin, le ministre de la production industrielle et du travail nommé en juillet 1940, guidait l’ancien syndicaliste. C’est lui qui fut l’auteur des deux décrets, signés Belin, créant les comités d’organisation (CO, 16 août 1940) et l’Office central de répartition des produits industriels (OCRPI, 1er septembre 1940) : c’est à dire les mesures phares de « l’économie dirigée » mise au service du Reich jusqu’à l’été 1944 [18]. Darlan, dont le cabinet était un club synarchique quasi pur, nomma en février-mars 1941 Barnaud délégué général aux relations économiques franco-allemandes. L’équipe des synarques avait depuis l’été 1940 investi Vichy, et trusté tous les postes économiques (Pucheu, Lehideux, Bouthillier, Bichelonne, Berthelot, Barnaud, etc.).

                                                                  « En résumé, commenta une note d’octobre 1941 agréée en mars 1945 par les Renseignements généraux, une véritable maffia d’anciens polytechniciens et d’inspecteurs des Finances, groupés au sein d’une société secrète à ramifications internationales, a mis la main sur la quasi-totalité des leviers de commande de l’État, à la faveur de la défaite militaire de mai-juin 40 (sic). Elle organise la mise en coupe réglée de l’économie de notre pays, au profit de puissants intérêts financiers et y associant habilement certains groupes allemands [19] au moyen d’une armature législative et réglementaire nouvelle créée à cette seule fin [CO et OCRPI] et par laquelle les organismes administratifs du Nouvel État français ne sont plus que les services extérieurs de la banque Worms. » [20]


                                                                  • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:30

                                                                    Cette organisation avait-elle également infiltré le mouvement syndical ?

                                                                    Je vais répondre à cette question d’une façon d’autant plus précise que 1° la vérité des sources est aujourd’hui, vu l’abîme d’ignorance sur la période concernée, plus qu’inconvenante, proprement inconcevable ; 2° la crise des années 1930 et l’Occupation ont amené les directions syndicales contrôlées par le grand patronat à accompagner efficacement la guerre inexpiable conduite contre la majorité de la population (comportement aussi largement ignoré) ; 3° les fonctions qu’elles ont assumées alors (et je me borne ici à la CGT, en négligeant la centrale des évêques, la CFTC) n’ont pas constitué un obstacle à leur recyclage, sous le signe de la continuité patronale, dans la phase « américaine » ou « euro-américaine » qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale.

                                                                    L’infiltration de la synarchie dans le mouvement syndical correspondit à sa phase d’expansion politico-idéologique, contemporaine (à partir de 1933-1934) de la fixation définitive de ses plans politiques. La profondeur et la gravité de la crise menaçaient alors de radicaliser à gauche la population, bien au-delà de la classe ouvrière, y compris l’encadrement, à presque tous les niveaux [21]. Ce péril imposait un certain élargissement de la base sociale, extrêmement étroite, de la synarchie. La banque Worms joua dans cet essaimage un rôle majeur. Elle s’était aventurée hors de ses bureaux dès le début des années 1930, confiant la mission d’expansion de son influence dans ses fiefs sociologiques à Jean Coutrot, petit industriel (devenu tel par mariage) dont elle fit son grand agent idéologique et son « recruteur principal » [22]. Ancien polytechnicien (promotion 1913), celui-ci œuvra d’abord dans cette grande école, créant le comité« X-Crise » en 1930-31, comité suivi d’une série d’autres, développés ou rénovés surtout à partir de 1936, et officiellement ou non dirigés ou animés par lui [23].

                                                                    1934 fut une année décisive, tant par le mûrissement des projets synarchiques de destruction du régime républicain - « Plans » tous azimuts de « réforme de l’État » et mise en place définitive de la formule gouvernementale Pétain-Laval, alors respectivement ministres de la Guerre et des Colonies de Doumergue - que par l’accélération du déploiement au sein de la gauche non-communiste.


                                                                    • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:31

                                                                      Depuis février 1934 se dessinait en effet la perspective d’un « front unique » de la gauche qui entraverait le renversement du régime républicain : c’est en effet la profonde division des forces de ce camp qui avait rendu possible l’avènement au pouvoir du fascisme tant en Italie, fin octobre 1922, qu’en Allemagne, fin janvier 1933. Les socialistes et les syndicalistes les plus violemment anticommunistes constituèrent donc, avec les radicaux, la cible de ce recrutement moins élitiste. Ces milieux étant très liés à la franc-maçonnerie, le recrutement alla bon train dans les loges, « à la Grande Loge [droitière] plus qu’au Grand Orient » [24]. Cette méthode de conquête explique que la synarchie ait été souvent qualifiée « de franc-maçonnerie blanche » lors des enquêtes policières de 1937-1938 sur les œuvres des ligues fascistes en général et de la Cagoule en particulier [25]. C’est l’explosion du « scandale » dit du « complot de la synarchie » à l’été 1941 qui imposa, et définitivement, ce dernier terme [26].

                                                                      La synarchie avait financé la scission « néo » de la SFIO (Marcel Déat, Adrien Marquet, etc.), en préparation depuis la fin de la décennie 1920 et devenue officielle en juillet 1933. Ce contact avec des socialistes virant au fascisme offrit le lien idéal avec les cégétistes - tous membres de la SFIO - tentés par la même évolution et séduits par le « Plan », dit « plan de la CGT », mais né hors des milieux syndicaux. Coutrot et les siens visèrent surtout les intimes de Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, chef, donc, du courant « confédéré » - par opposition aux « unitaires » de la CGTU. Le distinguo entre les deux courants, respectivement et globalement socialiste et communiste, fut strictement maintenu après la réunification de la CGT au congrès de Toulouse de mars 1936.

                                                                      Cette tactique patronale rencontra d’autant moins de difficultés que depuis l’été 1934 l’unification syndicale s’opérait sous la seule impulsion des « unitaires » et que la progression des effectifs, nette en 1935, considérable en 1936, leur bénéficiait presque exclusivement. L’anticommunisme des rivaux « confédérés » en fut vivement stimulé, courant dit « centriste » de Jouhaux inclus. Le secrétaire général ne songeait depuis 1920 qu’à « contrecarrer les tentatives faites par les communistes pour s’emparer des leviers de commande du mouvement syndical » [27]. Sa hantise de perdre la direction de la CGT (ce qui avait failli lui arriver en 1920-1921) explique le soutien durable qu’il apporta au confédéré qu’on peut considérer comme la « prise » syndicale la plus spectaculaire de la synarchie : René Belin, son second, fondateur et chef du courant Syndicats. Cette « tendance » avait emprunté son nom à l’hebdomadaire que Belin et son entourage avaient projeté dès le congrès de Toulouse avec le plein soutien de Jouhaux pour faire pièce à la Vie ouvrière « unitaire » : le secrétaire général lui affecta une partie de « la caisse noire » de la CGT, soustraite dès la réunification officielle de mars 1936 à la connaissance et à l’usage des unitaires [28].

                                                                      Champion du « Plan de la CGT » de 1934, lié au socialiste belge Henri de Man qui avait comme les « néos » bifurqué vers le fascisme [29], le socialiste et syndicaliste Belin fut recruté en 1934 ou 1935. Il fut parrainé par Jacques Barnaud, qui fournit à son courant ultra-droitier des sommes plus importantes que l’argent noir de la CGT : le directeur général de la banque Worms remettait « régulièrement au journal Syndicats, dirigé par Belin, les subventions […] reçues par Raymond Froideval [et…] destinées à alimenter la campagne pro-munichoise dans la CGT » [30]. Le financement s’intensifia avec les succès ouvriers de mai-juin 1936, qui firent triompher ce que le confédéré Georges Dumoulin appelait l’« arithmétique lamentable […et] imbécile » des unitaires [31]. Car, à la grande rage des dirigeants de la CGT, les unitaires, qui dirigeaient et impulsaient le mouvement social, avant et en 1936, gagnaient les élections syndicales, surtout chez les ouvriers. Leurs militants se trouvaient donc hissés aux postes de direction à tous les niveaux « ouverts » de la Centrale : syndicats, unions locales et fédérations. Mais leur progression numérique à la tête des organisations s’arrêta là car les confédérés avaient au congrès de Toulouse statutairement verrouillé la direction centrale - Comité confédéral national et commission administrative [32].


                                                                      • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:32

                                                                        La conquête du syndicalisme « raisonnable », en quête désespérée d’appui contre ses adversaires bolcheviques, battit son plein sous le premier cabinet de Front populaire, avec l’aide précieuse du socialiste Charles Spinasse. Nommé par son ami Léon Blum ministre de l’économie nationale, le très droitier Charles Spinasse fit de Jean Coutrot, l’ancien « industriel » financé par la banque Worms, le « conseiller intime » de son cabinet [33]. Le recrutement connut son maximum d’intensité de 1936 à 1938, via les « comités Coutrot » et par diverses voies, telle la revue Les Nouveaux Cahiers.

                                                                        Mis en train après la victoire électorale de la gauche, placé sous la tutelle de Jacques Barnaud, publié à dater du 15 mars 1937 (jusqu’au n° 57, de mai 1940), le bimensuel associa avec efficacité quelques cégétistes (Lucien Laurat) et des transfuges du PCF (Boris Souvarine) au gros bataillon fasciste d’origine des intimes - issus de la haute administration et de la grande entreprise - du directeur général de la banque Worms : y tenaient la plume, outre Barnaud lui-même, Auguste Detoeuf, Raoul Dautry, l’homme de Mercier (y compris au Redressement français), Jean Coutrot, etc.

                                                                        En mars 1946, les industriels Detœuf, synarque important, et André Isambert, synarque moins notoire, tous deux amis « depuis 1930 environ » de Barnaud et de Coutrot, avouèrent à demi les objectifs de l’entreprise : œuvrer à « la disparition de l’esprit de classe », c’est à dire gagner à la collaboration de classe ouverte les cadres de la CGT (de la collaboration franco-allemande tout court ils ne dirent mot [34]). « Notre public se recruta principalement parmi des intellectuels de gauche, des membres du corps enseignant, des fonctionnaires, de jeunes industriels et ingénieurs, des syndicalistes ouvriers. Le Comité de vigilance des Intellectuels antifascistes nous fournit un assez grand nombre d’adhérents ». « Des discussions hebdomadaires », assurant un contact institutionnel régulier, mais ignoré du public salarié - sans préjudice d’autres occasions de rencontre -, préparaient le terrain des articles [35].

                                                                        D’autres « discussions » entre la grande bourgeoisie synarchique et les cégétistes, organisées par Les Nouveaux Cahiers, revêtirent un éclat particulier : les « réunions organisées - journées de l’abbaye de Pontigny -, chaque année, depuis 1936, une, deux ou trois fois par an durant chacune 3 ou 4 jours. » [36] En 1938, la synarchie jugea la scission syndicale et la liquidation de la Tchécoslovaquie assez urgentes pour donner à ses liens avec les syndicalistes dépendants un éclat public exceptionnel : les « entretiens franco-suédois de Pontigny » réunirent du 24 au 27 juin, chez le synarque idéologique Paul Desjardins, de très grands patrons suédois et les dirigeants « de la Landsorganisation [LO] (CGT suédoise) » et leurs homologues patronaux et cégétistes français.

                                                                        Un n° spécial des Nouveaux Cahiers, le 15 juillet 1938, fut consacré à la session, que son hôte Desjardins avait accueillie par ces mots : « nous sommes des Européens qui réfléchissent », sans oublier de célébrer le magnifique « document […] établi en commun » par « ouvriers et patrons ». La revue de Barnaud y fit écho, s’émerveillant des prestations suédoises et citant les réponses respectives du chef syndical, Lindberg, président de LO, et du chef patronal, Söderlund, « président de l’association des employeurs de main-d’œuvre, la CGPF suédoise pour les questions sociales », à ces deux questions : 1° « que pense la CGT suédoise de la nationalisation des grandes entreprises ? R[éponse]. En tant que syndicaliste, cela ne me regarde pas ; en tant que socialiste, j’en suis partisan. » [les syndicalistes cajolés étaient précisément enjoints de pas faire de politique anti-patronale] : 2° que pensent les patrons suédois de la négociation de « conventions nationales » patrons-ouvrier sans intervention de l’État ? « R[éponse]. L’État n’a rien à y voir ». « Aucune allusion ne fut faite aux problèmes français, quoique la plupart des questions posées fussent évidemment inspirées par le souci de ces problèmes. Aucune discussion n’eut lieu », prétendit la revue [37]. On avait au contraire beaucoup « discuté ».

                                                                        Fin octobre 1938, Georges Valois, synarque très anticonformiste, au sens réel du terme [38], et ancien chef du Faisceau, rectifia ce compte rendu pour ses auditeurs du Club du Faubourg : « Dans ce cadre bourgeois [des] réceptions grandioses de M. Desjardins, les militants des syndicats révolutionnaires perdent leurs moyens devant la grandeur du lieu et les attentions dont ils sont l’objet de la part des dirigeants patronaux. […C]es rencontres sont très dangereuses car les militants se trouvent en état de nette infériorité au sujet de la tenue, du langage et des mœurs mondaines. À cette réunion, […] se trouvaient le Jouhaux suédois, les représentants du Comité des Forges et le Mercier suédois ; du côté français, les syndicalistes réformistes [Robert] Lacoste, [Georges] Lefranc et quelques militants de la CGT, non communistes [39]. On a montré […] aux représentants français la bonne entente qui existait entre les syndicalistes et le patronat suédois, confirmée par une promenade à l’abbaye de Vézelay au cours de laquelle les Français ont pu voir le délégué ouvrier suédois donnant le bras à la déléguée du patronat et trinquant avec elle. […D]ans son ensemble la CGT était d’accord pour organiser un rapprochement entre la classe ouvrière et le patronat afin d’établir une paix sociale et de préparer la guerre internationale qui est inévitable » [40].


                                                                        • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:33

                                                                          Ces formules trompeuses, toujours utilisées par ces partenaires d’une « alliance [de classes] étrange » ou contre nature (Marc Bloch) [41], désignaient respectivement la guerre sociale et la quête éperdue d’un accord avec le Reich. Notons pour mémoire que les synarques syndicalistes, aussi liés à l’Allemagne que l’étaient leurs tuteurs patronaux, reçurent dès avant la guerre des financements allemands. Au congrès de la SFIO de mai 1939, Jules Moch, passé par « X-Crise » mais aucunement tenté par le nazisme (notable exception), lança un brûlot : « Une propagande habile, organisée sans doute par la Maison Brune [siège du NSDAP à Paris], a créé un trouble dans nos organisations syndicales » [42]. Les liens entre le camp syndicaliste « pacifiste », les synarques, dont Anatole de Monzie, truchement politique et gouvernemental d’Hippolyte Worms depuis la Première Guerre mondiale et une des « personnalités importantes » de la synarchie [43], et Otto Abetz, délégué de Ribbentrop, pourrisseur de la presse et des partis français pendant toute la décennie d’avant-guerre (avant de régner comme « ambassadeur du Reich » dans Paris occupé de juin 1940 à août 1944), sont avérés dans la phase préparatoire et consécutive à la conférence de Munich [44]. Il reste aux historiens à labourer ce champ quasi vierge, que Marc Bloch, dans L’étrange défaite, a commencé à défricher sans citer ni le nom de Syndicats ni celui de ses chefs unanimes à présenter aux auditoires syndicaux l’Allemagne nazie comme inoffensive ni celui de leurs bailleurs de fonds synarchiques [45]. Cet aspect essentiel des choses fait défaut au Dictionnaire du mouvement ouvrier dit Maitron, quasi muet, muet ou erroné sur les activités des leaders de Syndicats entre 1938 (et surtout 1940) et 1944 [46].

                                                                          Le communiste Pierre Hervé fit écho à Valois en 1945 en rappelant qu’« aux “journées d’information” » de Pontigny de juin 1938, on avait vu « les “syndicalistes” Belin, Lefranc, Lacoste, [Lucien] Laurat [47], conférer et banqueter avec M. Detœuf (de la Banque de Paris et des Pays-Bas), associé d’Ernest Mercier, du trust de l’électricité, administrateur de l’Alsthom), avec M. Guillaume de Tarde (adjoint à Daniel Serruys, de la banque Lazard frères), avec M. [Alfred] Lambert-Ribot ([vice-président] du Comité des Forges) et avec d’autres délégués des banques et des trusts » [48] - tous synarques incontestés, sauf Lambert-Ribot, très probable, en tout cas strictement entouré de synarques [49].

                                                                          Ce genre de manifestations tapageuses perdit en intérêt après les revers subis par la classe ouvrière. La synarchie eut moins besoin d’afficher ses auxiliaires syndicaux après l’échec de la grève générale du 30 novembre 1938 - soigneusement préparé par Jouhaux et Belin, en compagnie notamment des synarques du ministère des travaux publics Anatole de Monzie et Jean Berthelot [50] - et la répression consécutive, étapes cruciales du « Munich intérieur ». Barnaud put signer dans le n° 36 des Nouveaux Cahiers du 15 décembre 1938 un éditorial triomphant, « Après la grève générale ». Le grand banquier y enjoignait le syndicalisme congru de rendre définitif le fiasco des « représentants communistes qui l’avaient réclamée » en fonction de « considérations politiques, notamment de politique étrangère ». Il avouait son impatience de les chasser des syndicats : « la seule “victoire” du patronat devrait consister dans l’espoir de voir, à la suite de cette journée, la classe ouvrière mettre partout à la tête de ses multiples organisations syndicales des hommes de valeur, compétents, désintéressés, et jouissant d’une autorité incontestée sur les adhérents de leurs syndicats. » [51]

                                                                          Moins d’un an plus tard, cette alliance permit de « mettre partout à la tête [des…] multiples organisations syndicales » les confédérés bénéficiaires de cet éloge indu : peu « désintéressés » et sans « autorité » sur les masses ouvrières, ils durent prendre d’assaut des syndicats aux effectifs en chute libre. L’État et son appareil policier et judiciaire assurèrent à dater de septembre 1939 la mise sous les verrous et la traduction en justice des dirigeants unitaires, que leurs adversaires avaient évincés de la CGT sous prétexte de non-condamnation du pacte germano-soviétique. Le grand patronat synarchique rendit ainsi aux chefs confédérés la mainmise, très ébranlée depuis 1935-1936, sur les syndicats « épurés » : il plaça là les courants « centriste » (de Jouhaux) et Syndicats (de Belin) grâce à la mise hors-jeu des adversaires communistes voués à la prison ou à la clandestinité par le décret du 26 septembre 1939 interdisant le parti communiste et organisations associées ou assimilées (et autres décrets semblables). Il leur garantit simultanément la pérennisation de cette hégémonie forcée.


                                                                          • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:34

                                                                            Sur fond de catastrophe sociale - une pluie drue de décrets-lois sociaux destructeurs des acquis, notamment salariaux, du Front populaire -, trois industriels synarques - Raoul Dautry, désormais ministre, chargé, à l’Armement, de parachever le sabotage de l’économie de guerre française, et deux piliers du Comité des Forges et de l’UIMM, Lambert-Ribot et Jacques Lenté -, signèrent le 7 octobre 1939 les « accords du Majestic » avec deux chefs confédérés : Léon Jouhaux et un délégué de la métallurgie, Léon Chevalme, héraut depuis février avec Marcel Roy, autre secrétaire confédéré des Métaux, de la baisse des salaires de l’aéronautique [52]. L’entrevue « se termina par une déclaration lyrique sur la “collaboration patronale, ouvrière et gouvernementale” pendant la durée des hostilités » [53] : elle annonçait « une ère de progrès dans la liberté, la concorde et le respect des droits individuels et collectifs pour l’humanité entière » [54]. Sous l’emphase mensongère se nichait l’essentiel : Jouhaux et Belin avaient obtenu que les délégués ouvriers, élus par leurs pairs depuis les accords Matignon, fussent « nommés » sur proposition des« organisations syndicales les plus représentatives ». Le décret-loi du 19 novembre 1939 consacra ce « moyen d’éliminer les unitaires » [55] (jusqu’à la Libération). Ces bienfaits furent octroyés, je l’ai dit, en plein effondrement du syndicalisme, abyssal dans les Métaux, fief unitaire, surtout en région parisienne [56].

                                                                            Cette collaboration confédérés-grand capital-État aboutit à placer dans les cabinets ministériels de la Drôle de guerre les chefs de Syndicats. Ils conservèrent leurs strapontins sous Vichy [57], en dépit de la suppression officielle de la CGT, réalisée par décret de novembre 1940 signé de Belin lui-même. Qu’on réfléchisse au sens que les bailleurs de fonds et tuteurs du « ministre » en titre, ancien lieutenant de Jouhaux promis à sa succession à la tête de la CGT, avaient affecté à ce que leur obligé prît la responsabilité personnelle de la liquidation du syndicalisme ouvrier. Le centre des prébendes allouées pour services rendus aux « hommes de valeur » loués par Barnaud fut le cabinet de Belin, ministre de la Production industrielle (PI) et du Travail de juillet 1940 à février 1941, puis, jusqu’en avril 1942, du Travail seul. Car la synarchie de haut rang prit officiellement en mains la PI à partir du cabinet Darlan, de février 1941, jugeant désormais la « couverture » syndicale inutile. Ce contrôle direct perdura jusqu’à la Libération : Pucheu fut investi ministre-secrétaire d’État en mars 1941 (Vichy et Berlin s’étaient à un moment donné entendus sur Baudouin [58], les synarques étant interchangeables). Pucheu, « ancien directeur général des usines Japy » (machines de bureau, propriété à 100% de la banque Worms) et chef des exportations du comptoir sidérurgique, et, depuis « la fin 1940, […] président du CO des machines de bureau, puis de celui des industries mécaniques », succédait de fait à ce poste à Barnaud, qui fut alors doté de la Délégation générale aux relations économiques franco-allemandes. Bichelonne, autre élu de la synarchie et du Comité des Forges, secrétaire général de la PI depuis l’été 1940, remplaça au poste de ministre son ami Pucheu d’avril 1942 à août 1944 [59].

                                                                            En cette ère Laval, les riches aumônes versées aux anciens chefs de Syndicats installés au ministère du Travail furent maintenues sous les successeurs de Belin, Hubert Lagardelle, placé sous la stricte férule de Bichelonne (comme naguère Belin sous celle de Barnaud), puis Bichelonne lui-même, qui ajouta le Travail à la PI en novembre 1943. Mais il y eut bien d’autres havres vichystes, tels leConseil national, qui accueillit 18 des lieutenants du (faux) ministre Belin [60], et les nombreux organismes du style COSI (Comité de secours immédiat aux sinistrés) [61]. Le syndicalisme félon avait, officiellement, endossé l’assassinat du syndicalisme indépendant (du patronat), mais conservé ou amélioré ses sinécures.


                                                                            • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:35

                                                                              Belin lui-même, gratifié fin 1941 de la francisque (n°808) avec le parrainage de deux insignes synarcho-cagoulards, DuMoulin et Ménétrel [62], fut, à son éviction gouvernementale d’avril 1942, recasé par ses bienfaiteurs à la présidence de la « Caisse de prévoyance des employés des usines d’énergie électrique et du gaz ». Il y demeura jusqu’à sa « fuite en août 1944, quelques jours avant l’insurrection de Paris ». En mai 1945, époque où policiers et magistrats décrivaient encore parfois des hommes de Vichy en termes « résistants », « l’inspecteur spécial » de la PJ Vilatte, chargé de l’enquête de Haute-Cour visant Belin, décrivit ainsi l’ancien ministre « reconnu comme collaborant en plein avec les Allemands. Ambitieux, vulgaire, plein de mépris pour l’idéalisme populaire, tout gonflé par les égards intéressés que lui prodiguaient les salons conservateurs, les polytechniciens, l’Inspection des Finances et les trusts » [63]. Il convient de traduire cette dernière liste par « synarques » : le même Vilatte était d’ailleurs chargé d’une enquête approfondie « sur la synarchie » et sur les grands synarques [64].

                                                                              Auprès de Belin œuvraient sous l’Occupation d’autres synarques de rang inférieur : tels Laurat, ancien responsable de la formation économique à l’institut supérieur de la CGT ; son pair Georges Lefranc ; Froideval, chef de cabinet de Belin et « membre du comité d’honneur du cercle européen » [65], si collaborationniste - « un brave homme, adversaire du communisme », déclara le 25 décembre 1940 Ernst Achenbach, le conseiller d’Abetz à l’ambassade d’Allemagne à Paris, à Darlan [66] - que le Reich l’appréciait encore plus que Belin : le projet de scission du ministère Belin prévoyait alors d’attribuer « la production à M. Baudouin et le travail à M. Froideval, chef syndicaliste proposé par les Allemands. » [67] Francis Million avait été gratifié, comme Jouhaux, d’un strapontin au conseil général de la Banque de France après la loi de « réforme » du 24 juillet 1936 : il couvrit avec zèle la politique de déflation des salaires et d’inflation des prix industriels sous la république agonisante avant d’être promu, auprès de Belin, secrétaire général à la main-d’œuvre sous le cabinet Darlan, etc.

                                                                              Entre autres missions collaborationnistes - dont l’achèvement du syndicalisme ouvrier via la Charte du travail d’octobre 1941 -, ces anciens cégétistes assumèrent la responsabilité des préparatifs puis de la mise en œuvre du service du travail obligatoire. La question du « recrutement de la main-d’œuvre française pour l’Allemagne » fut explicitement posée par l’occupant à Vichy dès le printemps 1941. Elle devint cruciale dès l’été [68], avec l’effondrement brutal du Blitzkrieg dans les plaines russes [69]. Belin réussit à faire parfois en la matière mieux que son maître, ainsi le 14 janvier 1942, où les Allemands s’en félicitèrent : Barnaud a invoqué contre la propagande du gouvernement français en faveur du recrutement des travailleurs français pour le Reich « qu’une semblable déclaration donnerait un nouvel essor à la campagne communiste et gaulliste. Par contre le ministre Belin trouvait tout à fait souhaitable que l’on publiât cet appel. Ensuite, après avoir écouté l’explication de Belin, les autres délégués français se sont déclarés prêts à y consentir. » [70]


                                                                              • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 10:36

                                                                                Dès la mi-janvier 1942, trois mois avant retour de Laval, plus d’un an avant le décret officiel sur le STO (du 16 février 1943), c’est un trio synarchique, Belin, encadré par ses tuteurs Barnaud et Lehideux, qui symbolisa la propagande officielle française en faveur du travail forcé dans le Reich : « Dans une réunion qui a eu lieu chez le commandant militaire en France et à laquelle assistaient les représentants de l’ambassade, de l’état-major et du Grand État-major, les ministres français Barnaud, Belin et Lehideux se sont déclarés prêts à soutenir de leur mieux désormais le recrutement d’ouvriers français pour l’Allemagne, tant au moyen d’une déclaration officielle du gouvernement que par n’importe quel autre moyen approprié. La déclaration du gouvernement va paraître dès que les délégués du gouvernement français, chargés de veiller aux intérêts matériels et moraux des ouvriers français en Allemagne, prendront leur fonction. » [71].

                                                                                Certains des synarques syndicaux, auxiliaires précieux pour neutraliser - à défaut de (re)conquérir - la classe ouvrière et les salariés, prirent leurs distances avec Vichy beaucoup plus tôt. La synarchie put, aux débuts de la Pax Americana, user de leurs services plus tôt ou plus ouvertement que de ceux des vedettes de Syndicats, condamnés à une certaine discrétion. À leur tête figura Robert Lacoste, ancien secrétaire de la Fédération générale des fonctionnaires de la fonction publique et ministre socialiste de la PI après la Libération : c’est lui qui, en septembre 1945, dénonça à André Tixier, son collègue socialiste de l’intérieur, l’infâme Belin, stipendié par Barnaud pour faire de la propagande munichoise « et surtout […] réduire à l’impuissance, par la calomnie, la tendance confédérale patriote et anti-allemande que dirigeaient Léon Jouhaux, Louis Saillant et moi-même. » [72] C’était oublier qu’ils avaient assidûment fréquenté les mêmes cercles patronaux synarchiques, et que Lacoste avait autant que Belin « f[a]it avant-guerre une intense propagande en faveur de l’économie dirigée et de la planification industrielle » [73]. La CGPF - devenue Conseil national du patronat français (CNPF) en 1946 - fit de septembre 1944 à février 1950 de sa « tête de pont au parti socialiste » un ministre inamovible de la PI, puis « de l’industrie », puis « de l’industrie et du commerce » - exceptée la courte parenthèse du communiste Marcel Paul (novembre 1945-novembre 1946) [74]. Le politiste américain Henry Ehrmann, qui prétendait douter de l’existence de la synarchie mais dont chaque page ou presque de l’ouvrage La politique du patronat français 1936-1955 confirme la réalité, a décrit les « contacts étroits » entre Lacoste et « certains chefs du mouvement patronal » (tous synarques) [75].

                                                                                Tous les synarques syndicaux qui n’avaient pas brûlé leurs vaisseaux entre l’été 1940 et la Libération reprirent du service cégétiste officiel après que la Pax Americana eut remplacé l’ère allemande. Ceux qui avaient été définitivement exclus des syndicats continuèrent à servir le grand patronat synarchique, Belin et Laurat compris. Ils contribuèrent, auprès du patronat français et des nouveaux protecteurs américains, à la scission syndicale de 1947-1948 (entre CGT et Force ouvrière). Parmi eux, Georges Albertini, auxiliaire de la banque Worms avant et pendant la guerre, protégé de Bichelonne, mérite mention. À ce lieutenant de Marcel Déat au Rassemblement national populaire, alias Claude Varennes, sorti de Fresnes en février 1948, Hippolyte Worms en personne attribua aussitôt un bureau au siège de sa banque et la fonction y afférente. Financé par la banque Worms, le CNPF et la CIA - dernière donnée mieux connue [76]que le financement allemand d’avant-guerre à Syndicats -, l’ancien socialiste et syndicaliste anima presque jusqu’à sa mort (1981) l’inusable croisade anticommuniste et antisoviétique [77].

                                                                                Entretien également publié par Agoravox.


                                                                                • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 13:03

                                                                                   Dans le Pacte synarchique révolutionnaire pour l’Empire Français, l’« Union fédérative de l’Europe » ainsi que « les cinq fédérations impériales du monde actuel, déjà formées ou en formation, comme base d’une Société Universelle des Nations », sont évoquées. Cela semble être dans la lignée de ce que vous avez mentionné dans votre conférence-vidéo, Intégration européenne sous le contrôle du Reich et plans américains pour une unification de l’Europe, à partir de la 44 ième minute ?

                                                                                  J’ai fait allusion à la réception à l’ambassade d’Allemagne, le 7 septembre 1941, de quinze personnalités françaises, parmi lesquelles six synarques - ministres recensés sur la liste Chavin des « 46 affiliés les plus importants » : Barnaud, délégué général aux relations économiques franco-allemandes, Jacques Benoist-Méchin, secrétaire d’État auprès du chef du gouvernement, Bichelonne, secrétaire général (et futur ministre en avril 1942) de la production industrielle, Bouthillier, ministre des Finances, Lehideux, ministre de la PI (successeur de Pucheu), et Pucheu, ministre de l’intérieur. Les autres hôtes, industriels ou/et banquiers ès-qualités, le plus souvent présidents du comité d’organisation de leur branche, étaient également synarques, plus ou moins notoires, tel Henri Ardant, président de la Société générale et du comité d’organisation des Banques [78].

                                                                                  Cette manifestation mondaine franco-allemande eut lieu dans la phase la plus intense de la collaboration. L’enthousiasme avait été délirant depuis les premiers mois de 1941, pour la guerre prévue et attendue contre l’URSS : c’était la cible obsessionnelle, depuis novembre 1917, de la grande bourgeoisie française en général et de la synarchie en particulier. À la fin de l’été 1941, l’allant pro-allemand demeurait très élevé, bien que le Blitzkrieg apparût déjà en difficulté à l’Est. On était fort avancé dans la mise en œuvre des vastes projets « européens » communs, des cartels aux sociétés mixtes en passant par les cessions de titres français aux financiers allemands et les aryanisations partagées [79]. À cette occasion, « le banquier Ardant exprim[a], d’accord avec Pucheu et Bichelonne, l’espoir que les plans allemands seraient assez vastes pour décider la suppression des frontières douanières et créer une monnaie unique pour l’Europe. “Cette prise de position sans équivoque du président de la Société Générale qui doit être actuellement désigné comme le premier et le plus important des banquiers français semble particulièrement importante” », commenta le rédacteur allemand du compte rendu [80].

                                                                                   


                                                                                  • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 15:58

                                                                                    En cette ère de triomphe politique absolu, la synarchie qui avait investi le cabinet Darlan proclamait les objectifs que ses auxiliaires syndicaux avaient glorifié dans les colonnes des Nouveaux Cahiers en pleine drôle de guerre. Ainsi Lucien Laurat avait-il signé, dans le n° du 1er novembre 1939, un article piaffant d’impatience sur les développements franco-allemands imminents, malgré son faux-semblant de traitement du Reich en État ennemi : « Après la guerre il faudra gagner la paix ». Le lecteur pourra aisément supprimer, pour mieux lire ce programme commun, la phrase de pure convenance : « L’Allemagne, en faillite avant même d’avoir déchaîné la catastrophe, le sera encore plein plus après avoir perdu la Guerre » : « Seule l’unification économique de l’Europe nous paraît susceptible de faciliter la solution des problèmes économiques et financiers de l’après-guerre immédiat […L]e passage de l’économie de guerre à l’économie de paix » ne trouvera de solution « que sur le plan européen. Il s’agira de payer la note. L’Allemagne, en faillite avant même d’avoir déchaîné la catastrophe, le sera encore plein plus après avoir perdu la Guerre. L’Europe ne pourra trouver les fonds nécessaires à sa restauration qu’en procédant à la compression sévère de tous ses faux-frais, à la rationalisation de sa structure économique. Là encore, la solution qui s’impose nous paraît être la création d’une économie pan-européenne sur la base de certaines réformes de structure à réaliser sur le plan intérieur des grandes nations de notre continent. » [81]

                                                                                    Cette frénésie germano-européenne, affichée sans pudeur depuis Munich, explosa dans la phase allemande ascendante de l’Occupation [82]. Elle n’a aujourd’hui pas droit de cité académique, car la passion « européenne » a conduit l’historiographie dominante à entraver la connaissance historique tirée des sources d’avant-guerre et de guerre. Les auteurs et tuteurs de la bibliographie « officielle » du programme des concours d’histoire de 2007-2009, tout à leur objectif d’expier le NON au référendum de mai 2005, en endoctrinant les futurs enseignants à coup d’« europtimisme » à prétentions scientifiques, ont postulé une parenthèse de guerre 1939-1945 dans les plans « européens » : de tels plans, présumés fort aimables et pacifistes avant-guerre, et au moins aussi plaisants après mai 1945, ne pouvaient naturellement coexister avec pareil conflit qualifié d’« idéologique » [83].

                                                                                    Ce choix, politique, idéologique et non scientifique, a eu pour condition sine qua nonune reconstitution a posteriori des faits démentie par les archives originales. L’Occupation ne fut pas caractérisée par un « trou noir » ou une « rupture » dans les plans « européens » de la synarchie, qui avait été étroitement liée, dès l’avant-guerre, au « clan Goering ». Les « milieux bien informés » n’ignoraient pas ces liens, de plus en plus nettement perceptibles depuis Munich. Le patriote Raymond Brugère, « seul diplomate » démissionnaire le 17 juin 1940 [84], avait comme ambassadeur à Belgrade (novembre1938-juin1940), « en la personne de Neuhausen, connu certaines tentacules [des] groupes allemands du système Goering » : Goering, délégué gouvernemental de la sidérurgie, et Frantz Neuhausen, son « ami personnel » et consul général d’Allemagne à Belgrade [85], traitaient quasi ouvertement en Yougoslavie avec « Hippolyte Worms et son équipe », adeptes d’« une politique bancaire prétendument “réaliste” » [86].

                                                                                    L’Occupation ne fit que développer cette intense collaboration d’avant-guerre, qualifiée d’« européenne » ou de « continentale », sous tutelle allemande et en tous domaines. Elle permit aux partenaires de poser des jalons décisifs pour l’« Union européenne » postérieure à la guerre, y compris en matière de mariages de capitaux. Les réalisations de ce temps furent dignes du texte du télégramme que Franz von Papen, alors ambassadeur d’Allemagne à Ankara [87], adressa à « [s]on ami de longue date Benoist-Méchin », qui se targuait en permanence de la puissance politique de « [s]on groupe » (de synarques), pour le féliciter de son maintien dans le cabinet Laval d’avril 1942 : “Recevez mes meilleurs vœux pour le changement décisif qui se dessine ces jours-ci dans l’histoire de la France. Je suis plus que jamais convaincu que l’édification de la nouvelle Europe est assurée, si nos deux peuples affrontent au coude à coude la rénovation sociale de ce continent” » [88].

                                                                                    Il fallut simultanément s’adapter à la perspective de plus en plus certaine - depuis la mort du Blitzkrieg - de Pax Americana et d’intégration de ces plans aux plans « européens » des États-Unis [89].


                                                                                    • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 15:59

                                                                                      Que vous inspire l’appel lancé par les confédérations patronales française, allemande et italienne en octobre 2011 à davantage d’intégration européenne, ainsi que les « bonnes affaires » réalisées actuellement par le patronat allemand en Grèce ?

                                                                                      La conjoncture actuelle présente des similitudes frappantes avec les pratiques qui ont tenté de parer, depuis 1914, à ce que Lénine appelait « crise générale de l’impérialisme » [90]. Les gouvernements prétendument « techniques » ou d’« union nationale » qu’on nous fait valoir en Grèce et en Italie regroupent les mêmes forces socio-économiques que les formules fascistes que les milieux financiers ont imposées à la plupart des pays du continent européen à partir des années 1920. Je vous renvoie à cet égard à mes travaux sur l’entre-deux-guerres.

                                                                                      Pour terminer, depuis plus d’un an, vous luttez contre la vaste entreprise de réhabilitation de Louis Renault, et avec lui, du haut patronat français sous l’Occupation. Qu’en est-il aujourd’hui de votre combat ?

                                                                                      Ce combat se poursuit activement, d’autant plus que les héritiers, qui avaient le 9 mai 2011 assigné l’État - autrement dit le contribuable - en indemnisation des actifs industriels de Louis Renault confisqués par l’ordonnance du 16 janvier 1945, ont interjeté appel de la décision prise le 11 janvier 2012 par le TGI de Paris de ne pas transmettre au Conseil constitutionnel ladite assignation.

                                                                                      L’interview ayant été longue, le lecteur pourra « souffler » avant de trouver réponse à la question en consultant 1° la rubrique « Dossier Renault » de mon site, www.historiographie.info, 2° ma liste de diffusion (s’inscrire via le site), sachant que les textes déjà diffusés sont systématiquement versés à la rubrique « Dossier Renault » susmentionnée ; 3° le site de l’association « Esprit de Résistance » fondée en juillet 2011, http://www.espritderesistance.fr/. Y ont été versés, d’une part, les textes que j’ai rédigés sur la question depuis février 2011, et, d’autre part, des copies ou transcriptions de documents, incontestables sur la collaboration économique, politique et policière, de Louis Renault et de la direction de ses usines, collaboration sans réserves qui prolongea et aggrava sous l’Occupation des pratiques d’avant-guerre.

                                                                                      La réédition d’Industriels et banquiers français sous l’Occupation tiendra compte de nombreux éléments nouveaux fournis par les sources dépouillées depuis la parution de l’ouvrage (1999) : en particulier par l’énorme fonds de Haute-Cour (microfilmé) relatif à Lehideux et au Comité d’organisation de l’automobile (3W, 217 à 234), dont la consultation m’a demandé un an de travail, et par les archives des Renseignements généraux de la Préfecture de police, très intéressantes sur la politique répressive et sur les modalités de l’exploitation ouvrière aux usines Renault (Boulogne-Billancourt seulement), tant avant que pendant l’Occupation (BA 2135 et 2136).


                                                                                      • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:00

                                                                                        Cette correspondance originale alourdit encore le tableau du collaborationnisme général de celui que ses héritiers en quête d’indemnisation osent depuis janvier 2011 présenter comme une victime de De Gaulle et de la Résistance communiste, accueillis en toute quiétude par les grands media : jusqu’ici, les journalistes leur ont épargné l’épreuve d’être confrontés à la thèse inverse. Certains des textes que j’ai rédigés sur la question évoquent la responsabilité de la grande presse, écrite et audio-visuelle, dans le négationnisme médiatique organisé sur l’affaire Renault. Ceux qui ont lu ou liront Le choix de la défaite ne seront pas surpris des similitudes entre les mœurs de la presse « gleichshaltée » de 1938-1940, financée par les marchands de canon et la haute banque (Alexander Werth), et celles de la presse contrôlée aujourd’hui par les mêmes milieux. Le service public de télévision s’est pour sa part illustré dans la défense et illustration de Louis Renault et de ses héritiers souffrants, y compris en inventant une fallacieuse « historienne » allemande ayant naguère œuvré sur commande de Mme Hélène Dingli-Renault, petite-fille de Louis Renault, et de son mari Laurent Dingli, historien officiel des héritiers Renault. Vous avez, sur votre site, publié ma lettre ouverte de protestation contre l’engagement réitéré de Gérard Grizbec au service de ces derniers (http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article573) - ainsi que bien d’autres textes sur le dossier. Je vous en remercie, ainsi que tous les vaillants amis de l’histoire qui, sur la toile, secondent la mission d’information historique et civique si gravement compromise par le monopole exercé par les puissants sur les grands media.

                                                                                        J’ai souvent l’occasion, depuis 2011, de traiter du dossier Renault, notamment devant des auditoires de syndicalistes. Le lecteur pourra notamment consulter le n° 39 des Cahiers d’histoire de la Métallurgie CGT, mars 2012, qui reproduit une conférence sur « La collaboration du patronat » donnée le 28 avril 2011 à l’institut CGT d’histoire sociale (http://www.ftm-cgt.fr). J’y ai dit, et oublié de corriger sur la version écrite, que Villers-Saint-Sépulcre était dans la Somme : c’est dans l’Oise, avec mes excuses... Mes amis Alain et Michel Le Thomas, des Films de l’an 2 (http://vimeo.com/user4868631), ont enregistré les débats de la session de formation et discussion organisée par l’institut CGT d’histoire sociale de la chimie, les 20 et 21 mars 2012 (http://vimeo.com/38994792).

                                                                                        Le 8 juin, je traiterai à Limoges du thème « La collaboration patronale : l’exemple de Louis Renault », à 20h, salle Blanqui n°3 (derrière l’Hôtel de Ville).

                                                                                        Entretien également publié par Agoravox.


                                                                                        • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:02

                                                                                          Notes :

                                                                                          Toutes les allusions sont explicitées par mes ouvrages : Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), 2e édition, 2010 ; Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, 2e édition, 2010 ; De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, 2008 ; Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, 1999, Paris, Armand Colin (réédition très approfondie en cours, à paraître en 2013) ; et mes articles : « La synarchie de l’entre-deux-guerres à l’après-Libération » : 1e partie, « La direction de la synarchie (1922-années 1930) », La Raison, n° 562, juin 2011, p. 17-21 ; 2e partie, « La stratégie putschiste de la synarchie 1933-1939 », La Raison, décembre 2011 ; « Des champions de l’Ukraine indépendante et martyre à l’institut d’histoire sociale », sur mon site www.historiographie.info ; « La scission de 1947 (1943-1947) », in Pierre Cours-Salies et René Mouriaux, dir., L’unité syndicale en France, 1895-1995, Paris, Syllepses, 1997, p. 31-50. D’autres références sont fournies dans le texte des notes.

                                                                                           

                                                                                          [1] Cette incise, Renseignements généraux de la Sûreté nationale (RGSN), X.P. 2, Paris, 14 mai 1946, « Les agissements financiers du Vatican », Archives nationales (AN), F7, vol. 15292, milieux religieux, église catholique, attitude politique des évêques et archevêques sous l’Occupation. Source du reste, n. suiv.

                                                                                          [2] RGSN, note sans date, de 1945 (d’après son texte), « Fondateurs du Mouvement synarchique d’empire ».

                                                                                          [3] Contribution du Vatican aux solutions fascistes nationales, France incluse, Vaticanpassim (et, spécifiquement sur la France, Choix et Munich).

                                                                                          [4] Douglas J.Forsyth, The Crisis of Liberal Italy : Monetary and Financial Policy, 1914–1922, Cambridge, Cambridge University Press, 1993.

                                                                                          [5] Détails, Choix et Munich, et infra.

                                                                                          [6] Ilan Greilsammer, Blum, Paris, Flammarion, 1996, 2e et 3e parties, passim ; Lacroix-Riz, « Léon Blum et la pratique du pouvoir en 1936 et 1946 », colloque « Socialisme, république et démocratie », université Lille II et III (CRAPS et IRHiS), 17-18 novembre 2006, Actes non publiés, sur www.historiographie.info (et n. préc., index Blum).

                                                                                          [7] A-2850 sur la CGPF, 3 avril 1933, F 7, 13430, renseignements sur l’Allemagne, 1933, AN.

                                                                                          [8] Que mes collègues tenants de la thèse du mythe de la synarchie présentent, depuis l’article « fondateur » et truffé d’erreurs de Richard Kuisel, « The legend for Vichy synarchy », French historical Studies, vol. VI-3, printemps 1970, p. 365-398, en policier de second rang rédigeant des rapports de fantaisie : champion français de la méthode, Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 1998. Discussion, Choix, chap. 1. J’ai sollicité en vain depuis 2006 et la première édition du Choix un débat académique sur l’existence de la synarchie.

                                                                                          [9] Rapport Chavin, juin 1941, souligné dans le texte, F7, 15343, Synarchie : études, rapports, coupures de presse, 1941-1948, AN.

                                                                                          [10] Renseignements généraux de la Préfecture de police (RGPP), 8 octobre 1937, dossier Moreau de la Meuse, archives de la Préfecture de police (APP), BA, 1903, Cagoule. Sur Navachine, Choix, index.

                                                                                          [11] Lettre interceptée en Haute-Savoie d’un excellent observateur de longue date de la synarchie, 26 novembre 1941, AN, 3W 222, Lehideux Synarchie (deux bobines complètes de microfilm sur « la synarchie qui n’existe pas »). Sur Belin, cf. infra. Liste des 46 en italique, Choix, p. 35-37 : Hippolyte Worms n’y figurait même pas.

                                                                                          [12Choix, chap. 1 et passim (listes de 1942-1943), résumé et tableau, Munich, p. 386-387.

                                                                                          [13Op. cit., index nominal.

                                                                                          [14Patrons, soyez des patrons !, brochure de Gignoux, 1937.

                                                                                          [15] Jean-Baptiste Duroselle, Politique étrangère de la France, la décadence 1932-1939, Paris, Le Seuil, 1983 (1è éd., 1979), « Munich et l’économie », p. 372-381, citation p. 375.

                                                                                          [16] Marc Bloch, Cahiers politiques n° 8, « À propos d’un livre trop peu connu », in L’étrange défaite, Paris, Gallimard, 1990 (juillet-septembre 1940, 1ère édition, 1946), Paris, Gallimard, 1990 (juillet-septembre 1940, 1ère édition, 1946), p. 253.

                                                                                          [17] 70 CO regroupaient alors l’économie française. Rapport bancaire de juin 1941, PJ 40, Barnaud, APP, cité Choix, p. 551-552.

                                                                                          [18] Lacroix-Riz, Industriels, chap. 3-4, et « Les comités d’organisation et l’Allemagne : tentative d’évaluation », in Hervé Joly, dir., Les comités d’organisation et l’économie dirigée du régime de Vichy, Caen, Centre de recherche d’histoire quantitative, Seconde Guerre mondiale, 2004, p. 47-62.

                                                                                          [19] Sur ses liens avec le « groupe Goering », infra.

                                                                                          [20] Note sur la Société secrète polytechnicienne dite Mouvement synarchique d’empire, 4 octobre 1941, jugée ainsi par un rapport des RGSN de mars 1945 : « étude […] extraite d’une documentation quelque peu partiale étayée par des conversations particulières [des RG] avec des adversaires du mouvement. Dans son ensemble ce travail, bien qu’incomplet, donne malgré tout, une idée assez précise de l’existence, de l’activité et des buts de la synarchie », dossier MSE, GA, M 3, APP. Les RG marchaient sur des œufs dans ce dossier, Lacroix-Riz, Choix, chap. 1.

                                                                                           


                                                                                          • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:03

                                                                                            [21] IngoKolboom, La revanche des patrons. Le patronat français face au Front Populaire, Paris, Flammarion, 1986.

                                                                                            [22] RG ou informateur, « Le complot », sd, après 15 février 1945, F7 15343, AN.

                                                                                            [23] « Comités Coutrot », Choix, chap. 1, 4 et 6, notamment p. 54 et 250-258.

                                                                                            [24] « Rôle du patronat dans la genèse et la conduite de la guerre actuelle », RGSN, août 1943, manuscrit : XP/150 Source indirecte, F7 15343, AN.

                                                                                            [25] Audition d’Olivier Rist, neveu du banquier Charles Rist, Olivier, ancien PSF (Croix de Feu) désormais cagoulard, rapport de l’inspecteur Mayzaud, Paris, 21 décembre 1938, « Enquête Jolly », Affaire Navachine, I, APP.

                                                                                            [26] Lacroix-Riz, Choix, chap. 1.

                                                                                            [27] RGPP, 11 septembre 1941, GA, J 4, Jouhaux, APP.

                                                                                            [28] Bernard Georges, Denise Tintant et Marie-Anne Renauld, Léon Jouhaux dans le mouvement syndical français [1921-1954], Paris, PUF, 1979 p. 149-150 et 181-182 sq.

                                                                                            [29] Note synarchie-Coutrot 1941, sans référence, F7 15343, AN.

                                                                                            [30] Lettre de Robert Lacoste, MPI, au MI, 24 septembre 1945, PJ 40, Barnaud, APP.

                                                                                            [31] Compte rendu 25e Congrès CGT novembre 1938, PDF site institut d’histoire sociale CGT, p.181-182.

                                                                                            [32] Lacroix-Riz, « Unitaires et Confédérés d’une réunification à l’autre (1934-1943) », Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, n° 15, 1983, p. 31-58 ; Munich, chap. 3 ; in Pierre Cours-Salies et René Mouriaux, dir., L’unité syndicale en France, 1895-1995, Paris, Syllepses, 1997.

                                                                                            [33] Citation, note IG des RGSN, 15 avril 1941, F7 15343, AN.

                                                                                            [34Cf. infra.

                                                                                            [35] Témoignages respectifs à H. Mathieu, 24 janvier et 8 mars 1946, PJ 40, Barnaud, APP.

                                                                                            [36] Rapport Chavin, juin 1941, F7 15343, AN.

                                                                                            [37Nouveaux Cahiers, n° 29, 15 juillet 1938, 3W 51, dossier de Haute-Cour de Jacques Barnaud, AN.

                                                                                            [38] Ce terme, très utilisé par les intéressés eux-mêmes et par Olivier Dard, masque le plus souvent celui de fasciste (ligueur, synarque, cagoulard, ou synarcho-cagoulard), Le rendez-vous manqué des relèves des années trente, Paris, PUF, 2002.

                                                                                            [39] Tous issus de la SFIO (néos) ou demeurant membres de ce parti.

                                                                                            [40] Dossier RG 230528 sur la réunion du 30 octobre 1938, GA, G5, « Famille Gressent » (vrai nom de Georges Valois), APP.

                                                                                            [41] « Les chefs des principaux syndicats[, qui] comptaient parmi les puissances de la République », s’étaient « rencontr[és], sur les routes de la capitulation, avec les ennemis-nés de leur classe et de leurs idéaux », L’étrange défaite, p. 168 et 175, et infra.

                                                                                            [42] 36e Congrès SFIO, 29-31 mai 1939, 7e séance, p.121, Mfm 270.36, BDIC.

                                                                                            [43] RGSN, note de ou après janvier 1945, F7 15343, AN.

                                                                                            [44] Monzie, Ci-devant, Paris, Flammarion, 1941, Lacroix-Riz, Choix et Munich, index Belin (et ses amis), Monzie et Abetz.

                                                                                            [45] C’est ce seul aspect extérieur, de soutien au nazisme, que Marc Bloch traita dans L’étrange défaite, p. 168 et 172-176 : voir ma communication au colloque Marc Bloch de Rouen, février 2012 « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », Actes à paraître.

                                                                                            [46] Entrées correspondantes du Maitron ; des compléments, sur la base des sources, françaises et allemandes, absentes du Maitron, sur quelques chefs de Syndicats sont fournis plus loin (et communication citée n. 44).

                                                                                            [47] Contributeur des Nouveaux Cahiers, voir la « Série de n° des Nouveaux Cahiers », avec table des matières générale, 3W 51, AN.

                                                                                            [48] « Les synarcho-syndicalistes ? Les ministres R. Lacoste et Ch. Pineau sont-ils des synarques ? », Action, n° 60, 26 octobre 1945, AN 3W 222,AN.

                                                                                            [49] Comme François de Wendel, il ne figure pas sur les listes de synarques consultées, mais il est lié à la plupart des grands, notamment Bichelonne et Dautry. Sources impossibles à recenser ici.

                                                                                            [50] Lacroix-Riz, Munich, chap. 3, dont p. 94-99.


                                                                                            • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:04

                                                                                              [51] Article et n° cités, 3W 51, AN.

                                                                                              [52] Bernard et al.Jouhaux, p. 260 et 265 ; Talbot Imlay, Facing the Second World War : Strategy, Politics, and Economics in Britain and France 1938-1940, Oxford, Oxford University Press, 2003, p.279 ; Lacroix-Riz, Choix et Munich, index.

                                                                                              [53] RGPP, 11 septembre 1941, GA, J 4, Jouhaux, APP.

                                                                                              [54] Cité, avec commentaire sarcastique, Le Monde (journal de l’Internationale communiste, Bruxelles) n°7, 21 octobre 1939, F7 14809, reconstitution et activité du parti communiste dissous, dossiers de renseignements, copies des interrogatoires députés, 1939, AN.

                                                                                              [55] Circulaire 24 Vrigneaud, Métaux, Paris, 29 novembre 1939, F7 14809, AN, et Bernard et al.,Jouhaux, p.265-266 (citation « un moyen […] unitaires »).

                                                                                              [56] Chiffres et sources, Munich, p. 215.

                                                                                              [57] Paxton, La France, p. 262 ; Lacroix-Riz, « Unitaires », p.52-57 ; « Les relations » ; Industriels, chap.10 ; Bernard et al.Jouhaux, obscurs sur Jouhaux jusqu’en 1941, les chefs « légaux » et Syndicats, p.268-292.

                                                                                              [58] Télégramme Abetz 1577 pour le Dr Schwarzmann, Paris, 21 décembre 1940, 3W 353 (ou 347), archives dites de Berlin (correspondance d’Occupation entre ambassade d’Allemagne et Berlin), AN.

                                                                                              [59] Sur tous ces noms (et sources), index Choix, Munich et Industriels.

                                                                                              [60] Dont Georges Dumoulin et Marcel Roy : « Militants ouvriers », IG 19 à 31, I/1941, F1 a 3308, personnalités arrêtées en Allemagne, AN.

                                                                                              [61] Rapport de Londres, sur le cas du Nord-Pas-de-Calais, 14 décembre 1942, état-major particulier du Général de Gaulle, F1 a, 3999, Lille région, AN, et foule d’autres cotes.

                                                                                              [62] Fiche Belin, « demande acceptée au Conseil du 22.12.41 », Vichy, 21 février 1942, F7 15387, titulaires de la francisque 1940-1944, fichier alphabétique A-K ; « Militants ouvriers », IG 19 à 31, I/1941, F1 a 3308, AN.

                                                                                              [63] Rapport des inspecteurs Vilatte et Guillemin sur Belin, Paris, 24 mai 1945, W3, 57, dossier de Haute-Cour de Berlin, AN, ou PJ 40, Belin, APP.

                                                                                              [64] Rapport Vilatte sur la synarchie, Paris, 1er juin 1947 (après enquête sur CR de Gareau, 25 février 1946), PJ 40, Barnaud, APP, et rapports sur divers, dans les fonds 3W, AN, et PJ, APP.

                                                                                              [65] « Cercle européen », liste, PJ 32, cercle européen, MSR (héritier du CSAR ou Cagoule), APP.

                                                                                              [66] « Entrevue [Darlan] avec M. Hitler le 25 décembre 1940, près de la gare de La Boissière-Le Déluge (Oise) dans le train spécial du chancelier », 25 décembre 1940, 3W 210, Laval, AN.

                                                                                              [67] Télégramme Abetz 1577 pour le Dr Schwarzmann, Paris, 21 décembre 1940, 3W 353 (ou 347), AN.

                                                                                              [68] Information énorme dans les dossiers de Haute-Cour de Barnaud, Belin, Bouthillier, Lehideux, dits « de Berlin », etc. (série 3W, AN).

                                                                                              [69] Lacroix-Riz, « L’URSS dans la Deuxième Guerre mondiale », Le Monde diplomatique, mai 2005, reproduit dans Manière de voir, n° 82, juillet 2005, p. 16-20, et n° 100, août-septembre 2008, « Le prix de la victoire sur le IIIème Reich », p. 28-32 ; Industriels, passim ; Vatican, p. 531-532.

                                                                                              [70] Note allemande anonyme pour Abetz, 14 janvier 1942, 3W 353, et note de Mourre sur la réunion du 14 janvier 1942 « sur la question du recrutement des travailleurs français pour l’Allemagne », avec Barnaud, Belin, Lehideux, Terray, Bruneton, Lombard et Mourre ; Michel, Eckelmann, vonMahs, Fuhrmans, von Laroche, notamment, 3W52, Barnaud, AN.

                                                                                               


                                                                                              • Vivre est un village Vivre est un village 5 mars 16:05

                                                                                                [71] Télégramme 182 Schleier, Paris, 15 janvier 1942, 3W 353, AN.

                                                                                                [72] Lettre de Lacoste, MPI, au MI, 24 septembre 1945, PJ 40, Barnaud, APP.

                                                                                                [73] Fiche 276301 sans date, Matignon, GA4, L4, Robert Lacoste, APP.

                                                                                                [74] Fiches RG, depuis le gouvernement provisoire (GPRF) du 9 septembre 1944, GA4, L4, Lacoste, APP.

                                                                                                [75] Henry Ehrmann, La politique du patronat français 1936-1955, trad., Paris, PFNSP, 1959, p. 199, et 108-109.

                                                                                                [76] Lacroix-Riz, « Des champions », n. 43.

                                                                                                [77] Roger Faligot et Rémi Kauffer, « La revanche de M. Georges », Éminences grises, Paris, Fayard, 1992, p. 133-170 ; surtout RG, août 1952, GA, W1, Hippolyte Worms, APP. ; Laurent LemireL’Homme de l’ombre. Georges Albertini. 1911-1993, Paris, Éd. Balland 1989 ; Jean LévyLe Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l’ennemi, Paris, L’Harmattan-Le Pavillon 1992 ; Benoît Collombat et David Servenay, dir., Histoire secrète du patronat : de 1945 à nos jours. Paris, La Découverte, 2009 ; Lacroix-Riz, « Des champions » ; « La scission de 1947 ».

                                                                                                [78] Liste Chavin (et diverses autres listes) : confronter les noms cités (Industriels, édition de 1999, p. 433) aux index du Choix et de Munich.

                                                                                                [79Industriels, chap. 5 à 9.

                                                                                                [80] Rapport Gerstner, traduction figurant dans tous les dossiers des intéressés, 3W pour les ministres de Vichy, cité dans Ministère public contre Ardant, 7 janvier 1948, F12, vol. 9569, AN. Philippe Burrin en a trouvé l’original allemand, La France à l’heure allemande 1940-1944, Paris, Seuil, 1995, p.271.

                                                                                                [81Nouveaux Cahiers, n° 51, 1er novembre 1939, 3W, 51, AN.

                                                                                                [82] LAcroix-Riz, ChoixMunich, et Industriels

                                                                                                [83] « Penser et construire l’Europe. Remarques sur la bibliographie de la question d’histoire contemporaine 2007-2009 parue dans Historiens et Géographes n°399 », La pensée, n° 351, octobre-décembre 2007, p. 145-159 ; version complétée, www.historiographie.info, octobre 2008. « Europtimisme », Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le temps des cerises, 2004, 2e édition.

                                                                                                [84] Tél. signalé par Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, p. 187 (citation) et 216.

                                                                                                [85] PV n°21 des séances du 10 au 13 septembre 1940, La Délégation française auprès de la Commission allemande d’Armistice de Wiesbaden, 1940-1941, Paris, Imprimerie Nationale, 1947, t. 2, p.256, et infra.

                                                                                                [86] Raymond Brugère, Veni, vidi, Vichy, Paris, Calmann-Lévy, 1944, p. 135-136 et précisions, Munich et Industriels (index Brugère et Neuhausen).

                                                                                                [87] Instrument majeur de l’accès du NSDAP au gouvernement, Lacroix-Riz, ChoixMunich, et Vatican, index.

                                                                                                [88] Télégramme 727 von Papen à Benoist-Méchin, Ankara, 24 avril 1942, 3W 352, AN.

                                                                                                [89] Lacroix-Riz, Industriels, chap. 9, et L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, Pantin, Le temps des cerises, 2007.

                                                                                                [90] Vladimir Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Paris, LeTemps des cerises, réédition, 2011.

                                                                                                 

                                                                                                Url : http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article593


                                                                                                • Anastasia22 10 mars 02:08

                                                                                                  les sondages de l’IFOP et de Elabe montrent que la seule catégorie à ne pas soutenir majoritairement la gréve générale sont les retraités. Sans doute que la propagande gouvernementale les a convaincu cinecaldad qu’ils ne seraient pas touchés ! Comme si le système de retraite à points n’allait pas immédiatement leur être appliqué dès lors que la réforme passerait pour les actifs avec pour effet immédiat une baisse des pensions. 


                                                                                                  • soi même 22 mars 01:03

                                                                                                    Quelle lave son écurie la brave dame, surtout qu"elle n’aille pas fourrée son son nez dans les archives du département d’état, elle attraperait la jaunisse.


                                                                                                    • Vredes Vredes 27 mars 13:08

                                                                                                      Lacroix Riz une révisionniste et négationniste bolcheviste. Les millions de morts du communisme, de l’Holodomor, de la Famine de 1921, a été pour le bien de l’humanité, ça me rappelle une autre saloperie Robespierre, le mentor de Mélenchon le trotskiste lambertiste.


                                                                                                      • montag 27 mars 16:55

                                                                                                        Les sondages de l’IFOP ,et de je ne sais qui , font bien leur métier et en donnent pour leur argent à ceux qui les paient. C’est bien.

                                                                                                        Mais ceux qui ont fait les manifs contre la réforme des retraites savent que les déjà retraités étaient nombreux à les accompagner sur le pavé.

                                                                                                        Ceux qui se contentent de « savoir » par procuration répètent des mensonges qui les rassurent mais qui ne les sauveront pas......

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