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Accueil du site > Actualités > Société > Un cadavre sur le palier, ou le temps de l’indifférence

Un cadavre sur le palier, ou le temps de l’indifférence

Il y a quelques jours, lors d’un voyage à Paris, j’ai cru reconnaître sur un quai de la ligne 6 du métro une ancienne voisine qui m’a occasionné l’une des expériences les plus désagréables de mon existence. Était-ce elle, 25 ans après, ou quelqu’un qui ressemblait à l’image, vieillie d’un quart de siècle, que j’avais de cette femme ? Peu importe, une rame l’a emportée tandis que j’attendais la mienne sur le quai opposé. Mais cette rencontre a fait ressurgir des images enfouies, et une dizaine de jours plus tard, je ne parviens pas à m’en défaire...

À cette époque, mon épouse et moi résidions dans le 13e arrondissement de Paris, au 5e étage d’un IGH (Immeuble de Grande Hauteur), autrement dit une tour d’habitation. Chaque étage comportait sept appartements, disposés en U autour d’un puits technique central où étaient notamment logés les ascenseurs et l’escalier. Vers 1 heure du matin, notre fils est revenu d’une sortie avec des copains. Très agité, il est entré dans l’appartement et nous a réveillé en nous secouant ; il était livide. « Il y a un cadavre sur le palier ! » nous a-t-il dit.

Je suis sorti sur le palier, et immédiatement j’ai vu des cheveux noirs qui dépassent sur le sol dans l’un des angles du palier ; de longues traînées de sang couraient sur les murs ; ici et là des traces de doigts s’étaient imprimées comme des témoignages d’art pariétal sur les parois d’un site préhistorique. La porte de notre voisine, une jeune Capverdienne – appelons-la Amalia –, était entr’ouverte. J’ai contourné l’angle du palier et découvert son corps inanimé. Á l’exception d’un slip, Amalia était nue sous un peignoir largement ouvert. Elle s’est ouvert les veines mais elle vivait encore : par chance, les entailles avaient rapidement coagulé. Tandis que mon épouse appelait le gardien et les secours, je pénétrais dans l’appartement d’Amalia. Aucun doute sur le suicide : plusieurs bouteilles d’alcool étaient ouvertes, et un couteau de cuisine baignait dans une bassine ensanglantée.

Nous n’avions pas de rapports étroits avec cette jeune femme, et pour cause : Amalia travaillait dans une boîte de nuit et ses horaires n’étant guère compatibles avec les nôtres, nous ne la croisions que rarement. En discutant avec elle, nous avions quand même compris qu’elle avait une vie sentimentale compliquée. Après avoir eu quelques brèves liaisons, elle était tombée amoureuse d’une sorte d’aventurier portugais qui la manipulait sans vergogne : cet individu menait une double vie, partageant son temps entre son épouse légitime à Lisbonne et sa maîtresse à Paris où ses (troubles) affaires l’amenaient très fréquemment. Manifestement, il berçait Amalia d’illusions. Jusqu’au jour où la jeune femme ne l’a plus supporté.

À 1 h 15, les lourdes portes coupe-feu des ascenseurs ont été bruyamment fermées pour isoler notre étage. Il y avait là le gardien de nuit, des policiers, et bien entendu les pompiers, accompagnés par un jeune médecin. Tandis que ces derniers s’efforçaient de réveiller la voisine avant de l’évacuer, nous répondions aux questions de la police. Je vous laisse imaginer le bruit que font les voix et la manipulation du matériel de réanimation, puis de la civière ! Enfin, près de trois quarts d’heure après la découverte du corps, l’ordre d’évacuation a été donné ; la voisine n’avait pu émettre que quelques grognements avant de replonger dans un dangereux coma éthylique. Direction : les urgences de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, situé à quelques centaines de mètres de là.

En cinq minutes, le palier s’est vidé après que le gardien eût fermé l’appartement d’Amalia et pris possession de son jeu de clés. Mon épouse et moi sommes retournés nous coucher. Il était 2 h 05. Notre fils dormait déjà, terrassé par l’émotion et sans doute également par les quelques bières bues avec ses amis à la Butte-aux-Cailles ou au Quartier Latin. Le sommeil avait été beaucoup plus dur à trouver pour nous.

7 h 30. Requis d’urgence à son domicile par le gardien de l’immeuble, le sympathique Omar, un Malien du voisinage, d’habitude très enjoué, s’efforçait en grimaçant de faire disparaître les traînées sanglantes sur les murs. Pas facile d’enlever des taches de sang sur un crépi. Surtout quand on a sur le dos un abruti comme le comptable du cinq-pièces qui jouait les contremaîtres et ne lâchait pas ce pauvre Omar d’une semelle. Ce sont les éclats de voix de ce col blanc autoritaire qui m’ont attiré sur le palier. Furieux, j’ai envoyé balader ce parasite et suis resté à discuter avec le Malien que je connaissais un peu, de même que sa femme et ses deux gamins.

Omar s’est détendu. Puis il a parlé : « Il paraît qu’à part votre femme et vous, tous les autres sont restés enfermés chez eux malgré le raffut. Chez nous, au village, tout le monde serait sorti de chez soi pour aider les secours, ou pour encourager le blessé. » Je suis resté silencieux. Eh oui, Omar, c’est bien là que se situe la différence : chez nous en ville, personne (ou presque) ne sort plus de son appartement. Par peur de prendre un mauvais coup, par peur d’être impliqué dans une sale histoire, par peur… d’on ne sait trop quoi…

Amalia n’a commencé à émerger que deux jours plus tard. Elle a même eu la force de m’adresser un sourire lorsque je suis allé lui rendre visite à la Salpêtrière. En la quittant, j’ai rencontré l’infirmière qui s’occupait d’elle. C’est cette femme qui a le mieux résumé la situation : « Des cas comme celui-là, nous en voyons toutes les semaines. Le pire, c’est que dans notre pays, on peut crever d’abandon au cœur de la ville. Et l’on ne peut même pas blâmer les gens de leur indifférence : entre les spectacles de plus en plus violents et les discours sécuritaires qui, loin de les rassurer, alimentent au contraire leur sentiment d’insécurité, ils se replient sur eux-mêmes. » Cela s’est passé il y a 25 ans. Et si l’on en croit les sociologues, l’indifférence aux autres n’a fait qu’empirer depuis cette époque.

Amalia s’en est sortie et, quelques jours plus tard, nous a offert un apéritif au son d’une musique capverdienne. Trois mois plus tard, elle a repris l’avion pour Praia. Avec, dans ses modestes bagages, quelques expériences en plus et pas mal d’illusions en moins…

Note : À l’exception des noms, cette histoire est, hélas, rigoureusement vraie.


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88 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 19 octobre 09:04

    Elle faisait certainement partie des 100 plus grandes fortunes de France cette pauvre fille .....


    • Fergus Fergus 19 octobre 09:25

      Bonjour, zygzornifle

      Elle avait, dans ce cas, bien caché sa fortune. Plus sérieusement, son goujat d’amant disposait quant à lui de pas mal de fric et l’avait faite embaucher comme serveuse dans une boîte de nuit où, ai-je cru comprendre, il possédait des parts.


    • ZenZoe ZenZoe 19 octobre 09:34

      Bonjour Fergus
      Elle est donc revenue à Paris donc. Espérons qu’elle va mieux et profite de la vie ... et qu’elle ne lit pas AX au risque de raviver des souvenirs encore plus douloureux pour elle smiley

      Pour ce qui est du repli des gens, je ne jette la pierre à personne. Effectivement, on risque toujours de se prendre un coup de couteau, de se faire questionner par la police, d’avoir des embrouilles avec le compagnon.. Et c’est un fait que les gens hésitent à se parler une grande ville - par peur d’être rabroué peut-être je crois, plus que par indifférence. Heureusement, ils se montrent plus ouverts dans les plus petites villes ( en général) et quand ils sont en vacances !


      • Fergus Fergus 19 octobre 09:44

        Bonjour, ZenZoe

        « Elle est donc revenue à Paris »

        Je n’en sais rien : peut-être était-ce elle, la femme aperçue dans le métro ; peut-être une personne qui lui ressemblait. Après un quart de siècle, difficile d’être certain ; il aurait fallu pour cela que je puisse lui parler, mais nos routes n’ont fait que se croiser, et elle-même ne m’a pas vu.

        « Pour ce qui est du repli des gens, je ne jette la pierre à personne »

        Moi non plus, mais c’est un fait sociologique avéré dans notre société moderne. Il n’y a que dans les périodes de grande catastrophe que les gens - du moins un grand nombre d’entre eux - retrouvent spontanément un comportement solidaire.

        « ils se montrent plus ouverts dans les plus petites villes ( en général) et quand ils sont en vacances » 

        En effet ! Moins de stress, une ambiance plus décontractée, et un sentiment de sécurité plus marqué aident les citadins introvertis à sortir de leur coquille.


      • Parlez moi d'amour Parlez moi d’amour 19 octobre 20:30

        @ZenZoe
        J’habite une petite ville.

        Je suis tombée à deux reprises à cause de problèmes d’oreille interne. Pas de casse mais bien amochée, du sang et surtout beaucoup de mal à me relever. Les passants me contournaient en détournant les yeux, dont certains que je croisais tous les jours ... l’indifférence n’est pas l’apanage des métropoles hélas.

        Cet été un homme s’effondre devant moi, il faisait très chaud en fin d’après midi, je me précipite pour l’aider à se relever quand je me sens bousculée : pas touche la bonne femme. Il s’était évanoui de faiblesse et quand j’ai suggéré de lui faire avaler un peu d’eau, le regard noir des deux « sauveurs » m’a cloué le bec ... j’avais oublié que c’était ramadan. Ils l’ont trainé sur un banc puis abandonné ... toujours dans les vaps.

        J’appelle les pompiers pour un jeune qui, zigzagant sur la chaussé venait de s’affaler brutalement, apparemment sous l’emprise de l’alcool. Quand ils arrivent ils me disent « encore celui-là ! On l’emmène tous les jours à l’hôpital, ça va bien maintenant » et hop ils repartent en laissant le type inconscient, c’est la police qui a fini par l’emmener ...

        Bref, je m’en mêle, je contourne, j’interviens ? Pas facile ...


      • bob14 bob14 19 octobre 09:51
        Un suicide manqué, c’est aussi ridicule qu’un duel sans égratignure.
        Citation de Honoré de Balzac


        • Fergus Fergus 19 octobre 10:00

          Bonjour, bob14

          La boutade est plaisante, mais Balzac n’en pensait probablement pas un mot ; il était en effet trop fin connaisseur de l’âme humaine pour ne pas percevoir les situations de détresse qui induisent le plus souvent ces actes.


        • bob14 bob14 19 octobre 13:20

          @Fergus....Personnellement je n’aurais pas osé me mettre à la place de ce titan..question de bon sens bien sur et surtout de modestie...


        • Fergus Fergus 19 octobre 13:33

          @ bob14

          Personne, et surtout pas moi, ne prétend se mettre « à la place de ce titan » pour qui j’ai un immense respect.

          Mais comme cet autre géant qu’a été Hugo, Balzac ne dédaignait pas les bons mots destinés à faire sourire en société ou à provoquer. Il est même allé plus loin en rédigeant ses surprenants « Cent contes drolatiques » qui montrent de lui une facette très éloigné du Père Goriot ou de la Cousine Bette !

          Tous les aphorismes ne doivent pas être pris au pied de la lettre !


        • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 07:58

          @Fergus

          .
          Voilà un respect fort déplacé. Les bons mots d’un « titan » n’en sont que plus coupables car plus susceptibles d’être pris au sérieux par les innombrables esprits faibles. Moi-même...
          Et si on découvrait le témoignage d’une femme que ce titan aurait importunée ? Vous seriez bien embêté, hein, comme Tarantino ! (moi je m’en tamponnerais, mais vous, quelle effroi vous en éprouveriez, j’en suis certaine !)

        • Fergus Fergus 20 octobre 09:29

          Bonjour, sarcastelle

          Le respect pour les écrits d’un auteur majeur ne doit en effet pas occulter la part sombre de leur personnalité, si tant est que celle-ci existe.

          Concernant Balzac, je ne me vois pas lui jeter la pierre pour une citation dont il semble évident qu’elle doit être prise comme une simple boutade. Qui plus est, je suis de ceux qui pensent que l’on peut rire de tous les sujets, dès lors que le contexte et le public s’y prête. Cela dit, j’ignore en quelle occasion Balzac a pu prononcer ces mots (ou les écrire).

          Je ne comprends pas ce que vient faire là votre parallèle avec l’affaire Weinstein. Si l’on commence à se livrer à de telles spéculations, on n’a pas fini de se pourrir la vie. Cela dit, pour répondre à l’interrogation sous-jacente, je n’ai pas de problème : cela fit belle lurette que je me suis détourné d’auteurs au comportement sulfureux (Céline par exemple) ou dont la personnalité m’est odieuse (Bazin par exemple).


        • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 17:40

          @Fergus

          .
          Un méchant écrivain par définition ne produit rien de littérairement valable. 
          Un écrivain méchant peut écrire des livres excellents ; cela n’a rien à voir. 
          Peut-être ne faites-vous pas la différence ?
          Peut-être craignez-vous que des amis politiques aperçoivent du Céline chez vous ? 

        • Fergus Fergus 20 octobre 17:59

          @ sarcastelle

          Je trouve excellents les romans de Bazin, et je les juge heureusement pas à l’aune de l’antipathie que m’inspire cet auteur.

          « Peut-être craignez-vous que des amis politiques aperçoivent du Céline chez vous ? » 

          Je ne prétends pas comparer mes modestes écrits à ceux de Céline. En revanche, je pense être une personne plus digne que ce type dont on a appris - et cela a malheureusement été démontré - qu’il avait été un immonde dénonciateur de Juifs durant la guerre.

          Enfin, des « amis politiques », je n’en ai pas, ayant toujours été indépendant de tout parti.

          Globalement, je ne comprends pas le sens de votre commentaire.


        • sarcastelle sarcastelle 21 octobre 09:04

          @Fergus 

          .
          je ne comprends pas le sens de votre commentaire
          .
          Je vous décerne le prix Palmolive de la meilleure savonnette.
          Lisez-vous encore Tintin ? 

        • Fergus Fergus 21 octobre 10:54

          Bonjour, sarcastelle

          Je n’ai pas lu Tintin depuis l’âge de 15 ou 16 ans. Et cela n’a rien à voir avec les ridicules procès faits à Hergé, celui-ci n’ayant été que le reflet de son époque, tout comme avant lui Jules Verne dont les livres contiennent de nombreux clichés du même genre. 


        • Garibaldi2 23 octobre 04:38

          @Fergus

          Portrait du Juif Hakhabut dans le roman Hector Servadac (de Jules Verne) :

          « Petit, malingre (…) le nez busqué, la barbiche jaunâtre (…) les pieds grands,les mains longues et crochues (…) il offrait ce type si commun du juif allemand, reconnaissable entre tous. »

          A mon opinion c’était un antisémitisme ’’intellectuel’’, je ne pense pas que Jules Verne, et d’autres, n’aient à aucun moment envisagé une extermination des Juifs. Ils avaient tous été éduqués dans un univers catholique où l’antisémitisme allait de soi, le Vatican n’oubliant pas d’instiller son venin quotidien.


        • Shawford nick-le-zootopien 23 octobre 05:04

          @Garibaldi2

          Oui enfin encore faut-il que l’on sache qui est Jules Verne lui même :
          http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Jules_Verne/148630

          "Il aurait dû, cependant, se méfier des conclusions trop hâtives, lui qui cite l’histoire d’un journaliste américain venu à Paris vers 1890 faire une enquête sur Jules Verne. Ce journaliste avait recueilli les cinq « versions » suivantes du romancier :
          1° Jules Verne est un voyageur infatigable qui a traversé lui-même les cinq continents et les a explorés en profondeur ; il ne fait que décrire ses propres aventures ;
          2° Jules Verne ne travaille qu’en chambre et ne fait que recopier des récits de voyageurs ;
          3° Jules Verne est en réalité un Juif polonais, né à Plock, près de Varsovie ; son nom véritable est Iouri Olchewitch, nom d’un arbre qui, en français, se dit verne ; c’est lui qui a écrit l’œuvre d’Alexandre Dumas, notamment les Trois Mousquetaires et le Comte de Monte-Cristo ;
          4° Jules Verne est un mythe ; il y a derrière ce « sigle » toute une organisation qui écrit ses livres ;
          5° Jules Verne est un vieux loup de mer, mort depuis longtemps. Ses premiers livres ont été publiés par Hetzel, qui, depuis, en fait écrire deux par an. "

          Si ça se trouve le Verne c’est une Simone Weil avant l’heure ^^^^

          Et plus avant pour rattacher plus encore les wagons avec ce qui se dit autour de Fergus envers les écrivains, leur œuvre et le contexte, hier soir sur France 2, ils parlaient de la sortie du dernier Astérix et de la vie de Goscinny qui était... juif !
          Un exposition a été même organisée pour expliquer son œuvre sous cet angle là !

          Verne, l’auteur le plus cosmopolite qui ait été, Gosciny le père de la BD la plus vendue au monde.

          Comment est-il possible de se dispenser du terme judéo pour désigner notre héritage culturel, au côté de chrétien !?


        • Fergus Fergus 23 octobre 09:04

          Bonjour, Garibaldi2

          Je suis d’accord avec vous. N’oublions pas que de nombreux clichés et idées reçues - assez largement véhiculées, en effet, par la religion catholique - avaient cours à l’époque de Jules Verne. L’on retrouve cela dans nombre d’écrits contemporains de cet auteur. Et pas seulement sur les Juifs ou les Noirs. Même Zola dans « La Terre » fait un portrait à bien des égards caricatural de la société paysanne.


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 octobre 10:03

          J’ai aussi habité ce genre de tour à cette époque dans le même arrondissement. Les ascenseurs servaient d’omnibus verticaux pour desservir des étages aux affectations spécialisées : cantines, dortoirs, salles de jeux, dispensaire : la communauté des boat people de l’époque avaient été affectés là par Chirac qui n’avait pas envie de voir s’installer des porteurs de cartes électorales. La « communauté » la mieux structurée avait la réputation de gérer elle-même ses morts et ne déclarait jamais de décès à l’administration : les « papiers » valaient de l’or. Les « puits techniques » que vous évoquez permettaient d’envoyer les déchets ménagers dans des « vide-poubelles » hauts de 32 étages attirant toutes sortes de vermines et en particulier des cafards dont il était très difficile de se débarrasser. 


          C’était le triomphe de l’urbanisation sauvage !
          Que du bonheur !

          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 octobre 10:20

            @Jeussey de Sourcesûre

            rectification : le dispositif d’évacuation des déchets (interdit aujourd’hui pour des rasions sanitaires évidentes) s’appelai « vide-ordures » !
            Le terme étant aujourd’hui disponible puisqu’il ne correspond plus à aucune réalité tangible pourrait être attribué judicieusement à une opération de purification politique et administrative, mais là, je suis hors-sujet, non ?

          • Fergus Fergus 19 octobre 11:25

            Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

            Dans mon immeuble, il n’y avait que des logements d’habitation allant, à chaque étage, du studio au 5 pièces, et quelques cabinets de praticiens médicaux ou dentaires. Les vide-ordures étaient encore installés dans les... cuisines des appartements. Très sain comme disposition ! smiley

            Les IGH auxquels vous faites allusion en évoquant une certaine « communauté » sont un peu plus loin, dans le Chinatown entre la rue de Tolbiac et le boulevard Masséna. J’y ai connus plusieurs personnes qui résidaient notamment dans les immeubles de la dalle dite des Olympiades.


          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 octobre 14:24

            @Fergus

            Vous avez bien identifié les tours en question. Celle où j’habitais s’appelait la tour « Ravenne ». Au départ, elle ne comportait, dans les étages, que des appartements, et le recyclages par la « communauté »en village vertical était quasi-clandestin, en tous cas non-officiel, et l’accès aux commerces et activités proposées était « privé ».

          • Fergus Fergus 19 octobre 15:03

            @ Jeussey de Sourcesûre

            Vous étiez voisin de l’une de mes sœurs qui habitait la tour « Palerme ». Lorsqu’elle y a acheté son appartement, il y avait une large majorité de résidents français ; lorsqu’elle en est partie - elle habite désormais à Rennes -, plus de 80 % des logements étaient occupés par des asiatiques. Sans doute y avait-il, là aussi, des activités professionnelles plus ou moins clandestines.


          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 octobre 15:08

            @Fergus

            c’est une des applications du principe de Pareto : la règle des 80-20 était respectée, avant et après, mais les proportions inversées.

          • Fergus Fergus 19 octobre 15:25

            Bonjour, Hiro

            Pour une avocate, toutes les causes sont respectables ! smiley


          • Fergus Fergus 19 octobre 15:31

            @ Jeussey de Sourcesûre

            On n’est pas là tout à fait sur la règle de Pareto qui concerne les effets (80 %) relativement aux causes (20 %).

            Dans le Chinatown, causes et effets ont cru dans les mêmes proportions : plus la communauté s’est concentrée en ce lieu, plus elle a investi au fil u temps les habitations et les locaux commerciaux.


          • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 08:05

            @Jeussey de Sourcesûre

            .
            Vous m’apprenez que les vide-ordures ont été interdits.
            J’en ai eu un voici près de quarante ans, et en emménageant dans un assez bel appartement qui en était doté, j’y avais vu un agréable progrès. Sauf pour l’homme de peine qui enlevait les poubelles et qui à cette occasion pouvait recevoir les éclats d’une bouteille larguée d’une altitude assez considérable. Mais comme j’étais dans un immeuble assez cossu et que l’homme de peine logeait dans une HLM pourrie, nul ne s’en souciait. 

          • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 08:22

            Il était voisin d’une de vos soeurs ! Ce n’est pas moi qui aurait eu cette chance.

            Ce n’est pas parce qu’une tour s’appelle « Palerme » que vous avez le droit d’y soupçonner sans preuve des activités clandestines. 
            J’estime que lorsqu’on habite un immeuble peuplé de 80% de non-caucasiens, on ne doit pas en partir même si les motifs du départ n’ont rien à voir avec ce peuplement, car certaines personnes pourraient le croire. Il est plus citoyen de rester. 

          • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 08:23

            @sarcastelle

            .
            C’était pour Fergus, naturellement. 

          • BOBW BOBW 20 octobre 09:42

            @Hiro : Rédigez +bref et + concis qu’on comprenne + aisément.Merci !


          • Fergus Fergus 20 octobre 09:53

            @ sarcastelle

            « Ce n’est pas parce qu’une tour s’appelle « Palerme » que vous avez le droit d’y soupçonner sans preuve des activités clandestines. »

            Rien à voir en effet avec le nom de la tour. Pour ce qui est des activités non déclarées dans les tours du secteur, c’était de notoriété publique. Il était d’ailleurs amusant dans certaines tours des « Olympiades » de voir les manutentions de ballots à destination ou en provenance d’appartements censés n’être que de simples logements. Je parle là des décennies passées car je ne fréquente plus ces lieux que pour aller faire quelques courses chez des commerçants chinois ou vietnamiens, ou admirer les murs peints du Street Art (cf. Paris : les murs peints du quartier Nationale).   smiley

            « J’estime que lorsqu’on habite un immeuble peuplé de 80% de non-caucasiens, on ne doit pas en partir même si les motifs du départ n’ont rien à voir avec ce peuplement, car certaines personnes pourraient le croire. Il est plus citoyen de rester. » 

            Un tantinet démagogique, non ? Il se trouve que, pour de multiples raisons impératives (familiales, professionnelles, financières, etc.), les gens sont amenés à déménager un jour ou l’autre. Et cela sans que la moindre connotation raciale entre en jeu dans la grande majorité des cas. Le nombre des candidats asiatiques à l’achat étant très élevé, il était logique que la proportion des personnes venues d’Asie augmente de manière spectaculaire au fil du temps. « Citoyen de rester ? » Vous devriez dire cela à tous ceux qui ont été mutés loin du 13e arrondissement, ou à des retraités comme ma sœur qui ont choisi d’aller habiter en province. smiley


          • sarcastelle sarcastelle 20 octobre 10:13

            @Fergus

            .
            Vous êtes désarmant...

          • Rmanal 20 octobre 10:42

            @Fergus
            Perso j’ai habité la tour Rimini toute mon enfance (20 ans), mes parents y sont restés 45 ans.
            Je confirme vos dire. Lorsque l’on se promenait dans le quartier le soir on entendait des machines à coudre.


          • Fergus Fergus 20 octobre 11:40

            Bonjour, Rmanal

            Merci pour cette confirmation. Et encore ne parle-t-on là pas des stockages de marchandises dans les boxes des rues souterraines du Disque et du Javelot ! smiley


          • foufouille foufouille 19 octobre 11:01

            ce serait arrivé pareil dans pas mal de petites villes ou villages.


            • Croa Croa 19 octobre 11:28

              À foufouille,
              Il y a du vrai mais tu exagères. Les gens se connaissent encore dans les villages même s’ils se voient moins qu’autrefois au bistro ou à la sortie de la messe et il y a toujours des voisins aux enterrements.


            • Fergus Fergus 19 octobre 11:29

              Bonjour, foufouille

              Ce n’est pas mon expérience des petites villes et villages, du moins en Bretagne pour ne pas remonter trop loin dans le temps. Il est vrai qu’à de rares exceptions près, il n’y a pas de réelle insécurité, ce qui induit des comportements moins repliés sur soi.


            • foufouille foufouille 19 octobre 13:37

              @Fergus
              c’est mon expérience dans le nord est et une partie de la bourgogne.


            • Fergus Fergus 19 octobre 13:42

              @ foufouille

              Il est vrai qu’il existe de grandes disparités entre les territoires, eu égard notamment au coût social qu’a induit la désindustrialisation, et aux difficultés nées des tensions communautaires apparues progressivement depuis les années 60. Sur ce plan-là, la Bretagne, sans être totalement épargnée, est assez largement mieux lotie que d’autres régions, il faut bien le reconnaître.


            • Croa Croa 19 octobre 11:45

              La vie est désormais rythmé par la télévision et la communication par le smartphone. On ne connaît plus son voisin surtout en ville. On s’enferme chez sois à 19h. À 20h on prend la dose de paranoïa télévisée qui entretient tout ça et on se couche à 22h30 rassurés par tant de bonnes paroles. On fait partie de la France qui se lève tôt... 

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