« Enfin, peut on distinguer ceux qui subissent et qui souffrent ; de ceux ayant fait un choix de »Life« ? S’il existe des gens souhaitant se retirer du monde »réel« et rester cloitrer, c’est une alternative »de demain« au médiéval monastère ou à la condition d’ermite ? Il ne faudrait pas déclarer pathologique tout comportement s’éloignant de la norme... »
Les ermites choisissent de s’éloigner de la vie en société mais gardent une seule et même vie celle d’ermite alors que le « nolife » subit comme un dédoublement de personnalité : il a une vie réelle celle qu’il vit concrètement quand il est en contact avec ses proches (même s’il y a très peu de contact) ou s’il est seul celle qu’il vit quand il va s’acheter à bouffer par exemple s’il n’y a pas quelqu’un pour le faire à sa place, et celle qu’il vit dans le virtuel. Il s’agit de deux personnes distinctes et c’est ce qui est dangereux pour le « nolife » : vivre deux vies différentes ou substituer la vie virtuelle à la vie réelle. Contrairement à l’ermite le « nolife » reste en contact avec les gens issus du monde extérieur et pratiquement qu’avec les gens et pas avec tout ce qui constitue le monde extérieur, puisqu’il interagit avec d’autres personnes réelles mais en même temps il est seul face à son ordinateur. C’est ce paradoxe qui est étrange, le « nolife » n’a pas fait le choix de fuir la société il a fait le choix de fuir sa vraie vie.
Tous les moyens inventés et mis en place pour le perfectionner ne sont qu’une façade puisqu’eux-mêmes possèdent des imperfections et des inconvénients. Essayer de rendre le monde le plus parfait possible c’est bien mais c’est juste une façon de se rassurer, de se dire qu’on a le pouvoir de le changer, de le rendre meilleur encore que pour le meilleur c’est plutôt relatif puisque chacun a sa conception du « mieux ».
Dans le cyberespace, il y a moins de barrières que dans la vraie vie, le virtuel peut être plus attractif que le réel parce qu’on a de plus en plus l’impression de subir le réel alors que dans le virtuel on est dans la création et l’intéraction facile et rapide, on décide, on se crée un personnage tel qu’on le veut alors que dans la vie réelle on ne choisit pas ses origines, sa famille, ses gènes, etc... Le personnage virtuel n’a pas d’origine, il est en quelque sorte vierge de tout passé, il est modelé à volonté. Les relations avec les autres sont également facilitées dans le virtuel, il n’y a pas de contact direct, le manque d’assurance, la timidité et la peur du regard des autres n’existent pas. On ose certaines choses qu’on oserait pas dans la vraie vie parce qu’on n’a pas de compte à rendre on n’a pas à se justifier comme dans la vraie vie, on a un certain pouvoir, on a l’impression d’être protégé, d’être libre et quelque part ça peut être excitant. Ca peut être amusant pour certains de jouer à être quelqu’un d’autre dans le cyberespace ou à être vraiment eux-mêmes tant que la vie virtuelle ne prend pas le pas sur la vie réelle. Sinon c’est peut-être foutu parce que si la personne préfère sa vie virtuelle à sa vie réelle ça peut l’amener à faire des conneries, soit il reste scotché à son ordinateur et sa vie se limite à ça, soit, sous la pression de l’entourage il peut décider d’en finir avec sa vie réelle et l’abus est aussi une façon de se détruire. Le cyberespace est donc une drogue qui peut rendre dépendant au même titre que l’alcool, la cocaïne et toutes les autres drogues et le manque de courage pour affronter les difficultés, pour affronter la vraie vie, peuvent inciter les personnes dépendantes à choisir la facilité.