En tout cas, s’il y a un enfer, nul doute qu’Alvaro Uribe y rejoindra Raul Reyes mais aussi de nombreux chefs de l’armée et des paramilitaires colombiens, responsables de massacres effroyables en Colombie.
Seuls les imbéciles sont incapables de comprendre que les mouvements de contre-guérilla, qu’ils soient militaires ou paramilitaires, commettent souvent bien plus de massacres que les guérillas qu’ils combattent. Et ça vous ne semblez pas le comprendre.
On se souviendra à dessein des tortures commises par Vichy et les nazis pour lutter contre la Résistance française (qui était une forme de guérilla). On se souviendra aussi des massacres commis par l’armée américaine dans sa lutte contre la guérilla nord-vietnamiennes (2 millions de vietnamiens tués dont de nombreux massacres innomables).
On se souviendra enfin des massaces commis par l’armée birmane contre les rebellions, notamment la guérilla karen.
Mais peut-être que vous allez prétendre que les nazis ou le gouvernement birman (Myanmar) sont de gentils garçons, comme le président Uribe...
je me réjouis de vous lire si vous vous décidez à écrire un article sur les AUC, notamment sur les crimes de ces milices et leurs liens avec le gouvernement et l’armée. J’espère que vous ferez preuve d’un peu plus d’objectivité et de sérieux sur la question que certains auteurs d’agoravox qui, (à dessein ?) les réduisent à de simples milices "vaguement nationalistes" et ayant noué ça et là de vagues alliances avec l’armée, de simples milices qui défendent le pays contre des "idéologies importées". Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Non, les AUC, c’était, et c’est toujours tout autre chose, bien plus puissant, bien plus malfaisant que certains ne veulent bien l’admettre. A simple titre d’exemple, on se souviendra que dans ses confessions, Carlos Castano affirmait que les AUC non seulement se financaient par le trafic de drogue mais dirigeaient carrément ce trafic en Colombie (Mauricio Aranguren Molina, Mi confesión. Carlos Castaño revela sus secretos, Ed. Oveja negra. Bogotá, 2001.) L’auteur Hernando Calvo Ospina estime quant à lui que au total, au milieu des années 1990, les actions financées par certains milieux du gouvernement colobien "ont fait disparaître quelque 25000 personnalités progressistes et membres de la gauche." Bref, il y a de quoi débattre, et débattre sérieusement sur les AUC et sur le rôle du gouvernement colombien dans l’enlisement actuel, loin des affirmations aberrantes écrites par certaines personnes soit très mal informées soit purement et simplement malhonnêtes, sur ce site.
90% des Colombiens derrière Uribe. Et alors ? cela ne veut pas dire qu’il ait raison et soit un saint homme. 95% des Allemands étaient derrière Hitler (élu lui aussi démocratiquement) lorsqu’Hitler a envahi les Sudètes, la Pologne, la France, etc etc.
Uribe a été l’un des principaux sponsors des AUC, et en maintenant l’attention sur les FARC, il fait oublier qu’il a lui aussi du sang plein les mains. En cela il est malin, ce qui ne l’empêhce pas d’être autant, si ce n’est bien plus, criminel que feu Raul Reyes
Le président Uribe fait tout pour qu’on ne parle que des FARC afin que l’on oublie ses propres casseroles, à savoir que lui et son parti ont soutenu massivement les AUC, les paramilitaires d’extrême-droite, pendant des années. Or, les crimes de ces AUC font passer les FARC pour des enfants de choeur. Ils ont massacré des milliers de paysan(ne)s, de syndicalistes dans de tortures que je n’évoquerai pas ici (enterrés vivants, torturés à la baionnette, grenades dans le vagin etc etc)
L’armée d’Uribe n’est d’ailleurs pas en reste en terme de tortures. Il est d’ailleurs intéressant, comme le soulignait récemment Astrid Betancourt, soeur d’Ingrid, que la première n’a pas seulement été maltraitée par les FARC, mais aussi, et peut-être même surtout par les policiers et militaires qui étaient détenus avec elle (c’est dire la barbarie de ces derniers). En fait, Ingrid serait plus maltraitée (viols ?) par les policiers et militaires détenus que par les FARC
Extrait d’une interview d’Astrid Betancourt au quotidien suisse Le Matin (4.3.2008).
Selon les dires de Luis Eladio Perez, Ingrid est maltraitée par les guérilleros...
Oui, maltraitée, car étant non seulement privée de liberté, elle doit subir le supplice d’être enchaînée, ce qui est très dur pour elle. Mais Luis Eladio m’a raconté que la souffrance d’Ingrid était amplifiée à l’extrême en raison du comportement qu’ont envers elle les prisonniers de guerre, officiers et policiers qui se trouvent dans le même campement. Ces hommes s’en prennent à Ingrid. Leur attitude envers ma soeur dépasse l’entendement. Ils se comportent comme des animaux, et Luis Eladio a dû plusieurs fois se battre à mains nues pour défendre ma soeur. En sortant, il a tout de suite demandé au président Chavez de faire en sorte qu’Ingrid soit au plus vite mise hors de portée de ces personnes dans un autre campement.