Le Judaïsme est un incroyable amalgame de croyances mésopotamiennes, cananéennes, égyptiennes, perses et grecques. Si les prêtres historiens du Royaume de Juda ont réarrangé au cours du temps les récits mettant en scène « leurs ancêtres les Hébreux », il n’empêche qu’en appliquant la grille de lecture allégorique à grande échelle proposée par Emile Mourey, on retrouve dans les textes bibliques la trace des grands évènements qui ont marqué la région au cours des siècles.
Pendant longtemps j’ai pensé que le chapiteau de Gourdon dit « de l’avarice, du désordre et la la médisance » évoquait la mort du roi Saul, dépossédé de sa couronne par l’Amalécite. Cependant, impossible d’expliquer le personnage de droite et sa grosse pierre. Et surtout le reste des chapiteaux n’a rien à voir avec cet épisode biblique.
Ce chapiteau évoque en réalité la « folie d’Héraklès » selon Euripide. A gauche, l’Alcide est près à mettre fin à ses jours, au centre Thésée l’en dissuade et à droite Eurysthée lui donne les travaux à effectuer symbolisés par le rocher. Gourdon est une véritable bande-dessinée dédiée au héros de Tirynthe :
Le temple de Gourdon est une version « accessible au plus grand nombre » de celui de Bibracte. A Mont-Saint-Vincent, il y a au moins trois niveaux de lecture par chapiteau : mythologie grecque / philosophique / judaïque.
Au IIème siècle avant J.C., Polybe évoque les Gaulois Ardyens au Nord de la Vallée du Rhône. Les Ardyens seraient donc devenus les Eduens vers la fin de ce siècle. Peut-être que Cabillo s’appelait auparavant Caballo. Les auteurs ultérieurs parlent parfois des Eduens pour les époques plus anciennes mais c’est un anachronisme. Un peu comme si on parlait des Français au lieu des Francs à l’époque mérovingienne.
Le texte de César qui nous est parvenu est une copie de copie. Le récit de La Guerre des Gaules devrait donc systématiquement se plier aux interprétations que font les archéologues des vestiges découverts qui eux sont des témoignages directs ?
Certains détails du récit de l’Exode pointent vers -1500 mais le texte est une copie de copie. Sur la base d’éléments discutables (le nom de Pi-Ramses et l’absence des Egyptiens dans le Livre des Juges), on cherche des traces archéologiques vers -1200 et on ne trouve rien. Qu’en conclure ?
@ Emile
Quand Héliopolis s’est réconciliée avec les Thébains, les Hébreux sont repassés sous le parapluie égyptien.
Les « conquêtes » de Josué ne s’expliquent que dans le cadre plus large de celles de Thoutmosis I. Je me demande même si en envoyant les rescapés des Hyksos à la conquête de Canaan, Héliopolis n’a pas été tenté de se servir des lépreux comme « arme bactériologique anti-cananéenne ».
Au sujet des Eduens : non seulement aedui c’est iudea à l’envers mais en plus cabillo est l’anagramme phonétique de iacob. Le problème est l’absence de textes quant à l’implantation judaïque en Gaule. C’est à se demander si ce ne sont pas des mercenaires gaulois revenus d’Orient qui ont développé d’eux-mêmes en Gaule une sorte de judaïsme « païen ». Un peu comme le mithraïsme à Rome.
Si on reste focalisé sur Autun, on peut effectivement penser que le texte s’adresse à Constance Chlore. Cependant le nom de Constantin apparaît bien (VIII.) et le fait que Bibracte soit mentionnée et non Augustodunum indique que le texte concerne toute la cité éduenne et pas seulement Autun. Bibracte prend le nom de Flavie parce que Constantin a élargi son soutien financier à l’ensemble de la cité éduenne et non uniquement à la colonie d’Autun.
Cette monnaie de Postumus et son temple d’Hercules m’intriguent beaucoup. Le triple cercle sur le fronton rappelle les blasons de Chalon-sur-Saône et de Mâcon. Peut-être était-ce l’emblème des Eduens ? Le thème principal des chapiteaux de Mont-Saint-Vincent est l’homme-lion, c’est à dire Hercules. On peut donc se demander si le temple de Bibracte n’a pas été construit par Postumus.
Une autre monnaie de Postumus représente un temple plus élaboré dédié à la Fortune qu’il faudrait sans doute identifier à la plus ancienne partie de la cathédrale de Trèves.
Arrive ensuite le temple sur la monnaie de Constantin. Je vous rejoins pour l’identifier à la cathédrale de Chalon sur Saône. La version de l’atelier monétaire d’Aquilée est particulièrement intéressante. Le personnage ressemble à un berger et le symbole lunaire rappelle un chapiteau de Chalon.
A ces trois temples, il faut ajouter celui de Tournus bâti par Constantin ou son successeur en souvenir de la vision du Labarum que la tradition locale situe à La Barre (Sainte-Croix-en-Bresse). Tournus est un mélange entre l’architecture de Mont-Saint-Vincent et celle de la basilique de Maxence et Constantin. Signe de l’alliance entre Rome et les Eduens.