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Accueil du site > Actualités > Politique > Pourquoi De Gaulle a-t-il ménagé François Mitterrand ?

Pourquoi De Gaulle a-t-il ménagé François Mitterrand ?

« L’an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses vœux. Là où je serai, je l’écouterai le cœur plein de reconnaissance pour le peuple français qui m’aura si longtemps confié son destin et plein d’espoir en vous. Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. » (François Mitterrand, le 31 décembre 1994).

Il y a vingt-cinq ans, le 8 janvier 1996, l’ancien Président de la République François Mitterrand est mort à Paris à l’âge de 79 ans, dans sa chambre de malade. Il venait de passer Noël à Assouan avec sa deuxième famille et le Nouvel An à Latché avec sa première famille. Il avait dit au revoir aux lieux et aux personnes, il pouvait quitter ce monde l’esprit tranquille à défaut de force tranquille. La maladie s’en prenant désormais au cerveau, il ne la laissa pas s’y répandre.

Parce qu’il a fait exploser le record de longévité à l’Élysée, record désormais indépassable à cause de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, à savoir deux septennats de suite, quatorze ans, de 1981 à 1995, François Mitterrand a fait son entrée dans les livres d’histoire, ou plutôt, dans le livre des records, car pour l’histoire, il l’a raté. Certes, son élection a donné espoir à toute une génération, celle aujourd’hui qui se meurt du covid-19, mais la fin chaotique sur le plan de la morale a un peu voilé le reste de sa carrière politique et de ses deux mandats qui, du reste, n’ont pas bouleversé l’ordre des choses (à quelques éléments près).

Pour m’exprimer plus clairement, un quart de siècle après sa disparition, François Mitterrand est désormais oublié. Il n’est plus une référence, il n’est plus un nom qui distingue, qui parraine, qui glorifie, au contraire de De Gaulle. Oublié surtout par ses anciens fidèles dont beaucoup se sont sentis floués, dupés, trompés par cet homme caméléon à la vie romanesque, certes, mais bien coûteuse à la République. Il n’y a guère que Jean-Luc Mélenchon, parmi les personnalités encore influentes aujourd’hui (et quand je dis "influentes", je ne mets pas de seuil électoral, seulement une existence politique encore d’actualité !), à défendre coûte que coûte l’action, la pensée et le souvenir de François Mitterrand, dont le cynisme et l’habileté l’ont ébloui au point de tenter de suivre son chemin.

Cet oubli me ravit politiquement. On se souviendra plus de Valéry Giscard d’Estaing qui a réformé réellement et en profondeur le pays, de bonne foi, sans arrière-pensée et même contre son intérêt électoral (la majorité à 18 ans par exemple). En 1996, ce n’était pas assuré et cela m’ennuyait fortement. Un homme qui a pris les Français tellement pour des imbéciles, qui a tellement favorisé le développement électoral du Front national, un parti qui ne valait que 0,7% à l’origine, qui a tellement fait payer par les contribuables ses vies affectives, ses clientélismes, ses ignorances totales de ce qu’est l’économie, ses errances doctrinales, qu’il est juste, aujourd’hui, qu’il ne soit relégué qu’aux rubriques du souvenir anecdotique et pas des grands hommes d’État.

On ne dira jamais assez que c’est Jacques Chirac qui a aidé François Mitterrand à conquérir le pouvoir en 1981 (la question demeure sur la nécessité de cette aide pour gagner) pour faire battre Valéry Giscard d’Estaing et reprendre le leadership de la droite modérée, par la suite contesté par Édouard Balladur. Et pourtant, la connaissance du passé de François Mitterrand (la francisque, etc.) aurait pu le mettre hors-jeu dès le début de la Cinquième République. Les gaullistes auraient pu l’écraser, ou le récupérer, mais il n’en a rien été.

_yartiMitterrand2021A03

À la page 753 de "C’était De Gaulle", recueil de témoignages de son ministre Alain Peyrefitte, on lit un compte-rendu du conseil des ministres du 4 décembre 1963 (la date importe). Le Ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Christian Fouchet, proposait de muter un recteur d’académie sous prétexte qu’il avait eu ses fonctions avant la guerre, puis sous l’Occupation puis après la guerre.

Alain Peyrefitte précisait dans le livre qu’en fait, ce recteur avait été révoqué en décembre 1941 par le régime de Pétain et rétabli à la Libération. Néanmoins, la réponse de De Gaulle à Christian Fouchet avait une valeur plus générale : « Il n’est pas satisfaisant de penser qu’un fonctionnaire de haute responsabilité a traversé plusieurs régimes ! On peut se demander quel régime il a servi et quel régime il a trahi. (…) Il est inadmissible qu’on laisse ainsi s’incruster des fonctionnaires, qui deviennent des potentats. Ils sont faits pour tourner. Lyautey disait qu’ils doivent avoir leurs malles à portée de la main. ».

Et Alain Peyrefitte a cité cette petite phrase assez perfide de De Gaulle : « Cela fait penser à cet homme politique qui arborait successivement la francisque et la médaille de la Résistance. ». Alain Peyrefitte a annoté alors : « Il pense sûrement à Mitterrand. ».

Ce témoignage confirme, entre autres, que De Gaulle connaissait très bien le passé du jeune François Mitterrand et notamment le fait qu’il a reçu une distinction très rare et très difficile à obtenir, la francisque, nécessitant un engagement de fidélité sans faille à Pétain. Et il le savait au moins en 1963, c’est-à-dire avant l’élection présidentielle de décembre 1965.

On pourra toujours dire que François Mitterrand jouait double jeu et probablement que oui car cet homme a toujours été ambigu, au point de passer de Maurras à Jaurès et Blum sans ciller. Mais ici, ce n’est pas le fond qui compte. Personne du grand public ne connaissait vraiment ce passé avant qu’il ait reçu l’écho ultramédiatique de septembre 1994, c’est-à-dire après quatre élections présidentielles auxquelles il s’était présenté (1965, 1974, 1981, 1988). D’ailleurs, beaucoup de hiérarques du parti socialiste se sont éloignés de François Mitterrand après avoir appris ce passé troublant, ainsi que l’amitié que le liait à René Bousquet. Écœuré par la polémique, Lionel Jospin, par exemple, l’a "quitté" sur fond d’inventaire.

Nul doute que la connaissance de ce passé à la francisque aurait fait perdre de très nombreux électeurs à François Mitterrand, en particulier en 1965, à seulement vingt ans de la fin de la guerre. Alors, la question se pose évidemment : pourquoi De Gaulle n’a-t-il pas utilisé cette arme électorale pour mettre hors-jeu la candidature de François Mitterrand qui l’a sérieusement menacé puisqu’il a été mis en ballottage et qu’il a failli jeter l’éponge avant le second tour ?

On peut évidemment évoquer sa trop grande confiance en lui, négligeant (à tort) la menace d’une candidature Mitterrand. On peut aussi imaginer que De Gaulle voulait rester droit et se battre avec dignité et honneur, en usant d’arguments politiques et pas en faisant les fonds de poubelle.

Mais il y a un autre argument beaucoup plus utilitaire. En 1965, De Gaulle avait déjà nommé deux Premiers Ministres, Michel Debré, le fidèle et exalté, et Georges Pompidou, le haut fonctionnaire qui écrit bien. Trois ans après sa nomination à Matignon, Georges Pompidou n’était plus un technocrate. Il était l’un des hommes politiques les plus influents de France, chef incontestable de la majorité gaulliste. Il commençait à prendre un peu trop de place, d’autant plus que ce Premier Ministre encombrant ne se gênait pas pour dire dans les coulisses qu’il serait candidat si le Général n’y allait pas, une autre manière de dire : ôte-toi que je m’y mette !

De Gaulle voulait donc toujours garder en possibilité un plan B à Matignon, c’est-à-dire une personnalité avec suffisamment de stature et d’expérience, qui puisse remplacer au pied levé, le cas échéant, Georges Pompidou. Et cette personnalité, il est aujourd’hui facile de la deviner : c’était Maurice Couve de Murville qui fut effectivement le troisième et dernier Premier Ministre de De Gaulle après la révolte étudiante de mai 1968. Cela expliquait aussi pourquoi Maurice Couve de Murville, aux Affaires étrangères, fut nommé à l’Économie et aux Finances en 1966, afin d’avoir une vision globale de l’action gouvernementale. De Gaulle le préparait à la fonction, au cas où.

Or, Maurice Couve de Murville, haut fonctionnaire du Trésor, a servi le régime de Pétain pendant trois ans avant de rejoindre De Gaulle à Alger (il fut alors révoqué de l’administration). Comme François Mitterrand, il a aussi été décoré de la francisque. Ne pas parler de celle de François Mitterrand, c’était éviter une polémique sur un ministre de réserve pour Matignon. Et s’il n’y a jamais eu de grosses polémiques sur ce passé de Maurice Couve de Murville, c’est parce qu’il ne gênait pas beaucoup de monde, il n’a jamais eu l’ambition d’être candidat à l’élection présidentielle, il ne faisait d’ombre à personne. Moins exposé, même à Matignon, il ne suscitait guère de passions et de polémiques.

Somme toute, François Mitterrand doit beaucoup à Maurice Couve de Murville. Jamais il n’aurait vu son destin élyséen s’accomplir si son électorat avait pris connaissance de ses liens douteux sous l’Occupation.

Ce type d’ambiguïté ou d’ignorance n’a plus d’avenir de nos jours avec cette mémoire permanente vivante qu’est Internet, où le moindre témoin est capable de laisser une information à la Terre entière. Savoir exactement pour qui l’on vote est probablement aussi important que, pour un employeur, savoir qui l’on recrute. Avec les nouvelles technologies, le traçage du passé est mille fois plus aisé, et à la disposition de tous. Des François Mitterrand, il n’y en aurait plus aucun qui serait élu aujourd’hui.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 janvier 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Pourquoi De Gaulle a-t-il ménagé François Mitterrand ?
Au cœur de la Mitterrandie.
Le double Mitterrand italien.
François Mitterrand et son testament politique.
François Mitterrand et le nationalisme.
François Mitterrand et la science.
François Mitterrand et la cohabitation.
François Mitterrand et l'Algérie.
François Mitterrand, l’homme du 10 mai 1981.
François Mitterrand et la peine de mort.
François Mitterrand et le Traité de Maastricht.
François Mitterrand et l’extrême droite.
François Mitterrand et l’audiovisuel public.

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38 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 8 janvier 10:15

    Mitterrand... Un de ces êtres qui n’attendent pas d’être mort pour commencer à pourrir...


    • pallas 8 janvier 10:31
      Sylvain Rakotoarison.

      .

      Bonjour,

      De Gaulle ......

      Sa n’était pas un homme trés intelligent et je doute sérieusement de son intégrité intellectuel, mais surtout de sa capacité militaire et géo stratege.

      Mittérand était un bon acteur, vicieux dans ses choix, mais au moins présentable.

      Je prefere Chirac, car mine de rien, il a preserver sa vie de famille, il était trés discret en fin de compte, le plus présentable a la television.

      Il n’en reste pas moins Sarkozy, certes un brin fou fou, mais sa fait le personnage.

      De « Faucon Noir », ce genre de personnage n’existera plus jamais, dommage que personne ne le connaisse

      Salut


      • troletbuse troletbuse 8 janvier 10:36

        @pallas
        Quand on parle d’intelligence, on ne fait pas de faute :
        *SA" n’était pas .......
        Quelle horreur !


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 janvier 10:56

        De gaulle a simplement fait le boulot des atlantistes en gardant au chaud le plat de ’résistance’ (volé à la vraie « résistance »), l’harmonisation des méthodes de gestion des succursales de l’empire, harmonisation symbolisée par cette photo


        • math math 8 janvier 11:01

          heu....

          il a augmenté la dette de la France de plus de 250 % durant sa mandature

          • il a fait racheter l’entreprise de son ami Roger-Patrice Pelat (déjà largement mouillé de recel de délit d’initié dans l’affaire Péchiney-Triangle), la société « Vibrachoc », par une société d’État pour cinq fois sa valeur réelle,
            • il a obligé son médecin personnel à publier durant quatorze ans de faux certificats sur son état de santé (pauvre médecin, disparu lui aussi),
            • il a couvert ses sbires gendarmes qui ont inventé une histoire de terroristes à Vincenneil a totalement délaissé un de ses fidèles proches, François de Grossouvre, qui aurait fini par se suicider (d’une balle…dans la nuque !!!) avec un 357 Magnum dans un bureau à l’Élysée…il a affirmé qu’il ne savait rien sur la destruction à l’explosif d’un bateau de Greenpeace en Nouvelle-Zélande, pourtant organisé par les services secrets français et sur son ordre,
            • il a mis sur écoute sans justification plus de 150 Français, dont Carole Bouquet et Jean-Edern Hallier
            • il a fortement élevé le nombre des chômeurs en France
            • il a fait nationaliser les banques et les industries françaises
            • faux évadé des camps allemands, Mitterrand a été membre de la Cagoule en 1935, antisémite et antirépublicain
            • L’ordre de la Francisque gallique est une décoration qui fut attribuée en tant que marque spéciale d’estime du maréchal Pétain par le gouvernement de Vichy en 1943
            • etc....

          • math math 8 janvier 11:58

            @math
            Sous Mitterand Plus de 1 500 condamnations à mort furent prononcées en Algérie un bien triste record ?
            « Le Point » du 31 août 2011)


          • Jean 8 janvier 12:01

            @math
            « Sous Mitterand Plus de 1 500 condamnations à mort furent prononcées en Algérie un bien triste record ? »
            tu affirmes cela mais FM était président de France non ? doit-il aussi supporter les condamnés en Chien ? aux US ?


          • Jean 8 janvier 12:02

            @Jean
            en Chine vous aurez corrigé


          • math math 8 janvier 13:16

            @Jean...Il était ministre de l’intérieur mon bon à cette époque c’est d’ailleurs lui qui envoya le premier contingent en Algérie et ces condamnés étaient des gens du cru qui lutter pour leur indépendance !
            Relisez l’histoire vous avez des lacunes !


          • tonimarus45 9 janvier 09:35

            @math et fossoyeur du parti socialiste en tant que parti de gauche(il faut dire que les jospin et hollande ont poursuivi son oeuvre )


          • ZenZoe ZenZoe 8 janvier 11:09

            Des François Mitterrand, il n’y en aurait plus aucun qui serait élu aujourd’hui.

            Mais si mais si !

            Vous combinez l’esprit de cour et le cerveau reptilien, et vous avez des électeurs qui sont prêts à voter pour n’importe qui pourvu qu’il fasse gagner leur camp.


            • Laconique Laconique 8 janvier 11:13

              « François Mitterrand est désormais oublié. »

              Il est rare de prendre Sylvain Rakotoarison en flagrant délit de mauvaise foi partisane. Cette fois on y est. Le come back de Ségolène Royal va vous faire beaucoup souffrir.


              • Gollum Gollum 8 janvier 11:31

                @Laconique

                Le come back de Ségolène Royal va vous faire beaucoup souffrir.

                 smiley Lol vous avez oublié Bayrou... Et le retour de Jésus aussi..

                Laconique l’art de miser sur les mauvais chevaux... smiley


              • Laconique Laconique 8 janvier 11:48

                @Gollum

                Lol.

                Mes premières prophéties à ce sujet remontent à 2013 sur ce site (et à 2010 sur mon blog).

                A l’époque Ségolène Royal et François Bayrou n’étaient rien.

                Depuis François Bayrou a été : Maire de Pau, Ministre de la Justice (ministre d’État), Haut-Commissaire en charge du Plan.

                Ségolène Royal a été : Ministre de l’Ecologie, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2022

                Et ce n’est pas fini, pour l’un ni pour l’autre.

                Je sais que vous aimez bien les prophètes. Daniel Pignard et Doctorix vont se mettre en stand by, vous pourrez continuer avec moi comme ça. smiley


              • Gollum Gollum 8 janvier 13:46

                @Laconique

                Et ce n’est pas fini, pour l’un ni pour l’autre.

                Euh... Je pense sincèrement qu’ils sont morts...


              • mmbbb 9 janvier 08:26

                @Laconique  elle a plantée les comptes de sa region Elle eu droit a un rapport de la cour des comptes ;En revanche cette dinde ne se prive pas de critiquer a outrance les femmes et hommes politiques . L ancien directeur de Science po disparu a N York dans de troubles circonstances , O Duhamel prit dans une tourmente d affaires de moeurs , Sego et son ex et tant d autres sortent de l ENA , , Is peuvent se planter et rester accrocher a leur fonction pendant plus de 40 ans , Ils sont les morpions de cette haute administration . une exception culturelle francaise qu evite de denoncer Asselineau , C est plus facile de prendre l Euroep comme cible . Une élite décadente alors que De Gaulle avait crée l ecole des cadres d Uriage pour redresser ce pays C est l inverse qui se produit desormais cette elite plombe ce pays . Comme Venise la France s enfonce inéluctablement et les francais auront certainement les pieds dans la fange .

                Les francais sont des veaux et ils se font saigner Hallal dans leur rue
                Quant a Mitterrand , c est Chirac qui l a aide ,il a bien pourri la campaggne de Giscard !


              • pallas 8 janvier 11:48

                troletbuse

                ,

                .

                Bonjour,

                Estime toi heureux que j’utilise cette langue, médiocre en tout point de vu, totalement artificiel, avec ce minimum d’exemplarité dont je fait part.

                Celle ci disparait, ce faisant remplacé, grâce a des gens comme toi.

                Alors remercie moi d’utiliser une « Langue morte », car assurément elle l’est.

                Au vu de l’évolution, la langue française aura totalement disparu dans les 20 ans a venir.

                Comme c’est merveilleux.

                 smiley

                Salut


                • Octave Lebel Octave Lebel 8 janvier 12:39

                  C’est intéressant l’histoire raconté comme un témoignage en faisant parler qui on veut comme on veut, en baladant le faisceau de sa torche au gré de ses envies, en ponctuant furtivement du coup de patte du chat qui s’amuse avec la souris captive entre deux faits relatés pour ne pas trop montrer son plaisir et la hauteur à laquelle on le prend. Nous faisant complices en nous entraînant dans le mouvement de la curiosité et déçus de s’être fait un peu avoir une fois de plus. Mais qui peut dire qu’il résiste toujours au plaisir coupable du commérage instruit et bien raconté.

                  Le commérage peut être une tentation. Je me prends à rêver à la concentration de bons mots, retournements de situation, volte-face que l’on pourrait chroniquer à propos d’une carrière de maintenant 37 mois, matière d’une pièce de théâtre qui serait inspirée de Labiche pour rester de bonne humeur. Pour un emploi de théâtre, il y a beaucoup de beaux rôles qui tenteraient plus d’un acteur et actrice et les musiques d’Offenbach seraient convoquées bien sûr.

                   

                  Autrement sur la période Mitterrand et au-delà, un témoignage de premier plan, les mémoires de JP Chevènement, très fluide et très claire. Sans fard car il fait bien la part entre les faits et son point de vue. JPC est ici bien plus direct et incisif que ces quelques prises de paroles médiatiques assez œcuméniques en raison je pense de quelques responsabilités publiques encore tenues. Plus intéressant que ce que donne à penser les interviews de l’auteur qui un peu solennel et didactique n’est pas le meilleur « vendeur » de son livre.

                  JP Chevènement, Mémoires, 489 pages.Robert Laffont, 22 €


                  • binary 8 janvier 14:05

                    Ce n est pas mitterand qu il a ménagé. Mais le peuple de collabos majoritaire.


                    • titi 9 janvier 09:41

                      @binary

                      Exactement.
                      De Gaulle a eu à mener la « réconciliation nationale » dans une nation irréconciliable.


                    • arthes arthes 8 janvier 16:03

                      Un double hommage à François M.

                      De celui qui l’aura bien compris :https://youtu.be/7Lj7jr05hSs

                      De celle qu’il aura méprisée après l’avoir séduite pour s’en servir. 

                      https://youtu.be/gykVAujo1QM


                      • arthes arthes 8 janvier 19:19

                        @arthes

                        Ouaouh, laissons le people......Et cette pauvre Dalida
                        Passons à autre....
                        Mitterand....Son bilan, rien qu’en  1983 
                        Les morts du Drakkar........https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/09/21/les-fantomes-du-drakkar_3480433_4497186.html
                        Pour une fois que je cite le Monde...


                      • arthes arthes 8 janvier 19:25

                        @arthes

                        J’dis pas non plus que la manière de présenter l’évènement tragique soit du « grand journalisme » , il y a un coté « populiste /prolo » presque à la Zola, et romancé, mais ça vaut le coup de s’y intéresser et de faire ses propres prospections, disons que c’est un fil et « on suit les liens »., on tire le fil de la pelote et tout vient.



                      • LeMerou 8 janvier 18:48

                        Une sinistre fripouille..

                        Quand au fameux geste « de réconciliation » surtout là ou il s’est déroulé, beaucoup ont dus se retourner dans leur tombes, sentant encore le choc des 50 millions d’obus envoyés mutuellement pendant 10 mois..

                        Que « réconciliation » 70 ans plus tard soit, mais de là à faire ça...et à cet endroit !

                        Mais venant d’un homme au passé assez trouble, il n’y a rien de surprenant, peut être à ce moment s’est-il senti investi d’un message divin..

                        Une phrase de sa marionnette des guignols à l’aube de réélection faisait bien ressortir le personnage, 

                        « Bordel de moi même, ma grandeur m’effraie » disait-elle

                        Maintenant tout ceux qui se sont pâmé devant ce fameux geste, n’ont certainement pas tout saisi du passé. Faut-il pardonner, oui, mais il y a des limites.


                        • Franchounet 8 janvier 18:53

                          Avec Mitterrand, çà a été le début de la fin depuis, dans beaucoup de domaines. Ce machiavélique empoisonne la vie politique française depuis qu’il a permis aux Le Pen et FN/RN de se faire une niche. Un sparadrap dont la droite (qui a viré aussi à gauche pour ne pas effrayer l’électorat de crainte de passer pour des extrémistes de droite) n’arrive pas à se débarrasser.


                          • DantonQ DantonQ 8 janvier 21:35

                            Si François Mitterand a eu un passé trouble sous l’occupation, au moins n’a t’il jamais tenté de détruire son pays, la France, ou de le vendre à des puissances étrangères comme l’on fait ses successeurs après Chirac... 

                            Mitterand n’a jamais instauré une dictature sanitaire en France, ni suspendu les libertés publiques comme l’imposteur actuellement sur le fauteuil. 

                            Alors que les Sarkozy, Hollande et surtout Macron laisseront dans les poubelles de l’histoire une indélébile trace de merde, une souillure que n’oublieront jamais les Français. 


                            • troletbuse troletbuse 8 janvier 22:02

                              @DantonQ
                              Je ne me rappelle plus l’année mais il avait interdit aux avions américains qui allait bombarder la Libye de passer au-dessus du territoire français.
                              Pas comme Hollandouille qui avait interdit l’avion de Moralès, censé avoir Snowden à son bord, de survoler la France sous passer d’être intercepté. Ce salopard aurait livré Snowden aux Etats-Unis comme il avait livré Aurore Martin à l’Espagne.
                              De la même façon on a reproché à Mitterand ses relations avec Bousquet. Mais bizarrement on n’a jamais rien reproché à de Gaulle, Pompidou, Giscard. Il était où Bousquet ?
                              Je viens de trouver cette info sur le net. C’est peut-être une raison ?
                              https://www.europe1.fr/politique/mitterrand-devait-sans-doute-la-vie-a-bousquet-2645365


                            • troletbuse troletbuse 8 janvier 22:03

                              @troletbuse
                              Correction : sous peine


                            • HELIOS HELIOS 9 janvier 01:19

                              @troletbuse

                              C’est lors de l’attentat de Lockerbie ? ? ?


                            • mmbbb 9 janvier 08:49

                              @DantonQ  il a détruit la France en ne s opposant pas a une immigration massive . L ere de ne touche pas a mon pote , et le debut de l insaturation des lois liberticides Loi Gayssot , premiere loi mémorielle francaise . Le ferment du racialisme qui gangrene la France . Il ne s opposa pas a la perte de notre industrie dont l l elite dans les années 1990 ne voulait que du tertiaire  Il baigna dans des affaires troubles lorsqu il confia a un enarque la gestion du C Lyonnais qui fit faillite Liberte publique :  Vous êtes amnésique , il utilisa hors cadre judiciaire a des fins personnels les ecoutes telephoniques . Aux USA , il aurait provoque l ire des journalistes et une procédure de destition ! Il s est plante et sa strategie de vouloir arrimer l Allemagne a l euro a ete erronée C est P SEGUIN qui a eu raison L Allemagne est devenu un pays fort et le restera . Il voulut démolir l enseignement prive et il connut une violente opposition . C est d autant plus etonnant que les mioches des bourgeois de gauche ne vont pas dans des lycees pouraves ! Notre délitement actuel doit beaucoup a ce president notamment l instauration pérenne d un parti populiste .



                            • tonimarus45 9 janvier 09:51

                              @troletbuse---Oui, mais aussi bien, jospin que hollande ont etes les dignes heritiers de ce personnage detestable que fut mitterand ,qui effectua au debut des annees 1980 un virage vers le « neo-liberalisme » comme le dit « chevenement » lui meme-En trahissant le programme avec les communistes,ce changement de politique fit demissionner tous les ministres communistes qui n’avaient pourtant pas ,et de loin, demerites.Et juste en passant, concernant mitterand il faut evoquer l’affaire de l’observatoire ?????? quelqu’un de gauche, je dis bien de gauche ,ne peut monter au creneau defendre ce triste personnage


                            • troletbuse troletbuse 9 janvier 09:56

                              @tonimarus
                              Bon, c’était lui ou l’accordéoniste amateur d’œufs brouillés. Pas vraiment de choix depuis 1995


                            • tonimarus45 9 janvier 12:57

                              @troletbuse-oui le choix etait bonnet blanc et blanc bonnet,SI ON AVAIT SU LA SUITE ????? ;; ;d’autre part je parle de son virage vers le « neo liberalisme » pas vraiement different de giscard et en outre rien ne laissait prevoir suite a l’accord sur le programme avec les communistes, cette trahison.Mais bon, comme deja dit je suis etonne que des gens se pretendant de gauche, je dis bien de gauche, monte au creneau defendre ce triste individu .Et je vais etre plus clair quel que soit le cas de figure plus question pou moi de voter pour ce genre de socialos heritiers de « mitterand »


                            • Kapimo Kapimo 9 janvier 20:29

                              Des François Mitterrand, il n’y en aurait plus aucun qui serait élu aujourd’hui.

                              C’est sur que vu la qualité du personnel politique aujourd’hui, on est loin de Mitterrand qui qu’on l’aime ou pas avait un autre niveau dans tous les domaines.

                              Par ailleurs, Strauss-Kahn a bien failli etre président en 2012 malgré sa maladie (obsession sexuelle débridée) qui le rendait inapte à la fonction, donc ne venez pas nous dire que la vie des dirigeants est accessible au public. Les médias sont de connivence avec les politiques, et ça ne changera jamais.


                              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 11 janvier 09:07

                                Il est malheureusement inutile dans les commentaires de s’adresser à l’auteur. Celui-ci est très prolixe. C’est sans doute lui qui écrit le plus d’articles sur AV mais il ne participe jamais aux discussions. Il ne lit pas ce que les uns et les autres écrivent. J’avais donc décidé de ne plus le lire. Et puis, je fais une exception parce que le cas de François Mitterrand m’intéresse. C’est, de mon point de vue, le plus détestable des individus. Il a bouffé à tous les râteliers. Il a méprisé le peuple et la démocratie. Ses armes étaient la ruse, la fourberie, la trahison, les promesses sans lendemain...

                                Mais ce qui me chagrine le plus c’est qu’une fois de plus, avec cet article un énorme mensonge est répété à propos de son passé de pétainiste. Tous ceux qui l’ont plus ou moins défendu ou seulement excusé, ceux qui ont appelé à voter pour lui dans l’ambiguïté affirment qu’ils ne savaient pas, que l’information n’a été connue que tardivement avec le livre de Pierre Péan.

                                C’est faux ! C’est archi-faux ! Tout le monde savait mais beaucoup ne voulaient pas savoir pour justifier l’appui qu’ils lui ont apporté. Henri Rousso rappelle à juste titre dans un article intitulé « Vichy et le cas Mitterrand » que :

                                "En fait, ce que révèle Pierre Péan traînait depuis cinquante ans dans la presse d’extrême-droite. Mais beaucoup ne voulaient pas y croire... "

                                Seulement c’était toujours le même argument. Cette information était « de droite » puisqu’elle était révélait par la presse « de droite ». Alors ceux qui la diffusaient étaient « de droite ».

                                Que ce soit bien dit une bonne fois pour toutes : il n’y a pas des vérités de « droite » et des vérités de « gauche ». La vérité c’est que François Mitterrand était pétainiste et que tous ceux qui voulaient bien le savoir le savaient. Il en est de même quand je dis aujourd’hui que Walter Hallstein, qui fut le premier président de la CEE et le resta pendant 9 ans, était un nazi de premier plan qui avait déjà œuvré sur un projet de construction européenne pour Hitler : le projet de « Neue Europa ».

                                Ne venez jamais dire que nous ne le saviez pas !


                                • tonimarus45 12 janvier 10:36

                                  @Jean Dugenêt-----merci de rappeler quel sale individu fut « mitterand » ;Quand a ceux qui se pretendent ses heritiers c’est a dire les « Soit disants socialos » actuels, ils ne valent pas mieux, car eux ils savent et savaient

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