@ Vincent Perrier-Trudov,
"Il y a une erreur dans ce que vous dites. La Russie a des troupes sous mandat de l’ONU depuis 1993 en Abkhazie et en Ossétie du Sud. "
Oui, c’est parfaitement exact : la Russie a (avait) 500 hommes, armés légèrement uniquement. A la veille du conflit, ça, on ne le saura probablement jamais.
En outre, je vous signale que l’Ossétie et la Géorgie ont aussi 500 hommes dans cette région. Outre le fait qu’il est plus que surprenant que les casques bleus aient été choisis dans les rangs des belligérants eux-mêmes, on peut constater que la Russie et l’Ossètie avaient deux deux fois plus d’hommes que la Géorgie.
"Techniquement et juridiquement, les troupes géorgiennes ont ouvert le feu sur des casques bleus."
C’est faux. Les troupes russes, considérablement augmentées, dotées d’artillerie, ne pouvaient pas être des casques bleus : la Russie ne devait pas avoir plus de 500 hommes opérationnels dans la zone de cesser-le-feu.
"Et vous n’expliquez toujours pas selon quels critères la volonté d’indépendance des Kosovars est plus légitime que celle des Abkhazes et des Ossètes."
Et la volonté des Géorgiens chassés d’Abkhazie en 1993, qui, selon les accords signés par la Russie, devaient être autorisés à rentrer chez eux, elle a été respectée ?
En ce qui concerne cette "agression" de l’Ossétie par la Géorgie, il y a des éléments qui me troublent. Je me permets donc de faire un copier-coller d’un commentaire que j’ai posté sur un autre fil :
<<<Donc, l’armée géorgienne, qui se fait "raccompagner" chez elle en deux heures a attaqué. Il faut quand même se demander si les fameux conseillers américains et israéliens ne sont pas un peu débiles.
Je ne suis pas conseiller militaire et j’ignore tout de la stratégie, mais il me semble que, sans aviation, sans marine, il était très hasardeux de déclencher une guerre dans laquelle on savait que les troupes russes allaient intervenir de façon certaine.
De plus, si on veut interdire à l’adversaire de progresser, il y a des cibles autrement prioritaires qu’un hôpital : les ponts, les tunnels, les voies de chemin de fer, les pistes d’atterrissage. Ces infrastructures ont-elles été détruites par les géorgiens dès les début des hostilités ? Pas que je sache, et pour cause : ils n’en avaient pas les moyens. Vous en conclurez ce que vous voudrez. >>>
C’est votre mauvaise foi qui fait vraiment de la peine : la Russie avait renforcé ces troupes dès le 29 avril dernier. Elle avait donc violé les accords qui interdisaient les armes en Ossétie du Sud (autres que les fusils des casques bleus.)
Déclaration de la présidence au nom de l’Union européenne (Bruxelles, 6 mai 2008)
"L’Union européenne demeure vivement préoccupée par les événements qui se sont récemment succédé et ont aggravé les tensions entre la Géorgie et la Fédération de Russie. Au nombre de ces événements figurent notamment la déclaration faite le 29 avril par le ministère russe de la défense, qui a annoncé une augmentation du nombre de soldats déployés par la CEI pour maintenir la paix en Abkhazie et la mise en place de quinze nouveaux points de contrôle le long de la frontière administrative, et l’incident survenu le 20 avril, au cours duquel un drone géorgien a été abattu dans l’espace aérien de la Géorgie.
L’Union européenne invite l’ensemble des parties à s’abstenir de toute mesure qui serait susceptible d’aggraver les tensions et les engage à s’employer à rétablir la confiance.
L’Union européenne confirme son attachement profond à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, ainsi que l’a tout récemment réaffirmé le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 1808 du 15 avril 2008.
L’Union européenne réaffirme qu’elle soutient les efforts déployés par la communauté internationale pour faciliter un règlement pacifique des conflits en Abkhazie et en Ossétie du Sud, et plus particulièrement le travail réalisé par l’ONU et son Représentant spécial en Géorgie, avec le concours du Groupe des Amis du Secrétaire général des Nations unies et l’aide de l’OSCE.
Le Représentant spécial de l’Union européenne et la Commission européenne continueront de mettre en œuvre l’ensemble de mesures visant à restaurer la confiance, afin de contribuer à la résolution des conflits.
La Turquie, la Croatie* et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l’AELE membres de l’Espace économique européen, ainsi que l’Ukraine et l’Azerbaïdjan se rallient à la présente déclaration."
"Vous éludez le problème, la question qui se pose est : pourquoi accepter dans un cas et refuser dans l’autre ?"
Oui, c’est bien la question que je pose : pourquoi la Russie aurait le droit d’occuper des territoires ne lui appartenant pas, alors que l’ "occident" n’aurait pas le droit de déclarer l’indépendance du Kosovo.
"J’en pose une autre : Qu’aurions nous fais si la Serbie avait envahie le Kosovo afin de préserver son intégrité territoriale ?"
Et que ferez-vous quand la Russie envahira la Crimée pour protéger ses "ressortissants" ?
Je pense que vous avez une mémoire, soit très courte, soit très sélective :
Il serait temps de voir que la déclaration d’indépendance du Kosovo n’est pas un précédent qui pourrait justifier, excuser une intrusion russe en Géorgie et la reconnaissance de deux états autonomes, l’Abkhazie et l’Ossétie.
Je rappelle donc que la Russie occupe des régions en dépit du droit international. La 14° armée russe est basée en Transnistrie, petit pays arraché à la Modavie et à l’Ukraine, "république" à l’autonomie autoproclamée qui n’est reconnue par aucune organisation internationale.
La Russie occupe la base navale de Sévastopol, légalement depuis 1997, sur la base d’un bail arrivant à échéance en 2017. Néanmoins, le reste de la Crimée, territoire ukrainien, république autonome, est majoritairement peuplée de russes (80%) au détriment des Tatars, carrément rejetés dans cette presqu’île.