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Accueil du site > Actualités > Société > Un train expérimental de la SNCF retire onze vies

Un train expérimental de la SNCF retire onze vies

Je suis un des frères de Fanny qui trouva la mort à bord du TGV d’essai le 14 novembre dernier, à Eckwersheim en Alsace.

J’écris pour interdire à l’Oubli et au Silence d’engloutir la tragédie du déraillement d’Eckwersheim et d’effacer des mémoires les noms et visages des onze vies. J’écris pour clamer loin que la fin d’une vie humaine est une catastrophe infinie qu’elle survienne au Bataclan, en Alsace, au Bangladesh ou en Afrique, qu’elle concerne un enfant du tiers-monde, une rock-star ou un chef d’État. J’écris parce que cette tragédie qui engage un établissement public relève de la Chose publique et de la Justice des hommes.

À lire et entendre les déclarations des responsables de la SNCF, j’en arrive à cette question absurde : que « vaut » la vie de ma sœur ? Répondre par une somme d’argent exprimée en euros, fût-elle importante, reviendra toujours et de toute façon à répondre à côté de la question. La vie humaine est sans valeur d’échange.

Si cette question a du sens, alors je réponds que la vie de ma sœur ne vaut en tout cas pas moins qu’une étoile. Une étoile observable depuis l’hémisphère sud et depuis l’hémisphère nord. Pas moins que les Contemplations de Victor Hugo. Pas moins qu’un requiem encore à composer et qu’un orchestre philharmonique interpréterait pendant vingt-cinq ans, onze mois et deux jours – ce que dure une vie...

La SNCF reporte de trois mois l’ouverture de la ligne TGV qu’elle testait. Le jour funeste du 14 novembre n’aura-t-il été qu’un simple retard dans un planning de livraison ? En fait, n’aura-t-il été, ce jour maudit, que la malheureuse diminution de la plus-value espérée dans la mise en place de cette ligne à grande vitesse ?

La SNCF aurait pu – pourquoi pas ? – décider de renoncer à l’ouverture de cette ligne au motif que trop de gens y ont perdu la vie dans l’objectif futile de faire gagner trente-deux minutes sur les trajets Paris-Strasbourg. L’entreprise ferroviaire ne renonce évidemment pas et fera pendant de nombreuses années des bénéfices sur des restes humains qu’elle souhaiterait le moins bruyants possibles, enterrés aussi profondément qu’il se peut.

Jusqu’à ma mort, je regretterai ma sœur. Notre famille est à jamais amputée de sa présence joyeuse. Tout être humain, pourvu qu’il ait un minimum d’empathie, saura entendre la douleur infinie qui est la nôtre. Douleur des familles des dix autres morts. Mais une entreprise comme la SNCF, passionnément inquiète de concurrence et de rentabilité, d’optimisation managériale, peut-elle comprendre quoi que ce soit du cri douloureux de l’humain ? Quel sens peut avoir pour une entreprise soucieuse d’entretenir un capital et de voir croître sa croissance annuelle, la mort de onze êtres humains en conditions expérimentales, onze êtres humains dont deux femmes qui ne travaillaient pas pour elle ? Quel sens si ce n’est une ligne comptable, une somme d’argent qui se négociera a minima, budgétisé et couverte en partie par des assurances ?

Jusqu’à ma mort, je regretterai ma petite sœur. La SNCF regrettera un temps le retard pris dans l’inauguration d’une nouvelle ligne, elle regrettera sans doute que son image ait été un peu ternie – mais la boue du déraillement ne dissimule pas le sang à jamais maculant ses rames – et peut-être se donnera-t-elle bonne conscience en récompensant ceux qui œuvrent à cette ligne d’un travail arrivé à terme, et fierté du travail bien fait – the show must go on

On me répondra que l’on est désolé, on m’adressera des condoléances sincères et des larmes, on nous fera don des obsèques… générosité d’homicide dont je ne conteste pas la sincérité mais qui jamais n’effacera que le mal est fait. Cependant, l’entreprise, nimbée de l’anonymat de ses pratiques qui au mieux se veulent relever du bon sens (au pire, des pratiques qui seraient celles de fraudeurs), poursuivra sa route, insensiblement déviée par ce qui n’aura pas même été scandaleux. Nimbée de l’irresponsabilité dans laquelle chacun ne faisant que son travail cherche refuge, chacun ne faisant qu’appliquer les règles de l’idéologie lénifiante du management souriant et paternaliste. Le bon sens : bien sûr qu’il faut que la nouvelle ligne de TGV soit ouverte, parce qu’elle est tout de même bien pratique, parce que c’est faire honneur à ceux qui y ont travaillé bien sûr, parce que c’est un hommage ! à ceux qui lui ont donné leurs vies… Ma sœur se trouvait à bord en tant qu’invitée et ignorait les risques qu’on prenait.

Sa mort nous confronte à un irrémédiable. À quel irrémédiable l'entreprise responsable de la vie de ses passagers devrait-elle être condamnée pour que la mesure soit juste ? Ma question va aux hommes et femmes qui rendent la Justice. J’ai bien une suggestion : condamner l’exploitant de cette voie rapide à ne pouvoir jamais y faire le moindre bénéfice. Que cette voie ferrée funeste demeure une chose publique dont nul ne saurait tirer profit, une zone franche de toute course au gain, un service dont le coût couvrirait simplement l’entretien, la sécurité, les salaires… libre de toute rentabilité. Ou encore : que tout bénéfice dégagé de cette ligne ne puisse faire l’objet d’aucune capitalisation mais soit reversé à des œuvres humanitaires, à des associations d’utilité publique. Alors, je n’aurais pas le sentiment que l’on récolte de l’argent sur un champ de morts.

AM


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23 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion M de Sourcessure 10 février 2016 11:35

    Comme vous l’affirmez, la vie d’un être humain n’a pas de valeur marchande. Votre douleur est grande et tous ceux qui ont un cœur ont été meurtris par cet accident. Mais s’il fallait ’condamner l’exploitant de cette voie rapide à ne pouvoir jamais y faire le moindre bénéfice« , il ne resterait plus beaucoup d’entreprises - de transport ou du bâtiment ou d’extraction de minerais, ou d’autres - dans le monde.

    La seule »justice" serait sans doute de déterminer les responsabilités dans cette catastrophe et de mettre en place les procédures pour empêcher que cela se reproduise.

    • Pere Plexe Pere Plexe 10 février 2016 15:57

      @M de Sourcessure
      C’est un fait. Aussi douloureux que soient ces décès, le projet doit avancer.
      Premièrement abandonner ne fera pas revenir les victimes, ne fera pas se dissiper la douleur de leurs proches.
      Ensuite comme le vous le rappelez nombres de grands projets (tous ?) sont marqués par des décès. Moins spectaculaires certes mais tout autant mortels et difficiles pour l’entourage des défunts.
      Concernant l’accident de cet article l’enquête (ou les enquêtes) est toujours en cours.
      Attendons de voir ce qui va en sortir.

      Je respecte la douleur de ce proche d’une victime, mais il faut garder raison.


    • adelie974 10 février 2016 16:23

      @Pere Plexe
      Cher Pere Plexe,

      Pensez-vous que GRACE AUX DECES, on pourra donc mener à terme de grands projets, comme par le passé, selon vous ?
      Comme les pyramides des Rois Pharaons, pour lesquels certains ouvriers à la vie très courte, donnaient donc leur courte existence de fatigue et de risque, sans même jamais voir le grand projet réalisé ?
      Est-ce que mon enfant aura donc donné sa vie, pour permettre que le train aille vite ? 
      Est-ce GRACE A l’expérimentation, chic alors ! on va savoir faire foncer des TGV dans des courbes avant des ponts ? 
      Mais elle ? elle a eu du sang dans la bouche ? de la terre dans les yeux ? peut-être les membres sectionnés ?
      Et SHOW MUST GO ON ? 
      D’abord, est-ce un si grand projet ? un projet avec des virages ? est-ce donc là un si grand projet futuriste ? si le projet était grand, il se serait doté d’un système intelligent de freinage, adapté aux essais. 
      Cela n’a pas été le cas.
      Ces onze tués expérimentaux, l’ont été pour un projet qui n’était donc pas si grand.


    • Pere Plexe Pere Plexe 10 février 2016 19:02

      @adelie974
      Pas grâce mais en dépits de décès.

      il m’est difficile de répondre à une maman ayant perdu un enfant.
      Mes arguments, mon raisonnement, s’appuient sur la raison.
      Votre douleur vous confine dans l’émotion.
      Et c’est bien compréhensible. 

      Peut être vous rendrez vous compte un jour que sans le savoir vous utilisez des routes des viaducs des bâtiments, des tunnels qui ont été témoins d’effroyables drames.
      L’aviation déplore nombre de catastrophes lors d’essais d’homologation.Que fait on ?

    • adelie974 10 février 2016 20:05

      @Pere Plexe

      Pere Plexe, ce que vous dites est juste. Mais cependant, dans le cas du TGV d’essai d’Eckwersheim, l’expérimentation ne s’est pas faite à la loyale, qu’en pensez-vous ? puisque au lieu de placer dans ce train expérimental, des pilotes d’essai dotés de casques, on y a mis des gens sans protection, et surtout - SANS L’INFORMATION - notamment les invités, sans l’information du système de freinage automatique de sécurité, désactivé.
      Vous y enverriez votre fille.

      Bien sûr vous dites vrai, quand on prend un viaduc avec notre voiture, en oubliant les morts qui peut-être jonchent de leur mémoire, l’édifice, on est comme insensible ? ou on leur dit un merci un peu confus, à ces morts ?

      Mais dans le cas présent, les invités de ce TGV d’expérimentation, ne savaient rien, leur degré d’information, sur le programme de pousse de vitesse, sur les freins désactivés, cela, ils ne le savaient pas. 

      entre une catastrophe imprévisible (il y en a), et une catastrophe quasi programmée (on pousse la vitesse juste avant un virage avec un pont, et sans freinage automatique), vous dites quoi ? c’est imprévisible ? 
      Le cas est atypique.

      Le pilote d’essai de formule 1 connait ses risques. Disons qu’il les connait le plus possible. C’est triste s’il se tue en faisant des essais. Mais si on ne lui a pas tout dit sur les freins de sa voiture ? c’est loyal ? il va au casse-pipe sans s’en douter, voyez-vous ?

      Le cas, ici, est bien pire. Car les invités n’étaient même pas des pilotes d’essai plus ou moins avertis. Mais des ignorants comme vous et moi. 
      C’est cette duperie qui n’est pas juste, mais pas juste du tout. 

      Et il y en aura encore beaucoup, des duperies de ce genre ? des gens qu’on laisse aller au casse-pipe, jouets, pauvres jouets des caprices d’autres hommes, grisés par les exploits de vitesse ?

      Telle est ma question. Je la pose même pour mon enfant qui n’est plus là, car je déteste le décalage qu’il y a eu, entre la confiance entière et candide qu’elle faisait et d’autre part, la si grande légèreté des responsables, froide légèreté. Il n’y avait qu’un kilomètre pour freiner, je crois ? on avait prévu d’arriver à toute bombe sur le lieu dangereux, ça c’était dans les prévisions. C’est bien, ça ?



    • Pere Plexe Pere Plexe 11 février 2016 17:21

      @adelie974
      Là encore je ne connais pas votre degré de technicité ferroviaire.

      Alors simplement je vous donne quelques éléments.
      Qu’un train roule sans ce que vous appelez « système de freinage automatique de sécurité, » n’a rien d’exceptionnel.Toute les voies ne sont pas équipé de tels systéme,et celles qui sont équipées peuvent être volontairement désactivé (travaux,probleme sur la voie..).
      Pour autant je suis parfaitement d’accord que se système (KVB ou équivalent) aurait du être utilisé pour ses essais, surtout avec la décélération hautement acrobatique (de 330 km/h à 176 en 2 km  !) Même si sans doute une adaptation du matériel était surement nécessaire.
      Je ne sais pas comment concluront les tribunaux mais une telle marche d’essai constitue une faute grave à mes yeux.Bien plus que le retard fatal du freinage (une dizaine de seconde)

    • adelie974 10 février 2016 11:56

      Il peut effectivement exister des lieux sacrés, ou des instants sacrés, car nous sommes des êtres qui pensent et qui ressentent, et non des robots. Nous avons une morale. 

      Par exemple, le World Trade Center, sur son champ de mort, conçoit une « Memory Foundation », on prend le temps de penser, de se souvenir, de réfléchir. Zola évoque la vie dans les mines, au siècle dernier, où la mort de quelques gueules noires n’importait pas tant que cela, du moment que l’on pouvait très vite repartir gagner de l’argent. 
      Ainsi, pour ce tragique accident d’Eckwersheim, était-on certains, lors des bascules de camions de terre pour des remblais, pour vite « nettoyer » la zone, était-on certains d’avoir d’abord collecté tous les restes humains ? Osera-t-on se promener sur les lieux, que cela soit en jogging, à cheval ou en train, sans s’arrêter un instant ? là où des personnes ont rendu leur dernier soupir, dans les cailloux, et la boue, sans que qui que ce soit ne leur caresse la tête, ne leur tienne la main ? 
      Se sont-ils vus mourir quelques secondes ou quelques minutes ?
      Et si, comme les événements portent à le penser, certaines parties des corps restaient encore dans les gravats, alors que peu à peu, les visiteurs revenaient, peut-on décemment envisager la course à nouveau, pour un gain économique ?
      Peut-être que quelqu’un a marché sur les restes de mon enfant. 
      Peut-être qu’un camion de terre a enseveli une partie de son corps, que je n’ai pas eu le droit de voir une dernière fois.
      Libre à tous ces gens de passer à fond sur la voie 2, le plus vite possible, mais qu’ils pensent que peut-être ils roulent sur un ancien cimetière. 

      • LOKERINO LOKERINO 10 février 2016 13:40

        Bien sur que nous compatissons à la douleur de votre famille , la disparition de votre sœur est une tragédie . C’est affreux, injuste et cela peut toucher n’importe qui dans n’importe quel situation à travers le monde comme vous le signalez.
         Ce que ce drame a de particulier , c’est qu’il a été complétement occulté par une autre actualité brulante à Paris
        C’est dur pour les victimes et leurs proches , le sentiment certainement justifié de l’oubli, notamment parce qu’ il n’y aura pas eu l’effroi de la population ni une prise en compte nationale de ce drame et de ses nécessaires explications

        Il faudra bien pourtant en tirer toutes les conclusions pour que e cette tragédie servent à éviter d’autre dans l’avenir , et soulager un peu les famille, puisque c’est le prix si lourd à payer

        Sur l’aspect sensibilisation et traitement de l’information , c’est une forme de nivellement par les media medias sur l’hôtel du sensationnel
        Ce qui donne artificiellement et selon les dates de survenance une bizarre hiérarchie dans les événements , dans les drames.

        C’est un peu ce qui s’était passé en 1997 dans un drame qui m’avait touché de très près avec l’explosion des silos de la Semabla sur le port de Blaye sur la Gironde ou 12 personnes avait péris ensevelis et un pécheur avait disparu projeté dans le fleuve 

        La France et les français étaient suspendue aux recherches.
        La consternation , la tristesse et l’ effroi submergeaient les pensées de tous lorsque quelques jours après un « banal » accident de voiture causa deux victimes ;
        Mais il s’agissait de Lady Dy et son compagnon tués en plein Paris sous le tunnel de l’Alma

        Et la, la tragédie de Blaye , les recherches , les deuils, les explications ne concernent désormais plus que quelques centaines de personnes et plus des millions de Français

        Pour revenir a votre tragédie, je vous souhaite à vous et votre famille bon courage pour vivre avec « l’absence » de votre sœur.
        Merci aussi de redonner le nécessaire écho a cette affaire

        Je vous souhaite de trouver un apaisement au fur et a mesure des explications qui seront trouvé a ce drame en espérant que ces explications soit le plus transparentes possible..
        je vous rejoints sur le problème de non responsabilisation ou plutôt, de la dilution des responsabilités
        Sans avoir connaissance du dossier de cet accident, je sais, pour bien la connaitre, que c’est l’un des problèmes de la sncf , plus que les hommes , l’organisation , la nature et culture de cette société en sont pour moi la cause


        • ZenZoe ZenZoe 10 février 2016 14:28

          Il y a certainement eu là une imprudence magistrale. On n’invite personne lors d’un test. Les seuls autorisés à monter à bord auraient dû être les techniciens impliqués dans le projet.
          La mort de votre soeur en est d’autant plus dure à accepter.
          Pour autant, pourquoi voudriez-vous que la SNCF arrête tout ? Si à chaque accident on devait renoncer à l’exploitation d’un service, on en serait encore à vivre dans des cavernes.
          Je vous souhaite tout le bien possible dans le long parcours de deuil qui va être le vôtre.


          • adelie974 10 février 2016 14:47

            @ZenZoe

            En fait, il s’avère que non, ce n’est pas si vrai, qu’on n’invite personne lors des tests sur les trains d’essai.
            L’épouse de l’un des conducteurs nous l’a dit publiquement en réunion de crise avec toutes les familles en pleurs, elle était « invitée » lors d’un précédent trajet d’essai.

            Et si vous regardez wiipedia, chaque fois qu’il y a eu des record de vitesse, 1990, 2007, il y avait des invités VIP à bord de la rame. 

            Et dans ce train à Eckwersheim, selon des rescapés, il y avait bien du champagne ? C’était festif, on le suppose.

            En tous cas, les invités, c’était bel et bien une pratique, nous le découvrons à présent. Y compris pour réaliser un record encore jamais atteint !

            Quant à dire que si à « chaque accident de train, si on renonçait à exploiter l’endroit, alors on reviendrait à l’âge des cavernes », cela veut-il dire qu’il y en a tellement, des accidents ? une telle quantité ?
            Si oui, ce n’est pas à l’âge des cavernes qu’il faudrait aller, mais plutôt vers le futur. Or le futur se construit-il sur des fondations fêlées ? sur des monceaux de terre mélangés à du sang humain ? 

            Il s’agit juste de réfléchir, si on veut aller si vite que l’on concurrence les avions, alors, il faut vraiment regarder le futur, et non pas les vieux rails en virage avant des ponts. Un train qui va à fond, sans être des experts, nous imaginons bien qu’il vaut mieux qu’il ne prenne pas des virages importants. 

            Il faudrait, je le crois, un recueillement, et non pas juste des familles terriblement endeuillées, mais de la population, qui s’engouffre aveuglément dans ces trains qui vont vite et pour quoi ? une vie peut s’arrêter d’un instant à l’autre.
            Pourquoi nous allons vite ?

            ... mais je m’égare, pardon. D’accord, OK, allons vite pour faire Paris-Strasbourg, mais pas sans âme, n’est-ce pas ? pas sans conscience ? pas au prix de vies humaines ?
            Pourquoi ce TGV fait-il un tel virage ? 
            Ont-ils compris qu c’était dangereux d’y foncer comme ils l’ont fait, avec le freinage automatique désactivé ? 
            Ou bien vous voulez qu’ils recommencent ? les mêmes ou d’autres ?

            Moi je suis pour le futur, mais avec conscience. Et le futur devrait faire un détour, ou bien ralentir sur le ballast encore sanglant.

            Je suis une arrière petite fille de cheminot. 

            Que dit l’arrière-grand-père qui adorait les trains qui vont vite ? je crois, que doucement, il dit qu’il aimerait que la France se dote de trains ultra-modernes, mais avec aussi une conscience, pas juste des robots qui vont et qui viennent.

            Pardon pour la longueur du propos, un mot plus un mot plus un mot, ça fait un train 


          • adelie974 10 février 2016 15:38

            @M de Sourcessure

            Merci M de Sourcessure, j’ai fini par trouver cet article au vitriol, sur le site « Le Rail déchaîné ».... http://leraildechaine.org/post/133338357575/accident-mortel-deckwersheim

            Ils sont en colère

            Selon moi, un atout commercial de taille, pour vendre des TGV, c’est la confiance que l’on inspire, et peut-être davantage que la vitesse de nos trains. 

            Les firmes automobiles l’ont bien compris, quand elles ont, toutes, rappelé leurs véhicules pour maintenance, à la première suspicion de malfaçon. Une manière de rassurer le marché. C’est important, car il ne s’agit pas de mauvaise appellation de viande, ou de détails de traçabilité d’un produit de consommation courante. 
            Là il s’agit de dispositif qui tuent.
            Que ce soit la route, ou le rail, ça peut tuer.

            Montrer de la probité, être transparent et rigoureux, cela peut faire remporter des parts de marché.



          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 février 2016 17:56

            @ Lauteur



             Je vous offre toutes mes condoléances. Nous savons tous que ype de drames est inévitable.. Souhaitons que chacun de ces drames conduise à un plus grande conscience des risques et, qu’on n’oublie jamais ceux qui sont sacrifiés à notre recherche d’un « progrès » dont on ne calcule pas toujours le véritable coût.

            Pierre JC Allard

            • chappalebandgaterlaibless 10 février 2016 18:20

              @Pierre JC Allard
              Merci de vos pensées.

              Inévitable... Il était parfaitement évitable de faire monter des invités à bord, des enfants, il était évitable de faire des homologations en survitesse (on apprend du BEA-TT que la survitesse était probablement superflue pour essayer la ligne...).

            • Onecinikiou 10 février 2016 23:09

              @chappalebandgaterlaibless


              Il était surtout évitable de faire monter dix personnes en cabine de conduite, puisque c’est formellement interdit, même sur une rame d’essai, et qui est sans doute la cause de la distraction du conducteur ayant entrainée le drame. 

            • Yohan Yohan 10 février 2016 22:58

              Ce qui me choque, c’est qu’on puisse faire un test de vitesse avec des invités à bord. On n’invite personne quand on teste un avion de chasse avant homologation, pas plus que pour un vol d’essai chez Airbus. En principe, ne figurent logiquement que des techniciens chevronnés et habilités et informés des risques. Je suis donc très surpris que l’on puisse inviter femmes et enfants sur un TGV d’essai. En phase d’inauguration, ce ne devrait plus être un TGV d’essai. Il y a quelque chose qui m’échappe. Je sais aussi que les catastrophes résultent très souvent d’une suite de dysfonctionnements dans une chaîne de décision. Une succession de mauvaises décisions qui s’ajoutent à pas de chance. Je ne sais pas ce qui pourra apaiser votre douleur d’avoir perdu votre soeur. Rien probablement, malheureusement. Si la SNCF admet son erreur sans chercher à se trouver des excuses et de bons avocats, elle se grandirait. 


              • Onecinikiou 10 février 2016 23:11

                @Yohan


                Les sanctions doivent tomber en effet, car il était évidemment interdit de faire monter quiconque d’étranger au service sur une rame d’essai. 


                • tf1Groupie 12 février 2016 18:16

                  Il y a une chose gênante c’est que l’auteur accuse d’emblée l’entreprise SNCF, notamment parce qu’elle, la SNCF, aurait laissé monter des invités à bord.

                  Or à ce stade de l’enquête il est un peu tôt pour établir les responsabilités.
                  En particulier il se peut qu’il y ait eu des erreurs individuelles de personnels de la SNCF, notamment ceux qui ont fait monter les invités alors qu’ils n’en avaient peut-être pas le droit.

                  Conclure à une culpabilité de l’entreprise elle-même est donc un peu rapide.

                  Pour connaitre un peu la SNCF de l’intérieur je sais que le respect des procédures et des clients n’est pas une priorité pour certains « cheminots ».


                  • chappalebandgaterlaibless 12 février 2016 20:04

                    @tf1Groupie
                    Alors, sans être spécialiste du droit des transports, je crois savoir qu’un transporteur est responsable de la vie de ses passagers (quand bien même ils n’auraient pas leur titre de transport), qu’il a comme une obligation de mission minimale, à savoir que les gens qui montent à bord de son matériel en sortent vivant et sans préjudice...


                    Il existe une responsabilité civile delictuelle :

                    L’article 1384 alinéa 1 du code civil : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde ». « Cela signifie que la SNCF, même en dehors de tout contrat, a l’obligation de réparer les préjudices qui sont causés par les objets dont elle a la garde comme les trains, les portières des trains, les quais… » (trouvé ici)

                    Il y a certes des responsabilités individuelles, mais qui ne diminuent en rien la responsabilité civile de la SNCF


                  • chappalebandgaterlaibless 12 février 2016 20:06

                    @tf1groupie


                    toujours la même source :
                    • Le droit français retient de plein droit la responsabilité du gardien de la chose à l’origine du dommage.
                    • Il retient également de plein droit la responsabilité de l’employeur du préposé auteur du dommage.
                    La SNCF ne semble en tout cas pas nier cette responsabilité...

                  • TSS 14 février 2016 23:08

                    La seule chose evidente c’est que dans un train experimental en periode

                     d’essai il n’y aurait pas dû avoir d’invités à bord,seuls les professionels

                    auraient dû être là... !!


                    • adelie974 15 février 2016 05:53

                      @TSS

                      Oui, apparemment, les responsables n’auraient pas dû prendre la liberté d’inviter officiellement des personnes qui ne sont pas des professionnels.
                      Mais ça se complexifie, du fait que parmi les invités, il y avait aussi des « invités professionnels ».
                      C’est-à-dire des pros mais qui ne sont pas en service. Ils viennent juste passer là leur samedi, en touristes professionnels.
                      ça doit s’appeler le tourisme d’affaires ou quelque chose dans le genre.

                      Et puis l’usage voulait que l’on invite. Voyez pour les « records de vitesse sur rail en France », rubrique WIKIPEDIA, en 1990, comme en 2007, pour leurs records de vitesse, les pros avaient convié des invités dans la rame d’essai, des VIP. Mais peut-être qu’ils avait quand même activé le freinage automatique ? ou bien peut-être qu’ils n’avaient pas envisagé de prendre des courbes à fond ?

                      Et dernier point, on lit sur certains sites qu’il restait encore des essais à faire la semaine suivante, donc ce samedi 14 novembre était festif pour quoi, si ce n’était pas le dernier essai ? pour un challenge particulier ? l’enquête le dira, espérons-le ...
                       

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