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Accueil du site > Actualités > Politique > Réforme du statut des cheminots : l’arbre qui cache la (...)

Réforme du statut des cheminots : l’arbre qui cache la forêt…

 Le rapport Spinetta du 15 février dernier sur la libéralisation du transport ferroviaire en France a suscité de nombreuses réactions mais il ne contient en fait rien de nouveau.

C’est toujours la même volonté de transférer des services publics au secteur privé, la dénationalisation du rail étant un projet préparé à Bruxelles depuis plus de 25 ans et soutenu par Emmanuel Macron, son gouvernement et sa majorité… 

Le gouvernement a lancé une réforme à grande vitesse de la SNCF et tout ce que redoutaient les syndicats de cheminots est en train de se mettre en place. Après les annonces du premier ministre, le gouvernement reprend le même procédé que celui testé en 2017 pour la loi Travail : un saucissonnage des réunions entre les différentes parties prenantes où personne n’aura les mêmes informations. Il s’agit de donner l’illusion d’une négociation mais les choses sont actées depuis très longtemps.

Un peu d’histoire

Le 29 juillet 1991, l'Union européenne adopte la directive 91/440/CEE « relative au développement de chemins de fer communautaires ». Son objectif est d'amener les États à libéraliser le rail, avec une « européanisation » du réseau ferré pour aller vers une concurrence internationale.

Mais le transport ferroviaire ne se libéralise pas comme n'importe quelle activité commerciale. Pour faire circuler des trains, il faut un réseau de rails, d'alimentation énergétique, de gares... Si chaque entreprise privée souhaitant développer une activité de transport ferroviaire devait construire son propre réseau, jamais personne n'aurait revendiqué l'ouverture à la concurrence car jamais la rentabilité n'aurait été au rendez-vous.

Voilà pourquoi la directive de 1991, dans son article premier, impose « la séparation de la gestion de l'infrastructure ferroviaire et de l'exploitation des services de transport ». Il s'agit d'isoler les activités non profitables (le réseau), qui resteront dans le domaine public et de privatiser peu à peu la partie rentable. En s'acquittant simplement d'un péage, plusieurs compagnies pourront rivaliser tout en utilisant les mêmes infrastructures.

Depuis cette année 1991, les « livres blancs » et les « paquets ferroviaires » (des mesures simultanées réparties dans plusieurs directives ou règlements) se succèdent à la Commission européenne et les États s'adaptent à un rythme plus ou moins soutenu.

En février 1997, le gouvernement français créait Réseau ferré de France (RFF), un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), filiale de la SNCF, mais séparée d'elle juridiquement et comptablement.

Depuis cette année là, les investissements sur le réseau français sont scandaleusement réduits et limités aux grandes lignes, les coûts salariaux sont compressés, la priorité stratégique est donnée aux déplacements professionnels pour les allers-retours dans la journée, entraînant la SNCF dans une concurrence stupide avec l'aviation à faible coût... C'est en 1997 également que la compétence du transport ferroviaire de proximité est transférée aux régions. Depuis, elles doivent assumer la gestion des lignes les plus difficiles à rentabiliser.

Fin 2014, RFF changeait de nom en devenant SNCF Réseau. Cette entité est sommée de permettre la concurrence « libre » d'entreprises de transport publiques ou privées. Une concurrence d'abord mise en œuvre, à partir de 2006, dans le secteur du transport de marchandises, dont 40 % échappe aujourd'hui au service public.

En 2016, dans un nouveau « paquet ferroviaire », l'Union européenne a fixé des échéances précises aux États membres. La libéralisation du transport des passagers doit être effective en 2020 pour les lignes nationales et en 2026 pour les lignes régionales. Les États et les collectivités locales généraliseront les appels d'offres, auxquels pourront répondre le service public et le secteur privé.

Le rapport Spinetta

C'est dans ce contexte qu'intervient le rapport Spinetta de février 2018. En toute logique, il préconise " d'optimiser " le fonctionnement de la SNCF en réduisant encore les dépenses, à commencer par la masse salariale. En particulier, les coûts de gestion du réseau doivent baisser de façon à réduire les péages pour les entreprises privées qui voudraient concurrencer la SNCF. Au nom de l'efficacité économique, le rapport prône la fermeture des lignes les plus déficitaires ou leur financement par les seules collectivités locales. Il propose enfin le transfert d'agents de la SNCF vers le privé en cas de perte du « marché » par le service public, tout en prenant soin de préserver certaines particularités du statut des cheminots, notamment le régime spécial de retraite.

Quant au changement de statut pour les nouveaux cheminots embauchés, il permettrait à peine d’économiser entre 100 et 150 millions d’euros à un horizon de dix ans, ne résolvant en rien l’avenir de la SNCF. Mais l’objectif de l’Élysée est ailleurs : faire croire que le plus important dans la réforme est justement le changement de statut des cheminots ! 

Et aujourd'hui, la réforme du rail pose une question majeure à laquelle il faut répondre clairement. Le droit administratif français intègre toutes les composantes du droit européen et le fait respecter en cas de contentieux. Cela signifie que si la France n'appliquait pas le droit communautaire sur les chemins de fer, n'importe quelle firme privée qui s'estimerait lésée par le manque de concurrence pourrait attaquer l’État. La jurisprudence est parfaitement claire : l'entreprise privée gagnerait à tous les coups et la France serait obligée de libéraliser les activités ferroviaires.

Pour éviter la destruction du service public ferroviaire comme tous les autres services publics convoités par le privé, il faudra dénoncer les traités, les directives et les règlements européens de libéralisation. Il faudra un acte juridique de rupture qui redonne à la France un peu plus de souveraineté nationale. Cela peut être la sortie de l'Union européenne ou bien, à minima, une modification constitutionnelle qui nous permette de ne pas appliquer un texte européen sans être contredits par le juge administratif.

Avec le rapport Spinetta et la réforme du statut des cheminots devenue prioritaire, c'est aussi la campagne des élections européennes qui est lancée par Emmanuel Macron qui veut gagner une bataille politique, en ralliant à lui l’opinion publique… 

 

Photo Creative Commons 

 


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94 réactions à cet article    


  • Parrhesia Parrhesia 17 mars 08:55
    Allons au plus important !

    La réforme de la SNCF cache mal l’intention de rendre cette entreprise plus performante (ce qui ne sera plus difficile vu l’état dans lequel elle se trouve déjà) et plus rentable, avant de la brader à des petits copains mondialistes & assimilés ! (Cf. : Le processus analogue déjà expérimenté lors du transfert des autoroutes amorties par le contribuable à des opérateurs privés !)

    Point n’est besoin, dès lors, de se fatiguer pour prévoir la suite :
    1) Augmentation des tarifs applicables à l’usager ;
    2) diminution et précarisation des emplois et des salaires ;
    3) resserrement des budgets « entretien » et « prestations à l’usager » !!!

    Mais ne soyons quand même pas trop inquiets !

    Ayant déjà brillamment réussi à déglinguer de Gaulle et le Gaullisme en 1969, le collectif « PCF/Extrême droatte/CIA/MI5/Mossad et tutti frutti devrait maintenant, et grâce à tout cela, être en mesure de nous rétablir promptement une situation socio-économique honnête et »de progrès social" sur l’ensemble de notre économie européenne !!!

    Et viva Zapata !!!

    • Pere Plexe Pere Plexe 17 mars 08:55

      Cette arnaque qu’est de faire du statut l’axe majeur de la réforme explique la nécessité qu’il n’y ait aucun débat.

      Une explication honnête de la situation et des enjeux risquerai d’ouvrir les yeux à beaucoup de Français bercés au refrain du SNCF bashing.

      C’est pourtant un fait que nos médias cachent bien des vérités.
      A commencer par le fait que l’ordre vient de Bruxelles.
      Que 50 milliards accumulés sur 40 ans n’a rien d’insoutenable (pour rappel le CICE c’est de l’ordre de 40 milliards chaque année !)
      Que la SNCF à fait des gains de productivité énormes, et marche plutôt bien comparativement à ses voisins
      Que ces effectifs sont plutôt moindre ramené à la taille du réseau (SNCF 5 salariés/km DB 6 salariés /km)
      Que le coût du billet est lui aussi plus faible que dans de nombreux pays.
      Que l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire a détruit le secteur

      Il n’est pas question d’être en admiration béate devant la SNCF.
      Juste de remettre les faits en perspective.

      • Lugsama Lugsama 17 mars 10:22

        @Pere Plexe

        Le CICE c’est une réduction d’impôt, la comparaison est ridicule, ces entreprises financent le pays et font l’economie et l’emploie, elles ne coutent rien et restent d’ailleurs bien trop taxés. La SNCF c’est une perte pour un service médiocre et couteux, le tout avec des employés bénéficiant d’un statut scandaleusement différent des travailleurs lambda. Que les militaires et les élus soient traité différemment par l’Etat cela se comprend, mais en quoi les cheminots, comptables d’EDF ou autres devraient partir à la retraite plus tôt ou dans de meilleurs conditions ?? Ça n’a aucun sens et c’est injuste.

        Les syndicats viennent de donner un sacré coup de main à l’Etat de toutes façon.

      • jmdest62 jmdest62 17 mars 11:28

        @Lugsama
        Le CICE c’est une réduction d’impôt, la comparaison est ridicule
        C’est clair qu’en supprimant des rentrées d’argent on risque pas de pouvoir rembourser les dettes .. !!!!

        °
        mais en quoi les cheminots, comptables d’EDF ou autres devraient partir à la retraite plus tôt ou dans de meilleurs conditions ??
        Peut-être tout simplement parce que cela fait partie des clauses du contrat qu’ils ont signé avec leur employeur...
        Je crois bien me souvenir qu’un contrat oblige les deux contractants .....j’crois même que ça marche comme cela aussi dans le privé ...j’me trompe ?
        °
        ça vous arrive de réfléchir ?

        @+


      • gogoRat gogoRat 17 mars 15:55

        @jmdest62

        ça vous arrive de réfléchir ?
         Nous inviter à déterminer en quoi vous pourriez vous tromper ?
         Bonne idée !
         
         Attention, pas question de se contenter de ’réagir’ de façon passionnée, pour prendre parti d’un côté ou de l’autre.
         Ici, essayons de creuser un point d’argumentation bien précis :
          ’un contrat oblige les deux contractants’ dites vous.

         Mais dans la question ’en quoi les cheminots, comptables d’EDF ou autres devraient partir à la retraite plus tôt ou dans de meilleurs conditions ??
         Vous ne voyez que les clauses d’un contrat.
         Or, dès lors que les termes d’un contrat de subordination signé par un subordonné font référence à des lois de La République (et font référence à des lois différentes, à un droit différent, selon le contrat de subordination signé par le citoyen ... ) un second contrat, masqué, est impliqué :
         le fameux ’contrtat social’ que prétend nous garantir une Consitution affichant officiellement la prétention de viser à un idéal démocratique ! ...

         Comme quoi, il n’est pas si évident, facile, d’échapper au simplisme ...

         Les mêmes qui arrivent à comprendre qu’un peuple qui avait officiellement et légalement refusé une certaine orientation du Grand Machin ’Europe’ , ne devraient pas être tenus par des engagements pris par des traîtres,
         arriveront-ils à comprendre qu’une filouterie éventée par un peuple qui évolue, ne peut pas honnêtement être maintenue - au moins pour les nouvelles générations, qui, elles, ne peuvent pas être suspectées d’avoir pu jamais cautionner l’entourloupe !


      • jmdest62 jmdest62 17 mars 18:22

        @gogoRat
        Sauf que les lois de la république ne sont là que pour donner un cadre aux contrats ...c’est là qu’intervient le code du travail .
        Ensuite , le cadre étant fixé , libre à chaque contractant de négocier les termes du contrat : salaire , primes , conditions de travail , horaires etc......et il peut exister autant de contrats qu’il y a de contractant à partir du moment ou les minima imposés par la loi sont respectés.
        Le statut des cheminots ...de la fonction publique en général sont des contrats cadres dans lesquels, à l’origine , ont été prévus des avantages pour compenser une rémunération moindre par rapport aux contrats du « privé » ...beaucoup ont oublié ce « détail » .
        Il est important pour tous les salariés de ne pas tomber dans le piège tendu par le patronat qui vise à tirer tous les salariés vers le bas et faire que ceux qui n’ont plus rien se mettent à jalouser et critiquer ceux qui n’ont pas grand chose
        Parce qu’il ne faut pas se leurrer ....après les cheminots on se posera la question du bien fondé de l’age de départ à la retraite des gendarmes et policiers , des avantages fiscaux des journalistes , des cadres « honteusement » sur-payés par rapport à leurs homologues polonais ou roumains etc etc etc ......
        Encourager les cheminots dans leur combat , c’est aider TOUS LES SALARIES à redresser la tête.
        @+


      • Ouam Ouam 17 mars 19:43

        @Pere Plexe
        « ....A commencer par le fait que l’ordre vient de Bruxelles.... »
        Qui à voté pour cette europe ?
        Qui est pour le tout-open bar, le no-borderisme et tout le tralala...
        qui à voté macron ?

        jusqu’aux promoteurs des compteurs linky’s (il se reconnaitra)
         
        vu que l’on est dans les faits.....


      • gogoRat gogoRat 17 mars 19:52

        @jmdest62
         Erreur (ou faute) de perspective : les lois de la République ne sont pas « là pour donner un cadre aux contrats »
         D’abord il faut bien remarquer que tout contrat de subordination est ontologiquement lié à et dépendant des dispositifs par lesquels le ’contrat’ peut être garanti.
        En l’occurrence, ces dits ’contrats’ sont absolument indissociables de la marche des institutions politiques de la dite ’République’ et plus particulièrement en ce cas du dispositif des Prud’hommes ... et de la manière dont il fonctionne dans les faits ...

         
         Si la République et les magistrats de Prud’hommes reconnaissent des ’statuts’ différents, c’est donc qu’ils n’appliquent pas le même ’cadre’, par la même loi à tous les Français prétendument égaux en droit !!
         Incohérence, mensonge, ou un cumul des deux ? avec en prime, une certaine dose de mépris fort peu honorable !


      • gogoRat gogoRat 17 mars 20:50

        @jmdest62

         ... d’ailleurs, vous-même utilisez bien le pluriel dans votre expression : ’... des contrats cadres dans lesquels ...’
         Plusieurs cadres, plusieurs droits ... Très subtile façon de nous garantir l’égalité en droit !
         
         Et si vous sous-entendez qu’une multitude de cadres (à la limite un cadre par citoyen pendant qu’on y est !) empilés dans un même machin devraient être vus comme un même cadre commun pour tous, c’est que vous êtes mûr pour baptiser démocratie n’importe quelle dictature !
         
         Avantages pour compenser une rémunération moindre par rapport aux contrats du privé !!
         Vous me la copierez 100 fois celle-là !
         On ne vous a donc jamais appris qu’additionner des serviettes et des navets a peu de chance d’être pertinent ?
         Existerait-il par hasard un référentiel absolu, indiscutablement reconnu et cautionné par chaque citoyen français, qui permette d’évaluer au centime près la valeur d’un de ces avantages que vous reconnaissez !
         C’est bien là le danger, et la lourde faute, d’accepter de telles entorses à l’exigence démocratique de l’égalité en dignité et en droit !
         
         
         Ceci dit, il faut aussi être capable de comprendre que vouloir abolir cette fumeuse ’exception’ des statuts (comme ont su le faire avec bonheur bien d’autres pays moins embourbés que le nôtre) ce n’est pas pour autant défendre les gesticulations actuelles de notre gouverne-ment.
         Tout au contraire :
         comment ne pas voir qu’en ne faisant les choses
         Il reconnaît et avoue savoir se rendre compte de la faute des statuts que pour les cheminots !
         Pire, Il entend ne corriger l’ineptie que pour les nouveaux cheminots : pas gêner de laisser subsister côte à côte, en même temps des compatriotes qui feront les mêmes choses, dans les mêmes ’conditions de travail’ du moment, mais pas avec les mêmes droits et ’avantages’
         
         Qui peut encore gober cette ’pensée complexe’ ? !!


      • vesjem vesjem 17 mars 21:55

        @Lugsama
        toi, mon petit,tu es du genre « on privatise tout » pour servir les petits copains
        petit traitre scélérat


      • vesjem vesjem 17 mars 21:58

        @Ouam
        t’as voté macron, je le sais ; avoue, citoyen de moins de 60 ans !


      • Ouam Ouam 17 mars 22:05

        @vesjem
        « t’as voté macron, je le sais ; avoue, citoyen de moins de 60 ans ! »

        J’avoue ouiiiiiii
        Que je suis loin des 60 ! ca c’est vrai !

        Pour le reste je nie fortement.... mon bulletin de vote ne peut aller que ici :
         
        http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Constitution_Wiki_Etienne_Chouard
         
        Le seul bulletin de vote qui est citoyen, tout le reste, c’est de l’escroquerie...
        Vu que ce n’est plus le peuple qui est souverain smiley
        2005 m’est resté en travers, depuis j’ai compris...


      • jmdest62 jmdest62 18 mars 08:24

        @gogoRat
        les lois de la République ne sont pas « là pour donner un cadre aux contrats »
        pas QUE pour ça mais AUSSI pour ça ...
        °
        Quant à l’évaluation des « avantages » / salaire ...c’est à chacun de faire son opinion avant de signer.
        Il y a quarante ans j’ai envisagé d’entrer à la SNCF ...le statut et ses « avantages » ne m’ont pas convaincu ...je suis allé dans le privé considérant à l’époque qu’une meilleure rémunération valait mieux que les avantages du statut que l’on me proposait......j’ai donc bien fait librement un choix .
        °
        Le point sur lequel je suis entièrement d’accord c’est qu’il est aberrant de faire faire dans la même entreprise , exactement le même travail sous des statuts différents...voir procès des « chibanis ».

        @+


      • gogoRat gogoRat 18 mars 12:02

        @jmdest62

         Les lois n’ont pas à donner un cadre dans lequel serait en quelque sorte délégué aux contractants la licence de convenir de ce que bon leur semble. Les lois elles-mêmes doivent rester ’encadrées’ par la ’volonté générale’ : celle de tout le peuple, qui devrait être évaluée de façon démocratique ...
         (Contrairement à un cadre immuable, la volonté générale est changeante et adaptative )
         

         Et puis NON, il ne suffit pas, pour être honnête, de laisser à chacun un prétendu choix d’opter ou non pour des avantages, une entorse à la promesse constitutionnelle d’égalité en dignité et en droit, selon sa petite ’opinion’ personnelle ! 
        Si l’on fait acte de ce déni du cadre prétendument démocratique par lequel ce choix serait possible, alors on valide une incohérence, porte (ou fenêtre ?) ouverte au cautionnement de n’importe quel autre mensonge.
         Ceci n’empêcherait pas l’honnêteté de renoncer au mensonge qui consiste à nommer ’démocratique’ une idéologie qui tourne le dos au vrai concept ?
         Pourquoi celles et ceux qui ne jurent que par le mérite, la croyance en la possibilité d’être des exemples, meilleurs que les autres n’ont pas l’honnêteté de demander à ce que le ’cadre’ officiel de LEUR système de pouvoir soit nommé une aristocratie : terme approprié, étymologiquement, culturellement, simplement, à leur idéologie ?!
         
         Enfin, n’est-ce pas un peu ballot, (concernant certains ’avantages’ du statut de cheminot, par exemple) d’avoir commencé par exiger des ’avantages’ pour ’compenser’ ce qui était décrié comme une injustice ... pour finir par se persuader que celles et ceux que l’on voudrait croire ’jaloux’ de ces ’compensations’ ne méritent pas ces ’avantages’ parce qu’ils n’auraient pas été capables de ’choisir’ le camp victimaire à ’compenser’ ? !!


      • Lugsama Lugsama 18 mars 12:34

        @jmdest62

        « Peut-être tout simplement parce que cela fait partie des clauses du contrat qu’ils ont signé avec leur employeur... »

        Déjà le départ à la retraite ne peux plus faire partie d’un contrat de travail depuis longtemps, et d’ailleurs il était aberrant que ceci soit du ressort de l’employeur, c’est une questions de société bien au dessus du chef d’entreprise.

        Ensuite rassurez-vous il ne s’agit pas changer les contrats existants, donc pas de problèmes de ce côtés la.

      • Lugsama Lugsama 18 mars 12:45

        @vesjem

        Non, les monopoles naturels tel que les autoroutes, les aéroports, le rail (pas les trains), etc devraient selon moins rester du ressort de l’Etat si la République française n’avait pas cette incapacité chronique à gérer correctement ce qu’elle touche. Le jours ou les syndicats passéistes comme la CGT aurons définitivement été balayé (c’est en bonne voie) et le statut de la fonction publique mieux géré on en reparlera.

        Je me demande comment on peux se prétendre du service publique et bloquer les infrastructures qui servent à tous, heureusement que le personnel hospitalier est responsable lui.

      • jmdest62 jmdest62 18 mars 14:17

        @gogorat

        « une entorse à la promesse constitutionnelle d’égalité en dignité et en droit »
        Désolé mais je ne vois pas en quoi le fait de choisir tel contrat ou tel autre (ou de rester libre et créer son entreprise) , porte atteinte à l’égalité en dignité et en droit .
        °
        Au sujet de votre dernier paragraphe ; Vous n’allez quand même pas reprocher aux cheminots la situation actuelle des salariés du privé qui , dupés par des promesses électorales non tenues , ont été acculés à la précarité .
        J’ai l’impression que , pour vous , « égalité en dignité et en droit » ça veut dire chacun pour sa gueule et gloire aux vainqueurs ! j’me trompe ?
        @+


      • vesjem vesjem 18 mars 14:47

        @Lugsama
        tu brasses beaucoup d’air et te laisses séduire par les sirènes libérales ; je ne peux plus rien pour toi ; accroche-toi à ton idéologie ( la nouvelle aristocratie mondiale de l’argent) si tu veux être heureux


      • gogoRat gogoRat 18 mars 20:26

        @jmdest62

         Puisque vous avouez vou-même que vous ne voyez pas grand chose de ce qui vous explicité ...
         il ne serait pas pertinent d’insister ...
         
         On retiendra en tout cas votre façon très singulière d’interpréter ou de fantasmer une réalité dont personne ne vous a délégué la mission d’établir une telle traduction :
         
         Au passage, où avez-vous été pêché que je reproche quoi que ce soit aux cheminots ?
         ( Qui vous dit qu’une proportion honorable d’entre eux ne serait pas, contrairement à vous, capables de faire le distingo entre la dénonciation d’une faute d’incohérence dans la République, et l’idée de reprocher à des gens de se débrouiller comme ils peuvent avec ces incohérences ?
         D’ailleurs, si l’actuel gouverne-ment persiste, on verra bien si la totalité des cheminots vont défendre leurs statuts jusqu’à ce qui fait la différence entre opinion et conviction ...)
         
         Et aussi, vous ne daignez même pas esquisser la moindre preuve de ce que vous avancez :
         qui a le plus veauté et ’marché’, qui s’est le plus laissé dupé : les ’salariés du privé’ ou vos cheminots ? (ceux de votre vision)
         Pire, vous ne savez même pas que vos ’salariés’ du privé (ceux de votre vision bizarre), n’ont, eux, pas eu à attendre cette remise en cause de certains de ce que vous avez vous-même reconnu comme des privilèges, pour être précarisés bien avant même l’apparition du Jupiter par lequel vos cheminots de sentent trahis !
         
         Alor sachez bien ceci :
         OUI ! VOUS VOUS TROMPEZ ! et même LOURDEMENT !
         S’il vous faut une exlpication de texte sur ’égalité en dignité et égalité en droit’
         ... je n’aurai ni la patience ni la prétention de vous faire entendre le minimum de ce que le système scolaire de notre République aurait du vous amener à découvrir

         Pauvre France !


      • gogoRat gogoRat 18 mars 20:39


         Bon désolé pour les erreurs :
         vous-même ... ce qui vous a été explicité ... où avez-vous été pêcher ... qui s’est le plus laissé duper ...

         ’On n’est correct qu’en corrigeant’

         Et ce n’est pas en distinguant les salariés ’du privé’ des autres salariés, en refusant l’effort de comprendre ce que signifie le mot égalité dans notre constitution que l’on pourra donner l’illusion d’être correct !


      • gardiole 17 mars 10:34

        « La jurisprudence est parfaitement claire : l’entreprise privée gagnerait à tous les coups... »
        Pas forcément, l’entreprisse privée peut avoir agi en justice abusivement. Et puis, avec les juges, on n’est pas à l’abri d’une surprise.

        La concurrence entre opérateurs pourra jouer en faveur des salariés qui pourront passer d’une entreprise à une autre offrant des conditions de travail plus favorables. Nul doute qu’il sera intéressant pour une entreprise de débaucher des salariés déjà formés par une autre. Et que cette dernière veillera à faire travailler son personnel dans des conditions pas trop mauvaise pour qu’ils n’aillent pa voir ailleurs.
        Je ne sais pas si le rapport Spinetta prévoit la possibilité pour les Cheminots sous statut de renoncer à ce dernier si cela leur donne des conditions plus avantageuses. Possible que le choix soit cornélien pour certains.

        Bon, tout ça, c’est la conséquence de traités signés par nous dans l’enthousiasme, hymne à la joie, et j’en passe ; et nous nous aviserions de ne pas respecter notre parole ?


        • jmdest62 jmdest62 18 mars 14:37

          @gardiole
          Salut
          "La concurrence entre opérateurs pourra jouer en faveur des salariés qui pourront passer d’une entreprise à une autre offrant des conditions de travail plus favorables.« 
          °
          Pardonnez moi de vous le dire crûment mais ...ça c’est chez les »Bisounours« 
          Ce qui va se passer en réalité c’est que les nouveaux arrivants vont dans un premier temps  » casser les reins« de la SNCF en faisant du dumping à perte sur les lignes les plus juteuses (les grandes vitesses) et quand la SNCF sera à genoux ils se partageront le marché et feront grimper le prix des billets.
          Entre temps , pour se tenir le plus longtemps possible à flot , la SNCF laissera tomber une à une toutes les lignes secondaires (les basses vitesses) qui seront remplacées par des »cars Macron" .qui , eux aussi , se partageront le marché et augmenteront aussitôt leurs prix .
          °
          On a déjà donné avec la distribution de l’eau , la poste , le téléphone , les autoroutes...... pour savoir exactement comment ça va se passer.
          @+


        • zygzornifle zygzornifle 17 mars 10:43

          La réforme de la SNCF c’est un test comme la loi travail qui n’avait eut presque aucune opposition, si les cheminots perdent la suite sera bien plus dure car plus rien ne retiendra Macron surtout que son plan va opposer cheminots et usagers , diviser pour mieux régner ça marche aussi bien que le sursaut républicain chez les mougeons qui l’ont mis au pouvoir .....


          • rugueux 17 mars 11:24

            Quelle augmentation des tarifs ?

            Aujourd’hui un paris bordeaux en tgv le wxeek-end, vendredi lundi matin, c’est pour moi 222€ et la sncf te vend des places debout à ce prix là lorsque la demande est forte et les 2h04 promises sont rarement tenue c’est plutôt du 2h15 ou 2h18...

            Avec air france un AR c’est entre 105 et 140€ avec des aubaines à 90€ voire une fois 79€....

            Privatisé ou pas ce ne pourra pas être pire et au moins on sera débarrassé des ces emmerdeurs de grévistes !


            • jmdest62 jmdest62 17 mars 11:47

              @rugueux
              Il suffit juste de consulter les sites Air-Fance et SNCF pour voir que , au sujet des tarifs , vous mentez honteusement.
              De plus si vous êtes debout dans le TGV c’est qu’il n’y a plus de places assises donc c’est que le train est plein ....
              vous essayez donc de nous faire croire que des centaines de personnes (Vous y compris) se comportent comme des « truffes » alors qu’il leur serait si facile de prendre un avion bien meilleur marché , bien plus ponctuel et bien plus confortable .
              Cela ressemble plus à une crise d’anti-SNCFisme primaire qu’à un argumentaire objectif.
              @+


            • vesjem vesjem 17 mars 22:01

              @rugueux
              si t’étais moins rugueux du cervelet, tu irais sur le net et aurais des places 3 fois moins chères pour le même trajet qu’en GB


            • lecteur_agoravox 17 mars 11:27

              L’article 5.4bis du règlement européen 2016/2338 sur les obligations de service public dans les transports de voyageurs par chemin de fer n’oblige en rien le gouvernement d’ouvrir le transport ferroviaire à la concurrence. Le statut des cheminots permet de faire intervenir les salariés 24h/24 7j/7 sans avoir à négocier un accord d’entreprise. Si la SNCF devait payer son personnel au prix du marché alors sa masse salariale exploserait. L’ouverture à la concurrence ne permettra pas de développer le transport ferroviaire, ni d’augmenter l’efficacité des entreprises du secteur. Les chiffres d’affaires 2017 de SNCF Mobilités comme de SNCF Groupe (33,5 milliards) sont en hausse. Le chiffre d’affaires par an et par agent s’élève à 217000 euros contre 206000 euros pour la Deutsche Bahn. Par kilomètre de ligne, la SNCF emploie 5 salariés là où la Deutsche Bahn en emploie 5,9. La SNCF est une société bien gérée et plus productive que la Deusche Bahn.


              • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 17 mars 17:41

                @lecteur_agoravox

                Bonjour, je rajouterais que la mission de SERVICE PUBLIC qu’il s’agisse de la SNCF, de la Poste, de la Sécurité Sociale a été mise en place par le CNR - en 1945. Et comme tout service public, la SNCF a donc une vocation à rendre service au public, et non faire de la rentabilité et de verser dans le privé, ce qui revient à une spoliation.

                Il n’a jamais été question pour une mission de service public, d’être gérée comme une entreprise privée, les règles de gestion comptables des deux secteurs sont différentes . Et totalement antagonistes.
                Donc, vouloir faire de la SNCF une entreprise privée est un non-sens. Je rappelle que les nationalisations de 1945 des grands services de l’Etat, dont la SNCF sont inscrits dans la constitution. Regarder au delà de cette constitution est doublement un non-sens.


              • Lugsama Lugsama 18 mars 12:57

                @Nicole Cheverney

                Je rajouterai également 1945 oui, dans un pays à reconstruire il y a plus de... 70 ans, à une époque ou la France pesait trois fois plus dans l’économie mondial. Aujourd’hui un monopole français ne suffit plus à faire une entreprise d’envergure internationale, le monde est différend et il ne nous attendra pas.


              • Trelawney Trelawney 19 mars 16:38

                @lecteur_agoravox
                Le réseau ferré allemand c’est 41 000 km de voies pour la DB plus 4000 km de voies supplémentaires privées.

                Le réseau français c’est 30 000 km et aussi 5000 km de voies déclassées (ce nombre augmente chaque année).
                On se retrouve donc avec d’un coté un réseau ouvert à la concurrence qui construit des voies supplémentaires chaque année (privée) et de l’autre un réseau qui se réduit année après année avec fermeture de lignes non rentables. 
                J’ajouterai que pour les lignes le Mans Renne et Tours Bordeaux, la SNCF fait circuler ses TGV sur des voies appartenant à Vincy et au prix de Vincy. C’est tout à fait l’inverse d’un réseau d’état avec des sociétés de transports privées. Ne vous étonnez donc pas qu’un paris Bordeaux et 10 fois plus économique en avion qu’en train.

                Qui est bien géré et qui est mal géré ?

              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 17 mars 11:39

                Bonjour l’auteur !


                Votre billet est une bonne synthèse de la situation. Toutefois, il n’aborde pas la réponse des syndicats à cette réforme. Dès lors, a-t-on chiffré les pertes économiques du mouvement de grève annoncé ?
                Quels en seront les impacts économiques et les conséquences sur la fiabilité des transports publics en France ?
                Ce mouvement de grève ne pourra que dégrader davantage encore la rentabilité de la SNCF. 



                • flourens flourens 17 mars 17:07

                  @Jean d’Hôtaux
                  on tape sur le chien, à la fin il mord et c’est le chien qui est vilain et puis il faut toujours traduire la novlangue gouvernementale, réforme veut dire régressions, toutes les « réformes » entreprises par les gouvernement successifs se sont toutes sans exception traduites par des régressions et enfin, un service public n’a pas à être rentable, ça c’est la doxa libérale


                • Lugsama Lugsama 18 mars 13:03

                  @flourens

                  Et tous les services n’ont pas vocation à être publique, de même qu’un service de l’Etat à si, bien évidement, la nécessité d’être rentable pour le publique, même s’il est financé par les citoyens, il n’y pas que la rentabilité financière dans la vie..

                • rugueux 17 mars 11:58

                  jmdest62 justement je prends l’avion et je fais le trajet 2/3 fois par mois...

                  T’es gentil coco mais tu ne sais pas lire !

                  départ 23/3 AF 6256 Orly 16h40 retour AF7629 26/3 CDG c’est 122€ AR plein tarif avec une carte week-end c’est 104€....

                  Regarde sur sncf c’est 111€ l’aller simple idem retour


                  • Le421 Le421 17 mars 18:01

                    @rugueux
                    C’est 122 ou 222 ?
                    Effectivement, on ne sait pas lire.
                    Et de Mérignac pour aller chez vous, je suppose qu’en plus, c’est gratuit, alors que le taxi depuis St Jean, c’est un bras !!...


                  • Ouam Ouam 17 mars 19:09

                    @Le421
                    je confirme les propos de rugueux
                    en plus les traifs (de la sncf) sonts devenus completement imbitables.
                     
                    Faut etre un doctoran en « hazardologie » pour y biter quelque chose...
                    Plus opaque que ca tu meurs....

                    La superbe idée de la CGT pour renflouer la sncf, ben...
                     
                    Rajouter une nouvelle taxe sur les carburants !!!
                     
                    Non mais a va bien la, ca suffit !
                    SNCF : Société Nationale des Contribuables Francais ... (qui se fonts plumer)



                    • flourens flourens 17 mars 12:36

                      c’est marrant cette façon de réduire les coûts, toujours on cherche à réduire la masse salariale, soit par licenciement soit par baisse des salaires, et le petit personnel est prié de dire merci, sinon CRS et préventive garce à la loi sur l’état d’urgence à perpétuité
                      mais il existe d’autres dépenses, les matériaux par exemple qui, eux sont acheté au prix fixé par la main invisible du marché, la bourse, qui n’a rien à voir avec le prix réel des matériaux, c’est la spéculation qui fixe les prix, pourquoi la SNCF, qui dit aux salariés c’est comme ça et pas autrement, ne dit pas la même chose aux fournisseurs d’acier pour rail par exemple, c’est trop cher, faut faire des econocroques, je vous en donne tant et c’est comme ça et pas autrement, hein pourquoi ???? poser la question c’est y répondre


                      • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 17 mars 18:02

                        @flourens

                        Bonjour, si cette réforme aboutit, les clients de la SNCF prendront le train avec appréhension. C’est-à-dire, qu’autrefois où nous prenions le train les yeux fermés en pleine confiance du savoir-faire des travailleurs du rail et la SNCF, nous aurons à nous demander ( les requins du privé veillent à diminuer tout ce qui peut impacter le business et le profit en rognant sur le personnel, les formations, la sécurité, la qualité du matériel, etc. ) si prendre le train peut toujours nous amener à bon port. Car la Sécurité, ce sera je pense avec les gros clébards de la finance qui sont les premiers à se jeter sur le gigot, à le dépecer et à emporter les meilleurs morceaux, le dernier secteur à être respecté. Et les accidents, par voie de conséquence, se multiplieront et les morts qui vont avec. Est-ce que ça réfléchit vraiment les petits profiteurs qui s’excitent déjà devant les bonnes perspectives boursières ?


                      • Le421 Le421 17 mars 18:03

                        @flourens
                        Ah mais c’est que c’est pas pareil du tout !!
                        D’un côté, il y a des travailleurs à payer et de l’autre des actionnaires à rémunérer.
                        Et on sait où sont les priorités.
                        N’est-ce pas !!

                        Et puisque les gens sont contents comme ça...
                        On verra comment ça se passe le 22. J’y serais.

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