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Accueil du site > Actualités > Société > Train, fonctionnaires, Etat : le retour de la propagande ultralibérale

Train, fonctionnaires, Etat : le retour de la propagande ultralibérale

Récemment, une vidéo circulait sur les réseaux sociaux pour faire une comparaison entre le service public évidement calamiteux de la SNCF et l’équivalent japonais, privé, excellent. Si ces exercices de propagande ont la cote dans une France dirigée par le champion de l’oligolibéralismeces présentations biaisées ne résistent pas une seconde à l’épreuve des faits

 

Plus que jamais, le besoin d’Etat
 
Les ultralibéraux dénoncent une fonction publique qui serait bouffie d’avantages indus ou incapable de gérer convenablement la SNCF. La réalité est toute autre. Londres a privatisé son service ferroviaire il y a 20 ans, et malgré un contexte bien plus favorable (pays beaucoup plus dense et sans train à grande vitesse, sauf celui qui vient de Paris), le bilan est calamiteux. Bien sûr, il y a du choix, avec une vingtaine de sociétés privées. Mais le pays est le 2ème plus cher d’Europe, le prix du billet ayant grimpé de 117% en 20 ans, et même 250% de Londres à Manchester, à 329 livres ! Pire, l’Etat continue à verser 4,6 milliards de subventions par an, un comble pour une privatisation.
 
Les fonctionnaires sont aussi régulièrement la cible des ultralibéraux, entre pseudo surnombre et acquis sociaux indus. Alternatives Economiques a publié un long papier qui démonte ces idées reçues de manière efficace. Le nombre de fonctionnaires n’est pas si élevé en France et à ceux qui proposent de revenir à leur nombre de 2000, le journal rappelle que notre pays a gagné 6 millions d’habitants en 16 ans. D’ailleurs, dans bien des domaines, et notamment l’éducation, les comparaisons internationales montrent au contraire que nous manquons plutôt de fonctionnaires (plutôt mal payés qui plus est, toujours dans l’éducation). Enfin, leur statut se reflète dans le nombre de candidats au Capes…
 
Dernier argument massue : les 56% de dépenses publiques. Pourtant, personne ne s’émeut de la relative incohérence avec le taux de prélèvements obligatoires, dont l’écart est bien supérieur au déficit public. Les Echos ont publié un papier sur les raisons de ce niveau, évoquant la différence de partage entre public et privé sur la santé (qui explique 2 points d’écart) ou les réformes des retraites, au prix d’une baisse de niveau de vie des plus de 60 ans. Au global, j’avais montré il y a plus de 4 ans que même l’écart avec les Etats-Unis venait surtout de différences de périmètres, et pas pour le bien des citoyens, dont la santé est bien plus chère outre-Atlantique, tout en étant beaucoup moins bonne.
 
 
Bref, il convient de ne pas se laisser impressionner par les arguties ultralibérales et toujours creuser derrière leurs affirmations souvent superficielles, comme lors du débat sur mon dernier papier sur le Japon, où le troll de service ultralibéral a montré la faiblesse de ses arguments face à ceux, solides, de YPB. Le temps n’est pas à un recul de l’Etat, mais au besoin d’un Etat plus fort.

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23 réactions à cet article    


  • kalagan75 17 février 09:55

     Propagande ? avec une dette qui augmente de 3 Milliards par an et qui devra être comblée par le contribuable ?


    • Diogène Diogène 17 février 09:56

      @kalagan75

      rappel : la dette ne sert qu’à rembourser les emprunts que l’état a contracté auprès de banques privées puisqu’il ne peut plus le faire auprès de la banque de France.

    • Diogène Diogène 17 février 09:57

      @Diogène

      erratum : je voulais écrire « les intérêts » des emprunts !

    • kalagan75 17 février 11:33

      @Diogène
      tu n’as jamais remboursé tes propres emprunts ? ce qui s’applique à toi même, ne doit pas s’appliquer à une entité morale , le communisme dans toute sa splendeur !


    • Pere Plexe Pere Plexe 17 février 12:51

      @kalagan75
      Comparativement au réseau routier, lui aussi payé par le contribuable, ça represente combien ?
      a priori (ces chiffres pourtant essentielles n’existent pas !) c’est de l’ordre de 5%.
      Et la seule saturation routiere coûte plus de 20 milliards/ an


    • kalagan75 17 février 13:00

      @Pere Plexe
      donc comme certaines parties du réseau routier sature, on peut continuer la gabegie ?


    • kalagan75 17 février 13:05

      @kalagan75 saturent ...


    • Pere Plexe Pere Plexe 17 février 13:15

      @kalagan75
      Le libérale rapport Spinetta le reconnait :
      -l’etat à sous investit dans le rail ("Le réseau ferroviaire français a fait l’objet d’un sous-investissement massif dans la maintenance (entretien et renouvellement), depuis la fin des années 1970, en raison d’arbitrages budgétaires)
      -aucune solution privée ne peut etre viable sans une reprise de la dette, c’est à dire une baisse significative des coûts de péages sur le reseau ferroviaire.
      -le recherche de l’équilibre financier passe par une augmentation de la tarification.( "le système de prix maximum dont on a du mal à comprendre ce qui le justifie aujourd’hui deviendra franchement incongru dans un système de concurrence.")


    • Pere Plexe Pere Plexe 17 février 13:40

      @kalagan75
      La gabgie est de ne pas regarder la réalité des chiffres, a agir par dogmatisme.
      La gabgie c’est le sous investissement au nom d’une prétendue orthodoxie financiére.
      La gabgie c’est de prétendre que l’ouverture à la concurrence coutera moins cher et servira mieux les Français !
      Alors meme que le rapport qui officialise ce non-choix ( c’est une imposition de Bruxelles) reconnait le contraire.
      Non la fermeture de lignes, de gares, la hausse des tarifs, mais aussi des impots pour le reseau ce n’est pas mieux servir !


    • kalagan75 17 février 14:05

      @Pere Plexe
      tu demandes pourquoi l’état n’a pas investi ? combien ont coûté en € constants ces fameux acquis sociaux sur les 50 dernières années ? 


    • Pere Plexe Pere Plexe 17 février 19:06

      @kalagan75
      J’ai déjà expliqué comment le statut est source d’économie 

      S’il disparaît cela se traduira inévitablement par des hausses des coûts salariaux !

    • Alren Alren 19 février 17:36

      @kalagan75

      Si la dette publique augmente c’est parce que les plus riches ne rétrocèdent pas suffisamment d’argent qu’ils ont prélevé sur la production sous le nom de « dividendes ».

      Ce qui compte ce n’est pas le montant des impôts à payer par chacun suivant ses moyens, c’est ce qui lui reste après qu’il ait payé !!!

      Déjà la dette serait bien dégonflée sans fraude fiscale de cette mafia.


    • Diogène Diogène 17 février 09:55

      Si ce n’était que de la propagande, on pourrait en effet tenter de ne pas se laisser impressionner, mais ils ont déjà commencé à passer à l’acte, et les moutons continue à brouter, même si les plus malins sont un peu interloqués !


      • Diogène Diogène 17 février 10:43

        @Diogène

        Le dernier hold-up de l’oligarchie : le groupe Renault a annoncé la création d’un poste de numéro deux confié dès lundi prochain à l’actuel directeur à la compétitivité, Thierry Bolloré. La prochaine étape établira un succession héréditaire...


      • Tom France Tom France 17 février 13:50

        Les ultra libéraux sont pour une certaines protection de l’état mais uniquement dans leur intérêts ! On le voit aujourd’hui, l’état s’affaibli vis à vis des plus fragiles au profit du maître marché et son saint : la concurrence alors que ce même état se fait plus fort pour ce qui est de protéger les plus riches contre l’intérêt général bien compris.


        • gardiole 17 février 14:30

          « Les ultralibéraux dénoncent une fonction publique qui serait bouffie d’avantages indus »
          Si les Cheminots râlent, c’est bien parce qu’ils ont quelque chose à perdre, non ?
          Et si les ultralibéraux (en fait, les contribuables) râlent, c’est parce que ce sont eux qui vont payer, comme toujours.

          Qu’on supprime ou réduise les avantages des Cheminots, et qu’on laisse faire le marché. Si, après cela, la SNCF peine à recruter, elle offrira à nouveau des conditions motivantes. Et justifiées.


          • zygzornifle zygzornifle 17 février 16:55

            C’est les fonctionnaires d’état qu’il faut liquider et ceux qui se la grattent dans les métropoles , préfectures , mairies , administrations de tout poils ce n’est pas qu’a la SNCF car il y en a un paquet qui bossent pour un salaire médiocre , on s’en prendra encore a ceux qui sont au milieu de la clientèle et qui se font pourrir toute la journée a cause d’une direction incapable de gérer la moindre situation ....


            • contrevenant 17 février 19:18

              Bouffi d’avantages indus, vous avez tout dit .


              • Pere Plexe Pere Plexe 19 février 18:23

                @contrevenant
                Du genre ?


                Faite le savoir car la SNCF peine à recruter !
                Sans doute la faute à ces « avantages »
                Indus : ça va de soit.

              •  C BARRATIER C BARRATIER 17 février 21:26

                A ma connaissance les trains donnaient satisfaction à tout le monde ; le réseau ferré etait entretenu, jusqu’a la séparation entre le réseau et les entreprises qui roulent dessus, encore et maintenant la SNCF, mais on a préparé l’arrivée d’autres entreprises de transports de voyageurs....Résultat : accidents, retards, pannes ridicules, perte du transport du fret, desormais concurrenccé par la route...
                Aujourd’hui nous ne serions plus capables d’inventer le TGV

                Si on ne revient pas à ce qu’on savait faire, on va effectivement à la catastrophe.


                • izarn izarn 17 février 21:28

                  Ca dépends de quoi on parle : Soit la SNCF est un service public, soit non.
                  Dans le cas d’un service plublic, le concept de rentabilité n’a aucun sens, puisque par essence elle rends service au public grace aux impots, plus ou moins gratuitement. De fait que la SNCF en tant que service public ai des pertes n’a aucun sens particulier. C’est fait pour.
                  C’est de la connerie de propagande ultra libérale. C’est comme de dire qu’entretenir les départementales gratuites n’est pas pas rentable : Vaffanculo pauvre con de libéral de merde !
                  Et les taxes que je paie c’est pourquoi ? Pour éviter que tu en payes sur ta fortune, connard ?
                  Bon j’arrête. Je sens que je m’énerve...
                  A plus...


                  • CN46400 CN46400 18 février 08:09

                    En 1847 un barbu écrivait : Le gouvernement moderne est un comité qui gère les affaires communes de la bourgeoisie toute entière (KM-Manifeste du Parti Communiste)
                     A Bruxelles comme à l’Elysée c’est ce comité qui est à l’oeuvre. C’est lui qui a décidé, pour « confortabiliser », durablement, les profits d’une poignée de grands bourgeois, en les introduisant entre la peau et la chair pour parasiter les activité deservices publics en France et en Europe. Comme cela a déjà été fait sur les autoroutes.
                     Pour comprendre, il faut savoir que ces gens-là sont, depuis plusieurs années, gavés par la BCE de liquidités qui finissent par ne plus trouver de débouchés suffisamment juteux à leurs yeux. Il ont décidés de squatter désormais les services publics où on peut entrevoir quelques sources intéressantes de profits (EDF-SNCF-Hopitaux etc..)
                     En attendant le jacpot suprême, une vraie bonne guerre, capable de casser suffisamment de capital pour que la reconstruction, avec l’exploitation des prolos survivants, puisse, encore, les entretenir confortablement pendant une nouvelle génération. Oui mais tous les capitalistes survivront-il ? Et le capitalisme lui-même ?


                    • zygzornifle zygzornifle 18 février 14:43

                      5 500 000 fonctionnaires , tous ne bossent pas a la SNCF , il faut écrémer ailleurs .....

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